Le gourou de la machine à coudre (MAC1)

Je viens de découvrir Alex Askaroff, et je crois bien, grâce à lui, avoir matière à nous distraire sur plusieurs articles !

On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, voici l’introduction du site Sewalot, d’Alex Askaroff !

Né dans le Sussex (Sud-Est de l’Angleterre) le 17 juillet 1957, Alex travailla dans l’industrie familiale puis créa la sienne, avec un de ses frères (il est le 3e d’une famille de six garçons). Il s’est spécialisé dans l’histoire et la réparation des machines à coudre. Réparant sans relâche les machines à coudre de sa région, il accumule inlassablement tout ce qui a trait à leur histoire. Il crée le site Sewalot, qui signifie « coudre beaucoup », où il répertorie les modèles anciens, vintage ou carrément antiques. Il y détaille les modes de fonctionnement, leurs atouts et faiblesses. C’est une mine de renseignements pour tout heureux propriétaire d’une machine ancienne.

Alex Askaroff, devant les célèbres falaises appelées Seven Sisters, dans son Sussex natal

Sa famille est un grand melting pot européen, qu’il détaille dans sa biographie très romanesque. Je retiens que son père, Igor Askaroff, russe par son père et français par sa mère, décida après la seconde guerre mondiale de s’installer en Angleterre. Londres étant trop brumeuse (le fameux smog), il s’installa au bord de la Manche, à Eastbourne, avec sa femme, mi-autrichienne, mi-anglaise. Ils créèrent une industrie textile qui prospéra. Sa mère était une styliste innovante et concevait de nombreux articles, spécialement pour les enfants.

Cape de bain, archives familiales. Le jeune garçon n’est autre qu’Alex.

Après des années fastes, une vie luxueuse, Alex voit que le temps passe et il s’en alarme. Il quitte la firme familiale avec perte et fracas, puis vit sa vie, prenant le temps de voir grandir ses enfants. Et de travailler dans le monde des machines à coudre, car il a ça dans la peau ! Après une transition très dure, là encore il est successful. Il voyage dans tout le Sud-Est de l’Angleterre afin de réparer les machines à coudre industrielles et domestiques, il est à l’écoute de la beauté du paysage, des histoires qu’on lui raconte volontiers.

Connaissez-vous Eastbourne ? C’est une très belle ville au bord de la mer, une importante et chic station balnéaire. J’en ai quelques beaux souvenirs, je l’ai visitée adolescente. Photo Alex Askaroff (Facebook)

Parallèlement, Alex devient une encyclopédie vivante sur les machines à coudre et ceux qui les ont créées et améliorées au fil des décennies. Il est souvent invité à la BBC pour partager ses savoirs, il raconte bien les histoires… ce qui le conduit à se mettre à écrire. Il en est à une trentaine de livres publiés : une série sur des anecdotes de ses voyages dans son coin de paradis, le Sussex et alentour, sur ces petits riens qui font la vie belle et les histoires des gens de toutes conditions, qui le passionnent (série : On the Road, 6 volumes), mais aussi sur les machines à coudre et leurs créateurs (série : Sewing machine pioneers, 12 volumes). À ma connaissance, tous ces livres n’existent qu’en anglais. Celui que je viens de terminer, sur Singer, est de niveau relativement facile il me semble. Et on ne s’ennuie pas une seconde !

Un livre biographique qui se lit comme un roman d’aventures, tellement Isaac Singer pourrait être un héros hollywoodien.

Je commence donc tout juste à lire Alex Askaroff (je ne lirai sans doute pas la trentaine de livres!), avec l’incroyable histoire de Isaac Merritt Singer, le créateur des premières machines à coudre Singer. J’aurais voulu commencer par lire sur Thimonnier, inventeur français de la première MAC qui fonctionne, mais curieusement il n’en parle pas. Un jour peut-être !

Le jardin presque secret d’Alex, c’est l’amour des roses de son jardin.

Beau parleur de toute évidence, je réservais mes premiers jugements sur la prose d’Alex Askaroff en lisant la biographie de Singer. Cette histoire est complètement ahurissante, Singer était un ogre de la Vie ! Je redoutais une biographie complètement fantasmée, mais en recoupant les informations, il s’avère que le livre est très fouillé, sérieux sur le fond, le fruit de 30 ans de recherches incessantes sur le personnage, tout en me rappelant un peu le style désuet de La Librairie Ambulante de Christopher Morley. Un beau compliment de ma part ! Il faut se laisser porter par la poétique prose de l’auteur, aller à son rythme, comme si on se promenait en calèche…

Sa biographie est pourtant bien plus enthousiaste sur le personnage que je ne l’ai lu par ailleurs, il me faudra sans doute faire la part des choses. Alex est très admiratif de l’ascension d’Isaac Singer, sans doute ont-ils la même soif de réussite, le même sens des affaires, une famille européenne cosmopolite comparable, beaucoup de garçons dans la famille… Mais Alex a manifestement moins de défauts que Singer ! Je reviendrai sur Singer et sa vie tumultueuse…

Voici quelques dames élégantes de la collection d’Alex (photos de son compte Facebook) :

Au cours de ces prochaines semaines, je vous propose de découvrir quelques aspects de la création des machines à coudre au cours du XIXe siècle. Grâce à la biographie d’Alex Askaroff, je vous raconterai aussi quelques traits de la vie d’Isaac Singer, son génie et quelques polémiques… Juste de quoi nous divertir tout en nous cultivant, et savoir comment la machine à coudre a transformé le monde !

À bientôt, avec MAC2, MAC3…
Pas la mesure du mur du son qui est Mach1, Mach2,
mais mes articles sur les machines à coudre !
Katell

2 commentaires sur « Le gourou de la machine à coudre (MAC1) »

    1. J’en parlerai peut-être un jour, même si Alex Askaroff n’en parle pas dans sa biographie (MAC du XXe siècle). J’ai des idées pour 3 ou 4 articles, sur les personnages qui ont inventé les premières machines à coudre, on verra par la suite. Mais si on me fournit des articles complémentaires, par exemple sur la Featherweight, je les publierai volontiers !

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