Des potirons pour Halloween

Cela fait maintenant six ans que j’ai fêté Halloween à New York City avec ma famille, c’était bien dépaysant ! Quelle débauche de costumes, de rires et de fantaisie ! Les Américains adorent cette fête, héritage des traditions celtiques d’Irlande et d’ailleurs, pendant laquelle on aime se moquer un peu de notre crainte de la mort, afin de mieux la supporter…

Combien de millions de « pumpkins » américains sont-ils récoltés chaque année pour fêter Halloween ?…

Malheureusement, cette année, l’ouragan Sandy balaie cette fête des enfants, petits et grands… Tant de travail est nécessaire pour se remettre de ce terrible accident climatique qui dévaste cette partie si peuplée… Je suis de tout coeur avec vous, amis américains, ce qui vous atteint me touche personnellement.

Aujourd’hui, c’est la Pennsylvanie qui va voir passer le gros de cette tempête. Même si des Amish vivent dans de nombreux Etats, c’est là qu’est leur berceau américain. A noter que les Amish, fidèles à leurs spécificités, ne fêtent pas Halloween, tout au plus décorent-ils leur intérieur de quelques potirons  (non creusés) qui attendent d’être consommés… Ces cultivateurs, souvent bios ou presque, fournissent les fameuses boules orange à des milliers de familles ! Leur propre cuisine automnale est également bien riche en soupes, cakes et tourtes au potiron… Pour savoir un peu comment se nourrissent les Amish, vous pouvez lire ce petit article. Leur nourriture est proche de la cuisine campagnarde allemande, très riche… mais ils se dépensent physiquement toute la journée, d’où une surcharge pondérale quasi inexistante chez eux ! En tout cas, le potiron est excellent pour la santé…

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En Europe continentale, en France en particulier, nous avons maintenant un certain rejet pour cette fête car elle a été accompagnée dans les années 90 d’une débauche de petits objets parfois de très mauvais goût et d’un pâle copié-collé des traditions américaines dont la greffe n’a pas pris.

Idée de jolie décoration pour Halloween (Google)

Il n’en reste pas moins que l’on peut se réjouir de célébrer le milieu de l’automne avec de belles décorations, des bouquets de feuilles aux couleurs chaudes, des marrons, des pommes de pin… et des potirons !  A l’origine, les Irlandais utilisaient des navets ou des rutabagas pour faire des lanternes* ; les émigrants ont profité de ce merveilleux gros ballon orange, découvert sur place en Amérique, pour adapter leurs traditions du vieux continent.

Moi j’aime retrouver des décorations saisonnières, vous aussi peut-être ? Je vous propose donc deux modèles de potirons que vous pourrez sortir avec joie tous les ans ! La famille orange pourra même s’agrandir d’année en année…

En premier plan, le potiron inspiré du modèle Quiltmania. Et parmi les vrais potimarrons du jardin, vous avez une « citrouille de Cendrillon », aux côtes plus marquées.

1. Le potiron Quiltmania

Dans un très ancien Quiltmania (le n°7, automne 1998), vous avez un superbe modèle de potiron aux tranches habituellement marquées par une ficelle. Pour ma part, j’ai cherché plusieurs coloris pour faire une petite fantaisie, à vous de choisir ! Le modèle est signé Marie-Thérèse Bazin. Ce numéro étant épuisé depuis longtemps, j’espère ne froisser personne en vous photographiant cette double page explicative :

Les tranches ne sont pas tout-à-fait symétriques. Agrandissez en cliquant pour recopier !

2. La citrouille de Cendrillon

Il y a quelques années, Maïté recherchait désespérément un modèle de grosse citrouille avec les côtes saillantes. C’est dans un ancien Burda allemand des années 80 que j’ai trouvé ce modèle provenant directement des Etats-Unis. Pour toutes les Abeilles, j’en avais alors fait une fiche, en voici la copie et les gabarits. 

Le Bon Potiron pour Maïté

Fournitures :

Tissu  couleur potiron : 20 cm en 140 cm
Tissu vert : carré de 16 cm
Fil machine (orange si vous avez, sinon gris ou beige foncé)
Fil solide (à quilter par exemple) vert et roux pour la couture à la main
Ouatine de rembourrage
Facultatif : ciseaux cranteurs

 

Ce gabarit mesure, de pointe à pointe de croissant (en ligne droite) 18 cm environ. Vous pouvez à volonté agrandir le modèle pour faire des citrouilles géantes !

A – Avec le tissu potiron

Plier le tissu en deux, endroit à l’intérieur, afin de pouvoir dessiner 8 fois le gabarit A (en croissant de lune) en séparant chacun d’1,5 cm minimum. Ne pas oublier de marquer aussi le repère du milieu.

Ensuite, dans l’ordre que vous préférez : découpage des croissants (en laissant mini 8 mm autour en marge de couture) puis piquage de chaque courbe interne ou bien : couture des courbes internes puis découpage (ce que je préfère, c’est plus rapide, le tissu ne glisse pas). Chaque couture doit commencer et finir par un point d’arrêt, sans empiéter dans les marges. Réglez bien votre machine, la tension doit être forte pour qu’on ne devine pas trop les points quand vous rembourrerez ; de même réglez la longueur de point à 2 maximum. Si vous avez des ciseaux cranteurs, profitez-en !

Marquez les milieux de croissant, simplement en pinçant les deux épaisseurs au niveau de la marque. On va maintenant assembler les courbes extérieures en épinglant juste au niveau du centre.

A la dernière couture, laissez un espace d’une dizaine de cm (pas à une extrémité) pour pouvoir retourner et remplir le potiron, mais auparavant fermez chaque extrémité avec une « couture sauvage » qui sera cachée ultérieurement.

Retourner, puis bourrez de ouatine ; si vous faites un très gros potiron, n’hésitez pas à remplir le centre de restes de coupes de tissus, de fils divers, de collants filés, de bouts de molletons… Refermez l’ouverture au fil roux.

B – Avec le tissu vert

Avec le gabarit B, découpez le tissu pour faire la tige. Plier le tissu endroit contre endroit, coudre la couture droite et le sommet à la machine. Bourrez souplement et appliquez au fil vert au sommet du potiron : cela cachera la jonction des 16 coutures ! 
Et pour cacher la base, coupez un rond d’environ 4 cm de diamètre dans le reste de tissu vert, faire à la main un rentré de 5 mm tout autour et appliquez sur la base du potiron.

HAPPY HALLOWEEN  !

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*Pour en savoir plus sur les origines d’Halloween, vous pouvez lire ces deux articles de guide-irlande.com :
Samain : la fête celtique
Jack o’ Lantern : le conte de la lanterne

Matelassage en éventail baptiste

Dans le domaine du patchwork, certaines personnes déplorent l’emploi de mots anglais. Je compatis avec les quilteuses frustrées de ne pouvoir tout lire dans les livres américains ; il est cependant fastidieux de tout traduire systématiquement…

Coca-Cola at Quilting Bee : on ne peut plus américain !!

Mais dans tout apprentissage on apprend du vocabulaire ! Si vous faites de la voile, certains mots viennent du hollandais, si c’est du karaté vous apprendrez des mots japonais… En patchwork, nous apprenons quelques mots anglais. Certes, nos amies québécoises préfèrent parler de courtepointe plutôt que de quilt, mais par ces quelques illustrations je souhaite vous montrer à quel point quilter est une pratique sociale reconnue aux Etats-Unis. C’est vrai aussi que les Américaines anglophones ne s’offusquent pas lorsqu’elles parlent d’appliqué, mot en français non anglicisé ! Et puis souvenons-nous que le mot latin culcita signifiant matelas, coussin puis couverture, a donné à la fois l’anglais quilt et le français couette…

Tableau de « Grandma Moses », Quilting Bee, peint en 1950

Alors il me semble qu’on peut continuer à employer les mots en anglais puisque cet art a été largement développé aux Etats-Unis et c’est là que les choses ont été nommées : les noms des blocs, les outils, les techniques… On traduit ce qui l’est facilement (bloc pour block) et on peut garder les mots et expressions spécifiques (patchwork, log cabin, cutter et autres…). A chaque domaine sa langue dédiée ! Savez-vous quelle est la langue internationale pour la Poste Universelle ? C’est le français, auquel a été ajouté l’anglais seulement en 1994. Je l’ai appris lorsque ma cousine habitant en Suède m’envoya un « envoi recommandé » (écrit en français, tout comme la mention « par avion ») lorsque j’habitais en Allemagne. De même, en danse classique ou en escrime par exemple, les termes techniques sont en français dans le monde entier.

Quilting Bee – Fred Weaver  (gouache, 1969)

Ecrivant en « premier jet » le titre : Quilting en baptist Fan, dans ce franglais que comprennent quand même beaucoup de quilteuses francophones, je me suis dit que c’était un peu too much, alors je l’ai francisé, mais ce débat est finalement moins intéressant que le sujet lui-même ! Alors je vais continuer à écrire comme je parle…

Tableau de Bob Pettes – En vente en puzzle de 500 pièces !
Ces quelques illustrations de quilting bees montrent leur place dans la vie sociale américaine !

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Le quilting de mon quilt en dés est l’un des modèles les plus populaires de la fin du XIXe/début du XXe siècle aux Etats-Unis. Il fait partie des « overall », dessin qui se répète sur tout le top sans tenir compte du dessin du patchwork ou de l’appliqué. Pour nous, ce modèle a le charme de l’ancien ; pour les quilteuses de ce temps-là, il avait aussi beaucoup d’avantages techniques.

Tout d’abord, le dessin :

Ces cercles concentriques sont faciles à répéter, il en suffit d’un, dessiné par exemple avec une assiette ou un gobelet, qui sera répété en l’agrandissant ou le rapetissant selon un espace constant. Cet espace sera au choix : l’épaisseur du pouce, la longueur d’une phalange, la hauteur du dé à coudre… et puis le coup d’oeil de la quilteuse ! Il faut se souvenir qu’une fois les trois épaisseurs tendues dans le cadre à quilter, on ne l’enlèvera que terminé, on comprend alors que les dessins les plus faciles à suivre avec le minimum de marquage sont les plus populaires !

Ensuite le quilting en arrondi :

A cette époque donc, les femmes quiltaient sur un cadre fixe, souvent à plusieurs, lors des « quilting bees » (réunions d’abeilles quilteuses) et je crois que cela bourdonnait comme dans une ruche ! Ce dessin en quarts de cercles peut se commencer à plusieurs endroits à la fois, il est facilement ajustable et le quilting en ligne arrondie, qui suit le mouvement du bras, est particulièrement agréable.

Pourquoi s’appelle-t-il Baptist Fan ?

A fan est un éventail, bien sûr on comprend tout de suite en voyant le dessin. Baptist est une des branches du protestantisme, parfois on appelle ce modèle aussi  Methodist (autre branche du protestantisme) ou Bishop (évêque), l’appellation des Amish je crois. C’est tout simplement parce que les quilting bees se constituaient la plupart du temps au sein de la congrégation religieuse.

Une bonne raison supplémentaire de choisir ce modèle de quilting :

Avec le recul d’un siècle d’utilisation et d’usure, on se rend compte que les quilts matelassés ainsi restent plus longtemps intacts !! Les quiltings serrés qui ne tiennent pas compte des dessins du top sont les plus efficaces pour préserver les fibres de tissu du déchirement. Autres exemples de quiltings traditionnels conservant longtemps les quilts : les clamshells (motif des coquilles) et les croisillons serrés.

Ma méthode de marquage de ce modèle :

Je n’ai pas fait ce quilting de façon très spontanée, j’ai marqué mes lignes, intimidée sans doute par cet exercice nouveau pour moi. Munie d’un compas et d’un carton, j’ai dessiné ceci :

puis découpé chaque arc de cercle. Je l’ai fait en 2 exemplaires car je craignais l’usure des gabarits ! C’était superflu. J’ai fait cinq arcs comme le conseillait Bonnie Hunter ; un nombre impair dans ce cas est plus futé car on se retrouve du « bon côté » à la fin d’un éventail. Et puis, comme les fleurs dans un bouquet, c’est plus esthétique sans doute !

Photo empruntée à Bonnie Hunter, Quiltville. Son dessin montre comment on avance dans le quilting de ce modèle.

Mon outil de marquage sur le sandwich était le Hera marqueur de Clover, cet outil génial issu de la tradition japonaise. C’est une spatule à bord tranchant comme un couteau. Les authentiques sont en bambou, les nôtres en plastique dur, ils marquent le tissu en faisant un petit creux et en lustrant légèrement le tissu. Cela suffit largement pour ce genre de dessin ! Je marquais 3 ou 4 éventails à la suite, et même après une pause, je retrouvais facilement le dessin .
On peut détourner des objets pour marquer de la même manière : ainsi, un petit couteau à beurre, à la lame arrondie au bout, marque aussi bien le tissu qu’un Hera.  En revanche, les plioirs d’encadrements et de cartonnage n’ont pas la tranche assez affûtée. Une bonne prise en main est importante, le Hera est parfaitement ergonomique et donc imbattable pour cela !

Bien sûr, chacune a ses préférences de traçage (crayon, feutre, savonnette, craie…), je vous signale juste cette possibilité.

Voici une simulation sur mon quilt fini pour vous montrer la progression des éventails. Je n’utilise pas le plus petit gabarit du centre car j’utilise le n° 2 pour dessiner le 1er arc. On fait ces premiers arcs puis on quilte peu à peu l’ensemble.

Fil et aiguille

J’ai surtout quilté ce quilt aux dés avec des aiguilles « between Piecemaker n° 12 », agréables mais j’en ai cassé beaucoup ! Vers la fin de ce quilting, j’ai découvert les « Between Roxane n° 11 », je les préfère. Quant au fil, je prends le YLI (pour faire chic, prononcez ouaille-elle-aïe) 100% coton. Solide et même fibre végétale que le tissu, c’est parfait. J’avais quilté la plupart du temps avec un tambour, parfois sans mais avec un poids comme Yoko Saito… J’ai tout essayé, je trouvais ainsi le temps moins long ! Mais je suis impatiente de quilter avec la technique d’Esther Miller que j’ai apprise grâce à Patricia mais que j’ai encore peu pratiquée, je vous dirai quand je m’y mettrai !

Avancement

Le premier arc de cercle quilté, vous allez au plus près pour commencer un autre : ce sera soit à gauche, soit au-dessus. Puis, lors d’un changement d’aiguillée, vous pouvez entamer une autre direction. Les arcs se succéderont jusqu’au coin en haut à gauche. Variante : tourner tout autour et finir vers le centre comme le dessin de Bonnie Hunter (voir son article en référence ci-dessous). Tout est permis, c’est votre quilt…

Voilà, vous en savez autant que moi !

Références :

Quilting avec Patricia à la manière d’Esther Miller : articles ici et là

Articles qui m’ont inspirée pour ce sujet :
http://quiltville.blogspot.fr/2010/05/questions-on-fans.html : évidemment Bonnie Hunter, pour le quilting spontané et la constatation que ce quilting préserve mieux les quilts !
http://minickandsimpson.blogspot.fr/2009/06/fuss-free-hand-quilting.html : Minick & Simpson, pour l’historique.

Vous êtes arrivée au bout de cette longue lecture ? Félicitations ! La prochaine fois que vous devez commencer un quilting, demandez-vous si le Baptist Fan ne serait pas, par hasard, une bonne idée !…

Katell, Quilteuse Forever

Mon activité favorite !

Des Amish en Delaware

Le Delaware est le 2e plus petit état des USA et fait partie de la mosaïque historique du Nord-est, c’est la première ex-colonie à avoir ratifié la constitution des Etats-Unis. Ce territoire longe la côte ouest de l’estuaire du fleuve Delaware.
Les plus anciens bâtiments témoignent de l’établissement des Hollandais, puis des Suédois et des Anglais sur cette côte ; les premiers colons aux noms connus par tous les Américains vivèrent sur ce territoire : Peter Minuit, Peter Stuyvesant, William Penn… Dans ce contexte historique, c’est tout  logiquement qu’une communauté Amish vit dans cet Etat limitrophe de la Pennsylvanie, là où se trouve encore le plus grand nombre de fermes Amish.

Photo idyllique de la campagne du Delaware (du blog Amish America)

C’est Bonnie Hunter de Quiltville qui m’a donné envie de vous faire voyager vers cette communauté, elle qui vient de la traverser en fin de journée… Allez voir son reportage ici !

Nous sommes nombreuses à être fascinées par les Amish, avec une vraie attraction/répulsion envers leur mode de vie et leurs croyances, l’envie d’une vie « simple et vraie » mais le refus par exemple, d’une condition féminine si rétrograde… Selon le blog Amish America toujours très bien documenté, la communauté du Delaware se réduit non en raison d’une désaffection des jeunes, mais à cause de la pression immobilière ! Leurs terrains, près de la ville de Dover, sont si convoités que tous les ans de nombreux Amish vendent leur ferme pour s’installer dans une autre communauté, souvent en Virginie ou au Kentucky. Ceux qui restent développent de plus en plus un métier autre que celui de la ferme, comme par exemple celui de menuisier : la demande de beaux meubles traditionnels et fonctionnels est en forte augmentation.

 

Et bien sûr, les femmes cousent de superbes quilts qu’elles vendent aux touristes !

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Si le monde Amish vous intéresse, je relaie l’information trouvée sur le forum France-Patchwork :

Demain mardi 24 avril sur France 5, deux reportages :
– 20h35 : Révolte chez les Amish
– 21h30 : Quitter les Amish
Simple info relayée, je n’ai aucune idée de la teneur de ces émissions !

Merci de me lire aussi fidèlement,

Katell, Quilteuse Forever

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Site de Jacques et Catherine Légeret, spécialistes francophones des Amish : http://www.quiltsamish.com/