Fièvre acheteuse, joie et gratitude

Livres et tissus sont les deux choses auxquelles j’ai bien du mal à résister ! Vous commencez à me connaître… Aujourd’hui, parlons tissus !

Vous connaissez mon attachement à Alice (Blossom Quilt & Craft), qui a donné naissance à son deuxième bébé, James, début juin. En parcourant sa boutique en ligne, je n’ai pas résisté à quelques tissus… sans encore de projet pour eux. Mais je les regarde, je les caresse, je les aime et je crois bien que je les utiliserai après le grand quilt actuellement en cours ( que je vous montrerai quand il sera avancé).

Voici mes nouveaux trésors :

Des fat quarters et eighths (45 x 55 cm et 25 x 55 cm) des stylistes Pat Bravo et April Rhodes + un coupon de Danna Willard. Imprimés modernes et quelques beaux unis !

Somme toute assez raisonnable !

Chérie, ne pourrais-tu donc pas en laisser un peu pour les autres clients ?

Autour de moi également, Chantal et Vive, deux amies Abeilles, sont devenues mamies en juin et juillet derniers, elles sont aux anges !

Bienvenue à ces trois merveilles, James, Élise et Maximilien !

Alice ne cesse de coudre pour ses deux enfants, on voit ses adorables ouvrages sur Instagram. Alice annoncera très prochainement une grande nouvelle, une naissance d’un autre ordre🎁, dont je me ferai le grand plaisir de faire écho !

Vive a fait avec sa sœur un superbe quilt qui va être utilisé des années durant : d’abord pour couvrir Bébé, puis à traîner partout et participer à tous les instants et tous les jeux… Un quilt très gai qui transportera autant de souvenirs qu’un doudou au fil des ans !

Vous pouvez admirer d’autres photos de ce quilt sur le blog des sœurs complices : Le sac à malice

Quant à Chantal, elle a encore créé un chef d’oeuvre, ne sachant faire les choses à moitié ! Dans l’intérieur moderne-zen des jeunes parents, l’accord est parfait :

Bientôt des galipettes de Bébé sur cette lumineuse courtepointe !

Chantal prépare aussi une nouvelle activité pour la rentrée, je vous en parlerai très bientôt !

J’ai eu aussi pendant ces vacances des contacts avec vous mes chères lectrices et chers lecteurs, pour BeeBook ou d’autres bonnes raisons 😀

Une carte textile et deux pochettes, j’ai été bien gâtée, merci Huguette !

Huguette, fidèle lectrice, m’a fait un grand plaisir en m’offrant des pochettes au modèle de ce qu’elle fait habituellement pour plusieurs associations qui lui tiennent à cœur : la Ligue contre le Cancer, Poussières de Vie (soutien d’un orphelinat au vietnam), une association d’entraide alimentaire de son quartier… Un grand cœur ! Les couleurs sont gaies et vives, en batik africain (ou wax), à la suite de cet article. J’aime autant le cœur, forme classique, que la culotte, si rigolote !! Encore merci Huguette !

Les contacts et les rencontres sont de sérieux atouts de la pratique du patchwork, à consommer sans modération !

Rentrez-vous de vacances par avion ? J’ai une valise gris foncé et mon mari une noire, la prochaine fois, je ferai comme Mrs. Bobbins 😏 :

Bonne rentrée à tous !

Western Spirit 3 – La joie de vivre de Patricia

Avant d’entrer dans le sujet, permettez-moi de dire toute ma compassion pour les personnes qui subissent les inondations dans la région de Carcassonne que je connais bien.

Entrer chez Patricia Belyea, c’est expérimenter un joyeux mélange d’influences occidentale et extrême-orientale. Sa maison est comme elle, non conventionnelle, accueillante, sympathique… surtout pour une quilteuse !  Imaginez une immense pièce à vivre, avec plus de la moitié consacrée à un atelier ! Plusieurs tops en cours sont sur les murs, en attente de finition.

Patricia enseigne les courbes depuis plus de 5 ans, y compris en Europe au Festival des Quilts de Birmingham. Elle enseigne surtout un peu partout aux USA, y compris non loin de chez elle à La Conner où elle loue un bel espace qu’elle aménage avec ses tissus et son univers, pour le plus grand bonheur de ses stagiaires. Patricia a l’art et la manière de sublimer en rondeur des tops déjà superbes avec un travail de précision très minutieux, à la japonaise, complètement différent de celui que je pratique (je travaille de façon bien plus spontanée). Voici ce qu’elle fait en ce moment :

Après l’apéritif, nous avons laissé les hommes discuter entre eux et sommes allées visiter son espace professionnel. Son magasin se trouve sous l’habitation, pas vraiment en sous-sol puisque le terrain est en pente. Il est plein de centaines de tissus Yukata. J’ai eu l’occasion de vous en parler dans le magazine des Nouvelles de juin dernier (n° 137) et vous avez été très nombreuses à admirer la couverture de ce numéro montrant un de ses quilts ! Plus récemment encore, six pages lui sont consacrées dans le nouveau Simply Moderne. Patricia a le vent en poupe !

Son livre mérite qu’on le lise attentivement, il est rempli de trucs originaux, de points de vue différents, tout simplement parce que Patricia n’a commencé à quilter qu’à 50 ans et, autodidacte, elle a trouvé seule des manières de travailler très personnelles. Elle y montre des utilisations faciles mais néanmoins spectaculaires de ses tissus de kimonos anciens. Je vous en ai déjà parlé avec enthousiasme et vous pouvez trouver dans Les Nouvelles n° 137 un modèle expliqué extrait de son livre. Qu’ils sont beaux (ses tissus, ses kimonos, ses quilts) !!

Vous me pardonnerez, nous étions en visite amicale et je n’ai pas fait de photos, celles qui sont dans cet article proviennent du site de Patricia, Okanarts.com et de son compte Facebook. Patricia a cependant fait un portrait avec son téléphone pour immortaliser notre venue :

Et LeeAnn, nous a prises, Patricia et moi :

J’apprécie beaucoup Patricia, gaie comme un pinson, virevoltant, heureuse de partager son univers ! La vie n’est pas plus, pour elle que pour d’autres, un long fleuve tranquille, mais elle est combative, positive… J’aime cette femme !

Si vous êtes à Seattle, il faut d’abord contacter Patricia avant de vous rendre à son magasin, ouvert sur rendez-vous, voyez toutes les coordonnées ici : https://okanarts.com/contact/. D’origine canadienne, Patricia comprend le français.

Malgré ma petite fatigue ce soir-là (le décalage horaire n’était pas absorbé), nous avons grandement apprécié l’accueil chaleureux de Patricia et son mari, l’ambiance décontractée de cette belle soirée… A charge de revanche, nous attendons ta visite en France Patricia !

Que nous réserve mardi prochain ? Nous rendrons visite aux Patriarches !

Until later, à mardi prochain,
Katell

The Secret Garden

En ce début d’année je vous invite à une promenade dans le Jardin Secret d’une romancière et d’un grand artiste contemporain.

Première édition d’un livre important de la littérature enfantine, The Secret Garden de Frances Burnett, 1911.

Pour les Britanniques, The Secret Garden est avant tout un célèbre roman pour enfants écrit au début du XXe siècle, ancré dans la mémoire collective. Il était une fois une fillette non désirée qui n’a jamais appris à sourire ni à aimer… Ses parents disparus, elle découvre la propriété de son oncle et trouve une clé ouvrant  un jardin entouré de murs. Cette clé ouvrira aussi son cœur…

Avec l’amitié d’un jeune garçon qui sait parler aux animaux, avec le plaisir de prendre soin du jardin secret, la petite fille revêche s’épanouit, s’embellit…

La jeune Mary découvre l’amour inconditionnel qui peut exister entre des humains et des animaux.

C’est une belle histoire sur l’enchantement de la vie réelle, l’apprentissage de l’indépendance, le pouvoir d’un simple sourire, la force de la patience et de l’endurance dans l’apprentissage, la beauté de la nature… Toute une éducation pleine de bon sens et de sensibilité imaginée par Frances Burnett qui écrivit aussi Le Petit Lord Fountleroy, peut-être plus connu en France.

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Entrons à présent dans le Jardin Secret de mon artiste textile préféré…

Quand Ian Berry se vit confier un lieu d’exposition dans le Musée des Arts pour les enfants à New-York (Manhattan), ce qui ne se refuse pas quand on est comme lui si attentif à l’éducation, il fit spontanément le lien avec le roman initiatique et imagina, pour plaire aux enfants — et à leurs parents — un Secret Garden qui aurait troqué sa couleur chlorophylle pour le bleu divin du denim.

Jardin d’Eden en Denim ! Photo Lucinda Grange

Ce Jardin Secret est conçu pour se promener par un petit chemin, un escalier, et s’immerger dans la nature recréée.

Dans une fenêtre-hublot, l’éducation prend le pas sur l’émerveillement : les enfants peuvent voir une branche de coton et le texte les invite à se rendre compte que les pantalons en jean proviennent de cette plante. Joyeux jeu de mots bien à propos pour les amuser : from plants to pants… and then again to plants. Oui, cette expo montre des plantes faites de pantalons faits de plantes, la boucle est bouclée ! Photo Lucinda Grange

Mais le délai entre la décision et l’exposition était diablement court ; le 31 octobre dernier, alors que Halloween battait son plein, Ian cherchait des aides efficaces pour tenir le pari… Ce sont donc des volontaires de plusieurs pays qui ont permis cette exposition parmi lesquels Patricia Cathala, bien connue dans notre région pour sa Fête du Fil à Labastide-Rouairoux à la mi-août. 

En novembre Patricia a donc mobilisé sa famille, ses amis et le secours populaire local pour trouver des blue jeans usagés puis a travaillé jour et nuit pour fournir deux douzaines de cactus divers et des feuilles armurées ! 

Grâce à elle et d’autres amis tout aussi actifs, le Jardin Secret a pu ouvrir ses portes le 13 décembre dernier, alors qu’à une semaine d’intervalle la célèbre laverie de Ian était montée à Miami en Floride. Je le sais depuis longtemps, quel que soit son talent, un artiste qui réussit est une personne qui travaille beaucoup…

Pour mieux convenir aux locaux de Miami, Ian a construit une façade – en denim bien sûr – cela ajoute beaucoup de réalisme à la laverie. A l’intérieur, un grand drapeau des USA en denim complète la personnalisation de cette mise en scène. Photo Antonio Palou

Pour les milliers de feuilles qui tombent en cascade, Ian a eu besoin d’une aide plus technique, la coupe au laser de la société italienne Tonello. C’est impressionnant. Allez le voir sur son site par ici !

Ce jardin gagne en mystère avec ces enchevêtrements de plantes… Hormis la couleur, elles sont réalistes et on peut reconnaître les roses grimpantes et les glycines au milieu d’autres lianes. La coupe au laser était indispensable pour ces milliers de feuilles. Photo Lucinda Grange

En montant ce jardin, Ian a pensé à Alice au Pays des Merveilles – autre monument de la littérature britannique enfantine – avec une vision enchantée de la nature, un côté magique et quasi-mystique qu’on doit bien ressentir quand on emprunte ce chemin…

Est-ce un jardin à l’anglaise, où les jardiniers maîtrisent les plantes pour donner un air de nature sauvage ? Ne serait-ce pas plutôt une cité abandonnée des hommes où la nature reprend ses droits avec vigueur ? Le Secret Garden est un jardin fait pour rêver et inventer sa propre histoire… Photo Lucinda Grange
Est-ce le lapin d’Alice qui est toujours en retard ? Photo Lucinda Grange
Chaque détail est un enchantement ! Photo Lucinda Grange
Au premier plan, les cactus de notre amie Patricia Cathala côtoient des fleurs printanières et des feuilles luxuriantes. Les enfants ont le droit de s’approcher, de toucher, tout en apprenant à respecter la composition et le travail des artistes.

A la lumière de sa propre histoire, Ian veut livrer un message important aux enfants : oui l’art peut être l’occupation de sa vie si on sent que c’est sa destinée ! Même si le chemin est semé d’embûches et le travail acharné, il faut avoir confiance en son étoile.

Cette ode à la nature en pleine mégalopole veut rappeler aux enfants la beauté de la nature, la joie de jouer dehors avec trois fois rien, le plaisir d’observer les détails d’une feuille ou le vol d’un papillon… The Secret Garden de Ian Berry rejoint en tous points le message du livre The Secret Garden de Frances Burnett !

Cette superbe exposition se trouve au Children’s Museum of Arts, 103 Charlton St. NYC  jusqu’en avril prochain. Juste avant la fin de l’expo, Ian y animera des ateliers avec les enfants.

Ian Berry remplit son agenda avec évidemment des surprises pour 2018 !

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De nouveaux tissus en sourdine

Dans ma tentative de tout traduire en français – alors que je n’ai pas encore réussi à traduire correctement patchwork, c’est dire, sauf si vous êtes prêtes à parler de mosaïques de tissus – j’avais évoqué il y a quelque temps la mode des quilts en sourdine. C’est aussi bizarre en français qu’en anglais, je vous rassure ! Articles ici, ici et.

OHHH ! De nouveaux tissus en sourdine ! (photo Zen Chic)

J’ai présenté ce mouvement un peu différemment dans Les Nouvelles n° 125 en montrant des quilts urbains avec des tissus low-volume, avec une belle galerie de quilts de Sarah Sharp, maintenant très connue. Low-volume, c’est mettre le son bas, le mettre en sourdine.

C’est la talentueuse Malka Dubrawsky qui inventa le vocable low volume appliqué aux couleurs de tissus dans un article de Quilting Arts (Avril 2009). Elle se disait momentanément fatiguée des couleurs saturées et intenses (encore des références aux sons pour des couleurs) et voulait se reposer avec des tissus à base blanche ou claire, avec cependant des impressions en couleurs non-dominantes mais présentes quand même.

Quelle différence avec le style shabby chic ? Le shabby est du vintage clair, alors que le low-volume est du moderne clair. Je vous donne cette définition à l’emporte-pièce, mais c’est assez juste je crois.

Cette idée lumineuse des tissus clairs de couleurs pour faire des fonds semblait se tarir, laissant place aux blancs ou gris en Quilt Moderne. Faute de tissus adéquats ?

Nouveau tissus Zen Chic

Alors réjouissons-nous, Brigitte Heitland a pensé à nous ! Elle vient tout juste de recevoir les premiers tissus de sa collection que nous pourrons acheter en février 2018. Ils sont parfaits pour des tissus de fond, à assembler par exemple avec des unis qui claquent. Voici ses premiers essais via son logiciel, qui n’attendent qu’à devenir en tissus :

Que d’enthousiasmantes perspectives ! En attendant leur venue, d’autres tissus de Brigitte nous attendent. Sa nouvelle gamme est bleue :

True Blue de Zen Chic, un assortiment très doux de bleus et gris avec des touches orange qui donnent des accents chaleureux à l’ensemble. Disponible Au Fil d’Emma notamment.

Celle-ci sera disponible en automne, elle est dans ces tons chauds et froids, très inspirants également :

De quoi vous inspirer de nouveaux quilts pour la rentrée !

Pour mieux connaître cette formidable créatrice, lisez l’article qui lui est consacré dans Simply Moderne #9 et l’interview qu’elle a eu la gentillesse de m’accorder dans Les Nouvelles n° 133 (juin 2017). En plus d’être créative et intelligente, elle est si sympathique ! Ce fut un immense plaisir de partager quelques heures avec elle. Danke Dir meine liebe Brigitte!

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Bientôt à la recherche des œufs de Pâques !

Dans deux semaines, c’est Pâques. Je n’ai plus de tout petits enfants allant chercher avec fébrilité les friandises laissées par le Lapin de Pâques (nous avons gardé la tradition allemande chez nous). Mais comme mon fils de 19 ans ne lit pas ce blog, je peux vous confier qu’on continue quand même la tradition… mais cela reste entre nous, chut !!
Un panier en osier fait l’affaire pour aller chercher ses chocolats et menus cadeaux dans le jardin, le matin de Pâques.
Un éclair d’enfance qui luit encore !

Je voudrais partager avec vous un adorable modèle de panier pour aller chercher les œufs en chocolat, pour que la fête soit plus belle pour les enfants :

N’est-ce pas adorable ?

Les tissus sont de la gamme exclusive Cottontail de Hawthorne Threads, vous ne les trouverez nulle part ailleurs. Le tissu est imprimé à la demande, je vous avais déjà parlé de cette forme d’impression par ici (2 articles). Vous avez tout juste le temps de commander ce tissu aux jolis lapins (délai de livraison : une semaine maxi) et de faire cette décoration utile !

Si vous souhaitez faire cette corbeille avec vos propres tissus, le tuto gratuit est chez Somewhat Simple, à arranger à votre guise. Bons préparatifs !

Lindsay, Charlie et la Chocolaterie

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C’est un magazine mensuel gai et sans prétention, devenu n° 1 des ventes dans leur domaine en 5 mois d’existence ! Il m’est arrivé en retard ce mois-ci, mais ce n’est pas bien grave…

Je viens de recevoir un de mes magazines préférés, Love Patchwork & Quilting, magazine britannique plein de joyeuses idées qui dépoussièrent allègrement les revues plus classiques. C’est une sucrerie en attendant le bébé tant espéré, Simply Moderne de Quiltmania, qui devrait sortir dans les kiosques le 25 juin !

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Voici la couverture de notre futur magazine français (ou anglais ? cette couverture nous jette le trouble !), avec Victoria Findlay Wolfe comme première invitée et manifestement un reportage sur le grand salon du quilt moderne à Austin, Texas, qui s’appelle Quiltcon. On ne peut pas mieux commencer !

Dans le magazine anglais, je viens de lire un reportage sur un des sites où j’aime chercher des tissus différents. J’en savais très peu sur la société, je suis heureuse de connaître maintenant un peu Lindsay Prezzano, la « chef » de Hawthorne Threads, qui travaille main dans la main avec son informaticien de mari Charlie. Et la chocolaterie ? C’est le lieu où ils ont emménagé leur société l’été dernier, une ancienne fabrique de chocolat du XIXe siècle, récemment rénovée comme une grande partie de ce coin de Brooklyn (Red Hook) qui devient très à la mode. Des tissus dans une chocolaterie… deux péchés mignons réunis !

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Couverture de la première édition du célèbre livre de Roald Dahl aux Etats-Unis, en 1964.

Le choix de tissus modernes est immense à Hawthorne Threads, et j’ai récemment craqué chez eux pour trois tissus marqués « imprimés digitalement ». Mais qu’est-ce ? Vivons dangereusement, me suis-je dit. Sept jours après, j’ai reçu une drôle de chose : 

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J’ai reçu un long ruban de tissu avec de très larges lisières de 18 cm de part et d’autre de l’imprimé : très étonnant, les 3 imprimés se succèdent sur le même tissu ! J’ai plié et déplié ce tissu de nombreuses fois, d’où quelques plis, mais je l’ai reçu absolument sans marque, moi seule suis fautive. Bientôt, je vais le laver avant de l’utiliser… ce sera un plaisir de cet été !

 

L’impression a été faite exprès pour moi sur un doux tissu blanc au tissage très serré, fin et légèrement transparent, une percale si je ne me trompe… et j’ai du tissu non imprimé sur les côtés en cadeau, c’est pratique ! Effectivement, Lindsay s’est lancée dans la création de collections de tissus et en assure l’impression chez eux à la chocolaterie avec des pigments à l’eau, garantis pour résister au lavage, aux normes environnementales satisfaisantes.
Bientôt, recevrons-nous nos imprimés par mail qu’on imprimera nous-mêmes sur un rouleau de tissu  via une grande imprimante ? Les innovations vont si vite…

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Il me tarde d’avoir le temps… et l’inspiration pour faire quelque chose avec ces tissus nouvelle vague. Cet été sans doute !

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Film de 2005 avec Johnny Depp dans le rôle de Willy Wonka, le plus célèbre chocolatier du monde !

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S comme Sonia Delaunay ou Simultané

 S  comme  Sonia Delaunay  ou  Simultané

 par Kristine, de la Ruche des Quilteuses

Avec Sonia, nous entrons dans le monde de la couleur ! 

Il est trop tard pour aller à Paris visiter la rétrospective qui vient d’avoir lieu au Musée d’Art Moderne consacrée à Sonia Delaunay. Heureusement il nous reste des livres avec une iconographie abondante, nous offrant les diverses facettes de cette artiste (1885-1979).

Sonia Delaunay

Avec son mari Robert Delaunay, ils forment un duo artistique. A quatre mains, ils excellent dans l’art de la peinture, la mode vestimentaire, le textile, la décoration, les costumes de théâtre… Ils créent ensemble des œuvres qui s’inscrivent dans un mouvement artistique appelé simultanisme ou simultanéïsme, consistant à introduire le principe du contraste simultané de couleurs dans leurs travaux. 

Nous pouvons en retenir que la perception des couleurs change selon son environnement ; c’est le thème de la valeur (clair ou foncé) mais aussi celui des couleurs qui vont bien ensemble ou pas, celles qui se complètent et celles qui se heurtent, et surtout donc le changement de perception de la couleur en fonction de celle d’à côté, car le cerveau cherche sa couleur complémentaire... Ce n’est pas sans rappeler les illusions d’optique parfois inexpliquées ! D’autres renseignements sur la Loi du contraste simultané des couleurs sur ce lien, principe établi par le chimiste français Michel-Eugène Chevreul, dont les études sont très détaillées.

Volontairement, je ne relate ici qu’un petit aperçu du volet textile chez Sonia Delaunay, un des thèmes favoris de la Ruche.

Ses œuvres textiles sont toujours d’actualité et pourrait bien nous inspirer, nous quilteuses ! Ses dessins d’imprimés et de vêtements originaux incitent à créer, à la manière des quilts destructurés et  libérés, des quilts modernes et innovants… On peut s’inspirer de tous ces motifs géométriques pour créer des blocs en vue d’une courtepointe pour l’hiver prochain ! 

En 1911, Sonia Delaunay réalise sa première œuvre abstraite avec du textile. Il s’agit d’une couverture pour son jeune fils Charles, c’est un assemblage de coupons de couleurs vives, réalisé dans la tradition ukrainienne, (pays dont elle est originaire). Elle joue avec les couleurs des tissus comme elle le fait dans sa peinture.

Certains voient la silhouette de la Tour Eiffel, la trouverez-vous ?

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Effet de patchwork « crazy », mais très éloigné du crazy victorien !

 

Puis elle se lance dans une longue connivence avec la mode :

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1913 La robe simultanée de Sonia Delaunay pour le bal Bullier

 

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En 1922, robe simultanée bleu et vert. L’art moderne descend dans la rue !
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En 1923, un manteau de broderie de laine pour l’actrice Gloria Swanson

 Il y a eu les robes-écharpes, les robes-toupies, toute une effervescence géométrique et colorée autour du corps de la femme qui devient oeuvre d’Art Déco en mouvement ! 

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Au coeur du monde artistique parisien, Sonia dessine en 1923 une robe-poème d’après une poésie de Tristan Tzara.

 

En 1928, des costumes pour le Carnaval de Rio !
En 1928, des costumes pour le Carnaval de Rio !

 Dans un article paru dans le Monde daté du 14 octobre 2014, Sophie Chassat nous précise à propos des robes de Sonia Delaunay : 

Ses premières « robes simultanées » étaient pensées sur le modèle du patchwork, de la couture-collage de différents morceaux de tissus colorés. Les critiques les dénigrèrent en les appelant « habits d’Arlequin », oubliant que c’était peut-être justement, à travers ce patchwork en forme d’« habits d’Arlequin », que s’exprimait au plus juste la modernité d’un  monde qui n’avait plus de réelle unité.

Exprimer le monde comme il va, d’une manière unique, voilà bien la preuve qu’avec ses robes simultanées, Sonia Delaunay faisait œuvre d’art.

 

Mon carnet d’échantillons, inspirés des tissus de Sonia Delaunay :

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Ces croquis sont une inspiration à l’infini pour les quilteuses d’aujourd’hui !

Pour notre plus grand bonheur Sonia Delaunay vécut longtemps et dessinait toujours dans les années 1960. Toujours jeune d’esprit, toujours dans l’actualité, elle s’entretint avec Jacques Dutronc en 1968 (vidéo) : prenez quelques minutes pour la visionner et tomber sous le charme de cette dame et du jeune couple Dutronc/Hardy !

La robe créée pour Françoise Hardy, couturier Marc Bohan chez Christian Dior.
La robe créée pour Françoise Hardy, couturier Marc Bohan chez Christian Dior. Nous pouvons voir cette robe dans la vidéo de l’INA en lien ci-dessus.

Un clin d’oeil aux adhérents de France Patchwork de la région Midi-Pyrénées, en pleine année de labeur sur le Patrimoine régional : voici des créations de 1928, un tissu de soie évoquant nos murs de briques et un costume pour le Carnaval de Rio, à adapter en costume de violettes peut-être 😉 ?… 

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Pour sensibiliser les enfants à cet univers ou pour votre propre collection, voici un livre pop-up amusant pour jouer avec les formes, les couleurs et les costumes, intitulé :

madame  SONIA DELAUNAY
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Gérard Lo Monaco et Adeline Souverain
Ed. Paris Musées

sd15Ce voyage en couleurs se termine ici, êtes-vous prêtes à jouer avec elles à la manière de Sonia Delaunay dans un prochain ouvrage textile ?

 

Bibliographie :

Sonia Delaunay Modes et tissus imprimés – Jacques Damasse Editeur
Sonia Delaunay Les couleurs de l’abstraction – Musée d’Art Moderne de la ville de ParisDossier pédagogique exposition du 17/10/2014-22/02/2015 – Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Sur la toile :

http://mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-sonia-delaunay
http://www.atelierdemma.com/lartiste-du-vendredi-sonia-delaunay/
http://www.tata-georgette.com/2015/01/sonia-delaunay-les-couleurs-de-l-abstraction.html

Le spécialiste des reproductions d’Indiennes anciennes

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La mappemonde de Frederik de Wit, publiée en 1662 à l’apogée du siècle d’or des Pays-Bas par la plus grande maison d’édition géographique de l’époque, symbolise la prépondérance économique, scientifique, culturelle et artistique du pays, parvenu au rang de grande puissance et qui dominait la cartographie elle-même. (Wikipedia)

C’est une longue histoire que le commerce des braves navigateurs hollandais qui rapportaient d’Asie toutes sortes d’épices et de tissus… Les Européens fortunés adoraient les Indiennes, ces tissus d’Inde dessinés et créés pour l’exportation et qui marquèrent principalement le folklore hollandais et… provençal.

Les quilteuses qui lisent Quiltmania depuis le début connaissent comme moi le nom de « Den Haan & Wagenmakers » car ils ont sorti de l’oubli des modèles des XVIIe et XVIIIe siècles en les redessinant d’après des documents et modèles de musées et de collections privées : Quiltmania en faisait grand éloge, nous nous régalions à la vue de ces extraordinaires quilts faits de ces tissus précieux…

Ces messieurs ont consacré leur vie à cette passion, ils ne vivent plus aux Pays-Bas mais dans notre belle région du Sud-Ouest, dans le Tarn-et-Garonne. Après les avoir rencontré à Sainte-Marie-aux-Mines, nous avons eu la joie de les revoir au Salon de Toulouse et ils seront présents prochainement ici : 

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Leurs tissus ont des qualités devenues rares. Outre leur beauté à l’état neuf (comme la plupart des tissus de patchwork, n’est-ce pas ?…) ils ont la propriété de garder leurs couleurs dans le temps, en raison d’une impression traditionnelle aux pigments réalisée aux Pays-Bas. Donc ces tissus ne se décolorent pas, n’affadissent pas en quelques mois. De plus, leur traitement de surface les rend légèrement brillants et les protège contre la poussière (chintz). Cerise sur le gâteau, leurs tissus sont en 150 cm de large !

Méfiez-vous donc des copies : depuis quelques semaines, des tissus imprimés en Asie, copiés directement de leur collection  Nr. 9508 ‘Grenades partout’, se trouvent dans divers magasins. Ils sont peut-être moins chers mais les couleurs et impressions sont moins belles… et ne dureront sans doute pas autant. Ces tissus sont très faciles à reconnaître, ils sont vendus en 110 cm de large.

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En haut, vous voyez l’impression de qualité à partir des dessins recomposés de Den Haan & Wagenmakers. En bas, la copie imprimée en Asie, qui n’a visiblement pas les mêmes qualités.

Je vous engage donc à favoriser la qualité ! Ces tissus sont en vente sur leur site : L’arbre de Vie.

Recyclage de denim – encore !

Après l’éblouissement de Denimu que nous ne pourrons sans doute jamais égaler ou l’inspiration d’Ann Carrington,  nous avons envie de travailler cette matière, ce tissu que nous connaissons si bien !

Je vous ai déjà montré ce qu’ont fait Christine, Martine et Hélène avec de la récupération de denims. Tant de choses sont à faire, les tableaux Pinterest donnent parfois le tournis ! Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une idée magnifiée par Ulla, la talentueuse Finlandaise, variante connue des vitraux de cathédrale à partir d’un cercle mais cette fois avec le tissu denim laissé à cru :

03 DSCN7049 Quilted pouch and bag + Cathedral window quilt bag

Superbe, non ? Il fut présenté ici par Ulla au printemps dernier. Il s’agit même ici de recyclage de brise-bise et de rideaux en dentelle pour les centres !

Ce n’est pas difficile de faire un coussin, un tapis ou un sac avec cette technique. Pour un pas-à-pas très illustré, allez voir ici : les photos sont très parlantes !

Inspiration Denim : Denimu

Si vous saviez comme je jubile lorsque je tombe sur un artiste qui d’emblée m’éblouit !
C’est aujourd’hui Ian Berry, Britannique vivant actuellement en Suède, qui me séduit. Trente ans cette année et déjà  très connu pour ses tableaux textiles. Il a choisi de travailler le tissu le plus démocratique du monde, le blue jean de récupération. Il n’est pas le seul à s’intéresser à cette matière mais ses œuvres m’enchantent, comme ci-dessous des vues de métropoles ; ce ne sont pas ici que des panoramas mais des évocations de films de Disney !

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Twist in New York, Denim on Denim, 1800×600, 2010 –  On reconnaît bien le Brooklyn Bridge, mais des Tours Jumelles fantomatiques dominent la ligne de gratte-ciel…J’ai mis du temps à comprendre l’évocation d’Oliver & Compagnie, l’histoire du petit chat recueilli par le chien Roublard ! Histoire inspirée d’Oliver Twist de Dickens, d’où le titre…
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Pan’s London, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La pleine lune permet de voir passer l’enfant qui refuse de grandir…

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Quasimodo’s Notre Dame, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – Évocation du roman de Victor Hugo et donc du film « Le Bossu de Notre-Dame ». Les gargouilles sont bien présentes !Denimu_Copenhagen1_Denim_art

Spire City – Copenhagen, Denim on Denim, 1200×400 – Copenhague, ville de la Petite Sirène !

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Mulan’s Great Wall, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La Muraille de Chine au printemps, scène de batailles avec Mulan, guerrière légendaire !

 Adolescent, Ian aimait les blue jeans comme tous les jeunes de son âge. Un jour de fête de famille, sa mère l’obligea à porter un pantalon plus habillé en velours à la place du jean qu’il mettait tous les jours… alors que ses cousins vinrent, eux, en jeans ! Je devine bien son sentiment, j’ai eu la même mésaventure à 14 ans, moi je devais quitter mon jean pour une robe…
Bien plus tard, il vit chez lui ce fameux pantalon, trop petit, prêt à être donné au centre de charité local… Non-non-non, ce blue jean véhiculait trop de souvenirs ! Alors il l’a observé avec attention, a remarqué les différentes teintes de l’indigo usé… et vous devinez la suite, ce tissu emblématique du XXe siècle est devenu la matière première de l’expression artistique de Ian Berry. Le XXIe siècle doit être aussi celui de la récup’ !
 Ian collectionne donc tous les vêtements en denim, les observe, les coupe, les colle selon une maquette très préparée… Le résultat est bluffant, sa cote artistique monte en flèche et tant mieux car il le vaut bien !
Un journal britannique a trouvé ce jeu de mot approprié : Ian Berry is a jean-ius ! (Ian Berry est un génie, avec jeu de mot phonétique).

33 tours

Ici l’artiste est devant sa série de reproductions de pochettes de disques 33 tours…

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Hommage aux magazines féminins UK… Extraordinaire !

Il y a tant de thèmes dans ses œuvres : des vues à la Edward Hopper, des scènes urbaines contemporaines avec beaucoup de street arts, des portraits d’icones…

Allez visiter son site si vous voulez en voir plus !