David Hockney, le joyeux Dandy

Tellement British, mais aussi tellement universel, David Hockney s’est éteint jeudi dernier à l’âge de 88 ans.

Hockney (9/07/1937-11/06/2026) a dominé le POP ART des années 60 et a poursuivi sa vie d’artiste avec subtilité, prônant la liberté et l’hédonisme tout en travaillant sans relâche. Son style symbolise la joie des couleurs, de la nature, de la vie heureuse.

Photo de Justin Sutcliffe à Londres en 2023 : un costume so british avec des sabots Crocs jaunes, assortis à ses lunettes. L’art du contraste pour susciter des sourires !

Il a accédé à la notoriété avec ses vues de la vie rêvée californienne des années 60, les maisons éblouissantes de lumière et de modernisme, la piscine turquoise, les reflets dans l’eau, le luxe de la simplicité :

À juste titre, cela peut vous rappeler des tableaux textiles de Ian Berry !

Ian est en deuil depuis l’annonce de ce décès, David Hockney a beaucoup compté pour lui. Ils se sont rencontrés à maintes reprises, en Californie comme en Angleterre. Et je suis sûre que David avait beaucoup d’amitié pour Ian, et d’admiration pour son talent.

Deux Amis, deux artistes exceptionnels (photo Facebook)

Sur Facebook et Instagram, Ian raconte son immense peine, il a perdu un mentor et un vrai ami. Ian émaille son hommage de quelques anecdotes comme leur rencontre le lendemain du jour où Hockney est devenu le peintre qui vendit l’oeuvre la plus chère au monde en tant qu’artiste vivant, en novembre 2018. Le peintre n’en faisait pas une grande affaire, sa rencontre avec Ian, le jeune et talentueux artiste, devait l’intéresser bien plus !

Pool with two figures, David Hockney, mai 1972. Cette oeuvre fut vendue pour 90,3 millions de dollars par Christie’s New-York le 15 novembre 2018.

Toujours friand de modernité, Hockney a aimé travailler avec les moyens technologiques à sa disposition comme le Polaroid (d’où les cadres blancs autour de nombreuses oeuvres des années 60), puis la vidéo et l’Ipad, et récemment l’utilisation du cinéma 4D (3D + des effets multisensoriels) pour des expos immersives. Mais il s’est toujours inspiré également des Grands Maîtres de la peinture comme Vermeer et tant d’autres, de toutes époques. Il étudia et démontra notamment l’utilisation probable de miroirs et de la camera obscura dans des oeuvres, dès la Renaissance (lire ici un des articles à ce sujet). C’est pour cela que bien des personnages trinquent sur de nombreux tableaux anciens en semblant gauchers ! Son essai, paru en 2001, est très technique mais passionne les spécialistes (Savoirs secrets, les techniques perdues des Maîtres anciens, éditions du Seuil).

Nouvelle édition augmentée en 2006.

 Voilà, j’ai voulu avoir une vie excitante et je crois que j’y ai réussi : à chaque instant, je me passionne pour quelque chose. On apprend beaucoup en peignant le monde, on découvre son ordre. Voir des rayons de lumière sur l’eau, une multiplicité de détails ou de couleurs dans un paysage, c’est cela même qui stimule ma créativité. Certains trouvent que mes couleurs sont exagérées, mais je ne me sens pas concerné par les critiques car je sais que, grâce à mes idées, je maintiens l’esprit moderne en vie.
Après tout, la couleur, l’espace, la vie, c’est tout ce que nous avons de tangible ; alors pourquoi ne pas les célébrer ?
David Hockney
(Vanity Fair)

Petit chemin du côté de Worldgate (GB), 2023. Loin de son style majeur, Hockney s’est joyeusement inspiré de Van Gogh pour cette scène bucolique.
Un tout autre style : photocollage en avril 1986
2015 : Hockney est inspiré par Matisse

Je préfère vivre en couleur.
David Hockney

On ne compte plus toutes ses expositions, mais la Fondation Louis-Vuitton lui consacra sa plus complète et magistrale en 2025. Il le méritait bien ! Que ce grand artiste repose en paix.

Des chaussettes bâbord-tribord… à l’envers !

Ce n’est qu’un petit article pour un géant de l’art contemporain,
un de ceux qui célèbrent la joie de vivre.
Je tenais à rendre hommage à David Hockney

pour célébrer ses multiples talents
et par amitié pour Ian Berry.
Katell


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9 commentaires sur « David Hockney, le joyeux Dandy »

  1. merci Katell pour cet hommage

    J’adore ses couleurs qui reflètent la joie la gaieté, l’amour de la vie

    Il était bien loin de la grisaille qui nous entour

    j’ai beaucoup regretté de ne pas pouvoir admirer son expo a Paris

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  2. J’ai beaucoup aimé l’expo à Paris l’année dernière et toutes ses couleurs. J’ai préféré son expo à Aix-en-Provence quelques années plus tôt qui était une rétrospective enchanteresse. Hockney était vraiment un explorateur dans le sens où il a essayé des styles différents au gré de ses envies, de ses idées, des lieux où il se trouvait. Cette exposition m’avait fait un bien fou. Explorer la vie, suivre ses envies, essayer de nouvelles techniques ou styles, oser être soi-même. Merci David Hockney pour cette liberté que j’étais en train de m’autoriser et que vous avez confirmée. Merci pour ces couleurs, cette vie, votre sourire immense.


    Le chagrin de Ian Berry fait vraiment peine à lire…


    Merci Katell.

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    1. Tu as tellement bien fait de profiter de ces expositions ! Oser être soi, quelle importante leçon. Tout comme la petite dame de Brooklyn qui aime le vert à la folie.
      Nous avons la chance d’oser nous exprimer en tissus. Continuons, osons la création, cette liberté qui nous tend les bras !

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  3. Merci Katell pour ce bel hommage ! Il a aussi beaucoup peint en Normandie où il s’était installé une année durant, peignant les prés et les vergers avec les vaches normandes, notamment de très beaux arbres.

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  4. Je n’ai pu avoir de billet pour son expo l’an dernier, aux dates où j’étais à Paris; un regret… j’ai lu l’hommage de Ian Berry, et j’en suis émue. De tels grands qui se rencontrent!!! et quand on sait que les influences et les hommages des maîtres se retrouvent dans les œuvres contemporaines, c’est bouleversant.

    Hier au soir, festival ticket à Toulouges. Le commissaire de l’exposition du Centre Pompidou est venu nous présenter l’œuvre de Edward Hooper ; il a fait un lapsus, révélateur de son émotion, en disant au tout début de son intervention, Hockney au lieu de Hooper…

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    1. Hooper et Hockney… Il fut un temps, pas si lointain, où je les confondais, le lapsus est pardonnable et même très compréhensible ! Merci pour cette anecdote.
      Les grandes expositions deviennent difficiles à visiter, il faut tout programmer. Il est loin le temps de la spontanéité ! Mais cela prouve que, tout de même, l’art fait déplacer les foules. Une consolation.
      Bonne journée Fabienne 😘

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