Rencontres en Corrèze

Martine m’a invitée à partager une journée avec des quilteuses de son entourage ; ce fut l’occasion de visiter une toute petite partie de la Corrèze que je connais bien trop peu.

En rencontrant plusieurs personnes du village de Martine, j’ai eu la douce impression de vivre dans la seconde partie d’un roman lu l’année dernière.

Souvent, ce livre d’Ève Gabrielle revient dans mes conversations, il m’a marquée… Voir ici aussi.

Dans ce roman, la France est coupée en deux, la partie Nord étant dirigée par une multinationale, surveillant la population par des puces électroniques, gérant très mal les ravages de notre vie dégradée par la surconsommation passée… Une vie désespérante. En contraste, dans le Sud, on s’est organisé, on vit simplement, à la fois à l’écoute de la Nature et des gens autour de soi ; chacun apporte ses talents pour le bénéfice de tous. Cela rappelle des projets de communautés comme l’île d’Utopie de Thomas More à l’époque de la Renaissance –berceau de nouvelles idées à la recherche de l’harmonie, mais qui pêche beaucoup par la triste uniformisation de la vie de chacun, l’esclavage des coupables… — les espoirs des kibboutz d’Israël ou Auroville près de Pondichéry, le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités*, où vécut une de mes cousines pendant 12 ans dans les années 1970-80…

*Présentation d’Auroville par sa créatrice, une Française surnommée La Mère, Mirra Alfassa Richard (1878-1873)

Dans ce petit village de Corrèze, j’ai donc eu l’impression de vivre dans le fameux Sud de La Part cachée du Monde, sans les dogmes ou contraintes d’une communauté. A Brivezac, on se connaît, on s’apprécie, on s’entraide. On peut être d’ici depuis des générations, ou bien avoir emménagé l’année dernière. L’important est d’avoir le goût de la vie simple entourée de la nature et l’envie de s’intégrer, en respectant les personnes et le patrimoine.

Les deux monuments notoires du village sont l’église romane et la maison de Jeanne d’Albret, figure du protestantisme au XVIe siècle, Reine de Navarre, et duchesse, comtesse et vicomtesse de multiples lieux de France… On la connaît bien sûr pour être la mère d’Henri IV ! Elle aurait dormi une nuit ici, à Brivezac…

Ici, les gens ont trouvé leur raison de vivre. Les uns transforment une maison de village délabrée en coquette Maison d’hôtes, refaite et aménagée avec un maximum de matériaux et meubles récupérés ou recyclés (Carpe Diem). Un autre est musicien. Quant à Louis-Olivier Vitté, il écrit des romans dits « de terroir », 20 livres déjà, la plupart de ses histoires naissent de l’amour du pays et de ceux qui y vivent. Je viens d’acheter La Guérisseuse, évidemment attirée par le titre, ainsi que son dernier, un polar satirique aux accents de San Antonio ! Ils sont nombreux sur ces terres, comme Denis Tillinac, Christian Signol, Michel Peyramaure, Christine Machureau etc., à écrire sur l’histoire locale ou celle du monde. La région fourmille de châteaux, de maisons très anciennes, c’est un paradis d’historien ! Ici on ne peut qu’aimer l’Histoire, avec ces vestiges omniprésents de la vie d’antan, et on ne peut qu’aimer les gens… et cela ne veut pas dire qu’on est passéiste ! Les habitants fourmillent d’idées pour ouvrir des lieux conviviaux, librairie, épicerie… Ils sont riches d’idées innovantes, tout en se préoccupant de l’impact environnemental.

Martine et moi, ce sont de longs mails depuis des années, des confidences, les partages des joies et des peines, alors qu’objectivement nous nous connaissons peu. Mais c’est ainsi l’amitié ! Tout chez elle est souvenirs et artisanats. Voici quelques quilts de Martine, je n’en ai photographié que quelques-uns, trop occupée à discuter !!

Un modèle japonais transformé par des couleurs plus toniques
Un top ancien acheté à Sainte-Marie-aux-Mines, quilté avec amour et patience…
Des essais de teinture à l’indigo avec un kit de chez Emma et des bandes de mille tissus chinois, indiens, japonais, africains… L’artisanat à l’honneur, toujours !
Panneau fait à 4 mains avec une amie, avec le début d’un poème médiéval de Charles d’Orléans.

Ces vers ont inspiré à Michel Polnareff sa plus courte chanson :

Cette musique médiévale me rappelle les trois enfants de Martine que j’ai rencontrés, ils sont de ma génération, curieux de tout, de musique et d’instruments anciens, de photographie, d’écriture, de nature… Passionnés, actifs, souriants malgré tout… Quelle famille, riche de sa diversité !

Ce n’était pas une simple visite à Martine, puisque j’ai partagé lundi dernier avec une petite dizaine de quilteuses l’histoire de Betty Ford-Smith et de Miss Sue, le sauvetage de cette technique du Pine Cone quilt, et puis la transmission… Une journée qui fait du bien !

Des pine cone quilts et de la documentation offerte par Betty
En fin de journée, chacune se réjouit d’avoir appris cette technique !
Il manque Isabelle, la photographe que je remercie beaucoup, ainsi que Jacquotte, partie un peu plus tôt !

Et le même jour, de l’autre côté de l’Atlantique, Betty faisait de même, sous le soleil de Floride…

Une connexion entre quilteuses !

Profitons des bons moments passés ensemble,
Katell

Merci pour tout Martine, et à bientôt !

Pour l’Amour du Fil, Down Under

On reprend les bonnes habitudes,
avec le Salon de Nantes en avril !

Vous le savez, des quilteuses australiennes sont souvent mises en lumière par Quiltmania. Ce sera encore plus le cas cette année avec l’édition Pour l’Amour du Fil 2022 qui leur est consacrée !

Tous les renseignements se trouvent par ici :  https://pourlamourdufil.com/

Il est encore temps de préparer votre séjour à Nantes, profitons de la vie !

Que veut dire Down Under ? J’avais appris cette expression avec Rachael Daisy, quand j’avais préparé une interview d’elle pour Les Nouvelles de France Patchwork (n° 132, juin 2017). Vous connaissez sûrement cette artiste qui, deux ans plus tard, écrivit un superbe livre, Whizz Bang !, éditions Quiltmania, revisitant la technique des pine cones avec sa fantaisie et son talent unique !

C’est simple, quand on regarde un planisphère, la plupart du temps centré sur l’Europe, l’Australie se trouve tout en dessous, en bas à droite sous toutes les autres terres, down under ! Down Under est ainsi devenu le surnom de cette île-continent.

Un planisphère centré sur la Chine, l’Empire du Milieu, donne une position plus centrale à l’Australie et une Europe insignifiante : tout est question de perspective… ou d’intention politique, économique… Les cartes parlent !

J’aurai le grand plaisir de vous accueillir au Salon avec des amies quilteuses-blogueuses le mercredi 20 avril, au Coin des Blogueuses. J’apporterai deux quilts de La Ruche, deux ouvrages faits en commun sur le thème Down Under… mais avec une autre signification, celle des dessous de l’océan !

A présent, vous comprenez mieux l’illustration de l’affiche !!

Ces deux quilts sont encore « en cours » et je souhaite bien sûr en garder la primeur pour les visiteurs du Salon. Ce que je peux vous dire, c’est qu’ils sont tous deux complètement inspirés d’une artiste que j’aime beaucoup, Bernadette Mayr, dont je vous présenterai le nouveau livre très prochainement.

Sous l’Océan…

J’ai deux invitations à vous faire gagner pour entrer au Salon le jour de votre choix, et pour vous départager, j’ai deux questions :

Dans quel film, sorti en V.O. en 1989 et en 1990 en français, entend-on la chanson « Sous l’Océan » ?

Quel chanteur interpréta la première version de cette chanson en français ?

Ne répondez qu’à une seule question !!! Le premier qui aura la réponse de l’une ou l’autre recevra son invitation par mail (invitation électronique). Les gagnants seront proclamés dès cet après-midi !

Bonne chance,
et merci de ne jouer que si vous pouvez aller au Salon !
Katell🐬🐡🐠🐟🦐🐙🦞🦀

Mola de Fumiko Nakayama, le monde sous-marin…

S’offrir de nouveaux horizons

Des petites villes bien de chez nous ont parfois une renommée inattendue ailleurs. Entre Agen et Montauban, tout près de Moissac et Castelsarrasin, le village de Saint-Nicolas-de-la-Grave se remarque d’abord par son lieu stratégique, à la confluence du Tarn et de la Garonne. C’est un endroit préservé, refuge pour les oiseaux.

La réserve ornithologique est à peine à portée d’objectif, d’après le photographe Claudio Boaretto. Les oiseaux semblent donc bien tranquilles !
Je suis passée en voiture sur ce pont qui a la particularité d’enjamber à la fois la Garonne et le canal d’entre-deux-mers. Il a été rénové depuis, mais pas élargi ! On serre les fesses si, d’aventure, on croise un autre véhicule… mais ça passe ! Son histoire prouve l’impétuosité des flots garonnais : deux ans après son inauguration, en 1852, le pont s’écroule. En 1858, son tablier chute lors d’une crue mémorable. Depuis, ses fondations ont été renforcées avec des moyens plus modernes, les suspensions adaptées et il fait l’objet d’entretiens réguliers.

Le village nous enchante par le caractère de ses beaux bâtiments de brique ou de fer (la halle centrale), une qualité de vie préservée, une ambiance chaleureuse :

Mais celui qui fait sa renommée aux États-Unis, c’est Antoine Laumet, né ici en 1658. Il est bien plus connu sous le nom qu’il s’est attribué, le Sieur de Lamothe-Cadillac. Je vous avais raconté son incroyable histoire en été 2020 et vendredi dernier, j’ai eu le grand privilège de me faire ouvrir la porte de sa maison natale. Entièrement rénovée grâce à des volontés locales et la municipalité de Detroit reconnaissante, elle est devenue le Musée Cadillac, en l’honneur de ce Gascon qui s’est créé une vie à son image, hors du commun !

Danielle, passionnée d’art et de culture – et de patchwork! – a été ma guide attentionnée, elle m’a fait vivre la vie tumultueuse de ce téméraire Gascon. J’ai beaucoup appris, appréciant la qualité de la mise en contexte de l’histoire, hors des légendes… Cette vie est suffisamment extraordinaire pour ne pas avoir besoin d’en rajouter ! On peut visiter en se contentant de lire les panneaux, mais écouter un(e) bon(ne) guide est irremplaçable.

Buste créé par Délie Duparc

Cet homme, excessif en tout, a illustré sa Gascogne natale par son intrépidité, sa ténacité, sa passion de l’aventure, son intelligence des plus déliées et son remarquable sens des affaires.
René Toujas
 Le Destin extraordinaire du Gascon Lamothe-Cadillac de Saint-Nicolas-de-la-Grave fondateur de Detroit, Ateliers du Moustier, Montauban, 1974

Une peintre locale, Patricia Blanchet, a réalisé l’été dernier une splendide fresque murale dans l’entrée ; elle représente le fortin créé par Lamothe-Cadillac, entouré de cette nature idéalisée qui ressemble au paradis, avec des bosquets d’aspens, mes arbres américains préférés, des oiseaux, ainsi que des personnages qui discutent en toute quiétude et courtoisie… Trois murs qui nous immergent dans la fin du XVIIe siècle dans la région des Grands Lacs ! Et savez-vous que les Français s’entendaient très bien avec la population autochtone américaine, bien mieux que les Anglais ?…

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez vous référer à cet article de Tourisme-Occitanie, vous avez un numéro de téléphone pour organiser votre visite.

Lamothe-Cadillac s’est offert une vie à son image, voguant vers des horizons inconnus. Il est même devenu mondialement connu, indirectement, grâce aux voitures qui portent le nom de Cadillac en son honneur. Moins connue, la chanson d’Etienne Roda-Gil écrite pour Johnny, rend hommage au Sieur de Cadillac !!

En patchwork, nous pouvons aussi élargir nos horizons. Le club de patchwork de St-Nicolas est très réputé depuis des décennies pour la qualité de leurs quilts faits à la main. J’ai cependant été sollicitée par Isabelle pour montrer quelques techniques permettant de s’amuser à modifier ses habitudes. On ne jette pas tout par la fenêtre, mais on prend quelques idées pour moderniser ses ouvrages, changer de style, se faire plaisir sans la crainte du cutter ou de la machine à coudre. Cap sur l’improvisation, sur l’acceptation de l’imperfection, la réjouissance des effets inattendus au lieu de la réplique exacte ! En une journée, les idées ont fusé, avec des périodes d’incertitude puis la joie de la réussite… Bravo à chacune d’entre vous d’avoir osé dépasser votre zone de confort avec le sourire et beaucoup de rires, et merci infiniment pour votre accueil si chaleureux !

Vous pourrez compter sur moi pour annoncer votre prochaine exposition en 2023 et surtout, je viendrai l’admirer avec mes amies Abeilles, avec grand plaisir !

La créativité autorise chacun à commettre des erreurs.
L’art c’est de savoir lesquelles garder.

Scott Adams (dessinateur de BD)

Bon dimanche à tous, et offrez-vous peut-être de nouveaux horizons !
Katell

J’emballe !…

J’emballe sec…

Oh qu’ils nous faisaient rire, Daumier et Bedos, en 1973 ! Vous ne connaissez pas ? Voici le sketch, où le dragueur, un vrai mufle, croit « emballer » la jeune femme…

D’autres emballent aussi, en plein centre de Paris. Une œuvre d’art dont on parle beaucoup, en bien et moins bien. Cela reste un évènement.

Workers install a shimmering wrapper to envelop Paris landmark, the Arc de Triomphe, in a posthumous installation by artist Christo on the Champs Elysee avenue, in Paris, France, September 12, 2021. REUTERS/Christian Hartmann

Et moi ? J’emballe aussi ce matin ! J’emballe en remuant les étoffes, pliant, dépliant et repliant pour éviter tout mauvais pli, enlevant quelques fils et poils dévoilant que certaines habitent chez leur chat 😺. Quelle joie de manipuler ces quilts et de très bientôt les accrocher, pour qu’ils soient admirés par le public du Carrefour Européen du Patchwork… Vous l’avez deviné, le grand départ vers l’Alsace est imminent !

Sur la table, devant « Au Pays de Sujata », quilt présenté dans BeeBook, vous voyez un véritable trésor qui sera divulgué dès jeudi 16 à Rombach-le-Franc… Deux grands sacs et un « boudin » pour les quilts qui ne peuvent se plier trouveront place sur la banquette arrière de la voiture de Kristine.

Pour tout vous dire, j’ai 21 quilts, Léna apportera les 4 de Paris et région parisienne, les derniers seront apportés par les exposantes qui seront sur place. L’organisation mise en place fonctionne parfaitement jusqu’à présent, continuons ! Merci infiniment aux quilteuses et au quilteur qui permettent cette exposition de prestige… et merci à l’équipe du Carrefour Européen du Patchwork de nous faire confiance !

Beaucoup de quilteuses du Collectif se déplacent, les jours qui viennent seront émotionnellement intenses ! Il me tarde… En attendant, bonne route et à très vite !
Katell

Des quilts pour un peu de joie

On perd un temps précieux pour traiter l’urgence du dérèglement climatique. Cet été, les catastrophes se multiplient dans le monde (trop de feux trop d’eaux), le plus récent étant dans le Var. On ne peut même pas parler de crise climatique, car une crise a un début, un pic et une fin, qui parfois sert de tremplin, d’opportunité pour avancer (j’espère qu’on peut dire la crise du Covid…), alors que pour ce changement de climat, c’est, semble-t-il, un phénomène qui ne fait que s’aggraver.

Dans un de mes quilts, j’ai brodé le mot « crise » en chinois. La première partie de l’idéogramme désigne le temps du danger, la seconde, le temps de l’opportunité. Vivre une crise, c’est voir et évaluer le danger, sans doute accepter le changement qui est dans la nature de la vie, puis saisir l’occasion pour évoluer positivement.

Nous sommes très intelligents et nous apprenons bien les leçons, nous les humains. Sauf, apparemment, pour la mutation climatique. Où est le fameux principe de précaution dont on nous rebat les oreilles pour d’autres sujets ?

Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi n’essaie-t-on même pas de sauver sa peau ni celle de ses enfants ? Un scientifique apporte une réponse originale qui met en lumière le fonctionnement du striatum, dans notre cerveau – Extrait du résumé de l’éditeur :

Au cœur de notre cerveau, un petit organe appelé striatum régit depuis l’apparition de l’espèce nos comportements.  Il a habitué le cerveau humain à poursuivre 5 objectifs qui ont pour but la survie de l’espèce : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, étendre son territoire, s’imposer face à autrui. Le problème est que le striatum est aux commandes d’un cerveau toujours plus performant (l’homme s‘est bien imposé comme le mammifère dominant de la planète) et  réclame toujours plus de récompenses pour son action. Tel un drogué, il ne peut discipliner sa tendance à l’excès. À aucun moment, il ne cherche à se limiter.
Hier notre cerveau était notre allié, il nous a fait triompher de la nature. Aujourd’hui il est en passe de devenir notre pire ennemi.
 

Extrait de l’album Urgence Climatique, Scénario : Ivar Ekeland – Dessin : Étienne Lécroart
chez Casterman

Si l’analyse dans Le Bug Humain de Sébastien Bohler est convaincante et documentée, je reste sur une certaine réserve : tout mettre sur le dos de la biologie et du consommateur occidental conditionné par la publicité, c’est laisser tranquilles politiques et grands décideurs qui, eux, ont un pouvoir décisionnel bien plus déterminant. Et ne les excusons pas de se laisser mener, eux aussi, par leur striatum !… Il faudra bien oser, très vite, mettre en œuvre des principes déjà connus, moins, moins loin mais mieux, pour certains aspects de notre vie comme la production et la consommation, faire une place majeure aux esprits créatifs qui pensent hors cadre, ceux qui sont capables d’innovations, ceux qui vont trouver des solutions aux problèmes laissés par l’économie de surconsommation. Et avant chaque décision, il faudra avoir la clairvoyance et la sagesse de peser les multiples conséquences.

Changer les mécanismes de l’économie est un sacré défi ; or les hommes aiment ça : plus vite, plus haut, plus fort – ensemble* est à promouvoir, mais avec d’autres buts prioritaires que les gains financiers. La promotion de domaines épanouissants (entraide, transmission des savoirs, activités physiques, intellectuelles, culturelles, artistiques) doit aussi devenir une mission. Vivre heureux sans poursuivre la destruction de la nature, c’est possible si tout le monde s’y met avec conviction… Maintenant !!
*devise olympique : elle incite à donner le meilleur de soi-même et vivre ce dépassement comme une victoire, même si on n’est pas premier (d’où la phrase « l’important, c’est de participer »). Le mot ensemble a été ajouté le 20 juillet 2021 pour renforcer le principe de solidarité, la nouvelle devise latine est donc désormais Citius, Altius, Fortius – Communiter.

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La grande erreur de notre temps a été de pencher,
je dis même de courber,
l’esprit des hommes vers la recherche du bien matériel.
Victor Hugo

Je suis admirative de la lucidité de Victor Hugo. Dans le début de la grande période de foi dans le progrès, il avait la clairvoyance de deviner déjà que la course à la consommation dévoierait notre qualité de vie. En effet, ce n’est pas parce qu’on est capable, techniquement, de faire quelque chose que c’est humainement souhaitable. Cela doit passer par les filtres de la pertinence et de la conscience des conséquences.

Nous aspirons à un monde meilleur, le suivant sera nécessairement plus sobre, ce qui ne veut pas dire plus triste – cela rappelle la sobriété heureuse, expression de Pierre Rabhi. A nous de le construire en utilisant différemment nos capacités, de tenir compte des qualités humaines valorisées depuis toujours chez les peuples premiers – il reste environ 500 millions d’individus – ils sont la mémoire de ce que furent nos ancêtres.

Chez les peuples premiers, on économise pour préserver et pour partager. Dans notre société occidentale, on économise pour dépenser et accumuler.
N. Hulot & F. Lenoir, D’un Monde à l’Autre

Faut-il rétrogresser ? Personne n’envisage sérieusement de revenir à l’âge des cavernes ni de la bougie. Quand on y pense, ce fut prodigieux d’avoir pu imaginer les diverses utilisations du pétrole, symbole des innovations du XXe siècle, quelle effervescence ! Il faut cependant à l’évidence revenir sur l’exploitation brutale des ressources de la Terre, pourvoyeuse d’énergies non renouvelables qui polluent ; le chemin pris par l’Occident n’était pas le bon et c’est un problème vertigineux, d’autant plus que notre style de vie continue d’être malgré tout un modèle dans le monde. Une immense réinitialisation de nos façons de vivre et de penser est à faire, et vite. Nous humains, occidentaux, avons oublié que nos vies sont inséparables d’un équilibre fragile de la Terre, qui continuera de tourner avec ou sans nous. Et au-delà de l’équilibre, si tout entre en résonnance, nous atteindrons une belle harmonie. Harmonie, Hozho, c’est le mot-clé chez les Navajos, c’est le parfait équilibre à rechercher et entretenir entre l’individu et le monde.

Mettre tout en équilibre, c‘est bien ; mettre tout en harmonie, c‘est mieux.
Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1874

Je fais un rêve qui revient souvent. On est dans une maison, il y a une fête, on mange. Et puis, tout à coup, je sens la fumée. Je dis : « Il y a le feu ! » Je regarde autour de moi et je vois que personne ne réagit. Je m’alarme : « C’est grave, la maison flambe et personne ne réagit. » Comme disait Jacques Chirac, il ne faut pas cesser de dire aux gens que la maison brûle, même si pour le moment ils continuent de regarder ailleurs.
Hubert Reeves, entretiens avec Sophie Lhuillier

Et si on s’habituait à remplacer le mot humain par terrien, pour ne pas oublier ce lien indéfectible ?
La Terre est notre Mère et notre Maison !
Ktl

Irrésistiblement je pense à Starmania, l’opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon, un sujet de science-fiction de 1979, avec la chanson SOS d’un terrien en détresse… Si vous souhaitez comprendre son histoire ou vous rafraîchir la mémoire au-delà des tubes, vous pouvez lire cet article des Cultivores.

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Les Unes anglophones titrent toutes sur l’image du « Code Rouge » après le rapport du GIEC-ONU du 9 août dernier

Chez des artistes textiles américaines, je vois émerger des œuvres exprimant le Code Red for Humanity, un Code Rouge pour l’Humanité, depuis le rapport alarmant aux Nations Unies sur les effets des activités humaines sur le climat le 9 août dernier. Car hélas on ne peut plus dire que les épisodes dramatiques successifs font partie des aléas de la météo, mais ils sont bien des manifestations d’un climat plus extrême.

Barbara se demande : ma fille a 16 ans, que va-t-il lui arriver dans 16 ans ? Et que la vie a déjà changé en 16 ans… L’inquiétude monte @yr_resting_stitchface
Un mouchoir partiellement brûlé sur fond rouge, la citation d’une infirmière qui protestait contre les incinérations produisant des dioxines dans l’Ohio en 1997 – Beth Eltinge @betheltinge

Ce Code Rouge sera-t-il plus efficace que les avertissements précédents ? Je l’espère, je le crois, car l’appel à une Révolution Verte est trop zen, trop cool et semble optionnelle, le vert symbolise le droit de passer, que tout va bien…

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Personne n’a oublié les feux d’Australie en janvier 2020, qui donna lieu à l’envoi de plus de 15 000 blocs d’arbres pour faire des quilts aux sinistrés ! Un évènement qui comptera dans l’Histoire des quilts. Les quelque 750 quilts sont en cours de réalisation et leur but est de les distribuer aux sinistrés pour Noël. Les quilteuses australiennes font parfois face à de la lassitude et aux difficultés multiples exacerbées par les conditions sanitaires, mais elles continuent vaillamment à assembler les blocs, les quilter… Un appel aux donations leur permet de faire face aux achats des molletons et diverses fournitures, l’excédent éventuel sera reversé à la Croix Rouge. Quel engagement de leur part ! En France nous avions envoyé un bon nombre d’arbres, et nous avions également participé en grand nombre aux quilts pour le Japon, aux blocs de maisons pour Paradise (Californie)…

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En France, à l’automne dernier, c’est dans les vallées de la Roya et de la Vésubie (06) que le désarroi des habitants nous a émus. Malgré les difficultés dues au covid, plusieurs groupes ont fait un ou plusieurs quilts à offrir aux familles qui ont tout perdu. Annie la Tulipe a été moteur dans ce projet et vous pouvez aussi lire l’émotion de la Marmotte Rousse et ses amies ; ici dans la Ruche, nous avons fait un quilt avec une harmonie rouge, pour envoyer un peu de gaieté. J’en avait fait une petite série de photos à Cologne dans le Gers, fin mars, quand Kristine venait tout juste de terminer le matelassage (un beau matelassage en forme de dahlias) :

Au dos du quilt, j’avais mis les blocs un peu trop grands et divers coupons restants. Le top est d’après un modèle gratuit de Bonnie Hunter, Voyages scrappy autour du Monde, avec des chemins blancs qui sont les diagonales des blocs. Nous l’avons intitulé Chemins de l’Amitié. Je l’enverrai à Danielle début septembre, la délégation FP06 se chargera de faire parvenir ces dons à qui en a le plus besoin. Merci à elles.

Étiquette créée et brodée par Bee Kristine
La voici mise en place, bien intégrée dans le patchwork du dos.

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Tant de drames sont survenus dernièrement qu’on ne pourra pas fournir des quilts pour chaque catastrophe climatique, sans compter les drames naturels (séisme à Haïti), ceux causés par la folie des hommes (Afghanistan)… Mais chaque organisation sérieuse pour une cause aura notre écoute.

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En ce qui concerne les graves inondations tout près de chez nous à la mi-juillet (Belgique et Allemagne), Cécile Milhau s’est mise à assembler des blocs faits par les quilteuses de la Courtepointe (Réalmont, Tarn) lors du premier confinement : des blocs 9-patch de 15 x 15 cm en scraps. Faits pour garder le moral et un lien, faits pour servir un jour… Quand tous les blocs seront assemblés et les quilts terminés, ils partiront en Belgique, où leurs amies correspondantes de Verviers se chargeront de la distribution sur place. Bravo les Courtepointières !

Voilà donc comment nous espérons à chaque fois adoucir la peine de ceux qui ont tout perdu dans des drames. Les tissus ont, dans leurs fibres, l’expression de notre solidarité, notre émoi, notre compassion, et par leurs mises en formes, j’y vois une transmission de joie à partager, un espoir pour recommencer une vie.

Le premier jour du confinement, une courtepointière fit ce bloc… Résilience, malgré tout !

A bientôt, chers Terriennes et Terriens, prenez soin de vous et de vos proches,
Katell

Voyage textile : dans le Tarn…

Un peu partout en France, je rencontre des quilteuses modestes et pourtant si créatives ! Il me tarde de reprendre la route pour faire encore et encore de belles rencontres… C’est à Lacaze que j’ai retrouvé des Can’canettes, d’un club de patchwork du nord de Castres (Tarn).

Il y a 30-40 ans, on ne concevait l’usage des unis que pour faire des quilts Amish ou séminoles. Seules quelques rares artistes, dans les années 80-90, osaient l’uni sans ces références. Et puis les quilts modernes sont arrivés et tout a changé, on ne se pose même plus la question ! Mais c’est justement par le Séminole que Claudine, une Can’canette, a commencé ses aventures en unis, il y a quelques années :

Seminole de Claudine Bize (81)

Quand on commence avec les unis, on ne s’arrête plus ! Leur couleur tranche bien plus de leur voisine, l’effet est visible de bien plus loin.

Claudine m’avait raconté son attachement à Frida Kahlo (elle aussi… notre muse à toutes ?) et j’ai été tout de suite intéressée quand elle m’a dit avoir fait un quilt en son hommage lors du premier confinement… Nous avons été nombreuses à avoir une fièvre du patch pendant ces 55 jours d’isolement, voici le résultat chez Claudine :

N’est-ce pas splendide ? Frida y su casa azul, par Claudine Bize, 2020.

Quand on achète quelques tissus pour un projet, parfois il nous en manque mais bien plus souvent, nous avons des restes, petites et grandes chutes… Alors vite, un quilt scrappy, avec d’autres restes unis et faux-unis !!

Il est très beau ! Certains quilts amish sont bien proches de celui-ci. Laissant parler son intuition et ses lectures, Claudine l’a appelé Tout n’est pas noir

À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Claire Berest, Rien n’est noir

Vous pouvez retrouver divers articles que j’ai écrits sur Frida par ici comprenant des liens vers d’autres blogs comme ArtisAnne, qui ne se détache pas non plus de cette icône… Et souvenons-nous que cette artiste a souffert physiquement toute sa vie, mais elle n’a cessé de proclamer, jusque dans son dernier tableau : Viva la Vida !

Viva la Vida, Frida Kahlo, 1954

Un peu de musique ? Viva la Vida toujours, qui se souvient du titre de Michel Fugain, plein d’optimisme et de soleil avec ses accords brésiliens ou caraïbéens ?

Plus récent, un tout autre genre, Viva la Vida par Coldplay, dont la musique est sublime ! Le thème est plus énigmatique, mélangeant des impressions bibliques, de la chute de l’empire romain, des révolutions françaises, des guérillas dans leur ensemble… Ce mélange me fait penser au grand succès français Dans la Vallée de la Tribu de Dana, je n’y comprends pas tout, j’ai beaucoup d’images en tête et je suis happée par la musique (d’après une musique traditionnelle bretonne reprise par Alan Stivell) !

Mais pourquoi le tableau de Delacroix comme pochette de disque ?

La Liberté guidant le Peuple, par Eugène Delacroix, 1830, en commémoration de la Révolution de juillet, appelée aussi Les Trois Glorieuses (malgré 1 000 morts et 5 000 blessés) qui destitua Charles X .

Le choix de ce tableau s’est fait après de nombreux autres essais, celui-ci « fonctionnait » bien pour symboliser des révolutions en général, la chanson racontant la chute d’un roi et la victoire populaire. De plus, la belle énergie de Frida Kahlo qui inscrivit cette incantation sur sa dernière toile, n’est pas étrangère à ce choix graphique et au titre (Viva la vida n’est pas prononcée dans la chanson)…

Moi aussi pendant un des confinements, je me suis accrochée à la force de Frida… Un quilt bavard, complètement fou mais qui m’a fait du bien, faisant partie d’un thème en commun avec mes amies Abeilles, dont je vous parlerai prochainement !

Merci Claudine de m’avoir permis de publier ces quilts !
Avec toi, disons bien fort : Viva la Vida !
Portez-vous le mieux possible, avec espoir malgré tout,
Katell

PS : suite à quelques cafouillages techniques de ma part, il est possible que vous n’ayez pas reçu le dernier article dans sa version définitive : la voici ! Aussi, les dernières notifications d’articles sont arrivées dans les SPAMS de certains d’entre vous, j’en suis désolée : il faut alors cliquer « non-spam » et tout entrera dans l’ordre.

Imagine que ça ira mieux demain…

Parce que la moindre occasion de sourire est à prendre, parce que l’espérance de sortir de la morosité doit rester en nous malgré tout, ce matin je rends hommage à trois chansons populaires !

Ca ira mieux demain, si ça te semble loin,
pourquoi ne pas prendre un bon jour d’avance !

Sur les 600 vœux de Rieko Koga à Figeac, une célèbre citation de John Lennon : Quand j’avais 5 ans, ma mère me disait toujours que le bonheur était la clé de la vie. A l’école, quand on m’a demandé d’écrire ce que je voulais être plus tard, j’ai répondu « heureux ». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, je leur ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie.

La mère de John Lennon a su semer la graine de l’originalité en son fils qui, dans ses chansons, nous a transmis à son tour des messages essentiels comme :

Imagine tous les gens vivant leur vie en paix !

Ici le texte de la chanson Imagine avec sa traduction en français.

Ici je reprends le petit article publié le 8 janvier 2014 : 

Imagine

… all the people, living life in peace…

john_lennon_art… que tu habites une de ces maisons, avec tes meilleures copines quilteuses comme voisines…1513277_616122155108030_2125133399_n

(nouveau tableau de Valériane Leblond)

… les discussions sur l’air du temps ou sur le dernier quilt en cours…

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… une petite communauté vivant en paix !

Imagine in NYC

… and the world will live as one !

On finit par une chanson que j’adore fredonner : don’t worry, be happy, ne t’en fais pas, sois heureux ! Chanson a capella (sans autre instrument de musique que la voix humaine…).

Enjoy !

 

 

Voilà, des rayons de Ruche et de Soleil pour la journée !
Katell