Je ne peux m’empêcher de vous parler rapidement de cette femme, Sarah Winnemucca Hopkins (née Thocmentony).
Née en 1844, cette fille de chef indien Païute fut mise à 13 ans par son grand-père dans une famille anglophone, afin de lui assurer une éducation occidentale. Celle-ci mit à profit sa double culture et devint interprète pendant les guerres puis écrivain, donna de nombreuses conférences pour promouvoir et sauver sa culture natale… Elle figure dans le National Women’s Hall of Fame (le Temple de la Renommée des femmes américaines remarquables,voir la liste ici). Les femmes remarquables restent souvent dans l’ombre des hommes qui écrivent l’Histoire : saluons donc cette fière Amérindienne !
…
En Oregon donc, tout près des trois majestueux volcans appelés « les soeurs », Sisters, se trouve une petite ville qui s’agite singulièrement tous les 2e week-ends de juillet…
Tableau de Dan Rickards avec en fond les 3 volcans nommés Sisters et la campagne magnifique de l’Oregon. Ce peintre réalise depuis quelques années les affiches du Quilt Show de Sisters.
Imaginez d’abord la splendide nature préservée tout autour d’une bourgade ayant conservé son charme des années 1880, des maisons en bois à l’ancienne… et partout, des quilts accrochés aux murs, aux portes, aux rembardes… Il faut avoir foi en sa bonne étoile pour organiser un tel show dans un pays si verdoyant… et donc souvent pluvieux !
Stitchin’ Post est le magasin des Wells, Jean la mère l’a fondé en 1975. Elle fait partie des grandes inspiratrices du patch moderne, coloré, inspiré de la nature. Sa fille, Valori, a repris l’affaire et dessine de très beaux dessins pour des tissus imprimés par Free Spirit, R. Kaufman… Ce sont deux artistes et femmes d’affaire qui baignent dans le monde des couleurs…Partout dans la ville, des quilts…« Oh my God, a quilted car! » (photo Terry)Ce quilt est de Jean Wells. On reconnaît le bloc « New-York Beauty ». C’est sa fille qui écrivit le livre à succès sur ce bloc. Jean compte aussi de nombreux succès de librairie. Seule ou en collaboration avec sa fille, elle en a édité 28 à ce jour !Dans une ville appelée « Soeurs », Sisters, c’est le duo mère-fille qui est fameux pour le monde du patchwork. A gauche, Valori, à doite Jean. Photo de Lynn Woodward.Vue d’ensemble. Les fils électriques ne sont pas dans le style « 1880 », mais l’ambiance reste très bon enfant !
Peut-on imaginer plus bel écrin que cette forêt pour centre de conférence ?…
Toutes ces photos furent prises ces dernières années, prochainement vous aurez ici un aperçu du Quilt show de Sisters du mois dernier, le 12 juillet !
Ici le montage de l’expo 2014. La chance, le soleil est toujours au rendez-vous !Je ne sais pas encore quelle année, mais je prévois d’aller un 2e week-end de juillet à Sisters dans l’Oregon !
Nous l’avions annoncé dès décembre 2013, la voici l’émission sur M6 qui dépoussière l’idée qu’on peut se faire de la couture ! A vos écrans sur M6 dès le 30 août à 18 heures !
Quilt cousu par Rachel Stoltzfus dans les années 1990.
Voici ce qu’en dit Jacques Légeret :
Rachel, que j’ai bien connue ( de plus c’était une excellente cuisinière….), éclatait de rire quand on lui demandait si elle faisait des erreurs “on purpose” et nous montrait simplement le tas de petits bouts de tissus dans lequel elle puisait. On voit bien notamment que les verts sont de tonalités différentes, etc, ce qui justifie l’appellation “d’art de la récupération” ou mieux “d’art de l’économie”.
On croit souvent « connaître » les Amish quand on fait du patchwork ou du point de croix. Une vie bien calme, ordonnée, bucolique, simple et heureuse : beaucoup de folklore est suggéré, mais ce n’est que l’écume des choses…
Cette année, on célèbre les 20 ans du Carrefour Européen du Patchwork à Sainte-Marie-aux-Mines et dans tout le Val d’Argent. Vous êtes nombreux à savoir que le lieu fut initialement choisi car il est le berceau du mouvement Amish, branche dissidente de l’Eglise réformée. L’histoire du Carrefour Européen du Patchwork est intimement liée aux Amish puisque c’est à la suite des célébrations de la naissance de ce mouvement à Sainte-Marie-aux-Mines (300 ans en 1993) que naquit l’idée d’une manifestation artistique annuelle autour du patchwork : l’Association Française d’Histoire Anabaptiste et Mennonite avait invité le collectionneur suisse Jacques Légeret à exposer des quilts amish qui firent sensation… Cette année donc, nous aurons droit à la 21e exposition de quilts amish pour les 20 ans du Carrefour !
On sait que beaucoup d’Amish partirent vers le Nouveau Monde à partir du début du XVIIIe siècle afin de trouver un lieu de tolérance… Vous pouvez trouver un historique précis en français dans ces livres :
Edition Labor et Fides – 2000Edisud – 2005
Croyez-moi, ces livres sont vraiment passionnants ! Celui de gauche, l’énigme amish, est une analyse fine, très complète du mouvement amish et de ces gens qui veulent vivre en accord complet avec leurs convictions. De nombreux sujets sont abordés avec beaucoup d’empathie mais aussi suffisamment de recul. Très sensible notamment est le thème de la place de la femme amish. Le féminisme n’est pas passé par là dans cette société restée patriarcale, mais c’est aussi un choix de vie… L’Ordnung, les règles qui régissent l’organisation de leur société, est certes rigide, mais c’est un cadre qui les rassure. Le livre de droite, Les Amish et leurs quilts, nous offre, outre un texte tout aussi intéressant, de sublimes photos de quilts amish… On peut encore se procurer ces livres, ainsi que le premier édité : « Quilts amish », Catherine & Jacques Légeret, éditions Labor et Fides – 2001. A commander en librairie ou sur votre site préféré…
Actuellement, le mouvement amish se porte très bien, trop bien même ai-je presque envie de dire ! Après une désaffection des jeunes pendant de nombreuses années, les adolescents, au moment de leur choix de vie, décident majoritairement de devenir amish. Notre vie occidentale étant devenue bien rude, individualiste et violente, elle n’attire plus ces jeunes, élevés avec de toutes autres valeurs… Cependant, il devient difficile pour chacun de s’installer en tant que fermier avec suffisamment de champs pour faire vivre sa famille, le prix des terres agricoles est élevé et le patrimoine familial ne suffit pas pour 3, 4 ou 5 fils…
Lone Star. Laine et batiste de laine. Lancaster County, Pennsylvanie. 214 cm x 237 cm Confectionné en 1990 par Katie Esh, alors âgée de 79 ans et dont ce fut le dernier quilt.
Si les quilts amish vous paraissent trop sombres, c’est que vous n’avez vraisemblablement pas eu l’occasion d’en voir « des vrais », je veux dire que les plus traditionnels sont faits de tissus en laine qui s’imprègnent intimement de la teinture et restituent des couleurs extraordinairement denses et vibrantes… Ne nous fions donc pas aux photos ! Alors si vous avez la chance d’aller à Sainte-Marie-aux-Mines le mois prochain, vous pourrez admirer une grande sélection de quilts amish de la collection de Jacques Légeret sur le thème » Zigzag en pays amish » et assister à sa conférence :
« Les Amish : une société à part, des quilts à part » – Conférence samedi 20 septembre 2014 à 11 h 30 Conférence en français – Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, 1er étage – 8,50€
Pour ma part, je ne manquerai pas ce rendez-vous !
Au Carrefour Européen du Patchwork, nous aurons aussi cette année deux conférences ayant pour thème l’éducation des enfants amish :
* »Grandir dans la Lumière : la spiritualité de l’école amish » – Conférence de François Caudwell (AFHAM) le 19 septembre à 14 h 30 Conférence en français – Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, 1er étage – 8,50€
* »Plain teaching, les outils pédagogiques dans l’école amish » – Conférence Alex Neff le 20 septembre 2014 à 14 h 30 Conférence en français et anglais – Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, 1er étage – 8,50€
Reconstitution d’une salle de classe amish – Photo de l’Association Française d’Histoire Anabaptiste et Mennonite (AFHAM)
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Vous ne pouvez vous rendre en Alsace en septembre ? Quel dommage ! Sachez que Jacques Légeret peut se déplacer partout en France pour assurer des conférences et expositions, contactez-le ici !
Une excellente nouvelle pour le sud-ouest : du 7 au 11 novembre, expo-conférence de Jacques Légeret au Centre des expositions et Congrès de Bordeaux !
Merci Jacques pour votre confiance et votre sens du partage !
Aujourd’hui, je vais peut-être me faire rabrouer, voulant casser un mythe encore bien ancré en France… auquel j’ai cru moi aussi dur comme fer !
Ce quilt comporte un bloc « mal » fait sans intention préalable, comme beaucoup de quilts anciens. La symétrie étant rompue, cela se voit si on cherche !Voyez ici ce qu’en dit la quilteuse…
Toute quilteuse a entendu un jour en club ou en atelier, lorsqu’elle a fait une erreur dans un bloc : « soit tu le refais, soit tu dis que c’est ton bloc d’humilité »… et on entend l’histoire bien rodée de l’erreur faite par les quilteuses d’antan, amish ou pas, avec leur humility block placé intentionnellement car Dieu seul étant parfait, une quilteuse ne se permettrait pas de faire un quilt parfait. Mea culpa, je l’ai dit moi-même… et induit en erreur mes amies Abeilles ! Eh oui, ce n’est qu’un mythe à ranger aux oubliettes, désolée…
J’ai eu la puce à l’oreille à plusieurs reprises, notamment en lisant l’excellent livre de Jacques Légeret « Les Amish et leurs Quilts – Passé – Présent » chez Edisud (2005). Interrogeant une Amish dont le Log Cabin comprenait de surprenantes libertés (trois triangles blancs qui attirent le regard : c’est le quilt de la couverture du livre ci-contre), l’auteur entendit la réponse toute simple de la quilteuse : « Je les ai mis pour me faire plaisir« … Aucune référence à une quelconque crainte de Dieu !
Des historiennes américaines ont cherché l’origine de cette histoire de bloc d’humilité si largement répandue dans les livres des années 1980, les premiers de ma bibliothèque. Notre chère Barbara Brackman, l’indispensable référence, a trouvé la première allusion à cette idée de détourner « le mauvais oeil » dans un article datant de 1949. Elle associe cette idée avec les marchands de tapis orientaux qui justifient ainsi depuis des lustres les imperfections de leur marchandise…
Mais nulle part on ne trouve, ni dans des textes religieux, ni dans la tradition orale, ni dans la littérature, l’idée de faire exprès de mal faire pour contenter un Dieu ou calmer un diable… jusqu’aux écrits récents dans des livres et magazines sur le patchwork.
Cette couverture de berceau montre l’assemblage hétérogène de quelques blocs et les teintes variées des noirs plus ou moins délavés. L’art de la récupération prime devant toute autre considération ! Quilt de la collection F & S Brown – Crib quilt de Pennsylvanie, années 1930.
Bettina Havig, autre historienne très fiable, a souvent questionné des quilteuses amish au sujet de ces blocs intentionnellement ratés ou mis à l’envers ou comportant une autre erreur quelconque… La réponse est en substance : on fait assez d’erreurs comme cela, on ne va quand même pas faire exprès d’en rajouter !! Mais aussi, elles restent très modestes quant à la beauté de leurs oeuvres, l’important pour elles étant de rester conformes à leurs principes de minimalisme et de frugalité –tout en réussissant à se faire plaisir en faisant quelques improvisations !
Ce très beau quilt non amish est magnifique, avec ses multiples triangles et ses variantes de couleurs… Il fait partie de la collection de quilts anciens (fin XIXe siècle) de Bill Volckening, quilteur en Oregon. Ce quilt comporte un bloc plein de « défauts » qu’on ne remarque pas tout de suite ! Si le carré bicolore du haut a pu être mal cousu sans faire exprès, les carrés avec le tissu gris ne peuvent être là par hasard. Et il manque 2 pommes rouges !… Cela participe très certainement à la joie de faire un clin d’oeil dans un travail aussi soigné et remarquable !
Autre historienne de renom, Leigh Fellner a réuni ici les recherches et arguments à ce sujet : le résultat est sans appel, le humility block est une invention de la 2e moitié du XXe siècle.
A mon avis, l’idée du humility block s’est développée parallèlement à l’intérêt qu’on a porté aux quilts amish. Les mots-clés de leur manière de vivre sont l’Ordnung et la Gelassenheit (lire le livre de Jacques Légeret cité plus haut), ce qui inclut en tout premier lieu l’humilité et la modestie… Il est dès lors facile de faire des amalgames…
Et puis, ne trouvez-vous pas que c’est bien audacieux et condescendant d’accréditer cette histoire ? Si on est croyant, comment peut-on penser que Dieu pourrait « se faire avoir » ainsi, avec un bloc erroné fait exprès ?…
Cependant… Observez un quilt « parfait ». Tous les blocs identiques se succèdent sans variation… ni surprise. On peut admirer cette perfection, mais elle est parfois ennuyeuse ! Vous savez peut-être que je suis une fervente supportrice des scrap quilts pour cette raison essentielle qu’on peut passer beaucoup de temps à les regarder et toujours trouver de nouveaux détails intéressants…
Et souvent, juste un changement de couleur ou de motif intentionnel quelque part dans un quilt traditionnel devient le focus du quilt. De même, on s’amuse de voir l’imperfection d’un quilt qui comporte un bloc mal assemblé passé inaperçu, ou bien que la quilteuse a vu mais n’a pas jugé utile de défaire et refaire… On brode ainsi une histoire sans jamais pouvoir la vérifier… mais quel plaisir d’imaginer cette quilteuse d’un autre temps !
Quelle qu’en soit la raison, l’erreur donne de l’esprit au quilt… et on revient finalement à une dimension spirituelle !
Ancrés dans la tradition et la vie quotidienne américaines, les quilts ont inspiré de nombreuses petites phrases proverbiales. On les accompagne souvent de dessins nostalgiques et kitchissimes ! Les traductions sont parfois fastidieuses en raison des jeux de mots… Ci-dessus, on peut ajouter que les quilts traditionnels utilitaires s’appellent des « comforters », ce qui signifie aussi « donneurs de confort » : le quilt réchauffeur, mais aussi le consolateur, la consolatrice… et par extension la sucette/tétine qu’on donne aux bébés !
Si vous comprenez l’anglais et aimez ces « sayings », allez par ici! Parfois un peu « guimauve », d’autres fois franchement sympas, ils valent le coup d’oeil.
Véronique Requena en avait utilisé quelques uns qu’elle ajouta avec bonheur dans ses créations, comme « a house without quilts is like a sky without stars » (une maison sans quilts c’est comme un ciel sans étoiles)…
Je regrette qu’on n’ait pas cette facilité de création de dictons, pourtant nous avons beaucoup de proverbes… à actualiser sans doute !
J’aime celui-ci !
Dans le mode humoristique, je ne me lasse pas des aventures de Mrs. Bobbins qu’on trouve maintenant très facilement.
Accrochez-vous ! Mon GPS vient de me signaler un nouveau magasin de patch par ici ! (exemple de vacances réussies ?…)
La Bitchy Sticher (que je ne traduirai pas) va parfois bien plus loin, son humour parfois grinçant se retrouve dans les colonnes du magazine de quilting moderne Generation Q Magazine et la compil’ de ses articles se trouve dans son livre : Quilting isn’t funny.
Si vous quiltez, ne buvez pas ou bien boire ou quilter, il faut choisir…
A propos, savez-vous qu’on nous a un peu menti au sujet des « humility blocks » ? Je vous raconterai cela un jour…
La Comtesse de Ségur, née Rostopchine, ainsi qu’on nous le rappelle dans chacun de ses livres, est née le 1er août 1799 à Saint-Pétersbourg (décédée en 1874 à Paris).
Si les meubles de la chambre sont typiquement français, cette fois-ci, une étiquette atteste que le cheval sauvé vient d’Espagne. Ce n’est pas étonnant, Toulouse est à deux pas de la frontière ! Maïté a oublié de faire une photo avant rénovation, mais elle nous décrit ici l’état initial, ainsi que ses réparations :
« Ce petit cheval espagnol était peint en rose et décoré de fleurs blanches. Il avait une crinière et une queue faites dans une « mantille » blanche très poussiéreuse que je me suis empressée d’arracher en arrivant à la maison ! Il n’avait plus d’oreilles et il avait une patte folle que Zorro* a réparée. Je l’ai tout de suite imaginé en naturel avec une crinière faite dans 3 bandes de toile de jute superposées que j’ai effrangées et une queue en ficelle de 2 couleurs que j’ai détortillées.
Les oreilles sont taillées dans une chute de cuir. »
*Un cavalier, qui surgit hors de la nuit… C’est bien évidemment Mike son mari bricoleur !
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A défaut des photos du petit cheval abandonné, nous avons celles du cheval métamorphosé et vite adopté par de nouveaux cavaliers… Non, pas Zorro, mais les petits-enfants de Maïté !
Coucou les Amis !Admirez ma jolie queue de sisal…Voulez-vous faire un tour avec moi ?La vie est belle !
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Pour les lecteurs de la région toulousaine : vous êtes peut-être surpris d’apprendre que les Petites Filles Modèles vivaient en Haute-Garonne ! Voici donc pour vous un texte extrait d’un blog « Alexandrines.fr – Sur les pas d’un évrivain » :
La comtesse de Ségur à Verfeil
par Alain Lanavère
(extrait)
La comtesse de Ségur, née Rostopchine (1799-1874), l’auteur bien connu des vingt livres de la Bibliothèque rose, n’avait guère de raison de venir à Verfeil, puisque, née en Russie et fixée à Paris depuis 1820 par son mariage avec le comte Eugène de Ségur, elle se partageait entre la capitale et sa résidence d’été, « les Nouettes », en Normandie, non loin de Laigle. Elle vendit ce domaine en 1872, sans regret semble-t-il, préférant depuis dix ans passer l’été chez l’une de ses filles, Henriette, vicomtesse Fresneau, aux portes d’Auray, en Bretagne. On sait que la plupart des romans de Mme de Ségur se déroulent en Normandie, quelques-uns en Bretagne (Les Deux Nigauds ou Jean qui grogne et Jean qui rit), mais aucun aux parages de Toulouse.
Pourtant, au soir de sa vie, elle vint plusieurs fois à Verfeil, et même y passa des hivers entiers.
C’est que sa fille Nathalie la quatrième de ses huit enfants, avait épousé en 1846, à Paris, Paul de Martin, baron d’Ayguevives de Malaret, beau jeune homme de vieille noblesse toulousaine. Paul de Malaret était un ami intime de Gaston de Ségur, le fils aîné de la comtesse ; ils s’étaient connus enfants, tous deux pensionnaires dans un collège de la région parisienne ; les Ségur recevaient le dimanche le petit Paul de Malaret qui encouragé par son ami Gaston, finit par jeter son dévolu sur sa soeur, la fort jolie Nathalie. La noblesse du jeune marié était recommandable : descendant de capitouls, le grand-père de Paul, Joseph de Malaret avait été, dans de difficiles conditions, un excellent maire de Toulouse de 1811 à 1815.
Les Ségur avaient servi Napoléon Ier, les Malaret de même, et ils allaient derechef servir le neveu, Napoléon III. Paul de Malaret était diplomate; sa jeune femme (qui fut d’abord demoiselle d’honneur de l’Impératrice Eugénie, elle figure sur le célèbre tableau de Winterhalter) le suivit dans sa carrière, qui fut assez brillante.
Nathalie de Malaret donna à Mme de Ségur son premier petit-enfant, Camille, née à Londres en 1848 ; puis vinrent Madeleine (1849), Louis (1856) et Gaston (1862). Camille et Madeleine, nous les connaissons, leur grand-mère en fit les deux petites héroïnes de son premier roman, Les Petites Filles modèles (1857).
[…]
Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2011
Au cœur de l’été, c’est souvent la période des travaux, des rénovations… A la suite d’un achat en vide-grenier, Maïté et son mari ont passé de nombreuses heures à rénover une chambre… de poupées !
C’est très mignon comme cela, l’ensemble est élégant et on devine que des petites filles modèles ont dû bien jouer et rêver avec cet ensemble conforme aux plus belles chambres d’alors…
La chambre a toutefois subi les assauts du temps, sans doute remisée dans un grenier pour réapparaître à la mi-juillet au vide-grenier de Brax (31)… Bricoleur éclairé, Mike a nettoyé, poncé, rafistolé toutes les parties en bois et puis Maïté est entrée dans la danse…
C’est en pensant à ses petits-enfants qu’elle a non seulement décoré la chambre mais aussi créé un vrai trousseau ! Mieux que des paroles, voici des photos :
Scriban rénovéUne bien belle commode
Une armoire pleine à craquer !
Qu’y a-t-il dans cette armoire ?
Maïté nous dévoile tout le trousseau : 7 draps et taies (des points de broderie de la machine à coudre ont été judicieusement utilisés 🙂 ), des torchons, des serviettes et gant de toilette, une nappe avec des serviettes de table, une couette couvre-pieds et deux couvertures… C’est fou ce qu’on peut mettre dans une armoire 😉
N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour admirer tous les détails !
Et voici le lit pour une petite princesse :
Sommier et matelas ont été aussi refaits par Maïté…
Et Bébé va faire de beaux rêves…
Voici donc la chambre qui ravira petites (et grandes) filles !
Photos de Maïté. Merci de suivre fidèlement les articles des Abeilles de la Ruche et à bientôt pour d’autres promenades dans le monde des quilteuses !
Toutes les personnes allant cet été à l’Hôtel de Ville de Colomiers (près de Toulouse), auront la surprise de voir d’un hall d’entrée décoré par les associations culturelles et artistiques de la ville.
Le club de patchwork de Colomiers y propose cet été un échantillonnage de différentes techniques, pour qu’après avoir vu ces ouvrages personne ne puisse dire : le patchwork ? Ce doit être toujours un peu pareil…
C’est avec ces jolies photos que les Abeilles ferment leur Ruche pour l’été… A bientôt !
Le Baiser de Klimt (1908-1909), tant admiré, tant interprété… Il est visible au Grand Belvédère de Vienne. Certains spécialistes disent que Klimt s’est dessiné avec sa muse, Emilie Flöge.
Avant la pause estivale je voudrais, pour ceux et celles qui vont à Vienne cet été (Véronique !), vous donner envie d’aller visiter une maison récemment ouverte au public : le dernier atelier de KLIMT.
Vienne est une ville qui baigne dans son passé tumultueux et il y a tant à visiter… Ainsi, des tableaux de Klimt sont-ils disséminés dans plusieurs lieux, mais on peut admirer aussi de nombreuses fresques murales dans divers édifices viennois, lesquelles furent parfois des commandes de l’Empereur… mari de Sissi. Eh oui, Klimt a pu rencontrer Elisabeth d’Autriche mais seule sa rencontre avec Franz Joseph est attestée selon les sources que j’ai pu trouver (le peintre reçut des mains de l’Empereur la Croix d’Or du Mérite Artistique en 1888). Klimt symbolise la modernité, l’Empereur un monde ancien évanoui, mais ils étaient pourtant contemporains.
A 3 stations de métro de Schönbrunn se trouve le lieu du dernier atelier du peintre (Feldmühlengasse, 11, métro Unter St.Veit, U4). C’était alors une petite maison campagnarde et tranquille, où Klimt peignit de 1911 à 1918 ses derniers chefs d’oeuvre.
La maison du temps de Klimt. Dès les années 20, après la mort du peintre survenue en 1918, la maison fut agrandie et transformée.Klimt en sarrau de lin dans le jardin.
Des passionnés ont pris conscience de l’importance de faire revivre un lieu de vie de cet artiste. En effet, sa maison natale fut détruite en 1967 et ses différents domiciles viennois tous disparus, à part ce lieu : même si la maison a été profondément rénovée au fil du XXe siècle après la mort de Klimt en 1918, des recherches ont été entreprises pour retrouver les caractéristiques et l’atmosphère des pièces où vivait le peintre, grâce notamment aux photos d’époque. Une association, aidée par l’Etat autrichien, entreprit donc de gros travaux en 2011-2012.
C’est d’après cette photo qu’a été recréé l’atelier du peintre. Les fenêtres ont été repercées, le mobilier mis aux places exactes, et même les blouses du peintre sont étalées de même sur le lit !
Deux des célèbres blouses de Klimt sont sur le lit : une neuve et une usée, avec deux dessins de broderie différents en épaulette. Ces vêtements sont le pendant masculin des robes modernes, en rupture avec la mode traditionnelle, créées par sa compagne.
C’est maintenant une magnifique maison, bien plus luxueuse que celle du peintre, mais deux pièces sont reconstituées fidèlement : la salle à manger, avec des reproductions du mobilier 1900 de Hoffmann, et surtout son atelier, avec notamment les repros de ses derniers tableaux sur chevalet, des dessins, deux célèbres sarraus que portait le peintre : ils sont de lin, teints en indigo, avec les épaules brodées… J’aurais bien emporté ces robes confortables !
La salle à manger a été également reproduite d’après une photo de Moriz Nähr (archives nationales) jusqu’aux moindres détails.
Dans cette maison, on sent la présence de l’amie, la muse, l’inspiratrice, Emilie Flöge. Leur rencontre a coïncidé avec l’abandon de l’académisme chez le peintre et la progression vers la « sécession », dont le moto est : « À chaque époque son art, à tout art sa liberté ».
Au centre de Vienne se trouve le Palais de la Sécession, avec le fameux » À chaque âge son art, à chaque art sa liberté », lieu d’exposition des arts modernes 1900. Moins floral, moins voluté que l’art nouveau français, plus géométrique, l’Art Nouveau viennois mené par Klimt révolutionne la conception de l’art. La coupole du Palais est une somptueuse sculpture de feuilles de laurier, alliée à un bâtiment très géométrique et droit.
Dans la Villa Klimt sur des mannequins, on voit des reproductions de magnifiques robes cousues par l’amie de Klimt, ou l’une de ses soeurs. Elles tenaient, à trois, une maison de couture très renommée au coeur de la ville.
Cette robe est incroyablement moderne, datant des années… 1910 ! C’était une robe de bain… Est-elle d’Emilie ou d’une de ses soeurs ? Etait-ce un modèle de Gustav ? Oui, le peintre, grand séducteur, conçut lui aussi plusieurs robes fluides libérant la femme !
On pourrait croire cette robe signée Chanel !
Une des lectrices de ce blog a attiré mon attention sur le talent de cette dame, compagne au long cours du peintre. Elle était effectivement elle aussi fascinante et novatrice ! Leurs relations sont étonnantes, les spécialistes étudient toujours leurs liens particuliers… A savoir que Klimt eut au moins 14 enfants attestés d’autres femmes pendant qu’Emilie et lui « étaient ensemble », amis pour la vie… Et le dernier mot du peintre fut son prénom, Emilie…Cette robe datant d’environ 1910 appartenait à Emilie, mais nous ne savons pas qui précisément la créa. En France, c’est Paul Poiret à la même époque qui libérait la femme ; il vint à Vienne en 1910 s’inspirer de l’ambiance de la Sécession et acheter des tissus produits par Hoffmann et Moser, des amis de Klimt.Logo de la Maison des soeurs Flöge (qui exista de 1904 à 1938). Emilie en était la chef, à la fois femme d’affaires et créatrice de génie. Une de ses soeurs était l’épouse d’Ernst, frère de Gustav.Les amis Emilie et Gustav, elle en robe de style « sécession viennoise », mouvement artistique apparenté à l’art nouveau français, lui en robe de lin indigo. Après la mort de Klimt, elle continua son ascension de créatrice. Sa société fut dissoute à cause de l’Anschluss (annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie) en raison de la perte de ses principaux clients et, à la fin de la guerre, toutes ses possessions, dont de nombreux souvenirs de Klimt, partirent en feu.Emilie Flöge, 1902. Peinture de Gustav Klimt bien sûr. C’était une femme innovante, élégante, talentueuse, intervenant probablement dans l’évolution artistique de Klimt… Je crois toujours à l’influence féminine sur les grands hommes !
Je voulais donc ici informer sur l’existence de cette Maison inaugurée en 2012 pour les 150 ans de la naissance du peintre car elle n’est pas encore répertoriée dans tous les guides (mais heureusement pour moi, elle l’est dans le Routard 2014 !). Tant de choses seraient à dire sur ce peintre qui vécut dans la Vienne du tournant du siècle vers 1900, le coeur battant de l’Europe, où se mêlaient la grandeur déclinante d’un empire, le triomphe du conformisme bourgeois issu du « Biedermeier », la gloire de l’innovation des arts et des sciences, mais aussi le germe poison de l’antisémitisme…
La repro d’un des derniers tableaux de Klimt se trouve dans son atelier : la Dame à l’éventail. J’ai longuement discuté avec le charmant monsieur de la Villa, spécialiste passionné du peintre, au sujet de cette réussite absolue… C’est un tableau rarement exposé au public, car il fait partie d’une collection particulière… Il y a des chanceux !!
2018 : ce sera le centenaire de la mort de Klimt (crise d’apoplexie), ainsi qu’une liste impressionnante de ses amis sécessionnistes, victimes, eux, de la terrible grippe espagnole. Ce sera certainement l’occasion de riches expositions ; nul doute que 2018 sera une année culturellement passionnante à Vienne !
Emilie et Gustav, très chics, en 1893. Ils sont encore vêtus traditionnellement, ils viennent de se rencontrer… Elle est de 12 ans sa cadette.L’allure d’Emilie… Elle mourut à Vienne en 1952.
A noter qu’un roman sur la relation entre Emilie et Gustav est sorti en 2005, dans la veine de « La Jeune Fille à la Perle » de Tracy Chevalier. Il fut traduit en allemand, en espagnol, mais à ma connaissance pas en français. Si je réussis à me le procurer, je vous en parlerai un jour…
Pour plonger dans la Vienne de 1900, j’ai suivi les conseils de la même lectrice de la Ruche et ai commencé la lecture des Carnets de Max Liebermann (6 tomes à ce jour) de Frank Tallis : des polars où les énigmes sont résolues grâce à un psychiatre qui côtoie les personnalités de ce temps, Mahler et Freud, Klimt et l’Empereur.. Absolument passionnant et addictif ! Merci à Griseldis pour ses conseils avisés ! Je vais ainsi continuer cet été à voyager dans le temps et l’espace…
Les papillons de jour sont des insectes époustouflants de beauté, et tout comme les abeilles ce sont des pollinisateurs indispensables. Malheureusement, les nouvelles sont mauvaises puisque la moitié des papillons ont disparu des plaines européennes en 20 ans. La faute entière aux activités humaines : les constructions, les pesticides, etc. J’espère que la génération de nos petits-enfants ne sera pas la dernière à voir des papillons « en vrai »…
Lors d’une réunion de préparation de la journée de Balma France Patchwork entre le club de Balma et la délégation 31, j’ai demandé à Françoise Calmettes si elle pouvait ressortir les papillons faits pour l’exposition précédente de son club car j’avais trouvé leur déco magnifique ! Je ne me doutais pas qu’elle allait réussir à complètement transformer le hall d’entrée de la salle polyvalente de Balma :
La pose a été très longue et minutieuse…Le lierre a été cueilli tout frais la veille !Un banc, avec sa déco très bucolique…
Ces papillons et leur mise en scène ont suscité à juste titre de multiples commentaires élogieux !
Françoise a, toute la journée du 23 mai, été assaillie de demandes des modèles de papillons ! Comme promis, les amies du club de Balma (merci Michèle Albert d’avoir mis en forme les explications) vous donnent ci-dessous la possibilité de faire, vous aussi, une envolée de papillons de tissu !
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LE PAPILLON ORIGAMI
Pour réaliser un papillon origami, 2 rectangles sont découpés dans 2 tissus différents assez contrastés. Le papillon peut être réalisé de différentes dimensions, la longueur des rectangles doit être égale à 1,4 fois la largeur. Exemple : largeur = 8 cm longueur = 11,2 cm (8 x 1,4).
Les 2 morceaux sont disposés endroit contre endroit et cousus ensemble avec une couture de 0,5 cm du bord en laissant une ouverture. Puis l’ensemble est retourné et repassé.
Le rectangle obtenu est plié en deux dans le sens de la largeur (Figure 1).
Le point B milieu AC est marqué au fer. Pour cela, le rectangle est plié dans le sens de la longueur (A sur C) et repassé. Le bord BC est glissé à l’intérieur pour le positionner sous la ligne BD. Idem l’autre coté (Figure 2).
Puis la première pointe coté E est rabattue vers le point B. Idem de l’autre coté (Figure 3).
Pour réaliser le papillon, 2 tissus différents sont utilisés. Dans chaque tissu, 2 carrés de 10 cm de coté sont découpés (soit 4 carrés).
2 carrés de tissus différents sont disposés endroit contre endroit et cousus ensemble avec une couture de 0,5 cm du bord en laissant une ouverture. Puis l’ensemble est retourné et repassé et l’ouverture est fermée. Idem pour les 2 autres carrés de tissu.
Chaque nouveau carré cousu permet de réaliser une aile :
– marquer au fer à repasser les diagonales du carré.
– plier le carré suivant la diagonale AC pour obtenir le triangle ABC.
– positionner la ligne EB sur la ligne EA en rentrant le tissu à l’intérieur. Puis placer EC sur ED. On obtient un nouveau triangle EBC.
– prendre le coté EB et le rabattre sur la ligne du milieu EF. Faire de même de l’autre coté.
– le pliage est maintenu par des points de couture et bien repassé.
Les ailes terminées sont assemblées au point E et agrémentées d’une chenille flexible ou autre ….
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PAPILLON CRAYON
Pour réaliser le papillon crayon, le modèle papillon est découpé 2 fois, soit dans le même tissu soit dans 2 tissus différents.
Les 2 morceaux sont cousus ensemble endroit contre endroit avec une couture de 0,5 cm du bord en laissant une ouverture. Puis l’ensemble est retourné et repassé. L’ouverture est fermée.
La ligne du milieu est légèrement froncée et un crayon recouvert de fil collé y est fixé.
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LE BONUS : DES FLEURS !
Les 2 fleurs sont découpés suivant les croquis ci-après dans des tissus différents, superposées et fixées au milieu. Le centre est décoré avec des boutons, des perles ou autre …..
Vous pouvez réaliser d’autres fleurs en variant les superpositions en nombre, en taille ou en couleur.
Pour créer une grosse fleur ou un bouquet, utilisez plusieurs fleurs. Chacune est pincée au milieu avec un lien. Ensuite, assemblez ensemble des fleurs par le milieu.
Mille mercis au Club de Balma qui nous a accueillis avec tant de gentillesse et d’efficacité !