Ce n’est sans doute pas un titre qui fait rêver, surtout quand on pratique le patchwork depuis des (dizaines d’) années. Et pourtant, nous nous sommes bien amusées hier à Balma, dans le cadre d’un stage inédit. Quand, comment et par qui a été inventé notre objet familier, le cutter rotatif, comment l’utiliser et même simplement le tenir, c’était le jour pour mettre nos pendules à l’heure et nos connaissances à niveau ! Nous avons bien sûr raconté la belle histoire de la société OLFA, de Marti Michell (oui, celle des gabarits de Nathalie Delarge !) et Mary Ellen Hopkins qui ont lancé ensemble la Révolution du Patchwork…
Cette introduction faite, place aux ateliers pour confirmer la coupe avec une règle puis découvrir le monde de la coupe à main levée. Trois livres illustraient le message du jour :
Auprès d’un mini-quilt de Sujata Shah, voici les livres du jour : Cultural Fusion Quilts (Sujata Shah), Liberated Quiltmaking II (Gwen Marston) et Sunday Morning Quilts (Amanda Jean Nyberg & Cheryl Arkison), trois livres montrant comment utiliser des chutes de tissus et comment se libérer des formes géométriques parfaites, sans nuire à la beauté du quilt.
C’est toute une philosophie du quilting libéré, initié par Gwen Marston et suivi par des quilteuses enthousiastes dont je m’inspire avec ferveur. J’ai été très heureuse de partager pendant toute une journée mon goût de l’imparfait… et les stagiaires ont fait des centaines de superbes blocs tirés ensuite au sort… Trois ateliers, trois gagnantes qui nous montreront un jour le quilt terminé… j’espère !
48 blocs ont été montés, tout en nuances de gris et de rouges, roses et orange.70 blocs inspirés d’un quilt de LeeAnnfigurant dans le livre de Sujata Shah ont été fait en coupant au coup d’œil et à main levée. Une découverte pour la plupart des stagiaires !158 carrés de 8 cm ont été ornés d’un triangle, jamais tout-à-fait les mêmes… Inspiré de Up, Up and Away, dans le livre Sunday Morning Quilts.
Et pour rendre cette journée encore plus festive, nous avions une Valise accrochée, Ombre et Lumière, du département des Yvelines. Les mini-quilts ont bien attiré l’attention des quilteuses, tant par la qualité du travail que la diversité des tableaux. Bravo à toutes les quilteuses qui y ont participé !
Valise France Patchwork 78
C’était un stage de la délégation France Patchwork 31 rendu possible grâce au Club de patchwork de Balma qui nous a accueillies. Devant l’enthousiasme des stagiaires, d’autres thèmes de stages seront proposés à l’avenir !
Bien sûr, Joelle aime le patchwork, elle est même dans la délégation France Patchwork de l’Ariège, secondant Anne-Marie très activement avec Elisabeth. C’est une belle équipe si sympathique ! Mais Joelle a aussi d’autres passions parmi lesquelles le tennis (supportrice officielle de nos champions, elle est tous les ans à Roland-Garros !), le Moyen-Âge… et le point compté.
Il y a un an et demi, elle nous a montré un début de tapisserie sur un long tissu de lin écru. Couleurs chatoyantes mais… un immense blanc par rapport au petit bout brodé ! Et puis au fil des mois sont apparus les personnages, tous plus expressifs les uns que les autres, de beaux arbres en arrière-plan. Et cette merveilleuse bordure !!! Bravo donc à l’artiste qui a composé cette grille, Agnès Spaëth de Orbis Pictura.
Quelle patience et quelle passion développées pour arriver à bout de ce travail… La constance de Joelle nous inspire tant d’admiration ! Cette tapisserie contient aussi des souvenirs communs : notre Kristine polyvalente a aidé Joelle à se sortir d’un casse-tête angoissant, le manque de tissu en bout de tapisserie… Kristine-les-bons-tuyaux lui a montré comment assembler la bande manquante sans que personne ne puisse imaginer le rajout. Les réunions du Patch d’Oc servent aussi à ça !
Ici c’est Godefroy de Bouillon, dont le nom reste dans nos mémoires, chef de la 1ère Croisade, proclamé Roi de Jérusalem en 1100.
Je ne vous fais pas plus languir, voici le chef-d’oeuvre en entier :
Cette fresque est réalisée au point compté d’après une grille originale créée par Orbis Pictura. A la suite de Godefroy nous pouvons admirer des « Preuses » : Delphile, mère de Diomède dans l’Illiade, puis Teuca, reine d’Illyrie (portrait de Marguerite de Roussy, épouse de Thomas III, ancien maître du château), puis Etiope, reine des Amazones, puis Lampétie, autre reine des Amazones, et enfin Tamaris, la cruelle reine des Massagètes. Tous les personnages sont « à la mode contemporaine » du début du XVe siècle.
Pour cette fresque, cinquantes nuances de fils DMC ont été utilisés au cours des quelque 2 500 heures de travail (5 à 6 heures par jour pendant 14 mois 1/2)… Si vous êtes aussi folle (je veux dire passionnée) que Joelle, vous pouvez vous procurer la grille pour la réaliser vous-même par ici.
Mais quelle est l’inspiration de ce tableau ?
Les neuf Preuses, enluminure du début du XVe siècle du manuscrit Le Chevalier Errant.
Castello della Manta, situé près de Saluzzo (Saluces) en Italie. Il appartint notamment à Thomas III, auteur du Chevalier Errant (écrit en 1394-1396), important manuscrit en français du Moyen-Âge, allégorie de la vie à travers le voyage d’un chevalier des mondes d’Amour, de Fortune et de Connaissance (source : wikipedia). Le thème des Neuf Preux, évoqué par cet auteur, est récurrent dans les récits moyenâgeux.
Le château mérite manifestement une visite ! La tapisserie est l’interprétation d’une fresque peinte sur les murs d’une salle du Château de la Manta (piémont italien). Les 18 personnages de la fresque sont les Preux et Preuses, souvent évoqués dans les écrits au cours du Moyen-Âge (voir ici). Egalement présents dans « Le Chevalier Errant » de Thomas III, ils se retrouvent sur ces peintures commandées par le fils de l’auteur et réalisées par un peintre dont on n’a pas gardé trace avec certitude. Ces personnages issus de l’Histoire ou de la Mythologie revêtent l’apparence de personnes contemporaines (comme l’épouse de Thomas III, voir ci-dssus), ce qui à l’époque comprenait sûrement de nombreux sous-entendus ! Voici un montage photos montrant les 9 Preux et les 9 Preuses des murs du château de la Manta :
Salle du château de la Manta peinte au XVe Siècle d’un peintre inconnu. Les personnages se succèdent, grandeur nature : Godefroy de Bouillon côtoie Jules César, Charlemagne et autres « Valeureux », ainsi que les femmes, neuf « Preuses » ou « Héroïnes ». Tous les personnages ont des attributs qui les caractérisent : leur blason, mais aussi des objets tranchants ! Ces personnages sont dans un pré et un bel arbre fruitier ponctue chaque passage d’un personnage à l’autre.
Outre cette fresque, une Fontaine de Jouvence fait partie des curiosités du château aux relents de recherche ésotérique car des alchimistes ont vécu là… et 270 fleurs et plantes peintes sur les murs, parfaitement reproduites, sont comme des pages d’un livre de botanique grand ouvert… Que de trésors du côté de Saluces !
Maintenant, je me réjouis car Joelle va ENFIN avoir le temps de s’adonner au patchwork 😉 !!!
Laissons Violetta à nos Jeunes Pousses et Jeunes Poussent (de France Patchwork) qui ont l’âge de s’y intéresser, même si une Abeille a été particulièrement contaminée par la Violett’Mania :
Une Violetta est née dans la Ruche ! Entre Colette (maman de notre conférencière Hélène Vié) et Maïté l’Abeille, notre Violetta (Brigitte)
En cette année 2015 pendant laquelle nous fêtons notre patrimoine régional, la Journée de l’Amitié France Patchwork 31 du 6 mars dernier avait pour thème la Violette de Toulouse. C’était une journée comme on aime, amicale et chaleureuse, grâce à tous les participants !
Un peu de botanique
La violette qui fleurit en ce moment dans mon jardin est la violette odorante qui fleurit en mars et se resème un peu partout. Elle a 5 pétales, tout comme les pensées qui sont de la même famille. C’est une fleur originaire du nord du bassin méditerranéen, elle est donc chez elle ausi bien en Provence qu’en Italie ou en Grèce, mais dans les coins ombragés, dans le secret des bois ou des zones humides…
Joyeuse colonisation de violettes dans mon jardin sauvage
Ces violettes font partie de la pharmacopée européenne millénaire.
Parmi les centaines de variétés, il y en a une qui fait un pompon de 30 à 50 pétales, délicatement odorante, au feuillage luisant légèrement gaufré : c’est la violette de Toulouse, issue de la violette de Parme. Cette dernière fleurit tout l’hiver.
Devant la fenêtre de ma cuisine, les deux pots violets contiennent des plants de violettes de Toulouse, produits et vendus par Hélène Vié.
La Cité des Violettes
Ces violettes ont une longue histoire d’amour avec Toulouse, devenue la cité des Violettes grâce au travail des maraîchers de St-Jory, Aucamville, Lalande, Launaguet, Castelginest, et Saint Alban, tout un territoire jadis campagnard au nord de la Ville Rose (qui cumule les références florales) où on compta jusqu’à 600 producteurs de violettes ! L’histoire a retenu que vers 1850 un soldat de Napoléon III, rentrant à Saint-Jory d’une campagne d’Italie, rapporta un plant de violettes de Parme à sa bien-aimée, lequel fut multiplié… et un grand commerce naquit. La violette était, au XIXe siècle, la seule fleur « de fleuriste », expédiée en bouquet dans un joli carton ! Grâce à l’aéropostale qui se développait à Toulouse -tout est lié- les bouquets se vendaient dans toute l’Europe jusque dans les années 1950. La culture sous chassis en plein hiver était ardue mais c’est le terrible gel de l’hiver 1956 qui mit fin à cette activité traditionnelle.
D’où vient l’appellation Violette de Parme ? Nous sommes obligés de parler ici de Napoléon 1er ! Si le langage des fleurs correspondant à la violette ne correspond pas du tout au tempérament de l’Empereur, c’est pourtant celle-ci qui jalonne sa vie personnelle. Il eut d’ailleurs le surnom de Père la Violette…
Tout d’abord, à sa première rencontre avec Joséphine de Beauharnais, la belle créole portait un bouquet de violettes élégamment noué à sa ceinture. Dès lors ce fut « leur » fleur, comme tous les amoureux ont « leur » chanson ou « leur » lieu fétiche. Puis son autre grand amour, Marie-Louise d’Autriche (nous en parlions ici) adorait également cette fleur et, à la chute de l’Empire, devint Duchesse de Parme. Elle s’y établit définitivement et demanda de créer une fragrance secrète pour elle à base de la violette cultivée dans les environs… Ainsi est née l’Eau de Parme, ainsi que la diffusion du nom de la couleur, le parme ou violet éclairci, couleur de cette fleur !
Revenons au XXe siècle à Toulouse. Quelques pieds dégénérés de la violette de Parme ont malgré tout subsisté et un ingénieur agronome, Adrien Roucolle, réussit en 1985 à les sauver grâce à une culture in-vitro. C’est pourquoi les Violettes de Toulouse (appellation déposée en 1985) ne sont plus cultivées qu’en pots pour éviter toute nouvelle dégénérescence.
Depuis, la Reine des Violettes de Toulouse est sans conteste Hélène Vié ! Cette dame passionnée et passionnante a eu la grande gentillesse d’accepter de nous raconter le parcours de cette petite fleur et son histoire liée à notre ville. Infatigable, elle fait tout pour promouvoir « notre » violette et des produits dérivés de qualité, fabriqués dans la région toulousaine. Liqueur, bonbon, gâteau, thé, moutarde, une multitude d’expériences gustatives vous sont proposées dans La Maison de la Violette, péniche amarrée le long du canal du Midi au centre de Toulouse (écluse Bayard). Vous y trouvez également mille et un objets sur le même thème !
Depuis l’an 2000, la violette de Toulouse a sa Maison !
Notre Journée de l’Amitié
Le dress code de la journée était autour du violet ! Presque toute l’assistance a joué le jeu, arborant du violet et nous avons eu une très belle exposition éphémère autour de cette couleur.
Les quatre amies du Vent du Sud ont même créé une tenue qui les fait entrer dans le club des Amies de la Violette ! Admirez le sublime quilt d’Any Vieussens en arrière-plan…Raffinement suprême, leurs assiettes étaient de porcelaine peinte main… des violettes bien sûr ! Remarquez que ces dames ont une bonne lecture (si vous ne reconnaissez pas : c’est le dernier numéro des Nouvelles de France Patchwork !)La salle Satgé de Colomiers a un décor qui nous convenait parfaitement, avec un large dessin des bords de la Garonne et des couples dansant en costume folklorique ! Merci au club de patchwork de Colomiers d’y avoir invité France Patchwork !
Cette Journée de l’Amitié nous a permis de découvrir de nombreux produits offerts par Hélène… et tout autant de très beaux ouvrages apportés par les adhérentes.
Merci aux adhérentes d’avoir apporté tant de quilts de qualité !
Des fleurs cristallisées, des bonbons, des gâteaux, des dragées chocolat/violette (sublimes !!) en dégustation libre, devant le quilt « Violettes Impériales » de Cécile Milhau. Hélène Vié au cours de sa passionnante conférence !
L’après-midi, nous avons changé de couleur pour nous consacrer à l’annonce d’un partenariat avec les Blouses Roses de Toulouse(cliquez pour lire un article à ce sujet). Pour Noël, les adhérents de France Patchwork 31 offriront des doudous aux enfants longuement malades à l’hôpital des enfants de Purpan. L’émotion était palpable et nous souhaitons que cette action aura un large succès (des précisions dans le prochain bulletin FP31).
Brigitte, Gisèle, Katell et Christine représentant le club de Balma, les Blouses Roses et France Patchwork 31.
Merci infiniment à Gisèle de nous donner la possibilité, grâce à son réseau, de faire un petit geste pour ces enfants, ainsi qu’aux soeurs Brigitte et Christine qui seront les coordinatrices de cette action !
Journée violette et rose, journée de joies et d’émotions… Grâce à l’association France Patchwork qui nous réunit, que de bons moments passés ensemble !
J’ai été très touchée par vos nombreux commentaires à la suite de l’article précédent, à la fois sur le quilt pour Cécile et pour la naissance de Rose, merci infiniment ! Cécile m’a permis, pour vous remercier, de mettre dans cet article quelques photos de son plus précieux trésor…
Née le jour de la Sainte-Rose de Lima, elle ne pouvait mieux faire ! Derrière la porte, apercevez-vous le quilt de Cécile bien à sa place ? J’ai eu le plaisir de voir que tous les visiteurs l’admiraient ! En poussant la porte, on le voit mieux .
Le mur est décoré bien à propos !
En attendant de faire un petit quilt à ma nièce, je lui ai préparé un petit doudou copié dechez Nana Company:
Voici le modèle, adorablement mis en scène sur ce très joli blog aux couleurs douces. Celui de Rose a le corps en velours milleraies coton, les yeux et le museau sont brodés. « Evidemment », il y a des roses imprimées sur ce tissu…J’ai fermé le dos avec un cordonnet pour plus de solidité. Comme les points se voient, j’ai ajouté une rangée de broderie dessus pour faire diversion !Et voici Rose dormant avec son doudou, petite fleur de six jours… Nous n’avons pas fini de jouer avec ce prénom qui lui va si bien !
J’ai quitté Rose à grand peine, si heureuse de pouponner quelques jours… N’est-elle pas craquante ?… Mais le retour à la maison – Home, sweet Home – est bien agréable aussi, avec dans la pile de courrier, de la lecture :
Emotion d’y trouver le premier article de la nouvelle rubrique que la rédactrice en chef Monique Lopez-Velasco m’a confiée : De la Tradition vers la Modernité. Les lecteurs, adhérents de France Patchwork, pourront constater la participation active de plusieurs Abeilles de cette Ruche : c’est un bonheur d’avoir préparé ensemble ce petit dossier sur les Mosaïquilts !