Exposition de quilts-météo en Isère

Bonjour, aujourd’hui c’est Dominique qui vous écrit !

Dès samedi 1er octobre, l’exposition Quilts-météo Les Couleurs du Temps ouvrira ses portes à la Médiathèque Intercommunale Gilbert Dalet à Crolles. Crolles est une ville située en Isère dans la vallée du Grésivaudan à mi chemin entre Chambéry et Grenoble.

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Des expositions et stages en Occitanie

Aujourd’hui, je vous fais part de quelques manifestations qui se passeront dans les semaines à venir en Occitanie.

Tout est sur l’affiche !

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Deux stages avec Ina sont organisés pendant l’exposition (vendredi 29 et samedi 30 avril), veuillez contacter Mijo avant le 20 avril pour renseignements et inscriptions, au n° de téléphone sur l’affiche.

Je connais bien les organisatrices de ces deux manifestations : outre de très belles œuvres à admirer, vous serez chaleureusement accueillis !

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Dans le même village que l’exposition d’Ina Statescu, deux semaines plus tard :

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Bien sûr, nous aurons notre rendez-vous ARTPELHOT à Lacaze (81) les 25-26 juin, mais cette année nous aurons également la grande joie d’avoir de nouveau La Fête du Fil à Labastide-Rouairoux (81 aussi) les 13, 14 & 15 août : là aussi, chaleur et bonne humeur règnent dans ce Festival !

En espérant que la grande vague froide ne va pas anéantir les promesses de fruits dans nos vergers…
Patchamicalement,
Katell

ARTPELHOT et Quilts météo

De la nouveauté à Lacaze

Femmes et hommes de Lacaze sont d’authentiques éveilleurs, ils protègent les aspects traditionnels de leur terroir tout en favorisant l’installation des jeunes dans le village, pour cette Renaissance du XXIe siècle. C’est aussi une histoire entre copains, entre bénévoles des Amis du Château de Lacaze. Au fil des années, l’Association tout comme la Municipalité se réjouissent toujours plus des apports de Cécile Milhau qui réussit à faire venir des artistes de tous horizons, année après année. Mais comme des merles moqueurs, au lieu de parler des œuvres d’art textiles, ils chantent avec l’accent local – plus qu’ils ne parlent – au sujet de Cécile et ses pelhots, ses chiffons, ses guenilles… Pelhot est le mot le plus péjoratif qui existe en Occitan pour parler de tissus ! Mais ces taquineries viennent de ces personnes aux paroles un peu rugueuses pour mieux cacher leur sensibilité et leur gentillesse…

ART + PELHOT = ARTPELHOT
du patchwork, de la broderie, des arts textiles…

Alors c’est décidé, les festivités d’arts textiles à Lacaze et les environs, organisées par Les Amis du Château de Lacaze, s’appellent désormais ARTPELHOT ! Je le prononce arpéliotte 🙃. Il faudra nous y faire, c’est ainsi 😁. Le blog, hébergé par Les Amis du Château, a vu le jour, c’est par ici : ARTPELHOT. Vous y trouverez les nouvelles des expositions à venir, les découvertes artistiques locales, mais aussi d’ores et déjà les archives de manifestations passées.

Ce merveilleux château Renaissance, construit au pied de la rivière du Gijou, lové dans un cirque montagneux au nord de la Montagne Noire, est dédié aux Arts tout au long de l’année.

ARTPELHOT 2022 et quilts-météo

Les quilts météo vivent leur vie, des quilteuses s’enthousiasment toujours pour ce projet pour la troisième année… Cela augure bien d’autres belles expositions de quilts-météo en France ! Et depuis l’exposition au Carrefour Européen du Patchwork, nos amies allemandes fourmillent d’idées pour faire un Temperature Quilt (le terme anglais, que j’ai préféré traduire pour nous).

Le groupe Facebook reste très actif et toujours aussi sympathique. Nous voyons en ce moment à la fois des quilts 2020 tout juste finis, mais aussi de la cuvée 2021 et, oh joie, de nombreux blocs 2022 ! En voici un aperçu :

Kata Dressmaker
Bribri Barry
Sylvette Bigattin
Son double au point de croix ! Sylvette Bigattin
Martine Naffzger
Cécile Dée
Chantal Ricq
Marie-Odile Prevost, récidiviste très créative !
Elsa Boissier, 2003 !
Je ne compte plus les quilts-météo de notre chère Elsa… Suivie de près par Muriel, Agnès… Les Reines des quilts-météo, qui mettent avec Sophie une ambiance formidable dans le groupe !

Ci-dessus, les premiers pas de quelques quilts-météo 2022 : Audrey Saint-Requier, Maïrrhus la Bretonne, Sylvie Gobert qui suit Danielle Carré (elle aussi Bretonne) avec sa brillante idée de comparer la météo (avec les précipitations !) dans diverses régions de France. Ah que j’aime cette émulation !

C’est prévu, ARTPELHOT dédiera le Temple de Lacaze aux quilts-météo fin juin 2022. C’est un vrai privilège que d’exposer dans ce village dédié aux arts. Nous aurons une nouvelle sélection avec juste 2 ou 3 quilts déjà exposés en 2021. Je lancerai les inscriptions sur ce blog et sur le groupe privé Facebook en mars prochain, de même pour d’autres quilts-météo qui seront, eux, exposés à Paris tout le mois de juillet grâce à Sophie.

La vie est une météo imprévisible.
Claude Lelouch

Le programme estival d’ARTPELHOT 2022 est donc, au Château de fin juin à fin juillet, une exposition des artistes Marie-Christine Hourdebaigt et Dimitri Vontzos, qui nous promettent de belles surprises. Le dernier week-end de juin, les 25-26, ce sera la fête à Lacaze avec, outre l’exposition du Château, les quilts-météo au Temple et l’exposition inédite Éveil de la Ruche des Quilteuses à l’Église.

Vive le monde des arts textiles !
Katell

À l’infini ∞

Une joie infinie nous habite dès lors que nous nous retrouvons, nous amies quilteuses. Je ne peux établir aucune hiérarchie entre mes rendez-vous avec vous, ils se sont succédés et partout, les sourires, avec ou sans masque, réchauffaient les cœurs.

J’ai déjà évoqué le week-end enchanteur à Lacaze en juin, la magie de l’exposition des quilts météo au Val d’Argent, tout évoquait un état surnaturel tellement nous avions été privées de rencontres…

J’ai eu la chance ensuite de pouvoir aller à Nantes Pour l’Amour du Fil avec Kristine, où nous avions rendez-vous avec Annie et Cécile :

Nous sommes ici au Coin des Blogueuses. On le voit, le Royaume-Uni était à l’honneur, avec les drapeaux en banderole ! Le blog de Cécile montre toutes les expositions, un enchantement !

Quelques jours après, mon premier stage depuis janvier 2020, dans un endroit idyllique : Arcachon !

Le patchwork créatif et improvisé a enthousiasmé les adhérentes de FP33-47 ! Une belle équipe réunie par Nadine Meyssonnier, l’envie de devenir amie avec chacune d’entre vous, Mesdames… Merci pour ces journées que vous avez ensoleillées tout autant que le cher vieux Soleil !

Il y eut ensuite le Salon des Tendances Créatives de Toulouse, à l’invitation complètement inattendue pour cette année — nous n’avons pris la place de personne, nous avons rempli l’espace ! Pour la première fois, outre un nombre relativement élevé de femmes, plusieurs hommes ont manifesté leur envie de commencer le patchwork… mais de façon créative et indépendante. Attendons quelques années, nous verrons peut-être surgir leurs ouvrages !

Enfin, last but not least (le dernier mais pas le moindre), ces derniers jours ont été intenses avec le Festival de Ménigoute (79), qui réunit chaque année 30 000 passionnés de Nature. Pour la première fois, j’y étais, grâce à un bon concours de circonstances… La bonne étoile des quilteuses ⭐ nous a réunies, c’était le rêve de Marmotte Rousse…

Exposition de Béatrice Bueche, avec Michelle Braun et Marmotte Rousse : quand les Alsaciennes viennent dans le Sud-Ouest, ça fait des couleurs sur les murs et du bruit dans les couloirs !

Tout le monde parlait de cette exposition : mais oui, c’est du tissu !! Nous étions entourées de personnes habituées aux circuits des arts habituels (dits majeurs…) et cet art textile les a enthousiasmées au-delà de ce qu’on peut imaginer. Le stand ne désemplissait pas, beaucoup de personnes venaient et revenaient… surtout des hommes ! Le talent de la solaire Béatrice a touché le cœur du public, rêve réalisé et mission accomplie.

Nous avons eu le temps d’avoir de très belles conversations et de grands éclats de rire toutes quatre. Nous avons aussi parlé de ce qui nous anime, et aucun téléphone ni écran n’aurait pu remplacer ces échanges cœur à cœur et les yeux dans les yeux.

Même si l’éclairage était parfait pour le public, mes photos faites au smartphone ne rendent pas du tout justice à la féerie de chaque tableau de Béatrice Bueche.

Et samedi dernier, c’était notre première JA post-Covid en Charente, à une bonne heure de Ménigoute. Revoir Corine, la déléguée FP16, m’a fait un immense plaisir, nous qui nous croisions depuis des années, juste pour quelques instants ! Enfin, nous avons passé une journée ensemble, même si nous étions chacune bien occupées. Le club de Ligné offre une très belle salle aux murs de pierres claires, une splendide luminosité… et la joie se lisait sur chaque visage. Nous avons tellement vécu dans l’instant présent que nous n’avons même pas songé à faire une photo de nous ensemble…

Samedi dernier, j’ai embarqué les adhérentes FP dans un voyage dans l’espace et le temps, à la rencontre des Amérindiens, les premiers peuples de cet immense continent. J’ai notamment partagé mon admiration pour la peintre canadienne Leah Dorion.

Le symbole de l’infini se trouve souvent sur ses tableaux, tout comme d’autres signes symboliques qui signifient beaucoup pour les Peuples Premiers.

Les liens tissés avec toutes ces personnes rencontrées après les épreuves dues au covid sont l’éclatante preuve que nous sommes des êtres sociaux et que la bienveillance fait un bien fou ! Au contact des autres, nous nous épanouissons de nouveau, telle une plante déshydratée après une pluie salvatrice.

L’infini chez les Métis

La peintre Leah Dorion est Métisse, mais pas exactement dans le sens où vous le comprenez. Les Métis sont un peuple du Canada, ayant une part d’origine autochtone et une autre part française ou écossaise. Oui, des hommes français et écossais, marchands de fourrure, se sont assimilés en se mariant avec des femmes locales dans les années 1700 et leurs descendants forment une culture originale. Ils sont reconnus comme un des 3 peuples autochtones du Canada (les Amérindiens, les Inuits, les Métis).

Le drapeau métis est le plus ancien du Canada. Tantôt sur fond bleu (à l’origine pour les descendants français) tantôt rouge (pour les Ecossais), le signe distinctif est le symbole de l’infini, en blanc. C’est tout d’abord la réunion de deux cultures, européenne et amérindienne, devenues solidaires pour toujours et à jamais, à l’infini. C’est aussi le symbole de l’immortalité de ce peuple et cette culture, qui continue de lutter pour ses droits.

Le drapeau Métis existe depuis 1816, celui du Canada sous cette forme seulement depuis 1965 (oui !!)

A présent, le fond bleu représente officiellement tout le peuple Métis, et le fond rouge la part qui se trouve dans l’Alberta.

Vers l’infini et au-delà

Je viens d’apprendre que cette phrase, To Infinity and beyond, doit sa gloire à Buzz l’Éclair dans Toy Story !

La notion d’infini est à la fois mathématique, métaphysique et poétique. La première fois qu’on y est confronté, c’est quand on apprend à compter : 1, 2, 3… Mais cela ne s’arrête jamais !!

On peut regarder aussi regarder le ciel étoilé pour ressentir une idée de l’infini… ou cet escalier conçu en 1958 par Lionel Penrose (le père de Mr. Penrose de la Passacaglia !) :

On peut monter ou descendre à l’infini, sur un escalier « fini ». Nous sommes trompés par notre perception de la perspective…
Crédit photo Mathieu Nauleau

L’infini, c’est long, surtout vers la fin.

L’actualité nous a appris la semaine dernière que Mark Zuckerberg s’appropriait le symbole mathématique de l’infini comme sigle de son nouveau groupe. C’est signe de l’infinie ambition de ce groupe qui nous prépare un avenir fondé sur les relations virtuelles. J’ai tellement expérimenté la différence avec mes récentes rencontres « en vrai » que cela m’effraie ! Je crains aussi un monde où le wokisme serait roi. Etre woke, c’est être éveillé, en particulier pour le respect des différences, ce que je soutiens évidemment, mais cela devient une propension à régresser intellectuellement et socialement, préférant les segmentations, les divisions systémiques plutôt que l’acceptation de la différence et l’harmonie entre tous… ce qui est ma vision idéale du monde, le hozho des Navajos, ou l’utopie de John Lennon :

Tout le monde connaît cette chanson, vous pouvez lire ici les paroles traduites en français.

La part cachée du Monde

Vers l’infini et au-delà avec Meta, le nouveau nom du groupe Facebook, cela m’inquiète et m’amène à vous conseiller un livre édité dans une petite maison d’édition que j’aime beaucoup : La Mer Salée. Ils sont à Nantes et soutiennent l’idée utopique d’un monde audacieux, humaniste et écologique, en éditant des écrivains qui ne suivent pas les idées majoritaires. J’ai découvert cette maison d’édition avec Siècle Bleu, de Jean-Pierre Goux.

L’utopie est la vérité de demain.
Victor Hugo, Les Misérables (1862)

L’homme est fait pour rêver, c’est-à-dire pour combattre et non subir. Et surtout, l’homme est fait pour la poésie. Or, l’utopie est poétique. Et la poésie aura toujours raison contre le réalisme.
Jean-Christophe Grangé, Miserere (2008)

Soyons les moutons noirs du wokisme !

Quand le réchauffement climatique n’est plus une éventualité mais une réalité, on se demande dans quel monde nous vivrons prochainement. On sait aussi que la diversité de notre monde vivant se réduit de manière alarmante. Je viens de lire plusieurs romans et essais sur le sujet, et celui que je préfère vous présenter est La part cachée du Monde, d’Ève Gabrielle.

Devant mon quilt « Ensemble malgré tout » fait pendant le premier confinement, le livre d’Ève Gabrielle trouve sa place. Tant d’émotions dans ce livre…

Ce livre est partagé en deux, tout comme la France l’est par La Déchirure, une frontière réputée infranchissable, dans cette fiction du futur proche. Nous commençons par vivre avec Sienne et Vincent, sœur et frère, dans le monde du Nord où tout est désespérant. Greenlife – une sorte de Google ou Meta ? – s’est mis à tout diriger, à la suite de l’effondrement du système bancaire et du gouvernement. On étouffe, on gémit dans ce système où on gagne sa vie en ramassant les déchets de plastique de notre époque. Et bien sûr, un bracelet connecté nous surveille… Les habitants subissent la dure loi de la gouvernance numérique. Une vraie dystopie (fiction décrivant un monde utopique sombre).

Mais Sienne et Vincent réussissent à passer La Déchirure, la Frontière, pour aller à la recherche de leur grand-mère qui aurait, dans un livre de botanique en possession de Sienne, caché un moyen de sauver le monde. Ils découvrent en Aveyron un monde résilient, pas parfait, mais qui a surmonté les écueils majeurs du dérèglement climatique grâce au génie humain au service de solutions simples et futées. Ils sont woke, éveillés, mais dans le bon sens !! Un bel espoir dans cette partie utopique optimiste, qui fait la part belle aux relations humaines positives, à la créativité et aux talents de chacun.

La renaissance des arbres offre une pure joie au printemps ! Ils accompagnent ici les miens en textile, offerts à ma sœur Véronique.

A nous de choisir le chemin de notre futur, au Nord ou au Sud de La Déchirure… Là où on plante des arbres génétiquement modifiés, ou bien là où on les soigne et où on communique avec eux…

L’idéogramme chinois signifiant Crise est en deux parties : danger + opportunité

Je ne vous ai pas dévoilé beaucoup plus que ce que nous dit l’éditeur ou la 4e de couverture, tout reste à découvrir au cours de votre lecture. En plein dans la période de la COP26, nous comprenons à quel point des décisions fermes sont à prendre, ce n’est pas une option. Il sera sans doute difficile de renoncer à notre routine confortable, mais l’effort sera moindre si nous réussissons à choisir les meilleures voies de changements et de progrès, axées sur des choix vraiment pertinents, pragmatiques et bien expliqués (le livre Réaliste de Bertrand Piccard, éditions Stock est écrit dans ce but). Pour évoluer dans le bon sens, le monde aura besoin de pédagogie, de réalisme, de progrès maîtrisés, certes. Mais un rapprochement avec les lois simples du vivant, l’utilisation raisonnée des trésors de la nature, sont incontournables. Jamais peut-être l’humanité n’a eu un si grand défi à relever, on peut en ressentir un vertige infini, mais on n’a pas le choix, il faut s’y attaquer avec maîtrise et enthousiasme !

Si nous ne tuons pas la Nature, Elle nous sauvera.

Entre Alerte et Espoir, le livre d’Ève Gabrielle a bien trouvé sa place !

C’est avec ce livre plein d’espoir que je vous quitte momentanément, mais vous ne vous débarrasserez pas de moi, je reviendrai bientôt ! J’ai envie simplement de faire une pause dans l’écriture, pour retrouver la voie de la créativité dans mon atelier.

Avec ma sincère amitié,
Katell 💚💚💚

A mon seul désir…

Tapisseries médiévales

La plupart des tapisseries qui réchauffaient les murs de châteaux montraient des scènes de guerre, de chasse, ou des thèmes religieux (un jour peut-être, une érudite me proposera-t-elle un article sur la prodigieuse Tapisserie de l’Apocalypse d’Angers ? Avis aux amatrices !).

S’il est une tapisserie médiévale extraordinairement poétique, c’est bien celle qui, généralement, se trouve au Musée de Cluny à Paris, en six panneaux :

Voici la plus énigmatique des six tapisseries de la série appelée La Dame à la Licorne, A mon seul désir (écrit en haut de la tente bleue). Sur chacune d’elles, une Dame et sa suivante sont entourées d’un bestiaire, d’un herbier, de blasons héraldiques, de scènes détaillés par les spécialistes, pour découvrir le sens profond de chaque tenture…

S’il est à présent convenu, depuis les années 1920, que les cinq sens sont illustrés sur cinq tentures, qu’en est-il de la sixième ? L’intuition, le fameux sixième sens féminin ? D’après l’esprit médiéval, les œuvres poétiques de l’époque et l’écriture sur la tente, A mon seul désir, ce sixième sens serait celui de l’esprit, ou bien du cœur et du désir féminin…. Les troubadours venus d’Occitanie, par leurs chants et poésies, avaient fait connaître l’Amour Chevaleresque et inventé l’Amour Courtois, fait de tendresse et de passion ; grâce à eux les relations entre hommes et femmes se teintaient d’élégance et de sentiments… Au Moyen-Âge, dans ce rang social élevé, on se nourrissait le cœur et l’esprit de musiques, de poésies, et pas seulement de religion ou de récits épiques !

Les Arts aident à mieux vivre…

Deux ménestrels – Codex des Cantiques de Sainte Marie © Getty / Anonyme – vers 1280 _ Heritage Image

La Dame à la Licorne et les Six Sens, cette série de tapisseries flamandes terminées en 1500, fait partie de notre plus beau patrimoine. La finesse des détails, le raffinement des compositions en font une œuvre remarquée au XIXe siècle par George Sand, qui signala un ensemble de huit tapisseries à son éphémère amant Prosper Mérimée. Lui aussi écrit qu’il y en avait d’autres, mais qu’elles furent découpées pour en faire des tapis et des couvertures de charrettes… Dans ce cas, avec 8 tapisseries ou même plus, l’interprétation des 6 sens ne tiendrait plus… Mais sans doute, ils comptèrent d’autres tapisseries qui n’étaient pas de cette série. Toujours est-il que Mérimée fit classer six tapisseries au titre des Monuments Historiques en 1841-42. Ce n’est qu’un épisode de la vie très mouvementée de cet ensemble de tapisseries, bien des livres racontent leur épopée historique. Mais mon livre préféré reste celui de Tracy Chevalier, qui nous plonge dans l’histoire romancée, mais très documentée, de leur création.

Troisième roman de Tracy Chevalier paru en 2005, après La Vierge en Bleu (1997 – 2006 pour la traduction française), qui se passe partiellement à Toulouse, puis la fabuleuse Jeune Fille à la Perle (1999)…

J’ai visité deux fois le Musée de Cluny à Paris (5e), pour m’imprégner de la Dame à la Licorne en six tapisseries, parfaitement restaurées. Je suis aussi allée tout au nord-ouest de Manhattan pour voir leurs cousines, les sept tapisseries de La Chasse à la Licorne. Elles m’inspirent, elles me parlent.

C’est la dernière des sept tapisseries de La Chasse à la Licorne, la plus simple et la plus belle, aux Mille-Fleurs splendides. La reine Anne de Bretagne, reine de France, la commanda, quelques années avant que la Dame à la Licorne ne voie le jour. Si la licorne est ici le thème principal (sa chasse, sa capture), elle ne sera qu’accompagnatrice de La Dame, moins de dix ans plus tard.

Les tapisseries Mille-fleurs étaient à la mode à la fin du Moyen-Âge, avec leurs ornements issus de la nature, le plus souvent des fleurs qui ne sont pas plantées dans le sol de manière réaliste, mais plutôt juxtaposées, souvent avec des animaux, dans un but esthétique. Il n’y en a pas mille, mais leur foisonnement donne cette impression ! Des botanistes ont su faire la liste précise de plusieurs plantes et fleurs représentées sur les tapisseries les plus connues, tellement leurs dessins sont précis (une bonne quarantaine reconnues sur La Dame à la Licorne).

Et pourquoi la licorne ? On en voit partout en ce moment, en plastique et en paillettes… Cet animal mythique est mis à toutes les sauces ! A l’origine, c’était une création païenne, il semble qu’elle symbolisait la captation de l’énergie cosmique (ou est-ce une interprétation new age ?). A ce sujet, ne manquez pas Tout ce qui est sur Terre doit périr, livre de Michel Bussi !

Une histoire mêlant avec bonheur aventures, mystère des origines des mythes et religions…

Au Moyen-Âge, du temps de ces tapisseries, la licorne avait déjà été christianisée pour être acceptée ; quant à la Chasse à la Licorne, elle est bien teintée de conquête de la virginité d’une Belle par un Chevalier !

Mille-Fleurs au MEETT

Comme bien d’autres quilteuses, mes amies et moi avions participé avec enthousiasme à la robe de mariée participative, à l’initiative de Joëlle Vétillard, avec des semis de Mille-Fleurs, ce style artistique tellement en vogue en ces temps médiévaux…

Nous avons été très nombreuses à y participer, quelle fierté ! (photo R. Levaché). Cette extraordinaire robe de mariée a de nouveau été admirée à Lacaze en juin dernier.

Nous avions tant aimé cette expérience que, peu de temps après, nous entreprîmes de faire à notre tour des semis de fleurs, sur fond vert cette fois. La première photo est dans BeeBook, page 147. Puis ça a traîné, tergiversé, jusqu’au jour où Kristine a lu que La Dame à la Licorne allait… nous rendre visite. Oui, à Toulouse !! Le déménagement de cet ensemble de tapisseries est rarissime, mais ce n’est pas la première fois que La Dame vient chez nous : elle y trouva refuge lors de la Première Guerre Mondiale, à l’abri des bombardements, au couvent des Jacobins…

Du 30 octobre 2021 au 16 janvier 2022, au Musée des Abattoirs de Toulouse, nous aurons le grand privilège de pouvoir admirer ces six tapisseries, le temps que le Musée de Cluny se refasse une beauté.

Alors nous nous sommes mobilisées, toutes les dix, pour terminer ces 5 panneaux textiles en Mille-Fleurs cet été, afin de marquer cet événement qui fait honneur à notre ville :

Pure Nature
L’Embellie
L’Or des Prés
Passion Pavot
L’Heure Bleue

Passion Pavot et L’Heure Bleue, détail

Nous avons constaté que changer l’ordre des tapisseries ne donnaient pas du tout le même effet, nous avons donc choisi cette progression du plus clair et doux au plus intense. Qu’avons-nous voulu exprimer ? Nous ne le savons pas nous-mêmes vraiment. Avec certitude, notre amour des fleurs et de la nature, ainsi que notre amitié : ensemble nous sommes plus fortes et créatives ! Mais cette lumière qui vient du ciel, cette évolution à partir des fleurs blanches, symboles de l’innocence, vers les teintes plus denses, rouge profond et bleu-violet, ne sont-elles pas une représentation de la Vie ? Nos deux premiers panneaux terminés étaient les rouge et bleu, la maturité, la sagesse… N’est-ce pas la période que nous vivons toutes dix ?

Cultivez votre amour de la nature,
car c’est la seule façon de mieux comprendre l’art.
Vincent Van Gogh

Merci à Nathalie Marques, co-fondatrice des Salons Tendances créatives, co-gérante avec son amie Isabelle Dnistzenski, d’avoir accepté d’exposer en exclusivité cette tenture en cinq tableaux, bien modeste en regard des tapisseries médiévales mais faite avec le cœur, ce précieux sixième sens, pour célébrer cet événement.

Vous pouvez voir nos Mille-Fleurs 2021 dès aujourd’hui au Salon des Tendances Créatives de Toulouse, c’était l’ouvrage-mystère annoncé qui vous incitera, j’espère, à aller voir le chef-d’œuvre de l’an 1500 au Musée des Abattoirs ! Nous avons mélangé de nombreuses techniques, travaillé main et machine, appliqué, brodé, improvisé, et nous sommes ravies du résultat 😊.

Cinq mètres de fleurs ! La hauteur est de 144 cm. En les voyant accrochés ainsi, nous aurions dû les faire plus longs 🤣

Il y a des fleurs partout
pour qui veut bien les voir.
Henri Matisse

Pure Nature et l’Embellie, détail

J’espère vous rencontrer un de ces quatre jours au Salon, je serai bien sûr accompagnée de mes fidèles amies qui ont autant que moi participé à cette œuvre collective !

Katell et ses amies Abeilles Andrée, Évelyne, Brigitte, Kristine, Maïté, Vive, Danielle, Éliane et Chantal

Ô Toulouse !
Toulouse a donc l’immense privilège d’accueillir les six tapisseries de La Dame à la Licorne du 30 octobre 2021 au 16 janvier 2022 au Musée des Abattoirs. Pour apprécier ces chefs-d’œuvre mille fois mieux qu’en photos, une visite s’impose !

Pure Nature, L’Embellie et L’Or des Prés, détail

Béatrice Bueche au Festival de Ménigoute (79)

Un Festival de films écologiques et ornithologiques est a priori éloigné du monde du patchwork, sauf quand une passionnée des oiseaux est aussi quilteuse (et inversement !).

Du 26 octobre au 1er novembre de 10h à 19h30 (entrée gratuite), dans les Deux-Sèvres, c’est un grand rendez-vous pour les amoureux de la nature qui agissent !

Depuis des années, ce Festival est illustré par des expositions d’arts dits majeurs ou nobles (sculpture, photographie, peinture) mais à force de persuasion, mon amie Pierrette a réussi à convaincre que l’art passe AUSSI par les tissus ! C’était son rêve (I have a dream…) de conjuguer ses deux passions. Cette année, c’est chose faite avec la venue de la merveilleuse Béatrice Bueche !

Attention, l’exposition de Béatrice ne sera ouverte qu’à partir de mercredi 27 à 14 heures !

Je m’arrange pour y aller vendredi 29 après-midi, c’est trop court mais c’est mieux que rien ! Je suis impatiente d’y revoir mes amies, admirer l’expo de Béatrice, et sans doute visionner un film en fin de journée…

L’arbre blanc, le passage des oiseaux migrateurs… Béatrice Bueche

On a peine à croire que ces orchidées sont en tissus… Béatrice Bueche
Sous-bois, Béatrice Bueche, 60 x 50 cm

Sous-bois, détail, Béatrice Bueche

Et le lendemain, ce sera une autre évasion, en Journée de l’Amitié en Charente, où on parlera aussi de nature et d’art textile !

L’art et la nature… Ce sont de belles passions !
Katell

Tout art est une imitation de la nature.
Sénèque


Salon Tendances Créatives à Toulouse

Mais oui, la vie culturelle reprend, quelle joie !

Nous avons adoré reprendre contact avec les quilteuses occitanes à Lacaze dans le Tarn, puis à Lacapelle-Bleys dans l’Aveyron cet été, en septembre nous avons voyagé en Alsace puis à Nantes : partout, le soulagement que les activités reprennent ! Partout, des personnes chaleureuses, avec le paradoxe de moins de contacts physiques (finie, la bise !) mais bien plus de connexions de cœur à cœur.

Partout aussi, on entend que bien des personnes ont perdu le goût du patchwork et le goût de vivre. Ces derniers 18 mois ont été ravageurs pour le moral, quand ce n’est pas pour la santé-même. Il est grand temps de remonter la pente, de revoir celles et ceux qui vous font du bien, de faire d’ailleurs un vrai tri des personnes. C’est votre vie, rendez-la la plus belle possible.

DIY, do-it-yourself, ce n’est pas très français… Alors on assume et on dit à présent Faire Soi-Même ! Peut-être qu’un jour tout le monde comprendra l’acronyme FSM

C’est le moment de remotiver les amies de notre entourage, partout en France les Salons régionaux reprennent ! Aujourd’hui, laissez-moi vous présenter celui de Toulouse, qui renaît littéralement :

Le Parc des Expositions du Ramier à Toulouse n’existe plus. 13 hectares sont libérés de la gangue de béton et de macadam pour en faire notamment un Central Park toulousain. Lors de la dernière édition du Salon des Tendances Créatives, nous y avions un stand pour faire connaître BeeBook, tout beau tout neuf… C’était en 2019, c’était il y a si longtemps…

Pour remplacer ce lieu devenu obsolète, le MEETT, vaste complexe d’expositions, de conventions, de réunions, a été construit au nord-ouest de Toulouse, permettant une circulation fluide par la rocade de la Voie Lactée, celle qui passe par le centre commercial de Blagnac, et un parking très aisé (ah les tours et détours pour trouver une petite place autour du vieux Parc…). Le très vaste parking est au-dessus des salles d’expositions, c’est immense (notez où vous avez laissé votre voiture !), c’est à l’abri, c’est idéal. Les transports en commun sont au cœur du dispositif d’accès : le tramway commence au Palais de Justice au centre ville, puis les Arènes, Purpan, centre de Blagnac, et enfin le MEETT. Vous avez aussi le bus n°30 qui vous mène au pied du bâtiment. Il faut 44 mn de terminus à terminus, 35 mn à partir des Arènes.

Le MEETT se trouve sur la commune d’Aussonne, à 13 km à vol d’oiseau de Toulouse, au nord-ouest. Accès et plan ici.

Pour nous, les Abeilles de la Ruche, c’est idéal, nous habitons du bon côté de Toulouse pour y accéder !

Un vrai coup de jeune souffle sur le Salon, avec de nombreux ateliers pour apprendre de nouvelles techniques (ou des anciennes remises au goût du jour) ; les ateliers sont concentrés jeudi 14 octobre :

Les commerçants nous accueilleront avec leurs meilleures fournitures, leurs nouveautés… Quelle joie de retrouver nos amies toulousaines Martine et Hélène de Quilt & Patch, Émilie et Damien de Neelam, mais je ne peux les citer tous, voyez ici la liste !

Le Salon ne serait pas complet sans des expositions ! France Patchwork exposera les quilts du concours national « Carrément Crazy », dévoilés le mois dernier au Carrefour Européen du Patchwork, avec l’extraordinaire portrait réalisé par un membre allemand de notre association :

Œuvre de Dieter Filler, qui a été choisie comme emblème du Carrefour Européen du Patchwork 2021. Splendide !

Ce Salon fera la part belle aux hommes de l’art. Outre Dieter Filler, ce sera l’occasion de découvrir la virtuosité d’un brodeur, ancien apprenti à Lesage, Nicolas Jover, ainsi que le plumassier Yannick Delplace. Que de découvertes en perspective !

La Ruche des Quilteuses expose au MEETT

La fête sera complète pour nous, pour vous aussi j’espère, car nous avons été invitées à exposer des quilts de La Ruche des Quilteuses, des quilts vus sur notre blog, avec quelques-uns inédits. Vous nous connaissez, nos quilts ne sont pas des prouesses qui visent des concours, ils nous accompagnent dans nos vies, font plaisir à nos proches… Nous aimons nous inspirer de quilts traditionnels, tout comme de l’art moderne. Nous aimons improviser, c’est-à-dire commencer un quilt sans savoir où nous allons aboutir… c’est un voyage plein de sensations, de souvenirs… Et ce que nous aimons par-dessus tout, c’est jouer avec les couleurs, nous faire plaisir avec simplicité ! Nous serons très heureuses de partager notre passion avec vous.

Des Quilts-Météo au MEETT

Ce n’était pas prévu, c’est d’autant plus excitant ! Plusieurs quilts-météo qui furent exposés au Carrefour Européen du Patchwork n’ont pas été encore rendus… Pour vous les Occitanes, nous avons obtenu la possibilité d’exposer une sélection de ces quilts, avant leur expédition. C’est une vraie opportunité d’aborder ce nouveau concept, de préparer en groupe, en club ou en solo votre quilt-météo 2022 ! Nous serons présentes, près des quilts-météo ou dans notre galerie, pour vous expliquer le principe en détails. Je peux d’ores et déjà vous annoncer que Christophe Hénault, bien connu dans la région pour ses quilts comme ses broderies, a accepté que le sien soit exposé, avant de l’offrir à son neveu 😊. Un homme de l’art de plus au Salon !

L’année prochaine, en juin 2022, une autre exposition de quilts-météo aura lieu à Lacaze (Tarn), avec la nouvelle vague de quilts inédits. Encore du plaisir en perspective !

Surprise au MEETT

OH ! Mais que cache cette surprise ?

La vie offre parfois des opportunités à saisir, et nous avons voulu accompagner un événement culturel qui se déroulera prochainement chez nous, avec notre coup de projecteur en fils et en tissus… pour notre plus grand plaisir !

La clé du mystère sera dévoilée au Salon dès jeudi 14 octobre, et ce même jour dans ce blog.

Faites-vous plaisir,
retrouvez le chemin des Tendances Créatives !

Faites du bruit,
parlez-en autour de vous !

La billetterie en ligne est ici. Un pass sanitaire sera demandé à l’entrée. N’ayez crainte, aucun événement récent n’a causé de cluster (foyer épidémique), chacun garde son masque, se lave les mains et tout va bien !

Amis d’Occitanie mais aussi de plus loin, j’espère vous rencontrer en nombre à ce Salon tout beau tout neuf, signe d’une Renaissance !
Katell

A la semaine prochaine !

Chez les Girls de Nantes

Virevoltantes avec leurs robes qui tournent, so british avec leurs imprimés fleuris, les pimpantes Girls de Quiltmania vous accueillent jusqu’à ce soir au bord de l’Erdre, la plus jolie rivière de France, sur laquelle je faisais de la voile à mon adolescence…

Nantes que j’aime, pour maintes raisons…

J’y ai passé deux journées formidables. Tant d’amies rencontrées et de nouvelles connaissances ont rendu ce séjour inoubliable ! Le lieu convivial par excellence est le Coin des Blogueuses, encore plus agréable qu’avant, avec des fauteuils recouverts de quilts bien douillets, des tables pour tirer l’aiguille ou s’installer pour papoter… Je ne m’en suis pas privée, et merci à toutes celles qui sont venues me faire un petit coucou ! Nous renouvellerons ce rendez-vous.

C’est l’autre Lieu Unique (clin d’oeil à l’usine nantaise des biscuits LU, devenu Lieu Unique). Muriel, Cécile attirent beaucoup de monde et partagent leurs connaissances avec générosité. Les quilteuses et les blogueuses défilent, prennent du temps pour échanger les nouvelles, commenter les découvertes du Salon… Malgré les masques, on voit des sourires partout !

En ces temps difficiles, bien des commerçants n’ont pas pu venir, souhaitons-leur de se refaire une santé bien vite. Je crois qu’en revanche, ceux qui sont présents ne regrettent pas leur venue, les quilteuses ont besoin de renouveler leur réserve, n’est-ce pas ? Quel plaisir de revoir l’ébullition d’un Salon !

Les associations qui comptent sont présentes. J’aime toujours le stand de France Patchwork 44 :

Guldusi nous booste toujours, avec ses utilisations créatives des célèbres petites broderies afghanes. Pascale et Martine sont fidèles au poste et elles ont eu la gentillesse de faire un stand complètement différent de celui de Sainte-Croix-aux-Mines : encore et toujours de la variété !

Dans une exposition, on trouvait aussi 12 cœurs de Guldusi, mis élégamment en scène par Michèle Beugnon que j’admire toujours, avec son raffinement intemporel :

Je n’ai pas commencé par le commencement, l’accueil est royalement British :

Dès l’entrée, le ton so british est donné : on tourne et retourne autour de l’incroyable performance d’une tricoteuse du nord de l’Angleterre, Margaret Seaman, 92 ans. Elle a mis à profit son temps durant le confinement pour créer cette extraordinaire interprétation de Sandringham, une résidence de la Reine ! De très belles photos par ici. Plus qu’une œuvre juste pour le plaisir, elle est conçue pour lever des fonds pour les hôpitaux.
L’ensemble est époustouflant. Que dire des détails ? Quelle bonne idée d’avoir fait, par exemple, les saules pleureurs en laine détricotée, pour garder les frisottis ! Photo BBC News

Côté expositions, défi relevé malgré le Covid et le Brexit : les Anglais et Anglaises ont pu venir malgré tout 😀. J’ai bien aimé voir les œuvres textiles d’Anne Perry, car aucune photo ne peut rendre ses textures. Mais c’est surtout la fabuleuse collection de Christopher Wilson-Tate que je retiendrai, comme tout le monde je pense.

Christopher Wilson-Tate, né au Nord-Est de l’Angleterre, est antiquaire et l’un des plus grands collectionneurs de quilts anciens. Sa collection personnelle s’élève à environ 800 quilts, dont 600 sont de Grande-Bretagne et d’Irlande.
Il a vendu environ 15 000 quilts dans sa vie…

Les Anglaises, les Galloises, malgré la fraicheur de leur climat, ne mettaient pas toujours du molleton ou de la laine sous leurs tops, loin de là ! L’habitude de faire du patchwork précisément à l’anglaise, avec des papiers comme gabarit qu’on enveloppe, encourageait à doubler les tops sans travail de quilting. J’avais déjà évoqué ceci avec Jane Austen et son coverlet. A vrai dire, les quilts exposés viennent surtout de femmes aisées qui avaient le temps de faire ces extraordinaires jetés de lit ! Ils sont immenses. On imagine bien des femmes de plusieurs générations, réunies l’après-midi, tirant l’aiguille et s’interrompant pour leur five o’ clock cup of tea, avec peut-être des sandwichs au concombre !

Un des quilts les plus captivants de la collection…
Je le dis avec ces cœurs : ne soyons jamais trop péremptoires sur ce qu’il faut faire ou pas : l’appliqué à cru (sans marge de couture rentrée) est considéré comme moderne, parfois comme scandaleusement incorrect : cet appliqué prouve le contraire, ce n’est pas nouveau et ça tient au fil des ans !

J’ai tout aimé. Le sens extraordinaire des couleurs de Pamela Goecke Dinndorf, les impeccables quilts de Petra Prins, les trois Japonaises (oh my God, que de merveilles…) mais vous verrez ailleurs les photos et vous pouvez acheter les très beaux livres de Quiltmania où les couleurs sont bien mieux rendues que mes photos-souvenirs…

J’avais déjà acheté ce livre par correspondance, mais voir ses quilts « en vrai » m’ont éblouie. Etsuko Ishitobi est l’évidente héritière de Shizuko Kuroha, ma quilteuse japonaise préférée depuis 25 ans !
Mes grandes amies Annie (Des Tulipes et des Cœurs) et Kristine avec sa veste en chutes de liberty, so British elle aussi, admirent un des chefs d’œuvre de Etsuko Ishitobi.

Cerise sur le gâteau, Alison Glass, que j’admire beaucoup, représente la mouvance des quilts modernes. C’est beau ! Ses nouvelles gammes de tissus sont à l’honneur.


Le monde du patchwork apporte tant de joies…
Un peu de repos après ces folles journées, puis rendez-vous avec Alice lundi !
Katell

Au Val d’Argent…

Le Val d’Argent, c’est le joli nom de la vallée où se succèdent Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre, Rombach-le-Franc et quelques autres villages : après un passé dédié aux mines, les terres fertiles et les forêts continuent de fournir du travail, dans une certaine mesure.

La vallée de Ste-Marie-aux-Mines – Photo J. Antenat

Ce qui fait vibrer la vallée, ce sont des évènements culturels de prestige, parfois d’envergure mondiale comme les minéraux et le patchwork, organisés par une équipe professionnelle de la création et de la gestion d’évènements dans cette belle vallée du Val d’Argent.

L’édition 2021 du Carrefour Européen du Patchwork vient de fermer ses portes, avec une organisation particulière pour éviter à tout prix que cela ne devienne un cluster (foyer de contagion). Bien des groupes (clubs, délégations…) n’ont pas pu organiser leur venue, par manque de visibilité. Beaucoup de personnes vivant dans d’autres pays n’ont pas pu passer la frontière sans confinement ou autre contrainte.

MAIS que la fête fut belle pour toutes les personnes présentes !

Personne n’oubliera les sourires derrière les masques, la facilité des déplacements, l’accès aux œuvres d’art (et aux restos, aux navettes, aux WC…) sans trop de foule, la possibilité de parler plus longuement avec chaque personne rencontrée… Un vrai bonheur, une pleine réussite !

En ce qui concerne les expositions par elles-mêmes, c’est la première fois que j’ai entendu l’unanimité : chaque lieu méritait pleinement la visite, les artistes et collectionneurs étaient très disponibles… Quant au centre commercial, bravo à ceux qui ont osé venir, j’espère que leur courage a pleinement été récompensé.

L’entrée de Ste-Rosalie, à Rombach-le-Franc : Le Temps (temps qui passe et temps qu’il fait) sous toutes ses Couleurs était l’exposition de l’année 2021 !

J’ai eu l’honneur d’exposer 29 quilts dans l’Église Ste Rosalie de Rombach-le-Franc, toute fraîchement repeinte et au nouveau dispositif d’éclairage.

L’exposition, Le Temps sous toutes ses Couleurs, montrait des quilts du Collectif Quilts-Météo représentant chacun l’année 2020 sous le point de vue principal des températures journalières. Comme l’ont découvert les milliers de visiteurs, ce n’était ni répétitif, ni ennuyeux : chaque quilt avait sa propre identité avec une maquette personnelle, et comme dans un agenda, il y avait parfois des indications générales ou personnelles. Ce fut un vrai bonheur d’aider les visiteurs à découvrir ces détails, donner quelques clés de compréhension… Covid oblige, le document contenant les textes d’explications était disponible par QR code, mais rien ne vaut une bonne explication à l’accueil ! C’est pourquoi je remercie très sincèrement les nombreuses exposantes venues plusieurs fois donner de leur temps pour nous seconder, Kristine, Léna et moi !

Les couleurs des quilts correspondaient avec celles des vitraux ! Les jeux de couleurs tout au long des journées ensoleillées nous enchantaient. Photo Elsa Boissier

Que d’émotions ces jours-là ! Ils font déjà partie de nos souvenirs, des souvenirs parmi les plus chers de ma vie de quilteuse. Nous avons reçu quelques visiteurs « spéciaux », des artistes qui s’échappaient momentanément de leur propre expo, et aussi des journalistes. Tous ont manifesté de l’intérêt pour cette exposition inédite et si belle ! Cette vidéo a déjà été souvent vue ces derniers jours, mais tout le monde ne va pas sur Facebook, alors voici l’interview menée par un charmant jeune journaliste de la télévision locale du Val d’Argent :

Rendons-leur hommage, ils avaient bien préparé le sujet ! A vrai dire, j’étais partie faire un petit tour et c’est Kristine qui leur a tout expliqué… Je n’avais plus qu’à revenir en vitesse, une seule prise d’une traite, et voilà !

Ces deux journalistes de la télévision locale ont choisi sur le programme de venir poser leur caméra dans notre exposition, car elle était inédite et attisait leur curiosité ! Photo Muriel Figuière
Interview en cours – A gauche, on aperçoit un bout du quilt de Muriel Figuière, derrière moi, celui de Teri Totne (Hongroise) et à droite celui de Lili Brescia – Une artiste internationale multi-primée côtoie une quilteuse locale pour qui c’est la toute première exposition d’un de ses quilts ! Photo Kristine Toufflet

Quant à Sophie Socaso, si présente, toujours pleine d’idées, elle a notamment produit cette vidéo un jour à midi pile ! A télécharger vous-même, je n’ai pas réussi à l’ajouter dans mon blog. Pourtant, elle fait tout le tour de l’expo, c’est superbe, merci Sophie !

Nous le savons, une église en lieu d’exposition, c’est bien particulier, ce n’est pas sa vocation première ! Mais tout comme à Lacaze (Tarn), j’ai été très émue d’exposer des quilts dans ce lieu chargé des souvenirs des grands évènements des vies locales (naissances, mariages, morts). Dans chacun de nos villages, ce sont les monuments choyés depuis des siècles, les endroits uniques où les gens simples pouvaient voir de l’art avec l’architecture, la statuaire, les tentures, les vitraux… Une énergie s’en dégage, toujours. C’est donc un privilège de pouvoir accorder l’art textile, où nous mettons tout notre cœur, avec l’art religieux.

Devant d’importants mobiliers remarquablement sculptés, nous avons exposé le quilt de Fabienne Soler. Admirez le sac en QR code de la visiteuse !

J’ai passé un moment unique avec bien des personnes, mais permettez-moi de privilégier ici deux visiteuses, Emma et Margot. Le samedi après-midi, je voyais leurs jeunes visages pourtant masqués montrant un large sourire, avec une admiration évidente pour ces quilts-météo. Nous avons alors fait une partie de la visite ensemble, discutant pour mieux nous connaître mutuellement. Emma me dit : j’ai déjà fait beaucoup de patchwork quand j’étais jeune. J’ai alors osé lui demander son âge : 16 ans ! Imaginez le potentiel de ces jeunes filles ! Emma va donc reprendre cette activité qui lui plaît tant, inspirée par l’expo, et montrera tout son savoir-faire à Margot qui va débuter. Je les ai bien sûr très fortement encouragées à tracer leur chemin dans l’art textile, et à présent, nous sommes en contact par internet. Bientôt, nous reparlerons de ces jeunes pleines d’avenir !

Embouteillage devant les quilts de Brigitte Didier à gauche et Brigitte Bafoin à droite !

De très nombreuses photos de l’exposition circulent sur les réseaux sociaux, avec des commentaires toujours très chaleureux, merci à… tout le monde ! J’ai divers projets précis pour ces prochaines semaines, mais je préparerai un dossier avec de bonnes photos des 29 quilts et des textes explicatifs (les mêmes textes que ceux disponibles par QR code), il sera publié sur ce blog en novembre. Je sais que le rendu de la plupart des photos des visiteurs est décevant car les spots, en particulier pour les très grands quilts, ne rendent pas justice aux œuvres.

On ne peut pas grand chose contre les éclairages crus, à moins d’être spécialiste de la retouche photo. Mais parfois, il y a des effets inattendus : un cœur de lumière se dessine sur le quilt de Léna Meszaros ! Cela lui va si bien 💙 – Photo Muriel Figuière

Que celles qui n’ont pu voir cette expo retiennent les deux suivantes : à Lacaze les 25 & 26 juin 2022 et à Paris dans le 12e, au CPA Reuilly Bessie Smith. Nous aurons le temps d’en reparler !

Avec toute ma gratitude pour ce monde du patchwork et des arts textiles qui illumine tellement ma vie,
Katell

J’emballe !…

J’emballe sec…

Oh qu’ils nous faisaient rire, Daumier et Bedos, en 1973 ! Vous ne connaissez pas ? Voici le sketch, où le dragueur, un vrai mufle, croit « emballer » la jeune femme…

D’autres emballent aussi, en plein centre de Paris. Une œuvre d’art dont on parle beaucoup, en bien et moins bien. Cela reste un évènement.

Workers install a shimmering wrapper to envelop Paris landmark, the Arc de Triomphe, in a posthumous installation by artist Christo on the Champs Elysee avenue, in Paris, France, September 12, 2021. REUTERS/Christian Hartmann

Et moi ? J’emballe aussi ce matin ! J’emballe en remuant les étoffes, pliant, dépliant et repliant pour éviter tout mauvais pli, enlevant quelques fils et poils dévoilant que certaines habitent chez leur chat 😺. Quelle joie de manipuler ces quilts et de très bientôt les accrocher, pour qu’ils soient admirés par le public du Carrefour Européen du Patchwork… Vous l’avez deviné, le grand départ vers l’Alsace est imminent !

Sur la table, devant « Au Pays de Sujata », quilt présenté dans BeeBook, vous voyez un véritable trésor qui sera divulgué dès jeudi 16 à Rombach-le-Franc… Deux grands sacs et un « boudin » pour les quilts qui ne peuvent se plier trouveront place sur la banquette arrière de la voiture de Kristine.

Pour tout vous dire, j’ai 21 quilts, Léna apportera les 4 de Paris et région parisienne, les derniers seront apportés par les exposantes qui seront sur place. L’organisation mise en place fonctionne parfaitement jusqu’à présent, continuons ! Merci infiniment aux quilteuses et au quilteur qui permettent cette exposition de prestige… et merci à l’équipe du Carrefour Européen du Patchwork de nous faire confiance !

Beaucoup de quilteuses du Collectif se déplacent, les jours qui viennent seront émotionnellement intenses ! Il me tarde… En attendant, bonne route et à très vite !
Katell