Bouquets d’Hiver

Avant que n’arrive la date officielle du printemps, je suis extrêmement heureuse de vous présenter un quilt d’exception réalisé par Madeleine, une de nos Abeilles, qu’elle a baptisé Bouquets d’Hiver… En vraie Capricorne, Madeleine ne craint pas cette saison !

when the cold wind blows

Modèle extrait de ce livre signé Blackbird Designs.

Madeleine a conservé l’esprit des créatrices de Blackbird Designs, Barb Adams et Alma Allen, qui ont ici dessiné des plantes accompagnant l’hiver de leurs plus beaux atours, réinterprétant à leur manière le style Baltimore, ces quilts aux blocs figuratifs si travaillés. Je vous présenterai celui-ci bloc par bloc quand il sera exposé* car les photos que j’ai prises ne rendent pas justice au quilt, je les recommencerai donc… En attendant voici une photo faite à l’extérieur vendredi dernier, trois copines perchées sur un banc :

bouquets madeleine

Bouquets d’Hiver, Madeleine Fillola, 2013 (230 cm x 230 cm)
Réalisation traditionnelle « dans les règles de l’art » avec un superbe appliqué, un quilting dense parfait, une bordure originale en vagues et maxi-croquet … Bientôt des photos de détails ! Entièrement réalisé à la main… Je suis si admirative !
Couleurs brique et pastel… Nous avons utilisé les mêmes tissus pour des résultats fort différents, vous pourrez bientôt le constater 🙂

Ce quilt est pour nous un symbole de notre amitié au cœur de la Ruche.  Si j’ai un peu conseillé Madeleine pour choisir les tissus, chaque Abeille a admiré la progression de l’ouvrage, étape par étape, aidant notre amie à conserver sa motivation, Patricia lui a enseigné le matelassage « à la Amish », ce qui a grandement aidé Madeleine (il fut entièrement quilté avec les deux dés conseillés ici, sur un tambour sur pied Hinterberg acheté au Petit Comptoir), Martine et Christine ont bien aidé pour l’ajustement du croquet en bordure… et Christine a mis tout son talent au service d’une étiquette qui reprend exactement le modèle de deux fleurs, la forme des vases, le rappel du matelassage en grille et le croquet de bordure :

étiquette par ChristineL’étiquette reprend les caractéristiques de ce merveilleux quilt.

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* A Colomiers, ouest de Toulouse : exposition  du 22 au 28 mars de 10 h à 18 h, salle Gascogne (de la N 124, sortie n° 5), du Club de Patchwork Léo Lagrange de Colomiers qui fête ses 20 ans. Venez nombreux !

bloc madeleine

Premier Bouquet d’Hiver… 

Quiltement Vôtre,

Katell

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En France, le froid arrive…

… et j’ai trouvé sur Facebook un quilt qui illustre l’hiver à merveille :

felisa quilt : Minka in Invierno

« Minka Houses in Winter » : Felisa Nakawasa a dessiné ce modèle réalisé par Shisuyo Tuchihashi. Felisa fait régulièrement éditer ses modèles dans les magazines de patchwork japonais les plus réputés et a reçu maintes récompenses.

Les « Minka » sont au Japon des maisons traditionnelles, généralement les habitations modestes des paysans, pêcheurs, artisans et marchands. Leur style varie grandement selon la région mais les plus connues sont au centre du Japon où quelques villages, inscrits par l’UNESCO au patrimoine de l’humanité, sont préservés :

Village historique au centre du Japon

(photo du site de l’UNESCO)

Les toits de ces Minka sont extrêmement pentus car l’hiver, la neige tombe fortement dans cette région. Certains descendent presque jusqu’au sol et cette architecture est appelée « gassho-sukuri », c’est-à-dire en forme de mains jointes. Les toits pentus sont à la fois utiles à l’extérieur (intempéries) et à l’intérieur (fonction de cheminée !). Je vous recommande la lecture du blog de Jacques Perrin à ce sujet.

gassho_zukuri

Maison Minka… ou le charme de la couleur taupe

Cette représentation de la Maison est, pour le peuple japonais, une image traditionnelle ancrée dans les esprits. On peut rapprocher cette image culturelle à celle de la « petite école rouge » aux Etats-Unis. Il faut peut-être trouver ici l’inspiration des tissus japonais taupe pour le patchwork, car c’est bien dans cette gamme de couleurs qu’apparaissent ces maisons en bois au toit de chaume !…

houses yoko saito

Ce livre, au succès fou amplement justifié (traduit du japonais par Osamu & Marie-Claude Tsuruya) comporte de nombreuses maisons de style « Minka », ces maisons habitées par les « gens du peuple » ruraux ou citadins.

Dans le sud du Japon, les Minka n’ont pas les mêmes caractéristiques car elles sont adaptées au climat ; les toits sont moins pentus et elles sont souvent construites sur pilotis pour favoriser la ventilation… mais aussi, tout comme plus au nord, en raison des séismes…

architecture traditionnelle sur pilotis

Ces habitats traditionnels ont été massivement démolis au XXe siècle mais de nombreuses personnes et associations les protègent et les reconstruisent actuellement. Leur charme opère… et après tout, en plus de leur valeur historique, ce sont de parfaites maisons écologiques ! 

Pour le regard unique d’une Française quilteuse connaissant le Japon de l’intérieur, allez sur le blog de Marie-Claude Tsuruya La Chambre des Couleurs.

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EstampeHiroshige

Estampe de Hiroshige, Sur la route du Tokaïdo, Kambara
« Neige de nuit » – Des maisons Minka sous la neige. Je crois presque entendre la neige crisser sous les pas…

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Cannelle

Toujours cette épice qui m’inspire ! J’ai découvert les biscuits à la cannelle aux Pays-Bas à 17 ans (épice inconnue dans la cuisine bretonne !) et depuis je suis fan de cette saveur à la fois chaude et douce.

cannelle et badiane

Une étoile de badiane, autre saveur que j’aime, avec des bâtons de cannelle… qui sont des morceaux d’écorce d’un arbre de la même famille que les lauriers.

Deux variétés principales cohabitent, la cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum ou Cinnamonum Zeylanicum), plutôt douce et légèrement sucrée, et la cannelle de Chine (Cinnamomum cassia), plus âcre, poivrée… et moins chère ! Attention, en usage médicinal (huiles essentielles), les propriétés ne sont pas tout-à-fait les mêmes, mais toutes deux restent antivirales et dynamisantes.
Dans les desserts j’aime la cannelle à la folie, mais aussi dans certains plats salés comme des tajines, des pastillas, des chutneys, des plats aux lentilles, aux courgettes, à la citrouille… C’est un ingrédient indispensable de mélanges comme le ras-el-hanout (Afrique du Nord), le curry, le garam masala  (Inde), le 4-épices, le 5-parfums…
En Europe, elle était déjà très prisée dans la cuisine de la Renaissance et était acheminée, tout comme la porcelaine et autres denrées, par la Route de la Soie au Moyen-Age puis par voie maritime, ce qui fit baisser les prix. La cannelle faisait partie de toutes les marinades et épiçait aussi les sauces aigres-douces si prisées à l’époque !

Cannelle au Jardin du Roi - Seychelles

Cannelier « de Ceylan » poussant aux Seychelles (photo d’ici)

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Revenons à nos moutons ou plus exactement au patchwork, c’est évidemment sa couleur ocre-brun (cannelle de Ceylan) ou rouge-brun (de Chine) qui m’intéresse ici ! On pourrait la considérer comme une couleur de base qui va avec tout. Je l’aime particulièrement en contraste absolu avec un bleu porcelaine, voire indigo : une idée pour un prochain ouvrage ?… C’est d’ailleurs la couleur mineure du bloc que j’utilise en logo Quilteuse Forever :

SeaShells

Bloc de « coquilles », 20 x 20 cm, cousu pour participer au Livre offert à Josette Billard, notre précédente déléguée de France-Patchwork 31.

En attendant la création d’un quilt cannelle-indigo éventuel, je voudrais partager avec vous l’ambiance si cosy qui régnait chez Martine à Noël :

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

Scrappy MartineC’est à la mi-octobre que Martine nous a apporté ce superbe quilt que vous vous voyez ici accroché au mur. Il avait besoin d’un titre ! Alors, quelques semaines après avoir baptisé la petite chienne (article précédent!), j’ai lancé à Martine : « Peut-être Cannelle ? » … Et Martine a aussitôt adopté ce nom qui évoque bien la couleur dominante chaleureuse du quilt, ainsi que l’ambiance festive de l’Avent, quand les cuisines se remplissent d’effluves de pains d’épices, de vin chaud et autres Bredele… du moins dans mes rêves 😉

Puis, avec les beaux restes de ce quilt et de quelques autres, ont suivi le jeté de canapé et son coussin. Infatigable, notre Abeille Martine ! Le jeté est un assemblage de carrés mis sur la pointe ; quant au coussin, il doit son aspect inhabituel à ce bloc étonnant dont je vous parlais dans un article précédent.

Je constate que Martine devient experte non seulement en scrap-quilts, maniant couleurs et valeurs avec brio, mais aussi en quilting machine, ce qui lui permet d’aligner déjà un nombre impressionnant d’ouvrages en si peu d’années de pratique ! Ah c’est ça la passion…

cannelle1-Martine

Le modèle de ce quilt a été publié dans le magazine  Quilt Country n°15 d’octobre-novembre 2010, il est signé Jan Patek qui l’avait appelé « Champagne » . On reste dans l’évocation des festivités !

Merci de m’avoir accompagnée dans cette promenade autour de la cannelle !

Katell

Kannelle

Ma fille a consacré une partie de ses vacances d’été, l’année dernière, aux chiens de la SPA attendant d’être adoptés. Inévitablement, elle est tombée amoureuse d’une boule de poils abandonnée… Ses tons roux épicé m’ont inspiré le nom de Cannelle, vite orthographié Kannelle. Je ne pouvais pas faire plus plaisir à ma fille à Noël en préparant un tapis pour sa chienne :

tapis kannelle

C’est un quilt utilitaire qui sera souvent lavé, j’ai donc appliqué l’étoile au point de feston-machine, quilté facilement avec un point qui fait des vagues… mais j’ai tenu à broder à la main au coton perlé en couleurs pastel : A Star is Born – Kannelle – 2012 (date au centre de l’étoile, c’est à peine visible sur la photo).

Et puis, quand il sera trop machouillé, j’en ferai un autre 🙂

Kannelle

Kannelle à Noël, 8 mois

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Tapis très librement inspiré d’un fort joli modèle de housse pour Jules de Véronique Requena (dans son livre « le quilt mystère », éditions de Saxe, 2009). J’aurais bien pu copier « sa » phrase brodée : « a Home without a Dog is just a House »…

Des Assiettes de Dresde pour Noël

Vous souvenez-vous de l’Assiette de Dresde commencée en novembre, avec ses tranches en petits morceaux ? Je voulais expérimenter cette nouvelle manière de traiter l’Assiette de Dresde en même temps que la réalisation des pointes qui semblait si facile . Eh bien, c’est facile effectivement !

Influencée par une récente conférence sur le Crazy qui m’a donné envie de broder, je me suis amusée à quilter l’Assiette au coton perlé (n° 8). J’ai conservé une symétrie classique qui convient à un centre de table…. ou bien finira-t-il sur le mur ?

Crazy plate - Katell

J’ai profité d’un rayon de soleil hivernal pour le poser sur un petit massif d’osmanthe, aux feuilles si semblables au houx. Tous les tissus sont des chutes d’autres ouvrages. J’aime cet exercice… et j’ai l’impression que mes stocks sont inépuisables, après quelques décennies de couture et de patchwork !

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Christine a comme moi suivi le tuto de l’article un utilisant un Charm Pack de chez Moda (42 carrés de 5″ de côté) ; il ne lui en reste plus une miette ! Elle a eu la bonne idée d’appliquer son Assiette directement sur une nappe en pur lin  :

assiette CT 3assiette de Dresde CT 2012

Quelle gaieté ! C’est une gamme de tissus inhabituelle pour cette période de l’année mais qui ressemble aux quilts australiens qui fêtent Noël… en plein été ! C’était vendredi dernier la réflexion d’Annie, je la trouve très juste 🙂 A noter que ces photos ont été prises au petit matin, d’où les couleurs un peu plus froides qu’en réalité. Merci pour le partage Christine !

assiette sur table - Christine

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Bientôt, un article sur d’autres modèles d’Assiettes, ou comment innover encore et toujours avec ce bloc.

Variations en Log Cabin

Il y a quelques jours Cécile, une des lectrices assidues de la Ruche, me demandait quel livre acheter de préférence en tant que « Bible » du Log Cabin, un de ses thèmes préférés.

Je pouvais lui conseiller « Log Cabin Libre » paru chez Quiltmania, c’est un livre de Shizuko Kuroha, cette Japonaise qui me fait rêver de quilts indigo depuis les années 80-90… mais je comprenais qu’elle souhaitait un livre plus structuré et complet. De plus, il est épuisé… Après quelques recherches, j’ai choisi de lui conseiller celui-ci :

Je ne le connais pas mais j’ai 4 autres livres de Judy Martin et j’étais donc sûre que ce serait un livre aux explications parfaites… à condition de comprendre l’anglais.

Bingo ! Cécile vient de recevoir le livre, elle en est enchantée, je lui fais entièrement confiance et je partage donc ici cette recommandation. On y trouve comment construire des log cabin avec des mouvements circulaires, comment insérer des petits carrés, des triangles, des étoiles ou même des maisons pour animer le modèle basique et aussi probablement les méthodes les plus rationnelles pour couper et coudre les nombreuses bandes ! Il manquait vraiment à ma bibliothèque, je viens donc de me l’offrir !…

Cécile, bon log cabin alors, on attend les photos de ton prochain Log Cabin Quilt 🙂

Précisément samedi dernier, à l’exposition du Club Calicot Patch dont je vous ai déjà parlé ici, il y avait un extraordinaire quilt en Log Cabin*. Ce modèle était paru en couverture du magazine de France-Patchwork (Les Nouvelles du Patchwork  n° 82, septembre 2004) . J’avais été conquise au premier coup d’oeil, me réjouissais déjà à l’idée de choisir tant et tant de tissus… avant de déchanter devant la complexité du piéçage du bloc à coudre obligatoirement à la main !!! Trop long pour moi… J’ai donc très vite abandonné ce projet.

Heureusement, Yolande n’a pas fait comme moi ! Voici 72 blocs de log cabin aux feuilles piécées imbriquées dans les bandes, avec un choix parfait, très lumineux, de couleurs d’automne. Yolande, je ne t’ai sans doute pas assez dit combien j’ai admiré ton oeuvre, voilà qui est fait, bravo !

* Quilt original de la regrettée Josiane Brehin, « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle »

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Croire au Père Noël… et autres histoires

C’est l’histoire du dernier Magic Patch, le n° 101.

Je savais que Pascale, alias Jubama, nous préparait encore un de ses jolis modèles. « Chut ! », nous dit-elle quand, en plein mois de juillet, elle planchait sur l’ambiance feutrée et cosy de Noël.
Son univers, avec sa maison remplie de petits-enfants, ses poules au poulailler de luxe près du potager, l’ont bien inspirée cet été !

Poulailler chez Jubama, photo de son blog. Inspiré des granges américaines !

Croire au Père Noël, tel est le thème choisi.  On y trouve notamment un quilt de style country comme j’aime, aux couleurs douces et pimpantes, des dessins mignons comme tout, un inévitable mouton avec le Père Noël… Mais oui, les moutons sont une des marottes de notre créatrice ! La gamme de tissus choisis est parfaitement adaptée et de petites broderies donnent une touche de raffinement supplémentaire.

Je dois dire que j’ai une petite réserve : la photo principale de présentation… Au lieu de bien nous montrer le quilt, on a un grand ours que je ne trouve pas du meilleur goût. Il faut aller dans les pages d’explications pour apprécier l’ensemble de l’ouvrage… Et pour le voir sur une belle photo, je vous conseille de vous adresser directement à Jubama ici  ! Bon, c’est juste une petite remarque de présentation à l’intention du magazine, j’aime voir les quilts en entier !!

Et Pascale nous propose aussi un sac à cadeaux, j’en retiens l’idée… Moi aussi je finirai bien par être une mamie !… Et j’aime beaucoup le manteau de cheminée, il faut d’ailleurs que j’en fasse un, pourquoi pas un comme celui-ci ? En m’y prenant maintenant, il sera fini pour les fêtes… Ah Pascale la tentatrice !!

Un Père Noël avec un joli mouton, détail du quilt « Croire au Père Noël » de Pascale Piète.

Beaucoup d’autres jolis modèles dans ce Magic Patch, à vous de découvrir ce que les créatrices nous ont réservé ! 

Je voudrais aussi attirer votre attention sur l’histoire de l’Hermione (pages 42-43). C’est le bateau qui mena le marquis de La Fayette — personnage presque oublié en France mais fort célébré aux USA– vers cette colonie britannique qui souhaitait ardemment son indépendance… Un club de patchwork de Poitiers a fait un quilt collectif de toute beauté à la gloire de la Fayette et de l’Hermione. Histoire à lire ! Je vous engage aussi à aller sur leur blog Quilt pictave. Vous y verrez notamment des photos de la visite d’un chantier naval : des passionnées ont entrepris la reconstruction à l’identique de cette frégate (en vrai !)… Un chantier que vous pouvez retrouver ici : http://www.hermione.com/

Quilt sur le thème de l’Hermione, superbe frégate qui mena le Marquis de La Fayette en Amérique en 1780.

Pour finir avec ce numéro décidément éclectique, ce que j’apprécie grandement, lisez le portrait d’Inge Hueber, la quilteuse qui met tout à l’envers… Je m’explique : fascinée par les couleurs, Inge teint tous ses tissus elle-même, ce qui lui permet d’obtenir de fabuleux dégradés. Ses recherches l’ont conduite à coudre des quilts de bandes aux coutures visibles, elle obtient ainsi un volume et un velouté incroyables. Son site : http://www.ingehueber.de/.

Détail de Sunset/Broadstairs, voir le quilt dans son ensemble ci-dessous. De loin, on ne voit pas les coutures et les couleurs se fondent l’une dans l’autre…

Impressionnant, non ?…

Vive le patchwork dans toute sa diversité !

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Easy Street

Route facile ? Je ne sais trop comment traduire cette locution, mais je sais qu’elle va fleurir dans de nombreux blogs de patchwork les prochaines semaines ! Au vu du contexte, on peut le traduire librement par notre expression « On va se la couler douce » ou « Trop facile ! », puisque Bonnie Hunter de Quiltville nous promet un quilt mystère qui réclamera bien moins de travail que les précédents… Ce sera pourtant encore un gros bébé, puisque sans bordure ce quilt carré fera 84 inch de côté sans bordures optionnelles (96 inch avec !!).


Bonnie Hunter va donner les premières instructions le 23 novembre sur son blog Quiltville. Vous avez tout juste le temps de rechercher les tissus ! Cinq groupes de couleurs sont requis :

– des verts acides
– des turquoises
– des violets
– des gris
– des imprimés blancs/noirs style shirtings, ces tissus de chemises à petits motifs.

C’est sa gamme, mais chacune peut s’aventurer vers d’autres harmonies ! Pour plus de renseignements, voyez son article ici, vous y trouverez tous les détails pour vous tenter furieusement !

Diamonds en Bretagne

J’ai le privilège d’avoir beaucoup d’Abeilles quilteuses autour de moi, nous nous réunissons le vendredi dans l’ouest toulousain et chacune peut prendre l’espace de ce blog pour s’exprimer. Aujourd’hui, c’est Chantal qui nous raconte toute l’histoire de son quilt « Diamonds » (ce qui signifie Losanges en anglais). Un bel exemple !
Katell

 

Tout commence par une envie d’offrir un cadeau à des amis…
Lorsque, début 2011, ils émettent l’idée d’un patchwork mural pour habiller le salon de leur maison de vacances en Bretagne, je saute sur l’occasion.
J’envoie des photos de mes précédentes réalisations pour donner des idées, ainsi que d’autres modèles piochés tous azimuts , en précisant que je peux adapter tant les couleurs que les motifs…Reste à attendre le choix de nos amis !


Au cours de l’été, ils partent visiter New-York. Je leur transmets, à tout hasard, l’adresse de l’unique magasin de patch de Manhattan (merci Katell !). Et malgré le programme touristique chargé, ils prennent le temps d’y entrer.
Leurs yeux sont immédiatement attirés par un quilt exposé dans le magasin. Mais non, il n’est pas à vendre ! En revanche, ils peuvent acheter le patron (Diamond, Diamonds and More Diamonds de Viv Smith) ainsi que les tissus. Un grand choix leur est offert dans la boutique… Une quinzaine de tissus batik sont choisis et puis traversent l’Atlantique au retour.

En septembre, lorsque je reçois le petit paquet, mon impatience est aussi grande que la surprise de découvrir un patron avec des losanges. Motif que je n’avais jamais travaillé jusqu’alors…
Un vrai défi s’offre à moi . Et devant l’ampleur de la tache,  les consignes d’un patron à respecter (ce que je n’avais jamais fait) et l’utilisation des tissus venant d’outre-Atlantique, je réalise que je n’ai pas droit à l’erreur.

Cependant, j’aime les défis en couture. Je me lance dans l’aventure avec passion.

Après les vérifications d’usage pour un travail géométrique, en particulier, le parallélisme des losanges et  la largeur des bandes intermédiaires, je réalise deux essais avec des tissus « brouillons » pour décortiquer la technique que le patron me propose de suivre.
Tout s’enchaîne assez vite ensuite, les losanges sont coupés, ainsi que les bandes colorées.  Mon mur se recouvre petit à petit de couleurs à associer pour faire ressortir les contrastes. Le défi est bien là. J’utilise mon appareil photos avec l’option N&B pour bien voir les valeurs de chaque tissu :

 

Un vrai travail de peintre sur le mur de ma chambre/atelier ! 

J’ai juste assez de tissu, je ne dois pas faire d’erreur de coupe. Cela ajoute un peu de piment à l’affaire…et m’oblige à être hyper concentrée !
Cela prend forme. Je m’habitue aux couleurs, je joue avec… 

Vient ensuite la coupe des bandes noires, le tissu noir provenant d’un drap neuf de belle qualité. Les grands losanges sont entourés d’une bande noire.   

                 

A la maison, chacun vient donner son avis, plisse les yeux pour voir les couleurs avec ce «filtre» naturel.

C’est la danse des losanges sur le mur…A chaque déplacement d’un losange, c’est l’équilibre de l’ensemble qui est bouleversé et il faut réfléchir à nouveau…
De nombreuses heures de réflexion, les couleurs qui tournent dans la tête. La nuit, je pense à «mes diamonds»: bleus/rose, jaune/fauve, orange/bordeaux… 

Puis vient le temps des triangles des bords. En droit fil ou dans la trame…? Choix cornélien !!

 

Me voici prête pour les premiers assemblages, qui se déroulent sans problème à condition de ne pas tirer sur les coutures car tout est en biais…n’est-ce pas !
Et chaque losange doit avoir la même taille pour la prochaine étape de l’assemblage des losanges entre eux, puis des bandes entre elles.

Noël 2011, le centre du top est achevé après équerrage et pose de la première bande intermédiaire.
Les futurs heureux propriétaires l’aperçoivent, ils sont ravis. Je n’ose pas trop dire que le plus dur reste à faire…En effet, il ne me reste que des petits morceaux de chaque tissus et je dois maintenant couper les losanges de la bande extérieure… Le défi continue…
Mais ce travail de précision me passionne ! 

 

Mi-janvier 2012, fin du top ! Je suis heureuse du résultat. 

 Il va falloir maintenant passer concrètement à l’étape suivante à laquelle je réfléchis depuis des mois : le matelassage !
Ah !! le dessin du quilting, éternel problème ! (Suis-je la seule !?)

Je voudrais un dessin simple mais néanmoins beau, existant mais invisible (car j’ai trop peur de gâcher les tissus), facile et rapide à réaliser car je suis aussi impatiente que mes amis qu’il soit terminé…  

Je prends trois mois de réflexion. Comme souvent, je cherche conseil auprès des « Abeilles », je fais mille dessins, et j’opte finalement pour un quilting « in the ditch » en fil coloré pour chaque losange central et un quilting visible en fil noir, en légère courbe sur les bandes noires, ce qui donne un peu de mouvement à l’ensemble.

De gentils mots doux à ma valeureuse machine qui donne quelques signes de fatigue (petite précision, elle tourne huit  heures par jour car j’ai de nombreux ouvrages en cours en marge de celui-ci…).

Fin avril 2012, tous les fils sont rentrés, le matelassage est  achevé…Je nage dans une bulle de bonheur!!

Les petites opérations de finition se font dans la joie et la bonne humeur !

Environ 130 heures de travail, coupe, couture, quilting machine, sans oublier les rentrés de fils à la main, le manchon pour le fixer au mur et la broderie sur l’étiquette au dos. C’est sans compter les nombreuses heures où seule la tête travaille… 

 Le 6 mai 2012, j’ai le plaisir d’annoncer que la commande est prête…

Petite photo au soleil de Toulouse avant de l’emballer pour sa livraison !

 Le 8 mai 2012, le quilt (1,65m x 1,95m) traverse la France roulé dans un petit Furoshiki (Tiens donc!) pour trouver sa place dans la maison de Bretagne. Il est à l’honneur!!

Plaisir d’offrir !!

Merci Chantal ! Vous pouvez trouver ici son précédent article.

Vitrail en coquilles

En l’an 2000, la délégation France-Patchwork de l’Eure avait organisé une exposition sur le thème du Bleu de Chartres, ce bleu si lumineux qu’on retrouve de manière récurrente sur les vitraux  de  la cathédrale.

Christine, qui vient de rejoindre notre groupe d’Abeilles, avait participé à cette exposition avec cet étonnant panneau :

Elle nous l’a apporté lors de notre dernière rencontre en raison de l’article sur Conques et les coquilles ! Mes photos ne rendent absolument pas justice à ce bel ouvrage, alors laissez-moi vous le décrire un peu.

Chaque coquille est cernée d’un biais gris plomb qui rappelle bien l’art du vitrail ; les coquilles du ciel sont en organza bleu et laissent passer la lumière, alors que les champs de blé -cette riche Beauce- sont en tissu opaque jaune imprimé d’épis de blé ! La Cathédrale, qu’on aperçoit de si loin quand on approche de la ville, était le premier transfert photographique de Christine.

Le panneau n’est évidemment pas quilté, mais chaque biais est soigneusement doublé au dos pour enfermer les coquilles de tissu. Beau travail ! Mais douze ans après, on voit déjà l’outrage du temps -surtout de la lumière- fait à la couleur « Bleu de Chartres » utilisée par Christine, qui est devenu un simple bleu  clair… Il faut dire que ce panneau fut longtemps mis près d’une fenêtre, les jeux de lumières étaient si beaux !

Si vous voulez visiter virtuellement la Cathédrale de Chartres, allez dans la Chambre des Couleurs, Marie-Claude l’a visitée l’année dernière… C’est une vraie merveille de notre patrimoine !

Christine m’a précisé qu’en ce moment la cathédrale vit de belles heures de rénovation, car on vient de découvrir les badigeons d’origine sous l’épaisse couche de saletés et de suies ! Toutes les précisions sur ces travaux en cours ici :  http://www.cathedrale-chartres.org/fr/mecenat-les-travaux,10.html

Dans le jardin, on apprécie mieux la transparence…

Merci Christine de nous avoir fait découvrir encore de nouvelles choses, tes dix doigts si agiles, toujours en action, nous réservent encore d’autres surprises 🙂 Alors à bientôt !

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