Si vous êtes sur Facebook ou Instagram, vous avez assisté à une déferlante de messages et de photos célébrant le bonheur d’être à Nantes, Pour l’Amour du Fil. Étant partie prenante avec une exposition et l’organisation du Coin des Blogueuses (avec mon amie Cécile), je n’ai paradoxalement pas eu autant de temps que voulu pour admirer toutes les expositions en détails, ou aller échanger avec tous les artistes. Mais rassurez-vous, j’ai tout de même beaucoup de choses à vous raconter !

Après des inquiétudes liées à l’actualité anxiogène, j’ai été rassurée dès que j’ai su d’une foule immense attendait d’entrer mercredi dernier dès 9 h 30 sur le parvis du Parc des Expositions de la Beaujoire, comme avant le Covid. Vous ne vous êtes pas laissées impressionner, bravo ! Et vous l’avez dit maintes fois, ce Salon était à la hauteur, même pour les plus exigeantes ! Vos nombreux partages sur internet démontrent votre adhésion aux choix des organisatrices. Vous avez pu trouver les fournitures qui vous manquaient, découvrir de nouveaux fils et tissus et des livres riches en nouveautés, approcher les commerçants qui savent vous conseiller, discuter avec les artistes, partager votre ressenti, vous asseoir enfin au Coin des Blogueuses pour bavarder…
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A l’entrée, une robe exceptionnelle nous accueille ; une robe rouge mercredi et jeudi, une robe thé vendredi et samedi. Cette année, des panneaux reprennent en grand les textes disponibles sur le site. C’est beau, c’est informatif, on peut aussi les photographier pour lire plus tard. Je prends donc le parti de vous laisser lire les explications (cliquez sur la photo pour agrandir), car je ne le ferais pas mieux ! Les 2 photos de détails sont de Dominique.





Et voici la robe en sachets de thé ! Je vous reparlerai de la créatrice Christelle Garrigue, nous avons une très bonne amie en commun (la talentueuse Caloupeline) et nous allons prochainement nous rencontrer dans notre banlieue toulousaine 😊.



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Je suis impatiente de vous parler de l’exposition collective Ma Bro : cela fait des mois que sa préparation remplit ma vie ! Vous en connaissez désormais l’histoire, Joëlle Loeuille sur mon stand Sacrés Tissus l’année dernière pour des séances de dédicaces de son roman Patchworks, sa décision d’écrire un tome 2, Isaure, jeune femme quilteuse, ma proposition de « faire en vrai » l’exposition fictive d’Isaure avec un petit groupe d’amies… et finalement l’exposition de ces quilts créés par le petit groupe d’amies quilteuses. Je mesure le privilège que j’ai eu, grâce à Carol Veillon, de pouvoir exposer à Nantes deux années de suite. Mais ce sera pour le prochain article, faisons d’abord un petit tour chez les autres artistes !
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Les invités d’honneur, les Espagnols : Viva España !
Esther Delgado, les sœurs de Desadamas, Inmaculada Gabaldón, Aïtor Saraiba, auxquels j’ajoute la lumineuse Eva Gustems qui tenait un stand, représentaient brillamment la diversité de l’art contemporain ibérique. Fini le folklore : les artistes se concentrent sur ce qu’ils ont dans leur cœur.




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Les femmes espagnoles, en particulier Desedamas avec leur expo Ni Santes ni putes, notent que les avancées de leur société sur le patriarcat – el machismo est un mot bien espagnol – sont loin d’être satisfaisantes, malgré les progrès remarquables après le franquisme et les lois de ces dernières années. Comme dans la plupart des autres pays, il reste beaucoup à faire, pour des relations équilibrées entre les femmes et les hommes ; l’Espagne est toutefois très volontariste (vous pouvez lire cet article Ouest-France de 2023). Nous avons aussi admiré l’art qui caractérise ces artistes : les pojagis aériens, la beauté de la lumière avec la matière, effets qui changeaient d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre…



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Chez Esther Delgado, la femme peut être montrée avec ses doutes, ses désespoirs, elle a le droit d’être authentique, elle mérite le respect et l’aide :


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Inmaculada Gabaldón s’investit complètement sur la beauté d’une prise de vue, elle joue dans la cour des Grands de l’art textile mondial :





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Quant à Aïtor Saraiba, son charisme attire femmes et hommes, on sent qu’il a des choses à transmettre. Il contraste avec les prouesses techniques des autres expos espagnoles. Lui, c’est l’humilité du petit point, celui qui, ajouté à son voisin, finira par raconter une histoire, ou formuler un vœu. C’est l’art pour tous. C’est l’amour de la simplicité à la japonaise, le désormais connu wabi-sabi qui accepte l’imperfection des choses, une vision très zen de la vie. Je me régale avec ses deux livres – je vous en reparlerai !
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Les Chambres d’artistes se succèdent comme autant d’univers, nous invitant à entrer dans un monde chaque fois bien particulier.
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ELLES, celles qui ont suivi Cécile Franconie dans sa démarche d’embellissement du patchwork par de fabuleuses broderies, montraient une belle dynamique ! Pascale, notre Abeille de La Ruche des Quilteuses, y a participé et son quilt se trouvait dans le Coin des Brodeuses. Dans le Coin des Blogueuses aussi, nous en avions plusieurs : merci pour le prêt Cécile💖. Qu’ils sont beaux, félicitations à toutes !
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Gabrielle Paquin n’est pas toujours où on l’attend. Beaucoup la connaissent comme membre des groupes les plus exigeants en matière de quilts traditionnels – Quilts de Légende, Quilts en Rêve – mais peu la connaissent en tant qu’artiste contemporaine, cataloguée dans des livres américains, gagnante de prix prestigieux… Sa touche, sa marque de fabrique contemporaine, c’est la rayure. Je l’ai découverte dans Quiltmania (n° 51) et je n’ai jamais oublié ses papillons ni son quilt « Art walks in the Street » que j’ai pu voir « en vrai » la semaine dernière pour la première fois :


Sa carrière moderne montre son sens du rythme : les rayures ne sont-elles pas souvent le cauchemar des quilteuses ? Pourtant avec elle tout s’accorde, et elle ajoutera du point de bourdon si nécessaire. Abstraites ou stylisées, ses compositions montrent un sens aigu de la connaissance des valeurs (la notion clair-foncé), ce qui donne tant de profondeur à ses tableaux textiles.





Tellement heureuse de sa rétrospective à Nantes ! Décidément, nous devons tellement à Quiltmania, à Carol Veillon…
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Des quilts traditionnels réjouissaient également bien du monde : mes amies autour de Dominique Husson présentaient comme toujours des quilts de haute volée, des reproductions ou interprétations de chefs-d’oeuvre de musées. Quilts en Rêve est invité pendant l’Ascension en Allemagne, au Nadelwelt de Karlsruhe et je suis sûre que ces oeuvres auront un succès fou !
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Autres quilts traditionnels oh combien aimés : ceux de la collection de Jacques Légeret, des quilts Amish bien sûr. Je ne raconte plus leur origine tellement les quilteuses de ma génération ont suivi son histoire singulière dès les premières années, mais je me suis surprise à devoir expliquer qui est ce monsieur à plusieurs personnes au Coin des Blogueuses, en raison du film Yodel passé à deux reprises au plateau TV. Depuis le temps que je côtoie Jacques, j’ai une grande admiration pour lui et même de l’affection. J’ai tous ses livres, je les feuillette toujours avec émotion. Et les Amish restent pour moi une énigme, titre d’un de ses livres.




YODEL, c’est un film fait chez ces communautés religieuses installées aux USA et venant d’Europe (Suisse, Allemagne, France principalement) il y a plusieurs siècles : ils voulaient vivre en paix et en accord avec leurs croyances. Yodel, c’est un chant suisse et allemand, avec beaucoup de technique vocale, qui n’a pas été oublié par les descendants des émigrés. Avec des reporters de la TV suisse et Jacques Légeret qui leur ouvre les portes, on voit dans ce film comment vivent ces gens, certains presque intégrés à l’American Way of Life, d’autres restant attachés à des traditions hors du temps. Ce sont des gens pacifistes ; si tout le monde était Amish, nous n’aurions pas ces guerres stupides. Mais nous n’aurions pas non plus un monde qui évolue, qui améliore beaucoup de choses au niveau du confort, des soins, de l’espérance de vie. Mais lesquels sont les plus heureux, eux ou nous ? On pourrait parler des jours et des jours des Amish, mieux connus grâce à la famille Légeret… Lisez les livres de Jacques Légeret !
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Chez Elisabeth Dubbelde, artiste australienne, la récup du jean fait du bien. Faire du beau et de l’expressif avec ce que d’autres jetteraient, quelle satisfaction !



Elisabeth a apporté avec elle One Red Thread, le résultat d’un challenge international sur l’expression de la réparation, de la résilience, et la notion de kintsugi à la japonaise (ce qu’on répare devient plus fort). Certains sont particulièrement beaux, touchants, mais tous méritaient de l’attention :





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Chez Guldusi, association mieux reconnue quand on parle de broderies afghanes, c’est toujours l’émerveillement devant ce que font les quilteuses en incluant ces petits carrés. On est toujours bien dans leur stand ! J’ai remarqué mon attrait particulier pour ce que fait Sylvia Tischer :


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Les quilts Kawaï nous ont fait fondre le cœur. Quelles merveilles de précision, quelle beauté de près comme de loin ! Comme ce fut une des expositions les plus admirées (comme toujours, les Japonaises remportent l’adhésion du public !), vous pouvez trouver des photos de ces exploits textiles un peu partout sur Facebook et Instagram.
Ces quilts vont littéralement faire le tour du monde pendant plus d’une année. Inutile de dire à quel point nous sommes privilégiées de les avoir eus en France, il y a très peu d’étapes en Europe ! Merci à Carol Veillon qui l’a programmé, et à Naomi Ichikawa, curatrice de cette exposition qui regroupe 5 artistes japonaises qui font ces quilts « kawaï », c’est-à-dire mignons. Et ils le sont !



Les quilts aux petites filles en kimono battent des records , aucune n’a la même coiffure ni le même tissu de kimono, elles mesurent 7,5 cm de haut, elles sont, je crois, 1 500… Mes autres photos sont mauvaises, désolée…


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Parmi toutes les expositions, j’ai eu un coup de cœur parfaitement inattendu : AU FIL DES MOTS. Le héros est Marcel Proust, dont, dans des circonstances oubliées, je n’ai lu qu’Albertine disparue. Curieusement j’ai aimé mais je ne suis pas allée plus en avant. Ce n’était pas, a priori, ma tasse de thé, même avec une madeleine.
Extrait de la fiche explicative de l’expo :
L’exposition célèbre cette dimension avec élégance et créativité,
et met en lumière la citation emblématique :
« Je bâtirai mon livre, je n’ose pas dire ambitieusement comme une cathédrale,
mais tout simplement comme une robe. »
On apprend maintes petites et grandes choses sur La Recherche du Temps Perdu :


Cette expo nous cueille avec la tendresse accordée par Claudine Guilhot à cet auteur dont on connaît la propension à écrire de longues phrases, ce qu’on me reproche aussi… Je n’ai pas son talent, cela passe moins bien ! La profondeur des citations me convainc d’envisager une lecture d‘À la recherche du temps perdu… Les mots coulent aisément, surprennent et ravissent. Cet été peut-être !
Beaucoup de monde, beaucoup de curiosité et de discussions par ici :

Outre la qualité de l’évocation de Marcel Proust, Claudine a eu l’excellente idée de proposer un travail participatif en incitant chaque personne intéressée à broder une lettre, un mot d’un paragraphe de Proust. Pas n’importe lequel ! Celui que tout le monde connaît, celui de la madeleine qui, trempée dans le thé, fait remonter involontairement un souvenir précis et nostalgique de son enfance. Cet épisode est devenu le symbole de toute réminiscence de ce type, une sensation qui fait resurgir un souvenir qu’on croyait oublié.
Des dizaines de personnes, femmes et hommes, se sont assises, ont pris le temps de broder au point qu’elle souhaitait, avec des fils variés Eleganza offerts par Wonderfil. Pour chacune c’est un moment privilégié, le plaisir de participer à une oeuvre qui sera plus grande que soi…
Nous faisons entière confiance à Claudine qui mettra prochainement en scène ces phrases brodées avec amour. Et je peux vous affirmer que chacun gardera en mémoire ce moment privilégié, les échanges avec Claudine et son amie Cécile, cette participation amusante… Quelle bonne idée !


Ici, Domi et Fabienne, des Pyrénées-Orientales, passent un très bon moment à broder parmi les derniers mots de la ribambelle de phrases.


Chaque brodeur et brodeuse reçoit le droit de tirer au sort une citation de Proust. Ah quel délice ! J’ai été choyée par le sort :
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Si vous voulez admirer bien plus de photos de chaque exposition, allez voir les reportages de Filifolli Patchwork sur Facebook, c’est impressionnant et je la remercie !
C’est malheureusement un tour incomplet des expositions,
mais vous auriez fini par saturer !
Remercions Carol Veillon pour cette variété, cette qualité des expos,
elle reste responsable des expositions au sein de la nouvelle équipe.
Un pur bonheur.
Rendez-vous ici la semaine prochaine pour les échos
de l’exposition MA BRO que j’ai organisée
autour du roman de Joëlle Loeuille,
ainsi que quelques photos
de notre cher Coin des Blogueuses….
À bientôt ! Katell
Agenda : à Tarbes, c’est en ce moment !













Passionnant comme d’habitude cet article Katell, je le relirai sur l’ordinateur pour apprécier plus avant les photos et lire les multiples liens. J’en ai pour un certain temps..
A bientôt de te lire.
Claude
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Félicitations pour ce très beau reportage ! Je ne suis jamais allée au salon Pour l’Amour du Fil. Peut-être irai-je à Sainte Marie aux Mines, qui est plus proche de chez moi! Je vous suis sur instagram et je lis avec plaisir vos reportages toujours très intéressants.
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