Le Patchwork, par Cosabeth Parriaud

Voici un nouveau livre qui donne le sourire ! Nous en avons bien besoin, n’est-ce pas ? Alors, sans tout dévoiler – il faut conserver le plaisir de la découverte – je suis heureuse de vous présenter Le Patchwork, concocté par Cosabeth Parriaud. Et lisez-moi bien jusqu’à la fin, car Cosabeth et son éditeur vous offrent une surprise !

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Alchimie du Bleu/1

Comme vous aimez bien les séries d’articles, voici notre expérience de la teinture à l’indigo en plusieurs chapitres. Nous avions commencé un vendredi bien gris, avec nos tissus blancs issus de linges de maison ou de vêtements, rêvant de bleu ! On peut prendre tous les tissus naturels : coton, laine, soie, chanvre, lin etc. Vive a été notre Maîtresse du Bleu, car elle avait déjà fait une séance avec sa sœur Edith il y a quelques années.

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Lone Star Quilt/ 5 et 1/2

Toute bonne chose ayant une fin, c’était la sixième et dernière semaine de ce Quiltons Ensemble avec Lindlee du Montana @plainsandpine. Pour moi, c’est 5 1/2, à peine !

Plusieurs quilteuses ont terminé cette fameuse Étoile avec succès, parfois le modèle avait été essayé il y a des années, mais pas forcément réussi alors… Tout est dans les détails techniques pour que cela ne devienne pas galère, et la vidéo trouvée par Bee Brigitte (présentée ici) en a sauvé plus d’une !

C’est une Étoile faite bien avant ce challenge, que m’a envoyé Evelyne Riff. Elle est originale, elle est belle et la bordure en crazy sera peut-être une inspiration pour d’autres quilteuses, à faire avec tous les petits bouts restant sur la table…

Si vous souhaitez que je montre ici votre Étoile faite à l’occasion de ce challenge, merci de m’adresser votre photo de quilt (quilté donc, si possible !) à quilteuseforever@orange.fr, avec le titre Lone star. Je ferai un article-galerie de photos, par exemple début juin : pas d’urgence donc.

Je ne fais pas la bordure proposée par le modèle @plainsandpine, pourtant très jolie et aérienne, car ayant sorti mon quilt aux mustangs du placard, j’ai eu envie de refaire la bordure que j’avais inventée il y a des années, jamais vue ni expliquée nulle part. Je l’avais conçue après avoir découvert le modèle Scrappy Mountain Majesties de Bonnie Hunter, modèle fait seule puis en atelier dans mon club il y a bien une dizaine d’années, pour un lot de tombola.

Onze mustangs pour les onze ans de mon fils… qui en a 24 à présent ! J’aime bien cette bordure que j’appelle « navajo », pas vous ?

Allez c’est parti au trot, au galop pour l’explication en une photo !

Explications en 4 temps :

  • Bordure du haut : 4 trapèzes foncés et 3 trapèzes clairs sont coupés à partir de bandes de 14 cm de haut, 30 cm de base et 2 cm en haut. L’inclinaison est ici à 45°. J’ai fait plusieurs schémas pour accorder la longueur de la bordure à mon étoile. Aux extrêmes gauche et droite, un parallélogramme termine la bordure. Il faudra pouvoir couper en diagonale pour faire une finition en onglet. J’ai ouvert toutes ces coutures au repassage.
J’ajoute cette photo pour montrer le trapèze : 2 cm en haut, 30 cm en bas, 14 cm de hauteur, coupe à 45°. Faire un trapèze au lieu d’un triangle permet de répartir les marges de couture sans croisement de couture.
  • Bordure 2, juste dessous : la bordure de 14 cm de haut est découpée en 4 bandes parallèles de 3,5 cm de haut : on garde la forme précédente.
  • Bordure 3 : ta-da !! Miracle, on voit le dessin de style « navajo », comme sur le quilt aux mustangs ! Comment faire ? Simplement, on inverse les bandes : le bout gauche va à droite, sans changer l’ordre en hauteur. Suis-je claire ??
  • Bordure 4 : et voilà, bordure cousue, avec une bande intermédiaire du même tissu que la bande entourant l’étoile.

Bientôt, quand tout sera cousu, je ferai un article qui méritera enfin le nombre 6 !!

A bientôt, poursuivez vos ouvrages, cela aide dans la vie !
Katell

Lone Star Quilt/5

Voici la suite et presque fin du Quiltons Ensemble avec Lindlee, le temps passe si vite ! La semaine dernière (je suis en retard), nous devions assembler les pièces de fond. Cette semaine, l’ultime, nous devrons terminer notre top en ajoutant une bordure si on en a envie.

@plainsandpine, sur Instagram

Au-delà de l’incitation à faire une Étoile scrappy – ce qui donne un aspect bien plus joyeux et casual (décontracté) – Lindlee efface la difficulté de la couture en Y pour mettre le tissu de fond. C’est le sujet de la semaine ! Par transparence, on voit bien ici les coutures qui évitent le montage des pièces de fond en Y (3 coutures qui se rejoignent) :

Une jolie photo de @thatalottakids sur Instagram

Marie-Christine a mis en valeur cette couture intermédiaire qu’on cherche en général à rendre invisible, c’est un succès esthétique évident :

L’Étoile Unique de Marie-Christine Chasseraud (photo Facebook)

L’alternative traditionnelle est d’incruster ces pièces de fond, sans couture intermédiaire. D’habitude je contourne volontiers les difficultés, mais l’incrustation en Y ne me pose pas de problème. Le secret : on fait les 3 coutures en s’arrêtant à chaque fois AVANT d’entrer dans la marge de couture et on fait quelques points arrière. A la main, on ne se pose pas de question à ce sujet, tandis qu’à la machine, c’est un problème potentiel 😉. C’est le même travail que pour ce genre de bloc :

Quand on a fait plein de blocs Attic Windows, on ne craint plus ces coutures en Y ! Lisez à ce sujet le très bon article de Denyse Saint-Arroman par ici.

Toute bordure en onglet utilise la même technique : on coud sans entrer dans la marge de couture, on fait un point d’arrêt juste avant, pour chacune des 3 coutures qui se rejoignent. Ici les explications de Au Fil d’Emma, avec des finitions à la main. Je les fais à la machine, c’est au choix.

J’avais quelques jours de retard, mais je continue ma Lone Star ! J’ai eu un doute, trop peu de contraste entre l’étoile et le fond choisi. Alors j’ai ajouté une bande qui fait le tour des branches :

Une petite bande de 2 cm fait le tour de mon étoile.

L’assemblage n’est pas parfait, mais tout de même honorable et cela me convient !

Un grand méli-mélo de tissus ! Il y en a de chez Alice de Blossom Quilts & Craft, de chez Emma, de chez Neelam, de chez Josie Patch, de mes fonds de tiroirs…

Le fond à peine assemblé, je fais une photo vite fait dehors, avant la tombée de la nuit :

On peut toujours s’amuser à faire un peu différent. C’est un jeu ! Quant à l’étoile en tissus Neelam qui est devenue Soleil, je ne vous la remontre pas, elle n’a pas bougé…

N’oubliez jamais : c’est votre quilt, vous le faites comme vous voulez !
Katell

Lone Star quilt/4

Bonjour les créatrices d’Étoile Unique !

Il a longuement été question des détails de coupe, couture et montage de cette Étoile à huit branches sur Facebook. Au-delà des renseignements dans le dossier Quiltmania cité récemment ou les informations en anglais sur internet, vous aurez tous les détails de fabrication dans cette vidéo trouvée par Bee Brigitte : elle est en français et très bien faite !

Cette semaine, pour être dans les temps avec Lindlee de @plainsandpine, nous devons faire nos huit branches d’étoile. Il me reste encore un peu de travail pour être à jour avant dimanche ! Ensuite, nous ajouterons le tissu de fond, la semaine suivante on pourra faire une jolie bordure… et le top sera fini !

J’utilise un vaste mélange de tissus de tous horizons.

Work in progress – Chantier en cours !

Soleil Neelam

Je fais parallèlement une Étoile bien particulière, la Nôtre, le Soleil ! Au point de vue fabrication, c’est une cousine de l’Étoile à huit branches que nous faisons ensemble. A partir du modèle Homestead de Lindlee, j’ai fait à ma façon. Le principe est d’ajouter des losanges pour faire un grand rond, autrement dit on comble partiellement l’espace dédié au tissu de fond. Mes losanges sont plus petits que son modèle (ici 9 cm coupé), et à partir d’une branche d’étoile j’ajoute les losanges (3 de part et d’autre) en incluant le fond chambray par bandes de 9 cm de haut (voir les photos). Mais il existe bien d’autres façons de construire ce Soleil.

Voici ce que cela donne chez moi :

A gauche, un huitième de Soleil terminé, à droite, la branche d’étoile pas encore comblée de losanges.
A droite, on voit les deux parties de 3 losanges chacune, que je vais assembler.
Le Soleil prend forme ! Cet après-midi, j’inclurai les carrés manquants. Le nom traditionnel de ce modèle est Sunburst.
Ah que j’aime les tissus Neelam !

Je vous souhaite de belles Étoiles, à bientôt !
Katell

Lone Star quilt/3

Si vous avez manqué les épisodes précédents…

Je suis tombée en amour, comme on dit au Québec, avec le modèle Lone Star de Lindlee Smith @plainsandpine. Cela tombe bien puisqu’elle organise un « Quiltons Ensemble » sur Instagram ! Comme tout est en anglais, je me propose, sans me substituer à elle, de vous donner quelques clés pour assurer votre réussite. Vous avez ici les épisodes précédents sur La Ruche : https://quilteuseforever.com/2022/01/06/lone-star-quilt-un-quilt-tres-traditionnel/ puis https://quilteuseforever.com/2022/01/10/meli-melo-de-losanges/.

Le dossier de Quiltmania

Nous le savons, si certains domaines économiques fonctionnent encore bien en France et permettent quelques chiffres flatteurs (baisse du chômage, croissance du PIB de 6,7 % en 2021), nous sentons bien que tout n’est pas aussi joyeux, loin de là. Lire l’édito de Carol Veillon dans le nouveau Quiltmania (n°147) fait l’effet d’une douche froide et induit beaucoup de tristesse, même si l’équipe se bat pour que tout puisse continuer. Nous savons que l’Association France Patchwork est aussi en difficulté, par manque d’adhérents, même si un beau frémissement redonne espoir. Soutenons celles que nous aimons, avant qu’il ne soit trop tard. Aidons nos chouchous à rebondir !

Il n’y a pas de hasard, c’est dans l’air du temps, dans ce magazine Quiltmania, Lynne Zacek Bassett signe Des Éclats de Gloire, un grand dossier sur les Étoiles de Bethléem, alias Lone Stars/Étoiles Solitaires. En dernière page de cet article de 7 pages, elle développe ce qu’explique Lindlee Smith : depuis sa naissance, elle constate l’omniprésence de cette Étoile en quilt chez les Natifs (Amérindiens) de son entourage : je vous l’ai raconté par ici.

Les deux premières pages d’un excellent dossier ! Quiltmania n° 147

Cerise sur le gâteau : l’éblouissant modèle de Pamela Goeke Dinndorf, Orbs ! Vous pouvez faire votre première Étoile avec @plainsandpine, puis vous lancer dans ce chef d’œuvre plein d’éclat. Même pas peur !

Orbs, Pamela Goeke Dinndorf, dans Quiltmania n° 147
Avec Lindlee !

Lone Star avec Lindlee, la couture en troisième semaine

Quand on veut faire une Étoile à la distribution régulière de couleurs, c’est un travail plutôt rapide, à partir de bandes. Si vous êtes inscrite au Challenge avecLindlee, vous avez reçu ce lundi beaucoup d’informations, avec des photos détaillant la couture et coupe des losanges. Vous pouvez voir aussi, sur son compte Instagram @plainsandpine, une petite vidéo, puis une excellente de 15 mn.

Si vous avez les magazines Quiltmania n°16, 17 et 18 (années 1999-2000), vous avez tout ce qu’il faut savoir, bien détaillé et en français, sur les étoiles régulières à 8 branches. On peut trouver aussi ces explications de quilt traditionnel un peu partout dans des livres anciens ou sur internet… mais en anglais, comme le modèle de Lindlee : regardez les schémas, on coud en décalé les bandes prédécoupées à 6,5 cm de haut, selon la séquence choisie, pour avoir une rangée de chaque branche d’étoile. Il faut comprendre la structure, ensuite c’est tout simple.. Ce qui est important pour réussir votre montage : la position des bandes (on commence la couture dans un creux !) et l’utilisation d’une épingle pour chaque intersection.

J’ai choisi cette disposition de couleurs : les couronnes claires seront chez moi bleu ciel très clair (quilt @plainsandpine)

Quand on décide comme moi de faire une étoile scrappy, c’est plus artisanal ! J’ai coupé de longues bandes de couleur ciel pour mes « couronnes claires » et divers losanges imprimés (64 seront nécessaires).

J’ai cousu à la suite diverses bandes imprimées sur une bande ciel. Après le repassage, je couperai des duos.
Voici une vingtaine de duos, j’ai besoin de 64 !

Ce n’est pas exactement la méthode de Lindlee, mais cela revient au même. Prenez de la place pour faire votre maquette avec vos duos, afin de répartir les couleurs et les valeurs (clair/moyen/foncé) jusqu’à ce que ça vous plaise. Il est important d’avoir dans la tête la structure de l’étoile avec ses huit branches : dans ce modèle, nous avons 16 losanges, soit 4 x 4 losanges par branche. Je vais coudre les duos 2 par 2 :

Voilà, il y a du travail répétitif, de la couture minutieuse, mais j’aime choisir à chaque fois les couleurs, et je ne trouve pas cela ennuyeux du tout !

J’aime tellement… que j’entame une autre Étoile parallèlement, issus d’un autre modèle de @plainsandpine, Homestead Star Quilt ! A voir bientôt ici…

Modèle Homestead Star Quilt de @plainsandpine.

Je vous souhaite beaucoup d’étoiles dans les yeux, tout en cousant votre Étoile Solitaire !
Katell

Nous sommes tous des étoiles, il nous suffit juste d’apprendre à briller.
Norma Jean Baker, alias Marylin Monroe

Méli-mélo de losanges

De nombreux quilts sont faits de losanges, ce qui affole les débutantes. J’ai l’ambition de vous les faire aimer❤. Une fois de plus, le charme de la géométrie et la beauté des mathématiques de base sont appliqués au patchwork. Mais je vous montre aussi comment vous en sortir sans fastidieux calculs !

Divers losanges

Qu’est-ce qu’un losange ?

C’est une forme géométrique à 4 côtés égaux. Un carré est un losange qui a la particularité d’avoir 4 angles droits. Tous les autres ont 2 angles aigus et 2 angles obtus.

Imaginez que vous pouvez étirer ou serrer en vertical et horizontal : vous obtenez une infinité de variantes en losange.

Ce qui est important à retenir : les 4 côtés sont égaux et ils sont parallèles 2 par 2.

Divers quilts aux losanges

Il y a déjà 9 ans, je vous avais parlé de l’unique quilt de la romancière anglaise Jane Austen, fait de losanges aux proportions dodues. Vous pouvez retrouver cette jolie histoire par ici (Austenland).

Environ 2 400 losanges !

Vous pouvez aussi lire l’article de Denyse Saint-Arroman sur les quilts en losanges par ici, avec de belles idées très variées.

Et bien sûr, il y a toute la famille des quilts aux étoiles à huit branches, qui vous intéressent si vous avez décidé de faire la Lone Star (Étoile Solitaire) avec Lindlee.

Les losanges pour étoiles à 8 branches

Les étoiles à 8 branches sont une grande famille de blocs. Ici des blocs de mon sampler en cours (Le Sampler de Sylvia). Chaque bloc mesure 15 cm. L’étoile de gauche a un seul losange par branche (et donc 8 losanges en tout), celle de droite en a 4 (4 x 8 = 32). en ajoutant une rangée, on a 9 losanges (72 en tout), puis 16 (128), puis 25 (200)… C’est une variante de personnalisation de votre étoile.

Pour les étoiles à 8 branches, nous utilisons des losanges particuliers, avec deux angles de 45°. Pas d’inquiétude, vous n’avez pas besoin ici d’un rapporteur d’angle, ni d’équerre, ni de compas (divers objets aidant à dessiner un losange).

Vous avez juste d’une règle de patchwork où figure la ligne de la diagonale d’un carré (à 45° donc).

La plupart des règles ont une diagonale à 45° dessinée, elle sera indispensable pour découper vos losanges. Ici, elle est à l’horizontale, les deux règles de marques différentes sont superposées. Pensez aussi aux marquages sur votre planche de coupe.

La plupart des grandes étoiles à huit branches américaines sont coupées à partir de bandes de 2.5 inch de haut. C’est justement la hauteur des bandes prédécoupées en jelly rolls. Si vous en avez un de côté, c’est l’occasion de l’utiliser ! En centimètres, on peut prendre la mesure la plus proche, 6,5 cm. Mais vous allez vite comprendre que c’est très facile de changer de dimensions, si vous préférez de grands losanges ou au contraire des minis minis…

Si on veut faire soi-même un gabarit, on peut utiliser le nombre magique 1,414 ! Oui c’est la formule pour calculer combien mesure la diagonale par rapport au côté d’un carré ou un losange, sans passer par les racines carrées… Si la bande mesure 6,5 cm de haut : 6,5 x 1,414 = 9,19 cm, c’est le côté du losange. Une illustration :

La hauteur du losange est de 6,5 cm et chaque côté mesure 6,5 x 1,414 = 9,19 cm

C’est trop compliqué ? C’est là qu’on se souvient que les côtés sont parallèles 2 par 2 ! Si vous avez une hauteur de bande de 6,5 cm, eh bien vous allez couper votre losange à 6,5 cm de la première coupe à 45°.

J’ai une bande de tissu de 6,5 cm de haut. J’utilise la diagonale pour positionner la règle, afin de couper à 45°. J’ai de plus, la marque sur la planche qui confirme le bon positionnement.
Ici je n’ai plus besoin de la diagonale marquée, je positionne la règle sur la marque 6,5 cm et je pourrai couper à droite. J’ai fait un effort, moi la gauchère, pour mettre la règle comme une droitière !
Confirmation que tout va bien : mon losange-témoin en papier est sur la règle, tout est juste !

Sur le PDF Lone Star de Lindlee, vous avez aussi la technique détaillée pour faire plus rapide que losange par losange (il en faut 128 pour ce modèle), c’est-à-dire qu’on coud d’abord des bandes pour ensuite les couper à 45° : c’est ainsi très rapide de faire une Lone Star, mais les tissus se retrouveront à la même place d’une branche à l’autre.

Nous l’avons vu, vous pouvez choisir le nombre de rangées de losanges par branche (voir sous la photo des 3 étoiles) ; vous pouvez aussi agrandir ou diminuer la taille du losange en décidant de la hauteur de la bande. Tout est logique. Ya plu ka !

Ce modèle de Plains and Pine a 16 x 8 = 128 losanges

Le losange vu autrement

Un zeste de dynamisme

Tout le monde connaît le carré, bien propre sur lui. Un carré mis sur la pointe, souvent appelé spontanément losange, a tout de suite plus d’énergie ! Le carré dans le carré est un bloc très dynamique :

Carré dans le carré ou carré dans le carré dans le carré, c’est toujours très joli !

Un carré posé sur la pointe, en losange, ça se remarque ! (Pixabay, Christelle Olivier)

Le losange est un carré avec une touche rock’n roll.

Une touche de vocabulaire

Notre mot losange vient du grec loxós (biais) et du latin angulus, (angle), ce qui correspond bien à ce carré posé de biais et de travers !

A noter qu’en anglais, il existe deux mots pour le losange : rhombus, qui est aussi l’ancien mot pour losange en français (rhombe disait-on naguère en français, cela vient du grec), et diamond, diamant, sont-ils synonymes ? C’est une vraie question posée par les Anglophones aux profs de maths !

La différence est que le diamond peut être aussi en forme de cerf-volant🪁 mais pas le rhombus, aux 4 côtés forcément égaux.

Les pyramides de Gizeh, avec leur ombre, forment des diamants, pas des losanges.

Un soupçon d’ésotérisme

Symboliquement, le 4 représente l’équilibre, l’ordre, l’organisation, la perfection. S’il évoque les parallélogrammes (4 côtés et 4 angles, comme un carré ou un losange), il est aussi un chiffre que les pythagoriciens associaient à la pyramide :

Cette figure est une tetraktys, où 1 + 2 + 3 + 4 = 10, du remue-méninges pour mathématiciens et du bonheur pour ésotériques !
Tetraktys et Kabbale…
Je n’ai pas lu ce livre, il peut être intéressant… Je viens de découvrir cet auteur, Armand Herscovici, avec La Spirale de l’Escargot : des contes bine écrits pour présenter les beautés mathématiques pour tous !

Le losange est aussi la moitié d’une tetraktys

Et dans l’art

Dans le théâtre italien dès le XVIe siècle, l’Arlecchino, notre Arlequin, est un personnage aux multiples facettes, vêtu d’un costume fait de losanges (du patchwork de tissus de récupération). De nos jours, il survit en personnage de carnaval, et on peut toujours le trouver dans des pièces de théâtre, dans les musées…

Arlequin, Paul Cézanne (1888), à voir « en vrai » à Washington DC, National Gallery of Art.
Paul (fils du peintre), par Pablo Picasso -Musée Picasso de Paris
Bien moins connu, l’Arlequin de Juan Alpiste (1996)

Ce méli-mélo de losanges s’achève, avec le petit regret de ne pas avoir publié cet article avant-hier le 8 janvier, Journée Nationale du motif Argyle ! C’est un écossais particulier du clan des Campbell, qui vivaient dans le comté d’Argyll, non pas tissé mais tricoté. Mais oui, vous connaissez !!

Je vous souhaite une bonne semaine,
pleine d’envies de losanges pour votre Étoile Solitaire !
Katell

La Discrète

Elle est discrète et se met si peu en avant qu’elle devient invisible, mais si elle n’est pas là tout change. Indispensable donc, elle est rarement au centre de la conversation et pourtant elle est, vous le devinez, toujours à l’esprit.
Qui est-elle ?

C’est la marge de couture, qui varie selon les siècles, les habitudes, les techniques. Si elle est absente, le patchwork bascule dans le mix-media ou art textile, avec l’utilisation de colle ou autres moyens d’attache et le tissu qui reste à cru. Certains appliqués sans marge de couture font l’exception, restant de style traditionnel en laine à cru par exemple.

Des appliqués sans marge de couture restent dans une certaine tradition, en flanelle ou feutrine, plus rapides à réaliser. Création Cosabeth Parriaud pour Marie-Claire Idées.

La discrète est essentielle et aujourd’hui, pour une fois, la discrète se fait vedette⭐.

Le patchwork mosaïque

Commençons par le patchwork en mosaïque, qui est une des origines de notre art. Il est appelé aussi patchwork à l’anglaise, car c’est chez nos voisins et néanmoins toujours amis malgré le Brexit 😏 qu’il est né. Technique utilisée de nos jours principalement pour faire des hexagones, c’était l’unique moyen, naguère, d’assembler toutes les pièces de récupération des couturières (en soie, satin, brocart et autres étoffes glissantes), un gabarit en papier de l’exacte forme et dimension de la pièce cousue qu’on recouvre et « emballe » de tissu.

Et la Discrète ? Ici les marges de couture doivent être suffisantes, mais il n’y avait pas vraiment de règle : on coupait à vue, juste assez pour bâtir en enveloppant le papier.

Le plus ancien patchwork qui nous reste, fait en patchwork à l’anglaise, est daté de 1718. Il est cousu sans aucune pièce appliquée, ce qu’on pourrait croire en le regardant :

Chaque pièce a été d’abord coupée dans du papier ou carton fin. La denrée de papeterie étant rare au début du 18e siècle, au dos on peut encore y trouver des fragments de lettres, des bouts de factures, du papier journal… J’ai présenté le livre de Susan Briscoe sur ce merveilleux dessus de lit par ici.

Pour le tricentenaire de ce vétéran, Susan Briscoe et la British Quilters’ Guild ont exposé en 2018 à Birmingham plus de 20 répliques de ce chef d’oeuvre. La gagnante du concours est Denise Geach, mais saluons le travail de bravoure de chacune !

Le patchwork américain

Le patchwork à l’anglaise est bien long à faire, avec l’étape fastidieuse et dispendieuse des gabarits. Par souci de rapidité et l’utilisation d’autres tissus moins fuyants comme la laine et le coton, les femmes ont inventé une autre manière de faire : assembler les pièces en mettant les tissus endroit contre endroit, les coudre à la main ou à la machine après avoir tracé, à l’aide de gabarits en carton ou métal réutilisables, les formes directement sur le tissu (et donc les lignes de coutures).

La Discrète est encore ajoutée à vue d’œil : soit on découpe après avoir dessiné la pièce, à la distance la plus petite possible du trait pour économiser le tissu, soit on a pris soin de s’approcher le plus possible du bord du tissu au moment du dessin. Sur la plupart des quilts anciens un peu ou beaucoup déchirés, on constate que les marges sont minimes, 1/8e d’inch (entre 3 et 4 mm) était tout ce qu’on laissait à la Discrète… d’où les déchirures, l’effilochage des tissus coupés ou déchirés en droit fil.

Le dos de ce quilt inachevé montre que les traits de couture ne sont pas tracés par toutes les quilteuses et que la couture du tissu à carreaux est à la limite de l’effilochage… Cela ne tiendra pas longtemps, même quilté (photo de Flickr)

Au cours du 20e siècle, les magazines, les livres de quilteuses chevronnées donnaient de bons conseils : si vous voulez que votre quilt tienne bon, qu’il devienne un Heirloom Quilt (quilt qui sera transmis en héritage), mettez environ 1/4 d’inch (6,35 mm) comme marge de couture… ce qui semblait, pour la plupart des quilteuses, un gâchis terrible !

Quilt américain appartenant à Caroline, en gardiennage chez son amie Kristine : vaut-il la peine d’être restauré ? Telle est la question…

Ce quilt n’est probablement pas très ancien, c’est un Log Cabin fait à la machine dans les années 1960 peut-être. Le 1/4 d’inch est quasiment respecté mais, autre problème, le fil blanc a cisaillé le tissu de coton… Probablement un fil en polyester, trop solide pour les cretonnes et les divers tissus en coton utilisés… A garder en mémoire !!

La discrète révèle non seulement les habitudes des quilteuses, mais aussi… la couleur d’origine des tissus qui n’a pas été délavée par les UV !

Ce n’est que sur la marge de couture qu’on a une idée de la couleur d’origine du tissu.

Le Crazy

Là encore, on ne parle pas de marge de couture, on coud dans tous les sens, on pratique un mélange de piécé et d’appliqué, on ajoute des broderies qui tiennent le tout, la discrète n’a pas la parole alors qu’elle est omniprésente, cela va de soi. Mais en évoquant la folie du crazy, on peut se rapprocher des vraies origines multicentenaires du patchwork, l’assemblage en puzzle de tout ce qu’on avait comme textiles, quelle que soit la forme de la pièce, ou bien la réparation des vêtements ou linges de maison avec l’ajout d’une pièce pour cacher un trou… Il y aura une marge de couture minime… Économie oblige !

Culotte soigneusement rapiécée, voir d’autres beaux exemples sur ce blog.

L’appliqué

On vient de le voir, l’appliqué fut d’abord une pièce de réparation, puis devint un loisir de femme aisée : coudre un tissu neuf sur un autre neuf ne se fait que pour des raisons esthétiques ! Là encore, les marges de couture sont souvent minimes et il faut beaucoup de petits points pour bien fixer le tissu décoratif sur son fond. On rentre généralement la marge de couture en s’aidant du bout de l’aiguille. La discrète est glissée et coincée, ni vue ni connue, entre les deux tissus.

Le patchwork avec l’utilisation du cutter rotatif

On l’a vu, pour du patchwork durable, on préconisait environ 1/4 d’inch, mais au vu des quilts anciens, on sait que la discrète était plus petite, presque toujours.

Vint l’avènement du patch moderne grâce à mon objet fétiche : le cutter rotatif ! Avec lui, les marges de couture se sont normalisées car, révolution, on ne marque plus le trait de couture : on coupe en ajoutant la valeur de 2 marges de couture (de part et d’autre de la pièce). Pour un carré de 2 inch, on coupe un carré de 2 1/2 inch. Simple comme bonjour ! Comme cette évolution est arrivée des USA, il a fallu convertir pour le système métrique. Dans les années 1990, les premiers livres en français qui présentaient cette méthode préconisaient 5 mm de discrète et donc un ajout très pratique d’1 cm (pour un carré cousu de 5 cm, on coupe 6 cm), mais cela s’est avéré un chouïa trop juste et la règle d’or est à présent d’ajouter 1,5 cm. Le quatuor cutter-règle-planche et machine à coudre fonctionne à merveille, il faut avoir un pied de biche de la bonne largeur (celle de la marge de couture) et hop ! tout est précis, vite et bien.

Sauf que… il y a l’épaisseur du tissu, celle du fil, le pli… et pour avoir un résultat absolument parfait, il faut coudre juste un peu moins que le quart d’inch, en anglais on dit coudre a scant quarter inch seam allowance.

Et en centimètres ? Personnellement j’obtiens de bons résultats avec :

  • un pied de biche d’un quart d’inch et les tissus tout juste au bord (donc une couture  à 6,3 mm du bord, au lieu de 7 mm)
  • un repassage de la couture sans ouvrir les tissus d’abord (toujours mis endroit contre endroit), puis j’ouvre en repassant les marges sur un côté
  • dernière action : l’équerrage, le bloc étant logiquement trop grand d’1 mm environ. Je corrige tout petit problème. Avec des blocs complexes aux nombreux pavés intermédiaires, je me repère toujours aux correspondances de coutures centrales, non à la marge de couture.

Mais voilà que des quilteuses libérées et rebelles, avec Gwen Marston en mentor, ont remis en cause l’esthétique parfaite des quilts de la fin du 20e siècle. Avec tous les modèles repris à l’infini, calqués les uns sur les autres, cela engendrait un monde de quilts magnifiques certes, mais manquant de personnalisation, une perfection sans jubilation. Armée de son cutter, Gwen et ses amies ont repris l’esprit de « faire avec ce qu’on a », sans renier le progrès.

Ce quilt de Gwen Marston a une structure classique, mais les string blocks (blocs faits de bandes) sont cousus sans fondation, sans respect de la vraie diagonale, en prenant les bandes de tissus comme elles viennent, en s’amusant surtout… Il en résulte un quilt bien plus vivant et gai que s’il était coupé droit !

Si par exemple un tissu présente une courbure, au lieu de l’équerrer droit, on va tirer avantage de ce mouvement. Comme avant, chaque oeuvre devient absolument unique, on parle de processus d’improvisation et de création, au lieu de copie d’un modèle.

Ce quilt a été inventé au fil du temps, assemblé en tenant compte des mouvements des blocs non équerrés. Velours Rouge, Katell.

Et la discrète ? Eh bien, c’est toujours sa nature de rester en retrait ! Les quilteuses faisant des quilts improvisés l’ont constamment à l’esprit, mais elle ne sera pas nécessairement pile-poil d’un quart d’inch, les coupes souples ne sont plus en droit fil et ne s’effilocheront donc pas : on a une tolérance légèrement en-dessous et au-dessus du quart d’inch ou des 7 mm, au coup d’œil… mais nous l’avons à l’œil, la discrète, elle ne doit tout de même pas être trop fine !

Quand la discrète fait sa star

Comme toute règle peut être détournée, voici différents exemples d’une discrète devenant star ⭐

Tout d’abord un style country, coutures apparentes frangées et ébouriffées, amusant à faire mais vite passé de mode, les rag quilts :

Puis la modernité et l’audace de l’Allemande Inge Hueber, qui s’est fait une spécialité de la marge de couture visible, en tournant son top : l’envers devient l’endroit ! Il en découle un flou artistique, des limites indéfinies comme dans une légère brume :

Inge Hueber, High Tide Low Tide – Broadstairs/Kent, © 2007, 162 x 178 cm

Détail…

Cut Flower 1, Inge Hueber, 1998, 64 x 80 x 3 cm (tendu sur un cadre)

Vous pouvez admirer ses quilts sur son site.

Natalie Chanin, elle aussi, a fait des quilts avec le top « à l’envers », montrant fièrement les coutures :

Indigo Star Quilt de Natalie Chanin. Première particularité : les coutures visibles décoratives. La seconde : la matière est en jersey de coton, oui, celle des tee-shirts !

Discrètement, la marge de couture se cache au cœur de vos quilts, bien à l’ombre des projecteurs… Mais veillez sur elle, sur ses épaules repose la pérennité de votre ouvrage !

 

Tie & dye en Inde

Tie and dye, souvenirs de jeunesse… Nouer, lier et teindre était déjà à la mode dans les années 70 ! Chez nous, on a oublié cette tendance quelques décennies mais elle revient de plus belle avec le goût du fait main et de l’artisanat du Monde. Mon amie Émilie de Neelam nous offre ce reportage, fait en Inde, où la tradition perdure sous le nom anglais tie and dye, ou bien Bandhej (Gujarat), Laheria (Rajasthan), tandis qu’on parle de shibori au Japon et qu’on pratique toujours en Afrique ces teintures… Il existe des nuances, des variantes, mais la base reste la même !

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Damien et moi avons envie de partager avec vous un beau moment passé en Inde avec Mustafa, spécialiste des techniques de teintures artisanales de Tie and Dye.

Vous l’avez certainement repéré dans les boutiques et magazines de décoration, l’imprimé Tie and Dye y est de plus en plus présent (coussins, rideaux, tapis, linge de maison, vêtements…) et ne cesse d’être réinterprété.

Cette technique fascinante de création textile consiste littéralement à nouer (to tie), puis à teindre (to dye) un tissu.
Le fait de nouer au préalable le tissu permet de préserver certaines parties de la teinture. Ainsi, seules les parties extérieures au nœud seront colorées. La durée du bain jouera sur l’intensité de la couleur et la multitude des possibilités de ligatures en feront un tissu aux motifs uniques.

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Selon la technique de Tie and Dye pratiquée par Mustafa, la dimension maximale idéale du coupon de tissu est de 2,50 x 1,10 m. Mustafa commence par plier le tissu (préalablement humidifié) en 2 sur toute sa longueur.

 

Le tissu est ensuite plissé et ligaturé tous les 20 cm environ. La façon de plisser et ligaturer le tissu influencera le rendu du motif.

 

Mustafa ligature ensuite le tissu sur toute sa longueur.

 

Le tissu est prêt à être teinté.

 

Le bain de teinture se prépare…

 

Le tissu est plongé dans le bain de teinture, plus ou moins longtemps en fonction de l’intensité de la couleur souhaitée, puis rincé afin d’enlever les excédents de teinture.

 

Les fils de ligatures sont ensuite ôtés. Le moment le plus excitant de la journée est la découverte du motif créé ! 

 

Et voilà !!

Nous adorons le résultat. Et vous ?

Des tissus tie & dye sont disponibles dans notre boutique, mais vous pouvez aussi vous procurer un livre pour vous lancer (ils sont nombreux) ou chercher un stage, de nombreuses artistes en proposent.

J’ai aimé faire du patchwork avec divers tissus teints en tie & dye par Mustafa et autres tissus de notre stock, teints eux aussi en indigo, mélangés avec de la toile blanche et des accents orange :

… et me faire un vêtement :

Promenade à Strasbourg en kimono tie & dye…

Émilie

Pour les personnes autour de Toulouse, petite annonce :

Merci Émilie et à bientôt !

Le quilting en spirale

La Cause des Femmes – Merci Barbara était l’occasion de faire en grand ce que j’avais juste expérimenté naguère en essai :
le quilting en spirale !

Lors de la préparation de BeeBook, j’avais longuement parlé de ce quilting avec Chantal qui avait finalisé son quilt de cette manière. Chantal, très perfectionniste, a dessiné sa spirale avec une rigueur toute mathématique, marquant diagonales et médianes pour s’éloigner du centre de 0,5 cm à chaque cran (1/8e de tour). Oh la la, je croyais que c’était simple !

J’aime beaucoup cette photo du quilt de Chantal, l’ombre du quilt fait écho aux ombres des carrés ! Harmonie Ébène-Ivoire est un des modèles expliqués dans mon livre.

A vrai dire, Chantal avait d’abord fait une spirale à 8 cm d’écart d’un rang sur l’autre, puis en a créé une deuxième pour ne plus avoir qu’un écart de 4 cm, pour plus d’harmonie. J’ai bien compris le principe de sa construction, cela m’a bien aidée par la suite, même si j’ai suivi un autre chemin en spirale, expliqué en fin d’article.

Ensuite Nicole, qui a tant travaillé pour BeeBook, m’avait préparé plusieurs formes de spirales en prévision d’une fiche technique dans BeeBook… en cas de place.
Laquelle veux-tu, la spirale de Galilée, de Fermat, la logarithmique, celle d’Archimède ?…

 

EUH…. En abordant la construction de la spirale, j’ai compris la beauté de cette forme, au-delà des apparences. Encore une fois les mathématiques, ça peut être merveilleux ! Que de perspectives, que d’exemples dans la nature… J’ai envisagé un instant de faire le quilting en forme de triskell, mais pour une première fois c’était trop ambitieux !

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La nature montre mille exemples de spirales. N’est-elle pas un mouvement fondamental de la vie, inscrit dans la structure de l’univers, à commencer par notre ADN ? La double hélice  est en effet une double spirale en 3D… Et depuis toujours, les hommes s’en inspirent dans l’art :

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A Newgrange en Irlande, pierre gravée de triskells 3 200 ans avant JC (Wikipedia)

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Crosse d’évêque de Guérin, 12e siècle

Chef d’oeuvre de Van Gogh, La Nuit Étoilée, 1889. Vous pouvez voir ici ma collection personnelle de Van Gogh (!!!) et ma relation avec la couleur jaune…

Le labyrinthe est souvent en forme de spirale, mais on part en général de l’extérieur pour se diriger (se concentrer ?) vers le centre.

Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres.

Butinage : Pour Chantal, Nicole et toutes les autres qui s’intéressent aux femmes scientifiques dans l’ombre des hommes, je vais encore signaler une femme, Rosalind Franklin, sans qui James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins n’auraient peut-être pas réussi à découvrir la fameuse structure en double hélice de l’ADN… et n’auraient pas eu le Prix Nobel de 1962. Le travail déterminant de la scientifique a cependant été allègrement escamoté par les hommes… Pour cette histoire, on peut lire la biographie de Brenda Maddox :

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Revenons à la spirale, motif de quilting. C’est bien la spirale d’Archimède qui convient, avec un écart constant. Si on prépare bien son sandwich, ensuite on n’a pas de raison d’avoir de mauvaise surprise. D’abord, il faut choisir le centre de la spirale, son point de départ. Il n’est pas obligatoirement au centre du quilt. Pour moi, il est un peu décalé, j’ai profité du cercle appliqué au centre d’un des blocs.

J’ai choisi le centre de cette étoile comme point de départ de la spirale de quilting.

Je vous conseille de dessiner le tout début de la spirale. D’abord il faut comprendre « comment ça marche », ensuite on y va avec le sourire !

La grande décision est de savoir si vous ferez une spirale très serrée ou plus lâche. Sur plusieurs blogs américains, j’ai lu que celles qui avaient pris un écartement d’1 cm environ (ou largeur d’un grand pied de biche) « ne voyaient pas » le quilting avancer, mais le résultat est superbe.

Le post de Heather de Winding Bobbins m’a bien aidée !

Une spirale rend vraiment bien sur un quilt moderne ! Ici Autumn Wind de Jessica Skultety, sur son blog Quilty Habit.

Sparkle illustre un autre tutoriel, à voir sur ce blog Elm Street Quilts

J’ai décidé de faire plus large, j’ai choisi l’écartement de la valeur d’une bobine de fil Aurifil, c’est ce que j’avais sous la main. Cela donne environ 3,2 cm, bien pour un travail confortable.

Comment faire un quilting en spirale ?

Après une minutieuse mise en sandwich, je prépare ma machine. Je procède d’abord au grand nettoyage intérieur, au changement d’aiguille aussi. Même s’il existe de super-aiguilles, je me contente des sharp 80. Et le truc simple pour garder l’écart souhaité, c’est cette petite tige qu’on peut placer à gauche ou à droite. Ici, c’est à gauche pour la spirale, écart environ 3,2 cm puisque je prépare le début de mon dessin avec ma bobine d’Aurifil 🙂

La Pfaff a un double entraînement intégré (certaines Janome aussi je crois), pour les autres marques il faut adapter un pied.

Ce verre mesure 2 fois le diamètre de la bobine, donc c’est idéal pour commencer à dessiner la spirale qui va naître en bas du rond central du bloc. Ici je vais dessiner le demi-cercle de bas en haut vers la gauche.

Je continue de marquer des repères au feutre effaçable à l’aide de la bobine, pour bien entamer la spirale.

En route pour le premier point en bas du rond ! Pour avoir la plus grande partie du quilt vers la gauche tout au long du quilting, je mets mon centre à gauche de l’aiguille. Je fais sortir manuellement le fil de canette pour qu’il n’y ait pas de bazar dessous, je tiens les 2 fils en arrière et je commence le piquage très lentement, aiguille enfoncée programmée, en corrigeant la trajectoire tous les deux, puis trois, puis quatre points. Plus la spirale s’agrandira, plus ce sera fluide.

Quand j’arrive à la fin du premier tour de spirale, je n’ai plus de marquage, j’abaisse la tige qui se positionne sur la couture précédente. Tournicoti-tournicoton, continuons jusqu’au bout du quilt !

Il est relativement fastidieux de tourner tout le quilt sans arrêt, mais on s’y fait. Je n’ai pas trouvé ce quilting difficile, même si mon sandwich trop peu densément préparé m’a causé quelques plis derrière… mais chut, ne le dites pas !!

Une fois qu’on arrive au bord sur le milieu des côtés, on quilte les quatre angles en courbes, de la même manière, en écho des lignes précédentes.

Et voilà !

DSCN5489

Il n’y a jamais une seule bonne façon de faire, d’autres préféreront quilter une spirale en piqué libre, ou avec d’autres astuces. N’hésitez pas à expérimenter !

Pour plus de précisions sur le quilting machine, consultez les dossiers de Chantal Baquin, spécialiste de ce domaine, dans Les Nouvelles n° 140 & 141. 

spirale philo
Photo du quilt : The Quilting Company, quilt de Catherine Redford