Au PAF25, trois artistes et leur livre

J’ai bien souvent acheté des livres d’art textile sans rencontrer l’auteur, ou juste en lui faisant dédicacer l’ouvrage si l’occasion se présentait. Ensuite chez moi, je rentre dans le monde de l’artiste. Cette année à Nantes, j’ai eu l’immense chance de mieux connaître trois personnes dont j’avais grandement apprécié le livre, acquis précédemment. J’ai aimé l’adéquation de mon ressenti de lecture avec qui ils sont dans la vie, ce qui marque leur authenticité. Bien plus encore, j’ai senti des amitiés se former ou se confirmer. J’ai donc le plaisir de vous présenter à ma manière, grâce à leurs livres respectifs et ce que j’ai compris d’eux, trois personnes qui comptent pour moi : Sarah Hibbert, Charles-Édouard de Broin et Misao Wada.

Sur fond de log cabin créatif, quilt fait en souvenir de Gwen Marston, les trois livres des artistes présentés aujourd’hui : la Britannique Sarah Hibbert, le Français Charles-Édouard de Broin, la Japonaise Misao Wada.

Etes-vous bien installé ?…
Allons-y, accompagnons ces trois artistes !

Sarah Hibbert

Sarah Hibbert est née dans une famille où l’esthétique et l’art comptent beaucoup. Son père, typographe, designer et grand amateur d’art, l’a éduquée pour qu’elle ouvre vraiment les yeux sur le design, les formes, sur un fond musical familial de country music et de jazz.

Petite, elle collectionnait dans des cahiers – des scrapbooks – tout ce qui l’attirait : un papier de bonbon si l’écriture était belle, des tickets d’entrée de musée, des images ou articles de magazines, attirée par les couleurs ou les formes, mais aussi des citations inspirantes… Allait-elle en faire quelque chose un jour ? En tout cas, elle passait de belles heures de découpages, de collages de ses papiers, de rêveries…

En grandissant, l’esthétique scandinave et le Bauhaus germanique avec leurs lignes claires avaient sa faveur, Sarah souhaitait entrer dans une école d’arts, mais son père l’a dirigée vers la restauration de luxe, où elle a finalement excellé. C’est au milieu des années 1980 qu’elle a découvert le patchwork grâce à un quilt ancien rapporté du Colorado par ses parents. Elle a plongé dans cet art et n’en est jamais ressortie ! En 2017, au QuiltCon de Savannah, elle a découvert la puissance des quilts modernes… et ses expositions récentes montrent le fruit de ses explorations.

Sur Instagram sur son compte @quiltscornerstone, en date du 16 avril, vous pouvez admirer en vidéo sa galerie à Nantes. Vous verrez qu’elle aime travailler surtout avec des unis et le lin, qu’elle s’amuse avec les formes, les blocs traditionnels revisités… Tout un univers bien à elle et qui me parle !

Sa technique pour éveiller sa créativité, c’est le collage papier. Ah comme c’est bon pour elle de retrouver une logique avec ce qu’elle aimait tant enfant avec ses scrapbooks ! Ses techniques, à arranger à votre guise, se trouvent dans son livre. Car, comme dit une femme avisée :

C’est notamment pour tout cela que j’aime Sarah et ses quilts très graphiques. Sa liberté d’esprit confirme la mienne : nous suivons le même chemin !

Last but not least, c’est une femme tout simplement adorable !

Son livre : From Collage to Quilt, Sarah Hibbert – Lucky Spool Media – 2021

Charles-Édouard de Broin

Entrons dans un autre univers, avec Charles-Édouard de Broin, un des rares collectionneurs de quilts américains en France. Le parcours de cet homme me touche beaucoup. Enfant, il passait de longs moments avec sa mère cousant sur sa Singer, il copiait ses parents, tous deux brodeurs. Jeune adulte, il s’est passionné pour la minéralogie et ses couleurs et formes parfaites, quasi-divines. Il devient ingénieur géophysicien et géologue, ce qui l’a mené à vivre aussi bien au Maroc qu’aux États-Unis. L’étude de structures cristallines, la distribution dans l’espace de leurs atomes, forment des patterns qui le fascinent, fascination qu’il reportera ensuite sur des motifs de patchwork…

Charles-Édouard a toujours été attiré par les outils de la vie du quotidien, alliance du beau et de l’utile. Il s’est intéressé à divers artisanats, s’émerveillant des correspondances de signes, de symboliques, qu’on retrouve dans les civilisations traditionnelles de par le monde, comme un souvenir du creuset commun de l’humanité.

C’est en vivant aux États-Unis que ce collectionneur d’objets d’art et d’artisanat s’est spécialisé dans les quilts américains, les décryptant comme les cartes géologiques qu’il étudie pour son métier. Il découvre, ou imagine, l’histoire de cette femme qui a créé ce quilt… J’avoue que c’est une obsession de ma part aussi, quand j’interprète un quilt anonyme… Quelle histoire cache-t-il ?… Outre sa passion pour les quilts, Charles-Édouard de Broin a une fine connaissance de l’Histoire des USA, et a sans doute approché des Amérindiens et leur artisanat ; je n’ai vécu que deux semaines chez les Navajos mais ils m’ont profondément bouleversée… Un sujet de conversation sans doute lors d’une prochaine rencontre !

Un splendide crazy fleuri de la collection de Charles-Édouard de Broin.

Sa collection de quilts anciens est axée principalement sur les log cabin, aux étroites bandes, aux infinies variantes, qui peuvent fort bien devenir extrêmement modernes, mais aussi les crazy à la créativité sans borne, ou les appliqués fleuris aux fleurs rouges et tiges en volutes… Difficile de s’arrêter de collectionner quand on aime !

Comme pour tant d’artistes et de collectionneurs textiles, Carol Veillon a été l’étincelle qui a favorisé les expositions de prestige et l’édition d’un très beau livre, écrit par Charles-Édouard de Broin. Personnellement, je l’avais rencontré pour la première fois au Carrefour Européen du Patchwork grâce à Cosabeth Parriaud qui nous avait présentés, sinon, je n’aurais jamais osé lui parler !

Pour l’exposition de Nantes 2025, le choix s’est porté sur les broderies et quilts fleuris de tous horizons, avec l’élégant titre Floribunda. Je suis passée dans sa galerie au petit matin, me promettant de revenir quand Charles-Édouard serait présent, pour une visite éclairée… Et puis le temps est passé trop vite, ce n’est pas simple de rendre visite quand on tient soi-même une galerie… je le regrette vraiment.

Ce quilt ancien délicat, montre des traces d’usure évidentes sur le rouge, en particulier. On peut supposer que c’est la teinture, plus agressive en rouge, qui altère les fibres de coton au fil du temps. Reste une question : doit-on restaurer les quilts anciens ? Hommage ou sacrilège ? Charles-Edouard de Broin et Michel Perrier, autre collectionneur français, ont eu des discussions passionnées à ce sujet.

J’ai aperçu ses crazy singuliers fleuris, ses paniers fleuris rouge et vert, ses appliqués-brodés qui me rappellent notre Voyage Indigo dans Sacrés Tissus. Je le dis souvent, on croit souvent inventer quelque chose et on se rend compte qu’ailleurs des femmes, dix jours, dix ans ou un siècle avant, avaient eu les mêmes envies… La fréquentation des quilts anciens nous éclaire et nous rend plus humbles !

Photo @paradis_63

Son livre : Les mille bonheurs d’un chercheur de quilts, Charles-Edouard de Broin, Editions Quiltmania – 2019

Misao Wada

Les fabuleuses réalisations d’un groupe de Japonaises inondent les réseaux sociaux, quelle perfection, quelle esthétique élevée au rang de grand art ! Je n’y reviendrai pas, je préfère mettre à l’honneur celle qui produit des oeuvres plus humbles, mais tellement poétiques elles aussi ! J’ai eu l’immense chance d’avoir, chaque jour du Salon, des contacts privilégiés avec Misao Wada et avec Emi Inoshita, la fille de sa meilleure amie, qui par chance pour moi, parle bien anglais.

Misao Wada est venue me rendre visite dans ma « chambre jaune » avec son amie, mère d’Emi. Elles ont été très touchées de savoir que, dans mon livre, j’ai mis à l’honneur quelques beaux principes de la culture nippone avec l’ikigaï ou le Kintsugi (à lire dans Sacrés Tissus)

Tout avait commencé avec Bee Maïté, mon amie de la Ruche, qui voulait absolument interpréter le quilt de Misao Wada qu’on voit en couverture de son livre. Des mois durant, elle a cherché les tissus adéquats. Tout, ou presque, est raconté dans cet article. Et Maïté a lancé une bouteille à la mer : quelqu’un pourrait-il l’aider à entrer en contact avec Madame Wada, afin de la remercier pour ce si beau tableau textile ? Pas de réponse, jusqu’au mois dernier.

Emi a trouvé trace de cet article via Pinterest, elle a réussi à me joindre quelques jours avant le Salon. Par une certaine magie, nous nous sommes très vite apprivoisées en échangeant des mails chaleureux et nous nous sommes promises de nous voir à Nantes. Malheureusement, Maïté, souffrante, n’a pas pu se joindre à nous, mais elle a écrit une lettre à Misao Wada et Monique avait la charge d’apporter le quilt de Maïté à Nantes !

Photo Muriel Figuière, présente au bon moment (comme bien souvent !)

Misao a grandement apprécié la version de Maïté qui aime tant le travail à la main mais doit désormais se résigner à presque tout faire à la machine à coudre, elle a également été touchée par la délicatesse de Maïté qui a écrit le nom de l’inspiratrice sur l’étiquette :

Un an et un jour après le point final de Maïté, je présentai le quilt à Misao Wada.

Les Japonaises sont d’une gentillesse incroyable, prêtes à offrir de multiples cadeaux. Croyez-moi, Maïté et moi avons été gâtées avec nombre de petites attentions, d’objets délicats, d’origamis porte-bonheur…

Quelques fibres de dentelles ajoutent de la finesse à cette si belle rose – Misao Wada, PAF25

Il existe des milliers d’appliqués bien plus prodigieux que ceux de Misao. La technique à cru, légèrement collée si nécessaire, le fil moutarde visible, tout cela peut faire crier les puristes. Cependant, il s’en dégage un charme, une authenticité indéfinissables. À quoi tient l’émotion qu’elle sait créer ? C’est ça, la magie de l’art !

Association de peinture sur tissu et d’appliqué à cru pour ce Calendula – Misao Wada PAF25

Le style de Misao Wada se voit bien dans son livre grâce à de belles photos inspirantes, je l’ai pleinement retrouvé dans son exposition de cette année. Elle aime le parfaitement imparfait, l’artisanat revendiqué par ses points légèrement visibles faits en fil beige doré, ses appliqués à bords francs, c’est-à-dire sans rentré, contrairement à ce qu’on nous a appris. Ses tissus, chutes de kimonos ou autres, y compris quelques tissus occidentaux (dentelles, tissus de patchwork…) ont déjà une longue histoire, parfois usagés, déteints par des lavages, ce qui renforce le côté organique et naturel de ses planches botaniques, animaux ou natures mortes. Ses toiles de fond sont parfois texturées, parfois imprimées, avec un goût prononcé pour les toiles artisanales, les ikats, les couleurs fondues… Son goût pour la simplicité est évident, mais son talent rend ses tableaux très sophistiqués !

Misao Wada a grandi dans la montagne du centre du Japon qu’on nomme les Alpes Japonaises, vivant très proche de la nature.

Ce splendide panneau représente une petite plante envahissante là où elle se plaît. Originaire des montagnes asiatiques, on la trouve fréquemment dans les Alpes Japonaises, le lieu de naissance et de vie de Misao. C’est du Poivrier de Chine (Houttuynia cordata).

Déjà enfant, elle s’intéressait aux travaux d’aiguilles de sa maman, aux marionnettes de chiffons de sa jeune tante. Adulte, durant sa période de travail dans une société pharmaceutique, elle gardait en mémoire la beauté des appliqués faits de tissus anciens. La rencontre décisive avec une artiste pratiquant cet art l’a propulsée dans ce chemin de vie, élargi par cette passion qui ne la quitte plus depuis plus de 40 ans. Elle est devenue professeur à son tour dans sa ville de Takayama.

D’esprit vif et curieux, elle se réjouit de chaque voyage en Europe. Un beau jour, elle a rencontré Carol Veillon, qui lui a offert une première exposition Pour l’Amour du Fil en 2012. Une fois de plus, Carol est la bonne fée d’artistes du bout du monde !

Misao Wada n’est jamais allée au Pérou, mais si je me souviens bien, son père y est allé. Elle est fascinée par les lignes de Nazca qu’on peut voir uniquement par avion, un mystère laissé par le peuple Nazca (-200 à +600 après JC), antérieur au développement du peuple Inca. Je trouve cette oeuvre très puissante, renforcée par les oiseaux de terre cuite typiquement amérindiens.

Je vous ai parlé précédemment des Penn Sardin chez Claudine Janik. Après avoir chanté un chant à midi, chaque jour certaines se lançaient dans une danse bretonne, un fest noz diurne en plein salon d’arts textiles, ce n’est pas banal ! Figurez-vous que notre chère Misao s’est mise à danser au rythme de la musique bretonne, réglant ses gestes sur ceux des Bretonnes, avec un sourire radieux ! Sa joie de vivre, sa simplicité m’ont fait chaud au cœur.

Accompagnée par Sarah Hibbert à la claque, Misao Wada prend immédiatement le rythme vigoureux de la musique celtique.
Misao et Claudine Janik (Penn Sardin) à ses côtés
Mais oui, profitons à fond de chaque bon moment de la vie !
Mon amie Emi, ici avec sa maman, applaudissait à tout rompre !

Pendant des années, je n’osais pas engager la conversation avec les artistes – ou si peu. J’avais croisé Misao lors de la sortie de son livre au PAF2017, admiré ses oeuvres qui me touchaient beaucoup, alors qu’elles étaient tellement éloignées de mes recherches en patchwork moderne. Et depuis j’ai compris à quel point ma timidité était idiote et les échanges enrichissants.

Son livre : Poésie cousue – Misao Wada, éditions Quiltmania 2017

Voilà que se termine ce florilège de rencontres liées aux expositions que vous avez peut-être eu la chance de visiter ! Voici mes reportages précédents sur le merveilleux Salon Pour l’Amour du Fil de 2025 :

Au PAF25, vive le Flower Power !
Au PAF25, de la joie !
Au PAF25, de la Bretagne !

20 commentaires sur « Au PAF25, trois artistes et leur livre »

  1. Eh bien, voilà un article qui nous met des bulles dans la tête ! Cette année je n’ai pas pu aller à Nantes, regrets, regrets …

    Misao Wada me plaît beaucoup.

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  2. Merci, merci, merci.

    je n’ai passé qu’une journée au PAF mais j’ai l’impression de l’avoir survolé, à part Pascale de Guldusi, toi et Sarah Hibbert je n’ai parlé avec personne et les japonaises je les ai ignorées trop peu attirée par leurs patchs appliqués réalistes et si parfaits que je ne les aime pas Mais là c’est une merveille j’aime follement cette liberté qui donne tant de vie.

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    1. Cette liberté ne convient pas à tout le monde, elle fait même peur parfois. Ici j’ai réuni des personnes dont j’ai senti l’esprit libre et sensible, y compris chez cette Japonaise ou ce collectionneur !

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  3. Merci Katell pour ces reportages qui me permettent d’entrevoir ce que j’ai manqué tellement ma visite à Nantes, cette année, n’a été qu’un éclair… et j’en garde un souvenir amer…

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    1. Comme je te comprends, l’offre était si riche ! Et puis tu ne trouves pas forcément le bon moment pour discuter… J’espère que malgré tout, tu as trouvé des galeries qui t’ont plu !

      L’année prochaine, tu fais comme nous, tu prends plusieurs jours 🌞

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  4. quel article encore! Merci 🙏 de revenir sur ces artistes . Je n’ai pas joué la timidité avec Mr Broin, passionné donc passionnant! Les artistes japonaises étaient toutes si agréables, un cadeau d’avoir un traducteur franco japonais lors de notre échange avec elles. Un très beau souvenir !

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  5. À moi qui ne coud plus depuis plusieurs mois, cet article me redonne envie d’aller trifouiller mes tissus ! Merci Katell… Oui, la timidité est souvent idiote ha ha !

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    1. C’est pour moi une belle récompense, te redonner envie de créer quelque chose en textile, vas-y !

      Quant à la timidité… le monde du patchwork m’a permis de bien me soigner !

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  6. quel plaisir tous ces articles sur cette expo. Des découvertes et des ouvrages superbes. Tu as du passer des moments vraiment intenses. Si je m’y prends assez tôt, j’irai peut être à Nantes l’an prochain

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    1. C’est vraiment ce que je te souhaite. Et j’ai vu sur FB la charmante photo de ta fille qui semble bien créative elle aussi, propose-lui d’y aller aussi, ce Salon prend bien soin des envies de notre jeunesse !

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  7. M. De Broin est très intimidant mais il aime tellement parler de sa passion et donner des explications. Comme beaucoup, n’étant là qu’une journée, je n’ai que survolé certaines expositions. Heureusement que beaucoup de reportages ont été réalisés et nous permettent de revoir plus en détail toutes ces expositions.

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    1. Les belles rencontres sont si vivifiantes pour nous, tu le sais bien ! J’espère que tous ces rendez-vous qui jalonnent l’année, le tien à Pexiora comme celui de Nantes, ont un avenir radieux 🌞

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  8. merci de nous faire découvrir ces artistes, je ne connaissais que Sarah Hubert que j avais découvert à Sitges il y a 2 ou 3 ans, j aime beaucoup son univers. Je découvre les 2 autres et vais essayer de trouver leurs livres. En espérant pouvoir aller à Nantes l an prochain, cette édition semble avoir renoue avec la joie , et le bonheur paraît dans toutes tes photos. Encore merci pour le partage . Je t embrasse

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    1. L’ambiance était tellement réjouissante, renforcée par la qualité ET la diversité des expositions ! On se déplace aussi pour découvrir les nouvelles tendances, ou du moins des univers nouveaux, en plus du côté doudou des artistes qu’on connaît et qu’on aime…

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  9. est-il encore possible de se procurer le livre « poésies cousues » ?

    en tous cas, merci pour ces reportages qui nous font découvrir des artistes différentes et autant de technique et de styles.

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    1. Pour acquérir ce livre, je n’en sais rien… Je n’en ai pas vu en vente sur le stand de Misao Wada. En revanche, il faut poser la question sur les réseaux sociaux, Facebook et Instagram, peut-être sera-t-il possible d’en trouver un. Bonne chance !

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