S’aventurer dans une vie différente, bien plus légère et minimaliste, moins nomade qu’en mobil home cependant, et la tiny house (la maison minuscule) s’impose à vous. Je ne vivrai probablement jamais cette aventure, mais les deux fois où j’ai croisé des protagonistes de roman qui y vivaient, je me suis projetée, envisageant les conséquences de ce concept…

Avez-vous lu ISAURE, de mon amie Joëlle Loeuille ? Si oui, vous n’avez certainement pas oublié qu’un jeune célibataire vit dans une tiny house, pour avoir son indépendance, sa liberté, un environnement naturel… C’est globalement comme un studio, mais sur un terrain à la campagne !

Matthieu, en 2022, avait entrepris la construction d’une tiny house sur un terrain loué près de Morlaix. L’auto-construction lui avait apporté une profonde satisfaction. Être le maître d’oeuvre de sa maison, choisir les matériaux, opter pour l’agencement correspondant le mieux à ses aspirations, et ce, sans aucune aide, avait fondre ses économies, mais il possédait enfin l’habitat dont il rêvait, simple et écologique.
Isaure, Joëlle Loeuille – 2026
Ces micro-maisons sont presque toujours en bois, de style moderne (on est loin de la roulotte traditionnelle) et l’aménagement intérieur se veut exemplaire, hyper bien programmé. Elles sont nécessairement montées sur roues, ce qui en fait une habitation nomade, avec des réglementations spécifiques.

Je viens de terminer un roman très agréable – cela fait du bien par les temps qui courent – dont l’héroïne secondaire est… une tiny house !
L’autrice est Deborah Porret, celle que je vous ai peut-être fait connaître dimanche dernier avec son roman Où est Paula ? ! Ici c’est son roman précédent, datant de 2022, que je viens d’avaler avec gourmandise.


Nous sommes à Londres. Flora, une Française de 45 ans, se fait licencier de son poste de RH. En même temps, elle apprend qu’il lui faut déménager. Mais que de possessions dans sa grande maison de 200 m2, que de souvenirs, que de bazar… Flora saura écouter sa petite voix – un coup de folie, acheter une tiny house ! – pour, malgré de nombreuses embûches, changer de vie et voir finalement les étoiles s’aligner quand elle aura trouvé sa voie…
Beaucoup de séquences m’ont enchantée, je ne parlerai que d’une des découvertes de Flora : marcher en forêt fait un bien fou ! Et c’est aussi ça qui fait que les incendies de forêts nous fendent le cœur, on connaît la valeur d’une forêt, du temps long pour sa création, de la faune diversifiée qu’elle abrite…
Un bain de forêt, c’est fascinant…
La forêt se comporte telle une communauté qui veille les uns sur les autres,
comme un seul organisme vivant.
On a tendance à l’oublier,
mais c’est grâce aux arbres que nous pouvons respirer…
Même les petites maisons rêvent de grandes aventures, Deborah Porret – 2022
Un changement de vie radical est rarement évident, et Flora passera par de nombreuses étapes avant de trouver son ikigaï, comme disent les Japonais, ou son eudaimonia, notion des Grecs anciens pour l’art de s’épanouir en devenant pleinement soi. Et comme d’habitude, ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler plus de cette histoire, qui se lit vite et avec joie ! C’est un roman feel good très réussi 💙💚💖
Au moment où tant de personnes sont dans le désarroi le plus total, celles qui partent de leur foyer pour l’abandonner peut-être aux flammes, celles qui ont fait leur baluchon dans l’urgence avec leurs biens les plus précieux (lesquels ? Quelle angoisse de devoir choisir…), on se pose inéluctablement la question des possessions accumulées dans une vie, surtout quand on est sédentaire depuis des dizaines d’années. Garder des souvenirs au fond d’un placard, c’est pour quoi faire ? Qui d’autre cela pourrait intéresser ? Conserver des vêtements démodés, trop petits, simplement pour le souvenir, est-ce raisonnable ? Avoir trois services de table en porcelaine qu’on ne sort qu’aux grandes occasions, n’est-ce pas bien trop ?… Perdre les photos de toute une vie, est-ce si grave ?…

Moi qui garde tant, ces questions me sont difficiles. J’avais le culte des souvenirs de toutes sortes pour les générations à venir (carrément !!), mais après avoir vidé des maisons suite à des décès, un autre point de vue émerge : ne pas encombrer mes enfants… J’aimerais beaucoup franchir le pas d’une maison qui respire mieux, débarrassée de tant d’objets devenus inutiles… Mais sans passer évidemment pas le choc effroyable d’un incendie qui me forcerait à tout abandonner. Quelle violence, quel traumatisme vivent ceux qui ont tout perdu, en Gironde, dans les Landes, dans le Tarn, les Pyrénées-Orientales, le Var et ailleurs… Malgré ce contexte angoissant, goûtant cette lecture comme une synchronicité à la Carl Young, j’ai grandement apprécié la lecture du roman de Deborah Porret et je me promets de m’attaquer à mes placards.
Pour écrire ce livre, Deborah a vraiment vécu l’expérience de la vie dans une tiny house, avec l’aide de son mari architecte. C’est sans doute pour cela que cette histoire sonne si juste, dans ses moindres détails. Et j’aime toujours les histoires de personnes qui osent changer de vie ! Le meilleur est à venir, contrairement aux apparences…
Même les petites maisons rêvent de grandes aventures montre qu’on peut changer de vie !
Portez-vous bien, malgré tout,
Katell
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Comme ton article me parle ma chère katell, nous qui depuis 4 jours vivont dans l attente d une éventuelle évacuation, j’ai du faire un choix dans ce que je pourrais emporter, quelques vêtements certes ,mais aussi quelques souvenirs de toute une vie, pas facile, j espère tous les jours pour l’on arrive enfin à maîtriser ce feu indomptable….il est vrai que l on s attache beaucoup à nos biens matériels, mais quand je vois aujourd’hui le désarroi des gens qui ont tout perdu en quelques minutes…je suis effondrée. La tiny house est un joli concept, mais je crois que je m y sentirai bien trop a l étroit, même si toujours mieux que de ne plus rien avoir du tout
Je t embrasse
Nadine
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Je pense fort à toi, ainsi qu’à toutes les quilteuses de Gironde que j’ai la chance de connaître grâce à toi, avec les stages que tu avais organisés pour que je fasse connaître le patchwork improvisé à Arcachon…
C’est vrai que mon article est sur la pente raide, vues les circonstances. Mais comme je viens de lire ce livre, je ne voulais pas esquiver le sujet des biens matériels, qui nous sont chers. Sans parler de nos milliers de bouts de tissus !
Mais dans ton beau pays, désormais gris et noir, le plus dramatique va être pour tous les foyers qui ont TOUT perdu jusqu’à leur maison, et il y en a beaucoup…
Ce matin encore, les nouvelles sont mauvaises. Tant que les feux ne seront pas éteints, ce sera mauvais.
De tout cœur avec toi, et avec les amies. Il est sans doute trop tôt pour envisager des aides du monde du patchwork, même si certaines ont déjà des idées (tu peux lire les derniers commentaires de l’article de dimanche). En tout cas, France Patchwork trouvera peut-être, avec toi, des idées pour aider efficacement, au moment de la reconstruction.
Avec toute mon affection, je t’embrasse
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Encore une proposition de livre attrayant et qui donne à réfléchir.
Je te rejoins dans l’envie de « ne pas encombrer mes enfants » mais je n’arrive pas à commencer le moindre tri d’autant que nous avons accumulé depuis un demi-siècle et nous avons rejoint une maison loin d’être vide des souvenirs du passé.
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J’ai la chance de connaître ta maison et comme je te comprends ! C’est un trésor historique, et dans ce contexte, les objets de l’Histoire comptent…
Je te souhaite une très bonne journée dans ton paradis qui, je l’espère, est encore tout vert !
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J’ai tellement de plaisir à te lire chère Katell surtout quand tu abordes ce sujet
crucial voire vital de mon point de vue ! Je me bats quotidiennement contre l’accumulation d’objets… Mon fils, quand il avait huit ans, m’avait fait comprendre que j’exagérais avec mon « besoin de vide » chronique : il avait mis une de mes baskets, neuve, dans la poubelle ( juste sous le couvercle) ! Et aujourd’hui c’est Domi qui me menace de s’en prendre à mes tissus quand je veux faire du vide dans son bureau à lui ! 🤣
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Tu pourrais écrire des romans feel good Violaine, tu as le don de nous mettre de bonne humeur tout en traitant des thèmes de fond !Passe une très belle journée, les nouvelles semblent meilleures quand même ce matin, ne boudons pas notre plaisir…
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Tu me donnes envie de lire ces deux livres. Ces romans feel good sont souvent des occasions de me poser des questions sur moi-même, des sujets de réflexion. Je viens de lire « tu m’avais promis » de Maud Ankaoua. Il m’a fait du bien.
Comme tu le sais, je suis en plein tri. Déménager régulièrement m’a obligée à trier, à faire des choix. Cette fois-ci, c’est encore plus drastique car nous diminuons vraiment notre surface habitable. Avoir du temps permet de se délester plus doucement, plus consciemment. Mais je pense beaucoup à ces personnes qui ont dû décider vite dans l’urgence ou comme Nadine qui a eu du temps et j’espère n’aura pas à quitter sa maison. Ces choix essentiels ont une autre dimension que mes choix, c’est évident. Je me suis posée la question de ce que emmènerais et je suis incapable d’y répondre, de m’y projeter!!!
Comme toi, je suis de tout coeur avec nos amies patcheuses de toutes ces régions!!!
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Merci pour ton témoignage Annie. Et bon tri, en douceur !
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Je vois que ton article encore une fois si remarquable confirme ce problème de choix pour faire une peu de vide dans nos maisons, comme pour moi qui n’ai jamais déménagé, et qui accumule facilement. Que prendrai-je si j’étais dans la situation de ces personnes contraintes à partir de chez elle ? Comme beaucoup j’y ai pensé, et la première chose qui m’est venue à l’idée : les albums photos, surtout les plus anciens, qui sont pour moi le lien vers nos racines et qui restent importants pour nos enfants. Ensuite ? Et bien comme vous je ne sais pas, et j’espère n’avoir jamais à faire ce tri.
Par contre j’ai commencé à vider mes placards pour des vêtements que vraiment je ne mettrai plus. J’ai aussi vidée une bibliothèque de bouquins de poches que je ne relirai pas et qui n’intéresseront jamais nos enfants. Et je vais essayer de continuer pour d’autres armoires bien trop pleines !!!
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Le tri en douceur, en conscience comme dit Annie, est ce que nous pouvons faire de mieux.
Et j’attends les consignes des pompiers locaux, qui ont commencé à faire des appels aux dons, parce que le Parc des Expositions toulousain commence à être un refuge aussi.
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Même en douceur, le tri est difficile. Comme toi, après les décès, il y a beaucoup de douleur à « vider » les maisons.
En pensant à ces effroyables incendies, je me disais que tout brûle dans notre maison, les livres, les meubles et pour parler de notre loisir préféré, nos cartons et placards emplis de … tissus. Déjà dans ce domaine, j’ai un mal fou à trier. Et pourtant, nos enfants souvent s’encombrent beaucoup moins.
J’espère surtout que ce qui se passe dans le sud-ouest ne sera pas oublié et qu’on en tirera de vraies conséquences et qu’il ne s’agit pas d’une « année atypique » comme ose l’affirmer notre président.
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Oui je suis complètement sur la même ligne que toi. Merci. Il va falloir faire des changements douloureux mais nécessaires. J’ai lu récemment qu’il faudrait enlever, par exemple, toutes les haies à la mode dans les années 80 (les divers conifères) autour des terrains par exemple, car ils flambent allègrement. Les efforts à faire sont de tous ordres.
Quant à la tanière d’une quilteuse.. on va dire que c’est l’exception qui confirme la règle du désencombrement !
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Chère Katell, réfléchir à ce qui est le plus important à emporter avec soi au cas où il faudrait fuir…. Difficile 😥 nous voyons toutes ces ruines de maisons brûlées, scènes de guerre…. Et toutes les personnes réfugiées qui n’ont plus rien ont tout abandonné et ont certainement de besoin de soutien psychologique pour continuer, il n’y a pas que des pertes matérielles. Comment se reconstruire après ça ? Prends soin de toi.
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Tu as tellement raison ! Quel désespoir pour ces réfugiés… Des psychologues sont dans les gymnases et autres refuges, mais c’est un traumatisme à vie.
Et les feux reprennent de plus belle cet après-midi…
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