Fibre Occitane est exposée dans quatre salles successives… un lieu serein, bel écrin des quilts brique & pastel.
C’est toujours difficile de faire comprendre que, si tout le monde touche aux quilts exposés, ils finiront par devenir sales. Mais non, je suis propre ! nous rétorque-t-on. Je suis tellement tactile avec les tissus… dit une autre. Oui mais, c’est interdit, même à vous.
A Fibre Occitane, nous avons donc accroché ces panneaux qui attirent l’œil :
Efficace à 99 % 🙂 Pas mal pour une exposition de quilts !!
On les remarque bien, accrochés par des lisières (oui , elles deviendront quilt plus tard)
Encore une semaine d’exposition à Roques… mais vous êtes prévenus, on ne touche pas.
Un excellent accueil vous sera réservé quand même 😉
Depuis vendredi dernier, Fibre Occitane expose ses 65 quilts à Roques-sur-Garonne.
Les salles d’exposition se trouvent au 2e étage de ce magnifique moulin à eau rénové et dédié à la culture. La Garonne est à quelques mètres et des moutons tondent la prairie des filtres, manière bien écologique d’entretenir l’espace herbeux.
Cette exposition est l’expression de nombreuses quilteuses et d’un quilteur membres de France Patchwork et de la région Patch d’Oc (Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne), à l’initiative de FP31. Lors du lancement de ce projet, nous avons proposé un ensemble de critères pour obtenir cette douce harmonie, de l’élégance dans l’expression et un thème fédérateur : le patrimoine « de chez nous », la douceur de vivre du Pays de Cocagne et des pays environnants, l’héritage que nous sommes si heureux de mettre aujourd’hui en lumière.
Quatre salles en enfilade sont l’écrin de ces quilts écocateurs de tant de lieux, de personnes, de particularités naturelles ou culturelles de notre région ! C’est un livre ouvert sur les beautés de Midi-Pyrénées (bientôt l’Occitanie 😉 ?) et une invitation à la balade.
Des livres de patchwork, arts textiles et patrimoine sont consultables sur place, mis à disposition par la médiathèque du 1er étage.A l’image de ce quilt, la plupart des ouvrages racontent en couleurs brique & pastel, en patchwork, appliqué et broderie, des morceaux choisis du patrimoine culturel ou naturel de leur petit coin de paradis.Tous les quilts sont superbes, certains ont la chance de bénéficier de niches en briques et galets typiques de l’architecture locale.Au premier plan, le quilt « Cabinet de Curiosités » de Christophe mesure 1,80 m de côté, il est fait entièrement à la main et présente de multiples facettes du Museum d’Histoire Naturelle de Toulouse. En arrière-plan, un quilt fait par une centaine d’adhérents de FP31 lors d’une JA, sur fond de blue jean et de soie blanche.Evelyne, toute souriante devant son évocation personnelle des Pyrénées, avec un beau travail textile innovant, quelques vers d’Edmond Rostand et des exemples de la flore locale.Kristine dans l’espace Violettes de Toulouse, devant ses œuvres.
Le quatuor du sud-31, Mireille, Yolande, Nelly et Hélène, ont réalisé ce délicat sampler très raffiné sur nos belles Pyrénées… Ce sont mes chères amies, les Filles du Vent du Sud…
Pour plus de photos, plus de commentaires, vous pouvez aller sur les blogs de Christophe et Murielle… d’autres suivront peut-être. Mais bien sûr ici dans la Ruche, ce n’est que le début des présentations !
Ouverture du mardi au vendredi de 10 h à 18 h, le samedi de 10 à 13 h, du 1er au 16 avril.
A 20 mn de là, n’oubliez pas, jusqu’à mercredi, l’exposition du club de Balma : elle vaut le détour avec ses quilts aux multiples influences parfaitement réalisés, l’accueil chaleureux… et la merveilleuse décoration de Françoise 😀
Quand j’étais jeune, on apprenait que le printemps arrivait invariablement le 21 mars. Aujourd’hui, nous tenons compte du moment exact de l’équinoxe où sont égales, partout sur terre et dans les deux hémisphères, les durées de la nuit et du jour. Cette année, heure de Paris, c’était aujourd’hui à 5 h 30 (et 11 secondes et des poussières de temps). Vous trouverez toutes les explications par ici !
Le printemps est une renaissance de la nature, l’éclosion des fleurs parmi lesquelles la pivoine en est l’impératrice :
Nous avons proposé aux adhérents de France Patchwork 31, il y a plus d’un an, de faire des blocs inhabituels ; il en résulte deux quilts appelés respectivement Fleurs d’Antan et Fleurs Occitanes. C’est le jour idéal pour vous les présenter, n’est-ce pas ?
Fleurs d’Antan Nous voulions rendre hommage à nos aïeules qui, pour beaucoup d’entre nous, nous ont transmis le goût de l’aiguille et du fil. Alors, sur un tissu ancien, chacun a brodé le prénom de cette dame chère à notre cœur. Ces femmes de notre passé, de notre patrimoine intime et personnel, sont réunies sur ce quilt en hommage collectif. Certaines ont des prénoms de fleurs (Rose, Marguerite, Violette, Hortense…) mais toutes sont des fleurs éternelles dans nos cœurs.
Il est très difficile de faire une photo d’un ouvrage blanc. La lumière sera bien meilleure dans la salle d’exposition, heureusement ! Certaines broderies méritent un petit clic d’agrandissement…
Fleurs occitanes Plus actuelles mais tout autant poétiques, les fleurs occitanes sont sur fond de blue jean récupéré et brodé sur de la soie blanche offerte par Annick Subra, adhérente FP qui possédait naguère un grand magasin de tissus prestigieux en plein centre de Toulouse. Chacun a laissé libre cours à son imagination pour broder son petit carré ! J’avais donné comme idée de départ la fabuleuse Traveler’s blanket de Dijanne Cevaal, faite de broderies doodle. Agrémenté de boutons anciens de nacre, le résultat est enthousiasmant !
Pour chacun de ces ouvrages, les couleurs brique et pastel, associées au blanc ou écru, étaient prescrites, c’est le fil conducteur de cette exposition.
Le baptême est pour bientôt ! Déjà avant-hier, Hauts-de-France a été choisi comme nom de la région du nord de la France. Cela doit encore être validé par le Conseil des Ministres le 1er juillet. D’autres nouvelles appellations vont suivre.
Serons-nous les Bas-de-France ? Depuis lundi les suggestions ne tarissent pas.
D’après les sondages locaux, je suis comme la majorité favorable à Occitanie pour ma région agrandie. Tout comme Aquitaine, elle n’aurait pas un tracé historiquement exact, mais gagnerait en identité acceptée et assumée par la majorité. Les politiques oseront-ils faire simple et harmonieux ?
Occitanie, notre région – Katell Renon
J’ai donc terminé ce quilt au nom revendicateur Occitanie, notre région ! Il est constitué de blocs faits avec la méthode si facile et ludique de Sujata Shah avec au milieu une croix occitane appliquée pas trop voyante, comme un graffiti à moitié effacé sur un mur de briques.
Avec d’autres quilts bien plus recherchés que celui-ci, il sera exposé à Roques-sur-Garonne dans 15 jours.
Depuis longtemps j’observe les quilts, devants et dos dès que je peux. De plus en plus, un soin particulier est porté aux étiquettes, ou labels si on garde le nom anglais.
Mais je n’avais encore jamais vu une étiquette de 68 x 46 cm ! Mon bon copain Christophe, nouveau dans le patchwork mais ancien dans la broderie, a fait pour son quilt à exposer à Fibre Occitane une étiquette à nulle autre pareille.
Je garde encore secret le devant du quilt, mais voici une partie fort intéressante du dos :
Mon Cabinet de Curiosités, Christolchuk. Je crois que vous pouvez cliquer pour agrandir ! Notez les symboles de l’année 2015… Cet homme a autant de cœur que de talent !
Vous faites peut-être partie des quilteuses folles de récupération, préservant même les lisières des tissus pour les utiliser ensemble à part entière, comme on le ferait de n’importe quelle bande de récupération.
Mais savez-vous qu’indépendamment du patchwork, les lisières étaient réutilisées dans l’économie ménagère des siècles précédents ?
Auparavant, il n’y avait pas de normes concernant la largeur des tissus, la limite physique était imposée par le métier à tisser. On tissait la largeur juste nécessaire pour faire le linge de maison, du drap au torchon : deux ourlets à faire, c’est mieux que quatre ! Ces bordures droites, ces lisières étaient si possible utilisées aussi en confection, le long des boutonnières par exemple. Et puis on peut même évoquer les rubans, qui sont finalement des tissus d’une largeur variant de quelques centimètres à quelques millimètres, avec leurs deux lisières bien mises en évidence.
A chaque fin de vie de drap, on récupérait les bords (moins usés que le centre) et on conservait toutes les lisières qui étaient restées bien solides. L’usage en était tellement banal qu’il est difficile d’en trouver des traces écrites. Mais les langes de bébé, ces carcans invraisemblables, étaient la plupart du temps des lisières de draps. Seuls les bébés nés dans des familles aisées avaient droit à de la dentelle sur les langes, mais ils étaient tout autant entravés… et rarement changés.
Le futur Louis XIV et sa nourrice, Dame Longuet de La Giraudière. Peinture de C. Beaubrun.Jusqu’au début du 20e siècle, les enfants sont emmaillotés dans les campagnes. Voir ici… Dans plusieurs régions la coutume était de les accrocher à un clou, ou les mettre dans un sac suspendu. JJ Rousseau a longuement traité de l’éducation des enfants dans son livre l’Emile, un traité révolutionnaire sur l’éducation, et recommande notamment de vêtir les bébés de manière plus libre. Comme le monde n’est jamais parfait, ses excellentes visions n’ont pas fait de lui un bon père, mais c’est une autre histoire… Voir le blog les Petites Mains, très documenté sur ce vaste sujet.Emmaillotage d’un bébé – Hiver, de Giuseppe Gambarini, 1721.
Les lisières étroites avaient aussi le rôle de ficelle. Toujours pour les bébés, elles maintenaient le bébé dans le berceau :
On garde en mémoire, dans la littérature ou la peinture, trace de l’utilisation des lisières comme brides pour tenir les enfants en laisse lors de leurs premiers pas.
Tableau de Rubens : sa femme tient leur enfant en lisière, qui porte aussi un bourrelet autour de la tête.
Pour prévenir les dangers d’une chute, on confectionnait également une sorte de casque en chutes de tissus appelé bourrelet.
Emile n’aura ni bourrelets, ni paniers roulants, ni chariots, ni lisières ; ou du moins, dès qu’il commencera de savoir mettre un pied devant l’autre, on ne le soutiendra que sur les lieux pavés, et l’on ne fera qu’y passer en hâte*. Au lieu de le laisser croupir dans sa chambre, qu’on le mène journellement au milieu d’un pré. Là, qu’il coure, qu’il s’ébatte, qu’il tombe cent fois le jour, tant mieux : il en apprendra plutôt (sic) à se relever.
* Il n’y a rien de plus ridicule et de plus mal assuré que la démarche des gens qu’on a trop menés par la lisière étant petits : c’est encore ici une de ces observations triviales à force d’être justes, et qui sont juste en plus d’un sens.
L’Emile, livre II.
La lisière est, de manière figurative, ce qui sert à guider :
Nous sommes de vieux enfants ; nos erreurs sont nos lisières, et les vanités légères nous bercent en cheveux blancs.
Voltaire, Epître 88.
Une expression, « tenir quelqu’un en lisières », signifiait « tenir quelqu’un sous sa coupe ».
Nous avons oublié l’existence des chaussons en lisière, si communs des siècles durant et pourtant encore portés au XXe siècle. Il s’en faisait dans de nombreux ateliers. Il nous en reste juste les espadrilles du pays basque !
Les romans regorgent de citations comme :
Je n’avais que mes chaussons de lisière à mes pauvres pieds.
Eugène Sue, Mystères de Paris II (1842)I
Il distingua soudain un bruit assez difficile à exprimer et qui devait être produit par des hommes en chaussons de lisière montant l’escalier.
Honoré de Balzac, le Père Goriot (1835)
J’ajoute le commentaire que je viens de recevoir :
Ces chaussons étaient traditionnellement tressés dans des ateliers de prison et « tresser des chaussons en lisière » était synonyme, dans l’argot des voleurs, d’être en prison !
Le pis qui pouvait arriver, c’était que Raboliot se fît cueillir par les gendarmes. Alors, il tirerait un mois à Sancerre, chauffé, nourri pour rien, fabriquerait des chaussons de lisière, et reviendrait la mine florissante, avec un pécule dans sa poche.
Genevoix, Raboliot,1925
Illustration Gournay : Vous n’avez pas de chaussures, v’nez par ici… vous allez faire des chaussons de lisière.
… Mais c’était aussi une occupation pour les aliénés ou les aveugles. Louis Braille fut nommé « contremaître de l’atelier de chaussons de lisière et de tresse » à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles de Paris, alors qu’il mettait au point son alphabet, à l’âge de 14 ans… La valeur n’attend pas le nombre des années !
Alors les quilteuses d’aujourd’hui sont les héritières de cette longue tradition ! Si les lisières se réutilisent depuis la nuit des temps, certaines en font vraiment des quilts formidables :
Sauvez vos lisières ! C’est l’appel de Riel Nason qui publie son livre très bientôt ! Ce quilt est vu ici.
Pour en savoir plus, lisez le dossier « Modern Quilt » des Nouvelles n°128, magazine de France Patchwork, qui va arriver dans les boîtes aux lettres des adhérents dans quelques jours ! J’ai essayé de vous inciter à vous amuser avec ces petites bandes de rien du tout…
Quant à l’Arbre de Vie dans la rubrique des Modèles, vous verrez le quilt qui me l’a inspiré, de Karen Griska, par ici!
De nombreuses quilteuses de Haute-Garonne ont bien apprécié découvrir comment utiliser élégamment des tee-shirts en fin de vie, avec une technique popularisée par Natalie Chanin (son entreprise se nomme Alabama Chanin). Comme promis voici quelques photos ! Tout d’abord, j’ai vu les pochettes de Josée de Nadaï et Michèle Morin lors de la très belle exposition de Cazères, puis vous avez celle de Maïté l’Abeille avec des détails montrant bien que toutes les coutures sont « à cru », sans rentré, et enfin celle d’Eliane Géraud, d’une élégante simplicité :
Mention particulière à Florence Bismuth qui a adoré cette technique, vous pouvez voir sa première pochette en fin d’article ici. Elle ne s’est pas arrêté là :
Florence achète deux tee-shirts identiques (sauf la couleur), les superpose, brode au point avant des feuilles ou autres motifs… et coupe le tee-shirt de dessus afin de faire apparaître la couleur du dessous ! Quelques perles et c’est un tee-shirt magnifiquement customisé !
… Et je sais que beaucoup d’autres pochettes ont été terminées et vont faire partie des présents de fin d’année, bravo à toutes !
Rendez-vous avant la Saint-Sylvestre pour une visite virtuelle chez une quilteuse en Floride ! En attendant, de tout cœur passez de très belles fêtes de Noël… Pour moi, ce sera du côté de Toulouse !
Le Pont-Neuf et La Dalbade, Toulouse, peinture d’Henri Martin (1860-1943)
Eh bien celles qui nous intéressent, celles du patchwork dans tous ses états ! Le magazine Les Nouvelles, Patchwork et Création Textile vient de paraître. Vous trouverez ici son sommaire, histoire de vous donner l’eau à la bouche si vous ne le recevez pas… Il y a des reportages sur l’histoire du patchwork, les expositions qui comptent, des rencontres avec des artistes renommées, des inspirations à foison (ne manquez pas le dossier sur les tessellations) et toujours de nombreux modèles…
Superbe couverture ! Contraste, Béatrice Bueche.
Nous sommes en pleine mutation avec la déferlante du Patchwork Moderne, nommé ainsi faute de mieux. Diverses tendances se dessinent, promues par de jeunes stylistes et des tissus imprimés aux nouvelles influences graphiques, des blocs revisités, mais on conserve l’essentiel de ce qui caractérise le patchwork : l’assemblage de tissus pour en faire un bel ouvrage textile matelassé, à utiliser quotidiennement sur un lit ou en jeté de canapé, ou en décoration murale… Rien de révolutionnaire, mais on ne peut ignorer cette évolution somme toute très accessible !
Ce patchwork moderne est différent de ce qu’on appelle en France Art Textile, discipline artistique aux multiples matières et aux volumes libres, souvent plus proche des arts plastiques que du patchwork. Quant au Patchwork Contemporain, c’est une expression clairement artistique, oeuvre d’exposition qui reste de fil et de tissu, sous forme de quilt (= avec 3 épaisseurs) comme celui de la couverture ci-dessus. Mais ce ne sont que des étiquettes et il y a de la place pour tout le monde, à chacun de s’épanouir dans ce qu’il préfère !
Comment se procurer ce magazine? Vous le recevez si vous êtes adhérent France Patchwork (en code 1 : abonnement compris !) ou au stand France Patchwork lors des Salons de France et de Navarre (et parfois aussi bien plus loin).
Cela fait maintenant plus d’un an et demi que je contribue au rédactionnel avec une rubrique de quatre pages consacrée à l’évolution du patchwork. C’est ce qui me tient à cœur : connaître le passé pour mieux apprécier le présent, et la matière est riche en ce qui concerne le patchwork ! Si la préparation d’un dossier trimestriel pour Les Nouvelles est pour moi un plaisir, la recherche d’illustrations en haute définition est la partie la plus stressante… Mais au fil du temps je me rends compte à quel point les conservatrices de musées américains et les quilteuses du monde entier sont gentilles, abordables, arrangeantes et très généreuses.
Cette fois-ci, j’ai fait appel à Denyse Saint-Arroman* (France), Martha Dellasega Grey (USA), Laetitia Brugère (France), Marit Naerheim (Norvège) et last but not least, Kathy Doughty (Australie). Toutes ont cherché dans leurs archives pour m’aider à boucler le dossier et offert leurs belles photos à France Patchwork. Que chacune en soit ici sincèrement remerciée !
Dans ce numéro de décembre 2015, le sujet abordé est celui de l’Assiette de Dresde ( p. 26-29) et je viens de terminer pour ma petite Maman celle que j’avais commencée en faisant les photos pour les explications en pas-à-pas (modèle p. 92-94) :
Mais ce numéro est riche de tant d’autres choses à découvrir !
VU :article de Sirop de Citrouille, qui a eu la gentillesse de m’adresser des photos de son très beau quilt « Sortir du Rang »!
Ce n’est pas un secret : beaucoup de quilts recyclent les étoffes usagées… y compris les tee-shirts. Ils peuvent même devenir de très beaux ouvrages !
Natalie Chanin, fondatrice de Alabama Chanin, maison de couture et accessoires prônant les matériaux écolos, recyclés, ainsi que le travail à la main… La matière première reste le jersey de coton (=maille de tee-shirt)
Au fin fond de l’Alabama, l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis, là même où se trouve le hameau Gee’s Bend, une jeune femme a commencé à utiliser des tee-shirts usagés pour en faire « autre chose ». De fil en aiguille, elle a créé un style à la fois brut et raffiné. C’est la belle Success Story de Natalie Chanin ! Le travail pour réaliser un vêtement (car elle fait des défilés de mode) est souvent énorme, le prix aussi ! Mais elle partage généreusement sa manière de travailler dans ses livres et on comprend la somme de travail que peut représenter une seule pièce… Elle a hérité de l’adresse de ses grand-mères, toutes deux excellentes couturières, et de techniques utilisées durant la Grande Dépression des années 1930. Tout est fait à la main, y compris les longues coutures, les bords sont laissés à cru (le jersey de coton fin ne s’effiloche pas !) et les techniques sont principalement l’appliqué, l’appliqué inversé, ornés de perles ou de broderies, de bordures en maille jersey…
Etonnant, non ?…
Les techniques d’Alabama Chanin sont un peu connues en France : je vous invite à aller voir en particulier Théa Oz et sa superbe robe !
Voici un aperçu des réalisations Alabama Chanin :
Elle garde aussi le goût des quilts, omniprésents dans sa vie. Maintenant elle les conçoit tous en tee-shirts comme ceux-ci :
Natalie Chanin est maintenant très connue aux Etats-Unis, certaines stars de la musique ou du cinéma lui font de la pub en portant ses vêtements, tous faits dans un atelier, en Alabama.
Pour donner l’idée d’utiliser cette matière inhabituelle et pourtant si commune et contribuer à faire connaître Alabama Chanin, nous avons fait un atelier utilisant du jersey de coton vendredi dernier en Journée de l’Amitié France Patchwork 31 à Pibrac (31). C’était l’après-midi, après la présentation de quilts traditionnels faits par Will Vidinic.
Trois livres d’Alabama Chanin étaient à disposition pour donner des idées, ainsi que quelques travaux déjà réalisés. Kristine l’Abeille a conçu une pochette à faire et des stencils pour que chacune dessine « son » dessin sur le jersey. Le travail n’est pas difficile et les résultats ne se sont pas fait attendre !
Découpage de bouts de tee-shirts pour ajouter de la couleur aux jerseys de base distribués en kit.Exemple : une écharpe faite par Kristine. Les bords sont des bandes tortillées et appliquées au point avant.
Merci à toutes les participantes qui ont terminé leur pochette de m’adresser une photo, je les publierai en décembre ! Déjà j’ai reçu celles de Florence, pochette vue recto-verso :
Appliqué inversé coupé laissé « à cru », jolis points avant bien visibles, des perles en déco : c’est tout l’esprit Alabama Chanin, bravo Florence !
La délégation France Patchwork 31 a fait un immense plaisir à ses adhérentes : une matinée entièrement consacrée aux quilts traditionnels ! C’est Will Vidinicqui nous a ouvert ses deux malles aux trésors, avec deux quilts puis d’innombrables tops, tous très différents, nous offrant une grande leçon de liberté ! Cela peut sembler contraire au traditionnel, mais c’est parce que nous méconnaissons souvent en France l’inventivité, le « make-do » (faire avec ce qu’on a) des quilteuses d’antan !
Deux quilts accrochés au mur et plus d’une vingtaine de tops ont été admirés, photographiés, applaudis…
Nous subissons tant de tragédies en ce moment que nous avons d’autant plus apprécié la parenthèse de bonheur procurée par notre invitée. Nous avons déplié et admiré une grosse pile de tops, autant que Will a pu en mettre dans ses deux lourdes valises. Elle nous a transportées dans le monde des tissus anciens, beaucoup de merveilles d’origine hollandaise, française, des reproductions de tissus américains (eux-mêmes issus de traditions européennes : à lire en français Quilts Traditionnels et tissus anciens, Barbara Brackman, Editions de Saxe), étoffes précieuses mais aussi des tissus « de ménage », ces tissus dont on faisait les vêtements usuels et linges de maison.
Deux précieux livres sur l’histoire des tissus et des quilts, dont un a été traduit.
Les quilts et tops de Will sont tels qu’elle les aime, traditionnels aux mille et une inspirations, allant du quilt « country » en pilou, chemises, lainages ou en mouchoirs français jusqu’aux reproductions les plus raffinées de médaillons aux tissus précieux. Souvent ils surprennent par leur non-conformisme, par l’alliance de certaines couleurs, mais on reconnaît que ça fonctionne, ça se met mutuellement en valeur !
C’est ainsi que s’est déroulé le « Show & Tell » (montre et raconte), Kristine et moi tenions les tops tandis que Will les commentait. Ce quilt est mis en valeur par sa bordure bleue inattendue !On ose rarement mettre autant de jaune dans un quilt, n’est-ce pas ? Et pourtant, n’est-il pas éclatant de joie ?Le maître mot de beaucoup d’ouvrages anciens, ainsi que leurs descendants comme celui-ci, est : simplicité. Un bloc tout simple fait des merveilles, ici mis en valeur par un tissu dont personne ne voulait, trop grisâtre, trop fade. C’est pourtant un écrin pour les autres couleurs ! En deux images, nous avons compris l’étendue de notre liberté…Ceci vous semble-t-il bien complexe ? Ce ne sont pourtant que des carrés bicolores !Will sait aussi être virtuose !
Reconnaissez-vous le quilt mystère Quiltmania de Di Ford, transformé par un tout autre choix de couleurs ? Une belle & large bordure encadre le top. C’est ici un tissu de « colonnade » d’une ancienne collection de Barbara Brackman. Le motif est coupé en deux pour mieux encadrer ce superbe médaillon.
En voulez-vous quelques autres ? En voici !
Nous ne nous lassons pas des étoiles !Voici un top bien sage. Mais approchons-nous…Chaque bloc est unique, en tissus de chemises récupérées. Quant au tissu de base, c’est un beau drap !Superbe modèle d’Edyta Sitar
C’est une vue proche d’un top que Will a fait d’après un modèle de Bonnie Hunter (Quiltville). Si vous ne la connaissez pas encore, allez voir son blog ! Un quilt mystère commencera le 27 novembre et à l’onglet Allietare, vous avez les gammes de tissus à préparer. Amusez-vous bien !Ceci a suscité de nombreux commentaires : les hexagones sont suffisamment grands pour avoir été assemblés à l’américaine, au point avant, une découverte pour beaucoup ! L’agencement aléatoire des grands imprimés (de très beaux tissus anciens français) a également ouvert de nouvelles perspectives quand on croit ne pouvoir faire que des rosettes. Quant à la bordure, elle est somptueuse…Nearly Insane, le sampler qui rend presque fou/folle… d’admiration !Ces adorables mini-paniers rappellent à Will les échanges de tissus avec son groupe de copines !Will a choisi d’utiliser un croquet pour faire les anses : futé et joli !
Vous n’avez pas tout vu, les 90 adhérentes présentes ont eu la chance d’en voir à peu près le double, mais j’arrête ici la galerie… Allez voir le blog de Will, Not-so-zen-quilts, pour mieux la connaître !
Après le Show & Tell, chacune a pu poser toutes ses questions à Will, toucher les ouvrages, regarder les dos… Une vraie leçon pour chacune.
Merci à toi Will, tu sais que tu seras toujours la bienvenue dans la Ville Rose !
Et bientôt, nous partagerons le thème de l’atelier de cette JA aux accents très différents, mais ayant un point commun : on fait encore du neuf à partir du vieux ! Recyclage encouragé, encore et toujours…
A bientôt !