
Avant la pause estivale je voudrais, pour ceux et celles qui vont à Vienne cet été (Véronique !), vous donner envie d’aller visiter une maison récemment ouverte au public : le dernier atelier de KLIMT.
Vienne est une ville qui baigne dans son passé tumultueux et il y a tant à visiter… Ainsi, des tableaux de Klimt sont-ils disséminés dans plusieurs lieux, mais on peut admirer aussi de nombreuses fresques murales dans divers édifices viennois, lesquelles furent parfois des commandes de l’Empereur… mari de Sissi. Eh oui, Klimt a pu rencontrer Elisabeth d’Autriche mais seule sa rencontre avec Franz Joseph est attestée selon les sources que j’ai pu trouver (le peintre reçut des mains de l’Empereur la Croix d’Or du Mérite Artistique en 1888). Klimt symbolise la modernité, l’Empereur un monde ancien évanoui, mais ils étaient pourtant contemporains.
Mieux que je ne pourrais le faire, l’article de ce blog sur les traces de Klimt à Vienne vous donne toutes les bonnes adresses : Yulbaba. Toutes les bonnes adresses… sauf une, toute récente !
A 3 stations de métro de Schönbrunn se trouve le lieu du dernier atelier du peintre (Feldmühlengasse, 11, métro Unter St.Veit, U4). C’était alors une petite maison campagnarde et tranquille, où Klimt peignit de 1911 à 1918 ses derniers chefs d’oeuvre.


Des passionnés ont pris conscience de l’importance de faire revivre un lieu de vie de cet artiste. En effet, sa maison natale fut détruite en 1967 et ses différents domiciles viennois tous disparus, à part ce lieu : même si la maison a été profondément rénovée au fil du XXe siècle après la mort de Klimt en 1918, des recherches ont été entreprises pour retrouver les caractéristiques et l’atmosphère des pièces où vivait le peintre, grâce notamment aux photos d’époque. Une association, aidée par l’Etat autrichien, entreprit donc de gros travaux en 2011-2012.


C’est maintenant une magnifique maison, bien plus luxueuse que celle du peintre, mais deux pièces sont reconstituées fidèlement : la salle à manger, avec des reproductions du mobilier 1900 de Hoffmann, et surtout son atelier, avec notamment les repros de ses derniers tableaux sur chevalet, des dessins, deux célèbres sarraus que portait le peintre : ils sont de lin, teints en indigo, avec les épaules brodées… J’aurais bien emporté ces robes confortables !

Dans cette maison, on sent la présence de l’amie, la muse, l’inspiratrice, Emilie Flöge. Leur rencontre a coïncidé avec l’abandon de l’académisme chez le peintre et la progression vers la « sécession », dont le moto est : « À chaque époque son art, à tout art sa liberté ».

Dans la Villa Klimt sur des mannequins, on voit des reproductions de magnifiques robes cousues par l’amie de Klimt, ou l’une de ses soeurs. Elles tenaient, à trois, une maison de couture très renommée au coeur de la ville.

On pourrait croire cette robe signée Chanel !





Je voulais donc ici informer sur l’existence de cette Maison inaugurée en 2012 pour les 150 ans de la naissance du peintre car elle n’est pas encore répertoriée dans tous les guides (mais heureusement pour moi, elle l’est dans le Routard 2014 !). Tant de choses seraient à dire sur ce peintre qui vécut dans la Vienne du tournant du siècle vers 1900, le coeur battant de l’Europe, où se mêlaient la grandeur déclinante d’un empire, le triomphe du conformisme bourgeois issu du « Biedermeier », la gloire de l’innovation des arts et des sciences, mais aussi le germe poison de l’antisémitisme…

Le site de la Villa de Klimt à Vienne : http://www.klimtvilla.at/
2018 : ce sera le centenaire de la mort de Klimt (crise d’apoplexie), ainsi qu’une liste impressionnante de ses amis sécessionnistes, victimes, eux, de la terrible grippe espagnole. Ce sera certainement l’occasion de riches expositions ; nul doute que 2018 sera une année culturellement passionnante à Vienne !


A noter qu’un roman sur la relation entre Emilie et Gustav est sorti en 2005, dans la veine de « La Jeune Fille à la Perle » de Tracy Chevalier. Il fut traduit en allemand, en espagnol, mais à ma connaissance pas en français. Si je réussis à me le procurer, je vous en parlerai un jour…
Pour plonger dans la Vienne de 1900, j’ai suivi les conseils de la même lectrice de la Ruche et ai commencé la lecture des Carnets de Max Liebermann (6 tomes à ce jour) de Frank Tallis : des polars où les énigmes sont résolues grâce à un psychiatre qui côtoie les personnalités de ce temps, Mahler et Freud, Klimt et l’Empereur.. Absolument passionnant et addictif ! Merci à Griseldis pour ses conseils avisés ! Je vais ainsi continuer cet été à voyager dans le temps et l’espace…
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