Une « fermière » du Québec à Toulouse

Ah que de belles rencontres on peut faire grâce au patchwork ! Je pense à vous tous/toutes rencontré(e)s la semaine dernière… La passion du patchwork qui nous unit fait que nous nous sentons sur la même planète !

Outre toi, toi et toi (vous vous reconnaîtrez !) que j’ai vus ou revus pendant le salon des tendances créatives de Toulouse la semaine dernière, j’ai vécu avec Karine une rencontre extraordinaire ! Jeudi dernier, on a entendu soudain un bel accent reconnaissable entre tous : deux Québécoises étaient à notre stand, manifestement heureuses de nous trouver. Elles avaient préparé leurs vacances en France à partir des informations glanées sur internet pour rencontrer le maximum de quilteuses françaises !

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Karine et nos nouvelles amies du Haut-Richelieu-Missisquoi, du sud-est du Québec

Elles se sont donc présentées, mère et fille, à notre stand France-Patchwork. Christiane Fleury (à droite sur la photo) est conseillère régionale-communications de la plus puissante association féminine québécoise qui frôle ses cent ans, « Les Cercles de Fermières du Québec ». Elles ne sont plus toutes fermières, naturellement… mais elles gardent un rôle prédominant dans l’amélioration de la vie des femmes et la transmission du patrimoine culturel et artisanal. Elles publient ainsi des livres-références sur la cuisine, le tissage ou le patchwork. Et comme elles se démarquent farouchement de la langue anglaise, elles parlent de courtepointe pour un quilt, de courtepointière pour une quilteuse… Délicieusement désuet pour les Françaises !

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Voici leur livre édité sur l’art de la courtepointe 

C’est dans le tissage qu’on peut trouver des traditions très particulières que ces « fermières » veulent absolument sauver, comme le « boutonné ». Ce n’est pas, comme je le croyais, la pose de boutons, mais la création de petites boucles (comme de mini-boutonnières) avec le fil de trame au cours du tissage, ce qui donne un surcroît de douceur et presque une impression de velours.

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Voici un timbre canadien édité en collaboration avec les CFQ. Celui-ci représente un couvre-lit tissé d’une centaine d’années, aux bouclettes de laine qui accentuent l’impact des couleurs.

Naguère fermières, leur devise reste  » Terre et Foyer » et toujours actives, elles s’auto-proclament « perles rares et cordons-bleus », mais ces femmes au grand cœur font aussi de nombreuses actions humanitaires d’envergure. Tous leurs centres d’intérêt sont dans leur magazine « Actuelle ».

Chère Christiane, j’espère que ton tour de France te mènera sur de beaux chemins de notre pays, jalonnés d’autres expositions de courtepointières françaises !

Martine et Linda

De belles rencontres se font dans les salons ! En avril 2012, Martine et Maïté ont eu le grand plaisir de discuter longuement avec Linda Koenig au salon « Pour l’Amour du Fil » à Nantes. Mes amies étaient envoûtées par ces quilts neufs à l’allure antique et leur style country sans prétention. Elles ont été surtout charmées par le grand sourire de Linda, sa disponibilité, son anti-conformisme contrastant quelque peu avec le classicisme de ses ouvrages… Linda Koenig est  finalement bien dans l’esprit de notre Ruche des Quilteuses !

Revenue à la maison avec bien sûr le livre de Linda (publié par Quiltmania), Martine a été enchantée par la qualité du rédactionnel qui reflète si bien le caractère généreux de l’auteur. Celle-ci y relate son quotidien sans lourdeur, ses parti-pris, ses inspirations, son goût marqué pour la simplicité et plus généralement son goût de la vie !

Martine a plein de projets inspirés du livre de Linda, mais en attendant de s’atteler à un de ces grands ouvrages, elle a fait un superbe mini-quilt dans l’esprit de Linda :

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Broken Dishes, Vaisselle Cassée, inspiré du modèle page 205.

Et pour l’accompagner, un « crazy » avec les restes de tissus :

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Ces mini-quilts feront partie de l’exposition « Mini-quilts sur leur 31 » des adhérentes de France-Patchwork 31, exposés au Salon des Tendances Créatives de la semaine prochaine :

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France-Patchwork y aura un stand ainsi qu’une galerie d’exposition, nous nous réjouirons de vous y retrouver !

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L’Invitation au Voyage

Maurice Ravel, basque par sa mère, est né à Ciboure, petite ville portuaire qui partage la baie avec St-Jean-de-Luz. C’est l’enfant du pays, même s’il passa toute sa jeunesse à Paris. Ses musiques m’enchantent et ce que j’aime particulièrement de lui, c’est son éclectisme, sa soif de sons d’ailleurs pour mieux les intégrer à sa culture française. 

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Ce portrait de Ravel évoque les multiples influences de ses musiques

Lors d’une immense tournée en 1928 aux Etats-Unis et au Canada, il fit cette déclaration : « Vous, les Américains, prenez le jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu’à mes yeux, c’est lui qui donnera naissance à la musique nationale des États-Unis. »

Bien vu ! Il avait notamment sympathisé avec George Gerswhin dont les sonorités de sa Rhapsody in Blue l’enthousiasma, alors que les critiques pleuvaient encore sur cette « musique de nègres ».

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Si son imaginaire musical majeur vient d’Espagne (le Boléro, qui envoûte ou énerve, reste la musique française la plus jouée au monde), ses œuvres sont profondément originales et éclectiques, inspirées successivement des folklores de la Russie, la Grèce, les sonorités orientales ou tziganes…

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Célèbre ballet de Béjart sur le Boléro de Ravel

« L’art, sans doute, a d’autres effets, mais l’artiste, à mon gré, ne doit avoir d’autre préoccupation que la perfection technique. L’important est de s’en approcher toujours davantage. » Ravel… C’était un travailleur lucide, exigeant envers lui-même et les autres, qui déclara :  « Oui, mon génie, c’est vrai, j’en ai. Mais qu’est-ce que c’est ? Eh bien, si tout le monde savait travailler comme je sais travailler, tout le monde ferait des œuvres aussi géniales que les miennes. ». A méditer quand on croit qu’on peut faire des œuvres vite faites-mal faites, sous le couvert de modernité !

Ravel aimait lire Beaudelaire : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. » (l’Invitation au Voyage)

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Je ne peux éviter ici d’évoquer deux sœurs pianistes nées tout à côté, à Bayonne, qui interprètent dans le monde entier des œuvres aussi diverses que celles de Ravel, Gerschwin, Mozart ou le répertoire baroque, mais aussi le rock expérimental avec grâce et un talent fou… qu’elles reconnaissent couplé à un travail acharné. Les ayant rencontrées à 19 ans, âge où nos goûts se forment pour la vie, je collectionne leurs enregistrements et leur voue une admiration sans faille. Elles se font malheureusement très rares en France…

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Travailleuses, éclectiques, talentueuses… et si belles ! (©KLM recordings)

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Le hasard faisant bien les choses, Marie-Claude Tsuruya cohabita avec Maurice Ravel pendant Quilt en Sud. C’est en effet dans l’auditorium Maurice Ravel que le Japon s’installa à Saint-Jean-de-Luz avec une sélection de quilts de la Chambre des Couleurs.

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Parions que Ravel aurait adoré cette cohabitation : l’excellence du travail, l’alliance de deux cultures, sont des caractéristiques ravelliennes  tout comme celles de cette quilteuse ! Marie-Claude Tsuruya n’a pas de télévision mais coud et quilte toujours au son de la musique. Quelques articles de son blog sont consacrés à cette autre passion.

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Plusieurs kimonos précieux, en soie ou en « chirimen » (tissu légèrement ondulé, une sorte de crêpe agréable à porter et facile à entretenir) agrémentaient cette exposition. Les kimonos japonais sont coupés et cousus d’une manière immuable (sujet d’un prochain article dans le blog de Marie-Claude sans doute !), il en résulte un vêtement très long qui sera ajusté à la taille de la personne grâce à la ceinture (obi). Marie-Claude avait apporté son obi de mariage mais dès le premier jour, elle l’a enlevé de l’exposition en raison de trop nombreuses petites mains qui ne pouvaient s’empêcher de le toucher !

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Détail d’un quilt de mini-blocs en T, initiale de leur nom de famille. Chaque T est cousu à la main avec un tissu japonais récent ou ancien, sur un fond d’indigos. Finalement, cela donne plutôt une jolie collection de mini-kimonos !

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Enfilade de quilts tous plus beaux les uns que les autres ! De près, ils sont parfaits, de loin on découvre une autre dimension avec des jeux de lumière insoupçonnés… C’est pourquoi j’appelle Marie-Claude Tsuruya la créatrice de lumière.

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Les quilts exposés ont tous un lien avec le Japon. L’époux de Marie-Claude étant japonais, elle hérite des tissus de sa belle-famille, surtout ceux dont personne ne veut plus ! De chaque voyage elle rapporte des kilos de textiles qu’elle achète aussi pour compléter sa collection. Le quilt ci-dessus,  en cotons bicolores marine/blanc, étaient destinés aux yukata, kimonos d’été aux imprimés plutôt masculins  (à l’origine, ces kimonos étaient pour la sortie du bain).

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Quilts récents de Marie-Claude. Son goût pour les tissus recyclés, ayant la trace du passé, se confirme dans ces ouvrages. On y retrouve des tissus d’épaisseurs différentes que beaucoup de quilteuses hésiteraient à unir, mais finalement coton, lin, chanvre ou ramie cohabitent avec bonheur !

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Je me souviens que, tandis que je donnais un stage sur le « nine-patch évanoui », une variante amusante de coupe rapide avec cutter et règle, Marie-Claude confectionnait ce même bloc de manière patiente, artisanale, choisissant avec précaution les morceaux pas trop usés de ses tissus anciens du nord du Japon, étoffes d’un peuple fier et travailleur. C’est ainsi un bel hommage qu’elle rend aux personnes qui filèrent, teignirent, tissèrent artisanalement ces textiles. Quand on voit ce quilt, on comprend d’autant plus ses réticences sur le phénomène Boro, ou la mise sur le marché  de guenilles, parfois même artificiellement vieillies, qui se vendent à des prix exorbitants… Tandis que les visiteurs  occidentaux s’extasient, les Japonais se sentent parfois humiliés…

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Encore cette association dont je ne me lasse pas, les indigos et les imprimés joyeusement colorés ! 

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Beauté d’un sobre Log Cabin. Contrairement aux tissus de patchwork, les bleus teints à l’indigo ne s’affadiront pas en quelques années !

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Finissons ce petit tour par ce magnifique quilt qui vous dit sans doute quelque chose… Il est inspiré d’un top en soie et satin fait par Ella Holcombe (1872-1957), qui fut offert au Musée Shelbourne en 1990 et immédiatement admiré et recopié ! On ne sait pas quand la quilteuse cousit ce top, mais le modèle du bloc existe depuis la fin du XIXe siècle. Dominique Husson le reproduisit en coton avec infiniment de subtilité (voir article précédent). Si vous aussi vous souhaitez vous lancer dans cet extraordinaire quilt, cherchez le Quiltmania n° 21, Renée Ferré l’a présenté en fiche « pas à pas ». Celui de Marie-Claude a la particularité d’être en soies de kimonos, ce qui lui donne une présence lumineuse et chaque bande est quiltée en son milieu… Association encore de l’occident et de l’extrême-orient, ce quilt est baptisé « Temari », du nom des balles japonaises de décoration qu’on sort pour certaines fêtes. Plus de renseignements sur ce quilt dans le blog  ici.

Guettez les prochains articles de Marie-Claude ! Elle nous donnera ses impressions de son voyage plein sud… Je sais qu’elle a adoré rencontrer ses lectrices et revoir les personnes rencontrées en avril 2012 à Pibrac lors de la Journée de l’Amitié… Des liens d’amitié qui se tissent au fil du temps !

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De Quilt en Sud, je ne vous en montrerai pas plus ; d’autres artistes, avec qui je n’ai pas pu m’entretenir, présentaient eux aussi des merveilles ! Vous pouvez aller voir ces blogs et sites pour d’autres points de vue :

– le reportage-photos d’Edith Bouilly sur le blog News FP
– les reportages de Marie-Christine sur le blog Carrément Crazy, très intéressants avec de belles photos
– les photos (articles en cours) sur le blog de France-Patchwork Tarn
– le blog de l’artiste Françoise Christien
– l’art textile léger et pétillant des Espagnoles Desedamas
– l’univers d‘Hubert Valéri, si raffiné, dont je vous montre ici la couverture du livre qui paraîtra en octobre prochain :

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Livre préparé avec Maryse Allard

… et il y en avait tant d’autres ! Merci à tous ces artistes de nous avoir enchantés !

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Quilts de Légende, Plein Sud

Dominique Husson, instigatrice inspirée des expositions à Brouage, était présente à Quilt en Sud pour accueillir les visiteurs de l’exposition des Quilts de Légende. Ces œuvres commencent leur carrière internationale à Brouage puis voguent au gré des expositions de prestige, certains même jusqu’à « la Mecque du patchwork », Houston au Texas ! L’association France-Patchwork est heureuse de mettre en valeur ces quilts traditionnels qui sont pour la plupart des reproductions d’antiquités européennes ou américaines.

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C’est pour moi un plaisir renouvelé d’admirer ces quilts, pour d’autres c’était une belle découverte. Ces superbes ouvrages sont magnifiés par l’éclat des tissus récemment teints, la perfection de réalisation de nos meilleures quilteuses traditionnelles françaises, le plaisir esthétique intemporel des motifs géométriques symétriques… Ils nous font faire un troublant voyage dans le passé… Les visiteurs restent ébahis devant tant de minutie et de beauté.

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Ce log cabin est montré à plat, on le devine sur la première photo. Les bandes ne font que 5 mm, toutes cousues à la main par Louise Marie Stipon (225 x 225 cm). Un vrai phénomène !

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Dominique Husson a été assaillie de demandes de ce modèle ! Il est paru dans les Nouvelles du Patchwork n° 82 de septembre 2004 et fut réalisé par la regrettée Josiane Bréhin. Quilt virtuose qu’une quilteuse amie, Yolande, a su réinterpréter (voir ici)

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Détail de la Nuit Etoilée de Ghislaine Lucas

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Autre photo de détail  : un quilt de Maryvonne Marmion « Les étoiles de Mme Harris ». Moi qui suis depuis toujours fan de scrap-quilts, j’adore ce principe ! Si je le copiais, il serait en fond bleu indigo avec toutes sortes d’imprimés… Le ferai-je un jour  ?…

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Celui-ci en particulier a suscité l’admiration de mon mari, et beaucoup d’hommes le photographiaient… Admiration amplement justifiée, avec ces mini-hexagones (estimation : environ 17 000…) parfaitement ajustés… Bravo à Marie-Françoise Grégoire !

Et puis il y avait des quilts de Dominique Husson qui ont contribué à établir la réputation des quilts de légende :

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Quelle beauté, quel éclat ! Je dois vous avouer qu’il y avait tant de monde autour de ces quilts que je n’ai pu bien les photographier… Merci, Dominique, de m’avoir envoyé des photos bien plus belles !

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J’apprécie beaucoup l’éclectisme de Quilt en Sud qui nous permet tout autant de découvrir des artistes textiles modernes qui nous titillent, nous amusent, nous épatent ou nous dérangent, que d’admirer des œuvres dites traditionnelles qui furent le terreau de la modernité actuelle. Et puis, quelle que soit la météo (bien sûr, on préfère le soleil…), le Pays Basque est si beau !

Pour une petite visite de chez vous, je vous conseille d’aller faire une balade grâce au Carnet de Voyage aquarellé de Caroline Gay…

chez les Basques Caroline Gay

Aquarelle de Caroline Gay

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Elaine Quehl dans la Maison de l’Infante

Précédemment, vous avez vu quelques photos du centre piéton de St-Jean-de-Luz avec son unité architecturale, les crépis blancs et les volets rouge-brun (le fameux rouge basque), vert foncé ou, plus rarement, bleu-gris sombre. Quelques maisons s’en affranchissent comme la Maison de Louis XIV dans laquelle séjourna le futur Roi-Soleil en 1660, le temps de rencontrer sa future épouse et de signer un traité de paix. Monsieur Adam régala déjà la mère et l’épouse du roi avec ses macarons inégalables et depuis lors, la Maison Adam est le lieu favori de tous les fins becs sucrés !

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Maison de type Louis XIII appelée Maison Louis XIV depuis que le Roi y eut séjourné un mois, jusqu’à son mariage avec l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne le 9 juin 1660. En rez-de-chaussée, dans un des restaurants, nous avons assisté à la victoire de Castres en finale française de rugby : ambiance assurée !

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Ce dimanche, la célèbre Maison Adam était ornée, comme de nombreuses autres maisons, de draps anciens et de fleurs, avec un autel sur la gauche.

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De l’herbe coupée, ainsi qu’un long tissu blanc aux rayures bleues, marquait le chemin de la procession partant de l’Eglise où se maria Louis XIV. Ce dimanche, c’était la Fête-Dieu, 60 jours après Pâques… avec un temps de Toussaint !

plaque rueLes plaques de la ville sont superbes… et bilingues !

Tout près de cette Place Louis XIV se tient le joyau architectural du port de la ville : la Maison de l’Infante, ainsi nommée depuis que la petite Marie-Thérèse d’Espagne y séjourna en attendant le mariage qui fera d’elle la Reine de France.

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La Maison de l’Infante fleure bon l’Italie, avec ses couleurs rosées et ses arcades vénitiennes…

C’est au 1er étage de ce bijou architectural qu’une quilteuse venue d’Ottawa (Canada), Elaine Quehl, accrocha une belle dizaine de tableaux textiles.

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Backstage (102 x 86) – Elaine est fascinée  par la beauté des plantes qu’elle photographie parfois en macro, puis s’en inspire pour faire ses quilts.

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Branching out (52 x 71) – On voit bien les détails du tronc avec ses multiples nuances. On comprend aussi la technique de l’artiste : de l’appliqué « à cru », collé au thermocollant et animé par un quilting en piqué libre qu’elle qualifie volontiers « d’imparfait et artisanal », pour bien souligner sa démarche d’expression personnelle !

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Cela fait des années qu’Elaine est inspirée par les arbres. Ici « Vagabond Song » (51 x 61 cm)

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Ici on admire autant la tenture que la grande fenêtre de plein cintre qui fait face au port !

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Un détail de ses Tournesols montre encore une fois sa maîtrise du beau quilting. 

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Mon coup de cœur de son exposition, « Losses II », 114 x 114 cm. J’aime cette évocation de la chute des feuilles, si belles, et l’étude des couleurs… Elaine teint tous ses tissus elle-même avec de la teinture Procion, des poudres qui permettent d’obtenir à froid ces superbes teintes marbrées. En France, on peut s’en procurer notamment Au Fil d’Emma.

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Thanks Elaine for accepting an interview with me, hoping you had a good time in St-Jean-de-Luz! I was very pleased to get to know you and admire your wonderful works.

Katell, Quilteuse Forever

Quilt en Sud à St-Jean-de-Luz

 

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A un jet de pierre de la frontière espagnole, en plein Pays Basque, St-Jean-de-Luz se met en quatre tous les deux ans pour accueillir artistes, commerçants et des milliers de visiteurs pour faire la fête autour du patchwork et autres arts textiles. Cette année, les vestes de pluie faisaient un festival de couleurs dans les rues, à défaut de légères cotonnades estivales.

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Au petit matin, on apprécie la quiétude des petites rues à l’architecture typique si pimpante

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De belles surprises nous attendent à chaque pas !

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Le kiosque est décoré d’une ribambelle de blocs de patchwork… Idée à retenir !

Mes coups de cœur ne seront pas nécessairement les vôtres, je favorise ici les personnes avec qui j’ai eu des échanges amicaux et constructifs !

Tout d’abord, j’ai bien aimé la relative petitesse de l’espace exposants-vendeurs, on ne se sentait pas écrasé par une profusion de stands qui n’ont parfois aucun lien avec le patchwork. J’ai été heureuse de saluer Isabelle, Hélène, Martine… Là j’ai aussi découvert les tissus et broderies de la jeune société Neelam (saphir bleu en sanskrit, également prénom féminin) qui veut, dans une démarche similaire au commerce équitable, faire travailler des artisans aux savoir-faire ancestraux et proposer ces tissus, broderies ou autres pour les loisirs créatifs et les arts textiles en Occident. Pour le moment, ce sont des artisans indiens qui fournissent la majorité des produits.

stand Neelam tissus Neelam

Stand Neelam -Les tentures accrochées sont disponibles en kit. Ces patchworks sont magnifiques !

Avec les tissus artisanaux, on se pose inévitablement la question de la tenue des couleurs. Très honnêtement, Emilie et Damien m’ont dit que leurs tissus pouvaient dégorger car le lieu de fabrication des tissus est aride (Nord-Ouest de l’Inde) et les artisans ne peuvent faire les ultimes lavages des tissus à grande eau. Cependant, les tissus ne s’affadiront pas pour autant, seul le surplus partira ! Tous les pigments sont naturels et s’utilisent depuis des siècles.

Neelam tient son stand dans la plupart des événements autour du textile. Ils seront à Labastide-Rouairoux le 15 août, puis en septembre prochain à Sainte-Marie-aux-Mines. En attendant,vous pouvez rendre visite à leur site : Neelam.

Je leur ai acheté quelques coupons et j’hésite encore entre deux styles : du patchwork avec des triangles ou un crazy… Ce sera mon ouvrage estival que je ne manquerai pas de partager avec vous !

J’ai aussi croisé Patricia avec grand plaisir au centre de démonstration : avec sa patience et sa gentillesse habituelles, elle a montré aux visiteurs comment elle quilte avec ses deux dés. Elle nous avait fait de passionnants articles ici et Elle n’a pas pu rester tout le week-end, d’autres obligations l’attendaient en Ariège ce dimanche…

Bientôt, la suite de mes rencontres à Quilt en Sud.

Katell, Quilteuse Forever

A pois ou à rayures

En juillet dernier à Bourg Dun, lors du Festival du Lin, il y eut le vote pour le concours France-Patchwork « A pois ou à rayures ? ». Le thème était l’utilisation de tissus en lin imprimés à pois et à rayures, rouge et écru, de fabrication française. Quelle bonne idée ! Nous sommes effectivement les premiers producteurs de lin au monde (même si on l’exporte souvent en Chine pour le tisser et le teindre…) et c’est une plante qui pousse si facilement qu’on n’a pas besoin d’arroser les plantes de pesticides. Et puis, les champs en fleur sont divins !

Champ de lin en juin en pays de Caux

C’est notamment en Normandie que le lin trouve son environnement idéal : terres riches et profondes, hygrométrie importante… Les tiges sont si ligneuses qu’on les arrache plutôt que de les couper ; elles auraient vite raison des lames les plus tranchantes ! On compte habituellement 100 jours entre le semis et l’arrachage ; pour plus de renseignements, cliquez ici !

Lors du Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse, nous avons eu la chance d’avoir pu exposer une quinzaine d’oeuvres tirées de ce concours. Cet aspect des Arts Textiles a plu à tout le monde ! Ce plébiscite est bien compréhensible, chaque ouvrage était très soigné, inventif, racontait son histoire… Cela changeait des ouvrages de facture traditionnelle tout en plaisant aux amatrices de classique.

Sur le blog de France-Patchwork 31, mon amie Callale a mis en ligne les photos de tous les ouvrages exposés à Toulouse. En ce qui me concerne, je prends le parti de vous présenter seulement trois ouvrages, je sais que c’est dommage pour les autres, mais j’assume !

Voici tout d’abord celui qui passionnait les enfants (mais pas que) :

Et mille et autres choses, Brigitte MARCO

En voilà une belle manière d’exposer les mille utilités du lin ! Quand des enfants se présentaient, je les prenais parfois à part (le temps que les parents profitent de l’expo) et je leur présentais certains quilts. Celui-ci captivait l’attention ! Ensuite on recherchait dans chaque oeuvre un bout de tissu à pois et à rayures, puis chacun apprenait ce nouveau mot : hexagone…

Des hexagones se trouvaient en effet dans deux quilts, dont celui-ci :

De lin à l’autre, Dominique Briet

C’est le quilt qui attirait le plus l’attention des adultes, quilteuses ou non, hommes et femmes, alors qu’il n’a pas eu la chance d’obtenir un Prix. J’avance l’explication qu’au Concours, les quilts étaient présentés sur un mur blanc alors que le noir met particulièrement en valeur celui-ci, avec sa toile de jute lâche et ses petits boutons… Ce sont des mini-quilts reliés par des bandes, un Sampler de facture moderne présentant des idées de pliages et de techniques diverses fort inspirantes !

Ci-dessus, quelques détails, photographiés sur fond blanc… C’est très beau quand même !!

Laissez-moi maintenant vous présenter mon préféré :

 Palmyrus Linus écarlate, Christine Mahé. Je suppose que le titre, apparemment savant, est totalement fantaisiste, je connais le palmier chanvre (Trachycarpus, j’en ai deux dans mon jardin, et il est très commun en Gascogne)  mais pas le palmier lin !!  En attente de confirmation… Invention pure de l’artiste sans doute !

Je n’ai encore jamais rencontré Christine Mahé, mais c’est la deuxième fois que je tombe sur un de ses tableaux qui me ravit (voir ici une autre oeuvre de cette artiste). Que dire, sinon mon admiration devant cette technique parfaite, l’alliance inattendue de tissus japonais avec nos lins français, l’humour dans certains détails de quilting… Bravo Christine !

Pour le plaisir, voici un détail du quilting machine parfait, vu de dos :

Si on détaille le matelassage, on trouve des grenouilles, des oiseaux… On croit voir une oeuvre « sérieuse » mais elle est pleine de fantaisie !

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En petit dessert, pour les utilisatrices de lisières, voici un détail de L’Un et L’Autre :

Bandes coupées à cru, qui peuvent s’effilocher, mêlées à des lisières, une frangée, l’autre aux pastilles de couleurs.
On dirait ainsi une boule de Noël !
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Ici la Galerie de tous les quilts ayant concouru : Le Bourg Dun, Concours 2012. Un immense bravo à toutes les participantes !

IQFOI – Bienvenue aux Voisines !

 Tout près de la République d’Irlande vivent de nombreuses quilteuses qui ont voulu elles aussi participer à ce premier Festival de Galway. Une salle était réservée aux Ecossaises, Nord-Irlandaises, Anglaises et Galloises qui ont exposé des oeuvres de caractère, en voici quelques-unes.

Le chardon, emblème de l’Ecosse, par Ros Pollock

Ouvrage en commun d’Irlande du Nord

Etonnant, non ? Sur un tissu noir, ces deux quilts distincts font un bel effet ensemble !

Exploding the Light Fantastic de Sarah o’Hora et Happy Links de Jean Parrott

Impressionnant quilt figurant le port d’Aberdeen (Ecosse) par Greta Fichett

Quelques détails…

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Pour finir, voici des quilts faits par trois des professeurs de l’Ecole de Patchwork du Festival :

Le patchwork traditionnel est représenté par Jinny Beyer, célébrissime quilteuse et excellentissime professeur. Ce quilt est entièrement fait à la main en un an : 3 mois d’assemblage (elle y travaillait bien sûr très assidûment) et 9 mois de quilting. Plus de 4000 pièces représentent les victimes du 11 septembre 2001 et le centre (ainsi que les bases de rosaces) sont en tissu imprimé « statue de la Liberté ». L’histoire de ce quilt est écrit par l’auteur ici.

Ricky Tims, musicien et quilteur, présente Bohemian Rhapsody à l’appliqué machine parfait

Et ici vous voyez le château magique de la sirène, de Claudia Pfeil, qui doit avoir une aiguille magique montée sur sa machine à coudre…

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Ici se termine mon reportage sur l’IFQOI, je ne vous ai pas pas tout montré, il reste une part qui n’appartiendra qu’aux visiteurs… Mais d’autres blogs montrent certainement d’autres photos, d’autres points de vue… Pour terminer, voici un des arbres du campus universitaire, qui a mis sa petite laine le temps du Festival :

J’ai immensément apprécié ce voyage en Irlande et j’étais heureuse de pouvoir visiter ce Festival ; dès l’année prochaine une nouvelle édition de l’IQFOI est prévue, peut-être aurez-vous le bonheur d’y exposer et/ou d’y aller ?…

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Vous pouvez en voir plus grâce à 116 photos du Festival mises en ligne par Texastanya sur Flickr :
http://www.flickr.com/photos/texastanya/sets/72157630083642980/

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IQFOI – Mini-quilts, maxi-talents

Un mini-quilt n’est pas n’importe quel ouvrage de patchwork ou d’appliqué de petite dimension, il se doit, dans la tradition, d’être le modèle réduit d’un quilt « normal ». Par exemple, un quilt classique aux blocs de 30 cm (12 inch) de côté sera en mini-format divisé par trois, les blocs feront alors 10 cm (4″) de côté… C’est dans cet esprit qu’à Galway étaient exposées 19 miniatures traditionnelles :

Sur certaines photos, vous voyez un dé à coudre dans sa boîte : mon mari le tient pour mieux apprécier l’échelle…

Les trois suivants sont de la même quilteuse, Sue Bouchard (Vista, California) :

 Je crois que celui-ci est le plus petit de tous… Incroyable !

Voici un que j’ai particulièrement apprécié pour la délicatesse de ses couleurs… Tout en soie, il était si beau ! Mini-quilt de Valerie Earnes, Lisbellaw, Irlande :

Tous étaient remarquables, il ne faisait pas bon être jury dans cette catégorie ! Cependant l’un d’entre eux attirait encore plus le regard, suscitait encore plus l’admiration, car il avait tout pour plaire ! Un mini-mini-mini log cabin aux couleurs country traditionnelles, cousus à la perfection, au fil près :

Je vous assure que c’est un mini ! Parfaite illustration de ce que doit être une miniature… Un grand bravo à Kaye Koler ! Elle vit dans l’Ohio et fait partie du groupe  de discussion Yahoo de  Kathy Tracy, « Small Quilt Talk ». Si vous vous passionnez pour ces miniatures (et que vous comprenez l’anglais), ce groupe est fait pour vous ! Tous les thèmes liés au patch traditionnel sont abordés, des challenges sont lancés… Et bien sûr, la lecture du blog de Kathy est indispensable : A Sentimental Quilter est l’un des mieux écrits des Etats-Unis !

IQFOI – Les plus beaux jardins quiltés

C’est la nuit prochaine qui sera la plus courte de l’année dans l’hémisphère nord et ce solstice marque le début de l’été. Fêtons-le en visitant ensemble l’exposition la plus prisée, la plus soignée du festival d’Irlande, chouchoutée comme un jardin aimé ; dès l’entrée, nous sommes dans une ambiance so beautiful :

C’est le château de l’Université de Galway qui abrite l’exposition « The Quilted Garden ». Ce superbe bâtiment carré fut érigé au milieu de XIXe siècle, en pierres calcaires provenant de carrières locales, dans un style gothique Tudor. Un de mes cousins y a passé une année scolaire et a adoré son ambiance sympathique très cosmopolite !

Et voici quelques-uns des quilts de cette exposition :

Ce hall aux arcades gothiques est une salle très lumineuse, parfaite pour une exposition de qualité. Vous voyez à droite une rivière d’organza avec des cailloux… en tissu. Un décor incroyable ! Je me demande soudain si les nénuphars (voir l’article IQFOI- Délégations nationales 2) n’étaient pas faits par la même équipe… Il faut que je me renseigne !

Extraordinaire Jardin de Monet, par Joan Jamieson (VA), un appliqué machine très maîtrisé, du même genre de technique que la gagnante de l’expo The Road less Traveled (à revoir ici).

Ci-dessous, deux quilts de facture classique fort appréciés (celui de droite a d’ailleurs gagné le Prix grâce au vote du public) :

Janet Schuirman, Etat de Washington, a fait un Arbre de Vie en harmonie bleue et Karen Shively, Texas, un Baltimore parfait. Admirez aussi les bouquets de fleurs… tous réalisés en tissus !

Autre vue du quilt gagnant au minutieux quilting machine extrêmement chargé, très apprécié aux Etats-Unis (cliquez sur la photo pour mieux voir !)

Des paons celtiques faits par Brenda Maloney, Irlandaise, toujours agrémentés de bouquets en tissus, à gauche, et à droite les fameuses  maisons « Home Sweet Home » interprétées par Caroline Van Maele (Belgique).

Un mini-crazy magnifique très brodé et perlé de Donna Willadsen (Wisconsin) et un appliqué joyeux de Carol Hanson (Wisconsin également).

Voici un quilt qui attirait l’attention par son esthétique et la qualité de son appliqué machine :

 C’est Sandi Fruehling, Aurora, Colorado, qui a eu l’idée de faire d’une chaine irlandaise un support de rosier grimpant !

Cette exposition-concours était la plus riche en quilts (plus de 30 je crois) ; difficile de choisir ! J’ai eu cependant un vrai coup de coeur pour Donata Gervasi qui présentait plusieurs oeuvres :

 Ce quilt m’a beaucoup intéressée, il reprend la technique du watercolor avec grande maestria. Celui-ci est intitulé  Touched by Michelangelo, impression de vitrail noir et imprimés fleuris dégradés pour les couleurs fondues. Belle technique parfaitement maîtrisée avec  une intrigante illusion optique pour les fenêtres sous la rosace !

Grâce à internet, j’ai découvert que Donata Gervasi a fait de nombreux autres quilts utilisant cette technique spectaculaire et mon préféré de sa galerie de quilts en watercolor est :

Mais Donata présentait aussi des quilts très joyeux et très fleuris ! Celui-ci rend hommage aux coquelicots :

Et voici ses hortensias (Hydrangeas), aux couleurs parfois inexistantes dans cette famille botanique, comme un parterre de fleurs rêvées :

C’est un superbe tableau qui attirait beaucoup l’attention des visiteurs ! Nous sommes loin des quilts plus traditionnels qui me plaisent généralement, ici c’est une expression artistique innovante que j’ai beaucoup aimée. Ces fleurs appelaient la caresse des doigts, mais on sait bien qu’il ne faut pas toucher…

… Car au milieu de ce jardin de quilts, une pointe humoristique bienvenue nous rappelle bien à propos qu’il ne faut pas toucher les oeuvres exposées !!!

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