Même si cette semaine , on nous promet un répit, c’est parti pour un été caniculaire qui risque de nous sembler interminable. Dans notre potager, les tomates cessent de mûrir, elles sont même cuites encore vertes par le soleil. Il va falloir s’adapter, les ombrer avec des draps par exemple, car ce n’est sans doute pas un épiphénomène mais plutôt un vrai changement climatique.
Jetons un œil sur ce que font des artistes textiles pour atténuer la brûlure du soleil en Espagne, puis à Phoenix, Arizona. On y vit chaque été avec les températures qu’on avait la semaine dernière.
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¡Viva España!
Depuis plusieurs années, les ombrières au crochet sont devenues très populaires en Espagne. Plusieurs villages, quelques villes ornent leurs rues de ces grandes pièces colorées afin de faire une ombre bienvenue et animer l’environnement de jolies couleurs. La plus médiatisée se trouve près de Malaga, en Andalousie, elle est aussi sans doute la plus grande, puisqu’elle s’étend de plusieurs mètres carrés chaque année ! C’est Eva Pacheco qui en est à l’initiative, pour remplacer des panneaux de plastique blanc qui servaient naguère d’auvent. Vidéo

J’en ai vu ailleurs ces dernières années, dans de petits villages reculés d’Espagne. Les femmes – et quelques hommes – exposent leur savoir-faire avec fierté !
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Cette mode, sans doute durable, a commencé dans un tout petit village de l’Extremadura, à mi-chemin entre Madrid et la frontière portugaise, au Sud de Salamanque. C’est à Valverde de La Vera que tout a commencé, en 2013.
L’initiatrice de ce projet est architecte, ce qui ne l’empêche pas d’être aussi habile de ses mains☺ ! Marina Fernández Ramos a souhaité mettre en valeur la tradition rurale du crochet tout en étant utile et visible. Dans cette Espagne qui se dépeuple, faire du village un coin attractif et festif était un pari pour attirer visiteurs du coin et touristes. Elle décrit son mouvement comme « craftivismo« , l’artisanat activiste qui met en valeur ce qui est habituellement « invisible » (le fameux travail des femmes…), et elle a même créé une coopérative dans ce but, nommée Tejiendo la Calle, Tissant la rue. C’est elle la première à prôner l’utilisation de déchets en plastique pour ne pas gaspiller des matières premières nobles comme le coton ou la laine. Les pièces crochetées sont donc imperméables, imputrescibles, légères même après la pluie, et jouent parfaitement leur rôle de parasol !
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Valley of the Sun : ¡Sombra!
Changeons de continent, allons du côté de Phoenix en Arizona, surnommée la Vallée du Soleil. Là aussi, l’été il fait habituellement entre 40 et 45°. La campagne alentour est peuplée de cactus spectaculaires, les saguaros. Vous pouvez en voir par ici, lorsque j’ai été leur rendre visite. Est-ce le futur de la France ?
La climatisation n’est pas une option en Arizona, chaque bâtiment cultive sa fraîcheur (souvent trop, le choc thermique est énorme), mais doit-on alors se priver de rencontres à l’extérieur ? Dans cette ville où le soleil cogne fort – et de plus en plus fort – la mairie favorise des animations artistiques célébrant l’ombre. Le programme est appelé Sombra, l’ombre en espagnol.


Dans ce contexte, un artiste se distingue. C’est Luke Haynes, rencontré au Carrefour Européen du Patchwork en 2019. J’avais fait son portrait, tout en montrant son extraordinaire exposition. Il m’a beaucoup marquée, par sa passion, sa technique où tout est bien pensé, et par sa gentillesse !

Luke a créé l’année dernière un lieu de rencontres en plein air, où l’air circule mais le soleil ne cogne pas, on ne souffre donc pas trop de la chaleur ! Il a créé 100 quilts originaux, en tissus recyclés, sa grande spécialité, et ils ont été montés sur une structure en métal. Cette oeuvre artistique a nécessité 18 mois de préparatifs, 450 kg de tissus recyclés : une structure éphémère qui a réjoui le public jusqu’au 21 septembre 2025 !





Sur certaines photos, on voit bien le jeu des géométries croisées, entre les tops et les dos. Cela rappelle presque des éclats de lumière dans un diamant taillé ! Autre effet : l’herbe poussait mieux sous l’ombrière géante faite de quilts😁🌞
Luke crée désormais des structures textiles temporaires, qui correspondent au besoin d’ombre en ville, à Phoenix en particulier. Voyez ce qu’il a créé ce printemps :


Toutes les photos de Phoenix sont extraites du compte Instagram de Luke Haynes : @entropies et de @sombraphx.
Vais-je devoir faire des quilts ou des plaids au crochet
pour que les tomates du potager ne cuisent plus sur pied ?
Katell
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J’ai vu des ombrières au crochet au Vigan, c’est une chouette idée de yarn bombing et un sympathique projet collaboratif !
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Tellement d’accord avec toi ! J’espère que ces initiatives fleuriront aussi en France. Au Vigan, c’est un bon début !
J’avais bien aimé la déco des arbres, mais les ombrières, quand c’est possible, c’est bien plus utile. Mais que de travail !
Voyons si la canicule incite à faire des ombrières pour l’année prochaine…
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Une fois de plus un grand merci pour cet article. J’apprends et je découvre pleins de choses en te lisant MERCI
Valérie
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Les arts textiles sont très vivants et j’ai toujours de nouvelles choses à découvrir et à faire connaître ici à mon tour. Plaisir partagé, merci Valérie !
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Tellement ingénieux et simple!
La question se pose: le travail de ce plastique est-il agréable pour les doigts ? Un essai s’impose pour moi…..
par contre je testerai bien également le travail avec des lanières de vieux draps fins.
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Je me suis posé la même question. J’ai déjà fait un essai de crochet (taille Jumbo !) pour crocheter des lanières fines de tissus, et c’est agréable. Pour le plastique, on doit s’habituer… pour la bonne cause !
Je crois qu’une ombrière en tissu ne convient que pour un usage domestique, où on peut le décrocher très vite en cas de pluie diluvienne. Sinon, le poids pourrait arracher les fixations.
Merci de partager les essais !
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À tester par temps frais sinon ça doit coller aux doigts !
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Oui j’imagine !
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jamais je n’aurais pensé que le plastique était utilisé. Et je me demandais comment cela résistait. Une fois de plus :Merci Kattel
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Moi aussi, je croyais que c’était en coton ou en fibres diverses. Les Espagnoles nous montrent le chemin de l’ingéniosité et du pragmatisme. Dans tous les articles consultés, on parle de plastique uniquement !
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On pourra enfin répondre à la question: « Qu’est-ce que tu vas en faire? » !!!
Moi qui aime et qui supporte bien la chaleur, j’ai tout de même souffert comme tout le monde mais surtout du manque d’air: l’ombrière de Luke répond bien à ce problème.
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Luke ouvre de nouvelles perspectives !
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Ces solutions concrètes et artistiques pour créer de l’ombre font un bien fou au moral. Passer d’un constat terrifiant à des essais pour vivre au mieux avec le changement climatique montre la voie pour demain. Merci Katell pour cet article passionnant.
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Il y a toujours quelque part, des gens qui ont de bonnes idées… Il faut qu’ils soient écoutés et, une bonne idée engendrant une autre, on s’adapte.
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Idées supers à développer et qui conjuguent tellement d’avantages : recyclage des sacs plastiques, travail en commun, magnifiques décos pour les rues avec un ombrage bienfaisant. Encore une fois merci Katell pour ces découvertes.
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A Sitges, on a vu des pojagis suspendus dans les rues cette année. Les bonnes idées viennent des gens créatifs !
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Ces ombrières sont tout simplement une idée géniale !!
Passe un bel été Katell !
XOXO
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Toi aussi ma belle, passe un très bel été et rêvons de faire des ombrières un jour, c’est si décoratif !
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Encore une belle découverte. Le plastique semble une bonne idée, surtout ajouré par la technique. En attendant on pourrait peut être sortir des placards nos premiers quilts -ceux qu’on n’aime plus vraiment, pour s’en servir au jardin. En s’assurant d’être chez soi en cas d’orage 😂😰. Bonne fraîcheur à vos tomates !
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Je me sers des premiers quilts en tant que couverture de pique-nique, et autres usages, mais pas encore en ombrières ! La différence avec ceux de Luke, c’est que j’ai bien l’impression qu’il n’a pas mis de molleton, c’est ainsi plus léger et moins opaque.
En attendant, nos pieds de tomates respirent aujourd’hui, on va mieux évaluer les dégâts cette semaine.
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Que de bonnes idées !!!
S’il existe quelque part des explications pour utiliser les sacs plastiques, épaisseur, découpe, assemblage je suis preneuse; je cherche depuis longtemps comment troteger une fenêtre plein sud sans l’obscurcir totalement.
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Je n’ai pas vu d’explications détaillées, je partagerai si je trouve. Et si on se réjouit de ne plus avoir de sacs en plastique, cette matière première est en cours de disparition. Il va falloir innover encore !
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On parle beaucoup du badigeon au blanc de Meudon, comme dans les vitrines des magasins lorsqu’il y a des travaux
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Bonjour Katell, encore un article rafraîchissant avec les ombrieres. Nous avons préparé des ombrières pour le prochain événement des arts textiles à palalda en octobre. Elles seront installées la semaine prochaine sur la place de la Nation. C’est une expérience dont nous partagerons le rendu une fois installé.
Amicalement de Jacqueline et Sylvie.
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Nos étoiles sont toujours alignées ! À la semaine prochaine donc, avec grande joie !
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Merci pour ces photos et surtout les idées ingénieuses de chaque artiste.
Je suppose que le travail avec les sacs plastiques se fait comme les tapis avec des lirettes de tissu usagés.
Préparation des lirettes : couper le sac sur les 2 côtés pour en faire une grande bande
Couper une 1 ère bande de la largeur voulue (2 cm ou plus) et s’arrêter à 2 cm du bout, tourner le sac, couper une nouvelle bande de même largeur et s’arrêter à 2 cm de l’autre bout. Tourner le sac etc… On obtient une longue bande que l’on peut enrouler comme une pelote.
Il en faut beaucoup pour faire un ouvrage. Pour raccorder 2 pelotes, on peut faire un nœud ou superposer la fin et le début de l’autre.
Crochet de taille adaptée à la grosseur de votre » nouveau fil »
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Un grand merci Odile pour ton expertise, cela va aider celles qui souhaitent se lancer !
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mais en tissus, le soleil doit se charger de faire passer les couleurs… Quant à la pluie mais il y en a peu en Espagne et il paraît qu’on craint les feux de forêts….
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Effectivement tout est à prendre en compte avant de se lancer dans ce gros travail !
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J’ai adoré cet article et les commentaires qui en ont découlé. Je connaissais également l’utilisation des sacs plastique en tissage (lirette). Nous allons maintenant cogiter autour des ombrières 😀. Merci Katell de nous stimuler toujours et encore! Bel été à toutes. A l’ombre 😉
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C’est moi qui te remercie d’être fidèle depuis tant d’années !
Oui, je reste à l’ombre moi aussi ! Je n’ai pas encore fait d’ombrière, mais on ne sait jamais… un jour peut-être !
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❤️
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C’est inventif, utile, beau, inspirant…Merci !
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J’espère trouver d’autres innovations et bonnes idées ! Tout le monde est concerné ☀️
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