S’offrir de nouveaux horizons

Des petites villes bien de chez nous ont parfois une renommée inattendue ailleurs. Entre Agen et Montauban, tout près de Moissac et Castelsarrasin, le village de Saint-Nicolas-de-la-Grave se remarque d’abord par son lieu stratégique, à la confluence du Tarn et de la Garonne. C’est un endroit préservé, refuge pour les oiseaux.

La réserve ornithologique est à peine à portée d’objectif, d’après le photographe Claudio Boaretto. Les oiseaux semblent donc bien tranquilles !
Je suis passée en voiture sur ce pont qui a la particularité d’enjamber à la fois la Garonne et le canal d’entre-deux-mers. Il a été rénové depuis, mais pas élargi ! On serre les fesses si, d’aventure, on croise un autre véhicule… mais ça passe ! Son histoire prouve l’impétuosité des flots garonnais : deux ans après son inauguration, en 1852, le pont s’écroule. En 1858, son tablier chute lors d’une crue mémorable. Depuis, ses fondations ont été renforcées avec des moyens plus modernes, les suspensions adaptées et il fait l’objet d’entretiens réguliers.

Le village nous enchante par le caractère de ses beaux bâtiments de brique ou de fer (la halle centrale), une qualité de vie préservée, une ambiance chaleureuse :

Mais celui qui fait sa renommée aux États-Unis, c’est Antoine Laumet, né ici en 1658. Il est bien plus connu sous le nom qu’il s’est attribué, le Sieur de Lamothe-Cadillac. Je vous avais raconté son incroyable histoire en été 2020 et vendredi dernier, j’ai eu le grand privilège de me faire ouvrir la porte de sa maison natale. Entièrement rénovée grâce à des volontés locales et la municipalité de Detroit reconnaissante, elle est devenue le Musée Cadillac, en l’honneur de ce Gascon qui s’est créé une vie à son image, hors du commun !

Danielle, passionnée d’art et de culture – et de patchwork! – a été ma guide attentionnée, elle m’a fait vivre la vie tumultueuse de ce téméraire Gascon. J’ai beaucoup appris, appréciant la qualité de la mise en contexte de l’histoire, hors des légendes… Cette vie est suffisamment extraordinaire pour ne pas avoir besoin d’en rajouter ! On peut visiter en se contentant de lire les panneaux, mais écouter un(e) bon(ne) guide est irremplaçable.

Buste créé par Délie Duparc

Cet homme, excessif en tout, a illustré sa Gascogne natale par son intrépidité, sa ténacité, sa passion de l’aventure, son intelligence des plus déliées et son remarquable sens des affaires.
René Toujas
 Le Destin extraordinaire du Gascon Lamothe-Cadillac de Saint-Nicolas-de-la-Grave fondateur de Detroit, Ateliers du Moustier, Montauban, 1974

Une peintre locale, Patricia Blanchet, a réalisé l’été dernier une splendide fresque murale dans l’entrée ; elle représente le fortin créé par Lamothe-Cadillac, entouré de cette nature idéalisée qui ressemble au paradis, avec des bosquets d’aspens, mes arbres américains préférés, des oiseaux, ainsi que des personnages qui discutent en toute quiétude et courtoisie… Trois murs qui nous immergent dans la fin du XVIIe siècle dans la région des Grands Lacs ! Et savez-vous que les Français s’entendaient très bien avec la population autochtone américaine, bien mieux que les Anglais ?…

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez vous référer à cet article de Tourisme-Occitanie, vous avez un numéro de téléphone pour organiser votre visite.

Lamothe-Cadillac s’est offert une vie à son image, voguant vers des horizons inconnus. Il est même devenu mondialement connu, indirectement, grâce aux voitures qui portent le nom de Cadillac en son honneur. Moins connue, la chanson d’Etienne Roda-Gil écrite pour Johnny, rend hommage au Sieur de Cadillac !!

En patchwork, nous pouvons aussi élargir nos horizons. Le club de patchwork de St-Nicolas est très réputé depuis des décennies pour la qualité de leurs quilts faits à la main. J’ai cependant été sollicitée par Isabelle pour montrer quelques techniques permettant de s’amuser à modifier ses habitudes. On ne jette pas tout par la fenêtre, mais on prend quelques idées pour moderniser ses ouvrages, changer de style, se faire plaisir sans la crainte du cutter ou de la machine à coudre. Cap sur l’improvisation, sur l’acceptation de l’imperfection, la réjouissance des effets inattendus au lieu de la réplique exacte ! En une journée, les idées ont fusé, avec des périodes d’incertitude puis la joie de la réussite… Bravo à chacune d’entre vous d’avoir osé dépasser votre zone de confort avec le sourire et beaucoup de rires, et merci infiniment pour votre accueil si chaleureux !

Vous pourrez compter sur moi pour annoncer votre prochaine exposition en 2023 et surtout, je viendrai l’admirer avec mes amies Abeilles, avec grand plaisir !

La créativité autorise chacun à commettre des erreurs.
L’art c’est de savoir lesquelles garder.

Scott Adams (dessinateur de BD)

Bon dimanche à tous, et offrez-vous peut-être de nouveaux horizons !
Katell

Voyage textile : à vol d’oiseau

Je vous avais promis de vous annoncer le gagnant des Oiseaux de Lacaze créé par nous, les Abeilles, et quilté bénévolement avec maestria par Je Quilte Pour Vous (Chantal Baquin), pour la tombola des Journées textiles à Lacaze. Samedi dernier, lors de l’Assemblée Générale des Amis du Château de Lacaze, une main parfaitement innocente a tiré au sort l’attribution des lots.

Dans vos groupes, dans votre famille, dans vos clubs, y a-t-il une personne « qui a trop de chance », qui est une habituée des tickets gagnants ? Eh bien dans la Ruche, il se confirme que notre chère Maïté est bien l’Abeille chanceuse, car c’est bien elle qui a gagné le quilt tant convoité !

Je suis évidemment ravie pour elle… et pour moi ! Car nous pourrons encore en profiter, le montrer de nouveau à l’occasion, et en faire de jolies photos car, dans la précipitation des préparatifs, nous l’avions oublié…

Nous avons surtout des photos du top, et pas du quilt… Nous pourrons y remédier prochainement 🧵😁

Les petits oiseaux vont donc rejoindre leur nid, chez une Abeille… Quelle joie !

A demain, pour admirer des sportifs !
Katell

Les Oiseaux de Lacaze

Vous vous souvenez peut-être, en début d’année, des Abeilles s’amusaient bien avec des Oiseaux.

Ces oiseaux improvisés ont rencontré beaucoup de sympathie auprès des quilteuses, certaines m’ont envoyé la photo de leur création, comme Marianne et son ravissant panneau :

Ce quilt devait tenir sur une porte, il est donc tout petit (50 x 50 cm) et si mignon !

J’ai également beaucoup aimé les oiseaux faits en Gironde ! C’est Françoise qui a fait celui-ci :

J’ai l’impression d’oublier une ou deux personnes, j’en suis désolée, je ne retrouve pas les autres photos.

Nous avons terminé le top au cours du printemps, ajouté une bordure en triangles… Cette bordure et ses variantes, je l’aime depuis longtemps ! Mes premiers triangles en bordure étaient sans doute avec ce modèle de Michèle Beugnon dans Quiltmania :

https://quilteuseforever.com/2011/11/20/pennsylvania-1890-2006/

Puis, lors de la création de mon Arbre de Vie recyclant les lisières, je n’ai pas trouvé mieux que des triangles pour bien le terminer :

Et plus récemment, j’ai légèrement modifié un modèle de Bonnie Hunter, notamment la bordure :

Naguère, je me lançais dans de savants calculs pour couper ces triangles, j’ai même 2 règles dédiées aux coupes triangulaires. La bordure de Mon Amie la Rose ci-dessus est pleine d’à-peu-près et j’ai évité les difficultés des angles en les laissant en tissus de fond.

Je pense à une bordure aux triangles à chaque fois que le top a des coupes à 45°, ce qui est… très souvent ! Pour les oiseaux, il y avait bien la forme des oiseaux, et surtout les bandes vertes de prairie sous leurs pattes… La bordure a été votée à l’unanimité en mai, un jour de Ruche (toujours le vendredi !). Et voici donc le top aux oiseaux avec sa bordure aux triangles, se pavanant dans un très joli jardin à la française dans le village de Lautrec, dans le Tarn :

Joli mais on ne voit pas bien le top, oui c'est vrai...
Joli mais on ne voit pas bien le top, oui c’est vrai…

Approchons-nous :

Vous verrez que je suis allée plus loin dans ma zénitude des angles, là où se rejoignent les triangles horizontaux et verticaux, lorsque ce quilt sera terminé !

Kristine a déjà brodé l’étiquette !

Il manquait un beau quilting à ce top… J’ai contacté Chantal Baquin, Je Quilte Pour Vous, pour savoir si elle avait le temps de nous le quilter pour la mi-juin. Mais oui ! Alors les Oiseaux se sont envolés vers Orléans. Ils ont fait une toilette molletonnée ébouriffante ! Passer dans les rouleaux d’Amara (la machine), c’est quelque chose !!

Cela commence ainsi ! Chantal a la gentillesse d'envoyer des photos du quilting en cours...

Cerise sur le gâteau, Chantal nous offre le travail du quilting, parce que c’est un lot de tombola qu’elle souhaite soutenir ; il nous reste à lui payer le tissu de fond et le molleton. Mille mercis Chantal !

Chantal m'a dit qu'elle s'était bien amusée, transformant les bandes de gazon en terrains de jeux de quilting !
Chantal m’a dit qu’elle s’était bien amusée, transformant les bandes de gazon en terrains de jeux de quilting !

Ensuite, on n’a plus qu’une envie, le voir fini en vrai !!

Ce sera donc à Lacaze, toujours dans le Tarn, pendant le week-end consacré aux Arts Textiles*, et vous pourrez même le gagner peut-être ! C’est un Prix de Tombola qu’offrent les Abeilles de la Ruche des Quilteuses pour le bénéfice de l’association qui organise et héberge cet événement : Les Amis du Château de Lacaze. Le tirage au sort aura lieu courant août, après son exposition au Château tout au long de l’été.

* Nous serons à Lacaze les 26 & 27 juin : le 26 est surtout consacré aux enfants, aux groupes, et la fête prend toute son ampleur le dimanche 27, avec notamment la présence de Neelam et ses formidables tissus : des retrouvailles très attendues !

A très bientôt !
Katell

Le blason de Lacaze en quilt, création Patch d’Oc avec Cécile Milhau.

Au Bonheur des Abeilles / les oiseaux d’Afrique

Nous n’avons plus le même rythme de rencontres avec mes amies quilteuses. Il y a un peu plus d’un an, nous passions tous nos vendredis ensemble, toute la journée, en club, avec déjeuner partagé et embrassades ; à présent nous nous réunissons seulement l’après-midi, chez les unes et les autres, une à deux fois par mois, avec le respect des mesures sanitaires. 

Les derniers rendez-vous ont été bavards – ah quel plaisir ! – mais aussi très productifs.

Tout commence par la mise en place d’un atelier temporaire, avec 3 machines à coudre, un centre de repassage et un centre de coupe. Tout est calme, quelques minutes avant 13h30.

Peu de temps après, c’est une ruche bourdonnante et travailleuse :

Nous avons improvisé un mur textile :

Un tissu blanc épinglé sur un quilt accroché au mur sert de mur textile temporaire. Sur le canapé, les Oiseaux de Maïté.

Nous finissons toujours par terre :

Vendredi dernier, nous avons terminé le montage des blocs d’oiseaux, avec cette mise en scène volontairement différente de ce que nous avons déjà vu. Les oiseaux sont très colorés, avec un corps en tissu uni et l’aile en wax africain. Le fond est fait de divers tissus écru-beige, avec des bandes d’herbe où les oiseaux peuvent se poser.

Ce quilt fait en commun sera le lot d’une tombola à Lacaze (Tarn) fin juin 2021. Nous vous en reparlerons en temps et en heure !

Et voilà le top bel et bien terminé ! Nous avons essayé de respecter une légère perspective, avec les bandes vertes légèrement plus fines en haut et les plus grands oiseaux en bas. Nous aurions peut-être dû rester plus classiques, mais nous aimons explorer les infinies possibilités du patchwork et le quilting donnera du caractère au top !

Avec la joie emmagasinée vendredi, nous sommes reboostées jusqu’à la prochaine rencontre. C’est la magie de l’amitié qui nous unit. Et demain, nous vous montrerons des étoiles !

Cui-cui, prenez bien soin de vous !
Katell

 

La parade des oiseaux

Pourquoi le 14 février est-il la fête des amoureux ? 

❤️Il y eut Valentin, prêtre dans l’Empire romain, martyrisé et mort le 14 février 269, pour avoir célébré des mariages clandestinement alors que les soldats se devaient de rester célibataires, d’où l’ire des Romains qui manquaient de soldats. Dans un sens, Valentin préfigurait les hippies : faites l’amour, pas la guerre ☮.
❤️Autour du 14 février en ce temps-là, les Romains célébraient les Lupercales, une fête païenne qui faisait partir l’hiver, où l’on célébrait la fertilité de la terre et où les hommes couraient les filles. Comme souvent, les rites chrétiens se superposent sur les païens, Saint-Valentin devint plus tard la Fête des Amoureux instaurée par la papauté.
❤️Aux temps médiévaux, en Europe, au moment des chants assourdissants des oiseaux autour du 14 février, on disait que les oiseaux annonçaient bien le printemps et les amours. Le signe ☮ peace and love n’existait pas encore, j’y vois pourtant la trace d’une patte d’oiseau (même si ça n’a rien à voir). 
❤️A la fin du Moyen-Âge, l’amour courtois prit la forme de valentinage dans l’aristocratie anglaise, avec des jeux d’amour et du hasard : le 14 février, on formait un couple pour la journée et ils s’échangeaient des mots galants, de petits cadeaux, et plus si affinités. L’Angleterre encore catholique célébrait la Saint-Valentin avec joie et espièglerie.
❤️Au 19e siècle, les Américains commencent à célébrer autant l’amour que l’amitié le 14 février, et les offres commerciales s’en mêlent avec les premières cartes postales aux cœurs rouges…

Les jeunes Américains célèbrent la Saint-Valentin à l’école, offrant de petits cadeaux faits maison à leurs copains, leur enseignant. Cela donne lieu à de nombreuses festivités sur le thème de l’amour et l’amitié. D’autre part, les parents disent souvent I love you à leurs enfants pour dire bonsoir ou au revoir…

Les oiseaux, par leurs chants, ont contribué à fixer la date de la fête des amoureux !
J’adore cette idée.
C’est donc aujourd’hui que je partage avec vous les références pour coudre des oiseaux,
because I love you !

La Parade des Oiseaux

Ce couple aux couleurs toniques sera dans le quilt qu’offrira La Ruche des Quilteuses pour une tombola à Lacaze fin juin 2021. En cours de montage !

Depuis quelques années, des oiseaux se promènent sur des quilts américains colorés, pioupious aux formes variées, parfois de guingois, se déplaçant en solo ou en escadrilles. Des groupes d’échanges se sont créés sur Instagram, j’ai vu beaucoup de participantes, mais relativement peu d’ouvrages terminés.

Comme vous m’avez demandé le modèle qui a inspiré Maïté, sur ce blog comme sur Facebook, voici toutes nos inspirations. Ne vous privez pas de faire naître des envolées de zozios qui illumineront vos intérieurs !

Ouvrages récents de Bee Maïté vus dans Un avant-goût de printemps

D’après mes recherches, c’est Lynne Tyler qui a créé The Bird of Happiness, l’Oiseau de la Joie, l’oiseau créé par improvisation en 2010. Voici son post expliquant son bloc.

Et voici son premier quilt-aux-oiseaux :

Lynne Tyler, Birds of Happiness en 2010

Peu de temps après paraît un modèle McCall’s, en 2012, avec les instructions pour des oiseaux très réguliers.

Vous avez le modèle en couture sur papier ici : https://s31968.pcdn.co/wp-content/uploads/pdf/Bird_Block.pdf

Peu à peu les oiseaux se multiplient, faits régulièrement ou avec plus de fantaisie. On se met à appeler affectueusement ces oiseaux improvisés les birdies… Plusieurs quilteuses expliquent à leur tour comment faire ce bloc d’oiseau ; j’aime beaucoup le PDF, très facile à suivre, de  Blok Lotto / Jean-Sophie Wood.

Mary Huey, 2016
Quilt Diva Julie, 2016

Et vous pouvez voir par ici plusieurs quilts de stagiaires de Lynne Tyler.

J’aime aussi :

@lynnepusscat, 2020
Un très beau quilt de Moonlight, 2018 @moonlightsewing

Pour ma part, j’ai découvert ces oiseaux grâce à Jill de Pie Lady Quilts, qui proposa en 2015 son propre tuto d’oiseau improvisé sur son blog (avec une jolie petite tête !). Elle a fait deux splendides quilts aux oiseaux :

Lovely Woods, Jill Fischer, 2015
Red-letter-day, Jill Fischer, 2015

Voilà, vous avez toutes les références pour faire à votre tour vos oiseaux de paradis, des oiseaux de passage, des oiseaux en liberté, à protéger surtout… Ils égaient nos promenades, tant par leurs chants que leurs couleurs et leurs mouvements. Ils débarrassent les jardins d’insectes nuisibles, disséminent naturellement les graines, pollinisent… Ces symboles de l’équilibre de la nature se raréfient, c’est mauvais signe.

Celui-ci est dans un quilt que je vous montrerai bientôt !

Des cœurs pour la Saint-Valentin tout de même !

J’ai craqué pour le modèle Forever Mine de Bonnie Hunter (Quiltville) et j’ai utilisé au centre une belle broderie afghane de Guldusi (Pascale Goldenberg). Comme Bonnie et les quilteuses d’antan, j’aime utiliser de nombreux tissus coupés en bandes. La photo m’aurait suffi puisque je n’ai pas du tout suivi ses dimensions : je me suis appuyée sur mon carré central, mais j’ai tout de même acheté le PDF par respect envers la créatrice. Ce quilt de 85 cm de côté sera le centre de ma table aujourd’hui.

Derrière la maison, Mon amie la Rose, Katell, 2021
Jeudi 11 février, comme un air de printemps dans le Sud, alors que mes sœurs regardent la neige tomber en Bretagne et à Paris…
Un vrai scrap-quilt, dans la tradition des string-quilts. Traduction : il est composé de beaucoup de tissus différents, dans la tradition des quilts faits avec des bandes de récupération. Le quilting sur la partie claire dessine des centaines de ❤.
Jeux d’ombre et de lumière.

Belle journée avec, j’espère, des chants d’oiseaux pour la Saint-Valentin !
Katell

Un avant-goût de printemps

Il faisait beau hier vendredi du côté de Toulouse, on entendait les oiseaux chanter, on voyait (déjà !) des abeilles butiner… Une journée donnant un avant-goût du printemps.

Quelques Abeilles de la Ruche des Quilteuses ont aussi saisi l’opportunité de se réunir, cette fois-ci chez Vive. De nouveau, nous avons strictement observé les mesures sanitaires, avec nos masques et un écartement de nos fauteuils. Et je crois bien que le bonheur de nous revoir peut stimuler nos défenses immunitaires !

Quilt solidaire

C’était un après-midi de papotage. La situation dans de nombreux départements nous attriste. Comment surmonter le traumatisme d’une maison inondée ? Nous serons bien sûr volontaires si une délégation fait une action pour les nouveaux sinistrés.

Kristine avait apporté le top destiné à une famille du département des Alpes-Maritimes, Éliane fournit le molleton.

Nous avons suivi un modèle de Bonnie Hunter, Many Trips around the World. Il mesurera 120 x 150 cm.

Quelques blocs se retrouvent au dos, cela fera un beau quilt réversible. Voyez-vous le tissu aux roses ? C’est un tissu-bonheur, un tissu offert par mon amie LeeAnn… à qui j’ai souhaité hier justement un bon anniversaire. Une belle journée, vous disais-je !!

Kristine se charge du quilting, ensuite il sera prêt à être expédié. Je ne sais toujours pas s’il y a une adresse spéciale pour les quilts à offrir. Avez-vous des informations ?

Teinture indigo

Vive a ressorti son top aux fenêtres shibori :

Comme il lui reste beaucoup de rectangles teints, nous lui avons chaleureusement recommandé d’agrandir son top !

Nous attendrons les beaux jours pour faire un atelier de teinture indigo (à partir d’un kit d’Au Fil d’Emma). Vive a déjà éprouvé cette technique, avec sa sœur, et nous sommes avides de jouer à notre tour ! Lisez leurs articles qui racontent leur expérience à 4 mains par ici.

Quilts oiseaux

Nous avons un bon petit paquet de blocs d’oiseaux pour faire un quilt destiné à la tombola de Lacaze ! Mais Maïté a fait entrer le printemps en nous montrant ses deux nouveaux ouvrages – quand on n’est pas atteint, le covid a une conséquence bénéfique, on reste beaucoup plus à la maison et les projets de patchwork avancent !! – des nuées d’oiseaux qui semblent se raconter des histoires… un peu comme nous !!

Celui-ci est terminé, les détails sont fort intéressants, un quilt qui fait l’unanimité !
Il manque à Maïté les bonnes nuances de tissu pour faire la bordure de finition : nous essaierons de les lui fournir à la prochaine rencontre.

J’espère que ce petit Montre & Raconte vous a plu ! Mardi, vous retrouverez ici les quilts Diabolical Jane : j’ai reçu beaucoup de belles photos, quel engouement et quelle réussite à chaque fois ! Je suis sûre que vous aimerez cette galerie virtuelle.

J’ai reconnu mon bonheur au bruit qu’il a fait en partant.

Si nous ne sommes pas inondé, si nous avons la santé, guettons le moindre signe du renouveau de la nature : les premières fleurs s’épanouissent, les oiseaux chantent… Prenons le temps d’apprécier la vie dans les plus petites choses.

Iktsuarpok, Gezellig, Fika

L’année 2021 avance masquée :

Kristine m’a fait, comme chaque année, la surprise de la bannière de janvier : 2021 en chiffres romains, quelle bonne idée ! Évidemment quelques abeilles butinent et les imprimés à texte nous incitent à être joyeuses (be joyful), créatives (creative), inspirées (inspired), gentilles (caring), heureuses (happy), humbles (humble), vraies (true), uniques (original)… Be You, Etre Nous-mêmes!… Ce sont les couleurs choisies par Pantone pour 2021 : gris sombre et jaune acide, allégorie de la lumière au bout du tunnel. J’ajoute : Heureux Anniversaire à Kristine, ce 11 janvier !

2020 laissera un souvenir indélébile, celui d’une pandémie mondiale qui a tout déréglé. Pour les quilteuses, c’est l’arrêt de la plupart des joies des rencontres autour du patchwork, les JA, les Salons, les Expositions… Téléphone, mails, réseaux sociaux permettent heureusement de garder contact, mais les rencontres en vrai, c’est devenu rare et néanmoins irremplaçable.

Ce mot de la langue inuit, ceux que naguère on appelait les Esquimaux, est intraduisible directement : c’est l’excitation qui vous saisit dans l’attente d’une visite, celle qui vous fait regarder par la fenêtre ou sortir sur le palier pour savoir plus vite si l’invité arrive…

C’est ce je fais, comme une gamine qui guetterait l’attelage du Père Noël dans les nuages, quand la Ruche se réunit chez moi. Vendredi en début d’après-midi, j’étais complètement iktsuarpok !

Nous nous sommes montré nos dernières réalisations, le temps est passé vite à papoter (beaucoup !) et à coudre des oiseaux en vue d’un quilt à faire ensemble. L’ambiance était gezellig comme j’aime.

C’est un mot hollandais aux sonorités très gutturales, mais qui décrit un état de béatitude, un sentiment de confort et de bonheur quand on est ensemble, en bonne compagnie, en toute sécurité et confiance.

Nous avons d’abord choisi la disposition des blocs faits à l’automne pour un quilt destiné à une famille sinistrée dans les Alpes-Maritimes, ce projet a été très retardé en raison du confinement :

Scrappy Trips around the World, modèle de Bonnie Hunter/Quiltville.

Puis ce fut l’habituel Montre & Raconte :

Andrée est sur le point de terminer ce splendide quilt aux tissus japonais, mis en valeur par un fond de plusieurs nuances de bleus doux. Je l’aime infiniment. C’est interprété d’un quilt paru dans un livre de Tilda.

Danièle nous avait montré l’avancée de ses quilts en tissus Neelam lors de la Ruche juste avant Noël :

Danielle a beaucoup aimé s’amuser avec ces trois couleurs, et sa fille a réservé ce quilt pour elle !

Diabolical Jane

Je reviendrai très bientôt sur les Diabolical Jane, car j’ai reçu des photos de vos réalisations sur diabolicaljane@gmail.com. Ceux que j’ai déjà reçus sont splendides ! En attendant, en voici quelques-uns des Abeilles :

C’est celui d’Évelyne, avec le vert acide qu’elle aime tant mettre dans presque chacun de ses ouvrages. Sans bordure ajoutée, une option très moderne.
Son beau dos, en patchwork de restes, montre le travail de quilting à la machine, très réussi !
C’est celui de Kristine, avec une bordure qui lui permet d’utiliser un ruban ancien hérité de sa mère. Frais, printanier et harmonieux !
Comme toujours, Kristine brode des étiquettes informatives et superbes, avec un petit échantillon du ruban de bordure (le carré fleuri)
Andrée a laissé parler l’exubérance des wax, quelle réussite !
Maïté a modifié le modèle pour en faire SON DJ unique, très spectaculaire !

Le 18 décembre dernier, jour de la Ruche précédente, nous avions déjà vu les beaux DJ de Chantal et de Vive, les Abeilles manquantes avant-hier. Je les ajouterai lors d’un article récapitulatif. Danièle en a fait un splendide également, très coloré… Je n’ai pas toutes les photos. Quelle émulation ! Et le mien est très grand, 2 m de côté, pour le lit de ma fille aînée qui vient de fêter son anniversaire (une Capricorne de plus), je vous en ferai une bonne photo pour le prochain article à ce sujet.

Quilts Météo

Ah quelle aventure que ce quilt météo ! Pour chacun qui l’a fait en 2020, cela restera un ouvrage très spécial, lié aux événements personnels de 366 jours mais aussi à cette année dont le fil rouge restera à jamais l’expansion mondiale du Covid19. Dans le groupe privé Facebook qui réunit à ce jour 712 membres, on voit une diversité extraordinaire d’ouvrages, tous plus beaux les uns que les autres. Les quilteuses font preuve d’endurance et de créativité ! D’ores et déjà, je peux vous annoncer qu’une exposition de quilts météo pourra se faire dans le Tarn, fin juin 2022, les modalités seront à finaliser avec les organisateurs. J’espère que nous aurons d’autres propositions car ces quilts méritent de voyager pour être vus et revus un peu partout !

Éliane montre son quilt terminé, hormis les bordures et le quilting.
Elle a résolu son problème des deux mois accolés de 31 jours, juillet et août, qui décalaient les colonnes, en incluant des losanges où est brodé le titre.
Si vous avez la chance de voir un jour ce quilt de près, vous verrez que Maïté a ajouté de nombreux détails brodés…

Cerise sur le gâteau, des quilteuses ont entamé un quilt météo 2021 !

La Pause

Fika (café en verlan suédois !) est le moment privilégié où on fait une pause avec un bon café et un petit gâteau (pour nous c’était thé aux cerises/hibiscus et oreillettes d’Éliane), une pause qui peut s’étirer parce qu’on est simplement bien ensemble…

Après avoir vu tant de belles choses, nous avons fait la pause Fika et nous avons évoqué l’assaut du Capitole, un traumatisme de plus infligé par un Président qui n’a cessé de nous navrer. Et nous avons encore bavardé, nous souvenant des inoubliables journées passées avec nos chères amies américaines LeeAnn, Jeanne, Tari, Betty – et j’ai distribué avec grand plaisir les calendriers que Betty a offerts aux Abeilles pour 2021. Betty, you will be with us in our ateliers! Thank you so much again 💗

Et la sécurité ? Nous ne sommes pas kamikazes (autre mot venant d’ailleurs), nous vivons toutes plutôt isolées, la plupart en maison individuelle à la campagne ou presque. La pause Fika s’est faite dans une autre pièce en remettant nos masques après chaque gorgée de thé. Notre département est actuellement relativement peu impacté, nous avons jugé raisonnable de nous revoir dans cette grande pièce où l’air circule bien.
S’il est reconnu que la peur et le stress affaiblissent les défenses immunitaires,
j’ose penser que notre rencontre vitaminée les booste momentanément !

Oiseaux de passage

Nous avons une bonne nouvelle qui, espérons-le, ne tombera pas à l’eau… La Ruche des Quilteuses est invitée à exposer en juin prochain à Lacaze dans le Tarn ! Ce sera un week-end très festif où chacun sera heureux de replonger dans une vie faite d’art et d’amitié. Nous ne serons pas seules, à l’appel de Christine Meynier et Cécile Milhau, Les Filles du Rouvray, les quilteuses passionnées qui travaillaient dans le premier magasin de patchwork de France, exposeront une belle sélection de leurs œuvres. Ce sera un grand événement, d’autant plus que cette année, de nouveaux lieux d’exposition ouvriront dans le village en cumulant les expositions 2020 et 2021, avec de nombreuses animations et surprises ! Alors réservez dès à présent votre dernier week-end de juin pour visiter le cœur de l’Occitanie, près d’Albi-la-Belle.

Lacaze, au cœur de l’Occitanie

Pour remercier Les Amis du Château de Lacaze, l’association organisatrice de cet événement, nous allons faire un quilt pour une tombola. Son nom temporaire est Oiseaux de passage, car nous l’avons imaginé lors des passages des oiseaux migrateurs. Qu’on aime voir les oiseaux voler et parfois se poser en groupe dans la campagne, avant de les admirer repartir en nuée sonore… Un spectacle éblouissant !

Malheureusement, depuis 40 ans les oiseaux sont décimés eux aussi. Ces petits animaux à la fois familiers et merveilleux doivent désormais bénéficier de protections drastiques. L’écrin de verdure de Lacaze est un lieu idéal pour rappeler ces évidences. La première étape s’est passée hier, avec le choix de faire des oiseaux aux ailes en tissu Wax (batik africain) et au corps uni, en couture improvisée. Des Abeilles faisant des oiseaux, mais oui tout arrive !

Il faut d’abord bien comprendre comment faire un piou-piou.
A la recherche du tissu uni qui ira avec le wax…
On aura sans doute assez de tissus !
On maîtrise la coupe des piou-pious, tout va bien !

 

 

Iktsuarpok, Gezellig, Fika, ces trois mots qui n’existent pas en français résument notre première journée de l’année ensemble. Ces mots (et ces illustrations) sont tirés du petit livre Lost in Translation d’Ella Frances Sanders, malheureusement pas traduit en français. Vous y trouverez une cinquantaine de petits mots tout mignons comme ceux-là !

Merci du fond du cœur pour tous vos vœux, je crois que je ne réussirai pas à répondre à chacun, veuillez m’en excuser. En revanche, je vais reprendre le chemin un peu oublié des réseaux sociaux et de nouveau alimenter mon blog. 

Que la sérénité me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.
Marc-Aurèle

Que chacun réussisse à passer la meilleure année MMXXI possible !

Bonne année à tous, ici et ailleurs !

Katell et ses amies

Diabolical Jane

J’ai récemment découvert un modèle de quilt inspiré d’un quilt ancien américain, très simple à faire, rapide et scrappy… Pour moi, l’idéal pour vider la tête et alléger un peu mes tiroirs de tissus. Son nom ?

Diabolical Jane !

Jane, Jessie et Melinda, membres de la Modern Quilt Guild de Washington DC, sont tombées amoureuses d’un quilt anonyme des années 1830, lors d’une visite au Musée National des Femmes Artistes (https://nmwa.org/ à Washington, DC). Ce Musée expose de nombreuses artistes telles que Sonia Delaunay, Frida Kahlo ou Faith Ringgold. L’exposition temporaire, « Workt by Hand, Hidden Labor and Historical Quilts », provenant du Musée des Arts de Brooklyn (New-York), a eu lieu fin 2013 – début 2014. L’expo est photographiée dans ce livre :

Catalogue de l’expo, édition épuisée
On voit LE quilt au centre, photo Lee Stalsworth
Voici le quilt original que les historiens situent aux alentours de 1830. Photo du livre “Workt by Hand” faite par Jessie Aller. Les carrés manquants en bas rendent possibles la mise sur un lit à baldaquin (avec des colonnes).

Les trois amies se sont penchées sur les photos du quilt, Jessie a créé un article avec d’excellentes explications et elles se sont lancées dans leur réalisation. Est-ce LA Jane du groupe, la Diabolical Jane du titre qu’on n’oublie pas ?… 
Vous pouvez voir leurs quilts ainsi que les inspirations sur Instagram #diabolicaljane.

Jessie a interprété le quilt, marquant bien le X central avec des tissus fortement contrastés, jouant avec des imprimés que nulle part ailleurs on n’oserait associer !
Le quilt est immense, il a été très joliment quilté par Rachel Hauser, voir son article avec des photos du quilt fini.

Alors c’est décidé, pendant ce confinement, je fais un Diabolical Jane !

J’avais un réel besoin d’entrer dans ma bulle créative, pour « digérer » de mauvaises nouvelles, un décès, une maman souffrante, une amie proche très malade. Parfois, il faut égoïstement penser à soi pour surmonter une épreuve et ensuite pouvoir soutenir les autres. Les actualités anxiogènes n’arrangent rien. Alors m’immerger dans un nouveau projet de quilt me rend plus forte. 

Un de mes tissus préférés sera dans mon Diabolical Jane. Impossible de retrouver ses références, désolée…

En fouillant dans mes tiroirs, j’ai eu envie de bleu, ce bleu lumineux que je n’ai pas utilisé récemment, car mes derniers tops sont verts et orange, je vous les montrerai une fois quiltés. J’ai acheté voilà 3 ans des fat quarters de tissus épais tendance japonaise, bleus avec des impressions noires (Twilight de Windham Fabrics). Et, pensant à Valériane Leblond qui met presque toujours des oiseaux dans ses tableaux, j’ai ajouté comme base le reste de mes petits oiseaux adorés aux ailes d’un bleu approchant, dont j’ai depuis longtemps oublié la provenance :

La palette de couleurs s’est enrichie sans trop y penser d’or et d’argent, je veux dire de jaune et de gris. Et voilà ! Tissus modernes et traditionnels, vieux fonds de tiroirs et achats récents, tissus japonais, américains de chez Alice et indiens de Neelam cohabitent en un vrai scrap-quilt. J’ai consacré trois pleines journées à ce top, égoïstement et sans aucun remords. Un jour et demi pour choisir les tissus, les couper, les combiner, les changer maintes fois de place, et un jour et demi pour assembler les briques.

J’ai souhaité travailler en cm. Je me suis aperçue que chaque brique mesure 3 carrés + marges de coutures. J’ai donc choisi des carrés coupés de 9 cm, cousus de 7,5 cm. Une brique coupée mesure chez moi (3 x 7,5) + 1,5 cm sur (1 x 7,5 cm) + 1,5 cm = 24 x 9 cm. Il faut en couper 8 par tissu (cela rentre dans un fat quarter), 16 si le tissu est répété, ou 4 seulement si c’est dans le grand X central.

Le montage est comme un 1/2 log cabin, qu’on reproduit à l’identique 4 fois. Voyez les schémas de Jessie Aller pour mieux visualiser la structure. Le truc amusant de ce modèle, c’est qu’on commence par un carré qui se trouvera au milieu de la bordure ! Le X central assemble les 4 parties et, même si ses couleurs sont importantes, il ne se coud qu’à la fin.

Le placement des couleurs : j’ai utilisé le PDF disponible en fin d’article de Jessie Aller, un schéma de placement des briques. Mon brouillon est tout gribouillé, le résultat est différent de ma dernière version écrite et peu importe, ce qui compte est que je suis satisfaite du résultat !

Voici le centre de ma Jeanne la Diabolique. Je tenais à mettre un petit oiseau au centre !

 

Le départ d’un quart de top se trouve ici à droite, un carré gris et deux triangles jaunes. Et puisqu’on est entre nous, je vous montre ici le carré plus clair qui ne devrait pas être ainsi : je me suis trompée de sens, le tissu est à l’envers. Une erreur de débutante ? Une erreur de quilteuse qui a eu la flemme de découdre et recoudre juste pour ça.

 

Ce top mesure 2 m de côté. Il serait très beau plus petit aussi, avec par exemple des briques coupées de 18 x 7 cm (carrés de 7 cm coupés, 5,5 cm cousus). On ne le voit pas beaucoup, mais je voulais vous montrer, sur la droite, mon oranger du Mexique (Choisya ternata) fleuri comme si on était en avril… Il embaume divinement ! Ce dimanche, premier jour de ciel gris depuis longtemps ici du côté de Toulouse, mais la température reste étonnamment douce pour la mi-novembre.

J’étais bien concentrée sur ma tâche mais, comment dire, mon esprit vagabondait. Et c’était bien le but, m’échapper un temps de la réalité. En préparant ce top, j’avais en tête à la fois l’épopée de la Route 66, l’Histoire des USA avec ses migrants européens fuyant la pauvreté comme dans Y Cwilt Je pensais à cette petite fille galloise du conte de Valériane Leblond. Elle a pris vie, elle m’a chuchoté pourquoi, des années plus tard, elle voulait partir à son tour. Promis, elle vous le racontera ici prochainement. Dans cette petite histoire sans prétention, vous saurez faire la correspondance entre la fiction et la réalité, car dans tout récit on y met du sien !

A très vite avec Gwen,
Katell

Ce quilt veut s’appeler  OH ! Gwen… Vous comprendrez bientôt pourquoi !

Y Cwilt

Certains livres pour enfants ont un charme qui vit longtemps en nous, comme une mélodie souvent fredonnée. C’est ce qui m’arrive avec ce livre :

Je regrette de ne pas pouvoir le lire en gallois, la version originale… J’ai bien sûr choisi la version anglaise :

C’est Valériane Leblond qui raconte l’histoire d’une petite Galloise au tournant du XXe siècle. La vie est simple et rude, mais la famille y vit depuis toujours, en symbiose avec la nature.

C’est l’automne en Pays de Galles, c’est ici que commence l’histoire de la fillette. (photo facebook Valériane Leblond)

L’hiver au coin du feu, le père sculpte des objets dans du vieux bois, la mère taille des bouts de flanelle de laine noire et rouge pour en faire un cwilt. Mais un hiver plus difficile rend la faim tenace et les parents décident de quitter leur pays, un seul ballot en main : le quilt rouge et noir… La petite fille découvre une ville, un port, un bateau, un long voyage en mer. Dans la chaleur du quilt, elle trouve la consolation du déchirement de l’émigration. 

Dans ce nouveau pays jamais cité, dans une nature différente mais généreuse, avec le travail acharné des parents, la famille crée son nouveau foyer, sa nouvelle vie, son nouveau chez-eux, avec le fameux quilt rouge et noir qui rappelle la vie d’avant…

Faire de ses rêves une réalité plus douce, c’est la réussite de cette famille.

La fillette observe et comprend à sa manière les changements dans leur vie, se rassure en voyant les hirondelles du printemps, symbole de la résilience. La finesse des dessins souligne la justesse de l’histoire, vécue par des millions de migrants quittant l’Europe pour une vie meilleure aux États-Unis.

La grande ville d’où part le bateau se reconnaît à sa skyline (sa ligne d’horizon), c’est Liverpool (photo Facebook Valériane Leblond).

Dans ce livre, au Pays de Galles comme en Amérique, le ciel et la mer ne sont jamais bleus, mais des mille nuances glaz qui sont comme la vie, changeantes.

Le quilt, fait de la flanelle noire des costumes du père, de la flanelle rouge des robes de la mère, est assemblé point par point avec amour, la mère décorant avec fantaisie au fil rouge la rigueur du patchwork. Cela rappelle l’intuition de plusieurs historiennes, pensant que les femmes Amish, à la fin du 19e siècle, se sont inspirées des quilts gallois lorsqu’elles ont décidé de remplacer leurs couettes par des quilts (lire aussi : De la couette au quilt et les autres articles sur les Amish).

Vous l’avez donc deviné, ce tout petit livre est un coup de cœur ! J’imagine que toute quilteuse américaine au sang gallois offrira ce livre à ses enfants ou petits-enfants pour Noël. 

Il est en vente pour environ 7 € en anglais ou en gallois. Il reste à savoir si, un jour, il sera publié en français… 

Pour passer l’année prochaine avec la poésie de Valériane, le calendrier 2021 est disponible dans sa boutique ETSY. Attention, il est en gallois !

L’auteure nous offre sa belle histoire, et elle a fait son chemin, sans y réfléchir une suite a pris forme en moi, tout en jouant avec mes tissus. Cette fillette galloise, je lui ai donné un prénom, Gwen, que porte mon aînée en second prénom et qui rappelle aux quilteuses la reine des quilts libérés, Gwen Marston. C’est en pensant à cette petite Gwen que j’ai fait, ces derniers jours, un top que je vous présenterai prochainement. Je vous raconterai comment, même en suivant un modèle, j’ai rêvé à la petite Gwen…

Pour garder le moral, jouons avec nos tissus, rêvons… et aimons la vie simple, riche des beautés de la nature,
Katell

Lumière d’automne (par une belle journée comme aujourd’hui) Valériane Leblond

 

 

 

Frida Kahlo, icône féminine

¡Viva la Vida!

Connaissez-vous Frida Kahlo ? Sans doute savez-vous qu’elle fut une peintre mexicaine à l’oeuvre marquée par ses autoportraits. Cet exercice, se peindre, existe depuis la Renaissance (avec la disponibilité de miroirs). L’artiste est-il désespérément amoureux de son reflet, comme Narcisse ?  C’est bien plus souvent un exercice d’introspection. Voici donc une évocation de Frida Kahlo (1907-1954) avec quelques peintures, mais aussi des photos et des extraits de son journal intime ou sa correspondance.

Autoportrait aux papillons, Frida Kahlo.

Je me peins moi-même parce que je suis la personne que je connais le mieux.
Je suis ma propre muse. Je suis la personne que je veux améliorer.
Frida

Frida peignit 55 autoportraits sur 143 tableaux, exprimant la quête de soi, sa lutte contre la souffrance et, bien présente, son identité mexicaine (vêtement, faune, flore, couleurs). 

On peut voir cet autoportrait très coloré, daté de 1938, au Centre Pompidou à Paris.

Je peins des fleurs afin qu’elles ne meurent pas.
Frida

En Europe, hormis les admiratrices inconditionnelles, toujours plus nombreuses, on connaît mal Frida Kahlo, sauf si on a vu le film de sa vie, inoubliable, interprété et produit par Salma Hayek…

Née au Mexique comme Frida, l’actrice Salma Hayek portait en elle le projet de ce film depuis longtemps. Il est sorti en 2002. C’est seulement lors de l’explosion de #MeToo en 2017 que Salma osa dévoiler les turpitudes de Harvey Weinstein à son égard : il tenta notamment de faire planter le film parce qu’elle refusa ses avances…

Admiratrice de Frida et amoureuse du Mexique, mon amie Suzy Bignau m’a prêté le DVD il y a quelque temps déjà, j’ai alors compris pourquoi on pouvait tant s’intéresser à Frida Kahlo. A mon tour, je me suis mise à l’aimer, cette femme belle, intelligente, passionnée.

Photo credit: Nickolas Muray

 

Expression de ses souffrances

Dans le film, il est clairement montré que son art l’aidait à supporter ses souffrances. Elle peignait pour exprimer la violence de ses émotions, ses sensations, d’où de trop nombreux tableaux difficiles à supporter… Pauvre Frida, au corps martyrisé. Elle eut une vie de douleurs, à la suite d’une poliomyélite à l’âge de 6 ans, puis d’un accident de bus à 18 ans, dont elle gardera les graves séquelles à vie.

Je ne peins jamais mes rêves ou mes cauchemars. Je peins ma propre réalité.
Frida

La colonne brisée, 1944, 40 x 35 cm. Frida représente sa colonne vertébrale par une colonne grecque, sectionnée en 6 endroits. Les 56 clous symbolisent l’infinie douleur qu’elle endure, conséquence d’un accident à ses 18 ans (elle fut très gravement blessée lors d’une collision entre un bus et un tramway, à Mexico).

 Je ne suis pas malade. Je suis brisée.
Mais je me sens heureuse de continuer à vivre,
tant qu’il me sera possible de peindre.
Frida

Frida-Kahlo-Henry-Ford-Hospital-1932
L’hôpital Henry Ford, 1932, 32 x 40 cm. Frida sait, sur son lit d’hôpital, qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Lors de l’accident, elle fut littéralement transpercée par une tige métallique, de l’abdomen au vagin. Un tableau qui rappelle Dali, même si elle affirme ne pas aimer le surréalisme.

Je ne saurais dire si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu’ils sont la plus franche expression de moi-même, sans jamais tenir compte des jugements et des préjugés de quiconque.
Frida

Sans espoir, 1945, 28 x 36 cm. Frida était devenue si maigre qu’on la forçait à manger.

J’ai essayé de noyer mes peines, mais elles ont appris à nager les bougres.
Frida

Son histoire est résumée sur ce blog par exemple, mais je vous encourage à voir le film Frida, tourné dans sa maison, la Casa Azul, devenue musée.

14_la-casa-azul

 

 

Une icône de la mode 

Frida ne s’habillait que très rarement à l’occidentale.

En visite à New-York, 1933 © Lucienne Bloch
Rare portrait de Frida vêtue en femme occidentale du XXe siècle, photo de Gisèle Freund en 1951.
Toute jeune, elle a déjà le goût de la tenue des femmes mexicaines de la campagne. Quel chic ! Elle adopte les robes longues pour cacher son pied déformé par la polio et la différence de longueur de ses jambes. Photo Imogen Cunningham, 1931.
Sa mère Matilda était descendante de généraux espagnols par sa mère et d’un photographe indien de Morelia (Mexique) par son père ; son père Karl Wilhem (devenu Guillermo) Kahlo était d’origine allemande.

A la fois pour rendre hommage à la culture mexicaine et pour masquer par de l’ampleur, des plis, des couleurs, son corps martyrisé, Frida a développé une garde-robe unique.

Sa maison natale, où elle a vécu presque toute sa vie, est devenu le musée Frida Kahlo. On peut y admirer quelques unes de ses tenues « indiennes ».

Les tenues traditionnelles Tehuana lui permettaient d’affirmer son héritage. La région de Tehuantepec a, en outre, la particularité d’être matriarcale, les femmes y sont à la fois féminines et puissantes. En s’habillant de leur manière,  Frida fait avec son corps, exprime sa différence et rend hommage à la mexicanité, son identité culturelle. Et partout en Amérique centrale, on porte encore des huilpils, ces hauts à forme très simple, auxquels elle donne des lettres de noblesse. Les broderies, les couleurs, les dessins, concentrés sur la partie supérieure, invitent les personnes à ne pas regarder le bas de son corps déformé.

Photos de Nickolas Muray (de gauche à droite : 1946, 1939, 1939)
La styliste Alice&Co a conçu deux patrons de huilpil pour se mettre à la mode Frida, l’un à encolure ronde, l’autre à encolure carrée : patrons à charger dans les liens de cet article.
1939_Nickolas-Muray_Frida
Photo de 1939, par Nickolas Muray, un de ses fidèles amis.

On la voit presque toujours avec des ongles manucurés, des bijoux volumineux ethniques, et souvent, comme ci-dessus, un élégant châle savamment noué : encore un héritage mexicain, le fameux rebozo. Elle continue d’inspirer les femmes, ainsi que les couturiers comme Jean-Paul Gaultier (ses corsets…).

On admire la richesse de sa garde-robe, ses bijoux, ses coiffures… Ici un large ruban est tressé avec ses cheveux. « L’art de Frida Kahlo de Rivera est un ruban autour d’une bombe », a dit André Breton. Photo Nickolas Muray en 1939.
Et, la plupart du temps, des fleurs fraîches piquées dans sa coiffure…

 

Engagement politique et liberté assumée

Généreux et utopistes, Frida et son mari Diego Rivera voulaient changer le monde ! A l’époque, le marxisme semblait être la solution contre le monde belliqueux en place qui broyait les pauvres. Pour Frida, c’était avant tout pour faire avancer la condition des femmes dans un monde machiste. Épisode rocambolesque, le couple abrita Léon Trotski et sa femme, chassés de l’URSS par Staline,  pendant deux ans dans la Casa Azul, de 1937 à 1939. Léon Trotski sera assassiné l’année suivante, dans le même quartier où il continuait d’habiter après avoir été viré par Diego.

Frida Kahlo_Entre las cortinas_para Trotski
Ce tableau, plus grand que la plupart des autres peintures de Frida (87 cm x 70 cm) s’appelle Entre les rideaux, pour Léon Trotsky (1937). Elle s’est faite bien jolie, maquillée, confiante et séductrice. La mise en scène, entre deux rideaux blancs, rappelle les retables mexicains en triptyque. La lettre qu’elle tient dans la main est la dédicace : Pour Leon Trotski, avec toute mon affection, je dédie cette peinture le 07 novembre 1937 – Frida Kahlo à San Angel, Mexico. C’est elle qui se lassera du grand homme et lui, amoureux comme un adolescent, lui écrivit qu’elle fut « sa seule et authentique Révolution… »
Son mari Diego Rivera, peintre célèbre plus âgé qu’elle, fut l’homme de sa vie, même s’il commença rapidement à la tromper… Elle ne fut pas de reste, elle eut de nombreux amants et quelques amantes. Les invités témoignaient des disputes épiques, des assiettes qui volaient… 

Amour de la vie :
Frida
s’entourait de plantes et d’animaux,
Frida aimait la vie, même si elle lui en faisait baver… 

Il y en a qui naissent avec une étoile qui brille haut et d’autres comme des étoiles tombées par terre, écrasées, pleines de coups, et même si vous ne le croyez pas, je fais partie de celles qui sont bien tombées par terre.
Frida

Frida avec son singe Fulang Chang,1944, Mexico City,  © Bettmann/CORBIS
Frida et son faon en 1940, photo Nickolas Muray
Frida avec ses chiens, photo Gisèle Freund
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Frida nourrissant ses canards dans son jardin de la Casa Azul, photo de Gisèle Freund – 1948

Bien trop souvent allongée sur un lit de douleurs, elle s’imagine oiseau, une image qui vient de loin (à son mariage, sa mère dit c’est le mariage d’une colombe et d’un éléphant) et proclame son amour de la vie, malgré tout, après l’amputation de sa jambe droite :

 Des pieds, pourquoi en voudrais-je, si j’ai des ailes pour voler ?
Frida

 Et :

Est-ce que les verbes peuvent s’inventer?
Je veux t’en dire un : je te ciel, et ainsi mes ailes s’étirent, énormes, pour t’aimer sans limites.
Frida 

N’est-ce pas follement fort et touchant ?

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Héritage

Frida est partout en Amérique centrale, c’est une héroïne, une inspiratrice. Les excès mercantiles font même parfois mal au cœur… Mais bien plus noblement, elle continue d’inspirer les femmes d’aujourd’hui.

Une artiste textile française, Anne Gailhbaud alias ArtisAnne, lui a rendu maintes fois hommage, ressentant intimement dans ses fibres la sensibilité de Frida. Anne a lu TOUT au sujet de Frida et j’apprécie l’influence de sa muse mexicaine.

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Deux broches faites pour des amies par ArtisAnne. Lisez ses articles sur Frida Kahlo !

Mon prochain article sera consacré à un quilt sur Frida… pas de moi ! Vous aurez la surprise…

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Nos cœurs battent en souvenir de Frida.

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Elle avait la rage de vivre.

Les nuages ne durent qu’un moment et le soleil toute la vie.
Frida

Son dernier tableau, en 1954, n’est pas un autoportrait, mais une ode aux couleurs et aux choses simples de la vie :

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¡Viva la Vida!