Quiltmania in the USA

Savez-vous que le magazine français Quiltmania s’exporte avec succès ? Outre la version française, il existe à présent en hollandais et en anglais, preuve d’une belle santé. Bravo à cette équipe passionnée qui commença en 1997 la grande aventure de Quiltmania… C’est le même magazine traduit, à part naturellement les annonces publicitaires ciblées et quelques pages « locales » comme par exemple la présentation des blogs… Justement je le regrette aujourd’hui, car je guettais l’article sur LeeAnn, contactée pour présenter son blog « Nifty Quilts »… mais le voici, youpi, envoyé par mon amie de Seattle :

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On voit bien sur cette double page de présentation que LeeAnn favorise le rouge, ce qui rend ses quilts si chaleureux ! Les contrastes sont forts, les blocs dynamiques et les quilts sont tous tellement gais ! (cliquez sur la photo pour agrandir) – Edition de septembre 2014 en anglais.

Bravo LeeAnn ! Elle y évoque ses inspirations, notamment ce qu’elle apprend des quilts traditionnels, ses surprises de créatrice, ses belles histoires d’amitié liées au blog, ainsi que son projet de venir l’année prochaine à Paris… Je ferai mon possible pour aller la rencontrer… malgré le bac de mon fils à la même date… Mais pourquoi donc c’est tout en même temps ?…

Vous pouvez lui rendre virtuellement visite ici : Nifty Quilts. Personnellement, j’adore sa démarche, je me nourris de ses quilts et de ses orientations, même si mes ouvrages ne sont pas souvent dans la même gamme de couleurs qu’elle ! J’admire d’autant plus que je ne sais pas utiliser ces gammes de couleurs vibrantes…

Pour qu’existe le livre de Dijanne !

Avant de vous présenter le quilt que je viens de terminer pour ma soeur – je vous l’ai promis à mots couverts au terme de l’article précédent 🙂 – permettez-moi de relayer un appel, celui d’Emma, pour aider à faire paraître un livre inspiré du patrimoine français vu par Dijanne Cevaal, artiste australienne. Il promet d’être passionnant et sera édité en bilingue, anglais et français :

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Mieux que je ne saurais le faire, Emma vous explique le principe et la marche à suivre.  Il ne reste plus que 7 jours pour arriver à la somme nécessaire, lisez bien l’article d’Emma, vous verrez le descriptif de ce gros livre (+ DVD), ce serait vraiment dommage que ce projet n’aboutisse pas…

Pour la même cause et la même personne, Chantal de « Je quilte pour vous » lance aussi un appel pour l’organisation d’un stage l’année prochaine à Nantes.

A noter que vous ne serez débité que si la cible est atteinte !

 

Rencontrez Sheila !

Je ne vous parle pas de la chanteuse française mais d’une Américaine, Sheila Frampton Cooper… C’est une quilteuse dont j’ai déjà fait l’éloge dans un article sur les quilts cartographiques.sheila frampton-cooper

Communiqué :
Dans les « Jardins de Magali », trois artistes américaines, Sheila Frampton Cooper, Sue Rasmussen et Caryl Bryer-Fallert présentent leurs œuvres de patchworks du 8 au 18 mai. Elles ont été souvent primées dans des concours aux USA. Sheila Frampton Cooper a fait la une des grands magazines de quilts avec son travail qui joue sur les formes et les nuances de couleurs. Son style nouveau et original a bouleversé l’art du quilt. Elle dirigera son premier stage du 15 au 18 mai à Lauris. 

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Quilt de Sue Rasmussen
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Quilt de Caryl Bryer-Fallert, Migration
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Life in the City, Sheila Frampton Cooper

C’est la première fois que ces artistes exposent en France. Révervez-leur le plus chaleureux accueil !

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Stage de patchwork avec Sheila Frampton Cooper
du 15 au 18 mai de 9 à 12 heures.
Si vous pouvez y aller, je serai absolument ravie de connaître vos réactions. Il reste quelques places, manifestez-vous si vous habitez dans la région !

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Exposition de Patchwork-Quilts

Jardins de Magali – 5 avenue Philippe de Girard / 84360 LAURIS

arts.lauris@gmail.com
jardins-de-magali.over-blog.com

Au Fil d’une Passion, le cheminement d’une vie parmi les textiles

Quelle joie d’apprendre dans le programme de Patchwork Europe (Sainte-Marie-aux-Mines) que cette année, Anne Woringer présentera ses 30 ans d’oeuvres textiles ! Je la connais depuis bien longtemps… uniquement grâce aux articles qu’elle a écrits ou qui lui sont consacrés, son implication dans France-Patchwork les premières années, et puis son extraordinaire livre édité par Quiltmania, dans lequel elle se livre à la lectrice comme si nous étions sa meilleure amie…Livre AW

Tant de réflexions de son auto-biographie pourraient être miennes : c’est troublant car je ne sais plus la part de ce que j’ai appris par elle au fil des ans. En lisant son livre, j’ai pensé qu’ Anne Woringer a sérieusement déteint sur moi ! Je n’ai malheureusement pourtant pas encore « lâché les chevaux », mes créations restent rares et timides, mais une partie de moi ressemble beaucoup à ce que fait cette artiste, une autre étant bien plus colorée, spontanée et décontractée…SAM_0420

Belle photo prise à Nantes par Dominique Lucat

Contrairement à ce qu’elle affirme, je trouve qu’elle a un style bien reconnaissable et un cheminement artistique finalement bien logique. Est-ce que parce que j’ai appris dans les Nouvelles du Patchwork chaque tournant de son inspiration créatrice ? Parmi ces quelques oeuvres ci-dessous, nous voyons la liberté qu’Anne Woringer prend très vite avec les gabarits… Mais dès le début, la captation de la lumière est réussie !flux-et-reflux

Flux et reflux, 1988.

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claustra III, 1990farniente

Farniente, 2008, broderies main.détail farniente

Oui, je répète, tout est brodé à la main… y compris ces rangées de chaînette !

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Abysses, 2009. Les broderies (toujours à la main) font penser aux Molas abstraites que l’artiste collectionne depuis très longtemps.fleurs-de-corail

Superbes fleurs de corail brodées à la main sur un fond indigo africain. Si vous lisez le livre, vous en saurez plus sur les affres de cette création ! (2010). Comment voulez-vous que je résiste à ces oeuvres d’art ? Corail et indigo, brique et pastel, ces associations vibrent en moi !

J’espère que j’aurai l’opportunité de lui dire mon admiration de vive voix en septembre prochain à SMM !signature

(Signature d’Anne Woringer)

Love Emblem

Fêtons demain ensemble la Saint-Valentin avec modernité ! Voici un bouquet d’une jeune styliste très connue de la jeune génération, Anna-Maria Horner :12207273716_5641e24e53Son dernier bouquet de fleurs, fond « en sourdine »,  évoque la gaieté d’un bouquet champêtre et son style, gypsy-modern-chic, m’apporte toujours un brin de bonne humeur !

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Et pour ce jour dédié à l’amour et l’amitié voici ce cœur, « Love Emblem« , qui donne tant d’énergie ! Patron gratuit ici : http://www.annamariahorner.com/love.emblem.pdf

5078979610_93f30525f2_oLove, Enjoy…

Son blog : http://annamariahorner.blogspot.com/

La sirène apprivoisée

Pardon Marie-Christine si vous ne vous reconnaissez pas dans ce titre, mais vous rencontrer, vous et vos belles œuvres, avait pour moi un parfum d’océan, de petits riens glanés sur la plage avec l’odeur iodée persistante…

La faute à vos tableaux : votre don pour évoquer l’écume du temps et de la mer, votre imagination pour mettre en scène les coquillages, les cordages ou masses solides incongrues trouvées à marée basse lors de vos longues balades sur la plage… Plusieurs de vos œuvres exposées avaient aussi les couleurs changeantes qu’en Bretagne on appelle « glaz », ce fameux bleu-vert grisé de la mer et du ciel. Alors voilà, femme de l’océan, vous savez évoquer ce milieu comme si vous y viviez.

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Evocation de l’écume du bord de mer, oeuvre textile de Marie-Christine Hourdebaigt

Je suis loin d’apprécier à sa juste valeur l’art textile moderne, mais le vôtre a eu une résonance en moi, j’ai apprivoisé un peu grâce à vous ce domaine qui m’est étranger.
Vous m’avez intéressée avec vos longs essais de teintures, chimiques comme naturelles, vos tâtonnements avec diverses plantes, divers tissus… J’ai compris votre envie d’intégrer tant de matières qui ont chacune un effet unique…
Nous avons partagé, France-Patchwork et vous, la même galerie lors du Salon des Tendances créatives de Toulouse ; partage apprécié par un public nombreux et justifié puisque vous êtes, comme la plupart des artistes textiles françaises, adhérente de FP ! Et au-delà de l’admiration que j’ai portée à vos œuvres est née de la sympathie entre nous. Merci pour ces moments -trop courts !

C’est Marie-Christine Hourdebaigt que j’ai rencontrée à Toulouse. Elle a fait également des œuvres aux couleurs très chaudes, et aussi des tableaux inspirés de maîtres japonais… Découvrez sa page sur le site Arts Up (site communautaire pour artistes) : vous verrez bien que ses inspirations sont beaucoup plus étendues et variées que celles de l’océan ! Je m’autorise cependant à garder d’elle cette image de fille de la mer…

CATHERINE et ses log-cabins à la française

Marie-Françoise Catherine a choisi son patronyme (Catherine) comme pseudo d’artiste, d’où les majuscules. Depuis des décennies son terrain de jeu est le bloc qui est  la quintessence du patchwork américain, le log-cabin. Elle est cependant bien plus connue dans le monde des artisans d’art que dans celui du patchwork français en dépit de l’appartenance à France-Patchwork depuis ses tout débuts en 1984, je souhaite donc vous la faire découvrir, sa maîtrise vaut d’être reconnue !

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Après de nombreux quilts aux centres de blocs rouges comme le veut la tradition, Catherine a exploré d’autres mises en scène du log-cabin qui se prête si bien à d’infinies variations. Cependant elle ne les maltraite pas, ne les coupe pas ni ne les tord… Elle reste fidèle aux croisements à 90°. Mais ses bandes se font plus fines, ses coutures sont d’une précision extrême au fil près (sans couture sur papier ou autre support !), ce qui donne un effet quasi-hypnotique et une allure finalement bien française, comme un jardin aux bordures de buis taillés au cordeau.
Catherine a progressivement abandonné le quilting car ses œuvres sont maintenant tendues sur châssis afin d’être encadrées. Elle explore aussi parfois la possibilité d’utiliser des antiquités en bois qui servent alors de cadre pour un log-cabin sur mesure.

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Persévérance, Patience, Passion,
telle est sa devise !

prix catherineQuelques œuvres sortent de la rectitude du log cabin malgré tout. Ainsi, les lumineux boutons de nacre lui inspirent des tableaux en rondeurs féminines, des soies l’entraînent vers des paysages rêveurs… Sa recherche sans cesse renouvelée de la capture de la lumière lui font utiliser de façon de plus en plus libre maints textiles mats ou soyeux, ce qui lui vaut un public fidèle et la reconnaissance de son travail professionnel. Le public toulousain ne s’y est pas trompé, son exposition a été grandement appréciée !

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Marie-Françoise Catherine parmi quelques œuvres récentes exposées au Salon des Tendances Créatives de Toulouse d’octobre 2013. Merci, Catherine, d’avoir répondu à ma curiosité et accepté d’être photographiée !

Son site : http://mosaicartextile.fr

Deborah Hyde joue avec des carrés d’un pouce

Maryline, abeille quilteuse mais surtout peintre, est allée à NYC au printemps dernier. Elle n’a pas manqué de visiter l’unique magasin de tissus de patchwork de Manhattan, The City Quilter. 

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Vérifiez les jours et horaires d’ouverture ici si vous souhaitez rendre visite à cette institution !

Maryline a découvert, émerveillée, l’extraordinaire choix de tissus rangés par style.

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Elle qui aime les imprimés modernes,  elle y a eu un choix inédit ! Mais son coup de foudre fut l’exposition temporaire de l’artiste textile Deborah Hyde. Ce n’est que vu de près qu’on se rend compte que ces tableaux expressifs sont… des quilts, constitués de milliers de mini-carrés de tissus coupés à 1 inch (= pouce, soit 2,53 cm environ).

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Sunshine  & Shadow beige. Sur une base de modèle classique de patchwork se dessine un corps de femme. L’artiste insiste sur le fait qu’elle travaille de manière artisanale, sans ordinateur ni pixellisation d’image. Son inspiration lui vient de ce qu’elle voit, ce qu’elle dessine, ce qu’elle ressent.

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Sunshine & Shadow yellow. Sur le même principe que la photo précédente, un portrait de femme est inclus dans le quilt.

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Jeanne. Quelle joie de vivre émane de ce portrait !

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Floating Nude. Inspiré d’une sculpture de Rodin.

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Tout en fraîcheur, encore une belle image de femme : The girl with the Blue Headband. Un petit clin d’œil sans doute à Vermeer et sa Jeune Fille à la Perle (en anglais : The Girl with a Pearl Earring) qui elle, porte un turban bleu !

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Encore un très beau portrait tout en subtilité, assurément un de mes préférés, Sunshine & Shadow Turquoise.

Venons-en à la technique. Deb Hyde travaille d’une manière qui force l’admiration, pièce après pièce, jusqu’au rendu souhaité. Elle a bien sûr une réserve phénoménale de tissus de toutes les couleurs ! Ce sont des centaines d’heures de préparation.
Ensuite vient l’assemblage. Son « truc » est de poser ses carrés de tissus sur une pièce de non tissé thermo-collant Vlieseline avec une grille imprimée, de façon à pouvoir fixer au fer à repasser les carrés à leur place définitive. Cela ne la dispense aucunement de les assembler ensuite à la machine, verticalement puis horizontalement. Vous avez ici une vidéo montrant cette technique : Vlieseline Pellon Quilter’s Grid.

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Deb Hyde auprès d’une de ses oeuvres en cours : les carrés sont tous disposés sur le non-tissé mais pas encore assemblés, ce qui réduira considérablement la taille du quilt en raison des innombrables marges de couture. Ici, le tableau mesure 198 x 244 cm.

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Fini, le Neck Study ne mesure « plus que » 109 x 129 cm. La surface est réduite aux 3/4 !!

Le résultat est épais, les carrés ont du volume. Cela ne dispense pas Deb Hyde d’accorder à chaque oeuvre un quilting approprié très recherché, parfois géométrique, parfois en quilting libre.

Espérons que cette artiste sera un jour invitée en Europe !
Merci Maryline de m’avoir fait découvrir cette artiste…

L’Invitation au Voyage

Maurice Ravel, basque par sa mère, est né à Ciboure, petite ville portuaire qui partage la baie avec St-Jean-de-Luz. C’est l’enfant du pays, même s’il passa toute sa jeunesse à Paris. Ses musiques m’enchantent et ce que j’aime particulièrement de lui, c’est son éclectisme, sa soif de sons d’ailleurs pour mieux les intégrer à sa culture française. 

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Ce portrait de Ravel évoque les multiples influences de ses musiques

Lors d’une immense tournée en 1928 aux Etats-Unis et au Canada, il fit cette déclaration : « Vous, les Américains, prenez le jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu’à mes yeux, c’est lui qui donnera naissance à la musique nationale des États-Unis. »

Bien vu ! Il avait notamment sympathisé avec George Gerswhin dont les sonorités de sa Rhapsody in Blue l’enthousiasma, alors que les critiques pleuvaient encore sur cette « musique de nègres ».

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Si son imaginaire musical majeur vient d’Espagne (le Boléro, qui envoûte ou énerve, reste la musique française la plus jouée au monde), ses œuvres sont profondément originales et éclectiques, inspirées successivement des folklores de la Russie, la Grèce, les sonorités orientales ou tziganes…

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Célèbre ballet de Béjart sur le Boléro de Ravel

« L’art, sans doute, a d’autres effets, mais l’artiste, à mon gré, ne doit avoir d’autre préoccupation que la perfection technique. L’important est de s’en approcher toujours davantage. » Ravel… C’était un travailleur lucide, exigeant envers lui-même et les autres, qui déclara :  « Oui, mon génie, c’est vrai, j’en ai. Mais qu’est-ce que c’est ? Eh bien, si tout le monde savait travailler comme je sais travailler, tout le monde ferait des œuvres aussi géniales que les miennes. ». A méditer quand on croit qu’on peut faire des œuvres vite faites-mal faites, sous le couvert de modernité !

Ravel aimait lire Beaudelaire : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. » (l’Invitation au Voyage)

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Je ne peux éviter ici d’évoquer deux sœurs pianistes nées tout à côté, à Bayonne, qui interprètent dans le monde entier des œuvres aussi diverses que celles de Ravel, Gerschwin, Mozart ou le répertoire baroque, mais aussi le rock expérimental avec grâce et un talent fou… qu’elles reconnaissent couplé à un travail acharné. Les ayant rencontrées à 19 ans, âge où nos goûts se forment pour la vie, je collectionne leurs enregistrements et leur voue une admiration sans faille. Elles se font malheureusement très rares en France…

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Travailleuses, éclectiques, talentueuses… et si belles ! (©KLM recordings)

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Le hasard faisant bien les choses, Marie-Claude Tsuruya cohabita avec Maurice Ravel pendant Quilt en Sud. C’est en effet dans l’auditorium Maurice Ravel que le Japon s’installa à Saint-Jean-de-Luz avec une sélection de quilts de la Chambre des Couleurs.

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Parions que Ravel aurait adoré cette cohabitation : l’excellence du travail, l’alliance de deux cultures, sont des caractéristiques ravelliennes  tout comme celles de cette quilteuse ! Marie-Claude Tsuruya n’a pas de télévision mais coud et quilte toujours au son de la musique. Quelques articles de son blog sont consacrés à cette autre passion.

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Plusieurs kimonos précieux, en soie ou en « chirimen » (tissu légèrement ondulé, une sorte de crêpe agréable à porter et facile à entretenir) agrémentaient cette exposition. Les kimonos japonais sont coupés et cousus d’une manière immuable (sujet d’un prochain article dans le blog de Marie-Claude sans doute !), il en résulte un vêtement très long qui sera ajusté à la taille de la personne grâce à la ceinture (obi). Marie-Claude avait apporté son obi de mariage mais dès le premier jour, elle l’a enlevé de l’exposition en raison de trop nombreuses petites mains qui ne pouvaient s’empêcher de le toucher !

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Détail d’un quilt de mini-blocs en T, initiale de leur nom de famille. Chaque T est cousu à la main avec un tissu japonais récent ou ancien, sur un fond d’indigos. Finalement, cela donne plutôt une jolie collection de mini-kimonos !

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Enfilade de quilts tous plus beaux les uns que les autres ! De près, ils sont parfaits, de loin on découvre une autre dimension avec des jeux de lumière insoupçonnés… C’est pourquoi j’appelle Marie-Claude Tsuruya la créatrice de lumière.

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Les quilts exposés ont tous un lien avec le Japon. L’époux de Marie-Claude étant japonais, elle hérite des tissus de sa belle-famille, surtout ceux dont personne ne veut plus ! De chaque voyage elle rapporte des kilos de textiles qu’elle achète aussi pour compléter sa collection. Le quilt ci-dessus,  en cotons bicolores marine/blanc, étaient destinés aux yukata, kimonos d’été aux imprimés plutôt masculins  (à l’origine, ces kimonos étaient pour la sortie du bain).

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Quilts récents de Marie-Claude. Son goût pour les tissus recyclés, ayant la trace du passé, se confirme dans ces ouvrages. On y retrouve des tissus d’épaisseurs différentes que beaucoup de quilteuses hésiteraient à unir, mais finalement coton, lin, chanvre ou ramie cohabitent avec bonheur !

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Je me souviens que, tandis que je donnais un stage sur le « nine-patch évanoui », une variante amusante de coupe rapide avec cutter et règle, Marie-Claude confectionnait ce même bloc de manière patiente, artisanale, choisissant avec précaution les morceaux pas trop usés de ses tissus anciens du nord du Japon, étoffes d’un peuple fier et travailleur. C’est ainsi un bel hommage qu’elle rend aux personnes qui filèrent, teignirent, tissèrent artisanalement ces textiles. Quand on voit ce quilt, on comprend d’autant plus ses réticences sur le phénomène Boro, ou la mise sur le marché  de guenilles, parfois même artificiellement vieillies, qui se vendent à des prix exorbitants… Tandis que les visiteurs  occidentaux s’extasient, les Japonais se sentent parfois humiliés…

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Encore cette association dont je ne me lasse pas, les indigos et les imprimés joyeusement colorés ! 

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Beauté d’un sobre Log Cabin. Contrairement aux tissus de patchwork, les bleus teints à l’indigo ne s’affadiront pas en quelques années !

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Finissons ce petit tour par ce magnifique quilt qui vous dit sans doute quelque chose… Il est inspiré d’un top en soie et satin fait par Ella Holcombe (1872-1957), qui fut offert au Musée Shelbourne en 1990 et immédiatement admiré et recopié ! On ne sait pas quand la quilteuse cousit ce top, mais le modèle du bloc existe depuis la fin du XIXe siècle. Dominique Husson le reproduisit en coton avec infiniment de subtilité (voir article précédent). Si vous aussi vous souhaitez vous lancer dans cet extraordinaire quilt, cherchez le Quiltmania n° 21, Renée Ferré l’a présenté en fiche « pas à pas ». Celui de Marie-Claude a la particularité d’être en soies de kimonos, ce qui lui donne une présence lumineuse et chaque bande est quiltée en son milieu… Association encore de l’occident et de l’extrême-orient, ce quilt est baptisé « Temari », du nom des balles japonaises de décoration qu’on sort pour certaines fêtes. Plus de renseignements sur ce quilt dans le blog  ici.

Guettez les prochains articles de Marie-Claude ! Elle nous donnera ses impressions de son voyage plein sud… Je sais qu’elle a adoré rencontrer ses lectrices et revoir les personnes rencontrées en avril 2012 à Pibrac lors de la Journée de l’Amitié… Des liens d’amitié qui se tissent au fil du temps !

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De Quilt en Sud, je ne vous en montrerai pas plus ; d’autres artistes, avec qui je n’ai pas pu m’entretenir, présentaient eux aussi des merveilles ! Vous pouvez aller voir ces blogs et sites pour d’autres points de vue :

– le reportage-photos d’Edith Bouilly sur le blog News FP
– les reportages de Marie-Christine sur le blog Carrément Crazy, très intéressants avec de belles photos
– les photos (articles en cours) sur le blog de France-Patchwork Tarn
– le blog de l’artiste Françoise Christien
– l’art textile léger et pétillant des Espagnoles Desedamas
– l’univers d‘Hubert Valéri, si raffiné, dont je vous montre ici la couverture du livre qui paraîtra en octobre prochain :

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Livre préparé avec Maryse Allard

… et il y en avait tant d’autres ! Merci à tous ces artistes de nous avoir enchantés !

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Voyages décousus* autour du Monde

Depuis quelques mois, de nombreuses quilteuses américaines s’affolent autour d’un modèle de la Reine du Scrap Bonnie Hunter, qui date pourtant de 2005 déjà. Il s’agit de « Scrappy* Trips around the World » qui moi aussi m’enthousiasme ! Ses explications sont lumineuses avec ses multiples photos. Si vous souhaitez vous lancer en centimètres, les bandes à découper sont de 6,5 cm x 40 cm (39 + 1 cm d’ajustement). Surtout ne négligez pas le sens de repassage des bandes, c’est LE truc qui vous permettra de réussir un superbe quilt !

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Quilt de Bonnie Hunter

Pour se donner des idées, se motiver et s’entraider, un groupe existe sur Flickr, vous pouvez y visionner plus de mille  six cents photos de scrappy trips et pourquoi pas vous y inscrire !

Tandis que les « petits voyages », faits de 4 blocs, rivalisent de beauté, certaines quilteuses préfèrent disposer ces blocs de manière différente, soit très traditionnelle, soit plus personnelle. LeeAnn, de Nifty Quilts, en a récemment terminé un, disposé « à l’ancienne », c’est-à-dire avec un centre unique :

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Superbe effet scrappy chez Nifty Quilts !

C’est cette option que j’avais aussi préférée pour le quilt fait pour la colocataire de ma fille :

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J’ai bien aimé faire un grand centre très coloré pour finir avec des bleus en bordure.

Ensuite, LeeAnn  de Nifty Quilts a succombé au plaisir d’en faire un aux multiples centres, tout en rouge :

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J’adore ce quilt tout rouge de LeeAnn !

Moi aussi j’ai préparé des carrés pour faire ce modèle mais je me perdais dans les infinies possibilités que vous pouvez voir ici. Tout a été rangé dans un carton jusqu’à ce que, récemment, l’envie me prit de ressortir ces carrés aux couleurs de brique et de pastel… toujours en préparation, mais je n’ai jamais été aussi proche de la fin 🙂

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*Scrappy se réfère dans le monde du patchwork au principe d’utiliser un maximum de tissus, le plus souvent des restes d’autres quilts ou de la récupération. Pourtant dans l’anglais courant, il peut se traduire par « décousu », « brouillon », « incomplet »… D’un mot péjoratif les quilteuses en font fait une notion enthousiasmante !

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