C’était la sortie de mon second livre de patchwork créatif, Sacrés Tissus !
Vous avez accordé un accueil très positif à ce livre, et je vous en remercie ! Il est, avec BeeBook (mon premier livre, édition France Patchwork, épuisé), la référence française du patchwork moderne créatif et improvisé.
Il y a deux ans, les retours commençaient tout juste à me parvenir, parmi lesquels celui de Zoé, la petite-fille de Pierrette (Le Terrier de Marmotte). Cela m’avait rendue très émue et fière qu’une petite jeune fille s’intéresse au patchwork via mon livre !
Dans le même article, j’évoquais une lecture du début 2024 qui m’avait marquée, HUMUS de Gaspard König.

Cet écrivain est un homme inclassable, un philosophe qui s’est essayé à la politique avec un parti qui s’appelait SIMPLE, avec comme but premier la simplification de l’administration française, ce qui est pour lui une une question de justice sociale et de démocratie.
Il a été acteur aussi dans le film Jackie (avec, dans le rôle principal, Nathalie Portman), campant le jeune frère du Président Kennedy, grâce à sa ressemblance surprenante. Et il a, durant l’été 2020, fait un long voyage à cheval tout comme Michel de Montaigne, 440 ans plus tôt. 2 500 km à cheval au XXIe siècle, du Sud-Ouest de la France à Rome, en passant par l’Allemagne, c’est tout de même une sacrée gageure. Avec sa jument espagnole Destinada, il a pris des chemins marqués sur les cartes IGN, s’arrêtant chez qui voulait bien l’héberger – avec sa jument, il allait dans des fermes bien sûr. Et il a touché du doigt les difficultés, voire le désarroi des agriculteurs et éleveurs. Vous vous en doutez, cette année, tout est encore pire…



Ce long voyage, si original, est raconté dans Notre vagabonde liberté (Éditions de l’Observatoire, 2021). Son récit s’émaille de réflexions personnelles, amusantes, parfois iconoclastes ! Voici quelques extraits dont certains peuvent faire grincer – ou pas ! – qui ne vous gâcheront aucunement la joie de la découverte du livre :
Comme Montaigne à son départ, je savais ce que je fuyais, non ce que je cherchais.
Le voyage, c’est le plaisir de la différence.
Quand on suit une route toute tracée, on s’ennuie trois fois plus que lorsqu’on se promène en liberté. Pour éviter l’ennui, il ne faut pas regarder trop loin devant soi, et s’appliquer, même quand la route est droite et monotone, à observer les alentours. Je ne prétendrai pas y être toujours parvenu.
L’ennui est une facilité dans laquelle on replonge trop volontiers.
Si nous ne voulons pas devenir des robots gouvernés par des algorithmes bienveillants,
il faut secouer la première de nos chaînes :
nous-mêmes, notre besoin insatiable de sécurité et de prévisibilité.
A quoi sert de mener une vie confortable et longue mais totalement sous contrôle ?
N’est-ce pas la définition de l’Enfer moderne ?
La médecine prédictive nous rend tous malades, avec un taux de réussite de 100%, puisqu’on finit inéluctablement par l’être.
C’est une médecine qui nous gâche la vie afin de mieux la prolonger.
N’est-il pas préférable de vive dix ans de moins,
mais d’avoir vécu heureux et insouciant ?
Dans toutes les réflexions de Stéphane, je retiens cette phrase d’apparence triviale : il est contre la dignité humaine de s’arrêter à un feu rouge quand la voie est libre. Autrement dit, le jugement devrait toujours prévaloir sur la règle.
Après HUMUS que je présentais dans l’article d’il y a deux ans, j’ai lu AQUA en juin dernier, toujours de ce même Gaspard qui me titille avec sa façon de ne pas penser comme tout le monde.

AQUA est tout aussi original qu’HUMUS. Et on ne peut être plus au cœur de l’actualité. Cet été si chaud et sec fait crever les animaux et les plantes… en attendant un bilan humain qui sera probablement tristement catastrophique.
Dans AQUA, on suit un enfant du pays de la verte Normandie, devenu haut fonctionnaire à Paris (ne pas rire de son patronyme ! On s’y habitue très bien). On vit dans un village normand riche de personnalités hautes en couleurs, avec un focus sur le rôle multiple et parfois écrasant du Maire, même d’un petit village. Mais la protagoniste, c’est l’EAU, celle qui coule (ou pas) du robinet, celle qu’on domestique, celle qu’on gaspille, celle qu’on traite, celle qu’on transporte, celle qu’on espère… L’eau est rarement sujet principal d’un roman, mais je vous rappelle BLEUE de Maja Lunde, et puis Manon des Sources bien sûr ! Aujourd’hui dans toute la France et même toute l’Europe, on commence à comprendre ce qu’est la tragédie du manque d’eau. Dans notre monde moderne avec l’eau dans chaque logement, nous l’avions tout simplement oublié.
Les Normands ont autant de vocabulaire pour désigner l’eau qui tombe du ciel que les Inuits pour décrire la neige. Mais à présent, plus aucun mot ne convient. Ce n’est ni le broussin où l’on se perd, ni le crachin qui mouille par surprise, ni la brouasse qui colle à la peau, ni la ripleure qui laisse la place au ciel bleu, ni la harée qui picote, ni la lâchie qui gifle, ni la verse qui détruit, ni l’abernaudée qui tombe à seaux, ni la vouéchie qui se mêle au vent, ni même la déclavée qui trempe jusqu’aux os.
Ce qui compte de toute façon, ce n’est pas la dose de telle ou telle substance, c’est le cocktail ! Voyez-vous, à force d’accumuler des seuils, on construit des escaliers. Et ils mènent où, ces escaliers ? Aux dérèglements hormonaux, à l’infertilité, aux cancers, aux maladies dégénératives, à l’antibiorésistance.
– Et les PFAS, les polluants éternels ? Ils ne sont même pas recensés !
– Ceux-là, si on commençait à les analyser, ce serait l’émeute.Personne n’a la tête aux problèmes d’hydrologie. Les médias sont déjà blasés. Tu sais comment ça marche. L’urgent chasse l’essentiel.
Tout agit, réagit et interagit, l’eau, l’air, la terre.
La fontaine réunissait le village mieux que les messes.
Le volume d’eau sur terre est considéré comme stable. La molécule H2O est lourde. Elle ne s’échappe pas. Voilà plusieurs milliards d’années que mille milliards de milliards de litres circulent sur la planète, et ce ne sont pas les minuscules actions d’Homo sapiens, avec ses barrages et ses centrales nucléaires, qui vont y changer un zéro. Il n’y a rien à régénérer, parce que rien n’est détruit.
AQUA est de toute évidence pour moi un roman réussi, parfois poétique et romantique, mais aussi un essai extrêmement documenté et un pamphlet virulent contre les chicanes administratives, les ego qui poussent à obtenir une place de pouvoir… quel cirque parfois !
💧
Et pour revenir à Sacrés Tissus !, j’aurai quelques exemplaires en vente sur le stand de l’exposition « La Saga de Lucinda » à Labastide-Rouairoux. Pour célébrer son anniversaire, il sera en promotion :
Sacrés Tissus fête son anniversaire : 25 € au lieu de 35 € !
Rendez-vous donc samedi et dimanche à Labastide-Rouairoux !
En savoir plus sur La Ruche des Quilteuses
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.





Encore une bonne idée de lecture.
Irai-je à Labastide-Rouairoux ce WE ? Je ne sais pas. Comme beaucoup j’ai un peu peur de cette canicule qui se manifestera la bas comme ici dans notre Lauragais. Les copines du club ont déjà décidé de ne pas s’y déplacer :-((
J’aimeJ’aime
Plusieurs fidèles de la Fête du Fil me confient qu’ils n’iront pas à Labastide-Rouairoux cette année. Je m’en désole, pour l’équipe qui travaille dur pour les 25 ans de leur bébé devenu grand. Mais que faire ? La canicule bien présente ne favorise pas les déplacements.
Et pourtant, le programme est tellement attractif !
Ma Gene, fais comme tu le sens.
Le public sera accueilli avec la convivialité du Sud, les exposants seront plus que jamais heureux de vous rencontrer !
J’aimeJ’aime