Broderie de la Folle Etoile

Nous avançons notre Folle Etoile qui a été assemblée vendredi dernier… Christine, notre super-brodeuse, s’est chargée de la broderie extérieure de l’Etoile, elle vient de m’adresser ces quelques photos que je suis heureuse de partager avec vous :

Broderie Folle étoile 1

Broderie Folle étoile 2

Broderie Folle étoile 3

Callale nous a offert, pour mettre en valeur nos crazys, un superbe tissu « Blackbird Designs » couleur saumon qui donne une intensité singulière à l’étoile. Les Abeilles reprendront ce top à la rentrée , vous en aurez alors des photos d’ensemble !

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La saga des Pandas

panda

Quel animal attendrissant que le panda ! Il semble si doux, si câlin, si pacifique, occupé toute la journée à manger ses bambous ! Son pelage bicolore intrigue et suscita de belles légendes. 

 En voici deux, copiées de Wikipédia :

Une légende chinoise populaire raconte qu’autrefois, les pandas étaient complètement blancs, mais, qu’un jour, quand la plus jeune de quatre sœurs mourut, les autres trempèrent les mains dans de la cendre en signe de deuil. En pleurant, ils se frottèrent les yeux pour essuyer leurs larmes, se consolèrent en entourant leurs bras autour d’eux et se bouchèrent les oreilles pour ne pas entendre les pleurs. La légende veut que ces taches de cendre soient restées sur leur fourrure.

Une autre légende semblable, provenant du Tibet, raconte que ce serait une bergère qui aurait sauvé d’un léopard un bébé panda qui se promenait avec sa mère. La bergère qui s’interposa pour défendre le jeune panda mourut, et tous les pandas, émus par son courage, pleurèrent avec de la cendre dans les mains pour respecter les rites de l’endroit.

Panda peinture style chinois

Panda, Atelier d’Abby

Quand j’étais enfant, les pandas m’étaient parfaitement inconnus. Ce n’est que dans les années 70 que le grand public français se prit d’amitié pour cette sorte d’ours bicolore vivant dans les forêts les plus profondes de Chine. On les découvrit d’abord en photos, en dessins animés, puis on entendit à partir de 1984 la chanson de Chantal Goya « Pandi Panda »… et on retint un des logos parmi les plus célèbres du Monde :

panda-wwf-logo

WWF (World Wildlife Fund, Fonds mondial pour la vie sauvage) est une organisation non gouvernementale créée par un sacré quartet de Britanniques : Julian Huxley (frère de l’écrivain Aldous Huxley qui écrivit notamment Le meilleur des Mondes), Peter Markham Scott (dont le parrain était JJ Barrie, créateur de Peter Pan), ainsi que deux ornithologues Edward Nicholson et Guy Mountfort. Dès la première année, après avoir trouvé le sigle WWF, les co-fondateurs cherchèrent un logo « lisible » par le monde entier, attirant la sympathie universelle. Le hasard faisant bien les choses, la même année (1961) un nouveau pensionnaire du zoo de Londres répondant au doux nom de « Chi-chi » attire les foules : un panda géant, animal en voie de disparition… Peter Scott dessinera ainsi le premier logo et se félicitera aussi de l’économie faite avec un dessin noir & blanc !

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Pour ne pas faire oublier que l’ONG ne protège pas QUE les pandas, WWF fait parfois des campagnes publicitaires avec le logo détourné.

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Protection des forêts…

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Protection de l’eau…

WWF a acquis un capital-sympathie exceptionnel. C’est devenu aussi une caution à bon marché pour des entreprises qui se « verdissent » à peu de frais (voir l’article de l’Express du 10/06/11) et une ONG aux liaisons parfois dangereuses (voir notamment le livre « Qui a tué l’écologie ? » de Fabrice Nicolino).

Mais restons avec nos adorables pandas que ma fille collectionnait à la place des oursons bruns en peluche. Pour un Noël, je lui avais fait un « coussin à câlins » avec un joli panda. Je m’étais inspirée du modèle de Margaret Rolfe disponible dans ce livre consacré à la couture sur papier pour faire des animaux piécés :

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Ce coussin, depuis, a vieilli ; il a même été victime d’un acharnement d’une certaine Kannelle, jalouse peut-être…

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Voici la housse du premier coussin : pauvre panda, il était si mignon tout jeune ! J’avais agrandi le modèle (à 200%), fait des oreilles en volume (l’une d’elles a disparu, avalée ?…), brodé au point de Neudé des cannes de bambous (cliquez pour les détails)…

Alors je viens d’en faire un nouveau pour l’anniversaire de ma fille, car on a toujours besoin d’un coussin à câlins chez soi, peu importe l’âge…

Panda pour No

Le panda est le même mais la présentation diffère : entre-temps j’ai appris le piqué libre et la technique du passepoil !

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Article cité sur Free Motion Quilting chez Leah Day

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Une aiguille dans une botte de foin

L’été arrive (mais oui, il faut y croire !) et je prends le temps de faire une balade chez quelques blogueurs amis  pour apprécier et partager leurs derniers ouvrages…

Commençons par celle qui fait penser à la campagne et aux beaux champs juste fauchés, dans son coin d’Auvergne : Béatrice d’Une Aiguille dans une botte de foin.

Ma copine virtuelle Béatrice (vous souvenez-vous de notre coopération pour les Moulins de la Ruche ?) vient de terminer un superbe quilt bicolore rouge & blanc, patiemment préparé en suivant une progression menée par Gay et Brenda. Avec ses tissus unis, il a une beauté intemporelle :

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WOW! Quel beau travail ! Top de Béa, quilting machine de Nathalie Delarge.

Sans doute pour se reposer de tant de vitalité, Béa a brodé des tableaux hivernaux en teintes douces, encadrés de blocs en sourdine, tout en subtilité : des broderies, un montage décalé, c’est très beau !

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Certaines broderies dépassent de leur tissu blanc pour continuer sur les étoiles. Je suis impatiente de le voir quilté 🙂

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De l’art en blue jean

Certaines n’hésitent pas à couper les vieux pantalons en blue jean… L’art du recyclage m’a toujours plu ! 

jean de nîmes

C’était aujourd’hui une joyeuse rencontre des Abeilles chez Chantal et Christine nous a apporté ce panneau en toile denim (originairement de Nîmes), un sampler de neuf carrés faits de bouts de jeans de la famille !

jeandenîmes2

Vu de plus près, on voit successivement un bloc en log cabin, un bloc de coutures de pantalon cousus en diagonale, un carré de bandes tricotées (avec de très grosses aiguilles !!), puis un jeu de plissage, une poche de jean Levis (étiquette rouge) suggérée en passepoil, puis un bloc patché-crazy, et en dernière ligne du meshwork (tissage), puis des smocks et enfin un autre tissage avec des nœuds… Jeux de couleurs indigo, jeux de textures, jeux de volumes, bravo Christine ! Tu es source inépuisable d’inspiration 🙂

Et je ne peux m’empêcher de vous montrer ses baskets complètement customisées :

green customized

Idée d’après la talentueuse brodeuse japonaise Kasuko Aoki.

basket verte

Christine a donc les pieds au vert…

potager lasagnes

Ensuite, la main verte : nous avons admiré le potager-lasagnes de Chantal… Ne riez pas, c’est une technique géniale ! Malgré le temps pourri, ce lopin de terre lui a fourni des dizaines de plants de tomates, potirons et autres merveilles… Plus de renseignements sur cette technique verte ici ! Encore l’art du recyclage…

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Nouvelle tendance : les quilts en sourdine

Ah que c’est vivifiant parfois de transgresser des lois !
Rassurez-vous, je ne vous entraînerai pas bien loin, juste au cœur de votre réserve de tissus…

Moi la première, au premier cours de patchwork je demande aux débutantes d’apporter un tissu clair, un moyen et un foncé. Elles sont souvent étonnées que je ne leur dise pas plutôt « un rouge, un bleu ou un vert »… La valeur des tissus, c’est-à-dire la quantité de lumière par rapport au tissu voisin, est une notion qu’il faut connaître dès le début. Certaines personnes le sentent immédiatement, d’autres ont besoin de l’apprivoiser plus lentement. Un de mes tout premiers articles, au ton très professoral, traitait de l’intensité et de la valeur des couleurs… Je sortais de plusieurs années d’enseignement du patchwork, cela se devine 😉 et je n’imaginais pas alors que ce blog aurait une longue vie 🙂

Quand on a « une certaine » quantité de tissus pour le patchwork, la tentation est grande de les utiliser, encore et toujours, pour tous les quilts qu’on fait, en respectant les clairs, les moyens, les foncés, d’où des répétitions d’associations. La conséquence est qu’on vous dit que vous avez « un style » mais parfois une petite remarque l’air de rien peut bouleverser cette vision. Brigitte m’a confié sa déception un jour quand son mari lui dit en substance : « Tes quilts sont beaux et bien faits, mais tu fais toujours les mêmes »… La faute aux tissus ! Qu’ils soient coupés en carrés, en hexagones ou en triangles, ils donnent, cousus ensemble, globalement le même effet… Il est temps alors de redistribuer un peu les cartes !

Dans le monde des arts créatifs comme dans la mode vestimentaire, on connaît ce phénomène d’envie de changement ! On nous suggère alors de nouvelles gammes et certaines tendances vous tentent, d’autres vous déplaisent…  Il est certain que les modes créées sont faites pour flatter notre envie de nouveauté tout en faisant fonctionner l’économie. Il n’y a rien de choquant, c’est la base du commerce… mais on a la liberté de succomber ou de résister !

La nouvelle tendance des quilts en sourdine (low-volume quilts) est un peu différente car elle vient des quilteuses-recycleuses. On peut utiliser, dans ces quilts en valeurs claires, des tas de tissus sortis des armoires ou des greniers : chemises et linge ne sont-ils pas le plus souvent clairs ?…

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Ce top de Fiberliscious est fait notamment de simples draps parmi d’autres tissus recyclés. Il a été créé par tâtonnements, le résultat me plaît beaucoup !

Alors bien sûr, les stylistes réactifs proposent des nouvelles gammes de tissus clairs et en particulier des imprimés d’écriture, très tentants !

coussin tissu journal

Coussin en tissu imprimé… en français, c’est très chic ainsi !

Text Fabric (Red Pepper Quilts)

Ce doit être amusant d’utiliser cette gamme ! (photo : RedPepperQuilts)

Le petit groupe des « quilteuses en sourdine » de la région toulousaine a créé son premier top, uniquement avec des restes de tissus pré-sélectionnés pour leur clarté :

en sourdine

Malgré le parti pris des couleurs très claires des blocs, il y a ici beaucoup de couleurs et ces tissus déjà utilisés dans d’autres quilts ont un air inédit, ainsi assemblés  !… Nouvelle tendance avec de l’ancien…
Les bandes bleues sont en chambray (tissu de chemise) et l’accent foncé est donné par un drap uni bleu marine  façonné en étoiles folles (aux pointes irrégulières). Il manque une bordure, le quilting… Nous vous le montrerons fini dans ce blog, mais ce travail en commun sera également exposé au printemps prochain à Balma (31). Nous vous en dirons bientôt plus !

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Anaïs de A à Z

A peine un sampler fini, Maïté s’est attelée à un abécédaire pour Anaïs, sa petite-fille née le 2 avril dernier.
De A à Z, les lettres ont été brodées en s’inspirant de celles d’un livre de Yoko Saito édité par Quiltmania (traduit par Marie-Claude Tsuruya et son époux) :

120 Modèles de Broderie par Yoko Saito

Mais les illustrations sont  presque toutes le fruit du coup de crayon de notre dessinatrice-brodeuse-quilteuse :

Pour avoir de belles couleurs sur la photo, nous sommes sorties de la Ruche… Quand il sera quilté, je vous en montrerai tous les détails,  ils valent le coup d’oeil ! En cliquant sur la photo, vous aurez déjà un bel aperçu.

Maïté a déjà fait de nombreux quilts destinés aux enfants de sa famille, nous avons eu la chance de les voir presque tous réunis à Fayssac en avril dernier.

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« Une Poule sur un Mur… »

Même les quilts qui restent chez elle, ainsi que l’ambiance de sa maison,  ont un goût d’enfance, de gaieté simple et raffinée. Son mari lui a dit un jour : « J’ai parfois l’impression d’habiter dans une maison de poupées ! »…

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Dans la cuisine de Maïté, de bien jolies choses ornent les étagères. Il y a tant à y admirer !

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Adorable ourson chez Maïté… Toujours un pied dans l’enfance, Maïté se régale d’accueillir ses petits-enfants avec chaleur et confort, et leur prépare des journées enchanteresses de jeux, de bricolage et de découvertes…

Bon sang ne saurait mentir, Claire Gaudriot, l’une des illustratrices françaises à succès pour enfants n’est autre que sa nièce ! Les mamans de petites filles connaissent la série des Hortense petite fée (Hachette Jeunesse) :

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Dommage, mes filles sont trop grandes !

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L’Invitation au Voyage

Maurice Ravel, basque par sa mère, est né à Ciboure, petite ville portuaire qui partage la baie avec St-Jean-de-Luz. C’est l’enfant du pays, même s’il passa toute sa jeunesse à Paris. Ses musiques m’enchantent et ce que j’aime particulièrement de lui, c’est son éclectisme, sa soif de sons d’ailleurs pour mieux les intégrer à sa culture française. 

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Ce portrait de Ravel évoque les multiples influences de ses musiques

Lors d’une immense tournée en 1928 aux Etats-Unis et au Canada, il fit cette déclaration : « Vous, les Américains, prenez le jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu’à mes yeux, c’est lui qui donnera naissance à la musique nationale des États-Unis. »

Bien vu ! Il avait notamment sympathisé avec George Gerswhin dont les sonorités de sa Rhapsody in Blue l’enthousiasma, alors que les critiques pleuvaient encore sur cette « musique de nègres ».

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Si son imaginaire musical majeur vient d’Espagne (le Boléro, qui envoûte ou énerve, reste la musique française la plus jouée au monde), ses œuvres sont profondément originales et éclectiques, inspirées successivement des folklores de la Russie, la Grèce, les sonorités orientales ou tziganes…

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Célèbre ballet de Béjart sur le Boléro de Ravel

« L’art, sans doute, a d’autres effets, mais l’artiste, à mon gré, ne doit avoir d’autre préoccupation que la perfection technique. L’important est de s’en approcher toujours davantage. » Ravel… C’était un travailleur lucide, exigeant envers lui-même et les autres, qui déclara :  « Oui, mon génie, c’est vrai, j’en ai. Mais qu’est-ce que c’est ? Eh bien, si tout le monde savait travailler comme je sais travailler, tout le monde ferait des œuvres aussi géniales que les miennes. ». A méditer quand on croit qu’on peut faire des œuvres vite faites-mal faites, sous le couvert de modernité !

Ravel aimait lire Beaudelaire : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. » (l’Invitation au Voyage)

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Je ne peux éviter ici d’évoquer deux sœurs pianistes nées tout à côté, à Bayonne, qui interprètent dans le monde entier des œuvres aussi diverses que celles de Ravel, Gerschwin, Mozart ou le répertoire baroque, mais aussi le rock expérimental avec grâce et un talent fou… qu’elles reconnaissent couplé à un travail acharné. Les ayant rencontrées à 19 ans, âge où nos goûts se forment pour la vie, je collectionne leurs enregistrements et leur voue une admiration sans faille. Elles se font malheureusement très rares en France…

©KLM recordings

Travailleuses, éclectiques, talentueuses… et si belles ! (©KLM recordings)

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Le hasard faisant bien les choses, Marie-Claude Tsuruya cohabita avec Maurice Ravel pendant Quilt en Sud. C’est en effet dans l’auditorium Maurice Ravel que le Japon s’installa à Saint-Jean-de-Luz avec une sélection de quilts de la Chambre des Couleurs.

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Parions que Ravel aurait adoré cette cohabitation : l’excellence du travail, l’alliance de deux cultures, sont des caractéristiques ravelliennes  tout comme celles de cette quilteuse ! Marie-Claude Tsuruya n’a pas de télévision mais coud et quilte toujours au son de la musique. Quelques articles de son blog sont consacrés à cette autre passion.

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Plusieurs kimonos précieux, en soie ou en « chirimen » (tissu légèrement ondulé, une sorte de crêpe agréable à porter et facile à entretenir) agrémentaient cette exposition. Les kimonos japonais sont coupés et cousus d’une manière immuable (sujet d’un prochain article dans le blog de Marie-Claude sans doute !), il en résulte un vêtement très long qui sera ajusté à la taille de la personne grâce à la ceinture (obi). Marie-Claude avait apporté son obi de mariage mais dès le premier jour, elle l’a enlevé de l’exposition en raison de trop nombreuses petites mains qui ne pouvaient s’empêcher de le toucher !

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Détail d’un quilt de mini-blocs en T, initiale de leur nom de famille. Chaque T est cousu à la main avec un tissu japonais récent ou ancien, sur un fond d’indigos. Finalement, cela donne plutôt une jolie collection de mini-kimonos !

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Enfilade de quilts tous plus beaux les uns que les autres ! De près, ils sont parfaits, de loin on découvre une autre dimension avec des jeux de lumière insoupçonnés… C’est pourquoi j’appelle Marie-Claude Tsuruya la créatrice de lumière.

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Les quilts exposés ont tous un lien avec le Japon. L’époux de Marie-Claude étant japonais, elle hérite des tissus de sa belle-famille, surtout ceux dont personne ne veut plus ! De chaque voyage elle rapporte des kilos de textiles qu’elle achète aussi pour compléter sa collection. Le quilt ci-dessus,  en cotons bicolores marine/blanc, étaient destinés aux yukata, kimonos d’été aux imprimés plutôt masculins  (à l’origine, ces kimonos étaient pour la sortie du bain).

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Quilts récents de Marie-Claude. Son goût pour les tissus recyclés, ayant la trace du passé, se confirme dans ces ouvrages. On y retrouve des tissus d’épaisseurs différentes que beaucoup de quilteuses hésiteraient à unir, mais finalement coton, lin, chanvre ou ramie cohabitent avec bonheur !

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Je me souviens que, tandis que je donnais un stage sur le « nine-patch évanoui », une variante amusante de coupe rapide avec cutter et règle, Marie-Claude confectionnait ce même bloc de manière patiente, artisanale, choisissant avec précaution les morceaux pas trop usés de ses tissus anciens du nord du Japon, étoffes d’un peuple fier et travailleur. C’est ainsi un bel hommage qu’elle rend aux personnes qui filèrent, teignirent, tissèrent artisanalement ces textiles. Quand on voit ce quilt, on comprend d’autant plus ses réticences sur le phénomène Boro, ou la mise sur le marché  de guenilles, parfois même artificiellement vieillies, qui se vendent à des prix exorbitants… Tandis que les visiteurs  occidentaux s’extasient, les Japonais se sentent parfois humiliés…

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Encore cette association dont je ne me lasse pas, les indigos et les imprimés joyeusement colorés ! 

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Beauté d’un sobre Log Cabin. Contrairement aux tissus de patchwork, les bleus teints à l’indigo ne s’affadiront pas en quelques années !

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Finissons ce petit tour par ce magnifique quilt qui vous dit sans doute quelque chose… Il est inspiré d’un top en soie et satin fait par Ella Holcombe (1872-1957), qui fut offert au Musée Shelbourne en 1990 et immédiatement admiré et recopié ! On ne sait pas quand la quilteuse cousit ce top, mais le modèle du bloc existe depuis la fin du XIXe siècle. Dominique Husson le reproduisit en coton avec infiniment de subtilité (voir article précédent). Si vous aussi vous souhaitez vous lancer dans cet extraordinaire quilt, cherchez le Quiltmania n° 21, Renée Ferré l’a présenté en fiche « pas à pas ». Celui de Marie-Claude a la particularité d’être en soies de kimonos, ce qui lui donne une présence lumineuse et chaque bande est quiltée en son milieu… Association encore de l’occident et de l’extrême-orient, ce quilt est baptisé « Temari », du nom des balles japonaises de décoration qu’on sort pour certaines fêtes. Plus de renseignements sur ce quilt dans le blog  ici.

Guettez les prochains articles de Marie-Claude ! Elle nous donnera ses impressions de son voyage plein sud… Je sais qu’elle a adoré rencontrer ses lectrices et revoir les personnes rencontrées en avril 2012 à Pibrac lors de la Journée de l’Amitié… Des liens d’amitié qui se tissent au fil du temps !

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De Quilt en Sud, je ne vous en montrerai pas plus ; d’autres artistes, avec qui je n’ai pas pu m’entretenir, présentaient eux aussi des merveilles ! Vous pouvez aller voir ces blogs et sites pour d’autres points de vue :

– le reportage-photos d’Edith Bouilly sur le blog News FP
– les reportages de Marie-Christine sur le blog Carrément Crazy, très intéressants avec de belles photos
– les photos (articles en cours) sur le blog de France-Patchwork Tarn
– le blog de l’artiste Françoise Christien
– l’art textile léger et pétillant des Espagnoles Desedamas
– l’univers d‘Hubert Valéri, si raffiné, dont je vous montre ici la couverture du livre qui paraîtra en octobre prochain :

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Livre préparé avec Maryse Allard

… et il y en avait tant d’autres ! Merci à tous ces artistes de nous avoir enchantés !

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Quilts de Légende, Plein Sud

Dominique Husson, instigatrice inspirée des expositions à Brouage, était présente à Quilt en Sud pour accueillir les visiteurs de l’exposition des Quilts de Légende. Ces œuvres commencent leur carrière internationale à Brouage puis voguent au gré des expositions de prestige, certains même jusqu’à « la Mecque du patchwork », Houston au Texas ! L’association France-Patchwork est heureuse de mettre en valeur ces quilts traditionnels qui sont pour la plupart des reproductions d’antiquités européennes ou américaines.

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C’est pour moi un plaisir renouvelé d’admirer ces quilts, pour d’autres c’était une belle découverte. Ces superbes ouvrages sont magnifiés par l’éclat des tissus récemment teints, la perfection de réalisation de nos meilleures quilteuses traditionnelles françaises, le plaisir esthétique intemporel des motifs géométriques symétriques… Ils nous font faire un troublant voyage dans le passé… Les visiteurs restent ébahis devant tant de minutie et de beauté.

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Ce log cabin est montré à plat, on le devine sur la première photo. Les bandes ne font que 5 mm, toutes cousues à la main par Louise Marie Stipon (225 x 225 cm). Un vrai phénomène !

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Dominique Husson a été assaillie de demandes de ce modèle ! Il est paru dans les Nouvelles du Patchwork n° 82 de septembre 2004 et fut réalisé par la regrettée Josiane Bréhin. Quilt virtuose qu’une quilteuse amie, Yolande, a su réinterpréter (voir ici)

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Détail de la Nuit Etoilée de Ghislaine Lucas

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Autre photo de détail  : un quilt de Maryvonne Marmion « Les étoiles de Mme Harris ». Moi qui suis depuis toujours fan de scrap-quilts, j’adore ce principe ! Si je le copiais, il serait en fond bleu indigo avec toutes sortes d’imprimés… Le ferai-je un jour  ?…

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Celui-ci en particulier a suscité l’admiration de mon mari, et beaucoup d’hommes le photographiaient… Admiration amplement justifiée, avec ces mini-hexagones (estimation : environ 17 000…) parfaitement ajustés… Bravo à Marie-Françoise Grégoire !

Et puis il y avait des quilts de Dominique Husson qui ont contribué à établir la réputation des quilts de légende :

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Quelle beauté, quel éclat ! Je dois vous avouer qu’il y avait tant de monde autour de ces quilts que je n’ai pu bien les photographier… Merci, Dominique, de m’avoir envoyé des photos bien plus belles !

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J’apprécie beaucoup l’éclectisme de Quilt en Sud qui nous permet tout autant de découvrir des artistes textiles modernes qui nous titillent, nous amusent, nous épatent ou nous dérangent, que d’admirer des œuvres dites traditionnelles qui furent le terreau de la modernité actuelle. Et puis, quelle que soit la météo (bien sûr, on préfère le soleil…), le Pays Basque est si beau !

Pour une petite visite de chez vous, je vous conseille d’aller faire une balade grâce au Carnet de Voyage aquarellé de Caroline Gay…

chez les Basques Caroline Gay

Aquarelle de Caroline Gay

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Elaine Quehl dans la Maison de l’Infante

Précédemment, vous avez vu quelques photos du centre piéton de St-Jean-de-Luz avec son unité architecturale, les crépis blancs et les volets rouge-brun (le fameux rouge basque), vert foncé ou, plus rarement, bleu-gris sombre. Quelques maisons s’en affranchissent comme la Maison de Louis XIV dans laquelle séjourna le futur Roi-Soleil en 1660, le temps de rencontrer sa future épouse et de signer un traité de paix. Monsieur Adam régala déjà la mère et l’épouse du roi avec ses macarons inégalables et depuis lors, la Maison Adam est le lieu favori de tous les fins becs sucrés !

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Maison de type Louis XIII appelée Maison Louis XIV depuis que le Roi y eut séjourné un mois, jusqu’à son mariage avec l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne le 9 juin 1660. En rez-de-chaussée, dans un des restaurants, nous avons assisté à la victoire de Castres en finale française de rugby : ambiance assurée !

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Ce dimanche, la célèbre Maison Adam était ornée, comme de nombreuses autres maisons, de draps anciens et de fleurs, avec un autel sur la gauche.

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De l’herbe coupée, ainsi qu’un long tissu blanc aux rayures bleues, marquait le chemin de la procession partant de l’Eglise où se maria Louis XIV. Ce dimanche, c’était la Fête-Dieu, 60 jours après Pâques… avec un temps de Toussaint !

plaque rueLes plaques de la ville sont superbes… et bilingues !

Tout près de cette Place Louis XIV se tient le joyau architectural du port de la ville : la Maison de l’Infante, ainsi nommée depuis que la petite Marie-Thérèse d’Espagne y séjourna en attendant le mariage qui fera d’elle la Reine de France.

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La Maison de l’Infante fleure bon l’Italie, avec ses couleurs rosées et ses arcades vénitiennes…

C’est au 1er étage de ce bijou architectural qu’une quilteuse venue d’Ottawa (Canada), Elaine Quehl, accrocha une belle dizaine de tableaux textiles.

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Backstage (102 x 86) – Elaine est fascinée  par la beauté des plantes qu’elle photographie parfois en macro, puis s’en inspire pour faire ses quilts.

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Branching out (52 x 71) – On voit bien les détails du tronc avec ses multiples nuances. On comprend aussi la technique de l’artiste : de l’appliqué « à cru », collé au thermocollant et animé par un quilting en piqué libre qu’elle qualifie volontiers « d’imparfait et artisanal », pour bien souligner sa démarche d’expression personnelle !

Vagabond Song51 x 61

Cela fait des années qu’Elaine est inspirée par les arbres. Ici « Vagabond Song » (51 x 61 cm)

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Ici on admire autant la tenture que la grande fenêtre de plein cintre qui fait face au port !

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Un détail de ses Tournesols montre encore une fois sa maîtrise du beau quilting. 

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Mon coup de cœur de son exposition, « Losses II », 114 x 114 cm. J’aime cette évocation de la chute des feuilles, si belles, et l’étude des couleurs… Elaine teint tous ses tissus elle-même avec de la teinture Procion, des poudres qui permettent d’obtenir à froid ces superbes teintes marbrées. En France, on peut s’en procurer notamment Au Fil d’Emma.

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Thanks Elaine for accepting an interview with me, hoping you had a good time in St-Jean-de-Luz! I was very pleased to get to know you and admire your wonderful works.

Katell, Quilteuse Forever

Quilt en Sud à St-Jean-de-Luz

 

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A un jet de pierre de la frontière espagnole, en plein Pays Basque, St-Jean-de-Luz se met en quatre tous les deux ans pour accueillir artistes, commerçants et des milliers de visiteurs pour faire la fête autour du patchwork et autres arts textiles. Cette année, les vestes de pluie faisaient un festival de couleurs dans les rues, à défaut de légères cotonnades estivales.

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Au petit matin, on apprécie la quiétude des petites rues à l’architecture typique si pimpante

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De belles surprises nous attendent à chaque pas !

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Le kiosque est décoré d’une ribambelle de blocs de patchwork… Idée à retenir !

Mes coups de cœur ne seront pas nécessairement les vôtres, je favorise ici les personnes avec qui j’ai eu des échanges amicaux et constructifs !

Tout d’abord, j’ai bien aimé la relative petitesse de l’espace exposants-vendeurs, on ne se sentait pas écrasé par une profusion de stands qui n’ont parfois aucun lien avec le patchwork. J’ai été heureuse de saluer Isabelle, Hélène, Martine… Là j’ai aussi découvert les tissus et broderies de la jeune société Neelam (saphir bleu en sanskrit, également prénom féminin) qui veut, dans une démarche similaire au commerce équitable, faire travailler des artisans aux savoir-faire ancestraux et proposer ces tissus, broderies ou autres pour les loisirs créatifs et les arts textiles en Occident. Pour le moment, ce sont des artisans indiens qui fournissent la majorité des produits.

stand Neelam tissus Neelam

Stand Neelam -Les tentures accrochées sont disponibles en kit. Ces patchworks sont magnifiques !

Avec les tissus artisanaux, on se pose inévitablement la question de la tenue des couleurs. Très honnêtement, Emilie et Damien m’ont dit que leurs tissus pouvaient dégorger car le lieu de fabrication des tissus est aride (Nord-Ouest de l’Inde) et les artisans ne peuvent faire les ultimes lavages des tissus à grande eau. Cependant, les tissus ne s’affadiront pas pour autant, seul le surplus partira ! Tous les pigments sont naturels et s’utilisent depuis des siècles.

Neelam tient son stand dans la plupart des événements autour du textile. Ils seront à Labastide-Rouairoux le 15 août, puis en septembre prochain à Sainte-Marie-aux-Mines. En attendant,vous pouvez rendre visite à leur site : Neelam.

Je leur ai acheté quelques coupons et j’hésite encore entre deux styles : du patchwork avec des triangles ou un crazy… Ce sera mon ouvrage estival que je ne manquerai pas de partager avec vous !

J’ai aussi croisé Patricia avec grand plaisir au centre de démonstration : avec sa patience et sa gentillesse habituelles, elle a montré aux visiteurs comment elle quilte avec ses deux dés. Elle nous avait fait de passionnants articles ici et Elle n’a pas pu rester tout le week-end, d’autres obligations l’attendaient en Ariège ce dimanche…

Bientôt, la suite de mes rencontres à Quilt en Sud.

Katell, Quilteuse Forever