Avec Cosabeth

Avec Cosabeth, c’est une belle histoire d’amitié depuis quelques années. C’était une personne que j’admirais éperdument sans la connaître, à qui je rêvais de ressembler quand j’avais 20 ans, comme une fan peut s’enticher d’une star. La connaître bien plus tard en vrai fut une grande émotion, et la confirmation que, lorsqu’on suit son cœur, on ne se trompe pas. Oui, Cosabeth mérite entièrement mon admiration !

La passion c’est l’énergie.
Ressentez la puissance qui se dégage
quand vous vous concentrez sur ce qui vous passionne.
Oprah Winfrey

Je l’ai plusieurs fois dit, j’ai découvert le patchwork avec le magazine des 100 Idées, dans les années 1970. Je dévorais les articles, voulais toujours comprendre les techniques, et lorsque mon échantillon était bon (en crazy, en appliqué, en piécé…) je n’allais pas plus loin. Je faisais alors bien d’autres bricolages et surtout du tricot, un peu de crochet…

Cosabeth : un tel prénom se remarque. Je l’ai lu pour la première fois alors que j’avais 20 ans, dans le 100 Idées d’août 1981, pile un an après avoir passé un mois inoubliable aux États-Unis. J’avais aimé les grandes villes, mais j’étais surtout tombée amoureuse du Sud-Ouest, là où j’avais rencontré des Amérindiens et ressenti une attraction indescriptible. Et voilà qu’un article concrétise exactement l’ambiance que j’aime, les couleurs qui me parlent :

Article 100 Idées n° 94 – Août 1981

Cet article fut un choc : je me retrouvais dans Cosabeth, j’étais le même style de nana en blue jean, boucles d’oreilles turquoise et longs cheveux noirs tressés, en mieux que moi puisqu’elle me montrait ce qui me titillait depuis plusieurs années, le patchwork. Mais cette fois-ci, je le voyais avec mes couleurs, mes préférences (tout à la machine !) ; de plus, c’était une technique amérindienne ! J’ai étudié cette technique avec les explications du magazine et j’aime toujours le patchwork à la machine, avec des règles simples et une touche d’improvisation… et Cosa aussi ! Elle est allée beaucoup plus loin dans les arts plastiques, mais toujours, elle revient à ses premières amours : les couleurs, la mise en valeur des tissus qui ont eu une première vie, les formes simples, la tradition renouvelée…

Article 100 Idées n° 102 – Avril 1982

Moins d’une année après, il y eut ce quilt en blue jeans, ressemblant à un autre présenté quelques années plus tôt toujours dans 100 Idées, où j’avais eu du mal à comprendre pourquoi je me retrouvais avec de si petites marges de couture quand je coupais un carré sur sa diagonale (!!!). Ce nouveau quilt de Cosabeth suivait la tradition avec ses blocs, la petite erreur dans la feuille d’érable, les différents tons de jeans usagés, tout me parlait, et là aussi j’ai voulu comprendre la technique, j’ai fait plusieurs blocs et j’ai compris mon erreur initiale. Ensuite, tout découlait de source ! En bonne Capricorne, je devais d’abord réfléchir et me préparer, puis agir.

Voyez ce beau quilt intemporel, tout en carrés bicolores :

Mon premier quilt fini, issu de celui-ci, ne le sera qu’en 1985. Avant, j’engrangeais les connaissances, j’aiguisais mon sens des couleurs, je me préparais, alors que ma vie tracée n’avait rien à voir avec le patchwork.

Cosabeth, elle, avait dès le début suivi sa passion, découverte lors de son séjour de 2 ans et demi en Californie, où elle avait travaillé dans un magasin de patchwork. Alors, forte de son expérience, elle fut de l’équipe du magasin du Rouvray dès son retour des USA (le premier magasin de patchwork en France, Paris 5e) avec Diane de Obaldia. Elle faisait partie de cette jeunesse innovante, qui s’inspirait de la tradition pour la faire vivre dans le XXe siècle, tandis que Sophie Campbell enseignait le patchwork le plus traditionnel.

En 1994 pour la version anglaise, puis en janvier 1996 en français, tandis que le patchwork était devenu un loisir créatif très en vogue en France et dans le monde, Diane de Obaldia fit paraître un livre avec des œuvres de ses « Filles » :

Sur un de mes quilts traditionnels (quilté avec ma petite Pfaff), le célèbre livre Patchworks du Rouvray en français, Editions Le Temps Apprivoisé

Il y eu ensuite, toujours avec Marie-Christine Flocard et Diane de Obaldia, Les Bases du Patchwork (again, en anglais puis en français) et Provence, quilts and cuisine, un beau programme ! Parallèlement, Cosabeth expose souvent et propose ses créations et articles dans tous les magazines qui comptent dans le monde du patchwork, parmi lesquels Les Nouvelles de France Patchwork, Quiltmania ou Magic Patch (et bien d’autres).

Depuis quelques années, les quilts présentés dans Marie-Claire Idées sont de Cosabeth !

Présentation du tout nouveau Marie-Claire Idées, avec la participation de Cosabeth.

Cosabeth anime des ateliers de patchwork depuis des décennies, son cours sur les couleurs est fameux ! Elle guide aussi ses stagiaires pour appréhender le style Boro, avec, encore en fil conducteur, la valorisation des tissus recyclés et la joie de profiter de l’instant présent, pour faire un ouvrage unique.

Je ne prétends pas faire une revue complète de la carrière de Cosabeth, mais je suis sûre que vous trouverez, parmi ces jalons, quelques-uns qui vous parlent…

Le magasin du Rouvray fut, à l’évidence, un des facteurs qui permit l’épanouissement rapide du patchwork en France, une vraie ruche !! La plupart des vendeuses-conseillères ont influencé le monde du patchwork, chacune dans leur style et leur sensibilité. C’est pourquoi, en discutant un jour avec Christine Meynier chez elle (en visite avec notre chère Betty de Floride), j’ai lancé la possibilité de réunir autant de Filles du Rouvray que possible dans une exposition commune. J’ai eu l’accord immédiat de Cécile Milhau et l’exposition s’est faite dans le château de Lacaze en juin-juillet 2021. Christine a réussi à réunir dix-huit quilts confiés par 7 Filles du Rouvray – ou leur famille – Soisik Labbens, Cosabeth Parriaud, Marie-Christine Flocard, Viviane Martin, Joëlle de Bailliencourt, Inès Travers et Christine Meynier. Elles représentent l’art du patchwork à la Française qui a éclos dans ce magasin parisien dirigé par une Américaine. Les personnes qui ont vu cette exposition ont mesuré l’extraordinaire vitalité qui découle de toutes ces œuvres textiles !

Voici Christine Meynier et Cosabeth Parriaud, devant deux quilts de Cosabeth… les masques étaient encore de rigueur :

Christine Meynier et Cosabeth Parriaud
Christine Meynier et Cosabeth Parriaud, juin 2021

Cosabeth n’a pas fini de nous enchanter : elle vient de faire paraître un nouveau livre, en solo cette fois-ci ! Je vous propose de nous retrouver le 4 novembre ici-même, pour découvrir ensemble ce nouveau bébé et vous donner la possibilité de gagner quelques exemplaires (merci aux Éditions Marabout). Il me plaît infiniment, alors je suis très heureuse de le promouvoir !

Sur un carré Neelam, le nouveau livre tout pimpant de Cosabeth Parriaud, Éditions Marabout.

Des impondérables familiaux retardent mon courrier,
pardonnez-moi si je n’ai pas encore répondu aux mails reçus ces dernières semaines, cela viendra.
De même, je reviendrai comme promis sur les belles rencontres à Sainte-Marie-aux-Mines !
En attendant, rendez-vous le 4 novembre 🥰
Katell

PS : Ne manquez pas le nouvel article sur le blog BBquilts en France !

47 commentaires sur « Avec Cosabeth »

  1. Merci pour décrire votre découverte du patchwork. Pour moi, la découverte du patchwork fut dans les Emirats Arabes unis en 1986 par une américaine. Depuis cette date, je me suis abonnée à la revue de l’association du patchwork (français) puis aux revues de quiltmania. J’ai connu le Rouvray à Paris ou j’ai commencé ma « collection de tissus ». J’étais enthousiaste et j’ai acheté des revues (100 idées , Burda patchwork ). Encore merci à celles qui nous ont fait connaître cet art.

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  2. Je connaissais Cosabeth de réputation et lorsque je l’ai rencontrée à l’AEF pour la première fois il y a quelques années, le courant est bien passé malgré l’océan qui nous sépare en matière de travail… garder cette tolérance vis-à-vis des différents styles, c’est aussi cela que j’aime dans notre Univers !
    Voilà un très bel article, bien mérité pour cette immense artiste ! Ayant débuté en patchwork trop tard, je regrette d’avoir raté ces années glorieuses avec les « filles du Rouvray » !
    Merci de nous ramener à elles de temps en temps ! xoxo

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  3. Merveilleux article. Katell, tu nous enchante! J’aimerais bien réservé le livre de Cosabeth si c’est possible.

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  4. Le Rouvray ….ma première boutique de patchwork .. .les 100 idees …
    Comme si c etait hier … !Bonne journée a toutes

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  5. J ai eu la chance de pouvoir admirer ses quilts à L’académie, une belle source d inspiration. Hâte d être le 4 novembre pour découvrir ton article.
    A bientôt
    Bisous

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  6. A mille lieux de penser que les déesses inaccessibles du Rouvray pouvaient venir exposer à Lacaze ….il faut toujours rêver …cela permet des rencontres sympa et entretient le fil de l’amitié

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  7. Bonjour Katell
    De nouveau un grand merci pour cet article qui rappelle ton goût pour le patchwork et le lien avec les créatrices. Tu sais que je suis une « jeune » adepte, un peu grâce à toi mais aussi grâce à Cosabeth dont j’avais remarqué depuis quelques années déjà les modèles dans Marie Claire Idées et dont je me suis inspirée également. Je me réjouis de pouvoir acheter son livre au salon Création et Savoir faire. Peut être me le dédicacera t elle ?

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    1. Oh oui tu auras probablement une dédicace !
      Ton récent engagement dans le patchwork me réjouit, je sais que tu as une voix singulière grâce à ton âme d’artiste ❤

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  8. J’ai commencé le patchwork toute seule , suite à un article du Mode et Travaux de ma mère ; beaucoup d’erreurs mais un réel plaisir .
    Et un grand plaisir de lire cet article , d’y retrouver tous ces noms qui m’ont aidés à progresser .
    Je crois que c’était en 76 !

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  9. Moi aussi ,j’ai découvert le patch grâce à 100 idées et j’ai fait le patch séminole ainsi que le bleu!! C’est un bel article. Lorsqu’on a mis le pied à l’étrier, même si on évolue, même si nos goûts se portent vers autre chose, on aura été marquées durablement par cette étape!! Bravo, merci!! Je me suis régalée à lire ceci!

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    1. Tu aurais pu l’écrire, avec ton regard… Nous sommes nombreuses de cette génération, à avoir été portées par l’esprit 100 Idées, et chacune a fait son chemin…

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  10. Un peu jeune pour avoir connu 100 idées mais je suis le parcours de Cosabeth depuis longtemps. J’ai connu le Rouvray par contre où mon budget d’étudiante ne me laissait pas trop de possibilités…mais il y avait des merveilles. Je serai contente de trouver ce bel ouvrage. On manque de créatrices françaises (j’entends avec un vrai style propre, pas copié des USA) qui puissent être identifiées comme telles par la France et l’étranger. Merci de la mettre si bien en lumière!

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  11. Merci Katell pour ce bel article rendant hommage à celle dont on guette toutes les publications ! J’ai déjà récupéré un exemplaire de son nouveau livre… Comme vous, à mes débuts de patchwork, je suis allée au Rouvray, après avoir vu un modèle dans Quiltmania. J’ai trouvé l’histoire de Diane De Obaldia formidable et ai acheté mon premier kit qui comportait de fabuleux tissus…auxquels je n’ai pas osé toucher à l’époque ! L’éloignement géographique ne m’a pas permis de venir voir l’exposition que vous aviez organisée avec les filles du Rouvray, mais grâce à vos articles, j’y étais, un peu. J’attends mes Marie-Claire idées avec impatience depuis que je suis enfant et chaque modèle de Cosabeth me plaît! Bon dimanche et merci pour ce partage…

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  12. bonjour Katell, merci pour cette article. je ne connais pas Cosabeth, mais je vais chercher.
    Comme nombreuses personnes nous sommes autodidactes. J’aime le patchwork pour les mélanges, les couleurs, les formes…Mais l’extrait de la revue est très intéressant. Merci pour ce partage Katell.

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  13. merci Katell
    comme toujours quel bel article et ça nous rappelle de beaux souvenirs (100 idées et M C idées )
    je vais les feuilleter à nouveau.

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  14. Merci Katell pour cet hommage bien mérité à Cosabeth. Elle fait partie du groupe que nous avons formé grâce à elle appelé « les Lilies », composé d’Anne Woringer, Jeanne Chausson, Nadine Richard, Edith Raymond et Soizik Labbens qui nous a quittée. Elle nous apporte son optimisme et son enthousiasme qui nous boostent. Merci Cosa.

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  15. autant le numéro d’aout ne me dit rien mais le numéro d’avril avec le quilt bleu et blanc me parle ! je l’ai eu longtemps ! j’avais toute la collec’ de MCI mais je n’ai pu gardé que qqs uns de noël (mes prefs de pref’) pour mon déménagement en Bretagne ! et le N01 !
    je fais marcher ma tête et mon imagination !

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  16. Merci Katell pour avoir ravivé ces souvenirs de jeunesse dans ton bel article qui nous replongent dans les années 80 ! Merci pour ton témoignage et ton enthousiasme pour le patchwork que nous aimons tous passionnément, merci pour ta générosité dans ton blog et ton partage. Merci à mon amie Édith Raymond pour son message ! Merci aussi à celles qui évoquent de si jolis souvenirs de mes stages ou évoquent mes créations pour la Presse, merci merci… Et vive le patchwork !

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  17. Merci pour cet article qui évoque quelques bons souvenirs
    J’ai véritablement commencé le patchwork avec Sophie Campbell , une américaine connue à l’époque … 87…
    J’avais fait en autodidacte quelques assemblages un peu plus jeune en m’inspirant des magasines 100 idées .
    Toucher, posséder, travailler le tissu m’a toujours plu
    Nous avons fait venir Cosabeth il y a sûrement plus de 10 ans.. pour un stage dans notre club en corse ; sur la transparence …
    J’en garde un très bon souvenir
    Mais je n’ai jamais vrt fait de véritables grand patchwork. Toujours des petites bricoles, des sacs… le tout à la machine .. donc pas le droit d’être classée comme patcheuse… mais j’apprécie toujours autant
    Ma maman en a bcp fait … ainsi que du bouti
    J’en ai quelques un…

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  18. Je ne peux que confirmer ce qui est écrit , j’ai appris les bases du patchwork avec Cosabeth en 1983 !!! et j’ai beaucoup « fréquenté le Rouvray où nous trouvions toujours de bons conseils

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  19. Merci Katell pour ce formidable article, généreux, comme d’habitude et très bien documenté. Cosabeth est en effet une personne qui compte dans l’histoire du patchwork français. Outre ses créations contemporaines, elle a gardé un amour pour le patch traditionnel,qui lui permet d’être sincère pour ses créations de MCI. Et merci d’avoir permis aux filles du Rouvray de se rappeler leurs belles années avec la super exposition à Lacaze , organisée de main de maître par Cécile Milhau ! Quel bonheur d’avoir exposé en même temps que les abeilles !

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    1. Merci pour ce beau message Christine, mon amie et ma complice qui a été une « des filles du Rouvray » avec moi
      Quel beau souvenir que cette Expo à Lacaze a l’été 2021, initiée par Katell et orchestrée par Cécile et toi. Avec le plaisir de voir la très belle expo de Katell et ses amies à côté !

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  20. comme beaucoup, je rajeunis!!! en lisant ces articles de MFI où l’on découvrait le patchwork.
    j’ai eu la chance d’apprendre à coudre mes 1iers blocs avec une élève de Sophie Campbell . Elle était très pointilleuse comme Sophie C mais ainsi j’ai eu des bases solides avant de me lancer dans des ouvrages plus « libres ».
    J’ai une question: j’aimerais vous faire parvenir une photo d’un panneau que j’ai réalisé à partir de 2 ouvrages du BeeBook mais je ne sais pas à quelle adresse mail pour pouvoir joindre les photos. merci Katell pour la réponse

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