Voyage textile : African Sun en Floride

Le recyclage de tissus est une nécessité depuis la nuit des temps ; ce n’est que depuis quelques décennies qu’on se permet de jeter des bouts qui ne sont pas complètement usés, et encore, seulement dans certains foyers. Chez les quilteuses, on fait tourner le commerce des tissus mais on recycle aussi ! Quand on allie bouts de tissus et chaîne d’amitié, c’est le bonheur, et en bonus sont apparues des coïncidences qui n’en sont sans doute pas…

Ma très chère Betty est de nouveau au cœur de l’histoire d’aujourd’hui. Ses premiers pine cone quilts étaient faits de divers tissus comme du linge de maison et des restes de partout, puis elle a acheté des harmonies de tissus de patchwork pour tous ses autres quilts. Curieusement, dans son État, la Floride, elle ne trouve quasiment pas d’authentique tissu africain en wax – plutôt des inspirations faites dans les Caraïbes, mais ce n’est pas pareil ! Et quand elle était venue en France, elle m’avait dit qu’elle aimerait bien avoir des chutes de ces tissus que nous affectionnons nous aussi…

Nous sommes quatre Abeilles à, soit avoir vécu en Afrique noire, soit y avoir de la famille, et nous avons de beaux souvenirs liés aux personnes qui y vivent. et bien sûr un attachement à ces tissus hauts en couleurs, dont nous conservons le moindre bout. A présent, c’est surtout Andrée qui nous fournit : grâce à sa belle-fille, nous avons reçu, ces dernières années, beaucoup de petits et grands métrages du Cameroun, trouvés chez des couturières de Yaoundé.

L’entrée dans une nouvelle décennie, ça se fête ! Betty a franchi un cap (qu’on digère parfois un peu difficilement !) ce printemps. Notre cadeau d’anniversaire, fait de métrages et de chutes de Wax du Cameroun, était accompagné d’une carte signée de nous toutes, illustrée d’un quilt de mon autre Sister américaine, LeeAnn. Il a tardé à partir en raison du confinement mais est finalement bien arrivé en Floride le 2 juin. Dès lors, Betty a eu de nouveau la fièvre du pine-cone avec un travail soutenu chaque jour – ni le temps, souvent tempétueux, ni ses crises de goutte, ni le covid ne l’incitaient à sortir de chez elle…

Fièvre du découpage de centaines de carrés, puis choix d’un bon drap pour le fond :

De nombreux souvenirs lui sont remontés à la surface en touchant ces tissus : son séjour en France en 2018, mais aussi ceux en Afrique de l’Ouest en 1986 et en 2009. Trois continents liés par des liens complexes historiquement, mais tout beaux et simples pour nous : fibres textiles et fibres amicales forment notre étoffe unique ! Et un nouveau pine cone quilt voit le jour, grandit et s’épanouit sous les doigts de Betty :

Toujours plus beau, au fil des jours !

C’est l’accord parfait avec une statuette africaine.

Pour la première fois, Betty choisit de terminer son Pine cone quilt en forme de rond, comme nous en avions faits ici ; nous les lui avions montrés et elle avait beaucoup aimé !

C’est drôle de voir qu’on dirait des tartes, des quiches, des pizzas ! Mais non, ce sont nos chers pine-cones ! Et voici donc celui de Betty, en cours de finition :

Fini !

Le dernier fil coupé, Betty se sentit apaisée, avec un sentiment d’accomplissement et de plénitude. Ce n’est qu’en demandant à son mari la date du jour qu’elle fit le rapprochement : ses amies de France lui avaient envoyé ces tissus pour son anniversaire, et elle a terminé ce quilt le jour-même de l’anniversaire de sa chère maman trop tôt disparue… elle sentait sa bienveillante « présence » approuvant l’union de l’Europe, l’Afrique et l’Amérique par le biais de l’amour des textiles…

Ce que Betty ignorait, c’est que ce jour-là, j’ai parlé plusieurs fois d’elle, on me demandait de ses nouvelles, car elle laissa un souvenir impérissable en Occitanie ! Le 27 juin était aussi le jour de notre exposition à Lacaze… Ces coïncidences ne doivent sans doute rien au hasard, les connexions par-delà le temps et l’espace sont fréquentes entre nous !

African Sun, Betty Ford-Smith, 27 juin 2021

Après ce soleil rayonnant d’émotions, nous verrons des quilts solidaires dans le prochain article.
En attendant, quiltez de tout votre cœur !
Katell

Trois petites filles montrent le chemin

… L’avenir de l’homme est la femme
Elle est la couleur de son âme…
Louis Aragon, 1963
Zadjal (poésie arabo-andalouse) édité dans Le Fou d’Elsa

Au moment où les États-Unis connaissent de forts soubresauts, je souhaite aller sur le chemin de l’espoir. Les problèmes de discriminations sont différents d’un pays à l’autre, fonction de leurs passés. Pour moi l’arme universelle est l’éducation pour un accès indiscriminé au travail, à la dignité sociale et à la culture. Illustration avec trois petites filles noires ou métisses de 6 ans, sur le chemin de l’école.

Betty Ford-Smith

Vous connaissez les quilts de Betty, qui vit actuellement en Floride, venue nous rendre visite en juin 2018. Elle est donc devenue célèbre en Occitanie, poursuit son chemin couronné de lauriers aux USA et nous continuons d’avoir de très affectueuses conversations par mail.

Betty a grandi dans l’État de New-York. On n’a pas idée en France des ségrégations de la vie quotidienne dans les USA, pays qui se proclame de la liberté – et qui l’est, mais pas encore pour tout le monde, loin de là. Dans cette partie des USA, dans le Nord-Est progressiste, la ségrégation strictement officielle n’existait plus dans la fin des années 1950 et voici une adorable photo de mon amie, 6 ans en 1957, avec son petit frère, sur le chemin de son école, acceptant les enfants de toutes couleurs de peau :

Betty porte à la main un cahier et un crayon. J’adore le nœud blanc sur sa tête aux cheveux tressés à l’arrière, les socquettes blanches, le petit costume vichy et les mêmes chaussures à boucles que moi quelques années après ! 
 

Grâce à ses capacités intellectuelles et l’appui de sa famille, Betty fut une des toutes premières jeunes filles noires à avoir suivi les cours dans l’université très select du Bennett Junior College de Millbrook. Je vous encourage à lire cet article très touchant, avec une vidéo bruissant de fantômes dansant sur la voix de Madonna…

Styliste de mode, c’était le rêve de Betty, mais impossible de percer à l’époque quand on a la peau noire. Ségrégation quand même… Alors Betty s’est forgé une carrière d’éducatrice d’enfants handicapés, pour finir proviseur de lycée. Puis l’amitié et l’amour du textile l’ont propulsée dans le monde du patchwork…

Betty a appris l’art du pine cone quilt avec Miss Sue, déjà très âgée. Cette amitié a sans aucun doute éclairé la fin de vie de cette petite dame à la vie tumultueuse, tout en donnant un tournant à la vie de Betty.

Ruby Bridges

Dans le Sud des USA, la ségrégation était encore virulente dans l’après-seconde guerre mondiale et des personnes de caractère ont fait évoluer la situation. On peut évoquer Rosa Parks en 1955 qui refusa de laisser sa place à un passager blanc dans un bus ou Martin Luther King, toujours pacifiste, qui fit des Marches, des discours qui restent dans nos mémoires (I have a dream), dont c’est l’anniversaire de naissance le 15 janvier (et jour férié chaque 3e lundi du mois de janvier, cette année c’est aujourd’hui-même).

Ruby Bridges était une petite fille de 6 ans en 1960. Comme des millions d’enfants, elle s’est rendue dans son école à pied, le 14 novembre. Mais elle fut escortée de 4 policiers chargés de sa protection (puis tous les jours de cette année scolaire). Pourquoi ? C’était simplement la première élève noire à rejoindre une école de Blancs en Louisiane.

Cette petite fille toute mignonne sur le chemin de l’école a été immortalisée par le grand peintre réaliste Norman Rockwell. On aperçoit les gardes adjoints du Marshal, des graffitis honteux sur le mur, une tomate écrasée qui vient de manquer la petite cible.

The Problem we all live with, Notre problème à tous, tableau à l’huile de Norman Rockwell, 1964.

Au moment où Norman Rockwell peignait ce célèbre tableau, mon amie Betty alors petite fille vivait tout près de chez ce grand peintre, dans le comté de Westchester (New Rochelle, État de New-York). Elle aurait pu servir de modèle au peintre !

Photo officielle de La Maison Blanche par Pete Souza

Le tableau de Norman Rockwell se trouve dans la Maison Blanche, tout près du Bureau Ovale – du moins du temps d’Obama qui accueillit, le 15 juillet 2011, la petite Ruby devenue grande. Le Président lui a déclaré que sans elle, il ne serait pas devenu Président. Ruby Bridges a œuvré toute sa vie pour promouvoir les valeurs de la tolérance, du respect et de l’appréciation des différences.

La rentrée du premier enfant noir dans une école blanche en Louisiane reste un fait marquant de l’histoire américaine.

Cette intégration ne se fit pas sans heurt, des parents blancs sortirent leurs enfants de cette école ; tous les enseignants, sauf une, refusèrent de l’avoir en classe et la petite Ruby resta isolée sans amis pendant longtemps… Son père, pourtant héros de la guerre de Corée, perdit son travail, sa mère Lucille n’était pas servie dans certains magasins… Ruby est devenue agent de voyage et a toujours œuvré pacifiquement pour les droits civiques pour tous.

 

Après une vie consacrée aux droits civiques, Ruby Bridges vient d’écrire ce livre, This is your time (C’est à votre tour) pour motiver la jeune génération à rester vigilante et à poursuivre pacifiquement le combat. Elle eut la douleur de perdre son fils aîné dans la violence ordinaire américaine. Elle recommande courageusement de ne pas être comme eux, comme les trumpistes et autres violents… Kindness is an act of protest, dit-elle, la gentillesse est un acte de protestation.

Kamala Harris

Kamala, sa petite sœur Maya et sa maman Shyamala Gopalan Harris (aujourd’hui décédée). Les petites filles ont une allure typique de l’époque, avec toujours les jolies petites chaussures à boucle ! Berkeley, 1970 (photo Instagram du compte de Kamala Harris, qui y partage ses souvenirs)

Kamala Harris va prendre ses fonctions de Vice-Présidente des États-Unis  le 20 janvier. Ses parents sont deux intellectuels de haut niveau, tous deux nés dans des ex-colonies britanniques, l’Inde et la Jamaïque, et ils se sont rencontrés dans le campus universitaire d’Oakland, en Californie, bruissant d’idées progressistes. Le couple n’a pas longtemps tenu, c’est la mère qui a principalement élevé ses filles, poursuivant parallèlement une brillante carrière de chercheuse sur la cancer du sein au Canada. Kamala est le symbole d’un melting-pot qui peut prendre mille visages. Elle est née le 20 octobre 1964, l’année où Norman Rockwell peignait The Problem we all live with, le fameux tableau avec Ruby. 

Au moment de la victoire de Joe Biden à la Présidence des États-Unis pour les 4 prochaines années, une photo est devenue virale aux États-Unis, moins chez nous car nous n’avons pas le contexte culturel permettant de l’apprécier pleinement :

Kamala Harris en Power Woman (Femme de Pouvoir) qu’elle est, talons aiguille, costume sombre et brushing parfait, et son ombre, la petite Ruby : du chemin vers l’école au chemin vers la Présidence, un grand pas pour ces femmes ! Photo-montage @briagoeller et @goodtrubble.

Ma mère me disait :
Kamala, tu seras peut-être la première à faire beaucoup de choses,
 fais en sorte de ne pas être la dernière.

Nous avons tellement plus de choses en commun que ce qui nous sépare.

Rêvez avec ambition, dirigez avec conviction.

Notre unité est notre force et notre diversité est notre pouvoir.
Kamala Harris

Grâce à Betty, j’ai compris le sens de cette photo qui fait le parallèle entre la petite Ruby vers l’école et la grande Kamala vers la Maison Blanche, une marche confiante et décidée vers une société plus juste. L’éducation est pour tous, y compris les femmes et les non-Blancs ! J’ose espérer que c’est évident en France en 2021, mais tant de gens ont dû se battre pour cela auparavant, et ce n’est pas encore gagné partout…

C’est ainsi qu’avec l’aide éclairée de Betty, j’ai pu vous expliquer le contexte d’une double page de l’art contemporain qui marque la société américaine, avec un tableau de 1964 et une photographie de 2020.

Jusqu’où peut nous mener une bonne éducation ? Jusqu’à nos rêves…

Kamala Harris, le 12 août 2020 (Photo Olivier DOULIERY / AFP)

Kamala Harris est une potentielle héroïne de ces prochaines années, souhaitons-lui bonne chance !

Betty & Katell

Le bonheur, c’est quand vos actes
sont en accord avec vos paroles.
Gandhi

Le poids du Corona 2020

Aux USA, faire un quilt sur commande est chose relativement courante quand on est reconnu(e) artiste de talent. Betty, spécialiste des Pine Cone quilts, en a déjà vendu plusieurs. Cette fois-ci la cliente avait quelques exigences, ce qu’a accepté notre amie.

Petit quilt deviendra grand… C’est ainsi que commença l’ouvrage que Betty a entamé fin juin dernier, avec des carrés de 10 cm de côté pliés à la main au fur et à mesure et fixés par petits points avec un fil épais de coton blanc. De nombreuses techniques existent, mais celle-ci est celle des femmes du Sud-Est des USA.

 

Jour après jour, le quilt avance. Betty coupe habituellement ses carrés à 5 inch, soit 12,5 cm de côté. Ici, les carrés plus petits font que les rangs se suivent plus serrés encore que d’habitude… C’est une demande de la cliente qui veut un quilt d’exception.

 

Il grandit, jour après jour, semaine après semaine, les doigts font mal, les épaules sont endolories, Betty s’endort parfois dessus… 

 

Déjà, il est spectaculaire. Oserais-je dire qu’il me fait penser à… un pangolin géant ? 🙃 Un animal inoffensif en voie de disparition, étalé sur les marchés chinois, vrai ou faux transmetteur d’un coronavirus qui n’aurait jamais dû être en contact avec les mammifères humains…

 

Ah-ha, Betty l’appelle justement Corona 2020 !

 

A la fin, il faut 7 heures de travail continu pour un tour complet. Betty m’a écrit que c’est sans doute son dernier quilt « king size »… mais on ne sait jamais !

 

Les pine cone quilts d’antan se faisaient avec des tissus très usagés, c’était l’ultime recyclage de tous les textiles. Betty utilise des tissus neufs de qualité patchwork, pour la beauté du résultat et la durabilité.

 

 

Voici ce que montre le dos : un travail d’artisane, fait avec beaucoup de constance et de patience.

C’est peut-être chez les artisans qu’il faut chercher
les preuves les plus admirables de la sagacité de l’esprit,
de sa patience et de ses ressources.
Denis Diderot – L’Encyclopédie

Traditionnellement, la plupart des quilteuses du Sud ne cachaient pas leurs points, fières de leur régularité ! Et toujours, ce fil blanc qui sert à tout. Betty conserve la manière traditionnelle de travailler, apprise par Miss Sue.

 

Près de 10 000 carrés plus tard, 940 heures de travail, le voici fini, posé sur un drap pour la photo.

C’était en décembre : Betty m’écrit qu’enfin, son Corona 2020 était fini ! Je lui ai demandé de ne pas oublier de le mesurer et le peser avant l’envoi. C’est chose faite, ce nouveau « bébé » mesure 260 x 265 cm et pèse… 23,5 kg !! 

Le petit monstre rouge et violet est parti vers sa propriétaire !

Ce quilt rejoindra donc la collection d’une artiste qui a déjà acheté un Pine Cone quilt à Betty (le vert). Cette femme est spécialisée dans l’expression artistique textile des afro-américaines et elle apprécie le travail extraordinaire de Betty à sa juste valeur. Vous pouvez voir ici la biographie de Dr. Carolyn Mazloomi et les 12 livres qu’elles a écrits par ici. Sans avoir la moindre idée de l’auteure, j’avais présenté un de ses livres par ici, je l’avais acheté, lu et bien apprécié, puis offert à une amie… Un livre très riche et documenté.

Dr. Carolyn Mazloomi est une femme infatigable, quilteuse elle-même, qui mena de front sa passion du patchwork, de l’Histoire des femmes afro-américaines, de la promotion des ouvrages d’art avec une carrière d’ingénieure aérospatiale en étant investigatrice aux crash tests à la NASA. Avez-vous vu le film Les Figures de l’Ombre ? Elle a succédé à ces héroïnes !

J’aime beaucoup ce film, sorti aux USA le 13 janvier 2017, il y a pile 4 ans. J’ai le DVD et je crois bien que je vais le revoir bientôt, avec un plaisir intact !

Je vous propose aussi de (re)lire l’article Les Femmes et l’Espace…

Félicitations à Betty !
Katell

Je dédie cet article à Anne-Marie, qui reçut si bien Betty à Bézac. Toutes mes sincères condoléances, mon amie.

Iktsuarpok, Gezellig, Fika

L’année 2021 avance masquée :

Kristine m’a fait, comme chaque année, la surprise de la bannière de janvier : 2021 en chiffres romains, quelle bonne idée ! Évidemment quelques abeilles butinent et les imprimés à texte nous incitent à être joyeuses (be joyful), créatives (creative), inspirées (inspired), gentilles (caring), heureuses (happy), humbles (humble), vraies (true), uniques (original)… Be You, Etre Nous-mêmes!… Ce sont les couleurs choisies par Pantone pour 2021 : gris sombre et jaune acide, allégorie de la lumière au bout du tunnel. J’ajoute : Heureux Anniversaire à Kristine, ce 11 janvier !

2020 laissera un souvenir indélébile, celui d’une pandémie mondiale qui a tout déréglé. Pour les quilteuses, c’est l’arrêt de la plupart des joies des rencontres autour du patchwork, les JA, les Salons, les Expositions… Téléphone, mails, réseaux sociaux permettent heureusement de garder contact, mais les rencontres en vrai, c’est devenu rare et néanmoins irremplaçable.

Ce mot de la langue inuit, ceux que naguère on appelait les Esquimaux, est intraduisible directement : c’est l’excitation qui vous saisit dans l’attente d’une visite, celle qui vous fait regarder par la fenêtre ou sortir sur le palier pour savoir plus vite si l’invité arrive…

C’est ce je fais, comme une gamine qui guetterait l’attelage du Père Noël dans les nuages, quand la Ruche se réunit chez moi. Vendredi en début d’après-midi, j’étais complètement iktsuarpok !

Nous nous sommes montré nos dernières réalisations, le temps est passé vite à papoter (beaucoup !) et à coudre des oiseaux en vue d’un quilt à faire ensemble. L’ambiance était gezellig comme j’aime.

C’est un mot hollandais aux sonorités très gutturales, mais qui décrit un état de béatitude, un sentiment de confort et de bonheur quand on est ensemble, en bonne compagnie, en toute sécurité et confiance.

Nous avons d’abord choisi la disposition des blocs faits à l’automne pour un quilt destiné à une famille sinistrée dans les Alpes-Maritimes, ce projet a été très retardé en raison du confinement :

Scrappy Trips around the World, modèle de Bonnie Hunter/Quiltville.

Puis ce fut l’habituel Montre & Raconte :

Andrée est sur le point de terminer ce splendide quilt aux tissus japonais, mis en valeur par un fond de plusieurs nuances de bleus doux. Je l’aime infiniment. C’est interprété d’un quilt paru dans un livre de Tilda.

Danièle nous avait montré l’avancée de ses quilts en tissus Neelam lors de la Ruche juste avant Noël :

Danielle a beaucoup aimé s’amuser avec ces trois couleurs, et sa fille a réservé ce quilt pour elle !

Diabolical Jane

Je reviendrai très bientôt sur les Diabolical Jane, car j’ai reçu des photos de vos réalisations sur diabolicaljane@gmail.com. Ceux que j’ai déjà reçus sont splendides ! En attendant, en voici quelques-uns des Abeilles :

C’est celui d’Évelyne, avec le vert acide qu’elle aime tant mettre dans presque chacun de ses ouvrages. Sans bordure ajoutée, une option très moderne.
Son beau dos, en patchwork de restes, montre le travail de quilting à la machine, très réussi !
C’est celui de Kristine, avec une bordure qui lui permet d’utiliser un ruban ancien hérité de sa mère. Frais, printanier et harmonieux !
Comme toujours, Kristine brode des étiquettes informatives et superbes, avec un petit échantillon du ruban de bordure (le carré fleuri)
Andrée a laissé parler l’exubérance des wax, quelle réussite !
Maïté a modifié le modèle pour en faire SON DJ unique, très spectaculaire !

Le 18 décembre dernier, jour de la Ruche précédente, nous avions déjà vu les beaux DJ de Chantal et de Vive, les Abeilles manquantes avant-hier. Je les ajouterai lors d’un article récapitulatif. Danièle en a fait un splendide également, très coloré… Je n’ai pas toutes les photos. Quelle émulation ! Et le mien est très grand, 2 m de côté, pour le lit de ma fille aînée qui vient de fêter son anniversaire (une Capricorne de plus), je vous en ferai une bonne photo pour le prochain article à ce sujet.

Quilts Météo

Ah quelle aventure que ce quilt météo ! Pour chacun qui l’a fait en 2020, cela restera un ouvrage très spécial, lié aux événements personnels de 366 jours mais aussi à cette année dont le fil rouge restera à jamais l’expansion mondiale du Covid19. Dans le groupe privé Facebook qui réunit à ce jour 712 membres, on voit une diversité extraordinaire d’ouvrages, tous plus beaux les uns que les autres. Les quilteuses font preuve d’endurance et de créativité ! D’ores et déjà, je peux vous annoncer qu’une exposition de quilts météo pourra se faire dans le Tarn, fin juin 2022, les modalités seront à finaliser avec les organisateurs. J’espère que nous aurons d’autres propositions car ces quilts méritent de voyager pour être vus et revus un peu partout !

Éliane montre son quilt terminé, hormis les bordures et le quilting.
Elle a résolu son problème des deux mois accolés de 31 jours, juillet et août, qui décalaient les colonnes, en incluant des losanges où est brodé le titre.
Si vous avez la chance de voir un jour ce quilt de près, vous verrez que Maïté a ajouté de nombreux détails brodés…

Cerise sur le gâteau, des quilteuses ont entamé un quilt météo 2021 !

La Pause

Fika (café en verlan suédois !) est le moment privilégié où on fait une pause avec un bon café et un petit gâteau (pour nous c’était thé aux cerises/hibiscus et oreillettes d’Éliane), une pause qui peut s’étirer parce qu’on est simplement bien ensemble…

Après avoir vu tant de belles choses, nous avons fait la pause Fika et nous avons évoqué l’assaut du Capitole, un traumatisme de plus infligé par un Président qui n’a cessé de nous navrer. Et nous avons encore bavardé, nous souvenant des inoubliables journées passées avec nos chères amies américaines LeeAnn, Jeanne, Tari, Betty – et j’ai distribué avec grand plaisir les calendriers que Betty a offerts aux Abeilles pour 2021. Betty, you will be with us in our ateliers! Thank you so much again 💗

Et la sécurité ? Nous ne sommes pas kamikazes (autre mot venant d’ailleurs), nous vivons toutes plutôt isolées, la plupart en maison individuelle à la campagne ou presque. La pause Fika s’est faite dans une autre pièce en remettant nos masques après chaque gorgée de thé. Notre département est actuellement relativement peu impacté, nous avons jugé raisonnable de nous revoir dans cette grande pièce où l’air circule bien.
S’il est reconnu que la peur et le stress affaiblissent les défenses immunitaires,
j’ose penser que notre rencontre vitaminée les booste momentanément !

Oiseaux de passage

Nous avons une bonne nouvelle qui, espérons-le, ne tombera pas à l’eau… La Ruche des Quilteuses est invitée à exposer en juin prochain à Lacaze dans le Tarn ! Ce sera un week-end très festif où chacun sera heureux de replonger dans une vie faite d’art et d’amitié. Nous ne serons pas seules, à l’appel de Christine Meynier et Cécile Milhau, Les Filles du Rouvray, les quilteuses passionnées qui travaillaient dans le premier magasin de patchwork de France, exposeront une belle sélection de leurs œuvres. Ce sera un grand événement, d’autant plus que cette année, de nouveaux lieux d’exposition ouvriront dans le village en cumulant les expositions 2020 et 2021, avec de nombreuses animations et surprises ! Alors réservez dès à présent votre dernier week-end de juin pour visiter le cœur de l’Occitanie, près d’Albi-la-Belle.

Lacaze, au cœur de l’Occitanie

Pour remercier Les Amis du Château de Lacaze, l’association organisatrice de cet événement, nous allons faire un quilt pour une tombola. Son nom temporaire est Oiseaux de passage, car nous l’avons imaginé lors des passages des oiseaux migrateurs. Qu’on aime voir les oiseaux voler et parfois se poser en groupe dans la campagne, avant de les admirer repartir en nuée sonore… Un spectacle éblouissant !

Malheureusement, depuis 40 ans les oiseaux sont décimés eux aussi. Ces petits animaux à la fois familiers et merveilleux doivent désormais bénéficier de protections drastiques. L’écrin de verdure de Lacaze est un lieu idéal pour rappeler ces évidences. La première étape s’est passée hier, avec le choix de faire des oiseaux aux ailes en tissu Wax (batik africain) et au corps uni, en couture improvisée. Des Abeilles faisant des oiseaux, mais oui tout arrive !

Il faut d’abord bien comprendre comment faire un piou-piou.
A la recherche du tissu uni qui ira avec le wax…
On aura sans doute assez de tissus !
On maîtrise la coupe des piou-pious, tout va bien !

 

 

Iktsuarpok, Gezellig, Fika, ces trois mots qui n’existent pas en français résument notre première journée de l’année ensemble. Ces mots (et ces illustrations) sont tirés du petit livre Lost in Translation d’Ella Frances Sanders, malheureusement pas traduit en français. Vous y trouverez une cinquantaine de petits mots tout mignons comme ceux-là !

Merci du fond du cœur pour tous vos vœux, je crois que je ne réussirai pas à répondre à chacun, veuillez m’en excuser. En revanche, je vais reprendre le chemin un peu oublié des réseaux sociaux et de nouveau alimenter mon blog. 

Que la sérénité me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.
Marc-Aurèle

Que chacun réussisse à passer la meilleure année MMXXI possible !

Bonne année à tous, ici et ailleurs !

Katell et ses amies

Frida, Laura & Betty

Si vous me lisez depuis un certain temps, vous connaissez bien Betty, la reine des Pine cone quilts. Elle s’est bien remise de ses soucis de santé et, pour s’occuper l’esprit pendant le confinement (oui, le même que nous en Floride…), elle a concrétisé un projet qui avait germé lors de sa visite en France. Elle m’a adressé une belle lettre pour me décrire les raisons de son premier quilt « traditionnel », pour qui elle l’a fait, comment elle s’en est sorti toute seule…

Vous l’avez sans doute deviné, il s’agit d’un quilt sur Frida Kahlo, sujet de mon précédent article. Merci Betty de partager cette naissance avec nous !

Chère Katell, 

Mon séjour en France, en juin 2018, reste un de mes plus chers souvenirs. Depuis le jour où nous avons rendu visite à Christine Meynier à Penne dans le Tarn, j’ai en tête les magnifiques quilts qu’on a admirés au milieu des rires et de la pure joie d’être ensemble, Christine, Joëlle de Baillencourt, toi et moi. Le splendide top créé par Joëlle, dédié à Frida Kahlo, a particulièrement résonné dans mon cœur, t’en souviens-tu ?

Et voici un top de Joelle !
Luxuriance des étoffes
Il est beau, il est grand…
Une merveille dont on ne se lasse pas, aux imprimés dédiés à Frida Kahlo, ou bien rappelant son univers*.

* Ce quilt sera exposé en 2021, je vous en donnerai des nouvelles… Katell

T’ai-je déjà parlé de mon amie Laura ? Elle est venue un jour avec son mari, en 2012, dans mon magasin d’antiquités. Nous nous sommes découvertes, nous nous sommes revues, souvent. Facile, elle habite aussi à Sebring ! Elle est originaire d’Argentine et voue une passion pour Frida Kahlo. Elle sait d’ailleurs se donner un petit style à son image :

Laura s’est un jour vêtue et maquillée en hommage à Frida. Pas de cigarette pour elle, mais un pinceau ! Le collier est une création de Laura, elle fabrique des bijoux et bien d’autres choses, des sacs, des vêtements…

Ce jour-là, c’était pour que Zack, son beau-fils, s’exerce au portrait, à sa manière. C’était il y a quelques années. Depuis, il a fait des études dans une École de design réputée à New-York. Son père Ronnie est designer, sa sœur photographe… Une belle famille d’artistes !

Laura est prête pour la séance de pose. Pas de sourire, tout comme Frida qui n’aimait pas sa dentition imparfaite.
On aperçoit que leur maison est… bleue, une autre casa azul ! (voir l’article consacré à Frida Kahlo)
Quel précieux moment, ¡Viva la Vida!

Zack peut être fier de ce qu’il a peint, avec talent et toute sa sensibilité :

Au-delà de l’apparence et de la spontanée attirance vers Frida, Laura a beaucoup souffert du dos et a subi, elle aussi, une intervention chirurgicale. Mais toujours, elle aussi, elle sourit à la vie ¡Viva la Vida!

Figure-toi que, depuis plusieurs années, nous fêtons nos anniversaires ensemble, car je suis née un 27 mars et Laura un 29 mars… mais cette année, pour ses 50 ans, Ronnie et elle avaient organisé un beau voyage de 3 semaines, à Paris puis au Brésil… Tu devines la suite, le virus a mis fin à tous les projets y compris les leurs, nous nous sommes tous trouvés privés de rencontres, de voyages, de restaurants et de shopping à part pour l’épicerie et la pharmacie.

En secret, je voulais donc faire un Frida quilt pour Laura depuis presque deux ans. C’est le confinement contre le Corona Virus qui m’a donné l’impulsion pour concrétiser mon rêve, avec ma convalescence après 3 mois de maladie, pendant laquelle je ne dois pas rester longtemps assise (ce qui est le cas quand je couds un pine cone quilt).

Depuis mon retour de France, j’achète tous les tissus sur Frida que je trouve, mais j’en avais déjà offert beaucoup à Laura… Alors le 27 mars, je me suis mise à étaler ce que j’avais et j’ai complété avec quelques achats vite faits sur ebay et Etsy. Heureusement, la Poste fonctionne toujours.

Et puis ce fut le grand étalage, le grand bazar envahissant la cuisine, le sol, le canapé (ne ris pas !), c’est la fièvre de la créativité pour créer un puzzle… Sais-tu que je n’ai jamais fait de quilt traditionnel auparavant, uniquement des pine cone quilts ?

J’apprends sur le tas, c’est le cas de le dire !

Comme je dois bouger et ne pas rester assise, je couds et repasse debout, sur un coin du comptoir de la cuisine :

Et puis, ça commence à prendre forme :

Quel bonheur de jouer avec de si belles étoffes !

J’ai trouvé de nombreuses inspirations de quilts sur Frida Kahlo, mais j’ai fait avec ce que j’avais, créant au fur et à mesure. J’avais cherché sur Pinterest et trouvé notamment ceci, chaque ouvrage a son charme :

Panneau de Ritacor
Quilt de Jan Holman
Homage to Frida, Sue Ross, 2012
Un modèle de Simply Vintage n° 32 (Quiltmania)
Frida in Paris, fait par Charlotte Wirfs, 42 cm x 52 cm
Un superbe portrait créé par Letty Kop, exposé au Festival de Birmingham 2018.

Une fois le top fait… il faut quilter, ce que je ne fais jamais pour un Pine cone ! J’ai encore cherché sur internet, je me suis inspirée des quilts afro-américains que j’ai dans ma collection… Les points de quilting seront en fil rouge, ce qui va bien avec le top d’une part, et qui a une signification particulière pour Rachaeldaisy que je finirai bien par rencontrer un jour (notre Journée organisée par Jen, du Red Thread Studio, a été reportée, toujours en raison de Mr. Corona).

Pour le quilting, un bon éclairage est primordial ! Un copain m’a offert une bonne lampe qu’il avait dans son garage. Je suis tout de même assise longtemps pour cette étape. Mon mari dit que j’ai l’air d’un savant fou !

Katell, je te montre plein de photos du quilting en cours, tu verras ainsi la beauté des imprimés et l’assemblage en puzzle :

Rien n’est absolu. Tout change. Tout bouge, tout évolue. Tout vole et s’en va. Frida Kahlo

J’ai ajouté un imprimé de Paris, la ville où Laura aurait dû fêter ses 50 ans :

Et voici le quilt terminé !

Je le tiens du haut de la mezzanine pour une photo d’ensemble. Pour bien couvrir le lit, il mesure 2,50 x 2,35 cm.

Je ne savais pas où mettre le mini pine-cone, mon logo pour servir de signature au quilt ; j’ai fini par le mettre dans un cadre, ainsi Laura aura le quilt sur son lit et le pine cone sur le mur. J’ai donc ajouté un label écrit au feutre, fixé au coton rouge à crocheter, comme les quilteuses afro-américaines traditionnelles : c’est du fil qui résiste à tout !

Je n’arrive pas à me rendre compte que j’ai fait un quilt en 38 jours ! Un pine cone me prend 3 à 5 mois. Mais pour moi, rien ne vaut la couture à la main et la lente élaboration du pine cone quilt. J’étais relativement insatisfaite du résultat, jusqu’à ce que je voie la joie sur le visage de Laura et les larmes dans ses yeux, lorsque je le lui ai offert.

Oh, mais où as-tu trouvé cette merveille ? a dit Laura.

C’est encore le confinement, alors nous nous sommes donné rendez-vous sur une pelouse, avec la complicité du mari de Laura, et j’ai lu mon petit discours. Laura était encore plus émue d’apprendre que je l’avais fait moi-même.

Nous conservons les 2 yards de distanciation (1,80 m) !
Laura, émue et si heureuse…
Et voici le quilt en place, pour faire de beaux rêves…

Je l’ai fini le 3 mai mais je l’ai signé le 5 mai 2020, el Cinco de Mayo, grand jour de fête au Mexique, célébrant à l’origine la victoire des Mexicains contre les Français en 1862 !!

Chaque 5 mai, des fêtes mexicaines sont organisées un peu partout sur le continent américain, on entend des chansons mexicaines, on danse, on mange… mexicain, bien sûr !

Mais nous faisons fi des anciennes querelles entre peuples, nous les quilteuses formons une belle communauté sincère, et je garde le symbole du fil rouge qui nous unit !

Side by side or miles apart we are sisters connected by the heart.

Have a great day and stay well,
With Love,
Betty

Vers un monde différent

Quand nous sortirons du confinement, comment va-t-on se congratuler, se dire bonjour ? Nous devrons sans doute faire une croix sur les accolades à l’américaine, les embrassades et serrages de mains à la française ou les frottements de nez esquimau (on vérifie ainsi que l’autre va bien et n’a pas le nez gelé)… Nous devrons  continuer de garder nos distances, avec ou sans masque !

La question est sérieuse…
Elle va modifier nos habitudes quotidiennes.

On pourra toujours lever la main de loin, disant Ugh! comme les Indiens d’Amérique ! Ils ont une sagesse ancestrale qu’on a perdue.

Nous autres, premiers hommes d’Amérique, vivons dans un monde de symboles et d’images où le spirituel et l’ordinaire des jours ne font qu’un, c’est ce qui nous donne la sagesse et l’équilibre.
Sagesse Sioux

Mais du côté d’autres Indiens 😉 on peut aussi trouver un autre geste, une nouvelle attitude pleine d’allure. 

Se dire bonjour face à face et à distance en joignant les mains et en souriant, c’est un partage différent du toucher des mains ou de la bise, et ce geste remplit de joie. Sans y mettre une quelconque religiosité – nous n’aspirons pas forcément à devenir bouddhistes ! – c’est un bref moment de gratitude sincère envers l’autre. Même si ce geste s’appelle Namasté, il est inutile de le prononcer, un simple bonjour chez nous conviendrait parfaitement.

Quant aux personnes qu’on salue sans vouloir communiquer autant de connivence, une courbette à la japonaise deviendra peut-être la norme ! C’est une forme de respect, mais parfois aussi de soumission… ou d’hypocrisie sociale aussi, elle existera sans doute toujours !

Je divaguais sur le monde d’après quand j’ai préparé mon carré Ensemble malgré tout violet du challenge FP. Même si je ne suis pas très affûtée question chakras, je sais que le violet est le symbole de la lucidité et de l’action réfléchie, elle calme le trop-plein d’émotions en rassurant. Elle symbolise l’esprit plutôt que la matière, l’être plutôt que l’avoir, une couleur qui garde une empreinte mystérieuse. Comment le dire en un mot court ?

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Mystic, en anglais, me convient bien, même si c’est différent. Cela me relie à Betty, qui m’a offert un merveilleux quilt violet et m’en a dédié un autre, toujours violet. Elle m’a expliqué longuement la raison de son choix de couleur… Ma bague préférée est d’ailleurs une améthyste. Et puis, c’est la seconde couleur de ma ville natale, Toulouse la Rose, avec sa fleur la violette (ex-æquo avec le bleu pastel) ! Avec l’âge, mes deux couleurs préférées deviennent le violet et le turquoise, qui sont des bleus mélangés, l’un, avec du rouge, l’autre avec une touche de jaune… 

Il est certain, nous vivons un moment-charnière. Certains chercheront à récupérer la vie d’avant, rassurante, d’autres veulent tout changer pour parvenir à un monde rêvé.

L’avenir n’est pas écrit. Vous savez peut-être que les chinois écrivent le mot CRISE ainsi (idéogramme ci-contre). La première partie de l’idéogramme désigne le temps du danger, la seconde, le temps de l’opportunité. Vivre une crise, c’est voir et évaluer le danger, sans doute accepter le changement qui est dans la nature de la vie, puis saisir l’occasion pour évoluer positivement.

 La folie c’est de croire qu’en faisant toujours la même chose on puisse arriver à un résultat différent.
Albert Einstein

Dans mon charm quilt, je voulais y ajouter cette notion de danger/opportunité, alors qu’à cela ne tienne, j’ai brodé l’idéogramme chinois et l’ai entouré d’imprimés gris très graphiques : de petites étoiles, une grille ouvragée de style baroque, des quadrillés-grillages, un mur, des troncs d’arbre…

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Tout est possible pour notre avenir, faisons en sorte que le meilleur en sortira… Ce sera un chemin rempli de ronces et d’orties, mais ces plantes ne sont-elles pas des trésors en herboristerie ?…

C’est décidé, mon charm quilt fera 16 blocs ! J’attends les deux dernières couleurs avec impatience… Rose et orange, j’aimerais bien…

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Les jours se suivent, très semblables, une monotonie s’installe…
Savoir jouer avec sa créativité est un trésor, utilisons ce don !

Katell

Southern Charm

Le charme du Sud.
Chacun a son Sud en soi. C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie… Nino Ferrer nous transporte inévitablement dans un monde rêvé… où il fait bon vivre, on aurait pu y vivre plus d’un million d’années, et toujours en été…

Je reviens de vacances, au sud de mon Sud, en Andalousie et un peu en Algarve (Espagne et Portugal), nous en avons profité avant que le soleil n’écrase ce coin de son impitoyable chaleur, de plus en plus forte au fil des ans. Début juin, il faisait déjà 38 ° et pas une goutte de pluie ! Je fredonnais la chanson de Nino Ferrer, quand je ne me laissais pas emporter par la musique flamenca, puis le fado, couleurs locales…

Le Vieux-Sud des Américains, c’est le Sud-Est des États-Unis, du Texas à la Floride. Un sud alangui mais aussi si violent. Choisissons de ne parler que des belles choses, les quilts du Sud pleins de charme en l’occurrence !

Mary Wilson Kerr, quilteuse, auteure et collectionneuse, a voulu aussi réunir autant de quilts que possible montrant l’Esprit du Sud, pour une exposition au Texas Quilt Museum (à La Grange, entre Austin et Houston, jusqu’au 23 juin). C’est ainsi qu’elle est entrée en contact avec notre amie Betty, car il lui manquait un quilt représentant un Pine Cone quilt d’une seule rosace. Elles ont choisi celui qui fut fait de vraies chutes de linge de maison et de vêtements, pour représenter la réalité de la communauté de femmes modestes qui cousaient de tels ouvrages.

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Mary Wilson Kerr a écrit un passionnant livre à ce sujet, Southern Quilts, sorti récemment (2018). Comme nous n’irons pas à cette expo, que peut-on retenir du livre ?

 

Diverses influences européennes enrichissent, au fil du temps, les quilts du Sud tout comme ceux du Nord, puis de l’Ouest. Avec ce livre, même si le focus est sur cette région, on apprend beaucoup sur les influences diverses, les motivations des femmes, les disponibilités des matières sur environ 150 ans.

Chaque chapitre est écrit par une historienne originaire du Sud (sauf une). Toutes montrent l’extraordinaire envie des quilteuses du Sud, blanches et noires, de créer de la beauté, de se surpasser avec des piécés virtuoses et de beaux appliqués, tout en faisant avec les ressources locales disponibles.

Ce qui frappe en feuilletant ce livre, c’est la prédominance des formes circulaires réputées difficiles, de toutes sortes, avec bien souvent des pointes triangulaires : même les étoiles sont organisées en cercles avec le bloc des Seven Sisters ! Ici la vidéo de Nathalie Delarge pour faire un bloc simplifié pour un quilt magnifique.

Quand on parle de quilts du Vieux-Sud, le panorama ne serait pas complet si on ne parlait pas des Pine cone quilts évidemment. Un chapitre entier leur est consacré, avec le texte de la loi proclamant cette technique « le quilt officiel d’Alabama » (Act of Alabama n° 97-11 du 11 mars 1997).

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Comme le Sud incite à une vie plus lente, n’oublions pas, malgré l’agitation de la vie, de prendre le temps pour les autres.

Sur un fond de quilt scrappy, Bonnie Hunter nous dit : Prends le temps d’être gentil. Tu peux ainsi transformer la journée de quelqu’un aujourd’hui.

 

Betty à Paducah !

Betty acquiert enfin le statut qu’il lui convient : la Reine incontestée des pine cone quilts ! Malgré des soucis de santé qui ont émaillé ce début d’année, elle a pu se déplacer pour aller dans le Kentucky, à Paducah, un des centres les plus prestigieux consacrés au patchwork, plus précisément au National Quilt Museum. Pour celles qui l’ont rencontrée en juin dernier, vous serez sans doute heureuses de réentendre sa voix : Video 1 de Betty Ford-Smith et video 2 de Betty Ford-Smith.

Son exposition s’appelle « Keeping Tradition alive », Garder la tradition vivante, et c’est bien le credo de notre amie qui actualise cette tradition ancestrale et mondiale avec des tissus actuels. Nous lui souhaitons un magnifique séjour à Paducah et beaucoup de très belles rencontres ! L’exposition est à voir jusqu’au 16 avril.

Sur son site, elle a retracé une partie de son séjour dans notre pays :
http://pineconequilts.com/pine-cones-in-france/.
 Que de doux souvenirs !

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Une variation intéressante aux Salvages (Castres)

Plus tôt cette semaine, j’ai eu la chance de retrouver les quilteuses castraises déjà rencontrées avec Betty lors de sa venue en Occitanie. L’une d’entre elles m’a transféré cette photo :

Bravo pour cette innovation très réussie !

Le Pine Cone est monté « à l’envers », les pointes vers l’extérieur, le pliage est en trois au lieu de deux pour avoir des pointes plus aiguës (comme les Russes) et le tissu est un wax. Nous sous-estimons encore les capacités décoratives de ces tissus de style africain…

J’aimerais faire sur ce blog un récapitulatif des ouvrages faits au cours de mes stages et JA, envoyez-moi SVP vos photos d’ouvrages finis à quilteuseforever(arobase)orange(point)fr avant le 28 février 2019. Merci à chacune, les rencontres avec vous me nourrissent et m’enchantent !

Betty à La Ruche et chez les Can’canettes

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J’ai été très gâtée par Betty, j’ai même reçu un tee-shirt affichant notre passion commune !

La semaine passa très, très vite avec Betty & Smitty, incroyable ! C’est qu’on était si bien ensemble…

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Lundi 18 juin c’était l’appel de Katell 😉 réunion chez moi, les intimes de La Ruche avec Betty & Smitty. La grosse surprise était le nombre de pine cone réunis, un aux couleurs à la fois de la France et des Etats-Unis en tissu vichy (gingham in English), cadeau de Kristine pour Betty, des pine cone quilts de Maïté, Kristine, Madeleine, Vive, Valerie, Andrée, y compris des miniatures made by Vive ! Chantal, conquise, en fit un la nuit suivante…

On avait presque l’impression d’avoir une Passacaglia sur la table !

Pour immortaliser la journée, Vive a fait un panneau à son image : adorable ! Il est désormais dans mon atelier.

Au dos de ce panneau se trouve la fleur que vous voyez plus haut, l’appel de Katell 🙂 Merci Vive !

Photo de famille, les deux absentes sont bien sûr toutes excusées et nous ont manqué :

Les plus belles Abeilles du potager ! Madeleine, Vive, Eliane, Danielle, Andrée, Chantal, Hélène, Kristine, Valerie, Caroline et Maïté, sans oublier bien sûr Betty & Smitty, merci pour cette journée ! 

Le reste nous appartient : des souvenirs de rires, d’émotions, de bon repas et une amitié indéfectible !

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Petite annonce : Caroline vient tout juste d’ouvrir des chambres d’hôtes dans une ferme superbement rénovée, la Garoffe.

Il n’y a pas encore de quilts sur les lits 😉 mais ça viendra peut-être ! Décidément les quilteuses ont aussi l’accueil qui coule dans leurs veines et vous avez désormais deux adresses pour des vacances en Occitanie : chez Christine et chez Caro !

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Notre dernière journée se passa dans le Tarn avec quelques arrêts dans des villages que j’adore (Giroussens, Lautrec) pour aller à notre rendez-vous avec un ultime groupe de quilteuses : les Can’canettes à Castres.

Après les présentations nous nous sommes vite mises au travail. Même si la technique est simple, le Pine Cone est différent de tout ce qu’on fait habituellement et il faut un petit apprentissage. Et là encore, Betty a admiré le travail à la française, la rapidité de compréhension et les beaux résultats !

Les explications sont détaillées avant de se lancer.

Betty montre comment se commence le centre.

Démonstration d’un tour entier : encore une fois je suis la seule gauchère ! La Rose prend forme.

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Avant de nous quitter, photo de groupe avec une pépinière de Pine Cone Quilts :

Bravo à chacune pour votre enthousiasme et votre expertise, merci pour votre accueil ! La salle était décorée de quilts exquis : un atelier exemplaire bien éclairé et des stagiaires très sympathiques !

Le stage s’est terminé par un banquet très copieux. Smitty, qui souhaitait tester divers fromages français, était de nouveau aux anges avec les fromages d’Occitanie et Betty, tout comme moi, avons autant apprécié les salades que le jambon ou les rillettes de canard… et tout le reste ! Fraîcheur exemplaire, qualité artisanale de luxe, nous avons vraiment apprécié…

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Beautiful Betty…

(photos de Smitty)

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Les meilleures choses ont une fin, ainsi les vacances de Betty & Smitty se terminèrent dans l’émotion, forcément. Ils sont bien rentrés dans leur Floride ensoleillée mais leur tête est encore un peu en France ! Nous partageâmes mille et une choses Betty et moi et nos conversations ont déjà repris par internet…

Betty vient d’écrire une très belle lettre pour exprimer toute sa gratitude envers chaque personne rencontrée. La voici, cliquez sur ce lien : Thank you to Katell and all the French quilters we encountered in beautiful Southern France

Voici ce que cela donne en français avec Google (et de légères modifs) :

Pour Katell et toutes les quilteuses françaises que nous avons rencontrées dans le beau sud de la France.

Cela fait une semaine que nous sommes rentrés chez nous et nous n’avons pas cessé de penser à vous ou de parler de vous à chaque moment. Mon mari et moi parlons de votre gentillesse, de votre chaleur, de votre générosité, de votre bonne nourriture, de tous les cadeaux et de l’amour inconditionnel qui nous ont été offerts chaque jour dans le sud de la France.

Il est presque impossible de croire que deux femmes qui se sont rencontrées sur Internet à cause du patchwork ont développé une amitié sincère autour d’un Pine Cone Quilt et d’une femme de 92 ans (Miss Sue). La langue n’a jamais été un problème parce qu’à la maison je pouvais toujours appuyer sur le bouton traduire. La langue n’était pas un problème sur place non plus, parce que tout le monde a essayé de parler un peu anglais avec patience ou d’utiliser ses mains et ses yeux pour m’aider à comprendre. Je n’oublierai jamais les visages heureux, les larmes de joie et tous ces baisers et les beaux patchworks qui m’ont été montrés. Je n’arrive toujours pas à croire qu’aujourd’hui, 100 femmes dans le sud de la France connaissent le secret de la courtepointe Pine Cone que Miss Sue a partagé avec moi il y a 14 ans pour la première fois et qu’elles ont trouvé tant de façons inventives de le faire.

Katell je tiens à te remercier, ainsi que tout le monde, pour votre généreuse hospitalité, votre générosité, l’immense gentillesse, la chaleur et la véritable appréciation qui m’ont été témoignées au sujet de mon travail. Les jours bien planifiés avec notre fabuleuse guide, organisatrice et hôtesse étaient incroyables. Chaque minute était planifiée et tous les besoins étaient satisfaits. C’était magnifique de ne pas avoir à cuisiner, laver les plats, planifier des excursions quotidiennes, faire du shopping, conduire ou penser à autre chose qu’au patchwork. Ma tête est toujours dans le ciel parmi les nuages.

Merci à Patrick d’avoir accueilli chez lui des gens qu’il n’avait jamais rencontrés ou vus auparavant. Smitty et moi nous sentions comme à la maison chaque jour. Il nous a beaucoup appris sur le football et j’ai découvert une fleur orange, l’hémérocalle, que j’ai aimé manger dans le jardin. J’ai été tellement captivée par les pigeonniers dans le sud de la France qu’au retour à la maison, j’ai acheté le même livre que Katell en français par Amazon. J’ai aussi acheté une copie du livre Le Rouvray pour me souvenir des quilteuses que Katell nous a fait rencontrer à Penne.

Chaque fois que nous nous asseyions pour manger à la maison, dans un restaurant ou à un rassemblement de patchwork, c’était comme un festin pour un roi et une reine. Les plats fabuleux étaient délicieux et un délice visuel. Nous avons mangé, bu et apprécié tout ce qui était devant nous. Manger trois repas par jour et la grande variété de fromages à chaque repas est un plaisir dont mon mari parle encore et n’oubliera jamais. Nous avons également aimé toutes les différentes façons d’avoir du canard et d’autres viandes que nous avons essayés pour la première fois.

Merci n’est pas un mot suffisant pour exprimer le grand moment inoubliable que nous avons eu avec vous tous. Nous ne cesserons de parler de votre amour et votre hospitalité pour toujours.

Cordialement,

Betty et Smitty

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