Qui est-ce qui…

… a encore superbement travaillé ?

veste neelam

Vue de face, une veste matelassée faite à partir du patron d’une vieille veste…veste neelam dos

Vue de dos : on voit bien les beaux tissus indiens artisanaux vendus par Neelam sur les salons de France et de Navarre…maya-l-abeille-10704651cjbex

Qui est-ce qui donc ? Ce n’est pas Maya l’Abeille… mais c’est notre amie l’Abeille Kristine-aux-doigts-de-fée !

Et encore, en décoration de blog, des œuvres de Denimu... Je ne m’en lasse pas !

Denimu, ses récents tableaux textiles

Comme toujours, j’entre en contact avec les artistes que je présente car je me permets de parler d’eux, alors autant qu’ils en soient informés directement par moi-même et qu’ils puissent avoir un droit de réponse ! ITV NEWS - janvier 2013Denimu, présenté hier, est un jeune homme très sympathique et disponible. La photo ci-contre le montre lors d’un passage à la TV britannique ITV… avec un nœud papillon en denim of course ! Ian m’a cependant très gentiment fait remarquer que mes choix d’illustrations étaient un peu… datés, ses panoramas sur Disney étant parmi ses premiers tableaux. Je comprends ce qu’il veut dire, la dernière oeuvre est toujours la plus aboutie chez un artiste comme lui qui peaufine chaque détail ! Même si les vues de villes faites sur Disney sont remarquables, ce n’est « rien » en comparaison de ses tableaux récents, si parfaits que nous oublions qu’il s’agit de denim exclusivement. Même les taches de couleurs sont de pantalons ou de vestes du même sergé de coton, simplement coloré autrement.

Merci à cet artiste de m’avoir permis de vous montrer toutes les œuvres que je souhaite ! A savoir que, « victime » de son succès, Denimu a vendu tous ses originaux ; bientôt de nouvelles séries donc ! Il vend cependant quelques tirages sur papier, vous pouvez le contacter si cela vous intéresse ( mail@denimu.com )

Voici donc quelques tableaux récents, très actuels, parmi mes préférés (mais que la sélection est difficile !…) :Denimu_Art_portriats (1)

Portraits de femmes – Beauté, sobriété, caractère…

Denimu_Art_shoreditch2

Pedley Sreet (70 x 40 cm) est un tableau surréaliste montrant un bout de quartier londonien actuellement dédié au street art.

pedley street

Voici une photo trouvée sur google de l’endroit précis croqué en denim !

Denimu_Art_Wetpaint_shore

Ici c’est le reflet dans la flaque d’eau qui attire le regard…

Denimu_Art_greysubway

Pour changer un peu, ici c’est du jean-denim en cinquante nuances de gris… évidemment.

Denimu_Stortorget_Denim

Stortorget_01_2010_byline2

 A Malmö, 3e ville de Suède – Stortorget

Denimu_Malmo_Sydsvenskan

Place à Malmö, ville au sud de la Suède. Le titre « Färska Blåbär » évoque les myrtilles fraîches, fruits qui poussent bien dans ce pays, à la couleur bleu indigo… La perspective, les pierres des bâtiments sont incroyablement bien rendus.

Denimu_Somethingsgoingon

Parmi les affiches de spectacles annoncés, une exposition de Ian Berry (alias Denimu !!) nous fait un clin d’œil ! J’admire ici aussi l’impression de volume, d’ombre et de lumière.

Denimu_Art_Landskrona1

J’aime aussi cette petite rue bien tranquille…

Denim_Art_tackforkaffe

Allons prendre ensemble un café ! On voit ce ce tableau est petit, la structure des tissus est bien visible (50 x 40 cm).
Il y a aussi une série de scènes à la Edward Hopper qui évoquent une ambiance, une histoire, avec une luminosité et une précision sidérantes qui font totalement croire à des photos bleutées :Denimu_Art_cheyenne_diner (1) Denimu_Art_BrooklyndinerDenimu_Art_arthur2013 Denimu_Art_Ava
Et puis voici des scènes de la vie quotidienne à Londres :Denimu_Art_thePrincedétail du prince
Détail…
Denimu_Art_camdentownDenimu_Art_london_punkDenimu_Art_LondonES (1)Denimu_Art_HollyBush Denimu_Art_portobello Denimu_Art_subjectsDenimu_Art_Hampstead_tubeDenimu_Art_monument2Denimu_Art_primrosedenimu_art_hampsteadheath
Oh que la vie est belle en denim !
Denimu a un tout nouveau site où on peut admirer des détails des tableaux et où on apprécie mieux leurs dimensions. C’est par ici http://www.ianberry-denimu.com/
Aura-t-on un jour la chance de voir quelques tableaux de cet artiste dans une exposition de patchwork ? Il n’a encore jamais exposé en France et le public serait enthousiasmé d’admirer ces appliqués hors du commun à Sainte-Marie-aux-Mines, Quilt en Beaujolais, Quilt en Sud ou toute autre Salon d’envergure en France ! Avis aux organisateurs, aux galiéristes… Ian Berry joue dans la cour des grands artistes, qu’on se le dise !
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Regardez cet enfant : il nage de bonheur dans l’atelier de son papa !
(photo Facebook)
***

Inspiration Denim : Denimu

Si vous saviez comme je jubile lorsque je tombe sur un artiste qui d’emblée m’éblouit !
C’est aujourd’hui Ian Berry, Britannique vivant actuellement en Suède, qui me séduit. Trente ans cette année et déjà  très connu pour ses tableaux textiles. Il a choisi de travailler le tissu le plus démocratique du monde, le blue jean de récupération. Il n’est pas le seul à s’intéresser à cette matière mais ses œuvres m’enchantent, comme ci-dessous des vues de métropoles ; ce ne sont pas ici que des panoramas mais des évocations de films de Disney !

Denimu_New_York_Denim_art

Twist in New York, Denim on Denim, 1800×600, 2010 –  On reconnaît bien le Brooklyn Bridge, mais des Tours Jumelles fantomatiques dominent la ligne de gratte-ciel…J’ai mis du temps à comprendre l’évocation d’Oliver & Compagnie, l’histoire du petit chat recueilli par le chien Roublard ! Histoire inspirée d’Oliver Twist de Dickens, d’où le titre…
Denimu_Peter_Pan_Denim_art

Pan’s London, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La pleine lune permet de voir passer l’enfant qui refuse de grandir…

Denimu_Notre_Dame_Denim_art

Quasimodo’s Notre Dame, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – Évocation du roman de Victor Hugo et donc du film « Le Bossu de Notre-Dame ». Les gargouilles sont bien présentes !Denimu_Copenhagen1_Denim_art

Spire City – Copenhagen, Denim on Denim, 1200×400 – Copenhague, ville de la Petite Sirène !

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Mulan’s Great Wall, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La Muraille de Chine au printemps, scène de batailles avec Mulan, guerrière légendaire !

 Adolescent, Ian aimait les blue jeans comme tous les jeunes de son âge. Un jour de fête de famille, sa mère l’obligea à porter un pantalon plus habillé en velours à la place du jean qu’il mettait tous les jours… alors que ses cousins vinrent, eux, en jeans ! Je devine bien son sentiment, j’ai eu la même mésaventure à 14 ans, moi je devais quitter mon jean pour une robe…
Bien plus tard, il vit chez lui ce fameux pantalon, trop petit, prêt à être donné au centre de charité local… Non-non-non, ce blue jean véhiculait trop de souvenirs ! Alors il l’a observé avec attention, a remarqué les différentes teintes de l’indigo usé… et vous devinez la suite, ce tissu emblématique du XXe siècle est devenu la matière première de l’expression artistique de Ian Berry. Le XXIe siècle doit être aussi celui de la récup’ !
 Ian collectionne donc tous les vêtements en denim, les observe, les coupe, les colle selon une maquette très préparée… Le résultat est bluffant, sa cote artistique monte en flèche et tant mieux car il le vaut bien !
Un journal britannique a trouvé ce jeu de mot approprié : Ian Berry is a jean-ius ! (Ian Berry est un génie, avec jeu de mot phonétique).

33 tours

Ici l’artiste est devant sa série de reproductions de pochettes de disques 33 tours…

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Hommage aux magazines féminins UK… Extraordinaire !

Il y a tant de thèmes dans ses œuvres : des vues à la Edward Hopper, des scènes urbaines contemporaines avec beaucoup de street arts, des portraits d’icones…

Allez visiter son site si vous voulez en voir plus !

De la couette au quilt

Vous souvenez-vous des lits des années 60 ou 70 ? Héritage à la française, tous avaient un drap plat tiré sur le matelas, puis un autre drap au rebord orné -ne serait-ce qu ‘une couture au point de bourdon- et enfin une ou deux couvertures. Des oreillers, un traversin parfois, complétaient le lit pour plus de confort. Un couvre-lit recouvrait le tout le jour. 

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Le Lit de Toulouse-Lautrec (Musée d’Orsay)

Les couettes sont apparues en fin des années 70, avec la mode scandinave, à peu près en même temps que les draps housse à élastiques pour recouvrir les matelas. Révolution pour les jeunes, le lit se faisait en un clin d’oeil ! Pour les lits doubles, les couettes deux places sont rapidement apparues, grandes et pas si faciles à entrer dans les grandes poches (les housses de couettes). Celles-ci couvrent tout le lit, comme un couvre-lit.

1158240472J’ai été étonnée de voir qu’en Allemagne, on ne faisait pas le lit de la même façon que nous. Un lit pour couple comprend un cadre mais deux sommiers, deux matelas… et deux couettes !!

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Voir l’étonnement d’une Française en Bavière ici !

Les Allemands privilégient le pragmatisme : chacun peut bouger sans déranger l’autre, peut avoir une couette plus ou moins chaude… et le changement des draps est bien plus facile ! De jour, chaque couette individuelle (de 150 x 200 cm) est pliée en deux sous l’oreiller. Pratique, oui, mais pas très beau… et pas du tout romantique ! 

Les quilts sont apparus dans les pays de laine, là où sont des moutons : on récupérait les moins belles fibres de laine pour les enfermer entre deux tissus, puis on stabilisait l’ensemble par des points de quilting pour éviter la migration de la laine dans un seul coin. On le comprend bien quand on voit des restes de quilts exposés dans le Musée de Lempeter.welsh 1800

Quilt gallois de la région de Lampeter – 1800 – Laine (Welsh Quilt Center). Une couverture fait office de molleton. Ce style fait irrésistiblement penser à des quilts amish… qui ne commenceront à exister qu’une soixantaine d’années plus tard pour les tout premiers !

Les couettes, elles, sont traditionnellement les solutions calorifères des pays d’Europe du Nord : faute de moutons, oies et canards sont plumés, mangés… Rien ne se perd ! Les couettes les plus légères, chaudes et agréables, étaient faites avec le fin duvet du ventre pour les plus fortunés, le top étant le duvet d’eider (eiderdun en suédois… qui donnera notre mot édredon) ; les plumes, moins douces et moins calorifères, constituaient les couettes ou édredons de moindre qualité. Pour des raisons d’allergies et d’hygiène, on préfère maintenant des couettes synthétiques : coût inférieur, meilleure évacuation de l’humidité, facilité de lavage…amish-diamond-in-a-square_turquoise

Quilt amish, 1925 – Collection Esprit

Les Amish, dont le mouvement fut créé en 1693 en Europe en dissidence des Anabaptistes, sont partis en plusieurs vagues à partir de 1737 vers le Pays de la Liberté, plus particulièrement vers Philadelphie et la Pennsylvanie, avec toutes leurs possessions. Tout comme les émigrants allemands et d’autres pays d’Europe du Nord, les Amish apportaient d’Europe leurs couettes nommées « sac de plumes » (feather-filled bags), ceci étant attesté dans les listes d’inventaires. Ils continuèrent d’en fabriquer en Amérique pour se tenir au chaud jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Pourquoi les femmes Amish sont-elles passées de la couette au quilt ? C’est un des points de la recherche effectuée par Dorothy Osler dans ce livre remarquable Amish Quilts and the Welsh Connection.am-we J’ai reçu ce livre à Noël, je l’étudie attentivement ! A ce sujet, il n’y a pas de raison définitivement arrêtée. Hormis de subtiles raisons religieuses ou idéalistes, on peut avancer que les Amish, pragmatiques comme leurs proches Allemands, quittèrent cette traditionnelle source de chaleur notamment pour des raisons pratiques : on ne peut plus imaginer la puanteur de ces sacs de plumes, surtout neufs, même après le meilleur soin de préparation (nettoyage, séchage au soleil), puis très vite, les moisissures dues à l’humidité… Les quilts de laine puis de coton, à la manière des English et des Gallois (nous y reviendrons un autre jour), sont des améliorations notables au point de vue hygiénique !quilt amish 1925

Quilt amish de 1925 – Collection Esprit

Savez-vous que pour évaluer la froideur d’un hiver, on disait : « c’est un hiver à 3 (ou 4, 5…) quilts » ? Combien de quilts superposés fallait-il pour dormir au chaud dans les « log cabins » ?… Et quand l’hiver glacial se déchaînait comme la semaine dernière, comment ont-ils pu survivre ?…

Si on n’avait pas de quilt, Amish ou pas on avait encore des plumes dans cette Amérique en mouvement :

Cowboys-1A

Ici des cowboys itinérants avec leur sac de duvet roulé qui leur servait à la fois de matelas et de couverture. Trop volumineux pour être transportés sur le cheval, ils étaient réunis dans un chariot :

Chuck-Wagon

Ah la rude vie des siècles passés !…

* * *
Une jolie histoire des Amish vous est proposée sur ce blog : http://le-fil-des-jours.eklablog.com/histoire-des-amish-etats-unis-a4754459

Visite à Lempeter

Chantal est une amie de longue date maintenant, nous voyons nos enfants grandir et partir de la maison… Le temps passe !
Elle m’avait confié son admiration pour les quilts gallois et les peintures de Valériane Leblond à la suite de quelques articles… Et puis, presque à l’impromptu, elle a fait une courte escapade au Pays de Galles en octobre dernier avec son mari. Il était grand temps pour admirer les quits de Kaffe Fassett, c’étaient les derniers jours d’exposition ! Merci Chantal de nous faire visiter ce Centre du Quilt en Pays de Galles :

Notre petit voyage outre-manche fin octobre a débuté par la traversée de la campagne galloise sous la pluie, de Bristol à Lampeter, pour découvrir l’exposition Kaffe Fasset au Welsh Quilt Center.1_expo Lampeter 041Ce centre a été créé par Jen Jones, une passionnée. Son magasin se trouve au rez-de-chaussée d’un très vieux bâtiment récemment rénové, l’ancien hôtel de ville.

L’exposition se tenait au premier étage, haut de plafond, rendant possible la juxtaposition étonnante des Quilts anciens et ceux, plus modernes, de Kaffe Fasset.expo lampeter expo lampeter1

Les quilts anciens sont monochromes :3_expo Lampeter 001 4_expo Lampeter 002 5_expo Lampeter 003 6_expo Lampeter 0047_expo Lampeter 038
Jen Jones les a classés par couleurs voisines, de sorte que l’on voit un dégradé de couleurs. Nous tournons le regard de gauche à droite pour admirer ces anciens ouvrages bleus, verts, jaunes et enfin rouge très vif.
Nous prenons notre temps pour observer la richesse du quilting qui donne sa valeur à ce genre de travail :8_expo Lampeter 006 9_expo Lampeter 007 10_expo Lampeter 008 11_expo Lampeter 035 12_expo Lampeter 036Les bordures sont en général réalisées à très petits points, bord à bord. Le fil est souvent de gros calibre.

Nous n’avions pas la possibilité de toucher les tentures exposées mais on pouvait se rendre compte de l’épaisseur des quilts. Ces anciens couvre-lits sont molletonnés avec de la laine de mouton, bien rustique, bien épaisse et raide…13_expo Lampeter 52 14_expo Lampeter 53Je n’ose pas imaginer la difficulté à quilter ces épaisseurs à la main, doigts abîmés, dos fatigués…
Certaines femmes étaient quilteuses itinérantes. Elles allaient de maisons en maisons, munie de leurs outils, s’installaient quelques jours, voire quelques semaines dans les foyers et, nourries, logées, elles réalisaient le matelassage des ouvrages qui attendaient leur venue… photos d’un ancien cadre à quilter :15_expo Lampeter  60 16_expo Lampeter 61

Accrochées au plafond, à différentes hauteurs, les œuvres de Kaffe Fasset nous dominent et semblent danser devant les anciens, bien sagement adossés au mur ou sur des lits factices.
Certains font partie de ses premiers ouvrages, on les reconnaît à leurs couleurs plus pâles et leurs dessins plus sages…17_expo Lampeter 002 18_expo Lampeter 018 19_expo Lampeter 023 20_expo Lampeter 031 21_expo Lampeter 03222_expo Lampeter 033
Nous sommes sous le charme des quilts colorés plus récents…23_expo Lampeter 010 24_expo Lampeter 011 25_expo Lampeter 012 26_expo Lampeter 013 27_expo Lampeter 01428_expo Lampeter 015 29_expo Lampeter 017 30_expo Lampeter 019 31_expo Lampeter 027 32_expo Lampeter 04733_expo Lampeter 59 34_expo Lampeter 62 35_expo Lampeter 63
Bien sûr, nous ne sommes pas toujours sensibles de la même manière au style de ce « grand » du patchwork. Certaines associations de couleur nous font réagir…36_expo Lampeter 028

Les amateurs d’illusion d’optique sont servis !
Les appliqués sont d’une grande richesse, celui-ci étant dans la tradition anglaise du XIXe siècle :37_expo Lampeter 02138_expo Lampeter 024 (1)
Le quilting, souvent machine, est très varié et original. Les œuvres étant suspendues, elles sont bien visibles recto/verso :39_expo Lampeter 025

En allant sur le site de Jen Jones, on peut comprendre l’énergie qu’elle met dans sa recherche des anciens quilts gallois depuis une trentaine d’années. Sa collection est très riche. Une salle était d’ailleurs réservée à l’exposition de très anciens quilts à vendre :40_expo Lampeter 54 42_expo Lampeter 57 43_expo Lampeter 5841_expo Lampeter 56

Vient le moment de quitter cette belle exposition. Nous reprenons la route avec la certitude qu’elle restera longtemps en mémoire…
Nous poursuivons ce petit tour vers le sud pour découvrir la côte et faire un jour de tourisme sous un soleil radieux :44_Carew Castel 23 oct 002 45_Roch Cuffern Manor 23 oct 010 46_South Coast Path 23 oct 021On retrouve ici l’inspiration de Valériane Leblond ! Malheureusement pour nous, tous ses tableaux étaient déjà vendus, son exposition était finie…

Ce voyage était enchanteur !

Chantal

Au Fil d’Emma, Christine assure !

En septembre dernier, je m’étais engagée auprès d’Emma pour faire partie d’un jury chargé de départager des ouvrages faits à partir d’étoffes anciennes, concours joliment nommé « Aiguilles et vieilles dentelles« . Las ! Mon ordi ne l’a pas voulu et j’ai dû passer la main à Christine de la Ruche qui, à ma place, a donné son avis impartial. J’ai vu sa sélection et je n’aurais pas fait mieux je dois dire ! Voici les ouvrages qui ont retenu l’attention des jurys et du public :

Image-531Chantal est la grande gagnante du 1er prix Traditionnel et Prix du Public, BRAVO !

Image-44-768x1024Le 1er Prix pour ouvrage contemporain est attribué à Sophie  pour sa mise en scène de serviettes des années 50. L’ensemble est graphiquement étonnant, très harmonieux et répond parfaitement à l’attente du Jury.

Devant la diversité et la qualité des ouvrages, Emma s’est autorisée à ajouter 4 gagnantes que je vous laisse découvrir dans son blog ici. Bravo à toutes les participantes, les ouvrages sont très variés et bien jolis ! Et même celles qui n’ont pas gagné sont sûrement heureuses d’avoir redonné une jeunesse aux petits trésors qui dormaient dans leurs tiroirs…

Désastre annoncé

Me trouvez-vous bien emphatique aujourd’hui ? Mes sujets peuvent sembler futiles au regard de drames personnels, mais tout de même je vous laisse juger si j’exagère vraiment…

3a142ca0rebecca-barkerMon premier sujet de désarroi est le devenir de nos quilts d’aujourd’hui. Nous achetons des tissus de patchwork fort cher parce qu’ils sont « trop beaux »… Outre financièrement, nous investissons affectivement dans les étoffes choisies, sans compter le temps que nous passerons à cogiter, hésiter, décider, accorder, mesurer, couper, coudre, quilter, sans parler de découdre, re-mesurer etc. Nous faisons de notre mieux pour obtenir un résultat honorable et durable. Et puis quelques années passent, parfois juste quelques mois, et on se rend compte que certaines couleurs s’effacent, des harmonies se désaccordent, des valeurs changent… Nous qui avions pris tant de précautions dans nos choix de tissus !

L’as-tu lavé avec un détergent trop fort ? L’as-tu mis longtemps en plein soleil ?
Mais non, jamais de la vie !!!

Le soupçon d’une quelconque maltraitance envers le quilt plane… jusqu’à ce que cela vous arrive à vous aussi !

Depuis des lustres nous avons de grandes peurs -justifiées- envers quelques couleurs qui déteignent, des rouges assurément, mais aussi d’autres teintes. Le dégorgement a ruiné plusieurs quilts et la parade actuelle réside dans les lingettes « anti-redéposition » de pigments. Ces tissus aux trop-pleins de couleurs ont presque disparu des grandes gammes, un effort de rinçage a sans doute été fait.

Et puis il y a l’éternelle question qui divise les quilteuses : doit-on laver les tissus tout juste achetés ? On enlève ainsi un apprêt, un lustre que beaucoup adorent (moi aussi…) mais on enlève aussi maints résidus chimiques, y compris du formaldéhyde hautement toxique, vedette de l’industrie de finition des textiles : il apprête le tissu pour l’impression, le défroissage, l’ignifugation… Les tissus sont également traités aux insecticides ! Y a-t-il aussi un anti-UV qui se dissout au premier lavage ? Je n’en serais pas surprise…

Stacked quilts R. Barker

J’ai acheté énormément de tissus de patchwork dits « de qualité », de grandes marques pendant les dernières décennies, mes goûts plutôt classiques font que je les aime toujours 10 ou 20 ans après. Des bouts restent dans des cartons, mille et un petits restes destinés à de futurs scrap-quilts… Mais je suis effarée de voir l’état de certains tissus des quilts qui « vivent » simplement dans une pièce normalement éclairée. Constat contrasté (c’est le cas de le dire), car certains tissus restent comme neufs alors que d’autres sont affadis de manière incroyable. A partir d’expériences des Abeilles de la Ruche, il semble que les teintes résistantes sont du côté des tissus de patchwork « repros », ces grandes séries historiques semblent imprimées pour durer, les tissus n’ont d’ailleurs pas le fameux lustre ; les imprimés au Japon (de style indigo, aussi bien que les imprimés dorés, les fleuris, les tissés-teints, de marque américaine comme japonaise), les batiks aussi, les tissus de récupération (ah les satins fermiers français qui restent si beaux, les tissus d’ameublement, les unis teints recto-verso et tissés-teints résistants !…) ; les fameux bleus hongrois Kekfesto, teints à la main, sont garantis grand teint, pourtant les bleus sont souvent les premiers « tissus-catastrophe » !
Quant aux autres c’est la loterie, les tissus les plus chers et raffinés n’ont aucunement garantie de pérennité.
Combien de tissus sont-ils touchés, 20, 10, 5 % ?… Cinq, dix ou vingt pour cent de trop en tout cas.

Marie-Claude de la Chambre des Couleurs a fait un article sur un quilt dont les tissus ont changé de valeur, de couleurs même, de manière aléatoire. Certains résistent, d’autres non, cela fait partie des aléas… Mais est-ce normal ?

tissu passé

Ici je vous montre un quilt fait il y a six ans. Dans cet article, on l’aperçoit  sur son lit. Beaucoup de tissus sont restés quasi-intacts mais certains sont anormalement éclaircis, les imprimés presque disparus parfois même. Est-ce la faute de la luminosité toulousaine ? Ce quilt reste sur le lit dans la chambre de ma fille exposée plein sud… mais il est au fond de la pièce ! Il est vrai que la lumière artificielle peut elle aussi faire fondre les couleurs. Voyez les deux carrés-témoins de l’affadissement de deux tissus.
Même mésaventure pour un superbe « Ocean Waves » de Maïté (aperçu ici sur son lit), quelques tissus bleus de patchwork sont devenus gris en un an, ce qui rompt l’harmonie qu’elle avait minutieusement établie.

Nolwenn's quiltQue faire ? Je n’en sais rien, sinon faire remonter le mécontentement aux grandes firmes. Que se cache-t-il derrière ce grave manque de qualité de certains tissus ? Il est en tout cas urgent que les processus de teinture soient drastiquement améliorés. Est-ce pour cette raison que des tissus Moda sont à présent made in Japan ?

Actuellement, les Abeilles et moi travaillons avec des tissus imprimés au tampon et teints artisanalement. Je suis impatiente de voir, dans un an, la tenue des couleurs à la lumière. J’aurais tendance à être plus indulgente pour ces tissus teints avec des pigments naturels et pourtant je suis presque sûre qu’ils résistent mieux que certains de mes tissus de patchwork. Les tissus dits artisanaux ne garantissent pas la qualité (voir ici !), pour le travail industriel comme artisanal, c’est plutôt une question de savoir-faire et de respect du travail bien fait.

Nous voyons les ravages du temps sur des quilts centenaires ; le charme de l’antique, du vintage, l’émotion suscitée par des pièces anciennes nous font accepter leur vieillissement somme toute naturel. On ne peut pas en dire autant des quilts récents abîmés par la lumière en quelques mois.

Ce problème de tenue des couleurs n’est pas insoluble et il me semble impossible que rien ne soit fait, nous méritons tout de même quelques égards quant à la qualité de nos tissus… Le fait que des tissus traditionnels résistent bien mieux que certains récents me fait espérer qu’il y a d’autres solutions que « plus de chimie », je le crois tout en n’étant pas spécialiste.


Le thème bien plus vaste de la production du coton dans le monde est le thème 
de41NREEKQ9TL._ ce livre :

Sorti il y a 8 ans déjà, ce livre décrit les différentes situations géographiques, économiques, sociales, écologiques de la culture du coton dans le monde. Je ne regarde plus mes vêtements, mon linge de maison, mes tissus de la même manière depuis que j’ai lu ce carnet de voyage… Le coton est une plante exigeante, d’où de nombreuses dérives ! Ce livre se lit comme un roman palpitant grâce aux talents de conteur d’Orsenna, mais le constat est alarmant. Pourtant, il y a des solutions!

. . . . .

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(Abeille dans son alvéole hexagonale Valériane Leblond)

Pollinisation SichuanInquiétude pour nos quilts, inquiétude pour les abeilles décimées… Je ne vous recommande pas le DVD que j’ai visionné pendant ces vacances, il m’a trop démoralisée… Savez-vous qu’en Chine, dans le Sichuan, la pollinisation des vergers se fait maintenant à la main, en particulier par les enfants légers sur les branches ? C’est une conséquence de la « Campagne des Quatre Nuisibles » (les rats, les mouches, les moustiques et les moineaux) de Mao Zedong.Mao campagne 4 nuisibles Pourquoi les moineaux ? Parce qu’il mangeaient le grain des paysans ! Avec du poison largement répandu, les moineaux ont disparu. Mais les moineaux ne mangent pas que des grains, ils dévorent aussi et surtout la vermine… Équilibre écologique rompu, pesticides à foison… et disparition donc des insectes butineurs. Ce n’est qu’un des reportages croisés de ce document, les autres sont tout aussi terribles, dénonçant l’apiculture transformée en un business détaché de la nature et du vivant avec des conséquences désastreuses au niveau mondial.

J’ai envie de conclure par la célèbre phrase d’Einstein (Si l’abeille disparaît de la planète, l’homme n’aura plus que quatre années à vivre), mais il paraît quelle lui est faussement attribuée… 

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Espérons tout de même que l’alliance des abeilles et des hommes pourra perdurer…lavande-abeille

La pluie…

La pluie, conjuguée aux vents, aux marées, peut être dévastatrice. Depuis Noël, de nombreux Bretons sont inondés, ce sont autant de drames personnels, et que dire des cyclones dévastateurs comme à la Réunion aujourd’hui…
Pourtant la pluie est vitale, je me souviens de mon intense soulagement de la première pluie de septembre après la canicule de l’été 2003.

Elle est aussi source de poésie et de réflexion, comme dans ce petit livre :

aimer-la-pluie-aimer-la-vie-

Le temps de pluie est sublimé dans ce paysage gallois par Valériane Leblond :temps de pluie valériane leblondBernadette Mayr a également évoqué cette atmosphère dans son livre Haüser Patchwork que vous avez été plusieurs à recevoir pour Noël si j’en crois vos messages ! Un des modèles a inspiré Christine l’Abeille :

La Pluie Christine T. La Ruche des Quilteuses

De tout cœur, bon courage aux victimes de la pluie qui, comme le feu, peut être signe de vie comme de destruction…

Un petit peu d’humour dans la détresse, même si ce n’est pas très finaud :

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(source Facebook – Radio Cancale)
…………

La pluie… source de vie comme de destruction, de poésie comme de désolation…
………..

Deux Samplers de Christine

Il est momentanément impossible de poster des commentaires, je le regrette. Je viens de changer d’ordinateur, je ne crois pourtant pas que cela soit la raison.
Merci de patienter, le temps que je trouve la solution !

Ça y est, ouf j’ai trouvé !!

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Janvier, c’est le mois du grand ménage ! On aère les quilts par temps calme
(peinture sur bois de Valériane Leblond, « Lle mae dy drysor y mae dy galon »)

. . . . .

Coucou, nous revoilou ! Merci pour vos nombreux messages. Les Abeilles Quilteuses sortent de leur hibernation et nous commençons l’année avec deux très beaux ouvrages terminés, cela donne du courage !

L’année dernière, j’aurais dû finir un sampler commencé avec entrain avec Barbara Brackman, le Grandmother’s Choice. Il avait pour thème les droits civiques des femmes, nous en avions déjà parlé à plusieurs reprises.
Heureusement, tout le monde n’est pas comme moi et certaines l’ont fini, en particulier mon amie Christine pour qui, le croirez-vous, c’était le premier grand quilt !!

Christine GMC

Christine a choisi une très belle gamme de tissus de French General. Pour admirer ses blocs de près, voyez sa galerie ici. Son quilting est fait à la machine de façon impeccable avec des cercles concentriques du plus bel effet !

Christine Label

Et puis, experte en point de croix et fan d’ouvrages en lisières, elle a profité pour mettre les références de ses tissus de manière fort originale tout autour de son étiquette si raffinée. Très étonnamment, ces tissus de style « vieille France », dessinés par la Californienne Kaari Meng, édités par Moda (Texas), sont maintenant Made in Japan… Pour une meilleure qualité ? Bientôt un article à ce sujet.

Et c’est bien la même Christine qui a fait une bibliothèque en lisières ainsi qu’une trousse de crayonsCes ouvrages, avec une vingtaine d’autres, voyagent à présent dans la Valisière.

Fini aussi, un Sampler de Blackbird Designs aux blocs géants ! Christine a eu l’envie de le faire après avoir admiré « Bouquets d’Hiver » de Madeleine en mars dernier. Même thème, mêmes stylistes, c’est un sampler de fleurs appliquées. Elle vient de le terminer pendant ces vacances, nous en avons admiré chaque étape et nous vous le ferons admirer plus en détails dans quelques jours. En attendant, c’est la carte de vœux offerte par Christine :Floralies Christine

C’est avec ce très beau quilt que les Abeilles vous souhaitent de tout cœur une très belle année 2014, avec la santé… et toujours, passionnément, le goût du patchwork et de la création textile !
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 . . . . . . I n s p i r a t i o n s . . . . . .  I l l u s t r a t i o n s . . . . . .

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(« Pryd o Dafod », Valériane Leblond)

Au-delà des nombreux quilts de la Ruche et d’ailleurs, j’aime beaucoup illustrer mes articles de tableaux de Valériane Leblond, qui idéalise avec talent des scènes de la campagne galloise… Art naïf certes, mais chaque tableau raconte une histoire, souvent avec un brin d’humour. Et puis Valériane y peint souvent des quilts de toute beauté, reproductions de ceux qu’on peut admirer dans le musée initié par Jen Jones.

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(quiltscape Rebecca Barker)

Autre source d’illustrations, les cartes peintes par Rebecca Barker. Je ne les ai jamais trouvées en Europe ; peut-être avez-vous une bonne adresse pour en commander ? En revanche, j’ai déjà fait mon marché chez Snowy River Quilts, un magasin niché dans le sauvage Wyoming, une excellente adresse que je partage avec vous en guise d’étrennes !

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Très heureuse année 2014 !
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