Le patchwork a bon dos

Il y a environ un mois, j’ai rencontré Anne-Carol Lemaire, la créatrice de L’Atelier du Patchwork à Villeroy dans l’Yonne. Nous avons passé un après-midi très chaleureux, à papoter chiffons (traduire : parler de l’art du patchwork) puis David, formidable quilteur-brodeur, nous a rejointes en fin de journée.

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Lone Star Quilt, un quilt très traditionnel

Nous avons toutes déjà vu des quilts avec une grande étoile centrale, faite de dizaines de losanges.

Les Amish ont fait et font toujours des Lone Star quilts.

J’en ai fait un il y a une quinzaine d’années, en tissus de Noël. Il a gardé quelques petites taches, la projection d’une bougie rouge soufflée trop fort (grr les colorants…) mais il reste un incontournable dans le salon à la fin décembre.

A la découverte de Lindlee

J’ai beau en avoir vu des centaines sur les magazines et sur écran d’ordi, bien moins en vrai, j’ai été touchée par les Lone Star Quilts faits par Lindlee. C’est une jeune femme qui a grandi dans une réserve indienne au Nord-Est du Montana. Au cours de l’histoire et des traités non tenus (rappelez-vous les quilts de Gina Adams transcrivant ces traités fourbes), des arrivants d’origine européenne avaient le droit de s’installer sur un lopin de terre pour le mettre en valeur. S’ils tenaient leur promesse, la terre leur appartenait au bout de 5 ans. C’est ainsi que les ascendants de Lindlee s’installèrent et restèrent dans cette somptueuse nature. Lindlee a grandi dans une ferme-ranch, tout près de la frontière canadienne, dans la plus grande simplicité.

La ravissante Lindlee, avec sa veste faite dans un quilt ancien… Un Lone Star évidemment ! La mode amorcée en 2020 et montrée ici ne faiblit pas, bien au contraire !

Lindlee a toujours vu ces quilts aux Lone Stars dans son environnement. Les femmes amérindiennes de la Réserve avaient, au tournant du XXe siècle, appris ce modèle par les femmes presbytériennes (= de religion protestante) et ces quilts cousus à la main ont alors remplacé les peaux de bisons. Plus tard, ces quilts font toujours partie du paysage et sont, par exemple, les lots de tombola ou les récompenses de matchs sportifs.

A l’issue de fêtes locales chez les Natifs (Amérindiens), ou comme ici de compétitions de basket ball au lycée de Poplar, il n’est pas rare que plusieurs quilts soient offerts aux entraîneurs, aux meilleurs sportifs, aux profs… Jamais, un quilt n’est refait à l’identique !

Le Montana est un État rural du Nord-Ouest des États-Unis, qui borde la frontière canadienne. Vous en avez certainement vu ses somptueux paysages dans des westerns, mais aussi dans le magnifique film L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998) :

Avec son mari, son enfant et son chien, Lindlee Smith a emménagé plus à l’Ouest, toujours dans le Montana. Elle a une formation de comptable, mais a toujours voulu avoir, comme dans son enfance, une maison où chaque lit a son quilt, où l’ambiance est simple et confortable. Alors comme plusieurs d’entre nous, elle est aussi marcheuse, jardinière et quilteuse !

Les modèles de Lindlee

Tous les modèles sont des variantes de Lone Stars, vous pouvez les voir sur son compte instagram et par ici. Celui-ci est le plus exceptionnel :

Big Sky Star Quilt, Lindlee de @plainsandpine. Big Sky est le surnom de l’État du Montana, là où on peut admirer pleinement l’immensité du ciel. Une merveille !

Quiltons une Lone Star avec Lindlee !

C’est parti depuis le 3 janvier, mais vous pouvez prendre le projet en route. Inscrivez-vous gratuitement ici.

Nous allons faire ce quilt ! 5 dollars de chaque vente de modèle sont transmis au College/lycée de la Réserve d’où elle vient, afin de faciliter des cours de patchwork pour continuer de transmettre l’art du Lone Star Quilt auprès des jeunes.

Faire ce quilt en suivant la cadence du groupe, c’est d’abord se familiariser avec la technique des étoiles à 8 branches. C’est aussi se donner des missions hebdomadaires sur 6 semaines, pour arriver au bout sans difficulté.

Je vais faire la plus petite version (120 cm de côté) avec des restes de tissus. J’ai quand même acheté un fond uni chez Alice (https://www.blossomquiltetcraft.fr/), un tissu uni très neutre. J’ai envie de retrouver l’esprit amérindien que j’aime tant, avec du beige, du rouille, du moutarde, du ciel et du marine…

Alice est sur le point de déménager, elle se rapproche de la mer et va s’installer du côté de Lorient ! Elle aussi a SA veste 😁

Alors me voilà embarquée dans ce projet, que j’espère faire vite et bien ! Si cela vous intéresse d’embarquer dans ce « quiltons ensemble » (chacun fait son quilt à la maison et on partage les photos de son avancement sur Instagram avec l’étiquette #patchworklonestarsal) allez sur Instagram et voyez le compte de @plainsandpine.

J’ai présélectionné mes bouts de tissus, pour une étoile très scrappy – choix à modifier ou enrichir !

A bientôt ! Katell

J‘ai recueilli la plupart des renseignements et photos sur le site de Lindlee : https://plainsandpine.com/

Dans la rigueur hivernale du Montana, trois versions du même modèle : les possibilités sont infinies!

Nous avons 10 ans 🍀 3e jeudi

C’est le 22 avril 2011 que j’ai créé ce blog ; un an après, je me rendais compte que c’était Le Jour de la Terre depuis 1970, une belle coïncidence. Cette année, c’est le jour choisi pour le départ de la Mission Alpha : Thomas Pesquet et trois autres spationautes partent pour une nouvelle Maison à plus de 400 km de la Terre ! A 12 h 11 si tout est nominal, le décollage aura lieu. Report à demain 11h49 ! Nous leur souhaitons une pleine réussite pour ce voyage et, à notre compatriote, autant de passion du partage que lors de son premier séjour. Même si on peut parfois s’interroger sur l’intérêt de la conquête spatiale (ce qu’il aborde et justifie ici), le génie humain impressionne, Thomas Pesquet lui-même suscite l’admiration et il est un formidable ambassadeur de la cause scientifique. La science nous sauvera-t-elle du bouleversement climatique et des perspectives alarmantes ? C’est la vision optimiste de notre avenir.

C’est une phrase que j’aime bien et qui pourrait convenir à Thomas Pesquet qui est aussi grand sportif, aviateur, musicien… mais cette « citation » n’existe pas dans le livre ! Ah les facéties de notre monde digitalisé…

Thomas Pesquet est parfois appelé Le Petit Prince, avec son visage enfantin et son regard bienveillant…

Aujourd’hui, nous aussi avons la tête dans les étoiles car c’est toujours la fête du patchwork avec les 10 ans de Neelam Textiles du Monde et de La Ruche des Quilteuses ! C’est notre 3e jeudi sur 4, 4 semaines d’idées de patchwork et de cadeaux, une collaboration fructueuse entre Neelam et moi, rien que pour vous faire plaisir !

Changeons de style : j’ai choisi de vous faire suivre mon cheminement créatif sur un projet – un tout autre chemin de traverse 😉 que la semaine dernière ! Ce n’est pas tant pour que vous reproduisiez le modèle, que pour montrer comment une idée de départ peut aboutir à un quilt – et tant pis parfois pour l’orthodoxie du travail !

Ayant coupé beaucoup de carrés les semaines précédentes, j’ai décidé d’aller cette fois vers des bandes et des triangles. Pour mon ouvrage de la semaine, mes inspirations sont à la fois du livre de Gwen Marston & Cathy Jones et celui de Nicholas Ball (ci-dessous son livre et 2 de ses quilts aux triangles).

Quels quilts exceptionnels ! Je vous recommande chaleureusement ces deux livres.

Parfois on entend ou on lit cette question : à quoi servent tous ces quilts ? La meilleure réponse est :

C’est véritablement utile puisque c’est joli.
Le Petit Prince, Saint-Exupéry
(chapitre XIV)

Les quilts de triangles de Nicholas Ball me font penser aux cabanes que je vois dans la forêt, bâties avec des branchages.

Dans la forêt près de chez moi, certains endroits sont toujours enchanteurs, quelques sentiers sont, en ce moment, bordés de genêts et d’asphodèles. Ici, la biodiversité s’éloigne mais on s’amuse quand même, on fait des cabanes !

Refuges triangulaires aussi, les tipis bien connus des Amérindiens nomades des Grandes Plaines.

Tipis des Shoeshones, vers 1900.

Que vais-je faire de ces images inspirantes ? Et comment utiliser en même temps des tissus Neelam d’une nouvelle manière ?

Improvisation : My Happy Place

Pour sortir de mes habitudes, j’ai demandé du tissu noir teint artisanalement et quelques coupons de soies claires (toujours de chez Neelam) à Émilie et j’ai réuni mes bandes de tissus Neelam, restes d’autres ouvrages.

Encore et toujours le plaisir de créer avec ces tissus nomades, éthiques et artisanaux !

Tradition et modernité, des impressions anciennes et récentes sur coton, associées à la brillance d’une soie. Tissus et photo Neelam

Commençons par la coupe de quelques triangles de soie renforcés au thermocollant, puis cousons un « toit » avec des bandes de coton. J’ose, j’avance et on verra bien !

J’ai thermocollé un parallélogramme pour découper deux triangles dans ce bout de soie.
Sur 2 côtés des triangles de soie, je couds des bandes sans prendre la moindre mesure. Tout est décidé visuellement : « est-ce que ça va comme ça ?« , si oui, j’avance ! Décision : le 3e « toit » est toujours un imprimé sur fond noir. Faire ces tipis, c’est rapide et ludique puisque je souhaite avoir des triangles qui vivent leur vie, irréguliers s’ils le veulent !

D’habitude, je n’entoile pas les tissus de coton Neelam, contrairement à beaucoup de monde (y compris Émilie pour ses panneaux muraux). L’entoilage facilite le maintien des tissus. En général, je me contente du repassage et, éventuellement, de ma bombe d’amidon. A chacun ses préférences ! Cependant, la soie s’effiloche facilement, je passe donc par cette étape avec un thermocollant non tissé blanc pour tissus légers, de quoi découper 2 triangles par couleur. Mon projet est de faire 12 ou 13 triangles pour en sélectionner 10, pour les 10 ans.

J’ai trouvé un beau reste de molleton sur lequel je dispose mes tipis. On les croirait dans une prairie enneigée ! Parfois, je fais les choses à l’envers, cette fois-ci c’est le molleton qui me montre le chemin du format du futur quilt.

Ma disposition est bien irrégulière, comme le sont ces tipis… Vais-je encadrer chaque tipi de tissu noir pour arriver à des rectangles comme Nicholas Ball ? Vais-je les mettre en rangées comme un quilt du livre de Gwen Marston ? Les tipis virevoltent pour trouver leur place et le placement est trop irrégulier pour suivre le montage de Nicholas (ajouter du tissu de fond pour que chaque tipi soit dans un rectangle) et j’ai envie de conserver le chevauchement des rangées. Il va donc falloir innover !

Finalement, je crois que le village va avoir 12 habitations au lieu de 10, juste parce que🙃. Cette disposition suppose quelques cogitations pour arriver à mes fins ! Plutôt qu’un découpage complexe de triangles noirs de fond et une multitude de coutures partielles, j’opte finalement pour une succession de bandes de tissus de fond noir découpées horizontalement. La hauteur de chaque bande noire sera en fonction de la hauteur entre deux bases de tipis. En conséquence, j’appliquerai les deux autres côtés du tipi à la machine. Je n’ai encore jamais vu cela, mais c’est ma solution, simple et très rapide !

Chaque tipi est repassé, les deux marges de couture rentrées et la pointe bien préparée. La base reste « à cru » et sera prise dans les coutures de bandes noires.
Je commence le montage par le haut. Sur une première bande je pose mon tipi le plus haut au bon endroit, la base alignée en bas et les marges de couture des côtés repassées à l’intérieur. Je pique les deux côtés à 1 mm du bord. Je replace le tipi et sa bande noire à sa place sur le molleton (photo). Je mesure l’écart entre la base du prochain tipi et celui-ci : 12 cm environ. Je coupe donc une bande noire de 12 cm pour la prochaine étape.
Je vais coudre ces deux bandes noires endroit contre endroit, emprisonnant la base du tipi du haut. Les tipis suivant seront appliqués après et déborderont de la bande de 12 cm. Ils sont pliés ici, juste pour la démonstration.

Au fur et à mesure, je vais descendre, avec un ou deux tipis à mettre par étage.

L’improvisation est une suite de décisions à prendre.
Ktl

Voici le montage final, photographié le lendemain au lever du soleil :

Ce sont finalement 10 bandes noires qui me sont nécessaires pour monter les tipis comme je veux.

Ce top n’est pas fini, je souhaite lui ajouter une bordure originale, une décoration supplémentaire… Ce sera pour la semaine prochaine !

J’ai trouvé un nom à ce projet : My Happy Place, qui signifie mon endroit préféré, mon coin de paradis, mais aussi mon jardin secret, mon monde heureux… Faire une improvisation et évoquer les peuples premiers des USA, c’est bien My Happy Place à tous égards… Je leur dois tant, une autre compréhension de l’Histoire qu’on nous raconte, la découverte d’une sagesse oubliée, une vision du Monde dont nous devons nous rapprocher… Il n’est pas question de régresser, mais de gagner en sagesse.

Tout comme l’arbre a besoin de ses racines pour grandir,
nous avons besoin des peuples autochtones pour écrire le monde de demain.
#loveplanet

La Terre, notre Happy Place à tous

Et mon esprit retourne vers Thomas Pesquet qui va observer notre Terre à 400 km d’altitude pendant 6 mois. Si belle, si forte, si fragile, si unique.

Voir la Terre de haut et constater cette fragilité, ça fait beaucoup réfléchir.
Thomas Pesquet

Jean-Pierre Goux, que je suis sur les réseaux sociaux avec attention et que j’ai déjà évoqué deux fois sur ce blog, a créé une ONG appelée One Home – Une Maison. Il souhaite, par l’overview effect, la vision de notre planète vue de l’Espace, émouvoir l’humanité, comme elle bouleverse profondément presque tous les astronautes (USA), cosmonautes (Russie), spationautes (Europe)… Elle incite à une prise de conscience de ce non-choix : nous n’avons pas d’autre planète où aller vivre, donc il est absolument nécessaire de prendre soin de la nôtre. C’est une évidence, c’est comme les jolies paroles du Petit Prince que JP Goux et Thomas Pesquet affectionnent tant, qui résonnent fort en nous. Mais attention aux fausses sources !…

Désolée, encore une fausse citation !!!

Avec l’art, y compris l’art textile bien sûr, nous résistons à la standardisation de notre monde, nous mettons de la poésie dans nos vies. Que la Terre devienne notre Happy Place à tous, encore plus que dans le passé ! Mais cela ne viendra pas tout seul et sans effort, il faut se bouger pour que l’aventure humaine continue, et qu’elle soit joyeuse.
C’est pourquoi, après avoir dévoré Le Siècle Bleu de JP Goux, j’attends avec confiance son futur livre La Révolution Bleue. Je serai sans doute une de ses premières lectrices à sa sortie, et je vous en parlerai !

Pour la troisième fois, tentez votre chance chez Neelam ! Les trois gagnants de la semaine dernière sont cités par ici en fin d’article. En ce mois anniversaire, nous vous offrons livres et tissus pour entretenir VOTRE Happy Place ! Suivez ce lien, et bonne chance ! Outre la possibilité de participer au tirage au sort, vous découvrirez comment travaille Emilie, styliste de formation, et d’où vient sa connaissance du patchwork… Neelam, c’est une affaire de coeur !

Un logo créé par Émilie de Neelam, qui symbolise notre Happy Place :
la joie que nous offre notre art et le bonheur de nos liens d’amitié !

Avec patience et confiance,
espérons des jours meilleurs
et la préservation de notre Terre, notre Happy Place à tous.
Mais surtout, Happy Quilting !
Katell

Un an après… le blues ?

Ressentez-vous un peu – ou beaucoup – de vague à l’âme ? On parle de fatigue pandémique dans les médias. Même si l’humanité a subi des périodes encore bien plus noires qu’actuellement, la lassitude atteint même les plus solides d’entre nous. Cela fait un an que nous vivons au rythme du Coronavirus. Certaines personnes subissent des situations dramatiques, mais pour la plupart le malaise reste diffus mais pesant. Pour oublier un instant nos problèmes, suivez-moi dans ce pêle-mêle de choses qui font du bien !

J’ai un remède simple, un bain de nature : une bonne marche à pied ! Une promenade à la campagne, la montagne ou au bord de mer redonne le moral, la nature est une source infinie de joies. Quelques citations pour la route :

La marche est le meilleur remède pour l’homme.
Hippocrate

Rien n’asservit l’homme qui marche.
Vincent Vincenot

Quand vous marchez, laissez vos pensées prendre la couleur de ce que vous voyez.
Robert Louis Stevenson

Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore.
Jean Giono

La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique.
Patrick Süskind

La marche m’a remis d’aplomb, physiquement et mentalement, elle dissipe les nuages noirs.
Quelle que soit la direction prise, marcher conduit à l’essentiel.
Marcher, c’est faire un bout de chemin avec le temps.

Sylvain Tesson 

Le plus court chemin pour aller quelque part n’est pas la ligne droite, mais le rêve… Photo prise quelque part en Occitanie.

La forêt près de chez moi n’a jamais été aussi fréquentée que la dernière quinzaine de février : c’étaient les vacances scolaires ! Je m’en réjouis, ce sont autant d’enfants de Toulouse qui ont joué dans la nature au lieu de rester devant un écran. D’habitude en février, on ne croise que quelques sportifs et des bûcherons. Et des chasseurs.

Le réenchantement du monde que j’appelle de mes vœux n’est pas la priorité de tous ; cet hiver, les bruits des moteurs troublaient chaque jour de la semaine la quiétude de la forêt. Massacre des arbres à la tronçonneuse… Des hectares ont été sauvagement coupés, n’importe comment. Il est loin le temps où couper un arbre était un acte important, réfléchi, où l’homme demandait la permission – ou pardon – à cette vie bientôt interrompue. L’homme moderne trouve ceci absurde, il n’est plus animiste ! Mais l’énergie dans chaque organisme vivant peut nous faire considérer les choses d’une manière de nouveau plus spirituelle. Et si ça ne nous parle pas, considérons-le de manière pragmatique : trouver l’équilibre, la juste mesure entre le renouvellement naturel et le prélèvement humain est un des enjeux urgents. L’intelligence humaine serait bien mieux employée en protégeant la nature qu’en exploitant outrageusement ses ressources à court terme. 

Cela fait quelques semaines que je voulais vous présenter Paradis Perdus d’Éric-Emmanuel Schmitt, le premier volet de son Histoire de l’Humanité en huit volumes.

Cette lecture fut un enchantement.
Je me suis immergée dans la vie de ce village lacustre moderne d’il y a 8 000 ans, comme une re-connaissance. Les gens vivaient alors en pleine harmonie avec la nature, et ils nous sont si proches pourtant ! Je ne vous en dis pas plus, découvrez la vision du monde de nos ancêtres et cette belle histoire teintée de surnaturel.

Voilà un an, je vous montrais un top, et je ne vous ai pas encore montré le quilt terminé ! Il est plein de vitalité, de la taille d’un dessus de lit, largement inspiré du modèle Leaves in the Breeze, de Becky Goldsmith / Piece o’ Cake Designs (présenté dans le livre Appliqué outside the Lines) :

Entièrement quilté au coton perlé de diverses couleurs, la plupart en écho des feuilles et des branches, avec quelques fantaisies.
Début mars, c’est déjà le printemps, avec les jeunes pousses qui jaillissent de terre, les bourgeons qui explosent, les senteurs qui enivrent ! Jeunes Pousses, Katell, 2020, appliqué improvisé main, quilté main.

 

Il ne manque plus que les copines…

Autre lecture récente, un dialogue à cœur ouvert entre Nicolas Hulot et Frédéric Lenoir, l’un écologiste, l’autre philosophe des religions. Même si je n’adhère pas à tout aveuglément, ces deux hommes ont compté dans mon évolution personnelle, l’un depuis Le syndrome du Titanic, qui a rallumé ma flamme écolo, l’autre avec La promesse de l’ange, qui a résonné étrangement en moi. Ces deux livres sont parus tous deux en 2004, une année importante dans ma vie personnelle aussi. Depuis, j’ai lu une grande partie de leurs livres. Ma rencontre avec l’un d’eux reste inoubliable. Ils sont parfaitement imparfaits comme nous tous, ils sont mes frères de génération, mes frères d’idées, mes frères d’humanité. Leur livre en commun a subi pas mal de critiques, mais personnellement, j’y ai trouvé un grand réconfort : comme plusieurs de mes chères lectrices qui ont laissé un commentaire dans l’article précédent, nous ne sommes pas seules à penser pareil !

Depuis le premier confinement, France Patchwork anime avec beaucoup d’énergie son forum sur Facebook ; il est réjouissant de voir l’animation et la bonne humeur des participants ! J’avoue n’avoir suivi que le premier challenge qui commença le 18 mars 2020 ; il fit de chaque mercredi l’événement de la semaine : quelle couleur sera à l’honneur ? Nous avons toutes adoré ce rendez-vous !

La semaine dernière, nous nous sommes promenés en famille dans le Gers : l’occasion de faire de jolies photos ! Ici à Cologne.

Ce quilt est fini depuis belle lurette lui aussi… à part la bordure de finition qui a traîné ! J’avais partagé quelques détails au fur et à mesure sur ce blog. Chaque couleur m’inspira une ambiance, un mot, dans diverses langues. Ainsi, mon séjour récent en Espagne m’avait inspiré les mots Luz (lumière) et Vida (vie). Quelques incongrus avec le mot chinois qui signifie crise, le mot breton Glaz… Beaucoup de spontanéité dans ce quilt de chutes de tissus (je ne sais pas ce qui se passe dans mes tiroirs, ils semblent se reproduire, j’en ai toujours autant !…)

Ensemble malgré tout, le seul excellent souvenir de la première période de confinement, une fantastique idée des Céates FP que je remercie de nouveau ! Patchwork de chutes, pas un seul tissu imprimé répété, ce qui en fait un Charm quilt. Les lettres sont en piécé improvisé, d’après la méthode de Tonya Ricucci. Brodé à la main, quilté à la machine. Katell, 2020.
Voici la mascotte du quilt ! Fait d’après le tuto de Pie Lady Quilts. J’ai eu beaucoup de difficultés pour terminer le quilting de ce quilt, ma machine à coudre préférant coudre plutôt que quilter…

Comme la plupart des quilts récents des Abeilles de la Ruche des Quilteuses, ces quilts seront exposé à Lacaze (Tarn) les 26 et 27 juin prochains. Oui, les organisateurs maintiennent l’événement, youpi !!

De la marche, de la lecture et des quilts, j’ai ces plaisirs simples pour combattre le blues. Il me manque la convivialité des rencontres… Mon agenda se remplit doucement, c’est bon signe, j’y crois !

Avec optimisme,
Katell

Réenchanter le monde

Fréquenter la nature remet les idées en place, avec les pieds bien sur terre et la tête près du ciel. En ville, nous ne sommes pas la même personne. C’est pourquoi le mélange des genres, les écolos-bobos des villes, sont si facilement moqués. Même si certains ont des attitudes de précieuses ridicules, l’envie de nature est viscérale pour la majorité. La pandémie a une conséquence inattendue : une augmentation des déménagements vers un appartement avec terrasse, une maison, ou plus radicalement vers la campagne.

La grande aventure de l’existence, c’est de trouver là où l’on est bien.
Sylvain Tesson

On a perdu en ville la convivialité des villages où tout le monde se connaît, où on se déplace à pied et où la nature est à notre porte. Quilt Castelnau, Katell (explications dans BeeBook, éditions France Patchwork).

Même si je ne suis pas bobo puisque vivant à la campagne🙃, je me suis bien moquée du scandale de la cantine du lundi à Lyon.

Petit rappel : en janvier 2019, 500 personnes avaient signé un manifeste demandant de ne plus manger de viande ni de poisson chaque lundi de l’année, « pour faire un geste pour la planète », les individuels comme en restauration collective. Malheureusement, cette proposition fut sabordée par la dénonciation du mode de vie des signataires, habitués à prendre l’avion – donc au bilan carbone élevé – et la bataille de chiffres noya le poisson mangé ou pas. 

Faiblesse assurée contre les coronas à venir ? Vraiment ?… Des agriculteurs manifestent à Lyon (Rhône), lundi 22 février 2021.  (NICOLAS LIPONNE / HANS LUCAS / AFP)

A la cantine des petits Lyonnais, il est question d’éviter la viande le lundi, avec cependant des œufs, du lait (donc ce n’est pas un menu végétalien), et aussi avec du poisson (donc ce n’est même pas un menu végétarien). La plupart des médecins conseillent d’ailleurs de manger moins souvent de viande, mais de la meilleure. Que n’a-t-on pas entendu !!! De nombreux politiciens ne se sont pas grandis avec leurs réactions faussement affolées sur la santé des enfants. 

 

On peut bien sûr pourrir la vie des enfants. Un repas végétarien n’est pas un plat où on a simplement enlevé la viande ! Les cuisiniers ont bien plus d’imagination que cela et il n’est pas du tout question de donner une nourriture de moindre qualité nutritionnelle. Les enfants peuvent aussi se régaler avec un plat végétarien !

Sans tambour ni trompette, de nombreuses cantines proposent un repas végétarien par semaine, sans que cela ne fasse de vague.

Nous les Terriens sommes toujours plus nombreux et ce n’est pas demain qu’on va trouver une solution sur Mars ou la Lune. Sur Terre l’agriculture devient plus difficile, avec un climat plus extrême, trop ou pas assez d’eau, des sols appauvris… Certains éleveurs et agriculteurs sont d’accord qu’avec de bonnes décisions, de la concertation, de la bonne volonté, des aides bien ciblées, ils trouveront des pratiques à la fois rentables et plus respectueuses de la nature. Notre société ne doit plus viser le toujours plus des décennies précédentes, mais le toujours mieux, y compris pour la production de la viande. Un vaste programme, nécessairement européen, devra donner aux agriculteurs plus de responsabilité envers la préservation de la nature et le bien-être animal, couplé avec plus de dignité et considération pour eux qui travaillent pour notre alimentation, et ils devront disposer de plus de solutions réellement vertes avec bien sûr une plus juste rémunération. Ce qui est en jeu, c’est à la fois le respect de la nature et la sécurité alimentaire ! Nous avons de si bons produits de terroir, il faut poursuivre leur valorisation avec des accords commerciaux qui les favoriseront.


Et en faisant vraiment la guerre aux gaspillages, nous augmenterions aussi les ressources. 

L’homme est un enfant capricieux qui croit que la Terre est sa chambre, les bêtes ses jouets, les arbres ses hochets.
Sylvain Tesson

Nous pouvons avoir une agriculture moderne ET verte. Il est grand temps de limiter l’agriculture industrielle du XXe siècle pour préserver faune et flore naturelles : lisez le blog de la Marmotte Rousse qui se soucie particulièrement du paysage de bocage avec ses haies, réseaux de réserve naturelle (Le Terrier de Marmotte, articles de février 2021).

Ces derniers siècles ont vu la vision du monde changer radicalement. On a célébré la supériorité de l’Homme sur la Nature, le cartésianisme nous a incités à avancer dans la connaissance et les sciences. Mais on a en même temps considéré la nature comme utilitaire, un garde-manger de ressources à disposition. On a perdu la mesure des peuples premiers, certes moins nombreux que notre population mondiale actuelle, qui ne prélevaient que le strict nécessaire : pas de gaspillage, ni d’enlaidissement de la nature. Les Romantiques, les Hippies et tant d’autres contestataires ont alerté sur la perte du respect du vivant et du naturel, maladroitement sans doute. Mais oublier la sagesse de la nature conduit à la surconsommation, au culte de l’accumulation (des objets, des richesses).

La Maison des Insectes, chez ma fille et mon gendre, donne un abri pour plusieurs catégories de bestioles utiles.

Le bien-être matériel est certes très appréciable et améliore la qualité de vie, je ne suis pas prête à endurer la dure vie de nos ancêtres ! Mais on a parfois oublié que la qualité des échanges humains et la relation à la nature nous rendent plus lumineux et heureux ☺ En ce temps particulier de pandémie, on peut redonner la juste valeur aux choses. Nous nous sommes trop éloignés de la nature, source d’enchantement, qui procure un mieux-être simple, rassurant, vivant, harmonieux.

Le tableau le plus cher du monde ne vaudra jamais un coucher de soleil en exposition temporaire, ou même la plus humble pâquerette quand on la regarde de très près.

François Garagnon, Jade et le réenchantement du monde.

Réenchanter le monde, c’est aussi se redonner le droit de s’émerveiller en observant la nature, en oubliant les explications scientifiques du pourquoi et du comment et en sentant battre le pouls de la puissance naturelle.

Au printemps, quelle énergie dans l’éclosion des bourgeons, dans les chants des oiseaux !

En faisant du patchwork, nous aussi nous réenchantons le monde. A partir d’humbles tissus, nous faisons de la magie ! Laissons-nous porter par la simple joie de créer, même si on n’aboutit pas forcément à un chef d’œuvre. C’est le cas avec ce nouveau quilt, où j’ai patiemment additionné mille souvenirs, mille restes d’autres ouvrages. Quand j’ai commencé par le mot NATURE en tissus blanc et orange, je ne savais pas du tout où j’allais ! Ce quilt témoigne des vertus du recyclage et de la liberté de l’improvisation.

Réenchanter le monde, 2021, Katell. Réalisé uniquement avec des chutes et un vieux drap au dos. Pour le moment, ce quilt enchante notre terrasse !

Déconnectons-nous un peu du monde moderne pour nous reconnecter à la nature !
Lumineusement, Naturellement,
Katell

Soleil à Castelnau !

Diabolical Jane

J’ai récemment découvert un modèle de quilt inspiré d’un quilt ancien américain, très simple à faire, rapide et scrappy… Pour moi, l’idéal pour vider la tête et alléger un peu mes tiroirs de tissus. Son nom ?

Diabolical Jane !

Jane, Jessie et Melinda, membres de la Modern Quilt Guild de Washington DC, sont tombées amoureuses d’un quilt anonyme des années 1830, lors d’une visite au Musée National des Femmes Artistes (https://nmwa.org/ à Washington, DC). Ce Musée expose de nombreuses artistes telles que Sonia Delaunay, Frida Kahlo ou Faith Ringgold. L’exposition temporaire, « Workt by Hand, Hidden Labor and Historical Quilts », provenant du Musée des Arts de Brooklyn (New-York), a eu lieu fin 2013 – début 2014. L’expo est photographiée dans ce livre :

Catalogue de l’expo, édition épuisée
On voit LE quilt au centre, photo Lee Stalsworth
Voici le quilt original que les historiens situent aux alentours de 1830. Photo du livre “Workt by Hand” faite par Jessie Aller. Les carrés manquants en bas rendent possibles la mise sur un lit à baldaquin (avec des colonnes).

Les trois amies se sont penchées sur les photos du quilt, Jessie a créé un article avec d’excellentes explications et elles se sont lancées dans leur réalisation. Est-ce LA Jane du groupe, la Diabolical Jane du titre qu’on n’oublie pas ?… 
Vous pouvez voir leurs quilts ainsi que les inspirations sur Instagram #diabolicaljane.

Jessie a interprété le quilt, marquant bien le X central avec des tissus fortement contrastés, jouant avec des imprimés que nulle part ailleurs on n’oserait associer !
Le quilt est immense, il a été très joliment quilté par Rachel Hauser, voir son article avec des photos du quilt fini.

Alors c’est décidé, pendant ce confinement, je fais un Diabolical Jane !

J’avais un réel besoin d’entrer dans ma bulle créative, pour « digérer » de mauvaises nouvelles, un décès, une maman souffrante, une amie proche très malade. Parfois, il faut égoïstement penser à soi pour surmonter une épreuve et ensuite pouvoir soutenir les autres. Les actualités anxiogènes n’arrangent rien. Alors m’immerger dans un nouveau projet de quilt me rend plus forte. 

Un de mes tissus préférés sera dans mon Diabolical Jane. Impossible de retrouver ses références, désolée…

En fouillant dans mes tiroirs, j’ai eu envie de bleu, ce bleu lumineux que je n’ai pas utilisé récemment, car mes derniers tops sont verts et orange, je vous les montrerai une fois quiltés. J’ai acheté voilà 3 ans des fat quarters de tissus épais tendance japonaise, bleus avec des impressions noires (Twilight de Windham Fabrics). Et, pensant à Valériane Leblond qui met presque toujours des oiseaux dans ses tableaux, j’ai ajouté comme base le reste de mes petits oiseaux adorés aux ailes d’un bleu approchant, dont j’ai depuis longtemps oublié la provenance :

La palette de couleurs s’est enrichie sans trop y penser d’or et d’argent, je veux dire de jaune et de gris. Et voilà ! Tissus modernes et traditionnels, vieux fonds de tiroirs et achats récents, tissus japonais, américains de chez Alice et indiens de Neelam cohabitent en un vrai scrap-quilt. J’ai consacré trois pleines journées à ce top, égoïstement et sans aucun remords. Un jour et demi pour choisir les tissus, les couper, les combiner, les changer maintes fois de place, et un jour et demi pour assembler les briques.

J’ai souhaité travailler en cm. Je me suis aperçue que chaque brique mesure 3 carrés + marges de coutures. J’ai donc choisi des carrés coupés de 9 cm, cousus de 7,5 cm. Une brique coupée mesure chez moi (3 x 7,5) + 1,5 cm sur (1 x 7,5 cm) + 1,5 cm = 24 x 9 cm. Il faut en couper 8 par tissu (cela rentre dans un fat quarter), 16 si le tissu est répété, ou 4 seulement si c’est dans le grand X central.

Le montage est comme un 1/2 log cabin, qu’on reproduit à l’identique 4 fois. Voyez les schémas de Jessie Aller pour mieux visualiser la structure. Le truc amusant de ce modèle, c’est qu’on commence par un carré qui se trouvera au milieu de la bordure ! Le X central assemble les 4 parties et, même si ses couleurs sont importantes, il ne se coud qu’à la fin.

Le placement des couleurs : j’ai utilisé le PDF disponible en fin d’article de Jessie Aller, un schéma de placement des briques. Mon brouillon est tout gribouillé, le résultat est différent de ma dernière version écrite et peu importe, ce qui compte est que je suis satisfaite du résultat !

Voici le centre de ma Jeanne la Diabolique. Je tenais à mettre un petit oiseau au centre !

 

Le départ d’un quart de top se trouve ici à droite, un carré gris et deux triangles jaunes. Et puisqu’on est entre nous, je vous montre ici le carré plus clair qui ne devrait pas être ainsi : je me suis trompée de sens, le tissu est à l’envers. Une erreur de débutante ? Une erreur de quilteuse qui a eu la flemme de découdre et recoudre juste pour ça.

 

Ce top mesure 2 m de côté. Il serait très beau plus petit aussi, avec par exemple des briques coupées de 18 x 7 cm (carrés de 7 cm coupés, 5,5 cm cousus). On ne le voit pas beaucoup, mais je voulais vous montrer, sur la droite, mon oranger du Mexique (Choisya ternata) fleuri comme si on était en avril… Il embaume divinement ! Ce dimanche, premier jour de ciel gris depuis longtemps ici du côté de Toulouse, mais la température reste étonnamment douce pour la mi-novembre.

J’étais bien concentrée sur ma tâche mais, comment dire, mon esprit vagabondait. Et c’était bien le but, m’échapper un temps de la réalité. En préparant ce top, j’avais en tête à la fois l’épopée de la Route 66, l’Histoire des USA avec ses migrants européens fuyant la pauvreté comme dans Y Cwilt Je pensais à cette petite fille galloise du conte de Valériane Leblond. Elle a pris vie, elle m’a chuchoté pourquoi, des années plus tard, elle voulait partir à son tour. Promis, elle vous le racontera ici prochainement. Dans cette petite histoire sans prétention, vous saurez faire la correspondance entre la fiction et la réalité, car dans tout récit on y met du sien !

A très vite avec Gwen,
Katell

Ce quilt veut s’appeler  OH ! Gwen… Vous comprendrez bientôt pourquoi !

Carrément simple et coloré pour Bébé Gaspard

Maïté est toujours active, malgré quelques soucis de santé. Ah les yeux, les mains… indispensables pour notre art, notre vie. Je lui laisse vous présenter son nouvel ouvrage, qui ne demande plus qu’un petit voyage en Dordogne pour être offert !

 

Après un long arrêt de travaux de patchwork en raison de problème aux yeux, je cherchais un moyen de me remotiver. Le déclencheur fut au repas de Noël 2019 avec mes amies Abeilles, les patchworks d’Evelyne et Andrée m’ont tapé dans l’œil car j’aime toujours les jeux de lumière.
Le modèle simple, coloré, à base de carrés cherchant à reproduire un écossais, est Plaid-ish de Kitchen Table Quilting. Dans cet article, vous avez le lien vers les explications gratuites en PDF.

Un placement judicieux des tissus clairs, moyens et foncés donne un très bel effet écossais. Quilt d’Erica Jackman, Kitchen Table Quilting, dans l’Oregon.

Leurs ouvrages en cours m’enthousiasmèrent, la motivation revint illico et je n’eus qu’une idée, le lendemain, amasser des tissus de couleurs très gaies en vue de faire une couverture pour le deuxième arrière-petit-enfant de ma sœur Anne-Marie prévu pour juillet 2020.

Ce stade de création est une jubilation.
Le surlendemain je commençai à assembler les carrés avec frénésie.
C’est une deuxième jouissance, il y a tant de possibilités.
Le top fut terminé en deux semaines.
Puis le tout a traîné, le bébé n’était pas encore là…

Le confinement est arrivé ensuite et j’ai cousu cinq autres tops pour me distraire de l’ambiance morose, vous savez bien ce que je veux dire.
Dans ma précipitation, je n’ai pas respecté la disposition en écossais mais au final j’aime beaucoup mon quilt très coloré et gai. Le bébé est né, encore une joie familiale. Ma fille Florence m’a suggéré d’écrire GASPARD en décalé pour occuper les carrés clairs et j’ai brodé date, lieu de naissance, poids et taille sur le dernier carré blanc.

Un bien beau bébé est né !

Les lettres du prénom sont réparties sur des carrés de tissus clairs.

Je signe tous mes quilts en brodant une abeille toute mignonne qui ne piquera jamais !

Bref, un patchwork très amusant à faire et l’occasion d’utiliser quantité de chutes !

Maïté

Bientôt, vous verrez les Plaid-ish d’Evelyne, d’Andrée et le mien… si je prends le temps de le finir dans les prochaines semaines !
Carrément quilteuse,
Katell

Premier jour d’automne

Aujourd’hui, à 13 H 30 et 28 secondes heure française, c’est l’équinoxe d’automne, la durée du jour égale celle de la nuit et on entre dans l’automne en un clin d’œil. Une bonne raison de nous réjouir, c’est la saison faste pour le patchwork, à nous les feuilles d’érable aux couleurs flamboyantes !

Quilt par Amy Smart, Diary of a Quilter

Dans notre vieille Europe, on célébrait naguère cette période en profitant des dernières belles récoltes, de la pleine saison des pommes, le fruit-roi de chez nous. Les anciens peuples rendaient grâce à la Terre-Mère autour d’un feu de joie ou d’un banquet.

On peut confondre avec le Thanksgiving américain, fête qui célèbre un événement survenu en novembre 1621, devenu historique : la première récolte des nouveaux colons sur la terre américaine, l’assurance de pouvoir passer l’hiver grâce aux Iroquois, les natifs locaux. En toute logique, nous laissons Thanksgiving aux Américains, c’est leur histoire, et nous renouons avec la fête celtique de l’équinoxe d’automne !

Merry Mabon (joyeux Mabon) ! peut-on lire ces jours-ci sur des blogs anglophones. Célébrer les fêtes païennes anciennes est devenu à la mode, symptôme du besoin de retrouver ses racines. Illustration : carte postale The Cosmic Crow

Dans le calendrier néo-celtique, on a 4 fêtes religieuses majeures (Imbolc, Beltane, Lughnasadh et Samain) et 4 fêtes correspondant aux solstices et équinoxes : Ostara, Litha, Mabon et Yule. Mais attention aux réécritures de l’Histoire : le terme Mabon fut inventé pour l’équinoxe d’automne par Aidan Kelly dans les années 1970 ! Simplement, cette fête portait vraisemblablement divers noms locaux qui ne nous sont pas parvenus.

Quoi qu’il en soit, c’est le premier jour de l’automne,
le retour de la recherche du confort à la maison… et des beaux quilts bien cozy !

L’image de ce début d’automne, Bonnie Hunter et son dernier quilt ! C’est un quilt carré d’environ 144 cm de côté, dans lequel vous pouvez caser toutes vos chutes de tissus du jaune au brun, en passant par tous les orange et rouille, et vos beige et gris en tissus de fond.

J’ai toujours un œil sur le blog de Bonnie Hunter (Quiltville), j’ai tous ses livres, clairement je suis fan de cette reine du scrapquilt ! Alors voici son nouvel ouvrage aux couleurs chaleureuses, il est facile et spectaculaire, expliqué sur 10 pages (en anglais, avec de nombreuses explications visuelles), disponible ici pour la somme de 12$ payable par Paypal (lien dans son article). Je sais, je suis une vilaine tentatrice 🙃

Bel automne à vous !
Katell

Appalachian Autumn, Bonnie Hunter

Solidarités, plus que jamais

La solidarité s’active de maintes manières. Oublions les rayons de pâtes et de papier toilette razziés, pensons aux beaux gestes, les aides qui s’organisent dans les immeubles, entre voisins… et remercions, encore et toujours, le dévouement infini du personnel soignant.

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Dès aujourd’hui, France Patchwork organise un challenge pour conserver les liens entre nous, pour nous entraider, pour nous donner l’occasion d’échanger autour de notre passion, même en étant confinés. Ainsi est né :

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Challenge France Patchwork :

« Ensemble malgré tout »

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C’est tout simple, et c’est donc parfait : pour ne pas broyer du noir, nous allons jouer avec les couleurs ! Chaque semaine, le mercredi, une couleur sera proposée en défi de la semaine, pour nous titiller les sens. A chacun d’imaginer son propre challenge. La revue de juin fera un reportage sur les ouvrages ainsi faits.

Lisez bien cette lettre, tout est bien expliqué ! La suite est juste une manière de vous convaincre de rejoindre ce challenge d’amitié.

Pour la première semaine, dès aujourd’hui, le VERT, couleur de l’espoir.
Nous en avons tous besoin !

Manquez-vous d’idées pour ce challenge ? Feuilletez vos livres et magazines, on découvre toujours de belles inspirations. Les quilts en couleurs arc-en-ciel sont de bonnes sources pour ce défi, mais aussi par exemple :

Avec les couleurs qu’on nous donnera, faire comme @nightquilter (Kitty Wilkin) un mini-sampler ! Très peu de tissu, mais beaucoup de minutie… Inspirez-vous de la photo !

Soul Searching de Kathy Doughty, un dégradé de bandes rappelant les log cabins sans en être. Ce modèle est dans son livre Making quilts with Kathy Doughty, mais la photo est parlante ! 

Que diriez-vous d’utiliser tous vos plus petits bouts, coupés en petits carrés ? Avec la couleur de la semaine, vous faites un, deux, trois pavés et vous obtiendrez un merveilleux quilt plein de souvenirs… Celui-ci est de @ailishl.

Pour le plaisir du partage, pour ne pas se languir dans son coin, pour sortir victorieuses du cette période de confinement, gardons le moral en utilisant nos tissus et leurs joyeuses couleurs, faisons bloc en faisant des blocs (oui j’avoue elle est mauvaise…).

Simple ou sophistiqué, c’est au choix, mais ce défi est vraiment sympa et je vous invite à le suivre ! Pour ma part, je réfléchis à ce nouveau projet inattendu, il sera forcément simple… Pourquoi pas la simple utilisation de carrés scrappy alternant avec la couleur de la semaine ?

ailishl2
Je ne ferai certainement pas aussi petit que @ailishl dont les carrés sont coupés à 2,5 cm, un pavé cousu ne mesurant que 10 cm !! Si je le fais, mes carrés seront coupés à 4 cm, donnant un pavé cousu-fini de 20 cm.

Le partage des photos, c’est sur Facebook et/ou Instagram avec #ensemblemalgretout comme mot-clé qui permet de réunir automatiquement toutes les photos sur ce thème. Si vous ne voulez pas ou ne savez pas poster vos photos, adressez-les directement à notre Présidente Catherine Bonte (son email dans la lettre ci-dessus et dans la revue).

Détail qui a son importance, ce challenge est ouvert à tous, adhérents ou pas.

A vos tissus !

Portez-vous bien,
Katell

PS : des news du pays d’en bas de l’autre côté du monde… Nous  avions manifesté aux Australiennes notre soutien après les incendies et manifesté pour le respect de la nature et la biodiversité. Le compte des Arbres pour l’Australie est actualisé, plus de 12 000 blocs sont arrivés de monde entier, soit 600 quilts à faire ! Le travail est immense, bien plus important qu’initialement prévu (qui aurait imaginé recevoir 12 000 blocs en 2 mois ?), mais la formidable solidarité entre quilteuses d’Australie fait que tout va bien aller. Quand on crée un challenge, il faut veiller à avoir des consignes parfaites, des délais réalistes, et être prêt à faire face à un engouement inattendu ; bravo les Australiennes !

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Doodle quilting

Un jour j’ai écrit sur la broderie doodle et je me suis alors rendu compte de la vigueur des brodeuses connectées dans notre pays : cet article fait partie des plus populaires de ce blog ! Je crois que le blog de mon amie Gene y est pour quelque chose… J’ai rendu visite récemment à leur club de Pexiora, c’était formidable !
A la fin de l’article, je vous promettais une broderie doodle inspirée de Dijanne Cevaal et Els Gauchotte. Ce fut  une aventure collective proposée par l’ancienne délégation FP31 (France Patchwork Haute-Garonne) dans le cadre d’une exposition itinérante appelée Fibre Occitane
.

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Ce quilt en broderie doodle est très cher à mon cœur, presque 100 personnes y ont participé (100 blocs, mais quelques adhérents en firent plusieurs), le thème était simplement l’évocation d’une fleur, même imaginaire :

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DSCN4766 Le top est fait de blocs en blue jean recyclé, d’un bout de soie blanche (récupération de restes de robes de mariées, tissus offerts par notre amie Annick Subra de Salafa) et d’un assortiment de fils moulinés couleurs brique et pastel (les couleurs de Fibre Occitane). J’ai fait l’assemblage en « doodle patchwork », sans gabarit ni mesure exacte, juste pour voir comment cela rendrait… Personne n’a critiqué le manque de régularité des bandes d’assemblage, du moins ouvertement !

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Après la doodle-broderie et le doodle-patchwork, reste à évoquer le doodle-quilting. Comme pour la broderie et le patchwork, on abandonne les modèles, on se donne de la liberté. Il y a environ 12 ans, j’avais fait mon premier matelassage à main levée, c’est-à-dire que j’inventais mon dessin de quilting point après point. Le top était on ne peut plus simple, des carrés de très beaux tissus achetés chez Quilt & Patch (Toulouse) :

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C’est une nappe qu’on utilise en pique-nique ! Voici un détail  du quilting vu de dos :

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De tout petits points en fil de quilting YLI traditionnel avec un dessin inventé au fur et à mesure.

Aujourd’hui, je suis en train de doodle-quilter en écho, à la manière de Sherri Lynn Wood, un quilt très luxuriant, chargé d’imprimés et de courbes irrégulières. Si j’étais anglophone, je l’aurais appelé Organic, mot-clé qu’on utilise pour nos notions organique, biologique, écologique… Alors je l’appelle simplement Vivant & Naturel, bizarre pour un quilt, mais j’y revendique dans mes courbes le droit à la différence, le non-calibrage, et dans mes points de quilting la joie de voir grandir le dessin de manière unique, au fil de mon bon-vouloir. Ce quilt ne sera pas du goût de chacun, mais il sera unique pour rappeler l’absolue nécessité de protéger la biodiversité, le vivant et le naturel.

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Quelle est la technique du doodle quilting ? Simple, je vous assure !


Comme pour le quilting traditionnel à la main, on peut utiliser un cercle ou bien  un poids (comme de nombreuses quilteuses japonaises). En revanche, maintenant j’utilise un fil plus épais et ma préférence va vers le coton perlé n° 8 avec une aiguille à broder pointue n° 7. Le dessin peut suivre librement les coutures ou faire un tout autre motif, c’est votre choix ! Le geste est le même qu’avec de fines aiguilles between, mais les points sont plus longs. Ce quilting est apparenté aux traditions multiples qui utilisent le simple point avant, longuement évoqué ici. J’avoue avoir du mal à garder mes points aussi longs que j’aimerais, comme du sashiko. C’est pourtant plus adapté au style de ce matelassage. C’est peut-être mon 10e quilt quilté au coton perlé mais certainement pas le dernier !

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Dos du quilt en cours pour lequel je suis partie d’un petit oiseau imprimé que j’ai entouré d’un cercle, ce qu’on aperçoit sur la photo précédente, puis je continue en écho avec beaucoup de liberté.

Quant au plaisir de quilter à la main, il reste intact mais plus rapide ! Avez-vous envie d’essayer vous aussi le doodle quilting, ou matelassage vivant et naturel ?