Quel bouleau !

Oublions un instant le drame causé par Putin – allez savoir pourquoi, je préfère l’écrire à l’anglaise… Le printemps arrive, c’est le moment de reprendre des forces vitales !

💚🌳💚

Le chêne, autre Roi des Forêts (on connaît Mon beau Sapin, Roi des Forêts…) est très présent tout autour de moi, dans mon jardin comme dans la forêt de Bouconne (31) que je fréquente souvent.

Cela me désole de voir, en pleine forêt, ces coupes claires sur bien 2 hectares… Seul un majestueux chêne a été épargné (photo du 23.02.22)
C’est le complément visuel du livre Être un chêne, preuve que beaucoup de personnes se soucient de mieux connaître les connexions dans la nature. C’est aussi un moyen fort de démontrer l’importance d’un arbre.

Au moment où le chêne a la vedette au cinéma, et j’en suis absolument ravie, je me tourne aujourd’hui vers un arbre plus gracile, le bouleau.

C’est pour certains l’arbre de la sagesse, un arbre sacré, un arbre dédié aux jeunes filles et au printemps. Et aussi, il est si beau ! Les Amérindiens faisaient grand usage de leur écorce, notamment en doublure de semelle des mocassins, pour rester les pieds au sec. En outre, ils imperméabilisaient leurs canoés avec cette écorce, sur une structure souvent en cèdre. D’autre part, bourgeons, feuilles, écorce et sève sont de précieux médicaments naturels, connus depuis des millénaires sans doute. La merveilleuse Hildegarde de Bingen déjà, au XIIe siècle, recommandait la sève de bouleau pour soigner les ulcères.

Au bord du lac au printemps, Gustav Klimt, 1901

Le bouleau est un arbre qui craint trop de chaleur et de sécheresse, c’est pourquoi je n’ai jamais osé en mettre un dans mon jardin.

Bouleaux, Carl Larsson – 1910. En Suède, les bouleaux sont beaux !
Petit déjeuner en plein air, Carl Larsson, 1919

Je vous en parle pour une bonne raison : pour la première fois, je fais une cure de sève de bouleau, ce liquide vital qui jaillit dans tous les arbres à chaque printemps. En prélever ne fait pas de mal à l’arbre, quand on le fait avec soin et qu’on bouche l’orifice à la fin avec une cheville en bois. Et à nous ?

J’ai découvert que, non loin de chez moi (80 km), une famille s’est fait la spécialité de fournir de la sève de bouleau. Cela se passe en Ariège, dans le Couserans, pays aux collines et rivières accueillantes.

Un charmant village du Couserans, Tourtouse, avec un rare donjon heptagonal (7 côtés), un théâtre de plein air, un bon restaurant traditionnel et des villageois adorables là aussi !

Boire de la sève au printemps est une cure bienfaisante d’après tous ceux qui l’ont faite, on parle de détox, de booster, d’anti-stress… C’est une eau reminéralisante : la sève contient du magnésium, du lithium, du silicium, du potassium, du calcium, du sélénium, du phosphore et même de la vitamine C. Jean-Louis Savignol* m’a expliqué que les effets sont variables car chacun est unique, la sève s’adapte aux besoins de chacun. Ce n’est pas magique et ne compensera pas une malbouffe, mais c’est un sacré coup de pouce offert par la nature ! La seule contre-indication est l’allergie déclarée à l’aspirine, car le bouleau contient de l’acide salicylique, le principe actif de ce médicament.

*Quatre générations dans la ferme, de l’arrière-grand-mère à la jeune Jade, en passant par Christine et Amandine. L’indispensable Jean-Louis Savignol prend sans doute la photo !

Voilà des gens qui se sont créé leur vie telle qu’ils la rêvaient ! Cela peut faire rêver bien d’autres, mais c’est une réussite au prix d’un travail acharné, de bonnes décisions mûrement réfléchies, des échecs surmontés, et de l’obstination de ne pas abandonner aux premiers obstacles.

Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer.
Paulo Coelho

Des Mérengais dans leur champ, avec un bois de bouleaux en arrière-plan, à Lasserre (09) le jour de notre visite (le 22.02.2022). Ils sont très proches des chevaux dessinés dans les grottes préhistoriques ariégeoises, à Niaux, il y a 13 000 ans. Depuis la nuit des temps, ces chevaux ont aidé les paysans et les mineurs, sont de formidables compagnons de voyage… Napoléon les réquisitionna pour sa Campagne de Russie, pour leur résistance au froid, leur force, leur frugalité...
Ils ne volent pas leur surnom de Prince Noir Ariégeois.
Moustic, pendant la transhumance de juin 2021, une splendide photo de Sylvie Lapouzarie (Facebook)

La famille Savignol élève des chevaux de Mérens, cette très ancienne race locale, dans le plus grand respect de l’animal. Elle tient aussi un Gîte de France et 3 chambres d’hôtes. Et au frémissement du printemps, à partir de fin février (ou début mars, selon les années), ils récoltent de la sève dans leurs bois de bouleaux à 500-600 m d’altitude, puis en fin de saison plus haut en montagne (jusqu’à 1 200 m). On arrête le prélèvement dès que les feuilles paraissent. Vous imaginez tous les travaux qui s’égrènent au fil des jours, des mois, des années… Quel boulot !

Ils vivent à Lasserre, village du Parc Naturel régional des Pyrénées ariégeoises, qui connaît une nouvelle jeunesse. 160 habitants en 2000, plus de 250 aujourd’hui, avec 50 enfants à l’école ! C’est l’attrait de la vie dans la nature -si belle à Lasserre, avec sa vue époustouflante sur la chaîne pyrénéenne- son bon air, sa convivialité… A présent c’est trop tard, les maisons, même les ruines, sont vendues et les prix des terrains atteignent des sommets, plus que pyrénéens

J’aime beaucoup France Guillain, femme énergique qui, depuis plus de 40 ans, s’emploie à partager son bon sens et ses découvertes pour notre santé. J’ai lu la plupart de ses livres et j’observe une partie de ses conseils pour une bonne et belle vie.

Son nouveau livre reprend l’essentiel sur la sève de bouleau, ainsi que d’autres aliments hautement recommandés. Elle est ambassadrice de la sève de bouleau de l’Ariège !

La sève de bouleau est un aliment naturel. C’est l’élixir de vie des arbres, dont nous pouvons profiter. Notre corps, prodigieusement intelligent, saura en tirer tous les bienfaits. On la reçoit telle qu’elle sort de l’arbre, claire, douce, fraîche. Si d’aventure vous la laissez à température ambiante un certain temps, elle va fermenter, pétiller… et sera d’autant plus puissante, riche de millions de bonnes bactéries, mais plus difficile gustativement à avaler !

Je ne suis pas seule à leur avoir rendu visite cette semaine ! Écoutez France Bleu Occitanie, cette émission d’hier à 10h30, visionnez les informations France 3 Occitanie dans le 19/20 du 23/02 et dans le 13 Heures du 24/02 !

Souhaitez-vous également faire une cure ce printemps ? Vous pouvez commander ici et vous faire livrer un pack de 3 ou 5 litres chez vous, il sera protégé par un emballage isotherme (ce sont les seuls à le faire). Le prix se justifie amplement par le travail que cela représente, les soins pris pour garantir la pureté (j’ai visité leur laboratoire !) et puis je dirais qu’on choisit ses priorités…

Jean-Louis sera aussi à Paris au Salon de l’Agriculture du 3 au 6 mars, et puis au Salon de Toulouse, de Bordeaux… Allez le voir, discuter avec lui, et lui faire un coucou de ma part !

Les commandes partent les lundis, mardis, mercredis, alors le week-end est un moment parfait pour commander ; vous recevrez votre élixir de vie normalement dans la semaine (l’option livraison en point relais est gratuite). A vrai dire, en tout début de saison comme maintenant, la seule limite est le jaillissement de la sève, très timide encore ces jours-ci ; le rythme de la nature dicte leur capacité à faire les envois. Amandine est la fée du service clients au 07 84 46 96 85, n’hésitez pas à la contacter (ou email : info@seve-bouleau.fr).

Faites-vous du bien avec leur sève de bouleau 💚

Pour vous aider à franchir le pas, vous bénéficiez d’un code promo, KATELL, vous offrant 5 %, parce que vous le valez bien !

Comme un article ne serait pas complet ici sans quelques quilts, en voici en voilà, pour votre inspiration, des inédits (je crois) sur la Ruche, avec des bouleaux bien sûr :

Sharon Koppel, Pennsylvania
Sharon Koppel, quilt en vente
Beth Van Wyngaarden
Un autre quilt de la même artiste Beth Van Wyngaarden. Vraiment, je suis tentée d’en faire un moi aussi…
Beauty in the bark, Blue Nickel Studios, le même styliste qui m’a inspiré le quilt pour ma sœur Véronique

Vous pouvez lire d’autres quilts sur le thème des arbres en suivant ce lien.

Quand la passion du patchwork rejoint celle des arbres et de la nature,
et en plus que cela nous fait du bien… C’est la Joie 🌞 !
Katell

L’appel de la forêt

Les arbres ont toujours accompagné la vie des hommes de mille manières concrètes (abri, nourriture, soin, chaleur, oxygène…) et ils ont aussi stimulé leur imaginaire et leur spiritualité. Pourtant, nos ancêtres avaient souvent peur de la forêt, cela nous a été transmis par les contes… La forêt, lieu sombre, mystérieux, humide était remplie d’esprits inconnus, de personnes malfaisantes, d’animaux affamés… Et surtout peut-être, il y avait la peur de s’y perdre ! Nous avons bien changé notre vision, nous savons que c’est un organisme vivant très élaboré, dont dépend l’équilibre climatique de notre Terre. Ce qui n’empêche pas de garder notre émerveillement.

Cet arbre (aspen, ou tremble d’Amérique) est devenu mon ami. Il m’a guérie d’une insolation, quelque part en pays Navajo…

La forêt est devenue en quelques années un sujet polémique/politique. Nul n’ignore qu’on coupe toujours les grandes forêts du Monde, ou qu’elles brûlent, et que cela ne fera qu’augmenter drastiquement le dérèglement climatique.

La Forêt de Bouconne

S’engager pour les forêts du monde ou les forêts locales, c’est toujours une démarche positive. Je me dois de vous donner des nouvelles de la pétition engagée il y a presque deux ans pour alerter sur l’exploitation accrue de la forêt de Bouconne. La pétition NON au déboisement dans la forêt de Bouconne a été entendue, partagée, discutée, elle a été signée par près de 55 000 personnes, ce qui démontre l’attachement aux forêts de France. Les dix communes concernées par Bouconne ont pris en compte ces doléances. Parallèlement en juillet 2020, environ les deux-tiers de la forêt ont été classés Espace Naturel Sensible, afin de protéger la richesse de sa biodiversité. Il semble que d’autres mesures seront prises pour mieux protéger la forêt. Restons vigilants et connectés !

Cette forêt près de Toulouse a attiré un public extrêmement nombreux après le premier confinement et l’engouement ne s’essouffle pas. Il faut absolument trouver l’équilibre entre exploitation du bois, protection de la faune et la flore, et accueil du public. Je crois qu’il existe une bonne volonté pour préserver au mieux un équilibre au fil des années à venir. Alors merci à vous toutes, chères lectrices, qui avez dès le début fait démarrer en flèche cette pétition avec vos signatures ! Ce ne fut pas en vain.

A ce sujet, pour celles qui aiment cette forêt en particulier, je ne peux que recommander ce livre, une Bible sur Bouconne, paru en juin 2021 :

J’ai reçu ce livre en cadeau de Noël ! Un ouvrage comme j’aime : de l’histoire et même de la préhistoire (on remonte à Neandertal, mais oui ils vivaient ici aussi !), et un panorama très complet de la forêt : la faune, la flore, la répartition des parcelles, ses curiosités, et bien plus encore… Merci José Fernandez d’avoir recueilli toutes ces informations avec rigueur et beaucoup d’amour pour « notre » forêt ! Pour vous procurer ce livre, contactez l’auteur à partir de son compte Facebook, son numéro de téléphone y est clairement écrit pour les commandes.

L’auteur répond à de nombreuses questions que je me posais – et même celles que je ne me posais pas ! J’ai eu cependant une réponse complète à une vraie énigme. L’année dernière en tout début de printemps, je suis tombée sur un truc bizarre aux 3/4 enfoncé dans la terre, en me promenant avec mon mari. Photos prises, mais je les ai effacées un jour, plus de place dans mon téléphone… Mais après avoir lu le livre il y a quelques semaines, le mystère s’est éclairci et je voulais absolument retrouver mon truc. Retrouvé ! Les alentours viennent d’être « visités » par les bûcherons et mon truc mis en évidence sur un tronc d’arbre mort. Ce truc, je l’ai donc appris dans le livre, est un gros obus en béton et ferraille de 250 kg, une fausse bombe : les Allemands s’entraînaient au largage des bombes au-dessus de la forêt pendant la seconde guerre mondiale… Une ampoule en verre contenant un fumigène se brisait au contact du sol, pour repérer où l’impact avait eu lieu. Il en reste donc plusieurs dans la forêt, hors sentiers battus. Elles se trouvent en général vers le Nord (Mondonville) mais « la mienne » se trouve en plein cœur de la forêt. (voir livre page 87).

Impressionnant ! Cette fausse bombe est particulièrement bien conservée. Qui va la récupérer à présent ?

Beauté fractale de la nature

L’afflux accru des citadins vers la nature est multifactoriel. Instinctivement, ils quittent un temps le monde de la géométrie euclidienne, celle de la règle et du compas, bien nette et omniprésente en paysage urbain et dans nos structures de pensée (et aussi dans le patchwork traditionnel !). Voir autre chose, qui offre des émotions bien enfouies en soi, c’est ce qu’offre la nature, avec son harmonie organique et sa géométrie fractale. Pour être simple, c’est la répétition d’une structure à différentes échelles (un peu comme les matriochkas, les poupées russes gigogne). Les arbres sont, si on y pense, à cette image, les branches se subdivisent en branches de plus en plus fines, puis dans la structure de la feuille on constate la même structure de nervure centrale (comme le tronc), puis les nervures secondaires (comme les branches). Même chose sous terre, pour les racines… Ne sommes-nous pas, nous aussi, faits de fractales, avec nos systèmes respiratoire et circulatoire (et bien plus encore) ? Cette affinité instinctive avec la nature n’est pas fortuite, nous faisons partie de cette grande symphonie fractale.

Cette fractale dans une feuille n’en est qu’une parmi une infinité dans la nature…
Arbre de Vie celtique

ARTPELHOT 2023 : l’appel de la forêt

L’Appel de la forêt, c’est le titre français d’un des meilleurs livres de Jack London (The Call of the Wild), dans lequel un chien raconte sa vie dans la forêt du Grand Nord du Canada. C’est aussi le titre choisi par ARTPELHOT (voir sa présentation ici) pour son thème d’exposition dans le Temple de Lacaze pour fin juin 2023. Un ou des arbres, une forêt, des branches et des feuilles… C’est ce que nous souhaitons voir en quilts ! Style, techniques, dimensions libres, il faut juste que ce soit un quilt (3 épaisseurs).

Lors de mes vagabondages dans les verdures éternelles, j’avais l’impression de lire l’univers et la forêt était pour moi la plus belle des bibliothèques.
Gonzague Saint-Bris, L’enfant de Vinci (2007)

J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé.
Robert Frost, The road not taken (1916)

Voici une petite sélection de quilts vus sur internet mais pas encore sur mon blog. Cela montre la diversité du sujet, mais je ne doute pas que vous en aurez d’autres, des idées…

Un très classique Quatre saisons, par Plum Tree Quilts
Geese in the Forest – Modèle Twiddletails
Forest, Cathy Geier
See hope in the cherry blossoms, de Barbara Danzi
Dans la froideur hivernale, Winter Trees fait par LeeAnn Decker, avec des blocs échangés au sein du groupe Light of Day Bee.
Le club de La Courtepointe à Réalmont (81) a réalisé une forêt textile, que nous aurons le plaisir de voir ou revoir à cette exposition.

Tandis que le Temple accueillera cette exposition, Caroline Higgs exposera ses œuvres au Château fin juin-fin juillet 2023. Encore un programme enthousiasmant, avec cette artiste qui fait voyager !

Pour toute question concernant les expositions ARTPELHOT,
contactez Cécile Milhau à acl81@yahoo.fr.

Un dernier petit tour vers les aspens, ces peupliers faux-trembles d’Amérique qui peuplent le pays des Navajos (et à vrai dire, toute l’Amérique du Nord, surtout du côté des Rocheuses) ; une semaine après ces photos, dans le Colorado, ils étaient couleur d’or. Entrer dans une forêt d’aspens, c’est pénétrer dans un monde spirituel qui nous relie à Mother Earth, la Mère Terre. Les Natifs (les Amérindiens) le savent bien !

Malheureusement, un cinquième des aspens sont morts prématurément depuis l’an 2000, en raison des sécheresses de plus en plus longues ; ils meurent de déshydratation. Comme c’est triste.

Ce qui ressemble à une forêt n’en est pas techniquement une nécessairement. Les aspens ont la particularité de vivre en colonies d’arbres qui semblent avoir le même âge. Ce n’est pourtant pas une plantation ni un groupe d’arbres divers, mais un ensemble de drageons d’un même système racinaire enfoui, qui a souvent des milliers d’années… Ces arbres sont donc des clones !
Leurs feuilles bruissent au moindre souffle d’air, ce qui fait croire à un ruisseau à proximité. Leur ombre est bienfaisante et l’écorce renferme de l’acide salicylique (principe actif de l’aspirine). Caresser ces arbres suffit-il à guérir ? Je suis témoin qu’il l’ont fait pour moi !

A bientôt, en vert et avec tout !
Katell