La Bière encore à l’honneur !

Nous découvrons ici la suite de l’exposé de Callale… A la vôtre !004

Chanson autour de la bière et broderie rouge

En Alsace, tout ce qui touche à la bière est festif. C’est ce que nous montrent des quilts de la Valise qui mettent en scène la même chanson :005

« Cueillir le houblon
Arracher les boules
Mais laisser la tige
Qui ne peux le faire
Ne dois pas commencer « 

C’est une chanson très populaire du Bas-Rhin.

Dans l’ouvrage ci-contre, on peut voir aussi quelques extraits de broderie rouge au point de croix : ces motifs étaient autrefois traditionnellement brodés sur les cache-torchons, fait pour décorer la pièce à vivre ou « stube » des maisons alsaciennes. Ces pièces de tissu magnifiquement brodées cachaient les « vrais » torchons. Les motifs traditionnels sont nombreux : cœurs, feuilles, Arbre de Paradis, petites phrases en alsacien ou en français… Le principe du cache-torchon vous est très gracieusement expliqué dans l’Antre des Fées.

Encore aujourd’hui ces essuie-mains de parade servent dans les mariages alsaciens : plutôt que de déposer les alliances sur un petit coussin brodé comme dans le reste de la France, c’est souvent sur un de ces « torchons » richement brodés que sont présentées les alliances.

La bière et Noël

L’ouvrage ci-dessous montre clairement le thème de Noël : le sapin et le bonnet de Père Noël. Oui, mais pourquoi ce bonnet de père Noël est-il posé sur une chope de bière ? Que vient faire la bière dans cette histoire ?010

Cet ouvrage fait référence à la bière de Noël de Strasbourg.
C’est une tradition qui remonterait au XVIIIème siècle. A cette époque, les brasseurs n’avaient pas de moyens de conserver dans de bonnes conditions leurs récoltes. Et ils devaient travailler au rythme des saisons. A l’automne, ils vidaient leurs réserves d’orge et de houblon pour pouvoir accueillir les futures récoltes de l’été. La légende raconte que les brasseurs faisaient du reste de leurs récoltes une bière souvent riche et généreuse et qu’ils l’offraient à leurs employés ou à leurs meilleurs clients. La bière de Noël était ainsi l’étrenne, plutôt conviviale, des brasseurs.012Cette tradition est reprise aujourd’hui avec une bière spécialement faite pour Noël et lancée très officiellement selon une date décidée à l’avance, comme pour le Beaujolais Nouveau ! C’est depuis l’ouverture du premier Marché de Noël de Strasbourg que cette tradition de la Bière de Noël a été reprise.

L’étoile des Brasseurs

Sur l’ouvrage au sapin de Noël, mais aussi sur le quilt suivant, on peut remarquer une étoile qui fait penser à l’étoile de David ; en fait, cela n’a rien à voir avec le judaïsme. C’est l’Etoile des Brasseurs, symbole alchimique représentant le feu, l’eau, la terre et l’air ; éléments nécessaires au brasseur pour faire sa bière et perfection symétrique s’allient depuis des siècles pour identifier cette profession.002

Comme nous vous remarquerez désormais que de nombreuses bières arborent cette étoile sur leurs étiquettes !

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La Bière : drôle de thème !

Callale, une de nos Abeilles, nous a brillamment présenté oralement en fin d’année 2013 la Valise France-Patchwork venant d’Alsace (67) sur le thème de la Bière. Elle a su décrypter les liens cachés avec la culture de cette belle région, car elle a vécu une grande partie de sa jeunesse à Colmar ! Voici donc pour celles qui n’étaient pas avec nous à Pibrac une série d’articles de rattrapage. Mille mercis Callale !bières

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?… Alfred de Musset n’était pas alsacien, ici contenu et contenant ont leur importance !

Valise dites-vous ?

Qu’est-ce qu’une valise chez France-Patchwork ? Les adhérentes le savent bien : c’est un « devoir » que nous donne notre déléguée …  Hé oui, c’est sérieux France-Patchwork, faut pas croire : nous avons des « devoirs » à faire ! 
Une valise regroupe donc des minis ouvrages de patchwork, dont la taille est au maximum 40 x 40 cm, sur un thème précis. Ces ouvrages tiennent dans une « valise », d’où  le nom, et peuvent facilement voyager, d’où le nom encore !!!! C’est malin et futé les quilteuses de France-Patchwork : on ne le dira jamais assez !  Ces valises se promènent donc, au gré des demandes des déléguées pendant un an, et sont  exposées lors des Journées de l’Amitié ou autres réunions d’adhérentes. Ainsi nous avons toujours une jolie expo à admirer lors de nos JA : en voilà une raison de plus d’adhérer ! 

bières en chope

Une valise sur la Bière

Le thème choisi par la délégation du Bas-Rhin pour sa valise était la Bière : ses matières premières, sa fabrication, les pays où on la consomme, ses couleurs, ses contenants, les affiches où elle figure, son histoire, les  brasseries et leurs logos, la communication autour d’elle etc. Voici donc toutes les idées proposées aux adhérentes par la déléguée du Bas-Rhin sur le thème de la Bière, et les adhérentes inspirées se sont lancées dans l’aventure. 
Parce que d’accord, on a des « devoirs » à France-Patchwork, mais ils sont facultatifs … 
En tout cas, pour ce « devoir »-là, cela donne une très jolie valise, avec des interprétations très variées et des réalisations soit traditionnelles, soit beaucoup plus modernes. 

perle

marque-alsace-logo-entreprise-tourisme-75x75Une valise alsacienne

La bière étant une des composantes essentielles de la gastronomie alsacienne, le thème de l’Alsace est très présent dans les ouvrages proposés. Et qui dit Alsace, dit costume traditionnel …

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Ci-dessus vous pouvez voir deux petits ouvrages s’inspirant de la tradition des Scherenschnitte ou art de la silhouette : cet article vous en parle plus précisémentTous deux mettent en scène des petits couples alsaciens : un couple sage avec des broderies aux rubans et un couple plus déluré qui reprend un dessin de Hansi. medium_chorale

Diversité des coiffes dans cette chorale peinte par Hansi : les noires sont généralement portées par les protestantes, les colorées par les catholiques.

Hansi était un artiste illustrateur, né à Colmar, lycéen pendant l’annexion de l’Alsace et la Lorraine par l’Allemagne. Pour rappel cette annexion, causée par la défaite française lors de la guerre de 1870 qui avait été déclenchée par Napoléon III, a duré de juin 1871 à novembre 1918. Hansi, qui était  lycéen pendant cette annexion, a été très choqué par ses années de lycée pendant lesquelles il a eu des professeurs allemands qui prônaient la supériorité de la langue et de la culture allemande.

hansi13 A l’issue du lycée, Hansi fait des études de dessin industriel, puis il se met à dessiner des cartes postales. Les motifs en sont principalement des scènes villageoises idylliques : à première vue, ce sont d’innocentes scènes de la vie alsacienne, mais une observation plus attentive permet de remarquer qu’il y a souvent un personnage caricaturé et ridiculisé dans un coin du dessin … C’est un Prussien ; cela montre l’aversion de Hansi pour les Allemands et surtout l’annexion.Hansi2Cela deviendra sa marque de fabrique et il contribuera ainsi à entretenir une sorte d’esprit de patriotisme alsacien contre l’ancien occupant allemand.

ensbofingerPlus tard, il dessinera de nombreuses enseignes : on peut en voir beaucoup à Colmar. Aujourd’hui, on retient d’Hansi ses dessins pleins de charme sur l’Alsace. hansi5

Le Kelsch

Dans un des quilts aux silhouettes au-dessus, vous pouviez remarquer une bordure en kelsch.  kelsch_brode_alsace

Le kelsch est un tissu typique de l’Alsace : il y a très longtemps, il était filé dans les fermes, avec du chanvre, du lin et plus tard du métis (mélange de lin et de coton). Il servait à constituer le trousseau du linge de maison. C’était un tissu traditionnellement bleu et écru ou rouge et écru, voire quelquefois tricolore rouge, bleu et écru. Le motif était fait de rayures et de carreaux. 

Vous pouvez trouver un très bon article sur le kelsch dans Les Nouvelles du Patchwork n° 110, automne 2011. 08020700150

Ce tissu a été progressivement abandonné à la fin du XIX siècle avec l’évolution du goût et la préférence du blanc pour le linge de maison. Mais aujourd’hui il y a un renouveau autour de ce tissu : on le doit principalement à la famille Gander, ancienne famille de tisserand, qui a relancé la production de ce tissu depuis la fin des années 1970. Gander propose aujourd’hui du kelsch avec les couleurs traditionnelles écru, rouge et bleu mais la gamme a été élargie et on peut aussi trouver du kelsch avec du vert, du jaune et du noir. 

On voit l’utilisation du kelsch notamment dans les ouvrages suivants :005 008

………Bientôt la suite de notre voyage……….
……….dans le pays de la bière……….
……….avec cette Valise FP 67 !………

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A comme Alsace, mi-cœur, mi-bretzel… Beau logo régional !

Les Fils de la Mémoire…

Threads of Memory, une nouvelle aventure historique, culturelle et artistique proposée par Barbara Brackman, a commencé samedi dernier ! Alors que le défi « Austen Family » annoncé ici sera un rendez-vous hebdomadaire, les Fils (pour coudre, non les fils de leur maman !) de la Mémoire proposent un bloc mensuel tout au long de l’année 2014.Logo 72

Avec cette grande historienne, chaque bloc présenté est associé à une histoire, un lieu, une personne, en lien avec le thème général. Ses présentations historiques sont fouillées et aboutissent souvent à la publication d’un livre, dans lequel sont présentés les Samplers faits par des quilteuses du monde entier. Les Françaises sont en très bonne place ! Nous avons la réputation de très bien travailler.Critique-12-years-a-slave

Ce film, actuellement en salles, est complètement dans le thème de ce sampler.

Que nous réservent les Fils de la Mémoire ? Nous plongerons dans le thème des esclaves du Sud des Etats-Unis fuyant leur condition, cherchant à rejoindre le Nord, vers la liberté. Ce qu’on appelle l’Underground Railroad est un réseau de chemins avec des personnes aidant les fugitifs au péril de leur propre vie. Barbara Brackman nous promet « des histoires vraies », car depuis le début des années 90 sont apparues, sur la foi d’un récit transmis oralement, un mythe sur des signes cachés dans les quilts pour aider les esclaves à trouver leur chemin. J’attends justement les résultats des dernières recherches de BB à ce sujet ! Aux dernières nouvelles, ce n’est qu’une belle histoire inventée qui, à force d’être racontée, fait presque partie du patrimoine américain… 

Concrètement, le Sampler « Threads of Memory » sera composé de 12 blocs (un par mois) de 12 inches, chacun sera une étoile. Une dimension généreuse qui facilite la patchwork, accessible aux moins expérimentées. Certaines redessineront certainement les blocs à une autre échelle !
Un nouveau bloc paraît sur ce blog tous les derniers samedis du mois. Le premier bloc est déjà en ligne
ici.1_1 portsmouthBloc Star of Portsmouth par Jean Stanclift

Et pour celles qui ne l’ont pas encore lu, « La Dernière Fugitive » de Tracy Chevalier est un roman qui évoque ce thème de l’aide très risquée des fugitifs noirs. Et vient la lancinante question : et moi, qu’aurais-je fait ?la dernière fugitive

En compagnie de Jane Austen

Les romans de Jane Austen, parfois fort mal traduits en français, ont souvent relégué cette immense écrivaine (j’ai encore du mal à féminiser ce mot, pourtant je ne suis pas contre, et vous ?) dans la catégorie des romans à l’eau de rose, occultant ainsi la finesse psychologique et l’humour qui les caractérisent.

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L’historienne Barbara Brackman a décidé de se plonger dans l’époque du tournant du XIXe siècle en Angleterre, proposant chaque semaine à partir d’avril 2014 un aspect de la vie de Jane Austen et un bloc de 12 inches (environ 30 cm)… Encore une folle tentation !

Cette romancière fit également un couvre-lit en patchwork, vous pouvez trouver ici (Austenland) un article à ce sujet, en attendant les premiers blocs de Barbara Brackman sur son blog consacré à ce futur sampler : une belle façon de succomber à l’Austenmania ambiante dans les pays anglo-saxons !

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Silhouette et écriture de Jane Austen

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Le jour de la publication de cet article, vous pouvez admirer en en-tête une vue de Londres, « Tower Bridge », réalisé en denim par Denimu.

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Le Logo de l’Année pour France-Patchwork

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Tout beau, tout chaud, tout nouveau, voici le logo célébrant les 30 ans de la belle association France-Patchwork !
Tout a commencé très petit, j’imagine des réunions chez les unes et les autres, quelques feuilles en noir & blanc préparées par des copines qui se sont peut-être connues chez Sophie Campbell… C’est maintenant une grosse machine forte de 12 500 adhérents, mais la passion est toujours là ! Elle ne fonctionne que grâce aux nombreuses bénévoles qui donnent de leur temps, leur savoir et leur savoir-faire, afin de partager et communiquer leur passion. 

C’est l’Année A pour vous y inscrire, au vu des nombreuses festivités de l’année !

Voici la liste des manifestations annoncées sur le blog national de France-Patchwork (Les News) :

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Le Programme est ici (vous avez divers posts pour présenter chaque événement plus précisément)

Toutes ces manifestations sont prévues pour que vous passiez du bon temps avec des personnes qui partagent notre passion ! Nous nous attarderons parfois ici, dans la Ruche des Quilteuses, sur la journée du 23 mai à Balma avec l’Assemblée Générale le matin et le Loto l’après-midi… car ce sont les Abeilles membres de FP31, secondées par le Club de Patchwork de Balma et les délégations du Patch d’Oc qui vous accueilleront ! Quelques renseignements sont d’ores et déjà disponibles sur le blog le Patchwork sur son 31, blog de la délégation de Haute-Garonne.
Nous serons très heureuses de vous rencontrer ce 23 mai, dans quatre mois !

FRANCE-PATCHWORK (2)

Recyclage de denim – encore !

Après l’éblouissement de Denimu que nous ne pourrons sans doute jamais égaler ou l’inspiration d’Ann Carrington,  nous avons envie de travailler cette matière, ce tissu que nous connaissons si bien !

Je vous ai déjà montré ce qu’ont fait Christine, Martine et Hélène avec de la récupération de denims. Tant de choses sont à faire, les tableaux Pinterest donnent parfois le tournis ! Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une idée magnifiée par Ulla, la talentueuse Finlandaise, variante connue des vitraux de cathédrale à partir d’un cercle mais cette fois avec le tissu denim laissé à cru :

03 DSCN7049 Quilted pouch and bag + Cathedral window quilt bag

Superbe, non ? Il fut présenté ici par Ulla au printemps dernier. Il s’agit même ici de recyclage de brise-bise et de rideaux en dentelle pour les centres !

Ce n’est pas difficile de faire un coussin, un tapis ou un sac avec cette technique. Pour un pas-à-pas très illustré, allez voir ici : les photos sont très parlantes !

Callale aussi aime le bleu !

Le bleu est devenu la couleur préférée de la majorité des Français. Ce n’était pourtant pas le cas quelques siècles auparavant ! Michel Pastoureau nous en apprend beaucoup sur la perception de cette couleur au fil des siècles dans ce beau livre :IMG_5121

Dans notre Ruche, nombreuses sont celles qui préfèrent le bleu ; quelques unes, comme Martine, font de la résistance en s’entourant de rouge, elle nous prépare d’ailleurs un article consacré à une de ses préférences actuelles… autour du Rouge. Je ne vous en dis pas plus !

Si Callale aime aussi le bleu, elle a une préférence pour une nuance empreinte de douceur et de fraîcheur, ce bleu légèrement grisé tout cosy, le bleu gustavien (style suédois du XVIIIe siècle) qui se trouve être aussi une nuance de bleu pastel qui fit la fortune de Toulouse…

En plein dans son style, Callale vient de terminer un quilt de cœurs piécés et brodés :

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Tout mignon, ce quilt ! Callale vient de reprendre son blog qui était en dormance, entrez ici dans son petit monde, vous en reviendrez enchantées !102_0456

Autres nouvelles de notre Ruche : nos rencontres du vendredi sont souvent festives et nous découvrons au fil des jours les bonnes recettes de chacune… Pour ne pas les perdre, Christine nous a ouvert un classeur de recettes sous forme de blog, rien que pour nous… c’est la Cuisine de la Ruche, mais vous pouvez vous aussi y jeter un œil !102_0464

Callale ici aussi :
https://quilteuseforever.wordpress.com/2011/12/14/du-cote-de-chez-callale/

Des Vitraux de Cathédrale

28a_00Plusieurs de nos pays européens s’enorgueillissent de cathédrales gothiques, merveilles architecturales, qui prirent pour moi corps et chair en lisant « Les Piliers de la Terre » et « Un Monde sans Fin » de Ken Follett. Des Maîtres Verriers avaient leur part de travail presque magique ou divin pour faire entrer la lumière à travers des images translucides aux couleurs inouïes. L’une des cathédrales les plus abouties est celle de Chartres, si visible de loin quand on se promène dans la riche plaine céréalière beauceronne. Le bleu de Chartres fut le thème d’une grande exposition de quilts, organisée par France-Patchwork 28, en l’an 2000. Notre Abeille Christine participa à ce concours, nous en avions déjà parlé ici.
Vous voyez ci-contre le vitrail du zodiaque, une des merveilles de cette cathédrale, alliant les douze signes zodiacaux aux travaux des champs, visitant ainsi les labeurs de toute l’année. Parmi toutes les couleurs, le fameux bleu illumine les motifs d’une lumière magnifique.

Le bloc de patchwork que nous connaissons sous le terme de « Cathedral Windows », ou Fenêtres de Cathédrale, a une origine asiatique évidente. C’est une directe cousine des origamis et autres pliages de papier. J’ai rencontré par hasard l’utilisation de cette technique ancestrale sur un vêtement traditionnel exposé en août 2012 à Labastide Rouairoux :048

Porte-bébé fait en Asie, XXe siècle. Le modèle est ancien mais la fabrication contemporaine. Les minuscules dessins sont des « Cathedral Windows »  avec toutes sortes de tissus, y compris synthétiques, utilisés en accents de couleurs. Les intersections sont ornées par des « fleurs » en tissu. Il faut dire que c’est vraiment minuscule !047

Toutes les sources américaines s’accordent à dire que le succès du Cathedral Windows en tant qu’ouvrage occidental a commencé juste après l’exposition internationale de Chicago en 1933. Mais quel ouvrage, quel quilt fut-il exposé pour susciter ensuite un tel engouement ? Je n’en ai trouvé nulle trace. Vous savez maintenant pourquoi j’ai fait des recherches sur l’exposition universelle de Chicago et son exposition de quilts ! Ce n’est qu’après cette date que les Cathedral Windows « quilts » fleurissent aux Etats-Unis. Le mot quilt est impropre puisque l’ouvrage n’est pas molletonné ni matelassé, mais par convention nous le maintenons :cathedralwindow_01e

Ci-dessus, quilt ancien exposé en Virginie avec lumière en contre-jour.IMGP4966a

Quilt contemporain photographié avec la même envie de faire ressortir l’effet vitrail.

Au début des années 90, ce fut la folie des fenêtres de cathédrales remaniées, allongées, sous l’impulsion de Lynne Edwards. 61Xlys5dlBL._Un autre livre est plus récemment paru, toujours sur le même thème. Les tissus qu’elle utilise -soies, batiks…- donnent un effet saisissant, contemporain et très recherché.

Puis vint le temps des « faux » vitraux, les carrés japonais à base de cercles. Amusants à faire, mais on s’en lasse aussi…90644243_large_atarashii_17l_420

Variante très sophistiquée des « carrés japonais », appelés aussi Atarashii dans ce livre :atarashi

Et voilà que revient ensuite l’envie du traditionnel ! Comme ce travail est long à la main, de nombreux blogs montrent comment faire des vitraux de style classique à la machine. Le résultat est souvent approximatif, je préfère la précision de la couture à la main pour un résultat parfait comme ici par exemple :

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Tissu écru uni et imprimé japonais contemporain fleuri se complètent merveilleusement. Allez voir les autres photos de ce magnifique ouvrage par ici : Mishellsoup

Autre ouvrage très attirant : mettez en scène les napperons, broderies, dentelles d’antan ! Voyez ci-dessous cet exemple si joliment fleuri :

cathedral window close up vintage embroidery

Cela me fait irrésistiblement penser au challenge d’Emma l’année dernière ! Au lieu de conserver vos trésors dans les tiroirs, vous pouvez, si vous osez, les remettre au goût du jour…

Pour finir ce petit tour des vitraux classiques, en voici un beau scrappy, très « années 40 », dont le succès ne se dément pas aux Etats-Unis :

6209313730_9e4f9ab392Détail d’un quilt exposé en 2011 (Utah Quilt show). Désuet peut-être, mais toujours charmant et très agréable à coudre car on peut transporter, aussi facilement que des hexagones, des bouts de cet ouvrage à coudre n’importe où !

Si cet article vous donne envie de commencer un tel ouvrage, surtout ne vous en privez pas, comme tout travail à la main, le processus est gratifiant. Le plus difficile est de faire le pliage au fer sans déformer le tissu. Mon petit truc est d’utiliser une bombe d’aide au repassage (amidon ou autre) pour rigidifier temporairement le tissu. Ici un tuto pour les adeptes du travail à la main : http://patchworkdelights.blogspot.fr/2010/08/cathedral-windows-tutorial.html . Amusez-vous bien !

La plus grande proposition de quilts du monde

Sears Roebuck Company, l’une des plus grandes chaines de distribution de détail du monde, est un des fleurons de l’économie de Chicago. Pour l’exposition universelle de 1933, ils se devaient de faire une manifestation d’envergure pour toucher le grand public féminin, cible principale de leur commerce. Ils ont donc lancé dans tout le pays une collecte de quilts pour faire une grande exposition-concours. Le succès a été phénoménal puisque, peut-on l’imaginer, 25 000 quilts furent enregistrés !!! Après différentes sélections locales puis régionales, 30 quilts seulement finirent à l’Exposition Universelle… et le choix fut largement contesté.
Voici une infime part des quilts proposés :5B-9D-8-461-Dmwc0165B-9D-2-461-Dmwc0025B-9D-2E-461-Dmwc2105B-9D-4-461-Dmwc007

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Des détails sur ce quilt ici. Il fut exposé lors de la superbe rétrospective de quilts rouge&blanc à New-York en mars 2011.

Quels sont les ingrédients de ce succès ? Dans cette période noire de crise économique majeure, ce concours était fort attractif : le premier prix serait doté de 1 000 $ et de nombreux autres prix, régionaux ou nationaux, se partageraient la somme fabuleuse de 6 500 $… Beaucoup de gagnants car de nombreux lots ne se sont élevés qu’à 2 ou 5 $ ! De quoi faire rêver les Américaines dans le besoin et parfois même la misère, d’autant plus que les calculs d’estimation donnent un pouvoir d’achat de 10 dollars actuels pour 1 dollar de 1933… Le premier prix est donc d’à peu près 10 000 dollars ou 7 500 euros, pour vous donner une idée !!!

Les conditions d’entrée d’un quilt étaient simplement d’avoir été créé récemment et jamais encore exposé : les organisateurs voulaient une expo de nouveautés et non une rétrospective de quilts anciens. Sears se chargeait aussi, dans ses magasins et catalogues, de donner des conseils pour les néophytes. La société organisatrice souhaitait faire consommer mais aussi voulait que cette exposition soit la vitrine de l’air du temps.  Alors très vite l’engouement pour la fabrication de quilts dans tout le pays s’est propagé, de très nombreuses femmes ont fait leur premier ouvrage dans l’espoir de gagner une part du gros gâteau offert par Sears ! La joie de quilter redonna de l’entrain, l’espoir de gagner insuffla de la joie, et toutes furent fières de participer… C’est ainsi que des milliers de quilts furent faits au cœur de la Grande Dépression.

Concours lancé en janvier 1933, délai de dépôt à la mi-mai : pas une minute à perdre !

arrivée des quilts - ouverture par les employés de Sears

Arrivée des quilts – ouverture par les employés de Sears

Barbara Brackman et Merikay Waldvogel racontent dans le livre ci-dessous leur longue enquête sur l’organisation de cet événement majeur pour les quilteuses de l’entre-deux guerres et leur recherche des quilts gagnants*.51FLJa1cy6L._

Elles évoquent aussi les conditions de travail de ces quilteuses, leurs inspirations… Savez-vous par exemple qu’en raison de la cherté des tissus en période de crise, certaines femmes ne cousaient qu’avec 1/8e d’inch (3 à 4 mm) de marge de couture ? Avec très peu de moyens, elles ont pourtant cousu d’époustouflants compas de mariniers et tant d’autres merveilles…

On imagine donc que le premier prix serait un quilt absolument extraordinaire! Barbara Brackman exprime clairement sa déception au vu des photos du quilt gagnant :

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Margaret Rogers Caden de Lexington (Kentucky), a gagné le grand prix tant convoité avec son quilt intitulé « Star of Bluegrass » (environ 180 x 230 cm), ouvrage aux blocs piécés parfois appelés « Harvest Star », « étoile de la moisson ». La dominante verte (vert nil) très à la mode en tissus unis de la collection de Sears, a peut-être influencé le jury, mais aussi les très fins petits points de quilting et, plus sûrement encore, le trapunto qui rehaussait les feuilles ou plumes du matelassage. Mais par rapport à tant d’autres quilts présentés, celui-ci fait quand même bien pâle figure… Est-ce un choix par défaut, faute de consensus ?…5B-AA-34-489-Dmwc148Les juges de Sears examinent le quilt ayant remporté le Premier Prix.

eleanor roosevelt receives grand prize quilt

Comme prévu, le quilt grand gagnant est offert à la Première Dame Eleanor Roosevelt. Exposé pour la seconde saison en 1934, le quilt a ensuite disparu.

On peut se dire simplement « tant mieux pour cette dame qui a gagné, même si on n’aurait pas personnellement voté pour elle ». Oui mais… Le scandale est ailleurs. Cette dame tenait avec sa sœur un magasin de tissus dans sa ville et elle mit sur pied une quilting bee de quatre personnes (Ida Rohrer, Allie et Ruth Price, Mattie Black), les rétribuant, certes, mais si peu. Elle créa le modèle, les dirigea, mais n’en fit aucun point, alors qu’elle certifie par écrit, à l’inscription du quilt, que cet ouvrage fut entièrement fait par elle seule ! De nombreux quilts proposés au concours étaient officiellement cousus à plusieurs mains, mais Margaret Caden a choisi d’évincer ses Bees qui ne verront pas un cent des 1 000 $…5B-AA-36-489-Dmwc106

Dans le journal local, on fait état de l’éclatante victoire du « génie du Kentucky », avec la photo du chèque. Qu’est devenue cette dame après avoir encaissé le pactole ? Peut-être partie en retraite dorée en Floride, là où elle avait déjà des liens. Une des « bees » a dénoncé le scandale quelques années plus tard, montrant des preuves de sa participation au quilt (des morceaux de tissus, des essais de trapunto)

Barabara Brackman ne perd pas l’espoir de retrouver ce fameux quilt, même si les inventaires de la Maison Blanche ont vite perdu trace de l’ouvrage gagnant. Le modèle de ce quilt a été ultérieurement vendu sous le nom de « Mountain Mist Pattern n° 100 Star of Bluegrass », on en a donc plusieurs copies. On doit dire aussi que le trapunto connut ses années de gloire aux Etats-Unis à la suite de ce prix, mais l’indélicatesse flagrante de la gagnante entache toute l’histoire.

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Quilt fait à partir du modèle publié en 1948 (quilteuse inconnue)  copié du quilt imaginé par Margaret Caden.

Sources internet pour plus de détails :

http://www.quiltindex.org/essay.php?kid=3-98-3B
http://www.quiltindex.org/fulldisplay.php?kid=5B-9D-4F
http://quilting.about.com/od/History-of-Quilts/ss/1933-A-Century-of-Progress-Quilt-Scandal.htm
http://www.quilt.com/collector/feature.html


*A noter l’extraordinaire travail d’historiennes mené par Merikay Waldvogel et Barbara Brackman. On peut trouver dans www.quiltindex.org des fiches extrêmement complètes sur les quilts exposés, leurs créateurs (quelques hommes!), leur propriétaire actuel… Fiches tellement précises (origine sociale, ethnique, religieuse…) qu’on n’aurait pas le droit de les faire en France !

Un siècle de progrès… et un scandale !

Chicago 6 janvier 2014 - 6820521

Chicago, 6 janvier 2014

Alors qu’une vague de froid glacial vient de meurtrir le grand Est étasunien, je vous propose aujourd’hui de découvrir un événement qui a marqué la ville de Chicago au moment où une crise économique majeure jetait des milliers de chômeurs à la rue et où Eliott Ness arrêtait enfin Al Capone l’homme le plus puissant de la ville,  un gangster régnant sur les trafics de la drogue, de l’alcool et de la prostitution.Chicago 1933

Ville de Chicago, 1933

Pour célébrer son premier centenaire, la ville de Chicago programma en 1928 une exposition universelle dans sa ville pour 1933 dont le thème principal allait être « a Century of Progress », un siècle de progrès. La terrible crise commencée le jeudi noir (29 octobre 1929) n’a pas empêché cet hymne aux nouvelles techniques de voir le jour. Le succès fut si vif que l’Exposition, qui devait durer une saison, s’est rouverte pour une 2e session en 1934. Chicago comptait alors déjà 3 millions d’habitants et près de 50 millions de tickets d’entrée furent vendus ! Les spectacles étaient éblouissants, les thèmes passionnants et au cours de cette fête de l’innovation, de la science et du progrès, lentement le 1er New Deal de Frank D. Roosevelt commençait à porter quelques fruits ; l’espoir renaissait dans cette décennie pleine de contradictions, de modernité et d’archaïsme, de richesse et de misère.

250px-Chicago_world's_fair,_a_century_of_progress,_expo_poster,_1933,_2a689Affiches de l’événement, dans le plus pur style Art Déco. Vous pouvez voir ici un recueil de photos N&B montrant cette architecture.

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Parmi toutes les (r)évolutions en un siècle, cette enveloppe célèbre les progrès du transport du courrier.

Les documents disponibles numérisés mwmontrent l’immensité de cette exposition universelle, avec les grandes industries montrant leurs dernières inventions, dont certaines perdurent évidemment !  On apprenait par exemple comment Firestone fabriquait ses pneus, quels étaient les progrès dans le monde des transports, de l’énergie, etc. J’ai bien ri en voyant un article sur la fabrication industrielle de la Miracle Whip de Kraft, une sorte de mayonnaise bon marché née de la crise en cette année 1933, laquelle est toujours extrêmement populaire.
Autre vedette parmi des milliers d’autres, la première montre bracelet Mickey fut vendue lors de cet événement ! Celles qui existent encore de cette époque sur le marché se vendent à présent à prix d’or… 

1st mickey watch

Cette Exposition universelle montrait à la fois le développement des Etats-Unis, l’avancement des sciences et de industries les plus pointues, mais des pavillons faisaient aussi voyager dans le temps et l’espace. Ainsi les Américains découvrirent des maquettes de dinosaures, purent se promener dans des rues de Paris reconstituées, comprendre la fabrication de la soie dans le pavillon japonais, admirer le Zeppelin dans les airs (photos et historique des Zeppelins en français)… stamp zeppelin

Il était aussi dans l’air du temps de montrer des photos de personnages « de foire », handicapés ou aux capacités étranges (Ripley’s Believe or Not). Dans d’autres registres mais devenus tout aussi inacceptables de nos jours, on montrait des tribus parquées (des Indiens notamment), un quasi-zoo de nains ou de vrais bébés prématurés en incubateur, symboles des progrès en médecine…couneyatchicagoCette exposition d’enfants prématurés en incubateur ne fut pas du tout unique, il y en eu de très nombreuses aussi notamment en Europe. 

Mais le scandale qui m’intéresse dans ce blog est bien ailleurs et concerne évidemment le monde du patchwork ! Rendez-vous ici dans quelques jours pour l’évocation de la plus grande exposition de quilts jamais égalée, même quatre-vingts ans plus tard…51FLJa1cy6L._

Livre de Merikay Waldvogel & Barbara Brackman  consacré à l’exposition de quilts à Chicago en 1933 et 1934. Vous pouvez d’ores et déjà vous plonger dans l’ambiance Art Déco de l’époque par ici !
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