Le sashiko de Caro

Il y a quelques années au Salon des Tendances Créatives de Toulouse, Caroline avait été séduite par un kit de sashiko (broderie japonaise). Dans une petite pochette, le tissu indigo, le fil écru, la longue aiguille et de petits ciseaux l’ont suivie partout en voyage, en famille, chez des amis… Tout le monde a vu Caro tirant l’aiguille ! Parenthèse méditative, point par point, Caro avançait son ouvrage.

Un jour, le sashiko fut fini ! Soulagement bien sûr, mais aussi un petit pincement au coeur… Qu’en faire ?

Caroline voulait le voir au quotidien, et les dimensions l’ont guidée vers la création d’un dessus de table basse. Il fallait une bordure. Impossible de retrouver le même tissu indigo presque noir, alors elle a choisi un tissu fleuri bleu qui va aussi bien avec le sashiko qu’avec son intérieur. Et elle me téléphona.
Quel plaisir de se parler et d’apprendre qu’elle avait fini son sashiko !

On a échangé des idées, avec le support des photos qu’elle m’a envoyées. Le projet a mûri de part et d’autre. Finalement, la bonne idée de bordure était dans BeeBook :

Pour encadrer le panneau de sashiko, quoi de mieux qu’une symétrie japonisante, comme dans ce quilt ?
Ce montage est expliqué dans « Petits secrets entre amies ».

Ayant (bien sûr !) BeeBook chez elle, Caroline a préparé les bordures, en ajoutant auparavant une petite bande contrastée écrue pour éclairer discrètement l’ensemble, de la couleur du fil de sashiko.

Assemblage d’une bande de 2,5 cm à la bordure fleurie
Couture de la bordure sur le tissu indigo
Bordure à la japonaise terminée !
Point de quilting spécial de sa machine à coudre Pfaff.

Nous nous sommes rencontrées pour la bordure de finition. Immense plaisir malgré nos masques !

Le quilting se résume actuellement au cadre, Caroline devra faire quelques lignes de quilting parallèles sur la bordure fleurie avant tout lavage et si cela s’avère nécessaire, faire des points marine invisibles à chaque intersection de sashiko. Finalement, Caroline a vu qu’il fallait laisser seulement 5 cm sur les 9 cm prévus en bordure par rapport à sa table, ce qui nous a permis de profiter du tissu excédent pour faire un simple retour du tissu bleu, au dos. Nous avons préparé tout ceci ensemble avec un faufil à la machine (longueur de point 6), il lui restait à faire l’ourlet au dos, à la main, à la maison, + un surpiquage de quilting.

Il y a juste suffisamment de tissu pour faire un ourlet au dos. Vous voyez une couture de maintien du tissu de dos au point très long (6) qui sera enlevée après la couture à la main.
On peut vous le dire, Caroline avait un peu oublié comment on fait un quilt et elle avait quilté sans le tissu de dos (juste le top + le molleton). Après l’ourlet, Caro a ajouté une couture droite sur son point de quilting fantaisie. On apprend de ses erreurs !

La semaine dernière, j’ai reçu des photos de ce projet terminé : bravo Caroline !

Un bel intérieur à la fois chaleureux et zen !

Toutes deux, nous ne nous voyons pas très souvent, mais nous avons quantité de beaux souvenirs ensemble : sa venue dans mes cours de patchwork de débutante pendant sa seconde grossesse, plusieurs rencontres chez moi, par exemple avec Betty de Floride, et aussi dans sa très belle maison, une ferme rénovée à Pibrac devenue lieu de festivités, de séminaires et chambre d’hôtes (La Garoffe), avec un jour, la récupération d’un essaim d’abeilles par nos maris, et, last but not least, une séance de photos pour BeeBook !

Les activités ralenties de cette année lui permettent d’expérimenter de nombreuses activités créatives avec beaucoup de couture, des bijoux, du miel, des objets à base de cire d’abeille… C’est la touche de Caro, toujours active et pleine de bonnes idées !

Avec la cire et le miel de ses abeilles et quelques ingrédients, tous naturels, Caroline se lance notamment dans la fabrication de savons. Elle m’en a offerts, faits dans de très jolis moules, et ils sentent divinement bon !

Et quand nous pourrons de nouveau circuler en toute sécurité, nous organiserons des stages de patchwork chez elle… Des projets, toujours !

Belle journée créative,
Katell

Encore plus beau…

Maïté a immédiatement réagi à mon article sur la fêlure réparée qui rend plus fort, plus beau, sur la résilience… L’art du Kintsugi, vous en souvenez-vous ? Vous pouvez le retrouver par ici.

Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur.
Un mot permet d’organiser une autre manière
de comprendre le mystère de ceux qui s’en sont sortis :
la résilience, qui désigne la capacité à réussir,
à vivre, à se développer en dépit d’adversité.
Boris Cyrulnik

Nous avons chacun nos forces vitales, nos fêlures aussi, nos bonheurs et nos malheurs. Cette année 2020 est une épreuve pour beaucoup. S’exprimer par l’art est une aide inestimable !

Passez une bonne journée,
merci à Maïté de partager ici ce magnifique quilt symbolique,

Katell

Dès que j’ai lu l’article sur le Kintsugi, j’ai su que j’allais en faire un quilt : la symbolique du bol tout simple, réparé et plus beau encore, résonne en moi. Le bol est un compagnon de vie pour boire et manger de la manière la plus simple possible, comme le préconise la tradition japonaise, où chaque personne possède sa tasse à thé et son bol à riz correspondant à son âge, sa taille et son sexe (d’après Dominique Loreau, L’Art de le Frugalité et de la Volupté, Éditions Robert Laffont, 2009). Immédiatement, j’ai senti qu’était venu le moment de faire un quilt de bols, encore d’après Kaffe Fassett, qui décidément ne me quitte pas en ce moment (voir l’article précédent).

Rice Bowls, Kaffe Fassett

Je suis folle du BLEU. J’ai immédiatement imaginé tous mes bols japonais bleus, et je me suis à nouveau plongée avec délice dans mes chutes où j’ai déniché les bleus souhaités sans difficulté. J’avais même l’embarras du choix.

Chaque bol appliqué est souligné d’un point de tige gris à un fil.
Je me suis amusée à matelasser machine la silhouette du bol sur le pourtour après avoir cousu un faux passepoil rouge qui souligne tous mes bleus :

La symbolique de la résilience est dans le titre brodé :

Encore plus beau… Encore plus résistant… Encore plus précieux… Encore là !

Le bol central bleu uni réparé avec de la poudre d’or (kintsugi) représente ma fille. 

N’est-ce pas le plus beau ?

La fêlure laisse passer la lumière !

Maïté

Guérir : faire passer la lumière

Dans notre monde des arts textiles, le Japon compte beaucoup. On y trouve d’abord des artistes exceptionnelles, un raffinement inégalé, des tissus émouvants… Je reste personnellement amoureuse des styles de Keiko Goke, Shizuko Kuroha et de Marie-Claude Tsuruya, Japonaise par alliance. La première incarne la modernité, l’improvisation et la richesse de la fantaisie, alors que les deux dernières subliment les étoffes devenues précieuses par leur ancienneté et leur symbolisme : les vrais indigos, les sarasa et tous ces beaux tissus provenant des kimonos… En ce qui concerne l’art des quilts au Japon aussi, modernité et tradition restent à égalité dans mon cœur.

Même si j’ai admiré les quilts en tissus taupe, je n’en ai jamais été très fan personnellement, mais cela a permis un rapprochement entre nos deux cultures. C’est toujours bénéfique🙂.

Mont Fuji – Japon ©Travel mania. shutterstock

Peu à peu, la mode japonaise a quitté le devant de la scène du patchwork mais a gagné les étagères des librairies pour nous insuffler de nouvelles habitudes. Rangeons avec Marie Kondo pour un intérieur minimaliste, épanouissons-nous avec la recherche de notre ikigaï (la raison pour laquelle on a envie de se lever le matin), mangeons comme à Tokyo des sushis et comme à Okinawa une soupe miso au petit-déjeuner, offrons nos cadeaux emballés d’un furoshiki, jouons à Super-Mario et lisons des mangas, promenons-nous dans les bois pour un shirin yoku (bain de forêt bénéfique), apprécions l’imperfection avec le wabi-sabi, les reprises textiles avec le boro et le chiku-chiku… J’ai l’air de me moquer de toutes ces modes venues du Soleil Levant, mais non, j’y suis sensible et parfois m’y adonne avec enthousiasme, comme plusieurs d’entre vous ! 

 

Le Kintsugi

Et voici la nouvelle mode venue du Japon !

Kintsugi (japonais) « réparer avec de l’or » : c’est l’art de réparer des poteries avec de la laque d’or et comprendre que l’objet devient plus beau parce qu’il a été cassé.

A vrai dire, j’estime infiniment ce concept.

Cette phrase reprend l’esprit de celle de Michel Audiard qui a dit : Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière.

Ah la beauté de l’imperfection, le wabi-sabi ! C’est un concept que je défends depuis longtemps en patchwork et que j’ai abordé dans mon livre BeeBook (toujours en vente auprès de France Patchwork et, espérons-le, bientôt de nouveau en Salons de loisirs créatifs et en JA !). Avec le Kintsugi, il s’agit de réparer sans essayer de rendre l’apparence du neuf, agir en assumant les rides de l’âge, la marque des fêlures. Les deux principes se complètent : l’acceptation de l’imparfait, du « pas neuf », et la vision de la beauté hors jeunesse et nouveauté.

L’art du Kintsugi est donc traditionnellement appliqué aux objets fêlés, cassés, puis réparés avec un soin extraordinaire : les fêlures sont colmatées à l’or, les défauts sont sublimés, les faiblesses rendent l’objet plus solide qu’à l’origine…

La coach Céline Santini va plus loin en faisant le parallèle entre le Kintsugi et la résilience, ce principe psychologique mis en lumière par Boris Cyrulnik. Il s’agit de la capacité d’une personne à transformer un traumatisme en souvenir acceptable, à partir duquel on peut se reconstruire. On guérit en soignant ses blessures et on devient même meilleur et plus fort.

Son livre détaille à la fois l’art de réparer une fêlure d’un objet à l’or et celui de se réparer psychologiquement, se développer harmonieusement, pour aider à mieux vivre. On lit même que les personnes ayant été cabossées par la vie et qui se sont réparées, deviennent plus touchantes, plus intéressantes, plus authentiques. Le parallèle est saisissant. C’est un beau livre que j’ai eu grand plaisir à lire.

Le Kintsugi en patchwork

Déjà, au 19e, le japonisme, la Japanmania, touchait les artistes occidentaux. Pendant que les impressionnistes et autres peintres contemporains modernes s’inspiraient de l’art de l’estampe, l’art de la craquelure des poteries et porcelaines séduisaient les Américaines au point de s’en inspirer et de créer… le patchwork crazy ! C’est du moins une des versions, la plus vraisemblable d’ailleurs, de la naissance de ce style.

Sur un de mes crazy, le livre de Denyse Saint-Arroman, un des rares bouquins sur le crazy en français.

Le Bazar japonais à l’Exposition Universelle de Philadelphia, en 1876. Les porcelaines craquelées furent les inspirations pour le crazy patchwork, et en même temps, au même endroit, les dessins qu’on voit en décoration donnèrent l’idée de créer le bloc de l’Assiette de Dresde (voir son incroyable histoire par ici).

En Angleterre, Charlotte Bailey emballe de tissu chaque morceau d’une porcelaine cassée et les joint en décorant les failles au fil d’or fixé au point de Boulogne, le résultat est incroyable :

Un vase cassé ? Charlotte Bailey a conçu un long processus de rénovation avec chaque morceau emballé de tissu…

Rassemblé par collage, il est ensuite embelli au fil d’or au point de couchure (point de Boulogne ou autre point décoratif apparenté). On peut aussi imaginer faire ces embellissements à la cannetille (disponible chez Neelam)
Deux poteries sublimées par Charlotte Bailey.

Le Kintsugi a fait récemment irruption dans la mode du patchwork moderne, quand il s’agit d’ajouter une petite pièce après une erreur de mesure par exemple. Au lieu de cacher le rattrapage, on le met en valeur, comme ici, après des erreurs de coupe, avec un tissu finement rayé et très visible :

Bien sûr, il apparaît sur des poteries quiltées :

Le principe est devenu plus abstrait en représentant des failles :

Le Kintsugi devient aussi des lignes cassant un bloc, avec les inserts de bandes assemblant le patchwork :

Le livre qui a grandement popularisé le Kintsugi dans le patchwork improvisé est du Britannique Nicholas Ball. Bizarre, je n’ai pas encore pris le temps de vous parler de lui alors que je me sens si proche de sa démarche !

Double page montrant le quilt Kintsugi de Nicholas Ball (éditions Lucky Spools)

Comme bien souvent, Debbie de Seattle a judicieusement utilisé le modèle pour en faire un quilt, simplement beau comme j’aime :

K comme Kintsugi…
Cette lettre m’inspire pour faire mon premier bloc officiel à la manière Kintsugi – même si, avec les quilteuses Patch d’Oc, nous avions déjà utilisé cette technique d’insertion pour nombre de blocs du blason de Lacaze sans lui donner d’autre nom que patchwork libéré.

Ce sont ici les tout premiers blocs faits avec mes amies pour le quilt Blason de Lacaze, avec l’esprit libre de contraintes. Un grand amusement !

K comme Katell. J’ai d’abord pensé écrire mon prénom en langue des oiseaux (piou-piou, cui-cui ? Non, ce sont des jeux de sons, de lettres, de mots, des jeux de sens cachés de mots ou de phrases…), Katell devenant simplement KTL. Le E, avec ses 3 barres parallèles, me semblait le plus difficile à intégrer, mais finalement j’ai écrit toutes les lettres, le E se pliant tout de même gracieusement à l’exercice ! 

Ce sont les premiers essais, je sens que je vais bien m’amuser avec ces lettres très stylisées façon Kintsugi ! Ici un seul bloc pour deux L – deux ailes – pour voler plus vite. 

Ce sera un petit quilt, à poser sur une table, avec son esprit discrètement japonisant… Se souvenir de la beauté de la fêlure qui laisse passer la lumière…

A très vite,
Katell

Reiko Kato à l’Isle-Jourdain rien que pour vous !

Connaissez-vous Reiko Kato, cette charmante quilteuse japonaise qui a souvent exposé à Nantes avec Quiltmania ? Elle a édité plusieurs livres, tous sur sa passion, les petits objets ou quilts en appliqué main. Elle a d’abord donné un coup de jeune à Sunbonnet Sue et Billy dans Les Petites Histoires de Sue et Billy, puis d’autres ouvrages sont apparus, tous des succès : Heartful Quilts, puis Dream Quilts, Garden Quilts, Petites Histoires de Chats, le quilt mystère 2013 de Quiltmania, etc.

Malgré toutes les photos d’explications, rien ne vaut d’apprendre en stage tous les trucs et astuces n’est-ce pas ? C’est cette possibilité que vous offre mon copain David, brodeur et quilteur émérite, mon presque voisin, même si nous ne sommes pas dans le même département, lui dans le Gers et moi en Haute-Garonne… 15 km seulement nous séparent.

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David a rencontré Reiko à maintes reprises à Nantes, mais la dernière fois était dans la boutique de Reiko en avril dernier au Japon, David nous raconte cette rencontre ici.

Voici l’alléchante proposition :

Vous avez tout ou presque sur l’affiche ci-dessus, et surtout l’@dresse email pour vous renseigner et vous inscrire. Il ne manque pas d’hébergements dans le coin, David pourra sûrement vous donner des adresses. D’autre part, un train régional part de la gare de Toulouse directement vers l’Isle-Jourdain plusieurs fois par jour.

Si vous ne savez pas que demander en cadeau de Noël, en voilà une bonne idée !…

Allez voir le blog de David, cela vous donnera une idée de son expertise tout autant que sa gentillesse. Je sais, c’est bizarre parce que le blog est en anglais… La raison est simple, je ne trahirai rien en disant que David est prof d’anglais et qu’il quilte en anglais dans sa tête 🙂 Je vous l’avais également présenté ici.

Cette organisation de stage est faite bénévolement, financièrement au plus juste, pour nous faire profiter de la présence lumineuse de Reiko ! 

Winter, Reiko Kato (détail)

Une Abbaye à visiter en Occitanie

Grâce à Tata-Georgette qui tient pour nous un agenda rigoureux sur les arts textiles, je suis allée visiter une exposition sur les kimonos jeudi dernier.

Pour mieux apprécier ces œuvres uniques peintes à la main, riches de symboles de longévité, de protection, de sincérité des sentiments, lisez la fiche disponible à l’accueil écrite par la collectionneuse Anita Henry, elle vous fera mieux apprécier la visite. On peut regretter la pénombre un peu trop marquée, protectrice des fibres bien sûr, mais mes yeux ne s’habituaient pas à l’obscurité, dommage. Nous reconnaissons sur ces kimonos anciens les grands thèmes recopiés pour nos collections de tissus de patchwork, somme toute plutôt fidèles ! Cette vidéo en est une charmante présentation, avec une bien meilleure luminosité que celle qu’on avait, sans doute parce l’exposition a été rallongée de plusieurs mois :

Nous apprenons de nombreux détails sur les symboles japonais et les usages, comme la longueur des manches d’un kimono de cérémonie qui dit si une femme est mariée ou pas !

Les kimonos étaient le but de ma visite, évidemment, mais j’ai découvert dans cette abbaye bien plus par la même occasion…

S’ensuit une excellente exposition sur le japonisme, ou la mode de l’esthétique japonaise dans les arts de la table, de 1870 à nos jours.

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Ces quelques pièces du service en faïence de Creil Montereau sont dans l’esprit japonais. Claude Monet choisira ce modèle pour Giverny.

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Couteaux aux manches identiques aux poignards japonais.

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Japonisme toujours en 2018 : on aime en ce moment les lignes minimalistes avec des irrégularités comme le service Myoko (d’après un volcan sur l’île Honshu) cherchant à imiter la glasure des grès nippons.

Au même niveau, de l’autre côté d’un large couloir qui m’a fascinée (voir plus bas) se trouve une exposition permanente sur le thé et les théières de Chine. Que de beaux objets d’exception et du quotidien, majoritairement en terre rouge, des grès de Yixing, là où on inventa tout simplement la théière pour laisser infuser les feuilles ! Auparavant, on préparait le thé en décoction, le thé mis à chauffer avec l’eau… C’est la plus grande collection de théières en grès d’Occident qui, à elle seule, vaut la visite. Et pour en savoir plus sur l’art du thé au Japon, il faut suivre Marie-Claude Tsuruya sur Facebook, elle y présente en ce moment des Histoires de thés. Son blog, la Chambre des Couleurs, est un enchantement pour qui aime le patchwork et le Japon !

 

 

Cette Abbaye cistercienne de Belleperche (82) est devenue un beau Musée des Arts de la Table, où l’on passe de l’écuelle à l’assiette, du Moyen-Âge au XXIe siècle… J’ai beaucoup aimé cette joyeuse présentation de l’évolution des us et coutumes, de la fourchette naguère jugée satanique, de l’utilisation des pains de sucre et tant d’autres détails savoureux !

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Pain de sucre, marteau, sucriers, pinces à sucre… 

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Objet oublié, un présentoir d’ananas, signe de bienvenue pour un centre de table mais aussi signe de richesse : un tel fruit coûtait horriblement cher, alors on pouvait le louer juste pour une soirée… Voir une histoire de l’ananas ici.

Le Musée est très complet et je préfère vous laisser découvrir l’ensemble du Musée. Les enfants ne s’ennuient pas un instant, on a pensé aussi à eux lors des présentations. Et pendant les vacances, certains jours des jeux de rôles sont proposés… A voir dans leur agenda !

L’Abbaye a connu bien des vicissitudes au gré des siècles, comme tout bâtiment ancien d’envergure qui parvient jusqu’à nous.

 

Les destructions et rénovations successives ont largement modifié le site, cependant la visite est un enchantement.

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Les gypses toulousains sont précieusement conservés dans ce réfectoire.

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Rénovations très soignées…

J’ai vraiment aimé découvrir ce lieu que j’ai ressenti empreint de joie et légèreté !

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L’Abbaye de Belleperche : son achat par le département du Tarn-et-Garonne lui évita de devenir une boîte de nuit en 1983…

La galerie des graffitis est très étonnante ! Voici quelques vues des murs qui racontent de nombreux épisodes du lieu, des histoires d’amour, des passages de militaires, des séjours de prostituées et tout simplement la visite de centaines de personnes au fil du temps :

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Locution latine signifiant : le nom des imbéciles se trouve toujours sur les murs… 

On a de superbes vues de la Garonne à partir des fenêtres :

 

J’aime à croire que la douceur de vivre de la région rendait la vie dans cette abbaye bien agréable !

A quelques centaines de mètres se trouve une fontaine mystérieuse, à l’architecture monumentale. On n’a pas d’explication définitive, le secret est peut-être dans de très lointaines vénérations pré-catholiques de cette source…

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Tout ceci se trouve à une petite heure de route de Toulouse, à l’ouest de Montauban. L’Abbaye de Belleperche mérite votre visite !

Abbaye de Belleperche 82700 CORDES TOLOSANNES – http://www.musee-arts-de-la-table.fr/

Entrée abbaye : 2€
Groupe à partir de 5 personnes : 1€ / personne
Gratuit : 18 ans, groupes scolaires, personnes en situation de handicap, demandeurs d’emploi

De mai à septembre :
Du mardi au samedi : 10h-18h
Dimanche : 14h-18h
Fermé le lundi et le dimanche matin

A voir dans les environs, l’ouest du Tarn-et-Garonne : la belle ville de Montauban (et leurs liens avec les Amérindiens Osages d’Oklahoma), Moissac, ses extraordinaires sculptures romanes et un des plus beaux cloîtres, Lafrançaise et son panorama sur les Pyrénées (presque de la Méditerranée à l’océan par temps dégagé !) ainsi que des tombes pyramidales mystérieuses, et plus au nord la superbe ville de Lauzerte… N’hésitez pas à vous arrêter en chemin, les fruits vendus dans les fermes sont délicieux !

Quand l’Est rencontre l’Ouest…

Encore un livre à vous recommander ! Les éditions américaines nous gâtent encore, ici Abrams, avec un livre rempli de l’esprit de cette créatrice. Les quilts improvisés se diversifient et prennent leur place dans notre petit monde du patchwork moderne.

Quand L’Est rencontre l’Ouest, c’est le thème d’un tout nouveau livre de quilts, quand les tissus et l’esprit japonais sont interprétés par une Américaine infiniment passionnée par le Pays du Soleil Levant. Patricia Belyea vit à Seattle et de cette ville côtière de l’Océan Pacifique, quand elle regarde vers le large son esprit voyage sans doute tout droit, vers le Japon, pays qui la fait rêver depuis son enfance… Le petit paradoxe est que le Japon est pour elle plein Ouest !

Rêve devenu réalité, elle travaille maintenant dans ce domaine qu’elle aime tant. Patricia est maintenant connue pour son commerce de tissus Yukata, destinés normalement à la confection de légers kimonos d’été. Les tissus sont originalement larges de 14 inch de large (35,5 cm), typiquement pour faire des kimonos, et sont vendus au yard chez Patricia. Elle collectionne à la fois ces tissus anciens, vintage et quelques plus modernes et les vend en dispensant généreusement ses connaissances. Parallèlement, elle apprit les règles du patchwork et comprit bien vite que c’était le côté moderne et improvisé qui l’épanouissait.

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Oui les tendances sont têtues, les quilts improvisés remplissent les nouveaux livres pour mon plus grand bonheur !

Les quilts de Patricia sont simples, leur raffinement vient de la qualité des tissus. J’aime son idée de départ, choisir le chiffre-chance japonais, le 8, hachi qui signifie à la fois huit et chance, croissance, prospérité. 8 donc comme 8 inch (20 cm), la dimension idéale pour ses blocs. Les larges imprimés japonais ont assez de place pour s’exprimer.

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De très belles finitions originales comme du sashiko rendent les quilts plus sophistiqués, les grandes bordures sont omniprésentes, contrairement aux quilts modernes standard, même si on utilise aussi le facing comme finition !

C’est donc un livre que je recommande chaleureusement si vous aimez l’esthétique japonaise, ses couleurs vives, tranchées, contrastées et un design épuré, simplement moderne.

Son site : https://okanarts.com/

 

Au bonheur de Nantes

Blason_ville_fr_Nantes_(Loire-Atlantique)_avant_1808.svgNantes, ville bretonne quoi qu’on en dise, est un lieu de rendez-vous très prisé avec son Salon Pour l’Amour du Fil. Une foule phénoménale s’y pressait jeudi 20 avril, nous étions des centaines -des milliers !-  à nous presser dans les allées ! 

De très nombreux blogs ont montré de si belles photos que je ne vais pas recommencer. Je vais juste évoquer ce qui a été pour moi inoubliable, unforgettable

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Unforgettable, la bien nommée, est une exposition de quilts anciens du Pays de Galles. Je regrettais tant de n’avoir pu aller à Lampeter voir cette expo : cette expo est venue à nous, quel plaisir !
On soupçonne très fortement que les femmes Amish se sont inspirées des Galloises pour établir leurs codes de fabrication de leurs quilts, impression renforcée en déambulant dans cette superbe exposition !

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J’ai bien sûr été heureuse de voir en vrai des chapeaux de femmes galloises au sujet desquels j’avais fait quelques recherches.

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Je ne sais pas faire une belle photo avec les projecteurs dans les yeux ! Mais on voit bien quand même la beauté du quilting… Ce quilt est un coup de foudre qui dure !

Et ce quilt que j’aime tant depuis que je l’ai vu sur un tableau de Valériane Leblond, il ne m’a pas déçue : oh que j’aime son quilting et ses couleurs brique & pastel qui m’inspirent toujours !

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Dès le premier regard, j’ai aimé ce quilt peint par Valériane Leblond dont les couleurs tranchent avec les plus classiques rouge & brun.

De l’inoubliable exposition indienne, je retiens un ouvrage qui n’a pas été primé, les autres ayant été déjà mis en lumière.

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Participation de  Fabienne à ce concours : on y retrouve ses ovales bien reconnaissables, son expertise de brodeuse, sa sensibilité féminine… L’Invitation au Voyage, thème du concours, est allée avec elle jusqu’en Amérique centrale avec trois Vierges de Guadalupe. Alors malgré un Arbre de Vie d’origine indienne interprété librement, cet ouvrage n’a sans doute pas été jugé assez « indien » pour le Jury. Il faut dire que la compétition était rude ! Mais ce qui vaut toutes les médailles, c’est qu’Amy Butler l’a distingué sur Facebook parmi ses préférés ! (les couleurs ne sont pas du tout bien rendues… pardon Fabienne).

Style boho-chic d’Amy Butler

La rencontre d’Amy & David Butler est inoubliable, unforgettable également ! Quelles personnes empathiques, intéressantes et douées ! Ce couple représente le meilleur de l’Amérique avec leur état d’esprit moderne, inventif et positif, ayant une vision du monde pour l’avenir mêlant goût de la réussite et pensée positive, art et spiritualité, pragmatisme et humanisme.

Brigitte Heitland a expliqué en détail sa méthode de travail autour de l’accord des couleurs et des formes.

Ma chère Brigitte Heitland, avec qui j’ai échangé tant de mails ces derniers mois, est 51fc0ybkwl-_sx383_bo1204203200_bien la formidable personne que j’imaginais. Ses quilts sont de futurs grands classiques, ils marquent d’ores et déjà le monde du patchwork. Elle était l’unique exposante de quilts modernes. Espérons que, les prochaines années, ce Salon leur fera une place plus grande.
Inoubliable, Brigitte Heitland !

Tout près du stand de Brigitte, il y avait l’exposition d’une Japonaise. Un coup à l’estomac ! Quelle perfection ! En écrivant cela, je me doute que beaucoup vont objecter que les appliqués étaient mal faits : tissus mis à cru, fixés avec des points visibles, coups de ciseaux irréguliers… La perfection était dans cette imperfection affichée, la simplicité des tableaux mais surtout dans le sens aigu des couleurs… Juste ce qu’il faut là où il faut !

C’est donc sans hésitation que j’ai choisi le livre Poésie Cousue, quand Sarah de Quiltmania m’a appris que j’avais gagné un livre à choisir grâce à un jeu sur Facebook ! Merci, je suis ravie de l’avoir !

Fleurs, légumes, animaux, la Nature dans toute sa simple évidence est croquée par Misao Wada, mais aussi des souvenirs d’enfance ou de voyages.  Le coup de baguette magique qui fait de ses appliqués des œuvres d’art est l’utilisation de tissus anciens, usés, décolorés, des tissus à trame lâche qui laissent passer le jour, et curieusement des fils contrastés et des points bien visibles qui, loin de nuire, donnent un halo de lumière et complètent l’aspect rustique déjà évoqué par les tissus. Je regrette de ne pas l’avoir abordée, une soudaine timidité m’a fait tourner en rond autour d’elle sans ouvrir la bouche !

Que dire des amies, toujours plus nombreuses, de France Patchwork et/ou de ce blog, rencontrées dans les stands et les allées ? Des rencontres inoubliables elles aussi, des confidences, des rires de bon matin (merci encore Chantal pour ton hospitalité !)… Je serais bien restée plus longtemps, mais un avion n’attend pas…

Stand France Patchwork, toujours un lieu convivial où l’on échange des dernières nouvelles !

 

La Fête du Fil dans le Tarn

Encore une info concernant ce département d’Occitanie que je ne me lasse pas de visiter !
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Tous les ans autour du 15 août, c’est la Fête du Fil à Labastide-Rouairoux (81), aux portes de l’Hérault (34) et au cœur du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc. Riche d’une longue tradition textile, des passionnés font revivre cette vallée de communication, où passait déjà la voie romaine entre Nîmes et Toulouse, puis un chemin de St Jacques de Compostelle (la voie d’Arles).
Les activités séculaires tournent autour des ressources des bois, de la fabrication du verre, de l’exploitation du fer, des ardoises, de l’eau (force hydraulique notamment)… et surtout, en ce qui nous concerne, de la laine. Toute la chaîne de production se trouve dans la région : élevage des moutons, préparation des toisons, filage, teinture, tissage etc. D’ici sortaient au XXe siècle des tweeds utilisés par Coco Chanel pour ses petits tailleurs par exemple. Le Musée Départemental du Textile de Labastide-Rouairoux est passionnant ! De toute cette activité, il ne reste qu’une filature, Les Toiles de la Montagne NoireLeurs toiles sont de très haute qualité, tout au long de l’année je profite des nappes et torchons achetés chez eux.
Parmi les incontournables de la Fête du Fil, il y a tous les ans l’exposition des cartes textiles reçues sur un thème donné. Cette année, le Japon est à l’honneur ! Pour participer, voici les conditions (à lire aussi sur le site) :
appel-art-postal-labastide-rouairoux-festival-tarn-musée-textile-japon-kimono-bonzai-kawai-artiste-textile-loisirs-créatifs-puces-couturières
N’hésitez pas à participer et poster vos cartes… et peut-être envisager un tour du côté du Tarn cet été !

 

Drôles de signes : dièse, hashtag… ou encore igeta

Après l’esperluette et l’arobase, voici venu le tour du :Hashtag

Hashtag, ce croisillon signalant un mot-clé dans notre monde moderne informatisé, devient peu à peu connu de tous. Il a été question de le franciser… mais c’est déjà peine perdue, les habitudes sont prises. Au Québec dans cette utilisation, il s’appelle pourtant mot-clic ou mot-dièse ! Ce croisillon s’appelle hash car il ressemble à du hachage (une coupe en petits morceaux avec de multiples entailles).

Do dièse en clé de sol
Do dièse en clé de sol

J’aurais aimé qu’on dise plutôt dièse, mais ce n’est pas si simple ! Le dièse, signe musical signalant l’altération d’un ton vers le haut (qui se dit sharp en anglais), n’est pas tout-à-fait le même signe :HashtagAndDiese

Moi qui suis gauchère, je suis sûre que je ferais le signe spontanément dans un autre sens encore si je l’écrivais à la main ! Tout aussi parlant, ce tableau :croisillon-diese2-png

A noter que la touche « dièse » du téléphone est un hashtag 😉 Ce croisillon des réseaux sociaux rejoint l’histoire de l’arobase inusité du clavier, mais pour # il y a surdose d’utilisations maintenant !

En anglais, si on veut écrire n° 1, on le figure ainsi : #1, il s’appelle alors sign number, signe de nombre. 

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A gauche lb écrit par Isaac Newton, à droite imprimé en tant qu’abréviation du pound.

Mais ce croisillon vient de bien plus loin et, le croirez-vous ? encore du latin ! Il vient du système avoirdupois. Mais non, le ciel ne m’est pas tombé sur la tête, c’est bien le nom du système de poids anglophone avec les livres, les onces, les grains (pound env. 453 g, ounce env. 28 g, grain env. 65 mg) et autres divisions qui nous sont inconnues… Cela vient du vieux français avoir de peis/pois (selon les régions), quand on pesait tout avec des poids. Le pound (= la livre) vient de libra pondo, « le poids d’une livre », abrévié lb (LiBra). Pour singulariser cette unité, on lui a souvent ajouté une barre et à force de mal l’écrire, c’est devenu #. Ce # symbolise donc très souvent l’unité de poids « pound » dans le système avoirdupois et a mérité ainsi une place sur le clavier de machine à écrire. Vous suivez encore ? Bravo !  Encore une petite précision : même origine « libra » pour la livre (Pound) £, unité de monnaie britannique (on pesait 12 deniers pour une livre). Si vous avez lâché en cours de route, je ne vous en voudrai pas…

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Vitrail de la cathédrale de Chartres, montrant la pesée de pièces (baie 41)… sur fond de bleu de Chartres

# est source de confusion même pour les Anglophones qui l’utilisent encore pour d’autres cas, comme la valeur calorique d’un aliment ! Alors, un peu plus ou un peu moins, on a pris # pour de nobles causes informatiques… A quoi pourra servir un jour notre signe °, qui marque les degrés Celcius et les numéros (n°) ? Et § (paragraphe) ?…On aura peut-être un jour la surprise de les voir débarquer dans le nouveau monde informatique…
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En patchwork, ce sont des croisillons bien droits qui ont la cote :

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Un bel hashtag quilt, de style classico-moderne, fait par Camille Roskelley. Son modèle est en vente. La particularité de ce bloc est d’être simplement fait avec des jelly rolls.

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Ce quilt sur fond gris est particulièrement chic ! Fait par Lauren Deel.

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Hashtags collés de Ms Midge

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Très joli quilt aux hashtags irréguliers ! Quilt Tania Finken, chez Fons & Porter

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Il y a quelques jours, alors que je préparais cette rubrique « drôle de signe », j’ai bien apprécié l’article des Conteuses (Il était une fois les points contés) faisant en coussins de beaux exercices de style tridimensionnels :

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Ce bloc est bien plus sophistiqué qu’il n’y paraît, bravo mesdames ! L’effet tridimensionnel est saisissant.

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Comme le patchwork nous fait toujours voyager, comment ne pas penser au signe 井, si proche du hashtag mais venant de la si lointaine Asie ?

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Bloc igeta de Susan Briscoe, vu sur son blog et dans plusieurs de ses livres.

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Armoirie familiale igeta

kasuri in blue井 est un signe commun au chinois et au japonais ; ce caractère kanji signifie source d’eau et c’est un des dessins les plus populaires en ikat japonais (appelé kasuri), associé ou non avec d’autres motifs. Susan Briscoe le nomme igeta , qui est plus précisément le croisillon de la margelle en bois entourant un puits :

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Dans les campagnes japonaises, il était très commun de trouver cette construction au cadre de bois nommé igeta.

J’avais déjà parlé des kasuri par ici, mais si vous souhaitez faire une immersion dans la culture japonaise, rien de mieux que le blog de la Chambre des Couleurs !

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91+ToaTsfZLNotre chère Andrée a une magnifique collection de tissus qu’elle veut utiliser au mieux. Tout comme moi elle apprécie beaucoup ce livre de Susan Briscoe ci-contre, plein de belles idées sur le thème du Japon.

Andrée a choisi le bloc igeta pour s’amuser à mixer différents tissus, avec la base d’un beau batik aux feuilles de ginko.

batikgingkoL’ensemble fait automnal avec ses couleurs chaudes et Andrée réfléchit à une bordure pour faire chanter ses blocs ! Nous avons une petite idée… alors à bientôt pour le quilt fini !

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Le top, bientôt encadré d’une bordure, puis quilté !

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Prochainement, rendez-vous avec un signe très affectueux…

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Challenge en blanc et indigo… et pivoine blanche et pourpre

Une connaissance m’a montré des tissus japonais achetés, ne sachant comment les mettre en valeur. Son envie était d’avoir un plaid pour couvrir un fauteuil fatigué. Avec mes nombreux projets – dont un quilt à faire pour le mariage de l’amie d’enfance de mon aînée – je n’avais aucune intention de me charger d’un ouvrage supplémentaire. Mais ces tissus m’ont parlé, je n’ai pas su refuser !DSCN0307

Le challenge était de faire quelque chose de ces trois tissus. Les deux dessus sont des tissus japonais tissés pour en faire des kimonos d’été (Yukata), ils ont donc, de lisière à lisière, la largeur de 35-36 cm. Il y en a 120 cm de chaque. Le tissu de dessous est, lui aussi, un coton teint à l’indigo de manière artisanale. Ses parties blanches comportent par endroits encore des restes de la cire posée pour que la teinture ne se fasse pas à cet endroit (technique de la réserve). J’en ai un peu plus : 2 mètres en 90 cm de large. Que faire pour ne pas dénaturer ces tissus beaux par eux-mêmes et plutôt rares et précieux ?

mix and match S. BriscoeJ’ai acheté du tissu marine pour compléter, ainsi que du blanc naturel pour le dos. J’ai lavé tous les tissus, ouf aucun indigo ne déteint ! Les résidus de cire ne sont pas entièrement partis, je laisse ainsi. Après quelques recherches dans les livres qui pouvaient m’aider, j’ai décidé de faire en centre un bloc présenté dans un livre de Susan Briscoe, idéogramme d’origine chinoise je crois pour dire « Bonne chance » !

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Ce même idéogramme est présenté ici, signifiant « good luck » !

Voici le mien, avec des bandes ajoutées afin d’arriver à 35 cm de côté (largeur du tissu imprimé) :

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Puis j’ai continué avec des bandes de tissu en coton marine intercalées pour mettre en valeur chaque imprimé et quelques variantes de montage pour faire ce top :

La Ruche des Quilteuses
Le top fait 140 cm de côté, j’avais promis de faire un plaid d’au moins 120 cm, mission accomplie ! C’est bien indigo foncé, même si la photo fait penser à du noir ! Ces tissus ne sont-ils pas superbes ?

 

Et voilà le top ! Il faut encore que je le quilte puis je rendrai ces tissus, quelque peu mis en scène, à leur propriétaire !

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En prenant la photo du top ci-dessus dehors, je n’ai pas résisté à l’envie de photographier aussi une des fiertés de mon jardin : une pivoine arbustive à l’histoire passionnante (pour moi en tout cas). 

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Cette pivoine s’étale maintenant sur 2 mètres ! Cette année elle porte moins de fleurs que l’année dernière, mais je le lui pardonne bien volontiers. Les fleurs étaient simples à la première floraison, elles sont maintenant doubles et dégagent un merveilleux parfum, ce qui est rare chez les pivoines.

 

Un botaniste américain d’origine autrichienne, Joseph Francis Rock, a découvert en 1925 dans une lamasserie de l’ouest tibétain une pivoine à nulle autre pareille, blanche au coeur pourpre, à l’envoûtant parfum. C’est une pivoine sauvage venant d’une vallée retirée dans la région de Ganzu (Chine), lui disent les Lamas. Malgré tous ses efforts, ses expéditions, ses recherches, il n’en trouvera aucune autre trace, ni lui ni personne. Toutes les pivoines Rockii du monde descendent des graines de cette unique plante ! Nous avons acheté la nôtre dans le Gers (La Pivoine Bleue). Une pivoine Rockii était rare voilà quelques années encore, maintenant on peut en trouver facilement.

Cet homme n’était pas seulement botaniste, c’était un incroyable aventurier qui a à la fois parcouru tous les dangers et vécu en Dandy, excentrique et génie scientifique, extrêmement doué et roublard, errant de par le monde, botaniste, journaliste, espion, explorateur, sorcier… Sa vie est un roman palpitant qui a inspiré à la fois cinéastes et romanciers :

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Horizons Perdus, film de Franz Capra d’après le livre de James Hilton

 

Connaissez-vous le Shangri-La, ce nom qu’on voit maintenant un peu partout pour évoquer un lieu serein ? C’est dans Lost Horizon, roman de J. Hilton, que ce lieu utopique fut inventé à la suite des récits de ce fameux Joseph Rock !
En France, Irène Frain, notre Bretonne amoureuse de l’Inde, de l’Asie et des aventuriers, a aussi écrit deux livres sur l’homme sauveur de pivoine :

au royaume des femmes a la

Alors je regarde ma pivoine arbustive avec beaucoup de bonheur, pensant aux mille péripéties du botaniste-aventurier…

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Il vient de pleuvoir, elle reste quand même magnifique ma chère pivoine Rockii…

 

Parmi les nombreux sites consacrés à cet homme à la vie si intense et mystérieuse, il y en a un en français : http://josephfrancisrock.free.fr/josephfrancisrock_accueil.html

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