
Dimanche soir, en rentrant de vacances, j’ai appris sur le site Quiltmania que Linda Koenig nous avait quittés. Je la savais malade depuis plusieurs mois. Pourtant elle restait pimpante et souriante en avril dernier, au Salon Pour l’Amour du Fil, pour le lancement de son livre Ratsburg Road Quilts. Peut-être restait-elle assise un peu plus longtemps, mais son sourire radieux ne laissait pas imaginer une quelconque souffrance ni inquiétude.

Elle avait le chic pour vous parler avec une attention soutenue, comme si votre rencontre était pour elle la chose la plus importante de la journée.
Sa préférence allait pour les quilts anciens, et tout particulièrement les scrap quilts, ceux faits de mille et un petits restes de tissus de récupération.

En 1985 elle était devenue propriétaire de Quilt Plus, magasin dédié au patchwork au cœur d’Indianapolis, puis elle a vécu une belle vie de quilteuse avec son chemin personnel et de nombreux échanges de blocs avec ses amies. Elle a tant aimé conseiller, enseigner toute une génération de quilteuses de l’Etat d’Indiana et bien au-delà, puisqu’en avril dernier elle animait encore des stages ; mon bon copain et voisin David avait grandement apprécié les moments passés avec elle, et encore appris des petits trucs… Elle était marrante, avec sa façon de casser certains principes et de dédramatiser la police du patchwork en répétant souvent : amusez-vous !

Ses quilts semblaient anciens, comme de belles antiquités. Traditionnels donc, oui mais je dirais aussi intemporels, avec toute la liberté que s’accordaient aussi les quilteuses du XIXe siècle. C’est son œil qui guidait son choix des couleurs (ah l’œil malicieux qui émergeait au-dessus de ses lunettes !), c’est son goût qui l’incitait à choisir des tissus simples rayés ou à carreaux associés à des repros dans un même ouvrage, c’est son plaisir qui la menait à quilter énormément à la main… Cependant, plusieurs de ses récents ouvrages l’étaient à la machine, car elle savait intimement qu’elle n’aurait pas eu le temps de tout finir.
Son style classique était simplissime. Pas de bloc de bravoure aux pointes acérées, pas d’appliqué compliqué, mais une technique simple et éprouvée, des astuces malignes et surtout sa bonne humeur rendaient ses stages incomparables.





Dans son dernier livre, Linda évoque avec beaucoup de tendresse son groupe de quilteuses, sa Ruche des Quilteuses en quelque sorte, une douzaine de membres qui partagent plaisirs et peines, recettes de quilt et de cuisine, comme nous à Colomiers. Les Etoiles du Nord, comme elles s’appellent, ont perdu ce 13 octobre une grande amie.




























