OH! Gwen

Je vous l’ai déjà dit, le conte pour enfants de Valériane Leblond The Quilt m’a séduite. Il raconte avec poésie l’arrachement d’une famille du Pays de Galles aux alentours de 1900 vers une vie meilleure, vers leur Terre Promise, les États-Unis. Et bien sûr, il est question d’un quilt.

Une suite impromptue s’est imposée à moi comme dans un rêve, tandis que je préparais mon quilt Diabolical Jane ; la petite Gwen a grandi dans le pays qui est désormais le sien. La famille Lewis vit dans une vallée fertile non loin de l’Ohio River. Leurs voisins sont les Jones, Llywelyn et Enid, avec leurs trois grands fils Rhian, Brieg et Dylan.

Ma petite suite n’aura jamais le charme du conte de Valériane, il y manque ses merveilleuses illustrations et sa touche bien à elle. Pour ne pas rendre la lecture trop aride, je l’ai tout de même agrémentée de quelques images, parfois décalées.
Redevenons enfant le temps de cette lecture, tout devient possible, voyageons dans l’espace et le temps grâce aux simples mots, c’est ma seule ambition !

Katell


Ceci est une fiction. Toute ressemblance a un sens…

Juin 1909

Bien sûr, je me sens bien chez moi, dans la vallée où mes parents ont choisi de s’installer quand j’étais toute petite. J’ai appris à lire, écrire et compter dans la petite école rouge située à un mile de chez nous. Mon petit frère Tom, 11 ans, y va encore le matin, mais ce qui lui plaît, c’est le travail à la ferme. Père commence à se faire vieux, il a mal partout ; Tom reprendra les terres cultivées de notre famille. La ferme Lewis a bien grandi depuis notre arrivée voilà 12 ans et nos légumes se vendent bien au marché de la ville voisine, à Marietta.

Ce que j’aime le plus, c’est lire de belles histoires… et coudre : la voisine et meilleure amie de Mère, Enid Jones, m’a appris à faire des vêtements, les ajuster pour les rendre bien seyants. J’aimerais devenir modiste en ville, ou bien vendre des livres.

Mère et moi avons découvert ensemble, grâce au Cercle de Femmes Galloises animé un vendredi par mois par Enid Jones, comment faire du patchwork à l’américaine. Oh c’est très intéressant, au lieu de coudre de grandes pièces en médaillon comme au Pays de Galles, nous pouvons utiliser des tas de petits bouts de tissus variés que nous organisons en blocs. Un bloc, c’est une petite unité de patchwork qu’on assemble à d’autres similaires. C’est très beau et très moderne !

Comme le montre Valériane Leblond sur cette peinture, les quilts traditionnels du Pays de Galles sont le plus souvent montés en médaillon (on tourne autour d’un centre, agrandissant ainsi le top). Noir et rouge étaient des couleurs très populaires. Cependant, les liens étroits entre les USA et le Pays de Galles font que certains blocs sont utilisés aussi en Europe au XIXe siècle.
Quilt patriotique américain en rouge, blanc et bleu, avec 20 variantes d’Étoiles de l’Ohio (changement de tissus uniquement)

Septembre 1909

Le mois dernier, le jour de mes 17 ans, ma vie a changé. Je ne suis plus une jeune fille insouciante depuis que Dylan, le troisième fils de nos voisins Llywelyn et Enid Jones, m’a déclaré qu’il souhaitait faire sa vie avec moi – et moi aussi, car je l’apprécie depuis toujours ! Oh je sens que je deviens adulte ! Nous avons beaucoup parlé, nous nous sommes découverts autres que les simples enfants que nous fûmes, courant dans les bois alentour, jouant dans la grange, courant après les poules… Nous avons déclaré nos intentions à nos parents, ils en étaient heureux mais ne semblaient pas surpris ! Le mariage se fera donc en avril prochain, au moment où les hirondelles reviennent nicher dans la grange.

Si moi je sais que j’aime les livres et les tissus, Dylan sait qu’il veut aller vivre dans une ville moderne… et dans l’Ouest. Oh quelle idée aventureuse, ça me fait un peu peur. Jamais je n’y aurais pensé, mais après tout pourquoi pas ? Dylan voudrait aller aussi loin qu’au bout de la terre, au bord de l’Océan de l’Ouest. Il avait lu que San Francisco était une belle ville… avant le terrible séisme d’il y a 3 ans. Trois milles morts, a-t-on lu dans le Marietta Times… Oh non, je ne veux pas vivre là où tremble la terre ! Aller vers l’Ouest, je veux bien, mais un peu moins loin quand même…

San Francisco en ruine après le séisme de 1906

Je lis le Marietta Times presque tous les jours, mais en décalé, car c’est Dylan qui le reçoit et me le cède après l’avoir lu. Je fais la lecture à Mère qui ne voit plus très bien et qui n’a jamais su lire d’ailleurs.

Jane Seymour dans Dr Quinn, Femme médecin, une série télévisée à grand succès.

Oh Mère, une femme médecin a exercé pendant 42 ans dans le Colorado et elle vient de mourir. Elle était très connue et appréciée, disent-ils dans le journal. Je n’ai jamais vu de femme médecin, comment est-ce possible ? Crois-tu que nous puissions être aussi intelligentes que les hommes ? Moi je crois que oui. Dylan est un homme intelligent, mais parfois il dit des choses bêtement comiques !

– Ma Gwen, c’est un secret encore bien gardé… Tu verras, Dylan croira diriger sa vie mais c’est toi qui le conduiras où tu veux si tu t’y prends bien. Mais dis-moi, ton mariage va vite arriver, Enid a prévu une réunion du Cercle le 15 du mois prochain pour commencer ensemble ton quilt de mariage. Réfléchis-y, tu es assez douée pour choisir ton bloc et animer le Cercle cette fois-ci. Enid est sûre que tu te débrouilleras parfaitement.

Oh, tant de choses à prévoir. Puisque je ne veux pas aller à San Francisco, il faut que je propose une autre destination à Dylan. Alors je réfléchis. Oh la femme médecin vivait à Colorado Springs, ce doit être une bien belle ville pour que les gens acceptent de se faire soigner par une femme !

Quant au quilt de mariage, j’ai ma petite idée. La semaine dernière, j’ai vu dans la gazette un bloc qui s’appelle « l’étoile de Jane« . Un nom banal pour une bien belle étoile. Mon quilt de mariage sera l’occasion d’utiliser le magnifique coupon de tissu de coton que j’ai reçu pour mes 15 ans : 4 yards du plus beau bleu indigo que je connaisse, en coton de l’Alabama ! Oh j’imagine bien les étoiles de Jane en divers tissus jaunes sur le fond indigo ! Oh que je suis heureuse de ces préparatifs !

Je vais donc demander à chaque quilteuse d’apporter des tissus jaunes de leur panier de chutes. Je vais leur préparer les gabarits en carton, un carré de trois inch pour le centre et les coins du bloc, puis un triangle pour faire les pointes d’étoiles, à couper en jaune et indigo. Chaque étoile fera donc 9 inch et pour ma Pluie d’étoiles, je souhaiterais avoir 6 rangées de 5 blocs. Trente étoiles, n’est-ce pas trop demander au Cercle ? Je dois voir avec Enid.

110 ans plus tard, la communauté des quilteuses aime toujours les étoiles de l’Ohio jaunes sur fond indigo (ici premier bloc de la Pluie d’Étoiles de Michelle Braun, challenge FP, novembre 2020)

Oh et je sais comment j’appellerai ce bloc d’étoile : OH Star ! Il paraît que je dis oh à tout bout de champ. L’aviez-vous remarqué ? Oui, vraiment ? Au début, je faisais exprès, car nous habitons dans l’État de l’Ohio et ça me faisait rire, OH ! 

Novembre 1909

Partir sitôt mariée, au moment où les hirondelles reviendront nicher dans la grange, en ai-je vraiment envie ? Je suis bien attirée par la vie moderne en ville, et Marietta, tout près de chez nous, c’est déjà bien, non ? J’aime tellement me promener le long de l’Ohio et rêver en voyant les bateaux à fond plat qui vont vers l’Ouest, aller chercher des livres à la bibliothèque, acheter des tissus à la mercerie générale. Marietta, c’est un bien joli nom pour une ville ! C’était ici un territoire français jusqu’en 1803 ; Marietta fut baptisée en l’honneur de Marie-Antoinette, la pauvre Reine que des Français ont décapitée, quelle horreur.

Décembre 1909

J’ai assemblé les trente étoiles et je commence le quilting. Oh zut, flûte et crotte de bique, un tissu jaune a été cousu à l’envers ! Faut-il tout défaire ? Qui donc a mal fait son travail ? Je remarque soudain que c’est un tissu de Mère et ma colère tombe. Oh la pauvre, sa vue baisse encore. Et puis elle a toujours dit qu’elle préférait coudre la flanelle de laine plutôt que le coton, car on ne peut pas se tromper, il n’y a ni endroit ni envers. Alors je vais garder cette petite erreur et je crois bien que ce bloc sera mon préféré, quand je me blottirai dans ce quilt, loin de Mère, là-bas dans l’Ouest.

Février 1910

L’hiver fait rage. Après la neige, c’est la pluie. L’Ohio River est sortie de son lit et les inondations sont impressionnantes à Marietta. Cela arrive tous les 2 ou 3 ans, c’est terriblement décourageant. Heureusement, notre maison est assez loin de l’Ohio, mais ça me rappelle les dévastations après la tornade en 1902, le toit de notre grange avait eu un gros trou et tout dedans fut anéanti. Je déteste la terre qui tremble, je déteste les tornades, je déteste les inondations. Je déteste ressentir les douleurs des autres, même inconnus. J’ai si peur de la violence de la nature et des hommes.

Tornade à Marietta le 25 juin 1902.
La Poste de Marietta au bord de l’Ohio, le 1er février 1910.
La rue principale, inondation de 1910
Pont de chemin de fer effondré à Marietta, 1910

Mars 1910

Si nous partons vraiment vers l’Ouest, pourquoi pas Colorado Springs ? Dylan et moi en avons longuement parlé, c’est presque décidé ! Je suis allée me renseigner à Marietta et c’est finalement bien simple d’y aller en temps normal : de Marietta on va jusqu’à Saint-Louis (Missouri) soit en bateau sur l’Ohio, soit en train, et là on a un autre train vers Denver (Colorado), Springs est la gare juste avant cette grande ville. Mais avec le pont de chemin de fer de Marietta emporté lors de l’inondation et la rivière encore non navigable, il faudra aller prendre le train à Athens, terminus temporaire des trains vers l’Ouest, le temps de la reconstruction.

Gwen a consulté ce panneau de la Baltimore-Ohio Railroad. Le train de cette Compagnie va bien jusqu’à Saint-Louis, la Porte vers l’Ouest.
La suite du voyage se fera avec la Missouri Pacific Railway Company.
Nikola Tesla dans son laboratoire expérimental de Colorado Springs. Cet homme était un génie.

Dylan veut bâtir des maisons en bois ou en pierre, mais des maisons modernes. A Colorado Springs, on peut avoir l’eau qui coule d’un robinet chez soi ! De plus en plus, les gens modernes ont une pièce consacrée à la toilette. Pour l’électricité, il faudra attendre, malgré les célèbres expériences très bizarres de l’inventeur Nikola Tesla à Colorado Springs il y a 10 ans, qui cherchait le moyen de transmettre l’électricité partout dans le monde à bas coût. Ce sont autant de domaines qui enthousiasment Dylan. Il faudra travailler dur, mais Dylan est un pur-sang gallois, ça ne lui fait pas peur et en ville, on trouve toujours du travail quand on est fort et courageux. Après avoir beaucoup lu sur le sujet, il est d’accord d’aller dans les montagnes, à Colorado Springs, il a confiance en moi et en sa bonne étoile (de l’Ohio ?).

Mes parents m’ont fait quitter notre terre natale par nécessité et c’était la même histoire, tristement banale, pour les Jones et tant de compatriotes. Nous sommes venus en Ohio parce que la communauté galloise permet de faciliter l’installation en nous réconfortant avec nos petites habitudes, nos fêtes, notre langue, notre cuisine. L’autre communauté la plus proche est Amish, ils sont très gentils mais un peu vieux jeu : au lieu de faire des quilts américains modernes en coton, les femmes préfèrent coudre des couvertures qui ressemblent à mon bon vieux cwilt du Pays de Galles, en flanelle de laine, tout en utilisant cependant les blocs américains.

Quilt amish en flanelle de laine du début du 20e siècle. Le log cabin est fait avec 5 couleurs, tout en subtilité.
Charles Ingalls jouant du fiddle, le violon, populaire en Irlande et au Pays de Galles

L’hiver se termine, mon quilting aussi. Il sera prêt pour le mariage. J’entends Dylan qui s’entraîne à jouer au fiddle avec ses frères, il sait que j’adore danser !

Avril 1910

Les hirondelles sont arrivées pour nicher dans la grange. Dylan et moi sommes unis et heureux, notre voyage vers l’Ouest est imminent. Notre communauté galloise est chaleureuse, mais elle ne correspond pas à la vie dont nous rêvons tous deux. Quand nous serons installés à Colorado Springs, je ferai un nouveau quilt, il s’appellera Jane-quelque-chose, parce qu’après tout L’étoile de Jane, qui illustre le début de ma vie d’adulte, ce n’était pas mal du tout comme nom de bloc. Selon mon humeur, je l’appellerai peut-être Dear Jane, Calamity jane ou Diabolical Jane, comme si le quilt était pour une secrète amie ou une sœur que je n’ai pas eue, qui serait fière et rebelle… Oh j’y mettrai beaucoup de tissus fleuris, très modernes ! Colorado Springs attire les artistes par son climat sec et la beauté de son paysage, je suis sûre que j’y trouverai aussi de beaux cotons américains pour mes quilts.

Ici, on ne croise presque plus d’Iroquois, car nous les Blancs, nous prenons toute la place en Ohio. Dans l’Ouest, de terribles guerres ont massacré les Indiens au siècle dernier mais il y a heureusement des survivants. Colorado Springs est connue pour ses sources très minéralisées et bienfaisantes, que que les Blancs ont ôtées aux Indiens. Même si je suis fière d’être Américaine, j’ai un malaise au sujet de la confiscation de leurs terres qui sont toute leur richesse. Après tout, nous sommes chez eux. Comme j’ai l’intention de faire partie d’un Cercle de Quilteuses à Colorado Springs, j’espère m’y faire aussi une amie cheyenne, fière et rebelle. Les Indiennes du Colorado font-elles du patchwork ? Ou restent-elles complètement séparées de notre vie citadine, parquées dans leur réserve ? Que de choses à découvrir, que de nouvelles personnes à rencontrer ! Oh il me tarde maintenant de partir vers l’Ouest ! Encore une semaine de préparatifs, de célébrations, d’adieux…

Quitter nos familles et nos amis est un crève-cœur. Malgré la crainte angoissante de ne plus jamais les revoir, oh comme un mustang, je piaffe d’impatience d’aller loin vers l’Ouest avec Dylan, vers cette nouvelle vie pleine de promesses, une vie d’Américains que nous sommes devenus. J’ai moins peur de tout, j’ai confiance en notre avenir et j’éprouve de la gratitude pour la vie. Dylan prendra avec lui son fiddle et ses outils ; moi aussi je partirai avec peu de choses, avec le quilt Pluie d’étoiles de l’Ohio fait pour notre mariage, et peut-être mon cher souvenir d’enfance, le vieux cwilt mité rouge et noir… Je n’ose le demander à Mère, mais peut-être devinera-t-elle mon envie ?

Gwen Lewis Jones,
une jeune Américaine pleine d’avenir

OH! Gwen (vous comprenez à présent pourquoi), top fait en novembre 2020, Katell

 

Diabolical Jane

J’ai récemment découvert un modèle de quilt inspiré d’un quilt ancien américain, très simple à faire, rapide et scrappy… Pour moi, l’idéal pour vider la tête et alléger un peu mes tiroirs de tissus. Son nom ?

Diabolical Jane !

Jane, Jessie et Melinda, membres de la Modern Quilt Guild de Washington DC, sont tombées amoureuses d’un quilt anonyme des années 1830, lors d’une visite au Musée National des Femmes Artistes (https://nmwa.org/ à Washington, DC). Ce Musée expose de nombreuses artistes telles que Sonia Delaunay, Frida Kahlo ou Faith Ringgold. L’exposition temporaire, « Workt by Hand, Hidden Labor and Historical Quilts », provenant du Musée des Arts de Brooklyn (New-York), a eu lieu fin 2013 – début 2014. L’expo est photographiée dans ce livre :

Catalogue de l’expo, édition épuisée
On voit LE quilt au centre, photo Lee Stalsworth
Voici le quilt original que les historiens situent aux alentours de 1830. Photo du livre “Workt by Hand” faite par Jessie Aller. Les carrés manquants en bas rendent possibles la mise sur un lit à baldaquin (avec des colonnes).

Les trois amies se sont penchées sur les photos du quilt, Jessie a créé un article avec d’excellentes explications et elles se sont lancées dans leur réalisation. Est-ce LA Jane du groupe, la Diabolical Jane du titre qu’on n’oublie pas ?… 
Vous pouvez voir leurs quilts ainsi que les inspirations sur Instagram #diabolicaljane.

Jessie a interprété le quilt, marquant bien le X central avec des tissus fortement contrastés, jouant avec des imprimés que nulle part ailleurs on n’oserait associer !
Le quilt est immense, il a été très joliment quilté par Rachel Hauser, voir son article avec des photos du quilt fini.

Alors c’est décidé, pendant ce confinement, je fais un Diabolical Jane !

J’avais un réel besoin d’entrer dans ma bulle créative, pour « digérer » de mauvaises nouvelles, un décès, une maman souffrante, une amie proche très malade. Parfois, il faut égoïstement penser à soi pour surmonter une épreuve et ensuite pouvoir soutenir les autres. Les actualités anxiogènes n’arrangent rien. Alors m’immerger dans un nouveau projet de quilt me rend plus forte. 

Un de mes tissus préférés sera dans mon Diabolical Jane. Impossible de retrouver ses références, désolée…

En fouillant dans mes tiroirs, j’ai eu envie de bleu, ce bleu lumineux que je n’ai pas utilisé récemment, car mes derniers tops sont verts et orange, je vous les montrerai une fois quiltés. J’ai acheté voilà 3 ans des fat quarters de tissus épais tendance japonaise, bleus avec des impressions noires (Twilight de Windham Fabrics). Et, pensant à Valériane Leblond qui met presque toujours des oiseaux dans ses tableaux, j’ai ajouté comme base le reste de mes petits oiseaux adorés aux ailes d’un bleu approchant, dont j’ai depuis longtemps oublié la provenance :

La palette de couleurs s’est enrichie sans trop y penser d’or et d’argent, je veux dire de jaune et de gris. Et voilà ! Tissus modernes et traditionnels, vieux fonds de tiroirs et achats récents, tissus japonais, américains de chez Alice et indiens de Neelam cohabitent en un vrai scrap-quilt. J’ai consacré trois pleines journées à ce top, égoïstement et sans aucun remords. Un jour et demi pour choisir les tissus, les couper, les combiner, les changer maintes fois de place, et un jour et demi pour assembler les briques.

J’ai souhaité travailler en cm. Je me suis aperçue que chaque brique mesure 3 carrés + marges de coutures. J’ai donc choisi des carrés coupés de 9 cm, cousus de 7,5 cm. Une brique coupée mesure chez moi (3 x 7,5) + 1,5 cm sur (1 x 7,5 cm) + 1,5 cm = 24 x 9 cm. Il faut en couper 8 par tissu (cela rentre dans un fat quarter), 16 si le tissu est répété, ou 4 seulement si c’est dans le grand X central.

Le montage est comme un 1/2 log cabin, qu’on reproduit à l’identique 4 fois. Voyez les schémas de Jessie Aller pour mieux visualiser la structure. Le truc amusant de ce modèle, c’est qu’on commence par un carré qui se trouvera au milieu de la bordure ! Le X central assemble les 4 parties et, même si ses couleurs sont importantes, il ne se coud qu’à la fin.

Le placement des couleurs : j’ai utilisé le PDF disponible en fin d’article de Jessie Aller, un schéma de placement des briques. Mon brouillon est tout gribouillé, le résultat est différent de ma dernière version écrite et peu importe, ce qui compte est que je suis satisfaite du résultat !

Voici le centre de ma Jeanne la Diabolique. Je tenais à mettre un petit oiseau au centre !

 

Le départ d’un quart de top se trouve ici à droite, un carré gris et deux triangles jaunes. Et puisqu’on est entre nous, je vous montre ici le carré plus clair qui ne devrait pas être ainsi : je me suis trompée de sens, le tissu est à l’envers. Une erreur de débutante ? Une erreur de quilteuse qui a eu la flemme de découdre et recoudre juste pour ça.

 

Ce top mesure 2 m de côté. Il serait très beau plus petit aussi, avec par exemple des briques coupées de 18 x 7 cm (carrés de 7 cm coupés, 5,5 cm cousus). On ne le voit pas beaucoup, mais je voulais vous montrer, sur la droite, mon oranger du Mexique (Choisya ternata) fleuri comme si on était en avril… Il embaume divinement ! Ce dimanche, premier jour de ciel gris depuis longtemps ici du côté de Toulouse, mais la température reste étonnamment douce pour la mi-novembre.

J’étais bien concentrée sur ma tâche mais, comment dire, mon esprit vagabondait. Et c’était bien le but, m’échapper un temps de la réalité. En préparant ce top, j’avais en tête à la fois l’épopée de la Route 66, l’Histoire des USA avec ses migrants européens fuyant la pauvreté comme dans Y Cwilt Je pensais à cette petite fille galloise du conte de Valériane Leblond. Elle a pris vie, elle m’a chuchoté pourquoi, des années plus tard, elle voulait partir à son tour. Promis, elle vous le racontera ici prochainement. Dans cette petite histoire sans prétention, vous saurez faire la correspondance entre la fiction et la réalité, car dans tout récit on y met du sien !

A très vite avec Gwen,
Katell

Ce quilt veut s’appeler  OH ! Gwen… Vous comprendrez bientôt pourquoi !

Y Cwilt

Certains livres pour enfants ont un charme qui vit longtemps en nous, comme une mélodie souvent fredonnée. C’est ce qui m’arrive avec ce livre :

Je regrette de ne pas pouvoir le lire en gallois, la version originale… J’ai bien sûr choisi la version anglaise :

C’est Valériane Leblond qui raconte l’histoire d’une petite Galloise au tournant du XXe siècle. La vie est simple et rude, mais la famille y vit depuis toujours, en symbiose avec la nature.

C’est l’automne en Pays de Galles, c’est ici que commence l’histoire de la fillette. (photo facebook Valériane Leblond)

L’hiver au coin du feu, le père sculpte des objets dans du vieux bois, la mère taille des bouts de flanelle de laine noire et rouge pour en faire un cwilt. Mais un hiver plus difficile rend la faim tenace et les parents décident de quitter leur pays, un seul ballot en main : le quilt rouge et noir… La petite fille découvre une ville, un port, un bateau, un long voyage en mer. Dans la chaleur du quilt, elle trouve la consolation du déchirement de l’émigration. 

Dans ce nouveau pays jamais cité, dans une nature différente mais généreuse, avec le travail acharné des parents, la famille crée son nouveau foyer, sa nouvelle vie, son nouveau chez-eux, avec le fameux quilt rouge et noir qui rappelle la vie d’avant…

Faire de ses rêves une réalité plus douce, c’est la réussite de cette famille.

La fillette observe et comprend à sa manière les changements dans leur vie, se rassure en voyant les hirondelles du printemps, symbole de la résilience. La finesse des dessins souligne la justesse de l’histoire, vécue par des millions de migrants quittant l’Europe pour une vie meilleure aux États-Unis.

La grande ville d’où part le bateau se reconnaît à sa skyline (sa ligne d’horizon), c’est Liverpool (photo Facebook Valériane Leblond).

Dans ce livre, au Pays de Galles comme en Amérique, le ciel et la mer ne sont jamais bleus, mais des mille nuances glaz qui sont comme la vie, changeantes.

Le quilt, fait de la flanelle noire des costumes du père, de la flanelle rouge des robes de la mère, est assemblé point par point avec amour, la mère décorant avec fantaisie au fil rouge la rigueur du patchwork. Cela rappelle l’intuition de plusieurs historiennes, pensant que les femmes Amish, à la fin du 19e siècle, se sont inspirées des quilts gallois lorsqu’elles ont décidé de remplacer leurs couettes par des quilts (lire aussi : De la couette au quilt et les autres articles sur les Amish).

Vous l’avez donc deviné, ce tout petit livre est un coup de cœur ! J’imagine que toute quilteuse américaine au sang gallois offrira ce livre à ses enfants ou petits-enfants pour Noël. 

Il est en vente pour environ 7 € en anglais ou en gallois. Il reste à savoir si, un jour, il sera publié en français… 

Pour passer l’année prochaine avec la poésie de Valériane, le calendrier 2021 est disponible dans sa boutique ETSY. Attention, il est en gallois !

L’auteure nous offre sa belle histoire, et elle a fait son chemin, sans y réfléchir une suite a pris forme en moi, tout en jouant avec mes tissus. Cette fillette galloise, je lui ai donné un prénom, Gwen, que porte mon aînée en second prénom et qui rappelle aux quilteuses la reine des quilts libérés, Gwen Marston. C’est en pensant à cette petite Gwen que j’ai fait, ces derniers jours, un top que je vous présenterai prochainement. Je vous raconterai comment, même en suivant un modèle, j’ai rêvé à la petite Gwen…

Pour garder le moral, jouons avec nos tissus, rêvons… et aimons la vie simple, riche des beautés de la nature,
Katell

Lumière d’automne (par une belle journée comme aujourd’hui) Valériane Leblond

 

 

 

Le Patchwork vient-il d’Alsace ?

J’aime beaucoup l’Alsace et surtout les Alsaciennes avec qui je me sens si bien ! Cependant, je vais jeter un pavé dans la mare aux idées reçues, qui concerne leur territoire. Mais les quilteuses de la région ne seront pas étonnées de ce qui suit !

La semaine dernière sur le forum France Patchwork, un sujet intéressant est lancé par Véronique Badin : y a-t-il des spécificités françaises actuellement dans le patchwork ?

La conversation se dirige vite vers les origines de l’art du patchwork. A ma stupéfaction, plusieurs personnes sont persuadées que le patchwork est né à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace) et qu’il a été exporté en Amérique par les Amish. Il faut dire que le Carrefour Européen du Patchwork avait, à ses origines, habilement communiqué sur le berceau des Amish… et entretenu une sorte de confusion, puisque chaque année, on peut y admirer des quilts amish. Si le mouvement Amish a bien été créé à SMM et les Amish y ont bien vécu avant leur départ vers l’Amérique, ils n’avaient pas alors de quilts avec eux…

Jamais cette théorie n’a été admise ni publiée. Les Amish ont, en masse, émigré avec toutes leurs affaires, dûment répertoriées, et ils n’avaient aucun quilt, mais des sacs de plume, à la manière allemande. C’était au début du 18e siècle, puis une autre vague au moment de la Révolution Française.

Ce n’est pas avant 1870, soit plus de 150 ans après leurs premières migrations, que les Amish se sont inspirés des English, comme ils nomment les autres Américains d’origine européenne, pour assembler leurs étoffes de laines teintes et créer le style de patchwork qu’on leur connaît bien. Leur inspiration première viendrait d’ailleurs en partie de quilts d’origine galloise, vus en Pennsylvanie, d’après plusieurs recherches sérieuses.

J’aime beaucoup les quilts gallois et amish. Y a-t-il une relation entre eux ou une simple coïncidence esthétique ?  Plusieurs livres ici photographiés ensemble abordent plus ou moins directement ce sujet… puis celui-ci acheté plus tard, traite principalement cette hypothèse :

La casseuse de rêves, c’est moi, mais la réalité est tout aussi belle, même si elle ôte l’illusion d’une origine française/alsacienne exclusive de notre art qui vient de la nuit des temps…

Je rappelle la citation de Barbara Brackman écrite dans BeeBook, sur les origines du patchwork américain :

 

Au bonheur de Nantes

Blason_ville_fr_Nantes_(Loire-Atlantique)_avant_1808.svgNantes, ville bretonne quoi qu’on en dise, est un lieu de rendez-vous très prisé avec son Salon Pour l’Amour du Fil. Une foule phénoménale s’y pressait jeudi 20 avril, nous étions des centaines -des milliers !-  à nous presser dans les allées ! 

De très nombreux blogs ont montré de si belles photos que je ne vais pas recommencer. Je vais juste évoquer ce qui a été pour moi inoubliable, unforgettable

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Unforgettable, la bien nommée, est une exposition de quilts anciens du Pays de Galles. Je regrettais tant de n’avoir pu aller à Lampeter voir cette expo : cette expo est venue à nous, quel plaisir !
On soupçonne très fortement que les femmes Amish se sont inspirées des Galloises pour établir leurs codes de fabrication de leurs quilts, impression renforcée en déambulant dans cette superbe exposition !

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J’ai bien sûr été heureuse de voir en vrai des chapeaux de femmes galloises au sujet desquels j’avais fait quelques recherches.

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Je ne sais pas faire une belle photo avec les projecteurs dans les yeux ! Mais on voit bien quand même la beauté du quilting… Ce quilt est un coup de foudre qui dure !

Et ce quilt que j’aime tant depuis que je l’ai vu sur un tableau de Valériane Leblond, il ne m’a pas déçue : oh que j’aime son quilting et ses couleurs brique & pastel qui m’inspirent toujours !

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Dès le premier regard, j’ai aimé ce quilt peint par Valériane Leblond dont les couleurs tranchent avec les plus classiques rouge & brun.

De l’inoubliable exposition indienne, je retiens un ouvrage qui n’a pas été primé, les autres ayant été déjà mis en lumière.

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Participation de  Fabienne à ce concours : on y retrouve ses ovales bien reconnaissables, son expertise de brodeuse, sa sensibilité féminine… L’Invitation au Voyage, thème du concours, est allée avec elle jusqu’en Amérique centrale avec trois Vierges de Guadalupe. Alors malgré un Arbre de Vie d’origine indienne interprété librement, cet ouvrage n’a sans doute pas été jugé assez « indien » pour le Jury. Il faut dire que la compétition était rude ! Mais ce qui vaut toutes les médailles, c’est qu’Amy Butler l’a distingué sur Facebook parmi ses préférés ! (les couleurs ne sont pas du tout bien rendues… pardon Fabienne).

Style boho-chic d’Amy Butler

La rencontre d’Amy & David Butler est inoubliable, unforgettable également ! Quelles personnes empathiques, intéressantes et douées ! Ce couple représente le meilleur de l’Amérique avec leur état d’esprit moderne, inventif et positif, ayant une vision du monde pour l’avenir mêlant goût de la réussite et pensée positive, art et spiritualité, pragmatisme et humanisme.

Brigitte Heitland a expliqué en détail sa méthode de travail autour de l’accord des couleurs et des formes.

Ma chère Brigitte Heitland, avec qui j’ai échangé tant de mails ces derniers mois, est 51fc0ybkwl-_sx383_bo1204203200_bien la formidable personne que j’imaginais. Ses quilts sont de futurs grands classiques, ils marquent d’ores et déjà le monde du patchwork. Elle était l’unique exposante de quilts modernes. Espérons que, les prochaines années, ce Salon leur fera une place plus grande.
Inoubliable, Brigitte Heitland !

Tout près du stand de Brigitte, il y avait l’exposition d’une Japonaise. Un coup à l’estomac ! Quelle perfection ! En écrivant cela, je me doute que beaucoup vont objecter que les appliqués étaient mal faits : tissus mis à cru, fixés avec des points visibles, coups de ciseaux irréguliers… La perfection était dans cette imperfection affichée, la simplicité des tableaux mais surtout dans le sens aigu des couleurs… Juste ce qu’il faut là où il faut !

C’est donc sans hésitation que j’ai choisi le livre Poésie Cousue, quand Sarah de Quiltmania m’a appris que j’avais gagné un livre à choisir grâce à un jeu sur Facebook ! Merci, je suis ravie de l’avoir !

Fleurs, légumes, animaux, la Nature dans toute sa simple évidence est croquée par Misao Wada, mais aussi des souvenirs d’enfance ou de voyages.  Le coup de baguette magique qui fait de ses appliqués des œuvres d’art est l’utilisation de tissus anciens, usés, décolorés, des tissus à trame lâche qui laissent passer le jour, et curieusement des fils contrastés et des points bien visibles qui, loin de nuire, donnent un halo de lumière et complètent l’aspect rustique déjà évoqué par les tissus. Je regrette de ne pas l’avoir abordée, une soudaine timidité m’a fait tourner en rond autour d’elle sans ouvrir la bouche !

Que dire des amies, toujours plus nombreuses, de France Patchwork et/ou de ce blog, rencontrées dans les stands et les allées ? Des rencontres inoubliables elles aussi, des confidences, des rires de bon matin (merci encore Chantal pour ton hospitalité !)… Je serais bien restée plus longtemps, mais un avion n’attend pas…

Stand France Patchwork, toujours un lieu convivial où l’on échange des dernières nouvelles !

 

Unforgettable

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Unforgettable, inoubliable, c’est le nom donné à l’exposition cuvée 2016 de quilts historiques au Welsh Quilt Center (le Centre des Quilts Gallois) créé et toujours dirigé par Jen Jones. Cette exposition est à voir à Lampeter du 5 mars au 5 novembre, du mardi au samedi (11 h – 16 h 30 sauf jours fériés).

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Pour mémoire : le Pays de Galles (Wales) est une partie du Royaume-Uni, ici avec un dessin de dame au chapeau haut. Ce territoire conserve beaucoup de particularités celtiques, comme sa langue gaélique encore vivace de nos jours. Lampeter est du côté du S de Wales !

D’inoubliables quilts anciens gallois, souvent récupérés au fin fond des granges et des étables, sont exposés et montrent des couvertures finement matelassées.

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Le quilting très complexe, fort décoratif qui ne suit pas les dessins faits par le patchwork sont typiques de cette terre celtique. (photo)

Je ne peux m’empêcher de me rappeler que plusieurs spécialistes, parmi lesquels Jen Jones, soupçonnent que ce sont ces quilts gallois qui inspirèrent le style Amish… J’avais déjà évoqué ces fortes présomptions ici et mon amour des quilts gallois par là.

Parfois parfaitement piécés, souvent de guingois comme tant de quilts anciens, ils sont tous quiltés étroitement pour contenir le remplissage fait de chutes de laine : nous sommes dans un pays riche en moutons et on utilise ce qu’on a sous la main !

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Peinture de Valériane Leblond qui évoque la proximité des moutons et des quilts au Pays de Galles. Comme à l’accoutumée, Valériane a peint un quilt de la collection de Jen Jones ! Valériane fut la première artiste à exposer temporairement cette année, d’autres se succèdent tout au long de l’été.

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Paysage automnal aux moutons, Valériane Leblond

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L’heure de la tonte, Valériane Leblond.

Les tableaux disponibles de Valériane Leblond se trouvent dans sa galerie.

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Richesse des scrap-quilts… Il arrive que ces quilts soient assemblés à la machine à coudre, mais ils sont toujours quiltés à la main (photo)

Cette exposition inoubliable fait le lien du savoir-faire gallois en matière textile, montrant également une collection de costumes anciens, souvent faits des mêmes tissus que les quilts, ainsi que des chapeaux, marque distinctive de la femme galloise du XIXe siècle.

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Documents montrant des femmes du Pays de Galles avec leur chapeau si caractéristique.

_41786128_welshhat3.203Pourquoi ces chapeaux ? Le spécialiste Michael Freeman convient que son origine reste quelque peu mystérieuse. Ce chapeau de feutre faisait partie des vêtements de sortie ou du dimanche et sa forme était peut-être copiée des chapeaux hauts portés par les cavalières fortunées, mais pourquoi ?… Il n’en reste pas moins que le chapeau gallois féminin reste très populaire dans les mémoires, symbole de fierté et d’appartenance au pays. Sa production est limitée dans le temps, apparemment des années 1830 aux années 1880. Ensuite, le port du chapeau s’est limité à des manifestations exceptionnelles et ils étaient donc précieusement conservés.

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Les jupes, les tabliers, les châles à carreaux ou à rayures, couronnés du fameux chapeau, constituent le costume traditionnel du XIXe siècle du Pays de Galles. (photo)

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Femmes filant la laine et prenant le thé

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Les sœurs Modryb en 1872 (Martha, Nelly et Gwenno). Nous notons la présence d’un bonnet blanc sous le chapeau.

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Nous voyons bien ici l’association des rayures, des carreaux, des imprimés fleuris… base de quilts à venir !

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Photo du site Welsh Quilt Center

Des stages, ainsi que des œuvres d’artistes contemporains complètent cette exposition inoubliable :

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Bedtime Blues, détail, Wendy Greene, une exposante parmi beaucoup d’autres !

Le Challenge Jen Jones 2016 : faire un quilt inspiré d’un de ceux de la collection de Jen Jones… C’est faire un peu comme Valériane Leblond, prolonger la beauté des quilts créés naguère en leur donnant une autre vie ! Tout renseignement complémentaire par ici . Vous serez peut-être tenté(e), à votre tour, de faire un quilt inoubliable…

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NB : Susan Briscoe a récemment visité cette exposition, voyez son beau reportage par ici !

Cold weather in Wales… et ailleurs !

Il fait mauvais un peu partout, alors un peu de poésie picturale nous aide à passer ces sombres journées :

Cold weather Valériane LeblondDe la neige... Valériane LeblondLa neige est là Valériane Leblond

Retrouvez l’univers enchanteur (même par mauvais temps !) de Valériane Leblond sur son site !

Valériane Leblond

Et puis fin janvier à Tokyo, c’est la grande fête des quilts. Cette année, il y avait un thème très porteur, la Petite Maison dans la Prairie ! Je suis impatiente d’en voir des photos. En attendant, voici un retour sur les Maisons Minka du Japon :

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Vous pouvez retrouver ce quilt et des renseignements sur les Minka Houses par ici !

Valériane, la Lune et les vagues…

Quand on habite à la campagne, on voit mieux la Lune :

 

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Voyez-vous les reflets du clair de lune sur les vagues ?

 Nouvelle peinture sur bois de Valériane Leblond aux accents japonais, à la fois par son format et par ses vagues !

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Motif japonais depuis plus de mille ans, le seigaiha, « océan aux vagues bleues », avec ses cercles concentriques, est d’une rare élégance. D’abord symbole de la mer sur les anciennes cartes chinoises, il se trouve depuis mille ans au Japon brodé ou imprimé sur les tissus, gravé dans la pierre ou le bois, dessiné sur le papier, la céramique ou encore en mosaïque…

Son graphisme peut aussi suggérer des toits de tuile, des éventails ou des coquillages… Outre-atlantique, on décline ce motif depuis le XIXe siècle à la fois en patchwork, appliqué et quilting. Ce fut aussi un motif très prisé en art déco !
Il m’a inspiré mon logo de blog :seashells

Alors vous comprenez combien j’aime cette nouvelle peinture de Valériane !

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Autre Vague japonaise : dans l’actualité parisienne, l’exposition des estampes d’Hokusai au Grand Palais est bondée, le public se rue sur la fameuse Vague : elle n’est pourtant pas plus grande que les autres estampes, donc à chacun son tour !

La Grande Vague de Kanagawa
La Grande Vague de Kanagawa (1831) a longtemps été accrochée dans ma chambre, je la connais par coeur et l’aime toujours autant ! L’estampe originale surprend par sa modeste taille ( environ 25 cm sur 37 cm), alors qu’on a l’habitude de la voir en grande affiche.

Une estampe est le résultat d’une série de travaux : le dessin sur la matrice (ici du bois), la gravure en suivant le dessin, puis l’encrage et l’impression… Il existe donc plusieurs originaux dont les couleurs diffèrent, les traits sont plus ou moins nets en fonction de l’ordre d’impression… Elles ne sont pourtant pas numérotées comme des lithographies actuelles. La qualité du papier joue une importance primordiale également ; certains spécialistes pensent que près de 5 000 estampes originales de cette Vague furent tirées, dont une est toujours à Giverny, chez Monet ! L’ordre de tirage peut grosso modo être établi par les spécialistes en fonction de la netteté des traits (qui s’estompe avec l’usure de la matrice originale).

Cette première vue du Mont Fuji d’une série de 36 est fascinante et de nombreux essais décortiquent les raisons du succès.

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La composition géométrique peut expliquer la beauté de l’oeuvre.

L’exposition ne se limite absoument pas à cette Vague, vous y ferez beaucoup d’autres découvertes si vous avez la chance d’y aller… un jour sans trop d’affluence !

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Au Grand Palais à Paris, du 1er octobre au 18 janvier, avec une interruption du 21 au 30 novembre. 

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Merci Valériane de nous offrir de si belles vues au clair de Lune :

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moutons sous la lune Valériane Leblond… des vagues menaçantes portant peut-être un message d’espoir :

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Trouvez-vous la bouteille à la mer ?…

… des vagues bien plus douces dans un monde idyllique :

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… et tant d’autres scènes de la campagne et du littoral gallois que vous pouvez admirer et vous procurer sur son site ici !

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C’est encore l’hiver…

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Oui, bien sûr, c’est encore l’hiver, avec ses couleurs sourdes…1011684_630967813623464_675870029_n

… mais les tempêtes aux vents mauvais s’éloignent enfin…

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… laissant place à l’accalmie…71456_629717583748487_1287131874_n

… les matins gris sont plus lumineux…71446_627445657309013_1474269464_n

… les quilts, les animaux et les femmes prennent l’air du temps…

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… on reprend même les travaux d’aiguille en plein air…

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… les grandes lessives sèchent au jardin…1528760_624267437626835_981882654_n

… Valériane nous le promet, c’est bientôt le printemps !

Tous ces tableaux sont peints par Valériane Leblond que vous connaissez si vous lisez la Ruche des Quilteuses régulièrement ! Voici son site :
http://www.valeriane-leblond.eu/home_fr.html

Ne manquez pas l’article sur ce blog, montrant le souci du détail de l’artiste : tous les quilts de ses tableaux sont peints d’après des ouvrages anciens de la collection du Centre du Quilt de Lampeter (Pays de Galles).

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