La connaissez-vous ? C’est ma romancière préférée, j’ose le dire, même si je n’adore pas tous ses livres, même si elle n’aura jamais le prix Nobel (quoique ? Moi je voterais pour elle!). Mais dans d’autres arts également, ce ne sont pas les plus « parfaits » qui me touchent forcément le plus. Tracy prépare ses romans de la manière la plus sérieuse possible, ce que j’apprécie. Ses romans historiques se passent souvent dans le monde des artistes et/ou artisans, et j’ai l’impression qu’elle réussit particulièrement bien à capter la vision du monde des personnages selon leur éducation, leur condition sociale, leur passion… Il en résulte par exemple un merveilleux petit roman sur « La Jeune Fille à la Perle » de Vermeer, le best-seller qui l’a rendue célèbre, un autre sur la série de tapisseries « La Dame à la Licorne » (visibles au Musée de Cluny à Paris)…
Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette copie de la « Jeune Fille à la Perle » peinte par ma fille l’année de son bac ; pour l’option « arts plastiques », elle l’avait décliné en peinture à l’huile (ici), graffiti, sérigraphie façon Andy Wharhol, photo d’une copine… A l’origine de tout cela, le livre de Tracy Chevalier, ainsi que le film avec Colin Firth et Scarlett Johansson, sorti à cette époque.
Quel rapport avec le patchwork ? Eh bien, Tracy apprend « tout sur le patchwork » en ce moment… pour les besoins de son prochain livre ! Elle veut pouvoir décrire les bonheurs et les misères de la quilteuse, les enchantements et les découragements… Parallèlement, elle se renseigne auprès des historiennes du patchwork afin de nous concocter un roman qui saura, je n’en doute pas, nous passionner ! Il s’agira d’une femme Quaker anglaise émigrant dans les années 1840 vers l’Ohio et qui participera à « l’Underground Railroad », la mythique histoire d’une organisation secrète, avec des routes jalonnées de maisons amies, pour que les esclaves fugitifs puissent joindre le Canada et la liberté. Pour ne pas attirer l’attention, les instructions auraient été données dans les quilts laissés dehors « à prendre l’air » dont les blocs auraient des significations cachées. Superbe histoire, enseignée comme telle dans les collèges américains, mais Barbara Brackman (historienne des quilts) cherche toujours activement la première preuve dans les quilts de l’époque… d’où mes nombreux conditionnels !
En attendant la parution de ce livre et sa traduction, vous pouvez lire les précédents ; tous les livres de Tracy Chevalier sont disponibles avec une magnifique couverture bleue en édition Quai Voltaire, ou aussi chez Folio. Une mention spéciale pour le dernier, « Prodigieuses Créatures », que j’étais si triste de finir… Certaines femmes sont si extraordinaires !
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Son site : www.tchevalier.com
Voici une video où elle se renseigne sur les quilts du musée V&A de Londres : http://www.vam.ac.uk/channel/people/personalities/tracy_chevalier_quilts/ , interview en anglais. Dommage car Tracy Chevalier parle couramment français !

