C’est aujourd’hui Caroline qui nous raconte l’histoire d’un quilt qu’elle a rêvé… et que Kristine a fait !…
Tout est parti de ce quilt de Kristine réalisé l’an passé, découvert lors de mon passage en terre toulousaine en février dernier et pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre visuel, mais aussi pour l’histoire de sa genèse… Là est le véritable point de départ de ma commande spéciale à Kristine. il s’agit du quilt « médaillon à la manière de Gwen Marston » :
J’ai rencontré Kristine il y a plus de 20 ans lors de notre aventure commune de l’association Paris Point de Croix et, depuis cette époque, nous conjuguons nos mains et nos idées pour des petites aventures textiles : Kristine est une fée couturière et moi je suis une fée bavarde, un peu brodeuse et qui utilise cet art modeste comme alibi pour immiscer de l’écriture sur le textile! L’amitié constitue l’autre rouage de cette aventure : j’ai le bonheur de tisser des liens continus avec mes amies d’enfance du Vésinet depuis presque 50 ans et avec mes amies brodeuses parisiennes. Deux d’entre elles habitant maintenant la région de Toulouse (Anne la graphologue et Kristine la brodeuse), l’occasion s’est vite présentée de les faire se rencontrer et d’imaginer un pont textile entre nous trois ! L’idée de raconter une histoire via un patchwork m’avait tellement emballée qu’en juin 2017, j’apportais à Kristine dans mes bagages une sélection de tissus et autres brimborions textiles pour réaliser non pas un, mais deux quilts en patchwork qui retraceraient à l’aiguille notre amitié !
Un ensemble de tissus, rubans, dentelles, broderies, monogrammes, souvenirs à inclure dans la mesure du possible dans le quilt d’amitié pour Anne.
Voici donc le premier volet de ce roman à quatre mains, destiné à Anne… Les lettres et l’écriture y tiennent une place de choix car elles incarnent au mieux mon amie Anne (monogramme ancien chiné à Toulouse, imprimés textiles, phrases quiltées, enveloppe pour symboliser nos échanges épistolaires, livres…).
Quilt ancien américain rapporté de Boston par Anne.Superbe, mais certains tissus ont souffert et devront être remplacés, Kristine aura la charge et l’honneur de le rénover.
Ce patchwork s’imposait également car Anne a vécu quelques années à Boston et en a rapporté de nombreux souvenirs (dont un quilt ancien et une merveille de machine à coudre…) et même l’art des cabanes en bois nord-américaines puisqu’Anne et son mari en ont installé une dans leur prairie commingeoise ! Ce patchwork y trouvera certainement son écrin rêvé 🙂
La Cabane d’Anne, futur écrin d’un quilt unique…
Il convenait également d’évoquer la passion du Bleu, de Matisse, des fleurs et des lieux qui ont jalonné son existence, d’où cette pétillante guirlande de fanions que personnellement j’applaudis car elle nous embarque en voyage dans cette caravane de rêves !
L’écriture, la lecture, les voyages avec l’évocation de la cabane en bois avec un bloc de log cabin sous le bouquet de fleurs, le drapeau américain suggéré, le bonheur des Pyrénées proches, les aventures épistolaires, trois enfants symbolisés par trois oiseaux à la Matisse… Mille et un messages et souvenirs sont cachés dans ce quilt !
Bravo encore à Kristine d’avoir traduit le brouillon de mes idées et à très vite pour le second volet de l’aventure…..
A la suite d’un commentaire de l’article sur la pleine Lune, j’ai eu un échange de mails avec Edissa, Esther du Québec. Elle m’a présenté le quilt qu’elle a fait pour sa sœur qui habite non loin de Boston (Massachusetts). Avant de le lui offrir, elle avait fait des photos. J’ai trouvé sa lettre charmante et son quilt japonisant magnifique ! J’ai son autorisation pour le partager avec vous. Il ne deviendra jamais un modèle avec toutes les mesures, mais vous pouvez vous en inspirer pour en faire un dans le même esprit !
Cette courtepointe est une création pour ma sœur.
Voici donc sa photo. Pas ce qui est le mieux comme décor, le but de la photo était de la présenter toute entière. Ou presque… Il manque un petit morceau de la courtepointe à gauche où se trouve la 5e petite bande rouge. On peut la voir sur la seconde photo qui a été prise avant l’assemblage.
Le gris en dominante était demandé par ma sœur de même que le petit soupçon de rouge. Elle désirait aussi quelque chose de très sobre et calme, autant par les motifs des quelques imprimés (uniquement du non-figuratif), les teintes et le mouvement proposé avec l’assemblage des diverses pièces. Le piquage (quilting) est réduit au minimum, uniquement « in the ditch », même si cela laisse de vastes espaces sans aucun point. Chez ma sœur il est posé sur un lit japonais une place en bois.
Travailler ainsi était tout nouveau pour moi, tellement plus habituée au « scrappy » et aux imprimés variés. Et le gris est une couleur pas facile à mélanger/accorder avec elle-même ! Gris-bleu, gris-rose, gris-beige, gris-vert… Toute une école !
Bien amicalement, Esther
J’adore son utilisation du mot courtepointe, typiquement québécoise !
Merci Esther pour le partage 🙂
Bonjour à vous, heureuse de vous retrouver après cette petite pause !
A son habitude Kristine a préparé une bannière pour vous souhaiter une belle nouvelle année, cette fois-ci en douceur et rondeur, avec un clin d’œil à la couleur Pantone de l’année qui est le violet.
Après 819 articles et 15 229 commentaires, je dois changer mon adresse de blog qui est en fin de capacité ; cela devrait être transparent pour les abonnés car je reste chez WordPress. De https://quilteuseforever.wordpress.com, l’adresse de ce blog devient plus courte :
Le blog reste le même, nous allons cette année encore butiner ensemble dans le monde des quilts !
Si déjà vous avez des fourmis dans les doigts, Cécile et Béa vous invitent à un tout nouveau Quilt Along (chacune travaille sur le même thème et partage ses avancées sur blog ou groupe Facebook). C’est le panier sous toutes ses formes qui vous occupera ces deux prochains mois, avec 16 blocs ou plus à réaliser. Il n’est pas trop tard pour vous inscrire ! Voir la page FB ici ou l’annonce sur le blog de Cécile par là.
Des exemples pour vous faire envie :
La beauté intemporelle des petits paniers alignés chez France AubertPaniers des années 1890 (ebay)Gift Basket quilt, modèle d’Edyta SitarDe joyeux et originaux paniers faits d’après un modèle de Freddy Moran par LeeAnn de Nifty Quilts
Manquez-vous d’inspiration ? Faites de petites recherches sur Pinterest par exemple, vous aurez alors l’embarras du choix !
En avez-vous bien profité pendant ces fêtes ? Je veux parler de ce petit rien au goût divin, ce luxe à la portée de tous, ce souvenir d’enfance, le chocolat…
La tablette de chocolat, encore inconnue en Asie il y a peu, fait son entrée fracassante dans leurs nouvelles habitudes alimentaires. Comment pourrait-on les en blâmer ? C’est une saveur addictive ! Malheureusement les conséquences sont désastreuses à moyen terme puisque plusieurs pays parmi lesquels la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, massacrent leurs forêts primaires pour produire toujours plus de cacaoyères. Et le drame ne s’arrête pas là, des centaines de milliers d’enfants-esclaves étant encore utilisés pour les tâches les plus ingrates… Quand on y pense, le chocolat devient bien amer.
Il est loin le temps où l’on offrait avec cérémonie un unique carré de chocolat aux enfants quand ils avaient été sages… Qu’il était bon, ce carré !! Là encore, il faudrait revenir à une heureuse sobriété.
Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche. Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755- 1826)
Chocolat, c’est aussi une belle couleur brune. Il y a déjà presque 10 ans, Hélène Vispé avait imaginé un bel exercice dans son club, en vue du premier lot de tombola de leur club de patchwork de Villeneuve-de-Rivière (tout près de Saint-Gaudens, au sud de la Haute-Garonne).
Les premiers blocs furent faits par les quatre Amies du Vent du Sud, alors que la tempête faisait rage dehors… Souvenirs indélébiles ! Le jeu était de faire des blocs, tous différents, avec les couleurs gourmandes crème et chocolat, sur le thème du cœur.Le voici en cours de montage, avec la participation de plusieurs amies. Chaque bloc est superbe.Tel que je l’ai admiré pendant l’exposition… Il a fait sensation, cerise sur le gâteau à la fin d’une des plus belles expositions du département ! … Cliquez sur la photo pour en admirer les détails ! …
C’est avec ces cœurs quiltés que je vous souhaite une année 2018 pleine d’amour et d’amitié !
Bonjour ☀,
Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Au cœur de l’été, nous fûmes conviés à une fête champêtre chez nos meilleurs amis à une encablure de Lacaze(dans la vallée suivante qui se trouve non plus dans le Tarn mais dans l’Aveyron). Elle fête ses 60 ans, il célèbre le début de sa retraite. Pour un tel événement, je me devais de leur faire un petit souvenir ! Une chanson m’a alors trotté dans la tête :
On vous souhaite tout le bonheur du monde Pour aujourd’hui comme pour demain Que votre soleil éclaircisse l’ombre Qu’il brille d’amour au quotidien. (chanson de Sinsemilia)
Je connais leurs goûts et leur intérieur, alors j’ai opté pour un panneau de ce livre de deux femmes qui m’ont beaucoup appris, Jocelyne Le Roy et la regrettée Marie-Anne Suzanne :
Le modèle choisi est sur la couverture, en haut à droite et en bas à gauche, quatre cercles qui se chevauchent pour ne faire qu’une entité. Beau symbole pour une famille unie formée d’un couple et deux enfants ! Mille mercis, Jocelyne Le Roy, pour ce livre qui a confirmé ma vocation de quilteuse forever !
Ce livre est formidable, il m’a beaucoup appris sur le patchwork machine fait vite & bien. Attention cependant, nous en étions aux balbutiements des méthodes modernes et en ce temps-là, au milieu des années 1990, les marges de couture n’étaient que de 5 mm. J’ai donc préféré convertir les explications avec 7 mm de marge, par sécurité. On peut aussi dessiner les blocs sur fondation, à vous de choisir.
C’étaient les deuxièmes log cabins arrondis que je voyais, aprèsla Couronne en log cabin vue dans un magazine allemand mais issue des USA. A savoir que nous sommes redevables à Marti Michell pour tous ces bouleversements initiés par l’utilisation du cutter rotatif (lire son histoire ici etle rôle de Marti Michell ici). Elle écrivit d’ailleurs un livre récapitulatif des courbes en log cabin en 1997, Creating curves with Log Cabins, une petite Bible qui n’en finit pas d’inspirer les quilteuses d’aujourd’hui.
J’ai suivi le modèle après avoir choisi quatre tissus de mes tiroirs – dont un qui vient d’une robe que je portais encore en juin (le tissu le plus rouge). Oh encore du brique et pastel ! C’est un hasard cette fois, mais force est de constater que je suis durablement influencée par cette exposition itinérante qui termine sa vie ces mois-ci. Des quilts Fibre Occitane sont en ce moment-même en Lettonie, j’en aurai bientôt des photos.
La bordure colorée du quilt pour Maïté & Serge est en bandes de tissus assemblés de manière irrégulière, dans les mêmes tons, avec des ajouts de divers gris. A ce sujet, tout comme Debbie de Seattle cet été, Francine Rog vous propose sur Facebook un challenge de quilts en bandes irrégulières. Les résultats sont bluffants, rejoignez-nous sur ce groupe FB !
Le quilting est à la machine, mais il m’a fait tant hésiter que je crois que j’aurais plus vite fait à la main… Mais j’aime le rendu final, c’est la touche moderne de ce modèle devenu classique.
Le coin du tas de bois convient bien à une présentation de log cabin qui désigne à l’origine la cabane de rondins.
Le quilting, vu de plus près :
J’ai déjà fait à plusieurs reprises des bordures en bandes irrégulières, j’aime les faire… et j’aime leur rendu !
Ce quilt trouvera sa place dans la Bergerie, cette grande bâtisse rénovée depuis des années par nos amis à côté de la maison familiale, lieu de nos rendez-vous amicaux depuis 20 ans !
Le lendemain de cette fête, nous plongeâmes dans le temps en visitant près de Millau une série de villages tous plus beaux les uns que les autres, terre des Templiers et des Hospitaliers, et plus récemment terre des pacifistes écolos, les Causses du Larzac. La France est si riche d’Histoire, je ne m’en lasse pas ! De cette belle journée, je partage ici un détail très graphique :
Soleil des herbes, symbole du Larzac, la cardabelle, chardon de la flore méditerranéenne, est cloutée sur les portes en guise de porte-bonheur. Son cœur est comestible (comme un artichaut, c’est la même famille botanique), les feuilles servent à carder la laine. La racine de cette plante possède des vertus médicinales intéressantes… Riche nature !
Un cœur sur le cœur de la fleur… Inspiration pour un quilt ?…
Autre sujet du jour : je vous présente un nouveau blog de notre région Occitanie par iciet souhaite à Frédérique autant de bonheur que j’en ai pour la tenue de son blog ! Frédérique habite l’Hérault, dynamique département où vit justement Jocelyne Le Roy (voir le livre présenté ci-dessus).
Evelyne fait mon admiration, toujours aventureuse dans ses dessins ou ses couleurs… Vendredi dernier, elle nous a montré un quilt tout juste terminé, prêt à être offert à une jeune femme. Elle a gentiment accepté de le partager avec vous.
La photographe (moi-même) n’est pas à la hauteur ! Il est encore vraiment plus beau en vrai, j’avais malheureusement seulement un appareil photo de poche. Cependant on voit quand même l’esprit du quilt, ses multiples couleurs denses et osées, et un quilting formidable fait avec une machine à coudre domestique. Comme vous le voyez, il ne s’agit QUE de carrés bicolores ou de carrés simples mais il en résulte une oeuvre virtuose. le tissu d’inspiration japonaise est un imprimé complexe, fait de bandes comportant des vagues, des rayures, des fleurs, oui, tout ceci dans un seul tissu d’import japonais.
Le dos fait tout autant notre admiration ! On dirait un quilt de Gwen Marston… C’est le meilleur compliment que je puisse faire personnellement !
Détail du quilt baptisé GOSPEL : comme des voix simples et sincères deviennent de beaux chants spirituels, ici les couleurs chantent à l’unisson et donnent la chair de poule…
Grâce au choix du titre du quilt d’Evelyne, accordez-vous 3 mn 16 de sourire en visionnant cet extrait de Sister Act et le chant Gospel le plus connu du monde,Oh Happy Day!
En matière de beaux quilts originaux, Evelyne n’en est pas à son coup d’essai : vous pouvez voir par ici d’autres quilts déjà admirés dans la Ruche, par elle ou pour elle. Sous ce lien, n’y figure pourtant pas un de mes préférés, un quilt de Fibre Occitane que voici :
Ma chère amie Maïté m’a envoyé des photos au cœur de l’été au sujet d’une histoire insolite, méconnue (du moins en France), triste et touchante. On se croirait dans un roman exotique, mais Lili’uokalani a bien existé et voici un pan de sa vie.
Lili’uokalani, ici en 1891, eut un destin unique.
Hawaï, Hawaii ou Hawai’i, au choix, est un archipel de 137 îles nommé d’après l’île principale, perle américaine du Pacifique, paradis de vacances au son du ukulélé, réserve de merveilles de la nature, spot de surf, lieu de naissance de Barack Obama en 1961… et je n’en savais pas grand chose d’autre.
Je ne m’étais jamais demandé comment cette île avait bien pu rejoindre le géant étasunien.
Paysages paradidiaques…
Pour faire court, ces îles polynésiennes furent découvertes par l’Occident par le grand explorateur James Cook en 1778. Il les baptisa les Îles Sandwich : il aurait aussi pu les nommer Îles Ananas, tant qu’à faire !
L’ananas, soleil d’or de Hawaii!
James Cook mourut à Hawaii un an après, battu à mort par les natifs (on dit qu’il fut ensuite mangé… mais rien n’est sûr). Cela ne lui a pas porté chance de baptiser ces îles en hommage à John Montagu, comte de Sandwich (Angleterre), diplomate et amiral, mais aussi joueur invétéré corrompu ! La légende veut que ce comte ne voulait pas perdre de temps à se mettre à table pour manger, d’où la préparation avec une tranche de bœuf au milieu de deux tranches de pain nommée ensuite sandwich…
Les îles s’unifièrent en royaume en 1810, dynastie qui perdurera jusqu’en 1893 pour laisser place à une République éphémère et troublée, puis elles devinrent territoire américain jusqu’à devenir en 1959 un Etat des Etats-Unis à part entière, le 50e. C’est le destin du dernier monarque qui nous intéresse aujourd’hui, une femme nommée Lili’uokalani.
Lili’uokalani régna de 1891 à 1893. Tableau de William Cogswell.
Lili’uokalani (1838-1917) succéda légitimement à son frère au trône d’Hawaii en 1891. Elle avait à cœur de restaurer les prérogatives de son peuple vis-à-vis des Américains et des Européens de plus en plus « envahissants » ; le port de Pearl Harbor est idéalement situé comme base économique du Pacifique pour les USA… Hélas, les haoles (les riches blancs) contestèrent donc rudement l’autorité de Lili’uokalani et ne la laissèrent pas longtemps en place : la Reine fut destituée deux ans après. Les troubles durèrent jusqu’en 1895, date à laquelle elle fut arrêtée, soupçonnée de rébellion, et gardée de force dans une chambre de son ancien palais royal à Honolulu. Enfermée une année, cette femme très pacifique (chrétienne mais aussi proche des bouddhistes et shintoïstes d’Hawaii) avait une âme d’artiste qui l’aida à passer le temps : elle écrivit des poèmes, ses mémoires, composa des chants devenus célèbres… et fit un quilt à sa manière ! Elle sera réhabilitée et dédiera sa fortune dans son testament pour sa Fondation pour les enfants orphelins et déshérités d’Hawaii.
Voici le quilt fait par la Reine durant sa captivité, quilt qui n’a rien de commun avec les habituels quilts hawaïens actuels mais tout à voir avec son époque :
Quilt crazy victorien de Lili’uokalani, fait en 1895. De fait, dépêchée par son frère, Liliuokalani avait mené la délégation royale hawaïenne vers Londres pour le Jubilée d’Or de la Reine Victoria en 1887. Les toilettes colorées des Hawaiennes y firent sensation et c’est peut-être là qu’elle vit et aima ce genre de quilts à la mode !
Par amitié, la dame de compagnie de la reine resta tout le long de l’assignation à résidence avec elle. La fidèle servante ne partait que le dimanche pour rendre visite à sa famille. Le quilt fut probablement fait par les deux femmes ensemble. Vu dans son ensemble, ce n’est pas le crazy le plus esthétique du monde, mais il témoigne de tant de choses et de près, il est somptueux. Il est immense (presque 2,50 m de côté), fait de chutes de vêtements féminins d’alors, principalement de soie, velours, rubans, lin… Il est extrêmement fragile et est à présent exposé sous verre dans sa chambre de détention. La différence esthétique entre les blocs provient du fait que l’ex-reine assembla des parties faites au fur et à mesure, sans savoir quand son incarcération finirait. L’avait-elle commencé avant son arrestation ? L’a-t-elle assemblé après sa libération ? Je l’ignore. En tout cas, Lili’uokalani ne remonta jamais sur le trône et vécut jusqu’en 1917.
Bill Clinton, 1993
Bill Clinton, au nom des USA, présentera tardivement un texte d’excuses (Apology Resolution) au peuple hawaiien en 1993. Le revenu médian des ménages est nettement au-dessus de la moyenne dans cet Etat, la population est très diversifiée et il fait bon y vivre ! Pourtant l’indépendance d’Hawaii est un sujet épineux pour une partie de la population et des revendications d’indépendance restent d’actualité.
Voici des photos de détail, les premières proviennent de Mary Agnes Howard, l’amie de Maïté qui a visité le palais d’Honolulu cet été. On a donc quelques reflets inévitables, mais le quilt est bien visible. Merci à toutes deux !
La bordure noire encadre bien les carrés de styles variés et donnent une unité, ce qui n’empêche pas mille et une fantaisies !
Faune et flore de l’archipel sont bien présents, très joliment brodés.
Le quilt de style victorien est extrêmement bien brodé et recèle de nombreuses allusions au peuple hawaiien, mais aussi tout ce que l’on trouve habituellement dans un ouvrage de ce genre (livre).
(livre)
(livre)
La reine déchue mit dans son quilt tout son amour pour Hawaii, pour sa famille… Un livre montre de nombreuses photos détaillées du quilt avec son histoire et certaines photos ci-dessus proviennent de cette source :
Et voilà comment, une fois de plus, la grande histoire s’apprend grâce aux quilts !
EDIT à 10 h : je viens d’apprendre que le Président Obama vient de quadrupler, à l’ouest de l’archipel d’Hawaï, une zone protégée de la planète qui devient ainsi la plus grande du monde, à lire ici en français. La pêche commerciale, l’utilisation des fonds sous-marins sont désormais interdites, mais la pêche traditionnelle hawaïenne reste autorisée. Protection de la Nature : Yes we can!
Dans l’actualité française, on parle des violences conjugales en raison de la demande de grâce présidentielle pour Jacqueline Sauvage, de l’enfer que vivent des femmes incapables de quitter l’homme qui les maintient sous emprise et les maltraite, cet homme qui partage leur vie pour le pire. La peur des représailles pour elle et les enfants, la honte, le manque d’indépendance financière les empêchent de porter plainte, de partir ou de faire partir le conjoint, ce que permet la loi. La question de « légitime défense différée » est le nœud du problème juridique actuel. Si on ne peut recommander de tuer son bourreau, comment peut-on ne pas comprendre le geste de cette femme et compatir ?… Violences Femmes Info : téléphone 3919.
Ce quilt est magnifique. Magnifique mais terrible. Ses dimensions sont extraordinaires mais dérangeantes : 103 cm x 408 cm… Et pourquoi donc ? Ce quilt symbolise l’horreur des 1 600 personnes qui meurent chaque année aux Etats-Unis à la suite de violences conjugales. Chaque bloc est le triste signe d’une vie volée. Très symboliquement, les blocs rouges, roses ou orange représentent des femmes, les bleus et verts des hommes. Il s’appelle Excess, témoignage et visualisation de l’horreur de de tant de victimes pour exprimer le chagrin collectif. Le créateur de ce quilt est Thomas Knauer dont le premier livre est très remarqué. Il fait des quilts « avec du sens et du symbole » et trouve dans les quilts modernes le juste moyen d’exprimer à la fois son goût des maths, de l’esthétique et de ses engagements.
Au cours de ma petite balade matinale de blog en blog, je suis tombée sur une réalisation qui me touche beaucoup, un quilt préparé par mari et femme qui unissent leurs passions : jardinage et patchwork ! La quilteuse est Annie Labruyère, vous connaissez peut-être déjà son blog, Des Tulipes et des Coeurs.
Le quilt présenté est « ancien », il a une quinzaine d’années, mais il vient seulement d’être exposé. Il représente un verger d’un côté et un jardin à la Française de l’autre. D’un côté des tessellations denses, de l’autre un curieux sampler un peu fou ordonné par les rangées de buis et des allées où s’impriment les pas des visiteurs…
Ne manquez pas les photos de détails du top par ici, puis l’histoire du quilting machine par là !
Nifty… C’est un mot que je ne connaissais pas avant de tomber sur ce blog : Nifty Quilts… C’est un mot très positif puisqu’il signifie à la fois « qui a du chic, de la classe », mais aussi « sympa, malin, astucieux, chouette ». LeeAnn, qui écrit ce blog, mérite les deux interprétations du mot ! Vous saurez bientôt pourquoi ce titre de post…
La tulipe est une fleur très graphique, symbole de la Hollande où en ce moment, les champs explosent de couleurs. Son nom signifie « fleur-turban ». Elle se prête si bien à des interprétations artistiques !
Hollande en avril, c’est une explosion de couleurs ! Je vous conseille la visite du parc de Keukenhof… J’en ai un souvenir ébloui !
Les tulipes ont une histoire folle. La tulipomanie, vous connaissez ?
Au début du XVIIe siècle, ce qui deviendra les Pays-Bas était certes en guerre d’indépendance contre l’Espagne (pendant 80 ans…) mais aussi en pleine gloire coloniale très rentable avec la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales : les valeureux navigateurs rapportaient toutes sortes de denrées d’Asie : soies, porcelaines, épices… les Hollandais colonisaient aussi de nouvelles terres en Amérique, parmi lesquelles un territoire baptisé Nouvelle-Amsterdam en 1625 qui deviendra New-York… Max Weber (en 1905) attribuera les valeurs du protestantisme (la valorisation du travail) à la création du capitalisme en Europe du Nord, ce n’est sans doute pas le facteur unique mais il règne en Hollande, en ce début de XVIIe siècle, un sentiment de modernité, une effervescence tous azimuts… et les tulipes auront leur place dans cette histoire !
Hans Bollongier, Bouquet de tulipes, 1639, Rijksmuseum Amsterdam. Bel exemple de l’âge d’or des natures mortes flamandes.
De l’Empire Ottoman, des bulbes furent introduits en Hollande à la fin du XVIe siècle. Les fleurs de tulipes prospérèrent dans ce climat européen humide et devinrent si populaires que les oignons se volaient en pleine terre ! Mais ce qui mit le feu aux poudres, c’est un virus de l’oignon. Je m’explique : les tulipes sont d’une seule couleur éclatante quand tout va bien. Un virus transmis par les pucerons peut les rendre bicolores de manière flamboyante mais très aléatoire, et à l’époque ces transformations étaient bien mystérieuses… C’est ce virus la cause partielle, pendant l’hiver 1636-37, d’une forte spéculation puis de l’effondrement de la valeur des bulbes.
La Folie Tulipière, Jean-Léon Gérôme, 1882 (Musée Walters, Baltimore, Maryland, USA). Ce peintre français très académique du XIXe siècle illustre la tulipomania du 17e siècle : un Noble protège son précieux exemplaire de tulipe bicolore tandis que les soldats piétinent les tulipes du champ, afin de lutter contre la spéculation.
En fait, la tulipomania a marqué les esprits car il s’agissait d’une simple fleur mais d’après les dernières recherches, elle a été amplifiée a posteriori, symbolisant les errements du capitalisme. Les délires du marché de la tulipe, bien réels, n’ont pas touché tant de monde que cela et n’ont pas anéanti l’économie hollandaise… Si cela vous intéresse, vous pouvez lire quelques articles : Quand les bulbes dégénèrent en bulles Et krach la tulipe La tulipe… interprétation de l’Histoire !
Tulipe Reine de la Nuit, photo du catalogue Meilland
En littérature, on ne peut pas oublier La Tulipe Noire d’Alexandre Dumas, dont l’inspiration est tirée de cette spéculation, mais avec aussi des troubles socio-politiques violents, de l’amour fleur bleue pour une jeune Rosa… Un roman très fleuri !
J’ai lu ce livre enfant, pas vous ?…
Attention, aucun rapport avec le film de cape et d’épée de Christian-Jaque de 1964 avec Alain Delon et Virna Lisi, leur histoire se passe à la Révolution Française !
Vous pouvez admirer des céramiques de style Art Nouveau illustrant cet article : la tulipe convient si bien à ce style…Sacrées nifty tulips (les tulipes ont la classe) !
Elégance de l’Art Nouveau…
De même, dans les peintures paysannes traditionnelles sur bois, coeurs et tulipes sont souvent à la fête ! Occasion rêvée pour faire un coucou à ce blog : des tulipes et des coeurs!
La fleur de tulipe, si ronde et élancée, se plie facilement à toutes les interprétations textiles ; piécées ou appliquées, elles se prêtent à tous les jeux. Entrons donc dans la danse des tulipes…
Les quilts de style Baltimore ont souvent des tulipes. Réminiscence du pays d’origine de tant de personnes de ce coin des Etats-Unis ? Très certainement ! Barbara Brackman a répertorié un nombre impressionnant de blocs aux tulipes dans son encyclopédie des blocs appliqués.
Voici donc quelques photos de quilts anciens et récents avec des tulipes… A vous ensuite d’aller vers d’autres découvertes !
Quilt du XIXe siècle
Quilt années 1930
Sans date, XXe siècle
Ce quilt, comme vous le voyez, est extrêmement raffiné et merveilleusement exécuté. C’est l’oeuvre de Michel Galan… qui souhaitait « juste » s’initier à l »art de l’appliqué ! Quel phénomène !! Vous pouvez voir quelques tulipes en bordure. Le modèle est de la papesse du Baltimore, Ellen Sienkiewisz.Voir détails sur son blog !
Un modèle dans Quiltmania (n° 76, venant de Lucy des Pays-Bas… naturellement !) m’avait vraiment tapé dans l’oeil, Beatrice de l’Aiguille dans une botte de foin l’a fait :
Quel dynamisme dans ces couleurs ! Le Cheddar, cette couleur orange, me fascine et me fait peur à la fois !…
Ce petit quilt de Pasty Moreland montre une des possibilités de faire une tulipe avec un bloc de log cabin…
Ce bloc est proposé avec d’infinies variantes de dispositions… Super pour utiliser beaucoup de petits restes de tissus vifs !
Lisa Bonjean a repris un bloc des années 1930, réinterprété avec ses tissus, pour faire ce magnifique quilt dédié à sa mère (détail, voir aussi ici).
Je suis née un an avant le décès de Marilyn Monroe et j’ai mis longtemps à m’intéresser à cette femme, bombe sexy d’un temps révolu, pin-up fausse blonde. Et un jour j’ai vu un de ses films en V.O. J’ai alors compris ! Sa voix… Eh bien sa voix est tellement enfantine que le contraste est saisissant avec son corps épanoui… Elle chuchote, elle susurre, elle murmure… Timbre de voix qui lui donne une infinie fragilité et une singularité qu’aucune actrice doubleuse, si talentueuse soit-elle, ne peut restituer… On dit qu’elle parlait ainsi après avoir longtemps combattu un bégaiement, résultat de traumatismes d’enfance. Par sa voix j’ai ressenti alors son magnétisme et su pourquoi elle ne quittera pas le firmament des stars.
Une jolie poupée américaine !
C’était aussi une excellente chanteuse qui compensa son manque de puissance par de la technique mais aussi du glamour, du rythme, de la présence… Son filet de voix la faisait chanter tout près du micro : on entend tous ses effets, tous ses soupirs… Ecoutez une compilation de ses chansons de ses films (dans lesquels elle chante presque toujours !) c’est un pur moment de bonheur. Malheureusement, ses nombreuses interprétations talentueuses sont éclipsées par le fameux Happy Birthday Mr. President devant John Kennedy !… à voir ou revoir ici.
Ravissante Marilyn, qui ici semble heureuse !
C’est tout ça, Marilyn, et tellement plus ! Cela fait mal au coeur de savoir qu’elle fut rarement heureuse au cours de ses 36 années.
Son image continue de fasciner les artistes.
Ca pique les yeux ! Andy WARHOL utilisa ce portrait en sérigraphie pour clamer sa vision de l’art. Le pop-art, art consommable et art-business…
Vous me connaissez un peu maintenant, ce sont les interprétations en tissus qui ont ma faveur !
Incontournable Marilyn vue par Ian Berry alias Denimu. Pour une fille qui avait comme 2e prénom Jean…
Quilt de Susan Fender, vu sur Etsy.
Quilt (oui, cousu avec un fin point zig-zag sur une machine Pfaff ordinaire !) de la Danoise Dorte Jensen. 140 x 50 cm. Quelle classe !
Et enfin, la belle surprise de la semaine :
Ana de Hilacha y Retal (blog bilingue espagnol et anglais, mais elle comprend tout autant le français) vient de terminer ce quilt époustouflant ! Allez voir des photos de détails sur son blog… Modestement, elle parle d’une technique apprise, mais son interprétation en tissus fleuris est vraiment unique, un immense bravo !