Quel bouleau !

Oublions un instant le drame causé par Putin – allez savoir pourquoi, je préfère l’écrire à l’anglaise… Le printemps arrive, c’est le moment de reprendre des forces vitales !

💚🌳💚

Le chêne, autre Roi des Forêts (on connaît Mon beau Sapin, Roi des Forêts…) est très présent tout autour de moi, dans mon jardin comme dans la forêt de Bouconne (31) que je fréquente souvent.

Cela me désole de voir, en pleine forêt, ces coupes claires sur bien 2 hectares… Seul un majestueux chêne a été épargné (photo du 23.02.22)
C’est le complément visuel du livre Être un chêne, preuve que beaucoup de personnes se soucient de mieux connaître les connexions dans la nature. C’est aussi un moyen fort de démontrer l’importance d’un arbre.

Au moment où le chêne a la vedette au cinéma, et j’en suis absolument ravie, je me tourne aujourd’hui vers un arbre plus gracile, le bouleau.

C’est pour certains l’arbre de la sagesse, un arbre sacré, un arbre dédié aux jeunes filles et au printemps. Et aussi, il est si beau ! Les Amérindiens faisaient grand usage de leur écorce, notamment en doublure de semelle des mocassins, pour rester les pieds au sec. En outre, ils imperméabilisaient leurs canoés avec cette écorce, sur une structure souvent en cèdre. D’autre part, bourgeons, feuilles, écorce et sève sont de précieux médicaments naturels, connus depuis des millénaires sans doute. La merveilleuse Hildegarde de Bingen déjà, au XIIe siècle, recommandait la sève de bouleau pour soigner les ulcères.

Au bord du lac au printemps, Gustav Klimt, 1901

Le bouleau est un arbre qui craint trop de chaleur et de sécheresse, c’est pourquoi je n’ai jamais osé en mettre un dans mon jardin.

Bouleaux, Carl Larsson – 1910. En Suède, les bouleaux sont beaux !
Petit déjeuner en plein air, Carl Larsson, 1919

Je vous en parle pour une bonne raison : pour la première fois, je fais une cure de sève de bouleau, ce liquide vital qui jaillit dans tous les arbres à chaque printemps. En prélever ne fait pas de mal à l’arbre, quand on le fait avec soin et qu’on bouche l’orifice à la fin avec une cheville en bois. Et à nous ?

J’ai découvert que, non loin de chez moi (80 km), une famille s’est fait la spécialité de fournir de la sève de bouleau. Cela se passe en Ariège, dans le Couserans, pays aux collines et rivières accueillantes.

Un charmant village du Couserans, Tourtouse, avec un rare donjon heptagonal (7 côtés), un théâtre de plein air, un bon restaurant traditionnel et des villageois adorables là aussi !

Boire de la sève au printemps est une cure bienfaisante d’après tous ceux qui l’ont faite, on parle de détox, de booster, d’anti-stress… C’est une eau reminéralisante : la sève contient du magnésium, du lithium, du silicium, du potassium, du calcium, du sélénium, du phosphore et même de la vitamine C. Jean-Louis Savignol* m’a expliqué que les effets sont variables car chacun est unique, la sève s’adapte aux besoins de chacun. Ce n’est pas magique et ne compensera pas une malbouffe, mais c’est un sacré coup de pouce offert par la nature ! La seule contre-indication est l’allergie déclarée à l’aspirine, car le bouleau contient de l’acide salicylique, le principe actif de ce médicament.

*Quatre générations dans la ferme, de l’arrière-grand-mère à la jeune Jade, en passant par Christine et Amandine. L’indispensable Jean-Louis Savignol prend sans doute la photo !

Voilà des gens qui se sont créé leur vie telle qu’ils la rêvaient ! Cela peut faire rêver bien d’autres, mais c’est une réussite au prix d’un travail acharné, de bonnes décisions mûrement réfléchies, des échecs surmontés, et de l’obstination de ne pas abandonner aux premiers obstacles.

Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer.
Paulo Coelho

Des Mérengais dans leur champ, avec un bois de bouleaux en arrière-plan, à Lasserre (09) le jour de notre visite (le 22.02.2022). Ils sont très proches des chevaux dessinés dans les grottes préhistoriques ariégeoises, à Niaux, il y a 13 000 ans. Depuis la nuit des temps, ces chevaux ont aidé les paysans et les mineurs, sont de formidables compagnons de voyage… Napoléon les réquisitionna pour sa Campagne de Russie, pour leur résistance au froid, leur force, leur frugalité...
Ils ne volent pas leur surnom de Prince Noir Ariégeois.
Moustic, pendant la transhumance de juin 2021, une splendide photo de Sylvie Lapouzarie (Facebook)

La famille Savignol élève des chevaux de Mérens, cette très ancienne race locale, dans le plus grand respect de l’animal. Elle tient aussi un Gîte de France et 3 chambres d’hôtes. Et au frémissement du printemps, à partir de fin février (ou début mars, selon les années), ils récoltent de la sève dans leurs bois de bouleaux à 500-600 m d’altitude, puis en fin de saison plus haut en montagne (jusqu’à 1 200 m). On arrête le prélèvement dès que les feuilles paraissent. Vous imaginez tous les travaux qui s’égrènent au fil des jours, des mois, des années… Quel boulot !

Ils vivent à Lasserre, village du Parc Naturel régional des Pyrénées ariégeoises, qui connaît une nouvelle jeunesse. 160 habitants en 2000, plus de 250 aujourd’hui, avec 50 enfants à l’école ! C’est l’attrait de la vie dans la nature -si belle à Lasserre, avec sa vue époustouflante sur la chaîne pyrénéenne- son bon air, sa convivialité… A présent c’est trop tard, les maisons, même les ruines, sont vendues et les prix des terrains atteignent des sommets, plus que pyrénéens

J’aime beaucoup France Guillain, femme énergique qui, depuis plus de 40 ans, s’emploie à partager son bon sens et ses découvertes pour notre santé. J’ai lu la plupart de ses livres et j’observe une partie de ses conseils pour une bonne et belle vie.

Son nouveau livre reprend l’essentiel sur la sève de bouleau, ainsi que d’autres aliments hautement recommandés. Elle est ambassadrice de la sève de bouleau de l’Ariège !

La sève de bouleau est un aliment naturel. C’est l’élixir de vie des arbres, dont nous pouvons profiter. Notre corps, prodigieusement intelligent, saura en tirer tous les bienfaits. On la reçoit telle qu’elle sort de l’arbre, claire, douce, fraîche. Si d’aventure vous la laissez à température ambiante un certain temps, elle va fermenter, pétiller… et sera d’autant plus puissante, riche de millions de bonnes bactéries, mais plus difficile gustativement à avaler !

Je ne suis pas seule à leur avoir rendu visite cette semaine ! Écoutez France Bleu Occitanie, cette émission d’hier à 10h30, visionnez les informations France 3 Occitanie dans le 19/20 du 23/02 et dans le 13 Heures du 24/02 !

Souhaitez-vous également faire une cure ce printemps ? Vous pouvez commander ici et vous faire livrer un pack de 3 ou 5 litres chez vous, il sera protégé par un emballage isotherme (ce sont les seuls à le faire). Le prix se justifie amplement par le travail que cela représente, les soins pris pour garantir la pureté (j’ai visité leur laboratoire !) et puis je dirais qu’on choisit ses priorités…

Jean-Louis sera aussi à Paris au Salon de l’Agriculture du 3 au 6 mars, et puis au Salon de Toulouse, de Bordeaux… Allez le voir, discuter avec lui, et lui faire un coucou de ma part !

Les commandes partent les lundis, mardis, mercredis, alors le week-end est un moment parfait pour commander ; vous recevrez votre élixir de vie normalement dans la semaine (l’option livraison en point relais est gratuite). A vrai dire, en tout début de saison comme maintenant, la seule limite est le jaillissement de la sève, très timide encore ces jours-ci ; le rythme de la nature dicte leur capacité à faire les envois. Amandine est la fée du service clients au 07 84 46 96 85, n’hésitez pas à la contacter (ou email : info@seve-bouleau.fr).

Faites-vous du bien avec leur sève de bouleau 💚

Pour vous aider à franchir le pas, vous bénéficiez d’un code promo, KATELL, vous offrant 5 %, parce que vous le valez bien !

Comme un article ne serait pas complet ici sans quelques quilts, en voici en voilà, pour votre inspiration, des inédits (je crois) sur la Ruche, avec des bouleaux bien sûr :

Sharon Koppel, Pennsylvania
Sharon Koppel, quilt en vente
Beth Van Wyngaarden
Un autre quilt de la même artiste Beth Van Wyngaarden. Vraiment, je suis tentée d’en faire un moi aussi…
Beauty in the bark, Blue Nickel Studios, le même styliste qui m’a inspiré le quilt pour ma sœur Véronique

Vous pouvez lire d’autres quilts sur le thème des arbres en suivant ce lien.

Quand la passion du patchwork rejoint celle des arbres et de la nature,
et en plus que cela nous fait du bien… C’est la Joie 🌞 !
Katell

Octobre Noir

L’année 2020 est pourrie, on l’a bien compris. Et pourtant, en septembre, qui aurait parié sur un Octobre aussi Noir ?

Je m’excuse auprès de toutes les autres années
que je disais pourries,
je n’avais pas encore vécu 2020.

Le mois noir commença avec la tempête Alex : deux belles vallées des Alpes-Maritimes ravagées, faisant de nombreuses victimes, certaines ont perdu la vie, d’autres ont perdu tout le reste. C’est pour ces personnes en détresse que nous pourrons offrir un quilt. Ce n’est pas essentiel, mais c’est un petit cadeau de solidarité qui réchauffera les cœurs et les corps au moment de la distribution, en 2021 sans doute. Je relaierai l’adresse d’envoi postal dès que je la connaîtrai. 

@solidarite06 est une association caritative sise à Nice, qui travaille avec le Secours Populaire pour faire cheminer les dons pour les sinistrés. C’est peut-être par eux que se fera l’offre des quilts. Attendons cependant les recommandations de France Patchwork pour une action coordonnée.

Solidarité des quilteuses du monde : les incendies gigantesques en Australie qui nous émurent en janvier 2020, ont engendré 15 000 blocs d’arbres, soit 750 quilts à faire. L’Australie ne passe pas à côté du Coronavirus et malgré tout, leurs quilteuses vivent une année unique, entre excitation et lassitude, esprit de solidarité et découragement, tant le travail est immense. Mais elles avancent avec détermination… Voici un tout petit florilège des quilts terminés :

Les actions solidaires des Quilteuses sont autant de sourires, à condition que l’organisation soit solide. Les quilteuses australiennes font face à ce gigantesque travail de choix des blocs à mettre 20 par 20, d’assemblage, mise en sandwich, quilting, bande de finition… Nous savons ce que cela représente… à faire 750 fois !! Alors encore un immense bravo aux Australiennes !

Octobre Noir… Que dire de la décapitation d’un prof ? Pour des dessins ?? Ce vendredi 16 octobre, jour des vacances, aurait dû être un jour joyeux. Un ami de ma fille, prof dans ce collège, avait partagé avec son copain et collègue Samuel son dernier déjeuner, ils avaient fait une partie de ping-pong ensemble avant 14h. Quel traumatisme pour tous les proches, tous les profs, toute la population.

Et comme si cela ne suffisait pas, les contagions du coronavirus se multiplient et nous voici de nouveau confinés ce soir-même. 

On peut se croire en enfer, mais la commune Les Rousses dans le Jura, se demande si on n’est pas déjà au Paradis. Cette photo date de mars 2020 et continue de faire le tour des réseaux sociaux

Ce mois d’octobre déjà bien noir se termine avec le début d’un nouveau confinement. Un choc, une chape de tristesse, même si on nous y préparait depuis 2 jours.

Beaucoup de personnes, pour diverses raisons, éprouvent de grandes difficultés directement à cause de la pandémie – santé défaillante, séparation, manque de revenus, perte d’emploi… De la tristesse, de la révolte qui couve… Quand on voit les tensions dans certains pays récemment reconfinés, on sait que tout peut arriver. Certains se révoltent néanmoins avec humour : un père de famille de Newport (Pays de Galles) s’est présenté en supermarché en caleçon et masque, car lors de ce confinement, les magasins n’ont plus le droit de vendre ce qui est non essentiel, comme les vêtements…

Les vêtements sont devenus non-essentiels, d’après le gouvernement du Pays de Galles. Alors… Photo Wales News Service

Nous allons donc entrer en résistance. Observer le confinement puisque c’est la solution pour contrer le virus galopant, mais nous allons aussi nous distraire et nous motiver mutuellement. Pour ma part, avec la Ruche des Quilteuses, je continuerai de mêler arts textiles et lectures, pour une évasion immobile, avec un ou deux articles par semaine.

Ne broyons pas du noir quand nous avons tant d’autres couleurs !

Ensemble malgré tout, c’était l’élan créatif impulsé par France Patchwork au début du premier confinement. 

Samedi : Halloween, Samain et Pleine Lune

Commençons par une bonne nouvelle : après-demain, samedi, il fera beau temps et, la nuit venue, nous pourrons admirer la Pleine Lune, un spectacle qui me ravit toujours. On a encore le droit de regarder le ciel et rêver.

Samedi, ce sera le dernier jour d’un mois noir et le dernier jour de l’année dans le calendrier celtique. On connaît cette journée sous les couleurs d’Halloween en orange & noir, une formidable inspiration pour les quilteuses :

Halloween miniquilt, Pinkadot Quilts
Squelette en lisières, Riel Nason
Les citrouilles de Bonnie Hunter, modèle dans son livre String Frenzy.
Etoile à 5 branches de Victoria Findlay Wolfe, aux couleurs de Halloween, même si ce n’est pas le sujet du quilt !

Halloween (contraction de mots anglais) est une fête grand public, devenue très commerciale. Nous n’en avons que l’écume, les bonbons et les décorations. Et pourtant, cette célébration vient d’Europe, on la dit millénaire et on l’appelle aussi Samain (mot gaélique/celtique) : elle n’est pas une création américaine, ce sont les Irlandais qui ont émigré avec leurs traditions ancestrales et, dans leur nouveau pays, les croyances et habitudes se sont modifiées. C’est un peu la même histoire que les quilts qui ont traversé l’Océan avec les migrants : la plupart des blocs de patchwork ont été créés dans le Nouveau Monde, mais le patchwork, l’appliqué et le quilting existaient déjà.

Samaïn est une fête de fermeture de l’année écoulée, et d’ouverture de l’année à venir, c’est une charnière en dehors du temps. Comme toutes les sociétés archaïques, la société celtique était une structure très organisée où chacun connaissait sa place. Mais les Celtes savaient que seule une rupture abolissant ordre et structure et permettant au chaos de régner pouvait rendre cet ordre psychologiquement confortable. C’était le rôle de Samaïn. Les trois jours de ce festival échappaient au temps et chacun y faisait ce qui lui plaisait : les hommes s’habillaient en femme et vice versa, les barrières des fermiers étaient démontées et jetées dans les fossés, les chevaux changés de prés, et les enfants visitaient les voisins en exigeant des cadeaux et des gâteries, une tradition qui survit de façon atténuée dans la fête de Halloween (contraction de « All hallows eve » : la veille de la Toussaint, le 31/10).
Les Celtes comptaient le temps en partant de la nuit et en allant vers le jour, exprimant ainsi leur espoir dans l’évolution d’une conscience endormie vers une conscience éveillée. C’est pourquoi l’année celte commence avec une fête au cœur de l’obscurité : c’est la fête de Samaïn, dont le nom signifie littéralement « la chute du soleil ».
Samaïn ouvre donc le premier quartier, avec une fête qui dure trois jours : les 31 octobre, 1er et 2 novembre.
Samaïn est le Nouvel An celte.
Isabelle Padovani – Facebook
Il est bien difficile de rétablir ce qui se passait naguère en pays celtes, par manque d’écrits ou de traces archéologiques évidentes. Qui est sûr de l’interprétation des menhirs de Carnac ou de Stonehenge ? Ce que nous pouvons en lire est fondé sur des suppositions, des déductions, des convictions, plus que sur des certitudes.
 
La Wicca, ou l’éloge du paganisme et des sorcières
Ce qui est évident, c’est que nous avons raboté la plupart des rites anciens et que l’appel pour plus de sens dans nos vies, plus de merveilleux, titille beaucoup d’Occidentaux en quête de racines, d’authenticité… et de rêves.
Ainsi est née la Wicca, une nouvelle croyance occidentale.
Qu’est-ce que la Wicca ? C’est une croyance basée sur des racines païennes, qui tourne autour de la célébration des cycles naturels et des saisons.
Encore peu connue en France sous ce terme, la Wicca (qui vient de Witch Craft, l’Art de la Magie) rassemble à présent plusieurs millions d’adeptes dans le monde. Elle fut créée par un Britannique dans les années 1950. Pour ses détracteurs, la Wicca est un joyeux fatras de fadaises, anciennes superstitions et ramassis de bêtises ésotériques. 
Ce dessin celtique est le symbole de la série télévisée américaine Charmed, dans la droite lignée de la Wicca.
Et pour ses adeptes ?
On appelle aussi la wicca : le néo-paganisme moderne.
C’est la confluence de multiples pratiques pour célébrer la Force de Vie, c’est un chemin vers le savoir, la sagesse, l’acceptation des forces qui ne se voient pas. Les Wiccans – les adeptes de la Wicca – réapprennent les savoirs oubliés des ancêtres et découvrent un art de vivre lié aux énergies de la Terre et du Ciel. A leur guise, les Wiccans utilisent divers rituels et peuvent s’appuyer sur la cartomancie, l’astrologie, les cycles lunaires, les cristaux… pour capter et interpréter les énergies, pour mieux vivre et pourquoi pas, pour guérir. L’apprentissage et la pratique sont « à la carte », en solo ou en groupe.
L’étoile à 5 branches (ou pentacle) est devenu un signe wiccan
Samain et Pleine Lune, 13 Pleines Lunes dans l’année…
 
La nuit du 31/10/2020 sera chargée pour les Wiccans et les Sorcières avec une double actualité : la célébration de Samain tombe cette année à la Pleine Lune, phénomène rare puisque cette correspondance Samain/Pleine Lune n’était pas arrivée depuis 1944.
 
Une année comme 2020 avec 13 Pleines Lunes (ce qui arrive tous les 2 ou 3 ans), c’est un signe d’année troublée selon les anciens. Pour 2020, on peut aisément faire la liste des malheurs du monde et confirmer cette assertion. Les années à 12 pleines Lunes sont-elles pour autant calmes ?… C’est là qu’on se rend compte que les croyances peuvent nous convaincre de tout, notre souvenir peut associer aux années de 13 Pleines Lunes les drames de l’année… mais les autres années n’en sont pas exemptes.
C’est la responsabilité de chacun de vivre sa vie et croire en pleine conscience, avec discernement. 
 
Même en période noire, il y a la lumière quelque part… Orange & noir…
Naguère, les feux de joie ponctuaient toutes les fêtes. Photo Toa Heftiba
Feu de camp, quilt de Bernadette Mayr.

Si vous avez oublié l’actualité pendant 5 minutes, c’est déjà ça 😁
 
A bientôt pour vous montrer encore plein de belles choses et partager de bons moments ensemble,
Katell

Guérir : les énergies qui soignent

Le thème de la santé envahit notre quotidien avec inquiétude et saturation… promis, le Covid-19 n’est pas le sujet, je ne parle ni de vaccins ni de masques, mais de pratiques et perspectives bien plus étonnantes, où bien souvent les médecines se mêlent aux croyances…

Régression ou redécouverte ? A chacun de se faire son opinion ! Voici une longue liste de livres à piocher selon vos envies.

 

Il y a des livres fondateurs. En ce qui concerne notre santé, celui qui a le plus marqué notre début de siècle en France est certainement Guérir, de David Servan-Schreiber, paru en 2003 (puis Anti-cancer, en 2007). Avant ce livre, qui avait déjà entendu parler des bienfaits de la méditation ? Qui connaissait la cohérence cardiaque ? Qui avait écrit sur les Oméga 3 ? Qui avait lié guérison et activité physique ? Qui avait validé l’acupuncture et certaines pratiques extrême-orientales ? Qui avait fait connaître l’EMDR, une pratique qui peut remplacer des années de psychanalyse après un choc émotionnel ? Qui avait expliqué simplement les conflits de notre cerveau cognitif et notre cerveau émotionnel ? Qui avait avant lui, popularisé que notre cerveau a des mécanismes d’auto-guérison ?… Quel précurseur… Il a rendu populaire l’appropriation de la santé par vous et moi, même si nous étions déjà nombreux à pratiquer l’auto-médication, par exemple pour moi avec de l’homéopathie depuis les années 1980.

La méditation est devenue très populaire. Thích Nhất Hạnh, moine bouddhiste vietnamien, a popularisé le bouddhisme et la méditation dès les années 1970 aux USA. Un spécialiste de biologie moléculaire, Jon Kabat-Zinn, a laïcisé le concept dans les années 1980 pour en retirer les bienfaits de réduction de stress, pouvoir mieux affronter la douleur… Parallèlement un bouddhisme occidental est né, qui répond souvent mieux aux quêtes spirituelles actuelles que les autres religions. Pour aller plus loin dans la méditation en pleine conscience, lisez les nombreux livres de ce moine (en français), ainsi que ceux du psychiatre Christophe André ou bien d’autres comme Matthieu Ricard.

 

Illustration de la cohérence cardiaque, simple technique respiratoire à inscrire en routine quotidienne pour gérer le stress et l’anxiété.
L’EMDR est un protocole inventé par Francine Shapiro à partir de 1987, pour permettre d’atténuer des traumatismes sans utiliser la parole. Des mouvements oculaires permettent de baisser la tension émotionnelle et négative. Ah que notre cerveau est sophistiqué !

On oublie souvent le titre complet de ce livre,  Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse, tellement ses conseils semblent à la base des soins, et pas uniquement la dépression. La maladie, le mal-a-dit, le corps s’exprime et ce livre renoue avec la vision pure et simple de la santé : le corps nous parle par la maladie…

La maladie est l’effort que fait la nature
pour guérir l’homme.

Carl G. Jung

Attention, je ne fais pas ici le procès de la médecine occidentale. Dans bien des domaines – j’en bénéficie personnellement pour mes yeux – nous sommes bien contents de bénéficier de son efficacité. Ce qui serait vraiment positif, ce serait l’alliance de toutes les connaissances et non les combats entre chapelles. D’ailleurs, les protocoles et conseils de David Servan-Schreiber sont, pour certains, bien connus désormais et conseillés par les médecins occidentaux.  Simplement, quand vieillir heureuse en bonne santé physique et mentale devient un de ses projets, il faut s’investir personnellement. Cette quête m’a menée sur un chemin plein de surprises.

 

Des histoires impossibles… mais vraies

Au fur et à mesure de leurs parutions, j’avais lu ces recueils d’histoires extraordinaires collectées par Didier van Cauwelaert, ce romancier qui n’hésite jamais à faire parler les arbres (Journal intime d’un arbre), raconter les émotions des plantes (Les émotions cachées des plantes), des animaux (Jules), ou faire intervenir des fantômes, des réincarnations et autres esprits dans la plupart de ses romans. Ici, les histoires impossibles « garanties vraies », aux sources vérifiables, ébranlent les édifices cartésiens de notre culture. Quel rapport avec la santé ? L’auteur relate plusieurs guérisons « miraculeuses », des pouvoirs de guérisseurs, parmi d’autres histoires…

Ce que j’en retiens, c’est que tout ce qui n’est pas
actuellement explicable rationnellement
est vite taxé d’illusion, d’arnaque,
de tour de passe-passe,
mais les choses bougent… 

La santé vue différemment

Depuis des décennies, les livres sur la santé, la nutrition et autres sont publiés en abondance. Pour s’approprier un équilibre sain, on est prêt à chercher très loin, dans les pratiques de santé d’autres civilisations (comme par exemple l’ayurvéda, médecine traditionnelle originaire d’Inde ou l’acupuncture, partie de la médecine chinoise). Lors de rencontres avec ces praticiens, ce contact personnalisé, bienveillant… et souvent efficace séduit, car chaque personne est écoutée et considérée comme unique. Les médecines dites douces ou alternatives tiennent compte de la constitution, des énergies, et pas seulement des symptômes. 

Si la médecine conventionnelle admet les flux d’énergie (par exemple les transmissions par le système nerveux, les communications entre les neurones…), elle est fondée sur une explication biologique des maladies. Or les médecines anciennes, tout comme la thérapie quantique qui commence à faire couler beaucoup d’encre, se rejoignent : selon elles, nous sommes tout d’abord énergie, communication et liens avec la Terre et le Ciel ! Les défauts de communication entre les cellules engendreraient les maladies. Que le thérapeute communique avec l’énergie universelle (chamanes, guérisseurs) ou avec une machine de biofeedback (thérapie quantique), l’intention est la même et les résultats peuvent être bluffants.

Sorcières, déesses, guérisseuses, druidesses…

Le rôle des femmes dans la santé au fil du temps en Europe m’intéresse et inévitablement je tombe sur des histoires passionnantes et de sacrées personnalités ! Et heureusement, elles ont voix au chapitre de nos jours (partie suivante). Les commentaires vous sont ouverts après l’article, si vous avez des lectures éclairantes dans ce domaine à ajouter, car les rayons des librairies sont pleins à craquer et je suis loin d’avoir tout lu 🙂. 

Najin via Getty Images

La lame de fond vient de loin, de très loin. Les livres sur les sorcières, pour enfants mais aussi pour adultes, sortent les uns après les autres depuis quelques années. Est-ce une onde de choc de Harry Potter ? Ce mouvement mène à la question actuelle qui titille sur les réseaux sociaux :  pouvons-nous, chacune, valoriser la sorcière qui sommeille en nous ? Des images, des convictions sont ancrées dans notre inconscient collectif et pour faire le point, j’ai bien aimé ces deux livres :

Les sorcières furent les coupables idéales, peut-on dire qu’elles sont réhabilitées ? J’y ai beaucoup appris, j’ai intégré des points de vue passionnants, j’en ai délaissé quelques uns.

On peut retenir que les sorcières
sont les femmes qui savent utiliser
leur énergie et celles de la nature.

Ce début de siècle éclaire différemment le féminin dans le passé de l’humanité. Enfin on n’accepte plus l’inacceptable (#metoo) et l’équilibre entre hommes et femmes se réinvente, pour le meilleur espérons-le. Les femmes donnent la vie, soignent et inévitablement croyances et religions s’en mêlent et s’emmêlent depuis la nuit des temps.

Cependant, il apparaît que le monde n’a pas toujours été machiste. Savez-vous qu’avant les Dieux, il y eut les Déesses ? 

Quand les femmes rythmaient le monde… Plus qu’un rêve de féministe, l’auteure dévoile les premiers pas de l’humanité, débarrassée du filtre misogyne de nos historiens. La Mère-Terre est toujours vénérée par les peuples premiers. Le but de ce livre est de redonner sa place à la femme, complémentaire de l’homme, où la puissance n’est pas synonyme de domination.

Au passage, vous pouvez lire ce polar « qui n’a rien à voir mais quand même », avec une intrigue rondement menée :

Deuxième livre d’une trilogie noire (Le cri, Complot et L’île du diable) ; chaque livre révèle des pans oubliés de l’Histoire avec, en filigrane, la folie des hommes (ce qui n’exclue pas les femmes !).

Naïa, célèbre sorcière de Bretagne.

Des sorcières, la mémoire populaire retient les jeteuses de sorts comme l’affreuse belle-mère de Blanche-Neige avec la pomme empoisonnée, mais la plupart d’entre elles étaient, bien plus prosaïquement, les naturopathes d’antan, les magnétiseuses, les guérisseuses qui soignaient les corps grâce à leurs connaissances de l’âme humaine et des plantes. La plus brillante de toutes était Sainte Hildegarde de Bingen au 12e siècle.

Hildegard von Bingen est célébrée le 17 septembre,
date de sa mort en 1179 à 81 ans.
C’est pourquoi cet article paraît aujourd’hui :
une pensée pour cette grande dame ne peut faire de mal !

De nombreux livres sont parus à son sujet, mettant en avant sa musique, ses poésies, sa sainteté, ses prophéties, son alimentation végétarienne ou sa pharmacopée… Il y a quelques années, j’avais offert un livre-grimoire « fantaisie » à ma fille aînée, son contenu grand public est tout de même fort intéressant :

Vulgarisation des connaissances d’Hildegarde von Bingen, éditions Rustica, pour une entrée en douceur dans son monde. Le livre est ici sur un quilt fait pour la rentrée en 6e de ma fille aînée… deux décennies sont déjà passées, les couleurs s’affadissent, certains tissus sont bien abîmés, c’est un quilt désormais vintage !!

Les guérisseuses d’antan, les druidesses celtiques… Nous les côtoyons souvent dans les romans historiques. Spontanément je vous cite des livres populaires où on rencontre de beaux portraits de guérisseuses, même s’ils sont secondaires : Un monde sans fin de Ken Follett, La Promesse de l’Ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabessos, ou le personnage principal de Claire Beauchamp Fraser dans la saga Outlander de Diana Gabaldon… et tant d’autres dont je garde l’empreinte en moi. Quant à la saga Mémoire en 5 tomes de Christine Machureau, la protagoniste des premiers livres est guérisseuse et j’ai beaucoup apprécié cette immersion dans un Moyen-Âge réaliste. J’admire ces auteurs, de vrais spécialistes et grands travailleurs, car il faut des connaissances mais aussi beaucoup de finesse, de feeling pour restituer comment vivaient et surtout pensaient nos ancêtres. Je reste persuadée que beaucoup écrivent juste et vrai grâce à leur intuition, ils sont branchés quelque part à leur thème, c’est le privilège des artistes ! De nos jours, nous sommes tellement différents, tellement plus informés mais tellement moins sensitifs ! Nos ancêtres éloignés étaient, eux, naturellement réceptifs aux énergies et fort intuitifs. 

Détail de La Lune Blanche, quilt qui me rappelle les liens immémoriaux avec la nature.
Un esprit sain dans un corps sain (Juvenal, 1er siècle de notre ère)

Comme si nous souffrions trop du détachement de nos êtres à la nature, les forces cachées intriguent et le spiritisme revient à la mode par vagues, comme lorsque Victor Hugo faisait tourner les tables (lui et bien d’autres). De nos jours, beaucoup de personnes s’éloignent des religions établies car cela ne leur correspond plus pour maintes raisons. Et aussi, certaines manifestations religieuses font peur avec les intégrismes, les gourous et autres, mais pourtant, une part de chacun crie éperdument un besoin de spiritualité ou d’attachement aux racines de l’humanité. Car on le sait depuis toujours, la santé du corps est liée à la santé du mental et de l’esprit, c’est un équilibre à acquérir et/ou maintenir.

Se soigner en tissant des liens

Venons-en à mes belles découvertes de l’année, des femmes contemporaines qui, chacune à leur manière, partagent leurs connaissances avec intelligence et générosité. Toutes sont sur internet (IG, FB, Youtube ou leur site) et sont d’une incroyable disponibilité.

¤ Frederika van Ingen explique dans un livre dense – Ce que les peuples racines ont à nous dire, de la santé des hommes à la santé du monde – la vision de la santé par les Peuples Premiers ou Peuples Racines, qu’on nomme aussi les Indigènes, les Autochtones… les Sauvages… Ceux qui restent ont, vaille que vaille, conservé leurs connaissances ancestrales et gardé le lien avec leur environnement et leur tribu, entretenant l’équilibre des personnes et de la nature. C’est une constante, quel que soit le continent : ils considèrent la Terre comme la Mère, et le rôle des humains est de garder l’équilibre, l’harmonie de leur univers, ce grand corps vivant dont ils font partie. Prendre soin de soi, protéger sa santé, va de pair avec prendre soin de sa tribu et de son environnement, pour atteindre l’harmonie globale au moyen de plantes, d’incantations, de danses, de rituels de passage etc.

Le dernier livre de Frederika van Ingen auprès de mon mini-quilt Hozho, qui signifie harmonie, beauté, équilibre, dans la langue des Navajos.

Avec l’auteure, nous faisons un tour du monde au fil de ses rencontres avec chamanes, femmes-médecine, guérisseurs de nombreuses cultures premières, pour revenir sur nos terres françaises. En raison du cartésianisme, de l’individualisme, du sentiment de supériorité inculqués par notre culture, nous avons coupé net avec les soins pourtant empreints de sagesse de nos Anciens, qui reposent sur les flux énergétiques, les impositions de mains, les vibrations, les incantations, sans parler de la pharmacopée traditionnelle… Et pourtant, qui va nier l’efficacité des coupeurs de feu de nos campagnes au moment où certains radiologues conseillent leur intervention après une radiothérapie ? C’est une démarche saine et intelligente d’unir les compétences, au lieu de combattre celles des autres !

Sans perdre les beautés de notre propre culture et civilisation (il y en a !!), je ressens que nous devons retrouver la conscience d’appartenance à notre monde jusqu’à la moindre cellule et fibre et que nous devons protéger, respecter notre corps comme notre environnement – pour retisser des liens assurant notre équilibre en bonne santé. Je suis sûre que cela vous parle.

J’ai tout autant aimé son premier livre qui véhicule le même message global : nous avons beaucoup à apprendre des Peuples qu’on dit moins civilisés…

 

¤ Qu’est-ce qu’une guérisseuse, notre image locale du praticien qui communique avec l’invisible et l’énergie ? Dans le tsunami de livres à ce sujet, je peux vous conseiller un roman racontant l’histoire d’une femme qui découvre sa lignée de guérisseuses et ses capacités à entendre des voix de l’au-delà… Frédérique Deghelt a les mots justes pour faire admettre une histoire qui ressemble fort à celles collectées par Didier van Cauwelaert (voir ci-dessus). Ce livre est paru il y a quelque temps, mais je l’ai découvert cet été. A noter que l’écriture de Frédérique est particulièrement belle.

¤ Autre porte d’entrée dans la compréhension des guérisseuses, les livres que ces femmes osent écrire désormais, expliquant sans détour leur art. Sandrine Muller-Bohard détaille très clairement comment elle comprend le monde fait d’énergies dans L’énergie pour guérir, un livre très pédagogique :

A la lumière de son propre vécu, Sandrine Muller-Bohard explique qu’une maladie est une alarme ; il faut alors reprendre les rênes de sa santé, gérer les mauvaises énergies et ancrer les énergies positives pour rétablir l’équilibre entre corps, mental et âme. Vous avez une progression de connaissances avec ses livres suivants : L’énergie de l’invisible et Les vies antérieures et le karma.

¤ Vous pouvez aussi lire Karma Bitch de Stéphanie Abellan. On n’entend pas son charmant accent de Perpignan en lisant son livre, mais elle a gardé le franc-parler et la gouaille qui font d’elle une influenceuse sur Instagram. Hôtesse de l’air pendant presque une décennie, elle a changé de vie en 2018 pour créer des bijoux libérateurs, protecteurs et nettoyeurs de cellules, pour aider à retrouver la sérénité.

Son livre fait le tour des tendances ésotériques et des thèmes liés : spiritualité, karma, médiumnité, astrologie, libre arbitre, vie antérieure, visualisation pour guérir… 52 thèmes, 52 chapitres au ton humoristique, ce qui n’empêche pas un fond qui tient bien la route. Je l’ai récemment écoutée en conférence, elle est en vrai comme elle écrit : cash et bien à sa place, habitée par son rôle de guérisseuse-enseignante, elle a clairement trouvé son ikigaï (sa bonne raison de se lever le matin avec le sourire, concept japonais).

¤ Entrons à présent dans le monde de Natacha Calestrémé. Son long parcours de journaliste et réalisatrice de documentaires sur la protection de la nature est intéressant mais retenons qu’au fil de sa vie, elle a vécu maintes situations qui ont fait voler en éclats son esprit très cartésien et scientifique. Elle s’est trouvée la digne héritière de son grand-père guérisseur. Pour diffuser ses convictions et découvertes sans les dévoiler frontalement, elle a d’abord écrit une série de romans policiers, à lire de préférence dans l’ordre : Le testament des abeilles (2011), Le voile des apparences (2015), Les racines du sang (2016) et Les blessures du silence (2018). Très intuitive, l’auteure aborde à chaque fois des thèmes qui font la Une de l’actualité quelques mois après… Je vous laisse les découvrir, si vous prenez le temps de les lire.

Ces romans sont passionnants, les intrigues très bien menées et la part d’irrationnel est mesurée. Ils constituent une introduction naturelle – mais non indispensable – à son nouveau livre, un manuel intrigant : La clé de votre énergie. Natacha Calestrémé ne se cache plus derrière des fictions et offre, avec simplicité, conviction et générosité, un ouvrage de protocoles énergétiques.

Natacha aurait pu le présenter comme un grimoire de sorcellerie, en faire des tonnes sur le pouvoir magique des formules dévoilées dans son livre. Mais c’est une femme sérieuse, méthodique, et avec elle les pouvoirs les plus fous deviennent raisonnés et à portée de main. Pour revenir aux coupeurs de feu, j’ai vérifié un jour grâce à elle que je pouvais m’éviter de moches conséquences après une brûlure au fer à repasser… Tout est dans l’intention, et la conviction qu’on peut agir soi-même…

Récentes ou anciennes, toutes ces pratiques naturelles, certaines sans autre médicament que les énergies, sont liées, de David Servan-Schreiber à Natacha Calestrémé. Elles encouragent à se mettre à l’écoute des signes d’alerte et apprendre à agir. Mais on n’est pas seul, il ne faut pas hésiter à solliciter les personnes qui savent rétablir l’harmonie en nous :  certains médecins bien sûr, mais aussi des naturopathes, des guérisseurs, sophrologues, réflexologues, énergéticiens, etc. (les termes masculins incluant les femmes !)… Se renseigner autour de soi ! Le bouche-à-oreille est très efficace pour la transmission des bonnes adresses. Lire pour découvrir, c’est bien, mais profiter des connaissances des personnes compétentes c’est tellement mieux ! Mon bouche-à-oreille personnel souffle Cécile Oberdorff à Brax (31), une lumineuse guérisseuse traditionnelle, et Myriam Gandy à Grenade-sur-Garonne (31), une douce et très efficace réflexologue.

Attention, jamais un praticien sérieux ne vous demandera d’arrêter vos traitements médicaux ; dans le cas contraire, fuyez. Si le but est de diminuer vos doses voire de les supprimer, c’est à faire AVEC votre médecin. 

Cet article est long, c’est pourtant une très courte introduction par la lecture à ce monde des énergies qui soignent. A vous de poursuivre dans ce domaine, si cela vous intéresse.

Ne me croyez pas tout de go, expérimentez !

Dans le prochain article, vous lirez que la créativité d’une quilteuse soigne aussi…

Portez-vous bien, écoutez votre voix pour trouver votre voie,
Katell

 

Guérir : faire passer la lumière

Dans notre monde des arts textiles, le Japon compte beaucoup. On y trouve d’abord des artistes exceptionnelles, un raffinement inégalé, des tissus émouvants… Je reste personnellement amoureuse des styles de Keiko Goke, Shizuko Kuroha et de Marie-Claude Tsuruya, Japonaise par alliance. La première incarne la modernité, l’improvisation et la richesse de la fantaisie, alors que les deux dernières subliment les étoffes devenues précieuses par leur ancienneté et leur symbolisme : les vrais indigos, les sarasa et tous ces beaux tissus provenant des kimonos… En ce qui concerne l’art des quilts au Japon aussi, modernité et tradition restent à égalité dans mon cœur.

Même si j’ai admiré les quilts en tissus taupe, je n’en ai jamais été très fan personnellement, mais cela a permis un rapprochement entre nos deux cultures. C’est toujours bénéfique🙂.

Mont Fuji – Japon ©Travel mania. shutterstock

Peu à peu, la mode japonaise a quitté le devant de la scène du patchwork mais a gagné les étagères des librairies pour nous insuffler de nouvelles habitudes. Rangeons avec Marie Kondo pour un intérieur minimaliste, épanouissons-nous avec la recherche de notre ikigaï (la raison pour laquelle on a envie de se lever le matin), mangeons comme à Tokyo des sushis et comme à Okinawa une soupe miso au petit-déjeuner, offrons nos cadeaux emballés d’un furoshiki, jouons à Super-Mario et lisons des mangas, promenons-nous dans les bois pour un shirin yoku (bain de forêt bénéfique), apprécions l’imperfection avec le wabi-sabi, les reprises textiles avec le boro et le chiku-chiku… J’ai l’air de me moquer de toutes ces modes venues du Soleil Levant, mais non, j’y suis sensible et parfois m’y adonne avec enthousiasme, comme plusieurs d’entre vous ! 

 

Le Kintsugi

Et voici la nouvelle mode venue du Japon !

Kintsugi (japonais) « réparer avec de l’or » : c’est l’art de réparer des poteries avec de la laque d’or et comprendre que l’objet devient plus beau parce qu’il a été cassé.

A vrai dire, j’estime infiniment ce concept.

Cette phrase reprend l’esprit de celle de Michel Audiard qui a dit : Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière.

Ah la beauté de l’imperfection, le wabi-sabi ! C’est un concept que je défends depuis longtemps en patchwork et que j’ai abordé dans mon livre BeeBook (toujours en vente auprès de France Patchwork et, espérons-le, bientôt de nouveau en Salons de loisirs créatifs et en JA !). Avec le Kintsugi, il s’agit de réparer sans essayer de rendre l’apparence du neuf, agir en assumant les rides de l’âge, la marque des fêlures. Les deux principes se complètent : l’acceptation de l’imparfait, du « pas neuf », et la vision de la beauté hors jeunesse et nouveauté.

L’art du Kintsugi est donc traditionnellement appliqué aux objets fêlés, cassés, puis réparés avec un soin extraordinaire : les fêlures sont colmatées à l’or, les défauts sont sublimés, les faiblesses rendent l’objet plus solide qu’à l’origine…

La coach Céline Santini va plus loin en faisant le parallèle entre le Kintsugi et la résilience, ce principe psychologique mis en lumière par Boris Cyrulnik. Il s’agit de la capacité d’une personne à transformer un traumatisme en souvenir acceptable, à partir duquel on peut se reconstruire. On guérit en soignant ses blessures et on devient même meilleur et plus fort.

Son livre détaille à la fois l’art de réparer une fêlure d’un objet à l’or et celui de se réparer psychologiquement, se développer harmonieusement, pour aider à mieux vivre. On lit même que les personnes ayant été cabossées par la vie et qui se sont réparées, deviennent plus touchantes, plus intéressantes, plus authentiques. Le parallèle est saisissant. C’est un beau livre que j’ai eu grand plaisir à lire.

Le Kintsugi en patchwork

Déjà, au 19e, le japonisme, la Japanmania, touchait les artistes occidentaux. Pendant que les impressionnistes et autres peintres contemporains modernes s’inspiraient de l’art de l’estampe, l’art de la craquelure des poteries et porcelaines séduisaient les Américaines au point de s’en inspirer et de créer… le patchwork crazy ! C’est du moins une des versions, la plus vraisemblable d’ailleurs, de la naissance de ce style.

Sur un de mes crazy, le livre de Denyse Saint-Arroman, un des rares bouquins sur le crazy en français.

Le Bazar japonais à l’Exposition Universelle de Philadelphia, en 1876. Les porcelaines craquelées furent les inspirations pour le crazy patchwork, et en même temps, au même endroit, les dessins qu’on voit en décoration donnèrent l’idée de créer le bloc de l’Assiette de Dresde (voir son incroyable histoire par ici).

En Angleterre, Charlotte Bailey emballe de tissu chaque morceau d’une porcelaine cassée et les joint en décorant les failles au fil d’or fixé au point de Boulogne, le résultat est incroyable :

Un vase cassé ? Charlotte Bailey a conçu un long processus de rénovation avec chaque morceau emballé de tissu…

Rassemblé par collage, il est ensuite embelli au fil d’or au point de couchure (point de Boulogne ou autre point décoratif apparenté). On peut aussi imaginer faire ces embellissements à la cannetille (disponible chez Neelam)
Deux poteries sublimées par Charlotte Bailey.

Le Kintsugi a fait récemment irruption dans la mode du patchwork moderne, quand il s’agit d’ajouter une petite pièce après une erreur de mesure par exemple. Au lieu de cacher le rattrapage, on le met en valeur, comme ici, après des erreurs de coupe, avec un tissu finement rayé et très visible :

Bien sûr, il apparaît sur des poteries quiltées :

Le principe est devenu plus abstrait en représentant des failles :

Le Kintsugi devient aussi des lignes cassant un bloc, avec les inserts de bandes assemblant le patchwork :

Le livre qui a grandement popularisé le Kintsugi dans le patchwork improvisé est du Britannique Nicholas Ball. Bizarre, je n’ai pas encore pris le temps de vous parler de lui alors que je me sens si proche de sa démarche !

Double page montrant le quilt Kintsugi de Nicholas Ball (éditions Lucky Spools)

Comme bien souvent, Debbie de Seattle a judicieusement utilisé le modèle pour en faire un quilt, simplement beau comme j’aime :

K comme Kintsugi…
Cette lettre m’inspire pour faire mon premier bloc officiel à la manière Kintsugi – même si, avec les quilteuses Patch d’Oc, nous avions déjà utilisé cette technique d’insertion pour nombre de blocs du blason de Lacaze sans lui donner d’autre nom que patchwork libéré.

Ce sont ici les tout premiers blocs faits avec mes amies pour le quilt Blason de Lacaze, avec l’esprit libre de contraintes. Un grand amusement !

K comme Katell. J’ai d’abord pensé écrire mon prénom en langue des oiseaux (piou-piou, cui-cui ? Non, ce sont des jeux de sons, de lettres, de mots, des jeux de sens cachés de mots ou de phrases…), Katell devenant simplement KTL. Le E, avec ses 3 barres parallèles, me semblait le plus difficile à intégrer, mais finalement j’ai écrit toutes les lettres, le E se pliant tout de même gracieusement à l’exercice ! 

Ce sont les premiers essais, je sens que je vais bien m’amuser avec ces lettres très stylisées façon Kintsugi ! Ici un seul bloc pour deux L – deux ailes – pour voler plus vite. 

Ce sera un petit quilt, à poser sur une table, avec son esprit discrètement japonisant… Se souvenir de la beauté de la fêlure qui laisse passer la lumière…

A très vite,
Katell