Une ribambelle de fanions…

Des fanions volant au vent, c’est l’inspiration de ce quilt tonique :

Des fanions sous la neige...
Photographié la première semaine de février, on aperçoit des restes de neige dans le jardin !

 Déjà, les deux années précédentes, Kristine produisait de nombreux quilts inspirés par Bernadette Mayr ; depuis qu’elle a découvert le livre de Sujata, c’est un enthousiasme renouvelé !! L’une et l’autre, l’Allemande et l’Indo-américaine, proposent des styles de patchwork qui lui convient au mieux.

Ce quilt au fond noir, néanmoins très gai, fut fait à la vitesse de l’éclair, assemblé et quilté en quelques demi-journées : c’est le privilège des tops coupés et cousus au coup d’oeil et à main levée. Ainsi sont faits toute une branche de quilts contemporains. Celui-ci est toujours issu d’un modèle du livre de Sujata Shah (livre : Cultural Fusion Quilts, C&T éditions). Un éditeur aura-t-il l’idée de le faire traduire pour toutes celles qui préfèrent les textes en français ?…

Inspired by Sujata Shah
Très difficile à distinguer sur photo, le quilting ton sur ton indique que le quilt est inspiré par Sujata Shah. On le voit pourtant très bien « en vrai » !

Les magnifiques tissus sont de Brigitte Heitland, la styliste de ZEN CHIC. Kristine les lui avait achetés à Sainte-Marie-aux-Mines en septembre dernier et conviennent parfaitement à ce style de patchwork. C’était un sac de coupons restant de la collection Barcelona !

ribambelle de fanions Kristine la Ruche des Quilteuses
Ici le titre, en fil contrasté, se voit bien mieux.

Pas d’étiquette au dos, tout est dans le quilting ! Et il ne manque pas le petit crayon du souvenir : 

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Prochainement, Kristine partagera ici avec nous sa passion pour le style et les oeuvres d’une femme d’origine ukrainienne… Vous ne trouvez pas ? Alors, patience !

Ah les coquilles !

Metal_movable_typeLe monde de l’imprimerie les déteste, tout autant que les lecteurs. De nos jours chaque blogueur se doit aussi de traquer ces erreurs involontaires d’écriture. Pas facile, j’en sais quelque chose ! On peut lire et relire un texte, mais parfois seul un œil neuf trouvera le détail qui cloche…
Pourquoi les nomme-t-on coquilles ? L’origine est incertaine, mais cela date naturellement de l’imprimerie traditionnelle, avec les caractères de plomb ou de fonte indépendants. Les coquilles provenaient en général d’une erreur de rangement dans les cassetins, ces petites cases de séparation :

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Je ne résiste pas à l’envie de vous inviter à lire, dans le blog Projet Voltaire, la synthèse des hypothèses de l’origine de la coquille d’impression : certaines sont savoureuses !

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Naissance de Vénus, par S. Botticelli, 1485-85. Symbole de la féminité, une coquille est ici le berceau d’une Vénus née adulte dans toute sa splendeur.

chemin-compostelle-pelerins

Dès le Moyen-Age, après une succession de miracles, les pèlerins européens affluèrent vers un port de Galice (Espagne) où, d’après une légende, un des Apôtres de Jésus (Jacques le Majeur) y fut enterré. Arrivés au but, les pèlerins « jacquets » se régalaient sur la plage de la nourriture offerte et gardaient en souvenir une coquille, preuve de leur but atteint, pour leur retour. Puis la coquille devint le signe-même du pèlerin, même à l’aller (!) et la marque des chemins et hébergements tout au long du chemin. Les chemins vers Compostelle sont de nouveau balisés depuis le regain d’attrait pour ce long périple qui séduit tant de marcheurs occasionnels ou acharnés, en quête spirituelle ou sportive. C’est un Brésilien, Paulo Coelho, qui donna envie à des milliers de personnes de marcher sur ces routes anciennes (livres Le Pélerin de Compostelle, 1987 en portugais, l’Alchimiste, 1988 en portugais et 1994 en français). Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ce livre de J-C Rufin : Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi (2013).

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Tous les chemins mènent-ils à Rome ? Ceux-ci vont vers le Finis Terrae espagnol, Saint-Jacques de Compostelle. Toulouse est une étape bien connue, puis un chemin passe près de chez moi, quelques kilomètres plus à l’ouest ! Vous pouvez aussi lire ici un article sur l’étape de Conques en Aveyron.

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Dans le monde du patchwork, le motif de la coquille ne cache pas son origine : sa forme évoque de suite la fameuse coquille Saint-Jacques, elle-même populaire à la fois en gastronomie (sa noix !) et en signe religieux ou culturel, en particulier pour le fameux pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle. En anglais, ce modèle s’appelle shell (coquille) ou clam (coque, palourde)… ou clamshell !

Astérix et les Normands / Goscinny & Uderzo
Autre coquille, celle de l’huître… dont je ne mange que l’intérieur, contrairement à Obélix (Astérix et les Normands page 12, Texte de René Goscinny, Dessin d’Albert Uderzo)

 Ce motif est universel, j’avais déjà évoqué le seigaiha dans cet article. Je n’essaierai pas d’être exhaustive au sujet des coquilles en patchwork, car on trouve de nombreuses manières de les préparer, de les assembler… On pourrait écrire un livre entier ! Un quilt en coquilles, c’est beau comme ça :

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Photo des pages 32-33 de Marie-Claire Idées n° 33 (juin 1999). Un quilt de rêve qui évoque le bonheur d’un pique-nique à la campagne…

Au hasard des publications dans les magazines et les blogs, on a envie de s’y mettre ! La Châtaigne qui pique a lancé ce thème dans son club avec succès, vous en voyez des résultats ici. Le principe est de préparer un gabarit et d’appliquer, ligne après ligne, les coquilles qui se chevauchent.

Espace ou pas d’espace entre les coquilles ? Comment faire les préparatifs pour les rentrés ? Comment coudre et sur quel support ?… Je n’ai pas de réponse unique à toutes ces questions, tout est histoire de choix personnels ! Il faut bien y réfléchir car ce sont ces multiples petits problèmes potentiels qui font que ces ouvrages sont souvent abandonnés. 

51TM9MVEVPLJ’ai cependant un truc peu connu. Je peux chaleureusement vous conseiller d’essayer le point d’échelle invisible. Qu’es acò ? me demanderaient mes amies occitanes. Eh bien c’est simplement le point qu’on fait un peu instinctivement quand on ferme un coussin, un point qui va d’un bord à l’autre et qu’on serre ensuite. Adapté à l’appliqué, ce point a des atouts indéniables : il est absolument invisible et permet de coudre en suivant le trait dessiné à la fois sur le fond et sur la pièce. Ami Simms l’a « inventé », l’a développé dans ce petit livre (dont un chapitre est justement consacré aux coquilles). Nathalie Delarge fit une petite vidéo de présentation de ce point pour l’appliqué il y a quelques années : c’est ici. On se sent un peu maladroite au début, mais le résultat est particulièrement parfait, surtout pour les coquilles (pour lesquelles on n’a aucun besoin de faire les incisions du tissu de fond).

Cette technique de couture réduit le travail de préparation : ni faufilage, ni colle, ni rentré au fer à repasser, ni même emprisonnement du tissu autour du gabarit à l’aide d’un papier aluminium… (Oui, ceci est une possibilité ! Son avantage est que l’arrondi est mieux qu’avec un faufil, voyez ici comment faire chez Poppy Makes.)

Si vous voulez faire un quilt de coquilles en utilisant ce point d’échelle, il vous suffit de marquer au crayon fin votre gabarit sur chaque tissu, sur le devant. Vous suivez parallèlement les deux lignes, en suivant bien les conseils de Nathalie Delarge et cela va tout seul, je vous l’assure ! Le gabarit se fait tout simplement dans un carton ou un rhodoïd, à l’aide d’un compas. Si ce n’est pas clair, je vous ferai un petit tuto en mars !

Quels que soient vos choix techniques, vous aimerez peut-être comme moi ces réalisations qui vous donneront des envies de coquilles :

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Antiquité visible au Victoria & Albert Museum à Londres, présenté par Kaffe Fassett dans un de ses livres. La bordure verte, très sophistiquée, rythme la masse de coquilles.  Il est presque aussi ancien que ce quilt, le plus ancien d’Angleterre, puisque celui-ci date de 1730-1750.
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Ce coussin a été édité dans un de mes magazines préférés, Love Patchwork & Quilting (n° 4). On y  préconise la feuille alu pour obtenir de belles coquilles !
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Anne, des Avalon Quilters, nous donne envie de sortir nos tissus provençaux…

 

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Molly Flanders a essayé plusieurs techniques de préparation, donc celle de l’assemblage à l’anglaise. Sa préférée est finalement à l’aide de colle. J’aime beaucoup son quilting noir à la main !

 

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Matilda Quilt, par Heidi Pridemore. Beaucoup d’élégance !

 

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Diane Stanley et son Clam Bake quilt.

 

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Extraordinaire panneau de Blue Mountain Daisy, fait de cercles de blue jeans, bordés, décorés, brodés, appliqués avec jubilation !

Ici vous avez un article très complet, montrant en particulier ce quilt moderne :

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Glam Clams, Latifah Saafir

 

Si vous lisez l’anglais et que vous souhaitez faire un « quilt-along » (un quilt fait par vous et pour vous, en suivant la dynamique d’un groupe)  sur le thème des coquilles, rejoignez Rachel dans Stitched in Color, cela commence tout juste en ce moment !!

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Et pour terminer, voici les coquilles mal élevées, les renéguates qui n’ont même pas fait rentrer leurs marges de couture. C’est encore Rachel qui montre le chemin :

Stitched in Color
Un ravissant panier décoré de cercles donnant l’illusion de coquilles… Il s’ébouriffera avec le temps !

 Kristine l’Abeille s’en est inspirée pour faire chanter les couleurs brique et évoquer un toit toulousain tout en tuiles :

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Il sera exposé lors des expositions du Patrimoine, préparées par les délégations France Patchwork du patch d’Oc. Comme la trousse de Rachel, les tuiles sont des disques qui se chevauchent, fixés à la machine… Il faut bien la maîtriser pour un beau résultat comme ici ! Son étiquette, au dos, comporte un crayon du souvenir :

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Envie de fleurs

En plein hiver, je me prends à rêver de fleurs de toutes les couleurs… Mon rêve est devenu réalité entre les doigts de Kristine qui vient de finir le quilting de son petit dernier :

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 Pushpanjali, tel est son nom, ce qui signifie Offrande de Fleurs… Ce mot indien convient bien à ces couleurs vives qui dansent si bien ensemble, mais aussi parce que l’inspiratrice de ces blocs est Sujata Shah, auteur de ce livre :

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Le blog principal de Sujata est The Root Connection.
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Le bloc aux coutures légèrement arrondies est utilisé ici pour faire des moulins ; Sujata l’a décliné de maintes autres manières dans son livre que je vous recommande !

Qui se soucie de l’exactitude de chaque bloc ? Pas moi en tout cas ! Les pétales légèrement arrondis n’ont pas la même taille, les différences existent sans être dérangeantes. En revanche, le quilting minutieux, dense pour le fond, confère au quilt beaucoup de classe. Telle est la tendance du patchwork libéré !

 Voici des détails du quilting machine de Kristine :

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Et de dos :

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On y voit bien le changement de couleur de fil en fonction de la zone matelassée.

Le voici, ce quilt qui sera une nappe de jardin aux beaux jours à venir :

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« A cheval sur l’étiquette » (intraduisible !), Kristine l’a brodée :

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Tout y est, même le crayon du souvenir…

Bientôt je vous présenterai un autre quilt : même inspiratrice, même Abeille travailleuse… 

Ayrton Senna vu par Denimu

Le célébrissime pilote de formule 1 décédé en 1994 voulait consacrer une partie de sa fortune à l’éducation des enfants dans son pays, le Brésil :

“Se a gente quiser modificar alguma coisa, é pelas crianças que devemos começar, por meio da educação »
« Si on veut changer les choses, c’est par les enfants que nous devons commencer, via l’éducation »
Ayrton Senna

C’est ainsi qu’a vu le jour une fondation dédiée à l’amélioration de l’éducation au Brésil. Ainsi, son nom reste au firmament pour les jeunes générations.

Cette fondation a commissionné l’artiste Denimu, pour lequel j’ai tant d’admiration, pour faire le portrait géant du pilote. La matière première ? Des blue jeans (denim) de la famille Senna !

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Le portrait a été dévoilé avant-hier à Sao Paulo pour la commémoration des 20 ans de la disparition du sportif, juste avant le Grand Prix du Brésil qui aura lieu ce dimanche. Encore une totale réussite de cet artiste britannique qui réussit à faire passer la fierté, la sensibilité de l’icône des circuits.

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Superbe hommage à la légende de la F1, Ayrton Senna – Denimu, 2014, 122 x 160 cm. L’argent récolté par la vente aux enchères de ce tableau textile ira à l’ONG Ayrton Senna pour l’éducation des enfants brésiliens.  

Articles précédents de la Ruche sur Denimu :

https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/01/13/inspiration-denim-denimu/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/01/14/denimu-ses-recents-tableaux-textiles/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/05/24/des-news-de-denimu/

Je quilte pour Vous !

De plus en plus souvent, on me demande : à qui pourrais-je demander de me quilter un ouvrage à la machine ?
J’ai bien quelques adresses – Simone Struss, Nathalie Delarge – mais elles ne suffisent pas pour toutes les demandes !

Il est vrai que les réticences tombent peu à peu à propos du quilting machine. Quilter à la main est un délice quand on a trouvé la technique qui nous convient, mais on ne peut nier que cela prend… un certain temps !katell-quilting

Le mois dernier, j’ai eu une proposition alléchante tombée à pic. Il se dit que nous préparons plusieurs quilts à offrir le mois prochain au cours d’une journée spéciale à Balma… et nous avons reçu une offre stratégique : le quilting avec une Long Arm offert par une charmante dame ! Il nous restait justement un dernier top cousu par d’innombrables petites mains :

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Tournefeuille, le top

Reconnaissez-vous ce modèle ? Nous l’avions déjà fait tout en vert pour notre copine Evelyne, et lors d’un stage nous avons varié le choix des tissus pour en faire un méli-mélo plus automnal. Je vous rappelle que c’est un bloc trouvé dans un livre (devenu quasi-introuvable) de Bernadette Mayr, notre inspiratrice depuis des années !

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La Ruche de l’Amitié, pour Evelyne

J’ai donc découvert que Chantal Baquin s’est équipée d’une Long Arm pour quilter pour les autres : « Je quilte pour Vous » est même le nom de sa jeune entreprise ! Nous avons échangé quelques mails pour nous mettre d’accord sur le travail à faire sur ce top un peu atypique… et hop ! j’ai envoyé les tissus (top et doublure) et hop-hop ! il m’a été retourné très rapidement, quilté avec le peps que nécessitait ce modèle, quilté au fil dégradé… Oh qu’il est beau !!!

Vous pourrez le voir prochainement sur le site de « Je quilte pour Vous« … Il nous reste la bande de finition à poser avant de lui faire prendre l’air de Balma puis partir, qui sait, peut-être chez vous ?

Encore un quilt que beaucoup auront envie de gagner !

 

Des feuilles pour Evelyne

Evelyne est une amie des Abeilles, nous avions très envie de lui offrir un cadeau. Nous avons profité d’un superbe modèle de Bernadette Mayr (oui, encore !) pour lui préparer en grand secret ce quilt dans ses couleurs préférées, le vert et le bleu :quilt eve soleil

Baptisé la Ruche de l’Amitié, car c’est un ouvrage en commun des Abeilles Quilteuses d’ici !

Vu de plus près, toujours au soleil d’hiver, accroché à un pommier d’ornement encore givré :pommier

Et d’encore plus près (je sais, on aime voir les détails !) :boisdét

Chaque feuille terminée mesure à peu près 15 cm. C’est du patchwork aux pièces découpées à main levée. Comme pour les maisons crazy (bientôt expliquées sur ce blog), on s’amuse beaucoup à coudre ces feuilles qui, à l’image de la nature, ne sont jamais exactement pareilles !  Nous nous sommes inspirées d’un quilt expliqué dans ce livre :51X2Zxgm61L._

Toujours Bernadette Mayr… Nous n’avons pas fini de parler d’elle !

Le beau Baltimore de Michel

Michel est un personnage dans le petit monde du patchwork. On le reconnaît tout de suite avec ses gilets qui lui vont à merveille, son pin’s France-Patchwork qui ne le quitte pas. Avec son épouse ils ont tenu des années durant le magasin du « Thé à Coudre » à Mérignac (33), maintenant ils ont ouvert un plus petit magasin à Caudéran (33), annoncé ici par une de leurs fidèles amies, Marie-Christine. Marie et Michel vous donnent toujours rendez-vous sur les Salons, vendent sur internet et peuvent accueillir les groupes au magasin.

J’avais rencontré Michel l’année dernière au Salon de Toulouse, il nous avait fait admirer son Dear Jane en top presque fini. Je l’ai ensuite admiré quilté à Quilt en Sud, c’est vraiment une belle réalisation, très respectueuse de l’original !

Cette année, c’est le sampler de la femme du fermier, plus connu en V.O. The Farmer’s Wife Sampler Quilt, qui l’occupe intensivement… Pas assez compliqué ainsi sans doute, Michel en a diminué la taille des blocs ! Plus c’est petit, plus c’est mignon… On le verra l’année prochaine fini, n’est-ce pas Michel ?

Evidemment, cet homme passionné avait un top fini à nous montrer : un Baltimore de toute beauté, modèle d’Elly Sienkiewicz, la plus grande spécialiste de ces quilts en appliqué du XIXe siècle. Sa touche personnelle ? Il est réalisé en tissus batik !

top Michel Baltimore

Michel est venu sur le stand France-Patchwork avec son top fraîchement terminé : nous étions béates d’admiration devant son travail parfait !

bouquet baltimore

Le bouquet central est présenté dans des couleurs inédites pour un Baltimore dont les plus représentatifs sont rouge et vert, avec souvent quelques touches de bleu et de jaune, c’est du moins ma représentation personnelle de ce genre. Le batik donne un style complètement différent à ce grand classique.

ship Baltimore

Le bateau, lui aussi, montre la grande maîtrise de l’appliqué de Michel. Les drapeaux ne sont pas les pièces les plus spectaculaires du top, mais c’est une des parties que j’admire le plus : les mini-bandes du drapeau sont magistralement cousues !

couronne vigne baltimore

Harmonie de cette couronne de vigne, finesse du ruban, une fois de plus extraordinaire. Michel et Maïté (une Abeille de la ruche, spécialisée en appliqué) ont longuement discuté sur le traitement de ce centre blanc : écriture, quilting dense ?… On le verra l’année prochaine !

Et puis… Merci encore, Michel, pour nous avoir aidées à porter notre cantine qui pesait une tonne lors du démontage du stand !…

Ombre et Lumière

La vie d’un Club de patchwork est jalonnée de dates importantes comme les expositions, où chacune est heureuse d’offrir au public le fruit de ses cogitations, de ses heures de coupe, de couture, de quilting…

Colomiers mars 2013

Vue de l’exposition de mars dernier* pour les 20 ans du Club Léo Lagrange de Patchwork créé par Huguette Papin

En interne, le renouvellement du Bureau est également un jalon de la vie du club. C’est l’heure du bilan de l’équipe sortante, et puis c’est la mise en place de la nouvelle ; il en va de l’orientation du club pour les prochaines années… Chez nous, c’est hier qu’a eu lieu le passage de flambeau. Se sont mêlées émotions, souvenirs, et aussi plaisir d’un avenir radieux !

Andrée, notre Présidente depuis 4 ans, ne souhaitait pas renouveler son mandat. Martine en avait fait un portrait que vous pouvez lire ici. Pour cette femme exceptionnelle, tout le monde voulait préparer un quilt de remerciements qui lui plairait vraiment. Comme j’ai un peu les mêmes goûts qu’elle, j’ai pris la responsabilité de choisir un modèle, puis des tissus. J’ai choisi un concept que j’avais vu dans le magazine de France-Patchwork (Les Nouvelles n° 76  de 2003). Inspirés de Shizuko Kuroha, adaptés avec talent par la délégation FP de Seine-Maritime, ces carrés laissent beaucoup d’autonomie à chacune. Toutes les adhérentes du club ont été extraordinairement présentes et impliquées dans cet ouvrage !… J’arrête mes longs discours, le voici :

Quilt pour Andrée

Photo prise le soir, juste avant de préparer le paquet… Voici de plus près :

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Quilté par Simone cet été, ce quilt a vraiment de l’allure ! Nous avons suggéré qu’on pouvait broder son nom ou un petit mot sur quelques blocs. Il y a donc pour Andrée de la lecture et des souvenirs sur ce quilt !
L’étiquette a été faite par notre fée Christine avec les deux carrés d’Huguette Papin, notre Présidente honoraire à vie :

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De tout cœur MERCI ANDRÉE !
Dans l’ombre ou dans la lumière, la vie du club continue avec une bonne cinquantaine d’adhérentes et une nouvelle équipe au Bureau que j’aime tout autant que la précédente. Elle est pas belle la vie ?

ANDREE QUILT

(merci pour la photo Eliane !)

+=+=+=+

* Si vous avez le temps, vous pouvez retrouver ici les articles consacrés à notre exposition de mars dernier, avec quelques focus sur des quilts particuliers :

– https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/03/23/jardin-bleu/
– https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/03/24/kaleidoscopes-bargellos-et-voyages-autour-du-monde/
– 
https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/03/26/le-civil-war-quilt-de-martine/
– 
https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/03/29/encore-un-petit-tour/
–
 https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/03/21/brique-et-pastel-mon-nouveau-ne/
– https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/03/19/maite-de-fil-en-aiguille/
– https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/03/10/bouquets-dhiver/

Grâce aux Quakers, le Rajah Quilt

526_amish_quiltLes quilteuses ont souvent une certaine connaissance du mouvement religieux Amish grâce à l’esthétique particulière de leurs quilts, souvent reconnaissables au premier coup d’œil, probablement inspirés des quilts gallois.

Ces familles d’origine européenne ont codifié leur manière de vivre à l’écart de la société occidentale avec leur propre langue, leur système d’éducation, leur codes vestimentaires, leurs croyances… Pour bien plus de renseignements, vous pouvez lire par exemple les livres de Jacques Légeret (en français).  

quaker oatsBien moins connus du grand public français, les Quakers sont faussement assimilés à une célèbre marque de flocons d’avoine !  Ce sont à l’origine deux fermiers de l’Ohio (même pas quakers!) qui décidèrent de vendre leur meilleure avoine en petits paquets au lieu de grands barils. Comme ils prônaient la haute qualité de leurs céréales, leur honnêteté et leur rigueur dans leur travail, ils choisirent le mot « quaker » pour véhiculer toutes ces valeurs.

la dernière fugitiveLes Quakers attirent mon attention depuis que j’ai lu le livre de Tracy Chevalier « The Last Runaway » (dont la traduction, « La dernière Fugitive », paraîtra le 17 octobre). Si les Quakers américains sont généralement, tout comme les Amish, descendants d’émigrants européens souhaitant vivre leur religion sans entrave, ils sont, eux, pleinement intégrés et acteurs dans la vie sociale et économique de leur pays. Ici vous trouverez un article très intéressant de Sébastien Fath, chercheur au CNRS, sur les Quakers.

En effet, les Quakers sont réputés pour leur honnêteté, leur simplicité vestimentaire, leur égalitarisme et surtout leur idéologie pacifiste. Toutes ces caractéristiques mènent les Quakers à être souvent très actifs au niveau social et à créer de grandes ONG (voir un article ici). 

220px-Elizabeth_Fry_by_Charles_Robert_LeslieUn exemple remarquable de ces activités humanitaires avant la lettre est la vie d’Elizabeth Fry. Née en 1780 dans une famille quaker britannique aisée, mariée à un non moins riche Quaker, cette femme aux onze enfants aurait pu rester confinée dans la vie confortable mais tristounette que lui réservait son niveau social à l’époque pré-victorienne. Mais ses convictions religieuses la mènent à s’occuper très tôt des pauvres, des malades, des prisonniers. Elle réussira notamment à améliorer les conditions de (sur)vie des femmes et de leurs enfants détenus et ouvrira la voie vers l’éveil des femmes, notamment les Suffragettes.

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Hormis la Reine, rares sont les femmes à avoir l’honneur d’être sur un billet de banque anglais. Elizabeth Fry sera progressivement remplacée par une autre anglaise, Jane Austen, à partir de 2017.

Un exemple parmi d’autres, ses idées de dons pour la protection des prisonnières anglaises envoyées en Australie. Savez-vous que des milliers de détenus furent déportés vers ce nouveau continent pour désengorger les prisons londoniennes… et peupler ces terres du bout du monde ? Beaucoup d’hommes, bien moins de femmes. Il en fallait quand même… Alors des femmes de tous âges, souvent inculpées pour de petits larcins, étaient déportées et enduraient d’extrêmes conditions de vie qui les menaient souvent à la prostitution, pour leur propre survie. Elizabeth Fry, avec son association « The Quaker Group », faisait distribuer aux malheureuses exilées en partance forcée tout le matériel pour fabriquer un quilt pendant leur long voyage : des aiguilles, du fil, des tissus, des ciseaux… Elles avaient ainsi une occupation dévoreuse de temps et, à leur arrivée, un bien à vendre (leur propre quilt) pour partir sur de meilleures bases. Il reste peu de témoignages de ces quilts faits entre l’Angleterre et  ses colonies, hormis un ouvrage connu sous le nom de Rajah Quilt.

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Un beau voilier commercial baptisé le Rajah fit un seul voyage d’Angleterre vers la Terre de Van Diemen (devenue par la suite Tasmanie, île faisant partie de l’Australie actuelle) en 1841 en tant que transporteur de prisonniers, 180 femmes en l’occurrence (avec 10 enfants), dont la liste est connue. Parmi toutes ces femmes, vingt à trente d’entre elles firent un quilt en commun dans la pure tradition britannique d’alors avec un médaillon central, du patchwork, des applications, de la broderie perse (applications de chintz), diverses broderies parmi lesquelles un médaillon brodé pour la postérité :

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Fine broderie au fil de soie qui se trouve sur la dernière bordure du quilt.

La traversée dura 15 semaines et à l’arrivée le quilt fut offert à la femme du gouverneur local qui admira la qualité du travail. Puis c’est le trou noir ; le quilt a mystérieusement été redécouvert dans un grenier en Ecosse en  1987 et acquis par la National Gallery of Australia dès 1989.
C’est un immense ouvrage (325 sur 337 cm) et on constate par la différence des points que des femmes très expérimentées tout comme des néophytes ont participé à sa réalisation. Kezia Hayer, qui s’occupait déjà en Angleterre des femmes incarcérées, fut mandatée par Elizabeth Fry pour superviser à bord les conditions de vie des prisonnières et les aider à créer un quilt en commun… La belle histoire est que Kezia épousera 2 ans plus tard le capitaine du Rajah, Charles Ferguson ! Ils eurent 7 enfants, tous nés en Australie.

Charles Kezia

Le capitaine Charles Ferguson et Frezia Hayter se marièrent à Hobart, alors encore colonie pénitentiaire, qui est aujourd’hui la ville la plus peuplée de Tasmanie.

Voici donc le Rajah Quilt dans toute sa splendeur :

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Pour les Anglophones, vous pouvez trouver plus de renseignements ici (texte de la National Gallery of Australia)

J’aime également un blog tenu par une généalogiste amateur, quilteuse de surcroît, fière de son arrière-arrière-arrière grand-mère (7e génération) qui était à bord du Rajah. Elle se plaît à croire que son aïeule participa à ce quilt-témoignage. Voici le lien vers ce blog :
http://www.rajahsgranddaughter.blogspot.com.au/

En 2010, ce quilt a été exposé au Victoria & Albert Museum de Londres et a suscité une grande émotion, ranimant des pans de l’histoire anglaise et australienne. Le Rajah quilt est devenu un symbole pour ces deux pays, témoignage à la fois de cette immigration contrainte, des belles actions des Quakers et tout particulièrement Elizabeth Fry.

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Voici la couverture du livre reprenant une exposition majeure qui a eu lieu en 2010 à Londres. A cette occasion, le Rajah Quilt refit le long voyage qui le vit naître…

(Merci à Odile qui a suscité ma curiosité au sujet du Rajah Quilt !)