Le Petit Prince pour Léonie

Chose promise, chose due, voici une autre création de Maïté !

Pour Léonie
DSC00186J’ai réalisé ce Petit Prince en m’efforçant de rester le plus près possible des dessins de Saint Exupéry, pour Léonie la petite-fille d’une amie, dont le Papa est pilote . Il fallait l’avion !DSC00187Techniques utilisées : appliqué et broderie .
Dans ce genre d’ouvrage il faut souvent ruser pour trouver le matériau adéquat .
C’est ainsi que la queue du renard est un morceau d’écharpe en laine bouillie…DSC00185…et que le globe de la rose est taillé dans un sachet de thé .DSC00190J’ai enfin obtenu la transparence recherchée .

DSC00188DSC00189Divers dessins du livre de Saint-Exupéry m’ont inspirée.
J’ai amélioré les moutons de la bordure par rapport à un précédent quilt sur le Petit Prince datant de 2009, en brodant le matelassage du tour des moutons au point de mirliton avec un fil en viscose « Marlit ». Ils sont frisés à souhait .DSC00192DSC00193
Et pour finir l’histoire, maintenant que mon Petit Prince est fini , la grand-mère n’est pas sûre d’arriver à l’offrir à sa fille et petite-fille !DSC00191Pour compléter le cadeau, je me suis amusée :DSC00243DSC00241

Au moins ceci arrivera jusqu’à la petite Léonie 😉

Maïté

Des ouvrages en redwork de Martine

Martine nous a récemment confié son intérêt grandissant pour le redwork, cette broderie traditionnelle rouge aux traits fins, souvent au point de tige ou au point arrière.martine 3

Ce Père Noël à la bonne bouille est un modèle issu du   Simply Vintage N°5 hiver 2012.martine 2

Point de tige, parfois surligné d’un point de matelassage à la main, puis quilting vermicelle à la machine.

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Cette jeune fille, plus élancée que les Sunbonnet-Sue habituelles, raconte sa semaine sur ce très beau chemin de table. Du lundi, jour de lessive, jusqu’au dimanche, jour de promenade, ce semainier a été encadré d’une bordure en patchwork seminole.martine 1

Je sais à quel point Martine a pris du plaisir à préparer cet ouvrage ! Elle a trouvé ces dessins sur internet :  Needlecrafter.com. Mais, hasard des rencontres, Denyse Saint-Arroman propose chaque jour de cette semaine une Sunbonnet jumelle de celle de Martine ! C’est alors le moment de s’y mettre si vous aimez !

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Tous ces ouvrages -avec un quilt en forme d’assiette de Dresde au centre brodé- forment un bel ensemble de décorations festives pour les fêtes de fin d’année… Ils font l’admiration de tous !

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Le Chardonneret

Voici un petit oiseau d’Europe qui aime plus que tout les graines de chardons, d’où son nom :749px-Carduelis_carduelis3Le chardonneret est un très joli passereau, élégant, sociable et si bon chanteur qu’il est parfois capturé :wp08f47ac8_05_06Ce tout petit tableau (34 x 23 cm) est peint en trompe-l’œil, avec un oiseau grandeur nature. On l’empêche de voler par une chaîne, pratique fréquente naguère, ceci étant plus économique qu’une cage ; on comprend dès lors d’où vient notre expression d’argot parisien « avoir un fil à la patte », popularisé par le théâtre de boulevard  (=être marié, ne pas « être libre »)

Carel Fabritius (1622-1654), lien entre Rembrandt (son maître) et Vermeer (son élève), le peignit quelques semaines avant sa mort due à l’énorme explosion de la poudrière de Delft. Son tableau du Chardonneret a, lui, eu plus de chance et fut sorti intact des décombres. Une femme de lettres américaine, Donna Tartt, est subjuguée par ce tableau et en fait la vedette de son dernier roman, « Le Chardonneret » ; ce tableau fait irruption dans la vie du jeune Theo lors d’une autre explosion, à New-York cette fois. Nous partageons la vie du jeune homme, inoubliable, ses apprentissages de la vie et de la mort, ses addictions, ses forces et ses faiblesses, celles aussi de la société et des milieux interlopes cosmopolites, responsables de trafics divers… Le tableau l’accompagne frauduleusement, et, tel un chardonneret, Theo a une vie façonnée par les événements qui lui offrent une liberté factice et bel et bien un fil à la patte… N’est-ce pas le cas de nous tous, finalement ?
Et puis il y a ce sentiment que procurent de rares oeuvres d’art qu’on s’approprie, qu’elles sont là pour soi et que personne ne peut autant les aimer… Un chardonneret, une vague japonaise, un ciel étoilé : à chacun son tableau, sa musique, son roman qui devient partie de soi-même…
Ce grand roman nous plonge tour à tour dans des milieux sociaux radicalement différents, aux dessous glaçants… Histoire rude, style éblouissant (traduction française remarquable), bonheur littéraire assurément.

Le Chardonneret, celui du roman, est bien toujours sous bonne garde au Mauritshuis de La Haye (Pays-Bas). Gageons qu’il connaît, grâce au livre, un surcroît de visites !

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Par leur ligne élégante, on peut imaginer que les oiseaux de Spoolsewing sont des passereaux, peut-être des chardonnerets ou des mésanges, qui sont autant d’éclats de couleurs et de délicieux chanteurs de nos jardins. Ne trouvez-vous pas qu’ils sont malheureusement de moins en moins nombreux ?

Dans mon jardin, les premiers chants d’oiseaux annonciateurs du printemps s’entendent habituellement entre le 12 et le 15 février. Cette année, les températures si douces n’ont pourtant pas fait grandement avancer ces chants ; tous les matins, je suis à l’écoute… J’ai entendu la première symphonie le 11 février !… D’après Jean-Marie Pelt, la nature se repère bien plus à la longueur du jour qu’à la température pour s’éveiller, c’est plus fiable !

Si vous souhaitez célébrer le début des parades nuptiales de nos amis des jardins, vous pouvez coudre quelques oiseaux qui enchanteront petits et grands ! Ici les explications et le patron Spoolsewing.chardon1Deux chardonnerets s’affrontent en février pour une Belle. Quelle agressivité !…
(photos des chardonnerets venant d’ici)

LPO grand quadri

N’oublions pas que les friches, les mauvaises herbes, sont de précieux alliés des oiseaux. Les chardonnerets, par exemple, souffrent beaucoup de l’arrachage des chardons, bardanes et graminées : ils sont exclusivement granivores et s’empoisonnent avec les graines traitées aux pesticides…
Dans votre jardin, vous pouvez les attirer en plein été en laissant les fleurs de cosmos monter en graines : ils en raffolent !galerie-membre-fleur-cosmos-fleur-0132

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Oh ma chérie c’est magnifaïque !

L’émission sur la couture et le stylisme qui passera sur M6 en septembre prochain, calqué sur « The great british sewing bee » de BBC Two, sera présenté par la « relookeuse » brésilienne Cristina Cordula. Nul doute que la couture va confirmer sa tendance de passe-temps jeune et branché !  

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« COUSU MAIN » sera donc le « TOP CHEF » de la couture, yes !

Garance, Andrinople, Carmin, Rubis, Cramoisi…

 OUI, aujourd’hui c’est du ROUGE qu’il s’agit ! Mais NON, on ne parlera pas de la Saint-Valentin… Notre Abeille Martine s’est penchée sur la broderie rouge qui connaît un regain d’intérêt depuis quelques années.

Broderie rouge et Redwork

Dans notre groupe, certaines de nos amies sont de virtuoses brodeuses et maîtrisent cet art avec talent, pour d’autres c’est une découverte. J’aime réaliser des ouvrages avec la broderie rouge et mon intérêt ne se dément pas, en découvrant son histoire passionnante.-anna-simmig-1894-marquoir-rouge-au-point-de-croix

Marquoir Anna Simmig – 1894

La broderie en rouge fut utilisée en Europe à partir du XVIIe siècle notamment pour la réalisation des marquoirs, tableaux faits par les jeunes filles apprenant le point de croix, afin de marquer ensuite le linge (le plus souvent avec les initiales familiales).
On trouvait également, en Alsace et en Allemagne, des dessins purement décoratifs au fil rouge sur le linge de maison réalisés au point de croix mais aussi au point arrière ou 
au point de tige.

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Parmi tant d’autres, une broderie alsacienne au point de tige

Née en Europe, la broderie rouge sous sa forme décorative fut exportée aux Etats-Unis où elle connut un immense succès. Le redwork (= travail en rouge) a vite été associé au patchwork américain, ce qui permet de réaliser des quilts magnifiques. Elle est parfois la marque de reconnaissance de certains artistes.

Pourquoi le fil rouge ?

On ne peut parler de broderie rouge sans évoquer la garance, cette plante tinctoriale avec qui tout a commencé. En effet ses rhizomes desséchés, nettoyés puis réduits en poudre ont produit pendant plusieurs siècles le pigment rouge utilisé dans la teinture des tissus.photo 1

Originaire de Perse et de l’est du bassin méditerranéen, la Rubia Tinctorum était couramment utilisée dans l’antiquité. Elle a également des vertus médicinales.

L’Inde qui la cultive depuis toujours a le monopole de la teinture rouge sur coton jusqu’au XVIIème siècle. Elle est cultivée en France jusqu’au XVIème siècle pour la teinture de la laine ou de la soie puis elle disparaît du fait des guerres. En 1760, la garance des teinturiers est réintroduite en France dans le Vaucluse et en Alsace. Sa culture est à son apogée au XIXème siècle et la qualité de la garance française est supérieure à celle des pays européens notamment de la Hollande, grand pays producteur.

Elle est utilisée pour deux applications essentielles :

– Le drap rouge des uniformes de l’armée française dont les képis et les pantalons des soldats étaient obligatoirement teints en garance (décret royal de Louis Philippe)

– Les cotonnades en « rouge turc » spécialité de Mulhouse.

L’Alsace fait partie des grands régions productrices de garance en Europe avec la région d’Avignon. C’est en Alsace que la recherche du rouge d’Andrinople ou rouge turc, procédé de teinture du coton à base de garance, long et complexe, a été la plus intense. Ces recherches sont à l’origine des progrès réalisés dans la teinture du coton au XIXème siècle.

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Soldat français en 1914 portant un pantalon et un képi rouge garance

La culture de la garance a ainsi joué un rôle important dans l’économie française et européenne dans le domaine du textile jusqu’à la fin du XIXème siècle. Elle contribua à la prospérité des provinces productrices et de leurs populations. Elle sera ensuite concurrencée par la production chimique de l’alizarine, composant de la garance qui permet une production à plus grande échelle et meilleur marché. Lorsque le colorant synthétique rouge fut inventé en 1869 par le chercheur allemand Von Bayer, le gouvernement français va alors offrir des contrats privilégiés aux producteurs de garance parmi lesquels les pantalons rouges des soldats. Fin 1914, le rouge garance, qui faisait des Français des cibles bien trop visibles, fut remplacé par du bleu horizon. La culture de la garance sera abandonnée et finira par disparaître.

En broderie, le rouge garance ou rouge turc a son fil dit « rouge du Rhin » connu aujourd’hui par son numéro 321 chez DMC.

Le livre « Andrinople, le rouge magnifique : De la teinture a l’impression, une cotonnade à la conquête du monde » retrace cette épopée qui est aussi l’histoire de cette couleur rouge.photo 3

Dans le n°70 des Nouvelles du Patchwork, l’article consacré au rouge d’Alsace donne la parole à Georges Klein, ancien conservateur du Musée alsacien. Il nous explique que « le rouge était la couleur liée aux principes de la vie même, du feu, du sang. Synonymes de jeunesse, de santé, d’amour il est associé aux costumes de fête, aux coutumes traditionnelles de printemps, de mariage, de naissance. »

Pas étonnant que le fil rouge à la fois abondant, bon marché, résistant et populaire soit resté dans nos mémoires !

Le Redwork

La tradition européenne qui s’est développée aux Etats-Unis est celle du dessin figuratif brodé avec un fil rouge au point arrière ou au point de tige. Les dessins étaient reproduits grâce à des tampons, des feuilles carbone, et dès 1870 les tranferts au fer à repasser furent inventés.

Selon The Quilt Index, site du Musée de l’Université du Michigan, le Redwork est devenu le style le plus populaire des travaux d’aiguille aux Etats Unis au XIXème siècle. L’exposition du Centenaire de Philadelphie en 1876 avait non seulement fait découvrir aux femmes américaines les travaux d’aiguilles mais ses expositions avaient suscité un véritable engouement et eut une influence profonde sur les styles et la mode. Cette effervescence donna naissance à un mouvement artistique. Des sociétés des Arts Décoratifs furent créées offrant une formation de pointe et des possibilités d’emploi pour les femmes.

Toute une activité –conception et transfert des dessins, catalogue etc….-s’est développée procurant ainsi un revenu aux intéressés. On pouvait donc trouver dans les boutiques des petits carrés de toile sur lesquels étaient reproduits des motifs, les uns destinés aux adultes, les autres aux enfants. A cette époque l’enfant brodait auprès de sa maman. Ces petits carrés de toile qu’on pouvait acheter pour un penny, prirent le nom de « Penny Square »photo 4

Une belle collection de « Penny squares »photo 4-1

Un de ces Penny-squares au motif enfantin décoratif 

Ce coût modeste permit à toutes les personnes, quels que soient leurs moyens, de s’adonner à ce loisir. Les dessins montrent parfois des scènes de la vie quotidienne, faisant du quilt ainsi réalisé le témoin de son époque !

Dans le numéro des Nouvelles du Patchwork cité plus haut, le Redwork est présenté « comme le fil rouge entre l’Europe et l’Amérique ». En effet on nous indique que « l’idée de réaliser un patchwork à partir de ces blocs brodés dut germer tout naturellement dans l’esprit des quilteuses invétérées ». Ces pièces sont devenues rares et très recherchées aujourd’hui. Ces quilts, dont certains blocs étaient brodés parfois malhabilement par un enfant, dégageaient un charme particulier.

photo 6Quilt d’artiste inconnu date création 1890, collection Michigan Musée State University

L’exposition d’un top en Redwork de 1881 de Pennsylvanie, au Mona Bismarck American Center en 2013 lors de l’exposition « Quilt Art – l’Art du Patchwork » nous donna l’opportunité d’en saisir le sens. Ces quilts aux blocs de redwork connurent un véritable engouement vers 1900.photo 5

Quilt de Metta V.Rybolt , création 1950, collection Michigan Musée State University

Certains étaient malgré tout brodés en bleu, mais il n’était pas rare de dire alors « un redwork en bleu » !

Le fil rouge, ce fameux rouge turc, qu’apportèrent les femmes immigrantes européennes porteuses de la tradition du linge de maison brodé au point de tige rouge, contribua à l’essor de la broderie rouge/redwork aux Etats Unis. Ce fameux fil sera importé d’Europe jusqu’en 1920… et les Américaines continuent d’adorer le DMC n° 321 !

Martine

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him and her

Redwork moderne !

Love Emblem

Fêtons demain ensemble la Saint-Valentin avec modernité ! Voici un bouquet d’une jeune styliste très connue de la jeune génération, Anna-Maria Horner :12207273716_5641e24e53Son dernier bouquet de fleurs, fond « en sourdine »,  évoque la gaieté d’un bouquet champêtre et son style, gypsy-modern-chic, m’apporte toujours un brin de bonne humeur !

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Et pour ce jour dédié à l’amour et l’amitié voici ce cœur, « Love Emblem« , qui donne tant d’énergie ! Patron gratuit ici : http://www.annamariahorner.com/love.emblem.pdf

5078979610_93f30525f2_oLove, Enjoy…

Son blog : http://annamariahorner.blogspot.com/

A comme Anaïs

Aujourd’hui, Maïté nous présente une de ses récentes créations. Toujours extrêmement soucieuse de chaque détail, elle nous étonne à chaque fois avec sa créativité et l’excellence de son travail !

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ANAÏS, mon 8ème petit-enfant, est née le 2 avril 2013 à Saint-Jean-de-Braye.DSC00224

Un bloc de l’abécédaire

Jai décidé de dessiner rien que pour elle un abécédaire, en m’inspirant des lettres brodées de Yoko Saito qui font mon admiration ( livre « 120 Modèles de broderie- Yoko Saito » – Edition Quiltmania). On peut varier chaque lettre à l’infini … un régal !
Puis il fut aisé de chercher et dessiner un motif facile à identifier par un petit enfant et correspondant à chaque lettre .

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A comme  » Anaïs » et « abeilles »,

DSC00198F comme « fraise », « fleur », « feuille » … et « fourmi ».DSC00225Je me suis amusée à chercher un tissu dégradé de rouges comportant un peu de vert pour la fraise pas tout à fait mûre et je l’ai rebrodé de points jaunes.

DSC00199G comme « gâteau » et « glace »… à la fraise , puisqu’on a déjà les fraises !

DSC00201I comme « igloo » que l’on peut visiter avec le doigt. Un poisson tout frais pêché vous y attend . Attention à l’ours qui fait du camouflage !

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M comme « mouton » que j’ai voulu joliment frisé (toison constituée de 40 boutons blancs en forme de fleurs, certains utilisés sur l’envers),

DSC00212Q comme les « quilles » avec lesquelles jouent mes petits-enfants etc …

Quelques difficultés cependant pour le « U ». « usine », « uniforme », « unique » ??
Ma petite-fille Lucie, 6 ans trouva la solution :
« Je sais comment ça s’écrit « un » : U-N ! »

Quand le moment fut venu de penser au motif de matelassage sur la bordure, je dessinai des « V » et il me vint tout d’un coup l’idée d’appliquer des chiffres 2, 3 ,4, 5 et 6 pour accompagner le « 1 » isolé dans le patchwork … et que tout le monde cherche .
Ce fut ensuite une évidence d’encadrer ces nouveaux chiffres dans un carré placé en diagonale .
Dans chaque bloc j’ai décidé de combler le vide autour des motifs par la lettre en minuscule : « a »pour »A », « b » pour « B »…
Il ne restait plus qu’à entourer le patchwork d’une fine bordure constituée des chutes de tous les bleus utilisés dans l’ouvrage.DSC00238

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Cet ouvrage sera exposé à Balma (31) le jour de l’AG de France-Patchwork et du Loto. Ne manquez pas dans ce même blog, dans quelques jours, la présentation d’un autre ouvrage créé par Maïté pour un autre enfant !

L’ours, le toujours-bien-aimé des enfants

2081602407_MichkaEnfant, mon conte de Noël préféré était Michka. Au fil des décennies, je l’ai lu et relu des centaines de fois pour moi, mes petites soeurs, mes enfants… et si j’ai un jour des petits-enfants, ils n’y couperont pas ! Cette histoire est poignante et les dessins originaux sont ancrés en moi, telle cette image de la petite fille malade… à la couverture de patchwork qui m’intriguait :michka_16b

Edité en 1941 après le décès prématuré de l’écrivain français Marie Colmont (Germaine Moréal de Brévans, 1895-1938), ce livre parut d’abord en petit format (15 x 12 cm) en raison de la pénurie de papier pendant la guerre.michka_09 L’illustrateur a su donner un supplément d’âme à l’histoire, sans doute inspiré par les forêts de son pays natal : Feodor Rojankovsky était un Russe émigré… né le 24 décembre 1891 !

Beaucoup savent que le Teddy Bear américain, l’ours en peluche, a été inventé à la suite d’une histoire de chasse du Président des Etats-Unis Theodore (Teddy) Roosevelt : comme le président rentrait bredouille, on crut bien faire en lui offrant un vieil ours à tuer. T. Roosevelt en fut outré et ordonna la mise en liberté de l’animal… Cette histoire relayée dans la presse donna l’idée à deux émigrants russes de faire un ours en peluche du nom de Teddy Bear. Mais c’est une année plus tôt, en 1902, que naissait en Allemagne le premier ours en mohair aux membres articulés de la marque Steiff ; comme souvent, les événements se téléscopent et la commande d’un importateur américain de 3 000 ours Steiff allemands assura durablement le succès des ours en peluche ! Dès lors, les ours sont considérés comme mignons, consolateurs, on les appelle des nounours… Mille et une histoires sont apparues sur les gentils nounours ou petits ours bruns, on les mange même en bonbons de gélatine ou de guimauve…trace ours

Un conte plus ancien met en scène une famille d’ours vivant paisiblement dans la forêt :

boucle L’histoire de Boucle d’Or et les trois Ours amuse les enfants avec les objets aux dimensions qui conviennent à chaque ours, mais c’est un conte finalement un peu bizarre sans fin heureuse ni morale… On retient surtout l’anthropomorphisme de l’ours qui vit comme une famille humaine, dérangée dans son intimité par une petite curieuse. Il est issu d’une histoire britannique ; au départ, pas de jeune fille blondinette trop curieuse mais une renarde, puis une mégère (même mot en anglais : vixen). 

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The three bears, illustration Arthur Rackhamtrace ours

Alors que l’ours n’est pas un animal domestique, il a eu une place prédominante dans de nombreuses cultures, avec de remarquables similitudes, depuis la nuit des temps.  Michel Pastoureau pense que « les hommes et les sociétés […] semblent hantés par ce souvenir, plus ou moins conscient, de ces temps très anciens où avec les ours ils avaient les mêmes espaces et les mêmes proies, les mêmes peurs et les mêmes cavernes, parfois les mêmes rêves et les mêmes couches ».

De nombreux peuples anciens considéraient que l’ours était l’ancêtre de l’homme. Il eut aussi le statut de divinité. En Europe, il était le roi incontesté des animaux, focalisant rites païens, cultes divers et une proximité omniprésente. Le culte de l’ours était si fort que les autorités chrétiennes entreprirent pendant des siècles de le remplacer par le lion, moins présent culturellement et géographiquement. Ainsi la fête de l’ours partant hiberner vers la mi-novembre fut-elle évincée par la fête de la St-Martin… Pas de hasard si on choisit souvent le prénom de Martin pour un ours ! Une légende court aussi qu’un ours, ayant mangé l’âne de Saint-Martin, se vit obligé de devenir la monture du saint… d’où l’ours Martin remplaçant l’âne Martin, tel qu’on parlait alors !

C’est ce sacré Charlemagne qui entreprit d’immenses chasses aux ours trop présents dans le coeur des gens, afin de le remplacer par plus d’orthodoxie chrétienne… Pendant des siècles, on poursuivit ces massacres et peu à peu l’ours, chassé des plaines, se réfugia en montagne. Naguère omnivore (si proche de l’humain…) il devint végétarien à 90%. Jadis le roi des animaux, on le désacralisa, on le ridiculisa… 

Longtemps le culte de l’ours perdura dans les vallées pyrénéennes, les noms de Barousse, rivière d’Ourse ou vallée d’Ossau témoignent de la proximité du plantigrade avec l’homme ; les carnavals, les légendes, les rites d’initiation en sont autant de traces. La tradition des montreurs d’ours, grands voyageurs originaires d’Ariège, provient du Moyen-Âge : un bon moyen de dévaloriser le roi déchu, tenu en laisse, muselé, contraint de danser, devenu inoffensif et ridicule…800px-Ours,_Luchon,_septembre_1900

Photo prise en septembre 1900 à Luchon (Haute-Garonne). L’attitude de l’ours est confondante, on croirait un homme déguisé…(© bibliothequedetoulouse / Flickr)

Nous gardons cependant bien plus de traces de l’ours, roi des animaux déchu, que nous ne le pensons : le roi Arthur de la Table Ronde porte en lui le nom de l’ours ((arth, vieux gallois, ou ard, vieux breton), les sagas scandinaves sont pleines de personnages comme Beowulf (littéralement ennemi des abeilles = ours !), Les anciens prénoms Bernard, Björn, Ursule, Ursula, les villes de Berlin, Berne sont directement liés aux ours, ainsi que l’Arctique (continent blanc aux ours)…trace ours

Les pionnières américaines pouvaient parfois voir des traces d’ours au cours de leur long voyage vers l’ouest et tout naturellement plusieurs blocs ont pris ce nom. Le plus connu est celui-ci :

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Très joli bloc de la Boîte à Biscottetrace ours

J’aime croire que les hommes gardent, inscrits dans une mémoire collective, le temps où l’ours était le roi des animaux dans le coeur des hommes et que ce souvenir enfoui a fait du nounours le roi des doudous… Pour beaucoup plus de renseignements sur l’ours et l’homme, je ne peux que vous recommander le livre de Michel Pastoureau :

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Vous pouvez aussi lire cet essai sur la proximité des hommes et des ours dans les Pyrénées ici.

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Pour ce quilt La Grande Ourse symbolisant la longue histoire des ours dans les Pyrénées, nous avons utilisé le bloc des « traces de l’Ours » associé au « Log Cabin » (inventé par Kim Diehl) : un concentré de style country! (photo de Brigitte)

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Les Ours des Pyrénées

Femelle ours et ourson marchant $$ Bear femelle and his young walkLa réintroduction des ours dans les Pyrénées fait débat.ours

Le Club de patchwork de Colomiers, lui, a préféré se focaliser sur les traces de la patte d’ours, bloc américain bien connu !bear tracks Les ours, dans le présent comme dans le passé, font bien partie de l’histoire du sud du département. C’est pourquoi nous avons organisé la fabrication de blocs mi-patte d’ours, mi-log cabin, inspirés de Kim Diehl.

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Le modèle choisi -à peine remanié- se trouve dans ce livre.

Nos amies ont si bien travaillé que nous avons deux quilts au lieu d’un ! L’un sera pour un lot du Loto de Balma, l’autre sera tiré au sort lors de la prochaine exposition de notre club en mars (tombola tirée le 28 mars).La Grande Ourse

Voici celui que vous verrez dès la mi-mars à Colomiers, salle de la F.A.C. (près le la piscine et du Hall Comminges). L’autre, dans une autre gamme de couleurs, sera à gagner à Balma le 23 mai 2014.Grande Ourse séchant

« La Grande Ourse », ouvrage en commun.
Cousu, quilté, lavé, séché, il n’attend plus que votre visite !

Exposition du 18 au 28 mars, horaires bientôt annoncés sur le blog « Le Patchwork sur son 31 ».

Breton, Bretonne

Une pensée pour la Bretagne et les autres régions durement touchées par des tempêtes répétées, dévastatrices…

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Les éléments déchaînés font des photos spectaculaires, à la fois fascinantes et terrifiantes.

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Dans le pays celtique où habite Valériane Leblond, le Pays de Galles, le temps est tout aussi détestable en ce moment, mais elle en fait un tableau poétique une fois de plus…

Avec toutes des avaries, dégradations, destructions, j’ose à peine évoquer des sujets plus légers… mais allons-y quand même.

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 Pascal Jaouen, brodeur et styliste breton renommé bien au-delà de sa région, n’est pas cette année à l’Aiguille en Fête, il prépare des nouveautés !1526579_794916763857550_1585487624_n

Perles et coquillages… Quel talent !

Sa prochaine collection de couture sortira cet été, « Gwenn ha Du », Noir et Blanc, avec cette robe de mariée « Hermine » qui couronnera le défilé :bandeau gwenn ha du2

Plus abordable, un parfum Gwenn ha Du sortira également !

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Le « Gwenn ha Du » est connu de tous les Bretons, c’est le fameux drapeau !

Et la chanteuse Nolwenn Leroy a de nouveau signé avec Pascal Jaouen pour des robes de scène qu’elle portera lors de sa nouvelle tournée… Elle dit de lui :  Je suis admirative de son talent, de son art, surtout que je ne sais ni coudre, ni broder. Mes mains me servent juste pour jouer du violon (rire). De manière générale, je suis fascinée par le travail artisanal. (Source : Côté Quimper)

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Breton, Bretonne de talent !

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