Être un chêne

C’est un récit unique, très précis scientifiquement et si poétique :

Laurent Tillon, ingénieur chargé de mission en biodiversité auprès de l’ONF, nous transmet l’histoire que lui a raconté son chêne…

Je le lis avec délectation, un chapitre par jour pas plus… Cela me remet de la lecture de S.A.R.R.A. 2, où j’avoue prendre moins de plaisir que la lecture du tome 1, car le malaise domine dans ce monde où l’intelligence artificielle prend notre place décisionnaire… Dans cette double période électorale (la nôtre et celle du tome 2 de SARRA de David Gruson), on croit que les hommes et femmes sont le sujet principal 😉 :

La politique est l’art de se servir des hommes
en leur faisait croire qu’on les sert
.
Louis Dumur – Les petits aphorismes sur la politique (1892)

… alors que ce qu’on appelle la machine administrative, symbole de la pesanteur et de l’inaction, peut devenir la machine à broyer menée par l’IA (intelligence artificielle). Ne perdons pas de temps pour conserver notre humanité (je sais que c’est un roman, mais ce monde est la suite logique du nôtre), notre maîtrise des décisions, nos libertés, à mettre au service d’un futur vivable et si possible agréable, en ville comme à la campagne. Et primum non nocere, en premier lieu, veiller à ne pas nuire, ni aux autres, ni à la nature.

Chaque fois que l’on se promène dans la nature,
on reçoit beaucoup plus qu’on ne cherche.
John Muir

Revenons à notre chêne, ou plutôt celui de Laurent Tillon. Mon amie la Marmotte Rousse l’a gratifié d’un splendide article, sublimé par sa passion de la Nature et la biodiversité. En faisant ma promenade dans la forêt ce matin, je repensais à tout ce que j’ai appris au cours de sa lecture. Dans la partie de la forêt visitée aujourd’hui, quelques chênes séculaires persistent et j’admire d’autant plus leur odyssée… Plus je connais les arbres, plus je les aime !

Ah si on savait tout ce qui se trame sur et sous cette écorce ! Tout est interaction, connexion, réaction, symbiose… et recherche de l’équilibre. Être un chêne, ce n’est pas de tout repos🌳 .

Et dans la forêt je pars,
pour perdre mon esprit et retrouver mon âme.
John Muir

Et puis j’ai retrouvé « ma » bombe, déplacée de nouveau, sans doute au prix de grands efforts (250 kg quand même !), laissée à une dizaine de mètres d’un chemin forestier… Sans doute un de ces prochains jours, elle partira.

Partout, sur la bombe comme sur les bois morts ou les troncs vivants (côté Nord), verdissent toutes sortes de mousses, à la faveur de l’humidité persistante de ces dernières semaines.

Certaines mousses sont d’une douceur inouïe ! Celle-ci forme une forêt sur quelques centimètres carrés, c’est la magie de la vision fractale de la nature.
Petite pause sur le chemin du retour, au pied de ce vénérable chêne qui ne montre encore aucun signe de réveil. Cela ne saurait tarder, les oiseaux pépient depuis une semaine, de tendres pousses surgissent de terre, pleines de cette énergie vitale du printemps qui arrive !

Acquérir une intelligence écologiste, par exemple avec ce livre ou le premier de Laurent Tillon (Et si on écoutait la nature ? 2018), c’est à la fois prendre soin de soi et des autres.

En ouvrant ses sens à la nature,
on améliore clairement son sentiment de bien-être,
et on gagne en écoute des autres.

Laurent Tillon

Ce dessus de table, fait il y a bien 15 ans, a un tissu de fond en plein accord avec la couverture du livre. C’est un bloc centré inspiré de Winding Ways (Chemins sinueux), interprété d’après un modèle dans une revue allemande (sans doute Burda, ou Sabrina…) Quel que soit le sujet, un peu de patchwork ne nuit jamais.

La nature est une artiste dont l’imagination est sans limites.
Laurent Tillon – Et si on écoutait la nature ?

Je l’entends, je le vois, je le sens, il arrive… le printemps !
Katell

14 commentaires sur « Être un chêne »

  1. merci pour la référence du livre et toutes ces réflexions que je partage entièrement alors même que je rentre de ma promenade dans la nature

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  2. Je n’avais pas vu ton article de janvier dernier. La rencontre avec ce gros morceau de métal signe de la bêtise humaine… avait du t’effrayer !

    Beauté de la nature, douceur des mousses aux couleurs merveilleuses
    Je vais me procurer ce livre sur le chêne et celui sur la forêt de Bouconne 🙂
    Merci pour cette grande bulle de douceur que tu m’apportes ce soir !!
    Avec toute mon amitié

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    1. Ces vestiges de la guerre dont effroyables. Les montrer, c’est rendre concrète cette horreur. Je frémis de voir les tranchées préparées près de la frontière russo-ukrainienne. Pourvu que cela s’apaise.
      Bonnes lectures mon amie, et à bientôt !

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  3. Il faut aller voir le documentaire qui vient de sortir, LE CHENE ! une heure et plus de bonheur et de sérénité… Majo Marly le Roi

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  4. Un bel article, merci Katell de partager. Je viens de commencer « être un chene ». SARRA et Si on écoutait la nature sont les suivants . Ici aussi sous les cieux grenoblois le printemps arrive. Le joli érable de mon jardin récemment elague (il mettait en péril le toit de la maison) laisse couler la sève goutte a goutte …la nature frémit avant de laisser éclore de nouvelles merveilles .
    Bonne soiree a toutes

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    1. Oui la nature frémit, j’aime ton expression ! Elle est bien en avance, même si on a des souvenirs récents de fraîcheur. Globalement, on sait que le réchauffement progresse…

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  5. Merci Katell
    Je lis tes écrits et aussi entre les lignes …j’adhère sans limite a ton texte et tes réflexions Vivement qu’une prise de conscience plus massive ait lieu
    Veronique

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    1. Déception en effet, que le projet de société à venir ne soit pas axé sur des perspectives enthousiasmantes, sur un futur plus sain et simple – mais la campagne politique n’est que petites phrases.
      On parle un tout petit peu du Sommet pour les Océans qui a lieu à Brest… Sera-t-il aussi inefficace que les COP ? J’admire les projets de cargos à voile qui semblent au point !! Moins mais mieux naviguer, ce serait tellement bien.
      On pourrait vraiment avancer, beaucoup de personnes ont des visions intéressantes, mais les débats restent très « XXe siècle ».

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    1. Des Amérindiens disent que depuis quelque temps, certains Occidentaux reçoivent « des signes » pour capter, comprendre ce qui est vraiment important pour une « bonne vie ».
      Aimer la nature n’est pas nouveau, mais sentir le danger de perdre une nature vivable pour nous Terriens, est plus neuf et mobilisateur. On sait que les arbres communiquent, pourquoi pas des échanges avec nous aussi ?… Leur effet apaisant n’est pas fortuit.

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