Octobre Noir

L’année 2020 est pourrie, on l’a bien compris. Et pourtant, en septembre, qui aurait parié sur un Octobre aussi Noir ?

Je m’excuse auprès de toutes les autres années
que je disais pourries,
je n’avais pas encore vécu 2020.

Le mois noir commença avec la tempête Alex : deux belles vallées des Alpes-Maritimes ravagées, faisant de nombreuses victimes, certaines ont perdu la vie, d’autres ont perdu tout le reste. C’est pour ces personnes en détresse que nous pourrons offrir un quilt. Ce n’est pas essentiel, mais c’est un petit cadeau de solidarité qui réchauffera les cœurs et les corps au moment de la distribution, en 2021 sans doute. Je relaierai l’adresse d’envoi postal dès que je la connaîtrai. 

@solidarite06 est une association caritative sise à Nice, qui travaille avec le Secours Populaire pour faire cheminer les dons pour les sinistrés. C’est peut-être par eux que se fera l’offre des quilts. Attendons cependant les recommandations de France Patchwork pour une action coordonnée.

Solidarité des quilteuses du monde : les incendies gigantesques en Australie qui nous émurent en janvier 2020, ont engendré 15 000 blocs d’arbres, soit 750 quilts à faire. L’Australie ne passe pas à côté du Coronavirus et malgré tout, leurs quilteuses vivent une année unique, entre excitation et lassitude, esprit de solidarité et découragement, tant le travail est immense. Mais elles avancent avec détermination… Voici un tout petit florilège des quilts terminés :

Les actions solidaires des Quilteuses sont autant de sourires, à condition que l’organisation soit solide. Les quilteuses australiennes font face à ce gigantesque travail de choix des blocs à mettre 20 par 20, d’assemblage, mise en sandwich, quilting, bande de finition… Nous savons ce que cela représente… à faire 750 fois !! Alors encore un immense bravo aux Australiennes !

Octobre Noir… Que dire de la décapitation d’un prof ? Pour des dessins ?? Ce vendredi 16 octobre, jour des vacances, aurait dû être un jour joyeux. Un ami de ma fille, prof dans ce collège, avait partagé avec son copain et collègue Samuel son dernier déjeuner, ils avaient fait une partie de ping-pong ensemble avant 14h. Quel traumatisme pour tous les proches, tous les profs, toute la population.

Et comme si cela ne suffisait pas, les contagions du coronavirus se multiplient et nous voici de nouveau confinés ce soir-même. 

On peut se croire en enfer, mais la commune Les Rousses dans le Jura, se demande si on n’est pas déjà au Paradis. Cette photo date de mars 2020 et continue de faire le tour des réseaux sociaux

Ce mois d’octobre déjà bien noir se termine avec le début d’un nouveau confinement. Un choc, une chape de tristesse, même si on nous y préparait depuis 2 jours.

Beaucoup de personnes, pour diverses raisons, éprouvent de grandes difficultés directement à cause de la pandémie – santé défaillante, séparation, manque de revenus, perte d’emploi… De la tristesse, de la révolte qui couve… Quand on voit les tensions dans certains pays récemment reconfinés, on sait que tout peut arriver. Certains se révoltent néanmoins avec humour : un père de famille de Newport (Pays de Galles) s’est présenté en supermarché en caleçon et masque, car lors de ce confinement, les magasins n’ont plus le droit de vendre ce qui est non essentiel, comme les vêtements…

Les vêtements sont devenus non-essentiels, d’après le gouvernement du Pays de Galles. Alors… Photo Wales News Service

Nous allons donc entrer en résistance. Observer le confinement puisque c’est la solution pour contrer le virus galopant, mais nous allons aussi nous distraire et nous motiver mutuellement. Pour ma part, avec la Ruche des Quilteuses, je continuerai de mêler arts textiles et lectures, pour une évasion immobile, avec un ou deux articles par semaine.

Ne broyons pas du noir quand nous avons tant d’autres couleurs !

Ensemble malgré tout, c’était l’élan créatif impulsé par France Patchwork au début du premier confinement. 

Samedi : Halloween, Samain et Pleine Lune

Commençons par une bonne nouvelle : après-demain, samedi, il fera beau temps et, la nuit venue, nous pourrons admirer la Pleine Lune, un spectacle qui me ravit toujours. On a encore le droit de regarder le ciel et rêver.

Samedi, ce sera le dernier jour d’un mois noir et le dernier jour de l’année dans le calendrier celtique. On connaît cette journée sous les couleurs d’Halloween en orange & noir, une formidable inspiration pour les quilteuses :

Halloween miniquilt, Pinkadot Quilts
Squelette en lisières, Riel Nason
Les citrouilles de Bonnie Hunter, modèle dans son livre String Frenzy.
Etoile à 5 branches de Victoria Findlay Wolfe, aux couleurs de Halloween, même si ce n’est pas le sujet du quilt !

Halloween (contraction de mots anglais) est une fête grand public, devenue très commerciale. Nous n’en avons que l’écume, les bonbons et les décorations. Et pourtant, cette célébration vient d’Europe, on la dit millénaire et on l’appelle aussi Samain (mot gaélique/celtique) : elle n’est pas une création américaine, ce sont les Irlandais qui ont émigré avec leurs traditions ancestrales et, dans leur nouveau pays, les croyances et habitudes se sont modifiées. C’est un peu la même histoire que les quilts qui ont traversé l’Océan avec les migrants : la plupart des blocs de patchwork ont été créés dans le Nouveau Monde, mais le patchwork, l’appliqué et le quilting existaient déjà.

Samaïn est une fête de fermeture de l’année écoulée, et d’ouverture de l’année à venir, c’est une charnière en dehors du temps. Comme toutes les sociétés archaïques, la société celtique était une structure très organisée où chacun connaissait sa place. Mais les Celtes savaient que seule une rupture abolissant ordre et structure et permettant au chaos de régner pouvait rendre cet ordre psychologiquement confortable. C’était le rôle de Samaïn. Les trois jours de ce festival échappaient au temps et chacun y faisait ce qui lui plaisait : les hommes s’habillaient en femme et vice versa, les barrières des fermiers étaient démontées et jetées dans les fossés, les chevaux changés de prés, et les enfants visitaient les voisins en exigeant des cadeaux et des gâteries, une tradition qui survit de façon atténuée dans la fête de Halloween (contraction de « All hallows eve » : la veille de la Toussaint, le 31/10).
Les Celtes comptaient le temps en partant de la nuit et en allant vers le jour, exprimant ainsi leur espoir dans l’évolution d’une conscience endormie vers une conscience éveillée. C’est pourquoi l’année celte commence avec une fête au cœur de l’obscurité : c’est la fête de Samaïn, dont le nom signifie littéralement « la chute du soleil ».
Samaïn ouvre donc le premier quartier, avec une fête qui dure trois jours : les 31 octobre, 1er et 2 novembre.
Samaïn est le Nouvel An celte.
Isabelle Padovani – Facebook
Il est bien difficile de rétablir ce qui se passait naguère en pays celtes, par manque d’écrits ou de traces archéologiques évidentes. Qui est sûr de l’interprétation des menhirs de Carnac ou de Stonehenge ? Ce que nous pouvons en lire est fondé sur des suppositions, des déductions, des convictions, plus que sur des certitudes.
 
La Wicca, ou l’éloge du paganisme et des sorcières
Ce qui est évident, c’est que nous avons raboté la plupart des rites anciens et que l’appel pour plus de sens dans nos vies, plus de merveilleux, titille beaucoup d’Occidentaux en quête de racines, d’authenticité… et de rêves.
Ainsi est née la Wicca, une nouvelle croyance occidentale.
Qu’est-ce que la Wicca ? C’est une croyance basée sur des racines païennes, qui tourne autour de la célébration des cycles naturels et des saisons.
Encore peu connue en France sous ce terme, la Wicca (qui vient de Witch Craft, l’Art de la Magie) rassemble à présent plusieurs millions d’adeptes dans le monde. Elle fut créée par un Britannique dans les années 1950. Pour ses détracteurs, la Wicca est un joyeux fatras de fadaises, anciennes superstitions et ramassis de bêtises ésotériques. 
Ce dessin celtique est le symbole de la série télévisée américaine Charmed, dans la droite lignée de la Wicca.
Et pour ses adeptes ?
On appelle aussi la wicca : le néo-paganisme moderne.
C’est la confluence de multiples pratiques pour célébrer la Force de Vie, c’est un chemin vers le savoir, la sagesse, l’acceptation des forces qui ne se voient pas. Les Wiccans – les adeptes de la Wicca – réapprennent les savoirs oubliés des ancêtres et découvrent un art de vivre lié aux énergies de la Terre et du Ciel. A leur guise, les Wiccans utilisent divers rituels et peuvent s’appuyer sur la cartomancie, l’astrologie, les cycles lunaires, les cristaux… pour capter et interpréter les énergies, pour mieux vivre et pourquoi pas, pour guérir. L’apprentissage et la pratique sont « à la carte », en solo ou en groupe.
L’étoile à 5 branches (ou pentacle) est devenu un signe wiccan
Samain et Pleine Lune, 13 Pleines Lunes dans l’année…
 
La nuit du 31/10/2020 sera chargée pour les Wiccans et les Sorcières avec une double actualité : la célébration de Samain tombe cette année à la Pleine Lune, phénomène rare puisque cette correspondance Samain/Pleine Lune n’était pas arrivée depuis 1944.
 
Une année comme 2020 avec 13 Pleines Lunes (ce qui arrive tous les 2 ou 3 ans), c’est un signe d’année troublée selon les anciens. Pour 2020, on peut aisément faire la liste des malheurs du monde et confirmer cette assertion. Les années à 12 pleines Lunes sont-elles pour autant calmes ?… C’est là qu’on se rend compte que les croyances peuvent nous convaincre de tout, notre souvenir peut associer aux années de 13 Pleines Lunes les drames de l’année… mais les autres années n’en sont pas exemptes.
C’est la responsabilité de chacun de vivre sa vie et croire en pleine conscience, avec discernement. 
 
Même en période noire, il y a la lumière quelque part… Orange & noir…
Naguère, les feux de joie ponctuaient toutes les fêtes. Photo Toa Heftiba
Feu de camp, quilt de Bernadette Mayr.

Si vous avez oublié l’actualité pendant 5 minutes, c’est déjà ça 😁
 
A bientôt pour vous montrer encore plein de belles choses et partager de bons moments ensemble,
Katell

La Route 66 – Mythique Mississippi

Mississippi, c’est la transcription du mot qu’utilisent les Ojibwés (Amérindiens des plaines, autour des Grands Lacs, aux USA et au Canada) pour parler du fleuve, « le père des eaux » qui serpentait dans les immenses prairies peuplées de quelques centaines de milliers d’Indiens nomades, d’animaux et plantes sauvages, pendant des millénaires…

Un Dreamcatcher, attrape-rêves ou capteur de rêves, est un objet du monde des Ojibwés. Dans les années 1960, les Ojibwés ont commencé à en fabriquer pour les touristes blancs et c’est devenu un très joli objet de décoration désacralisé. Certains autres Amérindiens leur en veulent toujours…  Un capteur de rêves se pose au-dessus du lit et capture, comme une araignée attrape des mouches, les cauchemars dans ses fils, pour ne laisser filtrer que les vrais rêves. Pour les Indiens, les rêves sont l’expression des besoins de l’âme, le moyen de communiquer avec le Grand Esprit auquel nous sommes tous liés.
Source photo: Img arcade

Embarquons sur ce fleuve, grande voie de communication qui coule du Nord au Sud, avec des dessins de Morris et un scénario de Goscinny dans un album qui évoque la course entre deux capitaines ennemis, à partir de la Nouvelle-Orléans jusqu’à Minneapolis.

La Nouvelle-Orléans a encore conservé le souvenir de la France.
En remontant le Mississipi, Lucky Luke nous fait découvrir les caprices et dangers de ce fleuve et plusieurs faits historiques. L’album est aussi vieux que moi, de janvier 1961, mais lui n’a pas pris une ride !

Les rides devraient simplement être l’empreinte des sourires.
Mark Twain

Ce qui a tout de même vieilli, c’est l’image du Noir flemmard mais sympa. De nos jours, politiquement incorrect.

Dans cet album de Lucky Luke, on retrouve la plupart des thématiques autour du fleuve : sa majesté, ses dangers, son utilité commerciale… Deux thèmes historiques y sont traités : la course folle de deux steamers (bateaux à aubes) en 1870 et un des premiers boulots d’un futur écrivain célèbre…

La course mythique en remontant le Mississippi

La bande dessinée nous raconte de manière assez fidèle la course engagée entre deux capitaines de steamers (bateaux propulsés à la vapeur grâce à une roue à aubes) en juillet 1870. Tous les coups étaient permis et l’envie de gagner était attisée par les paris gigantesques dans tout le pays !  Cette course particulière est restée fameuse, en raison de son enjeu : démontrer que les bateaux avaient encore un avenir en ralliant New-Orleans à Saint-Louis en moins de 4 jours, malgré la concurrence féroce du chemin de fer…

Avec Lucky Luke, les noms des capitaines et des bateaux sont changés, la ville d’arrivée aussi, mais l’ambiance est presque la même !

Ces courses n’étaient pas rares, elles se terminaient parfois par l’explosion de la chaudière et presque autant de morts que de passagers, la plupart ne sachant pas nager. Les milliers de bateaux sur le Mississippi transportaient des personnes, mais surtout des marchandises comme le charbon, le coton, le maïs, le blé etc. La contenance s’estimait en balles de coton (les ballots jaunes sur les images).

Pour la vraie course, les paris ont dépassé tout ce qu’on peut imaginer !


L’écrivain marqué à vie par le Mississippi

Samuel L. Clemens, 15 ans (en décembre 1850) déjà typographe à New-York…

Samuel Langhorn Clemens, alias Mark Twain, né dans le Missouri en 1835, fut un grand voyageur. Sa plume le distingue comme un des plus grands écrivains, son tempérament en fait un esprit ouvert, généreux, iconoclaste, facétieux… Que j’aimerais qu’existent + de Mark Twain dans le monde !

Dans 20 ans, vous serez plus déçu par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez.

Voyager est fatal aux préjugés, à l’intolérance et à l’étroitesse d’esprit.

En France, on le prend pour un écrivain pour la jeunesse parmi d’autres (Les aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn). Mark Twain est en réalité au pinacle des écrivains, un de ceux qui a exalté l’état d’esprit américain, dans son meilleur sens : le droit de chacun d’améliorer sa vie, l’optimisme qui fait avancer, le respect de toutes les religions, la liberté et la capacité d’entreprendre tout ce qu’on aime… J’aimerais prendre le temps un jour de le lire bien plus que les quelques romans lus lors mon adolescence. 

De retour à sa maison d’enfance en 1902, à Hannibal, village au bord du Mississippi, dans le Missouri. Elle est devenue un très beau musée en l’honneur de l’écrivain.

Twain était entièrement à l’aise par empathie avec tous et partout, mais avec une distance constante lui permettant un jugement sûr, très humain mais distancié. Son ironie, ses aphorismes m’enchantent. Alors à défaut de lire son œuvre dès demain, voici quelques citations :

Éloignez-vous des personnes qui tentent de modérer vos ambitions.
Les petites personnes font toujours cela.
Mais celui qui est génial vous fait sentir que vous aussi, vous pouvez être génial.

Je n’aime pas avoir l’idée de devoir choisir entre le paradis et l’enfer :
j’ai des amis dans des deux.

Il y a plusieurs choses humoristiques en ce monde ;
parmi elles, le fait que l’homme blanc se croit moins sauvage que les autres sauvages.

Il vaut mieux être un optimiste qui a parfois tort
qu’un pessimiste qui a toujours raison.

 

Enfant, Samuel Clemens avait cette vue du Mississippi de chez lui. Représentation artistique de John Stobart (1979).

Avant tous les autres, il défendait ardemment la cause animale :

Il n’y a que la vanité et la désinvolture de l’homme
pour croire qu’un animal est muet,
c’est parce que nos perceptions limitées
ne nous permettent pas de l’entendre.


Si l’on croisait les humains avec les chats,
cela améliorerait les humains,
mais ce serait une catastrophe pour les chats.


Si les animaux pouvaient parler,
le chien serait un compagnon plein d’une franchise maladroite
mais le chat aurait la rare élégance de ne jamais dire un mot de trop.


Plus j’en apprends sur les gens, plus j’aime mon chien.

Certaines phrases font écho aux livres de développement personnel actuels :

Ne vous disputez jamais avec des imbéciles
car ils vont vous ramener à leur niveau de bêtise
et vous battre sur ce terrain avec leur plus grande expérience.

Nous ne sommes rien d’autre qu’un pot-pourri d’ancêtres disparus.

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.

Quel rapport avec l’album de Lucky Luke ??

Goscinny et Morris empruntent des pans de la jeunesse de Mark Twain, quand vers ses 20 ans il commença à travailler sur un steamboat (bateau à vapeur) par fascination du milieu, après y avoir voyagé comme passager. Il fit connaissance de centaines de personnages hauts en couleurs, au franc-parler imagé, pour lesquels il se prit d’affection.

Il commença en bas de l’échelle, mesurant la hauteur d’eau du Mississippi pour que le bateau ne s’enlise pas. Il fallait que la jauge marque plus de 2 pieds de profondeur, et quand on criait « Mark twain », marque double avec l’accent, cela signifiait l’alerte d’une profondeur insuffisante…

La sonde était marquée tous les pieds (environ 30 cm) et on ne pouvait plus passer s’il n’y avait plus que 2 ou 3 pieds de profondeur.

Samuel Clemens fut vite capitaine de bateau, jusqu’à la déclaration de la Guerre de Sécession en 1861, puis partit ensuite vers d’autres aventures après 5 années de vie sur le Mississippi. Ses souvenirs lui donneront matière à écrire plusieurs formidables romans. Retranscrivant les accents locaux, décrivant les gens tels qu’ils étaient, il fut le premier grand écrivain réaliste.

Il raconta aussi une autre version de son pseudonyme, Twain/twin qui signifie double, jumeau. Sa mère avait attendu des jumeaux (ce qui n’est pas avéré…), et l’un est mort à la naissance :  Oui, a-t-il dit, je me demande qui, de mon frère jumeau ou de moi, est mort à la naissance, nous nous ressemblions tellement. Mark Twain avait une vision bien particulière de la vérité, à géométrie variable… Sujet inépuisable !

La vérité est la chose la plus précieuse que nous ayons.
Économisons-la.

Mentez courtois, que diable ! Avec aplomb et élégance.

La vérité est toujours plus surprenante que la fiction,
parce que la fiction doit coller à ce qui est possible,
alors que la vérité, elle, n’y est pas obligée.

Un mensonge peut faire le tour de la terre
le temps que la vérité mette ses chaussures.

Dans le doute, dites la vérité.

 

Samuel naquit 2 semaines après le passage de la comète Halley en 1835 ; reconnu comme le plus grand écrivain vivant, il écrivit un an avant sa mort :

Je vins au monde avec la comète de Halley en 1835. Elle reviendra l’année prochaine, et je m’attends à partir avec elle. Le Tout-Puissant a dit: “Voyez donc ces deux monstres inexplicables ; ils sont venus ensemble, ils doivent repartir ensemble”.

Intuition ? Accablement après la mort de ses proches ? Ultime ironie ? Il mourut 3 semaines avant le passage de la comète de Halley de 1910 qu’on ne voit que tous les 76 ans. Poussière d’étoiles…

Une Star du Midwest

Revenons un instant sur la Route 66, c’est fou comme on y croise des Harley-Davidson !

Superbe quilt fait de tissus et de tee-shirts, créé par notre autre Star de l’étape, Victoria Findlay-Wolfe. Ce modèle, Star Storm, est vendu ici. Attention, envoi postal (pas en PDF).

La source du Mississippi, ce fleuve qu’on a traversé près de Saint-Louis sur la Route 66, est dans le Minnesota, près de la frontière canadienne. C’est là qu’est née Victoria (déjà citée dans La Ruche des Quilteuses).

Les quatre livres de Victoria, par ordre de parution de gauche à droite.

Pour faire un lien avec l’article de l’étape 1, voici un autre quilt de la grande Victoria Findlay Wolfe (grande autant par sa taille que son talent), une belle tige poussée dans la campagne du Minnesota, près de la source du « Père des Eaux », « Old Man River ». Pour elle, le rouge éclatant s’appelle toujours le rouge McCormick :

Big Red, de Victoria Findlay Wolfe (2014) avec le sigle McCormick au centre du quilt et une bordure qui rappelle les traces profondes laissées dans les champs par les tracteurs.

Même si Victoria vit depuis des années à Manhattan (New-York City), elle ne manque jamais de rappeler qu’elle a grandi dans une ferme, que ses parents sont des éleveurs de bœufs au fin fond du Midwest et que sa grand-mère Elda faisait des quilts improvisés, avec ce qu’elle avait de disponible : elle sait d’où elle vient et l’héritage familial n’est pas un vain mot.

Son blog n’est plus alimenté, cela lui prenait sans doute trop de temps, mais son site est ici et Victoria poste assez souvent des photos sur Instagram.

Victoria m’a offert la photo d’un de ses quilts de style improvisé pour mon livre BeeBook (page 17), j’en ai été très honorée ! C’est une des artistes innovantes qui inspire les jeunes et moins jeunes et grâce à qui l’art du patchwork continue de vivre intensément.

BeeBook, édité en 2019 par France Patchwork, est un livre dont je reste très fière, en vente sur le site France Patchwork.

So long, quilters, writers, cowboys and drivers on Route 66!
Katell

Les Reines Victoria

Victoria, jeune princesse de père anglais et de mère allemande, devint une des plus grande reines du monde : pendant plus de 63 ans reine de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, 33 ans reine du Canada, 24 ans Impératrice des Indes, et 21 jours (règne interrompu par sa mort) reine de l’Australie. Sa longévité marqua le 19e siècle, si riche en mutations avec l’industrialisation de l’Occident, l’apogée de l’empire britannique après la défaite de Napoléon, la révolution scientifique avec Darwin, la réforme artistique en architecture, en peinture et décoration intérieure avec Arts & Crafts… Nos voisins et amis britanniques ont bénéficié de plusieurs reines qui ont compté, alors que nous nous privions de cette possibilité avec la loi salique qui interdisait aux femmes de succéder au trône français…

La Jeune Victoria en 1842 (23 ans), par Franz Winterhalter

Au cinéma, à la télévision, la reine Victoria se trouve campée sous les traits de maintes actrices, y compris tout récemment. J’en retiendrai une, juste avant le tournage des Sissi : Romy Schneider offrit le lumineux sourire de ses 16 ans pour interpréter la jeunesse de Victoria :

Autant en Emporte le Vent ? Non, les Jeunes Années d’une Reine !

Au 21e siècle, il y a toujours une reine Victoria pour moi. Elle naquit dans le Minnesota rural aux hivers glaciaux, typique jolie fille de la campagne qui pousse comme un plant de maïs, grande fille toute simple à la grâce d’une mannequin au sourire ravageur… Elle apprit la couture avec sa mère, ne cessant de jouer avec les chutes de tissus, à inventer des trucs et des histoires pour sa poupée Barbie. Sa grande inspiration pour la vie est sa grand-mère, Elda, qui partagea les joies du patchwork à sa manière, avec quelques règles mais aussi beaucoup de libertés, telles qu’on les voit dans les quilts qui n’avaient aucune autre ambition que de bien réchauffer joyeusement la famille. Les quilts des femmes de sa famille sont osés, éclatants de couleurs, rassemblant d’improbables restes de vêtements, de linge de maison… C’est sur cet héritage que Victoria a construit son royaume.

Ses quatre livres sont autant d’inspirations pour nous…

En juin dernier, Victoria et moi avions une actualité similaire, la sortie d’un livre ! Une Première pour moi, une rétrospective (déjà!) pour Victoria. Playing with Purpose reprend le principe qui lui tient à cœur : créer, c’est jouer! Contrairement à ses trois livres précédents, pas d’explications techniques ici, mais l’ambition de voir cet ouvrage reconnu comme un « beau livre ». Aux États-Unis, il est des livres qu’on appelle des Coffee Table Books, des livres qu’on laisse intentionnellement sur la table du salon pour marquer une orientation artistique, une humeur du moment, une décoration qui parle de ses choix, ses coups de cœur, ses revendications.

Victoria est non seulement une artiste, une quilteuse qui crée des quilts hérités de la tradition avec une libération des codes et des couleurs, mais c’est aussi une influenceuse convaincante dans le monde des arts. Grâce à elle et d’autres, les quilts modernes acquièrent, au moins aux USA, un statut d’oeuvre d’art. Cette artiste est doublée d’une grande capacité à faire bouger les foules, enthousiasmer son public, elle est si charismatique ! Une Reine en son domaine…

Je suis très reconnaissante à Victoria de m’avoir offert la photo d’un de ses quilts, fait dans la lignée de l’héritage des quilts de Gee’s Bend :

Un quilt vu dans BeeBook !

J’aurai l’immense joie de rencontrer ma chère Queen Victoria en mars, je vous raconterai notre rencontre ! En attendant, je vais relire ses livres, si riches d’inspiration et de joie de vivre !

Edit : fausse information sur un site espagnol, Victoria ne sera pas en Espagne en mars prochain. Je suis très déçue…

 

Les Nouvelles arrivent !

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A chaque trimestre c’est une jolie tranche de bonheur qui arrive dans notre boîte aux lettres, un soleil qui se joue de la météo : le magazine des Nouvelles pour les adhérents de France Patchwork !

Il est ce mois-ci aux couleurs d’un quilt de Patricia Belyea, Gilded Garden (Jardin Doré). Vous connaîtrez mieux cette artiste en lisant l’interview qu’elle m’a accordée (pages 54-55). Vous pourrez également vous essayer à une de ses méthodes expliquées dans son livre, car j’ai eu l’aimable autorisation d’une responsable de la maison d’édition (Abrams Books) et le soutien de Monique Lopez-Velasco notre rédactrice en chef pour adapter Good Fortune en français pour vous (pages 88-91).

Son livre est également présenté ici.

Thank you so much for your patience Patricia! It has been such a pleasure to prepare these pages with you and Traci!

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Dans notre revue vous trouverez vos rendez-vous habituels avec un focus sur les anneaux de mariage. Il y a tant à dire que Christiane Billard, Cécile Denis et moi-même avons toutes traité ce thème sur la proposition de Monique, chacune à notre manière.

Avec Christiane, je révise sans cesse mes certitudes, son savoir est immense et sa plume sait nous intéresser aux détails les plus pointus de la riche histoire des quilts. Ici, Christiane attire notre attention sur la versatilité du bloc, ses effets multiples et, ce qui nous touche forcément, le soin apporté par des générations de quilteuses pour réussir, même dans l’adversité de la crise économique des années 1930, ces merveilles d’élégance et de précision. 

Quilt Erika Ray

Cécile et son savoir-faire nous aident à déjouer les embûches de ce bloc spectaculaire et délicat dans Les Blocs de Garance. Elle connaît très bien le sujet puisqu’elle a fait un quilt d’anneaux de mariage il y a quelques années pour célébrer les 20 ans de son union.

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Avant que Cécile n’écrive son propre blog et participe à la rédaction des Nouvelles, elle m’avait confié la photo de son superbe quilt en anneaux de mariage, à retrouver ici.

Pour ma part, je rappelle dans Modern Quilt ce qui n’est plus à démontrer, que les quilteuses contemporaines s’inspirent directement de la tradition. Un merci particulier à Victoria Findlay Wolfe, Keiko Goke, Tara Faughnan et Rachael Daisy pour leurs photos de quilts, leur générosité et leur compréhension quand il me faut les photos « pour hier »…

Clin d’œil surprise page 19 avec le quilt que mes amis adhérents de Haute-Garonne et des départements avoisinants ont fait dans le plus grand secret en automne dernier ! 

Ce quilt très cher à mon cœur m’a été offert le 17 novembre dernier, lors de la dernière JA que j’organisais avec ma délégation FP31.

De nombreuses autres surprises vous attendent dans la revue ! A chaque fois je dis que c’est la plus belle…

Ce numéro 137 est très spécial, vous le remarquerez, car c’est le dernier de Monique qui a tenu le rôle exigeant de rédactrice en chef pendant 10 ans. Ce n’est que lorsqu’on participe à la rédaction qu’on a une petite idée du travail phénoménal qu’elle a accompli avec son binôme Nicole Dewitz et toutes les autres bénévoles. Le petit rôle que j’y ai tenu m’a comblée : appartenir à ce groupe sous l’égide de Monique ne fut que du plaisir !

Lors de l’AG de l’association qui s’est tenue vendredi dernier à Angers, Monique a reçu un superbe top imprimé de photos emblématiques et les couvertures de tous ses numéros ! Ce très beau cadeau concocté par notre Présidente Catherine Bonte lui rappellera bien des souvenirs… De gauche à droite : Sylvie, Danielle, Catherine, Monique, Dominique et Edith, qui consacrent bénévolement une énergie folle pour France Patchwork !

 

Une nouvelle équipe nous régalera de ses reportages, modèles et surprises en septembre. C’est Sylvie Bedu, ancienne déléguée départementale et artiste très talentueuse, qui va mener la danse. Sylvie, je te souhaite beaucoup de satisfactions pour la naissance de chaque nouveau bébé, et ce pour notre plus grand plaisir !