En silence (2)

Les couvertures de livres sont incroyablement importantes. Cette rentrée littéraire, on nous propose d’un coup 555 parutions… Alors on se fie aux noms des auteurs, aux critiques ou aux titres, mais l’attraction de l’illustration de couverture joue aussi un immense rôle. Elle devrait donner la tonalité du livre… Pas si facile peut-être ! Parfois, l’image est complètement « à côté de la plaque »… Dans une interview, Tracy Chevalier explique qu’elle ne maîtrise absolument pas le choix des couvertures de ses livres et qu’elle est même parfois en colère contre l’éditeur !! 

Dans le post d’hier, silencieux contrairement à mon habitude ;-), j’ai mis à la suite les couvertures de diverses éditions du dernier livre de Tracy Chevalier : cartonnée, brochée, des US, de GB, d’Italie, d’Allemagne -à paraître- et enfin la future couverture de France. Ma préférée ? La pleine lune peut-être!* Mais j’adore le beau bleu de tous les livres français de la Table Ronde… tout en regrettant d’avoir abîmé la plupart des bandeaux illustrés.

Si tout va bien, vous pourrez lire ce livre à partir du 17 octobre :

la dernière fugitive

Dès sa sortie aux US en janvier dernier, j’ai eu une envie folle de lire ce livre car Tracy Chevalier est ma romancière préférée depuis des années… et je savais, cerise sur le gâteau, que dans celui-ci on y parle de patchwork ! A travers les yeux d’une jeune Anglaise arrivant dans ce Nouveau Monde en formation, on découvre les affres de l’éloignement, la vie rustique en Ohio au milieu du XIXe siècle, la terrible question de l’esclavage qui mènera à la guerre civile, la vie singulière des Quakers dirigée par leur spiritualité…

Le silence est aussi un thème important du livre. Il peut être signe de recueillement, de soumission mais aussi de protestation…

Chez les Quakers, c’est en silence que se passent les réunions religieuses, chacun médite individuellement, entouré de la communauté, à l’écoute de sa voie (ou voix) intérieure, à la recherche de la Lumière qu’on peut aussi appeler Dieu.

C’est aussi le silence qui entoure le dilemme entre l’anti-esclavagisme des Quakers et le respect de la loi touchant les fugitifs des plantations sudistes…

Que dire aussi de la valeur du silence de la quilteuse ? Tracy Chevalier a cousu un quilt à la main pendant qu’elle écrivait ce roman. Elle a ainsi pu s’imprégner des sensations de la femme du XIXe siècle, pour qui le patchwork était la seule occasion d’exprimer sa créativité.

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Illustration du site de Tracy Chevalier (http://www.tchevalier.com/) : cette jeune femme est telle que l’auteur imagine son héroïne. On parle également beaucoup de bonnets et de chapeaux dans ce livre, c’étaient des parures indispensables pour les femmes jusqu’au XXe siècle.

L’héroïne du livre parle peu, alors on se sent parfois dérouté comme pour le déroulement du mariage chez les Quakers... mais même silencieuse, Honor Bright entrera forcément dans votre cœur. En silence ou presque elle subira, sortie d’un cocon familial douillet, la rudesse du climat, des gens, des lois. C’est un superbe portrait de femme que nous offre Tracy Chevalier, de ces femmes qui ont fait l’Amérique. Je vous souhaite beaucoup de plaisir dans la découverte de cette histoire si bien écrite !

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Tracy Chevalier lors d’une conférence sur son dernier livre : l’auditoire est probablement composé de nombreuses lectrices-quilteuses !

Pourquoi pas en film ?

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Scène du film « The Girl with a Pearl Earring » (2003)

Son livre La Jeune Fille à la Perle (1999 – 2000 en français), un vrai chef-d’oeuvre à mes yeux, fut remarquablement mis en images avec, en rôles principaux, Scarlett Johansson et Colin Firth (en photo). Son avant-dernier roman, Remarkable Creatures (2009), ferait un superbe film également (depuis sa lecture j’y repense toujours à la vue d’une falaise !) mais que dire d’un film de The Last Runaway, sinon qu’il pourrait rester autant dans les mémoires que le fameux « Witness » ?

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* Vous pouvez voir ici l’amusante pub dans le métro londonien (vidéo de 5 secondes) pour la sortie de cette version du livre en poche !

Articles déjà écrits dans la Ruche au sujet de Tracy Chevalier :

https://quilteuseforever.wordpress.com/2011/06/11/tracy-chevalier/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2012/06/06/the-last-runaway/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/01/10/at-last/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/02/12/le-mariage-quaker/

. Voir aussi les planches Pinterest de Tracy Chevalier avec des quilts américains, afro-américains, britanniques, des coiffes quakers, etc.

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cropped-ja-hw1.gifEcriture de Jane Austen, écrivain britannique (1775-1817)

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J’emprunte le titre d’un film (pas encore diffusé en France) pour vous parler d’un pilier de la littérature anglaise : Jane Austen. En juillet dernier, Arte a eu la belle idée de rediffuser des films de la BBC inspirés de ses romans, ces trésors aux histoires pleines d’amour, de légèreté et de finesse, d’ironie parfois mordante, d’humour pétillant… et une représentation unique d’une certaine société anglaise au tournant du XIXe siècle. Telle une historienne du quotidien de la vie britannique d’alors, Jane Austen nous fait vivre dans les principes de son temps, tout en critiquant finement grâce à des héroïnes souvent brillantes, fortes et attachantes. Naturellement, j’ai voulu rafraîchir la mémoire de l’ex-étudiante en anglais que je suis et j’ai découvert sur le Net un engouement insoupçonné pour cet écrivain !

silhouette

Silhouette et écriture de Jane Austen (ici)

Des Etats-Unis à l’Australie, du Canada à l’Angleterre (of course) et même en France, de nombreux blogs ne traitent que du petit monde de Jane Austen : sa vie, ses romans, les adaptations, les influences… Elle est même l’objet d’un vrai culte et d’une économie florissante autour de voyages organisés, d’objets dérivés multiples… Moi qui croyais que l’idée de P.D. James était très originale en écrivant « La Mort s’invite à Pemberley« , suite d' »Orgueils et Préjugés » ! Pour ne pas me disperser, je me suis concentrée sur le très joli blog, bien écrit et illustré, d’Alice : Jane Austen is my Wonderland… Contrairement au titre, le blog est en français ! Vous y trouverez de nombreux articles et des liens pour butiner si le sujet vous intéresse.

quilt JA

Comme toutes les femmes de l’époque, Jane Austen (1775 – 1817) brodait, cousait… et pour son plaisir, elle a fait, en compagnie de sa mère et de sa sœur Cassandra, un patchwork ! Ah voilà que je vous intéresse encore plus !… Cet ouvrage est remarquable à plusieurs titres. Décortiquons ensemble ses particularités, si vous voulez bien faire un petit tour dans le passé avec moi.

Nous sommes en Angleterre, au début du XIXe siècle. Les trois Dames Austen collectent les tissus afin de continuer leur ouvrage, en témoigne la lettre datée de 1811 de Jane à sa sœur : « As-tu pensé à récupérer des tissus pour le patchwork ? Nous sommes bloquées » (très librement traduit de “Have you remembered to collect pieces for the patchwork… we are at a standstill”). Leur ouvrage fait en commun est piécé dans la tradition anglaise, avec des morceaux de carton ou papier soigneusement découpés en gabarits, eux-mêmes enveloppés de tissus, puis assemblés au petit point de surjet. C’est ce qu’on appelle encore la méthode à l’Anglaise.

jane-austen-portraitPortrait de Jane Austen

Le patron est absolument unique, inventé par ces Dames. Si le médaillon (grande pièce centrale) est figure commune de ce temps-là, l’assemblage de losanges est alors inédit : autour du centre en forme de grand losange, un ensemble de losanges de taille moyenne, avec des bandes intermédiaires forment la plus grande partie du top, puis viennent de très petits losanges (environ 2 400 !) en bordure.

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Ces losanges ont donné bien du fil à retordre aux quilteuses des siècles suivants ! Il faut dire que la plupart ont travaillé avec des photos plus ou moins bonnes de l’ouvrage et il est donc difficile de le reproduire ; pensez au luxe d’avoir eu le livre de  Brenda Papadakis pour copier le Dear Jane ! Même si l’ouvrage des Austen Ladies n’est pas aussi complexe que le sampler de l’Autre Jane, ce n’est pas tâche facile que d’estimer de loin la taille des losanges. Les quilteuses modernes optent instinctivement pour des angles à 120° et 60°, mais cela donne alors un top bien trop long et trop étroit. Ce ne sont pas les bonnes proportions ! Pourquoi avoir « fait compliqué » ? C’est parce que Jane, Cassandra et leur mère n’ont rien mesuré comme nous ! Sans certitude, on peut seulement imaginer que, partant de leur chintz imprimé central, les Dames Austen ont simplement choisi la taille de leur losange pour cadrer au mieux le pot de fleurs. Il en résulte une forme plus dodue, avec des angles d’approximativement 110° et 70°. Tous les autres losanges auront donc cette même forme, par répercussion.

diamonds

Malgré une soigneuse rénovation récente, les tissus choisis initialement sont difficiles à imaginer neufs car les teintures ont forcément passé et évolué. On sait que les floraux sont principalement en chintz (coton raidi au toucher soyeux, généralement pour l’ameublement, originaires d’Inde), les bandes intermédiaires en tissu de coton ivoire à petits points ; les losanges sont variés (peut-être 64 différents tissus) soigneusement coupés et centrés. Quant aux petits losanges de bordure (1/9e de la taille des losanges moyens), ils sont de tissus globalement plus foncés que les autres.

Rosalee Clark, une de ces quilteuses passionnées dont je m’inspire largement pour cet article, a découvert une autre particularité de cet ouvrage : si on partage le top en deux dans le sens de la hauteur à partir du milieu, les tissus sont tous disposés en image miroir… oui, même les minuscules losanges !… Elle a soigneusement fait une réplique de l’original qu’elle n’a jamais vu (elle habite en Australie, « un peu » loin de la maison-musée de Chawton Cottage, Hampshire, qui abrite le chef d’oeuvre des Austen Ladies !) :

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Différent de l’original mais ravissant !

Une précision encore, l’ouvrage des Austen est un patchwork (assemblage de morceaux) mais pas un quilt (ouvrage matelassé) !! Il est pourtant bel et bien fini, doublé et maintenu par des petits points çà et là, ce qui n’était pas rare en Angleterre à l’orée du XIXe siècle. En anglais on parle alors de « coverlet », en français jeté de lit ou couverture légère.

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Chawton Cottage, où vécut la famille Austen à partir de 1809. On peut visiter cette maison dans laquelle on voit le jeté de lit dans la chambre de Jane Austen. Le tout est maintenant protégé par une vitre.

Si vous aussi vous souhaitez réaliser « votre » Austen à losanges, je ne peux que vous engager à vous procurer le livre de Linda Franz (ici) :

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Elle vous propose un livre de 48 pages sur ce patchwork, les gabarits exacts et la possibilité de télécharger les modèles pour travailler avec sa méthode « Inklingo » (impression des gabarits directement sur vos tissus avec votre imprimante). Beaucoup de temps gagné ainsi !!

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Signalons aussi ce magnifique livre de Linda Franz toujours (en option : 2 DVD), qui a combiné deux chefs-d’oeuvre faits par deux Jane : Linda a conçu un quilt-sampler, inspiré du Dear Jane de Jane Stickle, en… losanges, comme celui de Jane Austen !

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Superbe « Love & Friendship » de Linda Franz

Ce qui me plaît le plus dans ce livre, ce n’est pas tant le quilt proposé que toutes les explications très détaillées pour un travail à la main parfait, ainsi que les innombrables citations sorties des six romans de Jane Austen… Un délice que je lis et relis avec la délectation d’une abeille butinant un épi de lavande !

lavande abeille

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Pour celles qui trouvent un peu de temps pour faire aussi du point de croix, ce blog montre de charmants petits ouvrages avec des phrases écrites par notre chère JA comme :

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JaneAustenontheWeatherFINISHEDpicforwebsite

Modèles en vente à Sampler Girl

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Une nouvelle est tombée cet été qui enthousiasme les fans de Jane Austen : le billet de £10 sur lequel figure Darwin sera progressivement remplacé à partir de 2017 (pile 200 ans après sa disparition) par notre chère romancière-couturière !

Jane Austen banknote

Petite phrase de Jane Austen qui me réjouit grandement :
« Je déclare qu’il n’y a rien de plus agréable que la lecture. »
… et le patchwork, ajouterais-je !

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JA HW end

 

Bandes de biais ou de droit fil

SOURIEZ

Cela sent la rentrée ! Mon « petit dernier », 15 ans quand même, est impatient de découvrir ses nouveaux profs… et surtout de revoir les copains, apprendre à connaître les nouveaux… Pour moi c’est pareil, il me tarde de retrouver les Abeilles et autres quilteuses des environs ! Et moi qui aime les contacts, je suis très heureuse de votre bienveillante fidélité, vous mes chères lectrices (et quelques lecteurs).

Et comme cela sent la rentrée, voici un article un peu technique mais pas trop, il faut commencer en douceur 🙂

Quand une quilteuse pense « biais », elle imagine généralement un quilt celtique :

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Ce merveilleux petit quilt est de Mary K. Turner (vu en Irlande)

Pour d’autres quilteuses, elles se souviendront de l’utilisation de biais noir ou gris pour faire un effet de vitrail. Celui qui est ci-dessous sort de l’ordinaire, il fait partie d’une superbe « Valise France-Patchwork » du Lot où les quilteuses se sont inspirées des œuvres d’un maître verrier contemporain, Léo Améry :

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Et toujours, l’innovation est intéressante ; voici des oeuvres minimalistes en biais de Debbie Grifka qui joue avec les transparences :

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Daisy Chain Table Topper, Esch House Quilts

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Ephemeral Elegance – Voir le blog Eschhousequilts avec d’autres exemples d’utilisation des biais ! 

Tous ces exemples montrent des lignes souples et même parfois très arrondies, c’est la fonction de la coupe en biais (à 45° par rapport à la chaîne ou la trame du tissu). Voici un tuto parmi d’autres pour connaître le principe de la coupe d’un biais à partir d’un carré de tissu : tuto biais.

Avant de coudre ces biais, il faut replier les bords de part et d’autre. Afin de les repasser de manière précise, on peut s’aider de barres en métal pour marquer les plis au fer mais je préfère ces petits objets futés :

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Ces appareils à biais facilitent le pliage de bandes de biais de 6 mm, 9 mm et 12 mm. Il en existe d’autres tailles et d’autres marques.

Ces modèles de marque Clover permettent en outre de faire passer en même temps un petit ruban d’intissé thermocollant, ce qui facilitera grandement la fixation des biais sur le fond, à la place d’un faufil ou de nombreuses épingles. Ce n’est cependant pas du tout économique…

Mais n’oubliez pas que ces instruments peuvent également vous aider pour des bandes coupées en droit fil ! Celles-ci sont moins souples mais suffisent souvent pour appliquer des tiges de fleurs légèrement incurvées. En patchwork, on considère généralement que le droit fil est aussi bien parallèle que perpendiculaire aux lisières, alors qu’en couture, le tombé du vêtement dépend du « vrai » droit fil de chaîne (parallèle à la lisière).

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 Bouquets d’Hiver, Madeleine Fillola. La plupart des tiges ont été coupées en droit fil. Seules celles qui retombent de part et d’autre du vase sont coupées en biais.
Ce qu’on oublie vite, c’est la largeur des bandes à couper (en droit fil comme en biais) en fonction de l’appareil : on coupe en général deux fois plus grand que la bande aux bords rentrés. Voici un récapitulatif des tailles les plus fréquentes : pour l’appareil à biais de 6 mm, on coupe des bandes droites ou en biais de 12 mm de haut environ, 18 mm pour l’appareil de 9 mm, 24 mm pour des bandes pliées de 12 mm et ainsi de suite. Sans dommage, vous pouvez varier d’1 mm… mais si votre bande est coupée bien trop grande, cela « bourrera » dans l’appareil.
Et comment conserver intactes les bandes déjà pliées ? On n’a pas trouvé mieux que de les enrouler autour d’un rouleau vide d’essuie-tout ou de papier toilette ! Une aiguille plantée en fin de bande l’empêche de se dérouler.
J’ai récemment coupé des bandes en biais (de 4 cm de hauteur) pour terminer ce chemin de table afin de mieux épouser les courbes :
cropped-chemin-bergerie-qf.jpg
Mais en général, pour les bordures de finition, je préfère la finition avec une bande coupée de 6 cm dans le droit fil et pliée en deux, pour plus de facilité et de solidité.  Pour ces bandes, il n’est pas besoin d’utiliser les petits appareils.
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France-Patchwork Haute-Garonne propose un atelier « Meshwork » le 27 septembre prochain, toutes les personnes inscrites doivent préparer leurs bandes en droit fil (2 tissus choisis, bandes pliées avec l’appareil 9 mm d’une longueur de 3,50 m). J’espère que cet article vous aidera à préparer sereinement vos fournitures !
QF meshTissage de lisières !
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Die Übung macht den Meister

C’est un des proverbes allemands que j’ai adoré découvrir quand je vivais à Hambourg ! Il me vient bien plus naturellement que son équivalent français, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron », et sa traduction mot à mot est « l’exercice (l’entraînement, la pratique) fait le maître »…

En début de semaine je l’ai mis en pratique en m’accordant un exercice ludique de quilting libre à la machine. En général, je quilte à la machine des lignes plutôt droites, avec l’aide du double entraînement de ma Pfaff. Mais dessiner à l’aiguille me tente aussi ! Le livre de base que je vous recommande chaleureusement est celui de Fanny Viollet (éd. L’Inédite) :

fanny QF

Elle y explique bien tout ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement de notre machine à coudre, les habitudes à acquérir… et tout ça en français, avec de nombreuses photos explicatives ! Paradoxalement, toutes ses explications ne sont pas pour le quilting en piqué-libre mais principalement pour la broderie, c’est cependant un livre qui m’aide beaucoup avec ses précieux conseils. Je crois même que c’est cette dame qui a, le première, utilisé la locution « piqué-libre » en français.

Plus nouveau et drôlement bien fait, le DVD de Nathalie Delarge Dionis nous enseigne le B.A. BA du quilting en piqué libre. Elle travaille sur une Long-Arm (machine à grand espace) mais on peut tout aussi bien travailler avec une machine à coudre domestique.

Le dernier blog découvert sur le piqué libre (grâce à Emma) est The Inbox Jaunt : des idées de dessins magnifiques, à essayer surtout sur tissu uni, c’est si joli…

Le truc à avoir en tête est que l’aiguille est notre crayon ! On doit déplacer l’ouvrage comme on déplacerait une feuille sous un crayon fixe. Die Übung macht den Meister…

Ma feuille d’exercice, avant de me mettre à quilter un grand ouvrage, est un rectangle d’environ 30 x 60 cm, fait de patchwork en confetti incluant quelques lisières. De la vraie récup ! Mise en sandwich :

001

Puis j’ai quilté des dessins tout droit sortis de cet excellent livre pour des idées modernes de quilting, die Übung macht die gute Quilterin, la pratique fait la bonne quilteuse :

QF free motion

Et j’ai fait du zigzag tout autour. Ah !! Vient le moment tant attendu et redouté de la pose d’une fermeture à glissière ! Je me suis directement inspirée d’une pochette offerte par l’adorable Yaritza Bianchi, déléguée France-Patchwork de la Drôme. Voici une photo pour vous l’expliquer rapidement :

QF pose ferm

Après avoir cousu la fermeture endroit contre endroit, on plie pour avoir les dents en haut et on les fixe en place avec une ou 2 coutures. C’est épais mais une aiguille de 80 en vient quand même à bout. Il reste à fermer les côtés (attention à laisser la fermeture ouverte !!) et coudre des triangles pour l’assise de la pochette.

QF trousse envers

Pochette retournée finie, 2e version (aux petits triangles, voir dessous !)

QF trousse finie

Les triangles étaient trop grands, la pochette est peu gracieuse ! J’ai donc utilisé le découd-vite pour réparer l’erreur. Die Übung macht die  gute Näherin, la pratique fait la bonne couturière !

finie

Voilà, elle me plaît mieux ainsi !

Rencontre reportée…

Les vacances, cette année, c’était en Aragon avec de belles randonnées dans une superbe nature et des plantations d’oliviers et d’amandiers qui font tant penser à la Provence ! Voyez aussi ce paysage merveilleux :

048

Les mallos sont des formations géologiques remarquables ! Ici le village d’Agüero au petit matin.

Nous avons aimé également la capitale de la province, Saragosse,  qui est à moins de 400 km de Toulouse. Les deux villes ont plus d’un point commun, chacune étant la cinquième ville de son pays avec une population, banlieue comprise, d’environ 700 000 habitants.

Les multiples influences culturelles au fil de ses 2000 ans d’histoire font de Zaragoza une ville originale et attachante :

pilarMonumentale basilique du Pilar, féérique la nuit

mudejar

Style mudéjar côtoyant le gothique, illustration de cette ville multiculturelle

patio

Merveilleux patio du Palais de l’Aljaferia, joyau de la ville

… Mais je souhaitais aussi rencontrer des quilteuses de la ville en me rendant dans le magasin renommé, « Telas de Luna »…

telas de luna

Malheureusement, au mois d’août, c’était fermé 😦
Ce magasin est situé près d’une grande artère commerçante dans un beau quartier et m’a semblé très grand, avec une partie consacrée aux cours et stages (voir son site ici). Le style le plus représenté est le country, tant japonais avec les tissus taupe qu’américain… Le patchwork n’a pas de frontières ! Il me vient des envies de rencontres entre les quilteuses de nos deux villes…
Un jour, peut-être ?

La prochaine fois, je choisirai mieux mes dates de vacances !

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goya

Sur un mur de la ville, une phrase célèbre du peintre Goya :
« L’imagination sans la raison produit des monstres, mais unie à elle, elle est la mère des arts »
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Pour la Bergerie

Une de mes amies a sa maison familiale dans un tout petit village de l’Aveyron. C’est son havre de paix des fins de semaine et une bonne partie de l’été. L’air pur, la qualité de la vie y attirent depuis peu de jeunes couples, lassés de la vie stressante en ville. Quel plaisir de voir ces vieilles maisons à qui on offre une nouvelle jeunesse ! Chez mon amie, c’est la Bergerie, aux dimensions généreuses et aux murs de pierre séculaires, restaurée au fil des ans pour offrir à la famille et aux amis une grande pièce accueillante.

Cet été j’e lui ai confectionné un petit chemin de table original dans les couleurs qu’elle affectionne pour aller sur leur table dans la Bergerie. Juste avant de l’offrir, je lui ai tiré le portrait sur ma terrasse :

pour la bergerie

Cela ira bien mieux sur leur table rectangulaire ! Ses dimensions : 28 x 76 cm.

chemin bergerie

Pris à l’intérieur, les couleurs changent singulièrement… Le secret de ces ondulations réside dans la coupe. Vous choisissez 5 tissus, coupés de lisière à lisière d’une hauteur ici de 6,5 cm (c’est ici un reliquat d’un Jelly Roll, ensemble de bandes de tissus pré-découpés). On les assemble pour en faire un pavé. Puis on les coupera en trapèzes avec une règle originellement faite pour les assiettes de Dresde (voyez la règle « easy dresden » ici). Il faut alterner le sens des trapèzes, les couper tête-bêche tout le long du pavé. Ensuite, j’ai organisé les tranches 3 par 3 pour créer les ondulations.

Si ces petites explications ne sont pas suffisantes et que cela vous intéresse, je pourrai en faire un tuto avant Noël !

Bergerie

Addendum  ici le tuto promis : https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/11/10/le-chemin-de-table-de-lavent-2013/

Retour de vacances

Bonjour les Amies ! Heureuse de vous retrouver, fidèles lectrices de la Ruche des Quilteuses ! Il va être temps de décrocher le hamac et nous remettre à nos aiguilles…

Certaines quilteuses se font remarquer en vacances, parfois avec un petit ouvrage portable, une trousse à portée de main, voire un gros sac bien caractéristique :

Mr. & Mrs. Bobbins at the Airport

Mr. Bobbins est ravi de pouvoir distinguer rapidement son bagage !
(http://www.PickleDish.com)

Avez-vous fait de belles rencontres de quilteuses cet été ? Il suffit parfois d’un joli sac pour pouvoir engager la conversation !

La rentrée est le moment des bonnes résolutions et des agendas à remplir de rendez-vous ludiques, si possible. Dans le domaine du patchwork, si vous souhaitez vous perfectionner, il existe de nombreuses pistes. Tout d’abord, connaissez-vous France-Patchwork ? C’est une association qui déploie un réseau unique de délégations dans les départements français et même dans certains autres pays francophones. Vous vous abonnerez non seulement à un magazine dédié au patchwork et arts textiles, mais pourrez également participer à de nombreuses manifestations. Débutante ou confirmée, traditionnelle ou moderne, chacune y trouve sa place et son plaisir. N’hésitez pas à vous inscrire pour une année, vous ne le regretterez certainement pas !

FRANCE-PATCHWORK (1)

Site de France-Patchwork

Nous nous sommes quittées début juillet avec des quilteuses « country à la Française » ; outre les blogueuses pleines d’idées, voici maintenant quelques douées de la transmission de leurs savoirs, que ce soit le patchwork classique, le quilting, les méthodes modernes, les tutos… De l’inspiration, de la générosité, du partage… Tout ce qu’on aime !

Pour des cours ou des projets « en ligne », des stages innovants, des idées à foison, voici quelques liens exclusivement en français, contactez ces professionnelles en fonction de vos envies :

Si vous avez la chance d’aller à Sainte-Marie-aux-Mines, vous pourrez rencontrer la plupart de ces charmantes personnes.

Si utiles, les innombrables fiches de Liliane vous donneront d’autres idées de petits ouvrages, ainsi que des explications techniques parfaites :  http://godetia2.perso.sfr.fr/ (en bas de page).

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Du côté de notre Ruche, comme d’habitude Martine s’est ingéniée à faire plaisir à ses petits-enfants… Quoi de plus adorable que Dora et Dorine, venues de l’élevage de Khofra ? Martine avait vu ce modèle en fin d’article ici, les siens sont tout aussi craquants :

Dora Martine

Douceur incomparable en polaire et Liberty !

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Les Abeilles de la Ruche des Quilteuses vous souhaitent une belle rentrée !

have a beeutiful day

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