Le Logo de l’Année pour France-Patchwork

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Tout beau, tout chaud, tout nouveau, voici le logo célébrant les 30 ans de la belle association France-Patchwork !
Tout a commencé très petit, j’imagine des réunions chez les unes et les autres, quelques feuilles en noir & blanc préparées par des copines qui se sont peut-être connues chez Sophie Campbell… C’est maintenant une grosse machine forte de 12 500 adhérents, mais la passion est toujours là ! Elle ne fonctionne que grâce aux nombreuses bénévoles qui donnent de leur temps, leur savoir et leur savoir-faire, afin de partager et communiquer leur passion. 

C’est l’Année A pour vous y inscrire, au vu des nombreuses festivités de l’année !

Voici la liste des manifestations annoncées sur le blog national de France-Patchwork (Les News) :

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Le Programme est ici (vous avez divers posts pour présenter chaque événement plus précisément)

Toutes ces manifestations sont prévues pour que vous passiez du bon temps avec des personnes qui partagent notre passion ! Nous nous attarderons parfois ici, dans la Ruche des Quilteuses, sur la journée du 23 mai à Balma avec l’Assemblée Générale le matin et le Loto l’après-midi… car ce sont les Abeilles membres de FP31, secondées par le Club de Patchwork de Balma et les délégations du Patch d’Oc qui vous accueilleront ! Quelques renseignements sont d’ores et déjà disponibles sur le blog le Patchwork sur son 31, blog de la délégation de Haute-Garonne.
Nous serons très heureuses de vous rencontrer ce 23 mai, dans quatre mois !

FRANCE-PATCHWORK (2)

Recyclage de denim – encore !

Après l’éblouissement de Denimu que nous ne pourrons sans doute jamais égaler ou l’inspiration d’Ann Carrington,  nous avons envie de travailler cette matière, ce tissu que nous connaissons si bien !

Je vous ai déjà montré ce qu’ont fait Christine, Martine et Hélène avec de la récupération de denims. Tant de choses sont à faire, les tableaux Pinterest donnent parfois le tournis ! Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une idée magnifiée par Ulla, la talentueuse Finlandaise, variante connue des vitraux de cathédrale à partir d’un cercle mais cette fois avec le tissu denim laissé à cru :

03 DSCN7049 Quilted pouch and bag + Cathedral window quilt bag

Superbe, non ? Il fut présenté ici par Ulla au printemps dernier. Il s’agit même ici de recyclage de brise-bise et de rideaux en dentelle pour les centres !

Ce n’est pas difficile de faire un coussin, un tapis ou un sac avec cette technique. Pour un pas-à-pas très illustré, allez voir ici : les photos sont très parlantes !

Callale aussi aime le bleu !

Le bleu est devenu la couleur préférée de la majorité des Français. Ce n’était pourtant pas le cas quelques siècles auparavant ! Michel Pastoureau nous en apprend beaucoup sur la perception de cette couleur au fil des siècles dans ce beau livre :IMG_5121

Dans notre Ruche, nombreuses sont celles qui préfèrent le bleu ; quelques unes, comme Martine, font de la résistance en s’entourant de rouge, elle nous prépare d’ailleurs un article consacré à une de ses préférences actuelles… autour du Rouge. Je ne vous en dis pas plus !

Si Callale aime aussi le bleu, elle a une préférence pour une nuance empreinte de douceur et de fraîcheur, ce bleu légèrement grisé tout cosy, le bleu gustavien (style suédois du XVIIIe siècle) qui se trouve être aussi une nuance de bleu pastel qui fit la fortune de Toulouse…

En plein dans son style, Callale vient de terminer un quilt de cœurs piécés et brodés :

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Tout mignon, ce quilt ! Callale vient de reprendre son blog qui était en dormance, entrez ici dans son petit monde, vous en reviendrez enchantées !102_0456

Autres nouvelles de notre Ruche : nos rencontres du vendredi sont souvent festives et nous découvrons au fil des jours les bonnes recettes de chacune… Pour ne pas les perdre, Christine nous a ouvert un classeur de recettes sous forme de blog, rien que pour nous… c’est la Cuisine de la Ruche, mais vous pouvez vous aussi y jeter un œil !102_0464

Callale ici aussi :
https://quilteuseforever.wordpress.com/2011/12/14/du-cote-de-chez-callale/

Des Vitraux de Cathédrale

28a_00Plusieurs de nos pays européens s’enorgueillissent de cathédrales gothiques, merveilles architecturales, qui prirent pour moi corps et chair en lisant « Les Piliers de la Terre » et « Un Monde sans Fin » de Ken Follett. Des Maîtres Verriers avaient leur part de travail presque magique ou divin pour faire entrer la lumière à travers des images translucides aux couleurs inouïes. L’une des cathédrales les plus abouties est celle de Chartres, si visible de loin quand on se promène dans la riche plaine céréalière beauceronne. Le bleu de Chartres fut le thème d’une grande exposition de quilts, organisée par France-Patchwork 28, en l’an 2000. Notre Abeille Christine participa à ce concours, nous en avions déjà parlé ici.
Vous voyez ci-contre le vitrail du zodiaque, une des merveilles de cette cathédrale, alliant les douze signes zodiacaux aux travaux des champs, visitant ainsi les labeurs de toute l’année. Parmi toutes les couleurs, le fameux bleu illumine les motifs d’une lumière magnifique.

Le bloc de patchwork que nous connaissons sous le terme de « Cathedral Windows », ou Fenêtres de Cathédrale, a une origine asiatique évidente. C’est une directe cousine des origamis et autres pliages de papier. J’ai rencontré par hasard l’utilisation de cette technique ancestrale sur un vêtement traditionnel exposé en août 2012 à Labastide Rouairoux :048

Porte-bébé fait en Asie, XXe siècle. Le modèle est ancien mais la fabrication contemporaine. Les minuscules dessins sont des « Cathedral Windows »  avec toutes sortes de tissus, y compris synthétiques, utilisés en accents de couleurs. Les intersections sont ornées par des « fleurs » en tissu. Il faut dire que c’est vraiment minuscule !047

Toutes les sources américaines s’accordent à dire que le succès du Cathedral Windows en tant qu’ouvrage occidental a commencé juste après l’exposition internationale de Chicago en 1933. Mais quel ouvrage, quel quilt fut-il exposé pour susciter ensuite un tel engouement ? Je n’en ai trouvé nulle trace. Vous savez maintenant pourquoi j’ai fait des recherches sur l’exposition universelle de Chicago et son exposition de quilts ! Ce n’est qu’après cette date que les Cathedral Windows « quilts » fleurissent aux Etats-Unis. Le mot quilt est impropre puisque l’ouvrage n’est pas molletonné ni matelassé, mais par convention nous le maintenons :cathedralwindow_01e

Ci-dessus, quilt ancien exposé en Virginie avec lumière en contre-jour.IMGP4966a

Quilt contemporain photographié avec la même envie de faire ressortir l’effet vitrail.

Au début des années 90, ce fut la folie des fenêtres de cathédrales remaniées, allongées, sous l’impulsion de Lynne Edwards. 61Xlys5dlBL._Un autre livre est plus récemment paru, toujours sur le même thème. Les tissus qu’elle utilise -soies, batiks…- donnent un effet saisissant, contemporain et très recherché.

Puis vint le temps des « faux » vitraux, les carrés japonais à base de cercles. Amusants à faire, mais on s’en lasse aussi…90644243_large_atarashii_17l_420

Variante très sophistiquée des « carrés japonais », appelés aussi Atarashii dans ce livre :atarashi

Et voilà que revient ensuite l’envie du traditionnel ! Comme ce travail est long à la main, de nombreux blogs montrent comment faire des vitraux de style classique à la machine. Le résultat est souvent approximatif, je préfère la précision de la couture à la main pour un résultat parfait comme ici par exemple :

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Tissu écru uni et imprimé japonais contemporain fleuri se complètent merveilleusement. Allez voir les autres photos de ce magnifique ouvrage par ici : Mishellsoup

Autre ouvrage très attirant : mettez en scène les napperons, broderies, dentelles d’antan ! Voyez ci-dessous cet exemple si joliment fleuri :

cathedral window close up vintage embroidery

Cela me fait irrésistiblement penser au challenge d’Emma l’année dernière ! Au lieu de conserver vos trésors dans les tiroirs, vous pouvez, si vous osez, les remettre au goût du jour…

Pour finir ce petit tour des vitraux classiques, en voici un beau scrappy, très « années 40 », dont le succès ne se dément pas aux Etats-Unis :

6209313730_9e4f9ab392Détail d’un quilt exposé en 2011 (Utah Quilt show). Désuet peut-être, mais toujours charmant et très agréable à coudre car on peut transporter, aussi facilement que des hexagones, des bouts de cet ouvrage à coudre n’importe où !

Si cet article vous donne envie de commencer un tel ouvrage, surtout ne vous en privez pas, comme tout travail à la main, le processus est gratifiant. Le plus difficile est de faire le pliage au fer sans déformer le tissu. Mon petit truc est d’utiliser une bombe d’aide au repassage (amidon ou autre) pour rigidifier temporairement le tissu. Ici un tuto pour les adeptes du travail à la main : http://patchworkdelights.blogspot.fr/2010/08/cathedral-windows-tutorial.html . Amusez-vous bien !

La plus grande proposition de quilts du monde

Sears Roebuck Company, l’une des plus grandes chaines de distribution de détail du monde, est un des fleurons de l’économie de Chicago. Pour l’exposition universelle de 1933, ils se devaient de faire une manifestation d’envergure pour toucher le grand public féminin, cible principale de leur commerce. Ils ont donc lancé dans tout le pays une collecte de quilts pour faire une grande exposition-concours. Le succès a été phénoménal puisque, peut-on l’imaginer, 25 000 quilts furent enregistrés !!! Après différentes sélections locales puis régionales, 30 quilts seulement finirent à l’Exposition Universelle… et le choix fut largement contesté.
Voici une infime part des quilts proposés :5B-9D-8-461-Dmwc0165B-9D-2-461-Dmwc0025B-9D-2E-461-Dmwc2105B-9D-4-461-Dmwc007

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Des détails sur ce quilt ici. Il fut exposé lors de la superbe rétrospective de quilts rouge&blanc à New-York en mars 2011.

Quels sont les ingrédients de ce succès ? Dans cette période noire de crise économique majeure, ce concours était fort attractif : le premier prix serait doté de 1 000 $ et de nombreux autres prix, régionaux ou nationaux, se partageraient la somme fabuleuse de 6 500 $… Beaucoup de gagnants car de nombreux lots ne se sont élevés qu’à 2 ou 5 $ ! De quoi faire rêver les Américaines dans le besoin et parfois même la misère, d’autant plus que les calculs d’estimation donnent un pouvoir d’achat de 10 dollars actuels pour 1 dollar de 1933… Le premier prix est donc d’à peu près 10 000 dollars ou 7 500 euros, pour vous donner une idée !!!

Les conditions d’entrée d’un quilt étaient simplement d’avoir été créé récemment et jamais encore exposé : les organisateurs voulaient une expo de nouveautés et non une rétrospective de quilts anciens. Sears se chargeait aussi, dans ses magasins et catalogues, de donner des conseils pour les néophytes. La société organisatrice souhaitait faire consommer mais aussi voulait que cette exposition soit la vitrine de l’air du temps.  Alors très vite l’engouement pour la fabrication de quilts dans tout le pays s’est propagé, de très nombreuses femmes ont fait leur premier ouvrage dans l’espoir de gagner une part du gros gâteau offert par Sears ! La joie de quilter redonna de l’entrain, l’espoir de gagner insuffla de la joie, et toutes furent fières de participer… C’est ainsi que des milliers de quilts furent faits au cœur de la Grande Dépression.

Concours lancé en janvier 1933, délai de dépôt à la mi-mai : pas une minute à perdre !

arrivée des quilts - ouverture par les employés de Sears

Arrivée des quilts – ouverture par les employés de Sears

Barbara Brackman et Merikay Waldvogel racontent dans le livre ci-dessous leur longue enquête sur l’organisation de cet événement majeur pour les quilteuses de l’entre-deux guerres et leur recherche des quilts gagnants*.51FLJa1cy6L._

Elles évoquent aussi les conditions de travail de ces quilteuses, leurs inspirations… Savez-vous par exemple qu’en raison de la cherté des tissus en période de crise, certaines femmes ne cousaient qu’avec 1/8e d’inch (3 à 4 mm) de marge de couture ? Avec très peu de moyens, elles ont pourtant cousu d’époustouflants compas de mariniers et tant d’autres merveilles…

On imagine donc que le premier prix serait un quilt absolument extraordinaire! Barbara Brackman exprime clairement sa déception au vu des photos du quilt gagnant :

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Margaret Rogers Caden de Lexington (Kentucky), a gagné le grand prix tant convoité avec son quilt intitulé « Star of Bluegrass » (environ 180 x 230 cm), ouvrage aux blocs piécés parfois appelés « Harvest Star », « étoile de la moisson ». La dominante verte (vert nil) très à la mode en tissus unis de la collection de Sears, a peut-être influencé le jury, mais aussi les très fins petits points de quilting et, plus sûrement encore, le trapunto qui rehaussait les feuilles ou plumes du matelassage. Mais par rapport à tant d’autres quilts présentés, celui-ci fait quand même bien pâle figure… Est-ce un choix par défaut, faute de consensus ?…5B-AA-34-489-Dmwc148Les juges de Sears examinent le quilt ayant remporté le Premier Prix.

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Comme prévu, le quilt grand gagnant est offert à la Première Dame Eleanor Roosevelt. Exposé pour la seconde saison en 1934, le quilt a ensuite disparu.

On peut se dire simplement « tant mieux pour cette dame qui a gagné, même si on n’aurait pas personnellement voté pour elle ». Oui mais… Le scandale est ailleurs. Cette dame tenait avec sa sœur un magasin de tissus dans sa ville et elle mit sur pied une quilting bee de quatre personnes (Ida Rohrer, Allie et Ruth Price, Mattie Black), les rétribuant, certes, mais si peu. Elle créa le modèle, les dirigea, mais n’en fit aucun point, alors qu’elle certifie par écrit, à l’inscription du quilt, que cet ouvrage fut entièrement fait par elle seule ! De nombreux quilts proposés au concours étaient officiellement cousus à plusieurs mains, mais Margaret Caden a choisi d’évincer ses Bees qui ne verront pas un cent des 1 000 $…5B-AA-36-489-Dmwc106

Dans le journal local, on fait état de l’éclatante victoire du « génie du Kentucky », avec la photo du chèque. Qu’est devenue cette dame après avoir encaissé le pactole ? Peut-être partie en retraite dorée en Floride, là où elle avait déjà des liens. Une des « bees » a dénoncé le scandale quelques années plus tard, montrant des preuves de sa participation au quilt (des morceaux de tissus, des essais de trapunto)

Barabara Brackman ne perd pas l’espoir de retrouver ce fameux quilt, même si les inventaires de la Maison Blanche ont vite perdu trace de l’ouvrage gagnant. Le modèle de ce quilt a été ultérieurement vendu sous le nom de « Mountain Mist Pattern n° 100 Star of Bluegrass », on en a donc plusieurs copies. On doit dire aussi que le trapunto connut ses années de gloire aux Etats-Unis à la suite de ce prix, mais l’indélicatesse flagrante de la gagnante entache toute l’histoire.

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Quilt fait à partir du modèle publié en 1948 (quilteuse inconnue)  copié du quilt imaginé par Margaret Caden.

Sources internet pour plus de détails :

http://www.quiltindex.org/essay.php?kid=3-98-3B
http://www.quiltindex.org/fulldisplay.php?kid=5B-9D-4F
http://quilting.about.com/od/History-of-Quilts/ss/1933-A-Century-of-Progress-Quilt-Scandal.htm
http://www.quilt.com/collector/feature.html


*A noter l’extraordinaire travail d’historiennes mené par Merikay Waldvogel et Barbara Brackman. On peut trouver dans www.quiltindex.org des fiches extrêmement complètes sur les quilts exposés, leurs créateurs (quelques hommes!), leur propriétaire actuel… Fiches tellement précises (origine sociale, ethnique, religieuse…) qu’on n’aurait pas le droit de les faire en France !

Un siècle de progrès… et un scandale !

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Chicago, 6 janvier 2014

Alors qu’une vague de froid glacial vient de meurtrir le grand Est étasunien, je vous propose aujourd’hui de découvrir un événement qui a marqué la ville de Chicago au moment où une crise économique majeure jetait des milliers de chômeurs à la rue et où Eliott Ness arrêtait enfin Al Capone l’homme le plus puissant de la ville,  un gangster régnant sur les trafics de la drogue, de l’alcool et de la prostitution.Chicago 1933

Ville de Chicago, 1933

Pour célébrer son premier centenaire, la ville de Chicago programma en 1928 une exposition universelle dans sa ville pour 1933 dont le thème principal allait être « a Century of Progress », un siècle de progrès. La terrible crise commencée le jeudi noir (29 octobre 1929) n’a pas empêché cet hymne aux nouvelles techniques de voir le jour. Le succès fut si vif que l’Exposition, qui devait durer une saison, s’est rouverte pour une 2e session en 1934. Chicago comptait alors déjà 3 millions d’habitants et près de 50 millions de tickets d’entrée furent vendus ! Les spectacles étaient éblouissants, les thèmes passionnants et au cours de cette fête de l’innovation, de la science et du progrès, lentement le 1er New Deal de Frank D. Roosevelt commençait à porter quelques fruits ; l’espoir renaissait dans cette décennie pleine de contradictions, de modernité et d’archaïsme, de richesse et de misère.

250px-Chicago_world's_fair,_a_century_of_progress,_expo_poster,_1933,_2a689Affiches de l’événement, dans le plus pur style Art Déco. Vous pouvez voir ici un recueil de photos N&B montrant cette architecture.

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Parmi toutes les (r)évolutions en un siècle, cette enveloppe célèbre les progrès du transport du courrier.

Les documents disponibles numérisés mwmontrent l’immensité de cette exposition universelle, avec les grandes industries montrant leurs dernières inventions, dont certaines perdurent évidemment !  On apprenait par exemple comment Firestone fabriquait ses pneus, quels étaient les progrès dans le monde des transports, de l’énergie, etc. J’ai bien ri en voyant un article sur la fabrication industrielle de la Miracle Whip de Kraft, une sorte de mayonnaise bon marché née de la crise en cette année 1933, laquelle est toujours extrêmement populaire.
Autre vedette parmi des milliers d’autres, la première montre bracelet Mickey fut vendue lors de cet événement ! Celles qui existent encore de cette époque sur le marché se vendent à présent à prix d’or… 

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Cette Exposition universelle montrait à la fois le développement des Etats-Unis, l’avancement des sciences et de industries les plus pointues, mais des pavillons faisaient aussi voyager dans le temps et l’espace. Ainsi les Américains découvrirent des maquettes de dinosaures, purent se promener dans des rues de Paris reconstituées, comprendre la fabrication de la soie dans le pavillon japonais, admirer le Zeppelin dans les airs (photos et historique des Zeppelins en français)… stamp zeppelin

Il était aussi dans l’air du temps de montrer des photos de personnages « de foire », handicapés ou aux capacités étranges (Ripley’s Believe or Not). Dans d’autres registres mais devenus tout aussi inacceptables de nos jours, on montrait des tribus parquées (des Indiens notamment), un quasi-zoo de nains ou de vrais bébés prématurés en incubateur, symboles des progrès en médecine…couneyatchicagoCette exposition d’enfants prématurés en incubateur ne fut pas du tout unique, il y en eu de très nombreuses aussi notamment en Europe. 

Mais le scandale qui m’intéresse dans ce blog est bien ailleurs et concerne évidemment le monde du patchwork ! Rendez-vous ici dans quelques jours pour l’évocation de la plus grande exposition de quilts jamais égalée, même quatre-vingts ans plus tard…51FLJa1cy6L._

Livre de Merikay Waldvogel & Barbara Brackman  consacré à l’exposition de quilts à Chicago en 1933 et 1934. Vous pouvez d’ores et déjà vous plonger dans l’ambiance Art Déco de l’époque par ici !
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Qui est-ce qui…

… a encore superbement travaillé ?

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Vue de face, une veste matelassée faite à partir du patron d’une vieille veste…veste neelam dos

Vue de dos : on voit bien les beaux tissus indiens artisanaux vendus par Neelam sur les salons de France et de Navarre…maya-l-abeille-10704651cjbex

Qui est-ce qui donc ? Ce n’est pas Maya l’Abeille… mais c’est notre amie l’Abeille Kristine-aux-doigts-de-fée !

Et encore, en décoration de blog, des œuvres de Denimu... Je ne m’en lasse pas !

Denimu, ses récents tableaux textiles

Comme toujours, j’entre en contact avec les artistes que je présente car je me permets de parler d’eux, alors autant qu’ils en soient informés directement par moi-même et qu’ils puissent avoir un droit de réponse ! ITV NEWS - janvier 2013Denimu, présenté hier, est un jeune homme très sympathique et disponible. La photo ci-contre le montre lors d’un passage à la TV britannique ITV… avec un nœud papillon en denim of course ! Ian m’a cependant très gentiment fait remarquer que mes choix d’illustrations étaient un peu… datés, ses panoramas sur Disney étant parmi ses premiers tableaux. Je comprends ce qu’il veut dire, la dernière oeuvre est toujours la plus aboutie chez un artiste comme lui qui peaufine chaque détail ! Même si les vues de villes faites sur Disney sont remarquables, ce n’est « rien » en comparaison de ses tableaux récents, si parfaits que nous oublions qu’il s’agit de denim exclusivement. Même les taches de couleurs sont de pantalons ou de vestes du même sergé de coton, simplement coloré autrement.

Merci à cet artiste de m’avoir permis de vous montrer toutes les œuvres que je souhaite ! A savoir que, « victime » de son succès, Denimu a vendu tous ses originaux ; bientôt de nouvelles séries donc ! Il vend cependant quelques tirages sur papier, vous pouvez le contacter si cela vous intéresse ( mail@denimu.com )

Voici donc quelques tableaux récents, très actuels, parmi mes préférés (mais que la sélection est difficile !…) :Denimu_Art_portriats (1)

Portraits de femmes – Beauté, sobriété, caractère…

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Pedley Sreet (70 x 40 cm) est un tableau surréaliste montrant un bout de quartier londonien actuellement dédié au street art.

pedley street

Voici une photo trouvée sur google de l’endroit précis croqué en denim !

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Ici c’est le reflet dans la flaque d’eau qui attire le regard…

Denimu_Art_greysubway

Pour changer un peu, ici c’est du jean-denim en cinquante nuances de gris… évidemment.

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Stortorget_01_2010_byline2

 A Malmö, 3e ville de Suède – Stortorget

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Place à Malmö, ville au sud de la Suède. Le titre « Färska Blåbär » évoque les myrtilles fraîches, fruits qui poussent bien dans ce pays, à la couleur bleu indigo… La perspective, les pierres des bâtiments sont incroyablement bien rendus.

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Parmi les affiches de spectacles annoncés, une exposition de Ian Berry (alias Denimu !!) nous fait un clin d’œil ! J’admire ici aussi l’impression de volume, d’ombre et de lumière.

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J’aime aussi cette petite rue bien tranquille…

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Allons prendre ensemble un café ! On voit ce ce tableau est petit, la structure des tissus est bien visible (50 x 40 cm).
Il y a aussi une série de scènes à la Edward Hopper qui évoquent une ambiance, une histoire, avec une luminosité et une précision sidérantes qui font totalement croire à des photos bleutées :Denimu_Art_cheyenne_diner (1) Denimu_Art_BrooklyndinerDenimu_Art_arthur2013 Denimu_Art_Ava
Et puis voici des scènes de la vie quotidienne à Londres :Denimu_Art_thePrincedétail du prince
Détail…
Denimu_Art_camdentownDenimu_Art_london_punkDenimu_Art_LondonES (1)Denimu_Art_HollyBush Denimu_Art_portobello Denimu_Art_subjectsDenimu_Art_Hampstead_tubeDenimu_Art_monument2Denimu_Art_primrosedenimu_art_hampsteadheath
Oh que la vie est belle en denim !
Denimu a un tout nouveau site où on peut admirer des détails des tableaux et où on apprécie mieux leurs dimensions. C’est par ici http://www.ianberry-denimu.com/
Aura-t-on un jour la chance de voir quelques tableaux de cet artiste dans une exposition de patchwork ? Il n’a encore jamais exposé en France et le public serait enthousiasmé d’admirer ces appliqués hors du commun à Sainte-Marie-aux-Mines, Quilt en Beaujolais, Quilt en Sud ou toute autre Salon d’envergure en France ! Avis aux organisateurs, aux galiéristes… Ian Berry joue dans la cour des grands artistes, qu’on se le dise !
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Regardez cet enfant : il nage de bonheur dans l’atelier de son papa !
(photo Facebook)
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Inspiration Denim : Denimu

Si vous saviez comme je jubile lorsque je tombe sur un artiste qui d’emblée m’éblouit !
C’est aujourd’hui Ian Berry, Britannique vivant actuellement en Suède, qui me séduit. Trente ans cette année et déjà  très connu pour ses tableaux textiles. Il a choisi de travailler le tissu le plus démocratique du monde, le blue jean de récupération. Il n’est pas le seul à s’intéresser à cette matière mais ses œuvres m’enchantent, comme ci-dessous des vues de métropoles ; ce ne sont pas ici que des panoramas mais des évocations de films de Disney !

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Twist in New York, Denim on Denim, 1800×600, 2010 –  On reconnaît bien le Brooklyn Bridge, mais des Tours Jumelles fantomatiques dominent la ligne de gratte-ciel…J’ai mis du temps à comprendre l’évocation d’Oliver & Compagnie, l’histoire du petit chat recueilli par le chien Roublard ! Histoire inspirée d’Oliver Twist de Dickens, d’où le titre…
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Pan’s London, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La pleine lune permet de voir passer l’enfant qui refuse de grandir…

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Quasimodo’s Notre Dame, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – Évocation du roman de Victor Hugo et donc du film « Le Bossu de Notre-Dame ». Les gargouilles sont bien présentes !Denimu_Copenhagen1_Denim_art

Spire City – Copenhagen, Denim on Denim, 1200×400 – Copenhague, ville de la Petite Sirène !

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Mulan’s Great Wall, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La Muraille de Chine au printemps, scène de batailles avec Mulan, guerrière légendaire !

 Adolescent, Ian aimait les blue jeans comme tous les jeunes de son âge. Un jour de fête de famille, sa mère l’obligea à porter un pantalon plus habillé en velours à la place du jean qu’il mettait tous les jours… alors que ses cousins vinrent, eux, en jeans ! Je devine bien son sentiment, j’ai eu la même mésaventure à 14 ans, moi je devais quitter mon jean pour une robe…
Bien plus tard, il vit chez lui ce fameux pantalon, trop petit, prêt à être donné au centre de charité local… Non-non-non, ce blue jean véhiculait trop de souvenirs ! Alors il l’a observé avec attention, a remarqué les différentes teintes de l’indigo usé… et vous devinez la suite, ce tissu emblématique du XXe siècle est devenu la matière première de l’expression artistique de Ian Berry. Le XXIe siècle doit être aussi celui de la récup’ !
 Ian collectionne donc tous les vêtements en denim, les observe, les coupe, les colle selon une maquette très préparée… Le résultat est bluffant, sa cote artistique monte en flèche et tant mieux car il le vaut bien !
Un journal britannique a trouvé ce jeu de mot approprié : Ian Berry is a jean-ius ! (Ian Berry est un génie, avec jeu de mot phonétique).

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Ici l’artiste est devant sa série de reproductions de pochettes de disques 33 tours…

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Hommage aux magazines féminins UK… Extraordinaire !

Il y a tant de thèmes dans ses œuvres : des vues à la Edward Hopper, des scènes urbaines contemporaines avec beaucoup de street arts, des portraits d’icones…

Allez visiter son site si vous voulez en voir plus !

De la couette au quilt

Vous souvenez-vous des lits des années 60 ou 70 ? Héritage à la française, tous avaient un drap plat tiré sur le matelas, puis un autre drap au rebord orné -ne serait-ce qu ‘une couture au point de bourdon- et enfin une ou deux couvertures. Des oreillers, un traversin parfois, complétaient le lit pour plus de confort. Un couvre-lit recouvrait le tout le jour. 

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Le Lit de Toulouse-Lautrec (Musée d’Orsay)

Les couettes sont apparues en fin des années 70, avec la mode scandinave, à peu près en même temps que les draps housse à élastiques pour recouvrir les matelas. Révolution pour les jeunes, le lit se faisait en un clin d’oeil ! Pour les lits doubles, les couettes deux places sont rapidement apparues, grandes et pas si faciles à entrer dans les grandes poches (les housses de couettes). Celles-ci couvrent tout le lit, comme un couvre-lit.

1158240472J’ai été étonnée de voir qu’en Allemagne, on ne faisait pas le lit de la même façon que nous. Un lit pour couple comprend un cadre mais deux sommiers, deux matelas… et deux couettes !!

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Voir l’étonnement d’une Française en Bavière ici !

Les Allemands privilégient le pragmatisme : chacun peut bouger sans déranger l’autre, peut avoir une couette plus ou moins chaude… et le changement des draps est bien plus facile ! De jour, chaque couette individuelle (de 150 x 200 cm) est pliée en deux sous l’oreiller. Pratique, oui, mais pas très beau… et pas du tout romantique ! 

Les quilts sont apparus dans les pays de laine, là où sont des moutons : on récupérait les moins belles fibres de laine pour les enfermer entre deux tissus, puis on stabilisait l’ensemble par des points de quilting pour éviter la migration de la laine dans un seul coin. On le comprend bien quand on voit des restes de quilts exposés dans le Musée de Lempeter.welsh 1800

Quilt gallois de la région de Lampeter – 1800 – Laine (Welsh Quilt Center). Une couverture fait office de molleton. Ce style fait irrésistiblement penser à des quilts amish… qui ne commenceront à exister qu’une soixantaine d’années plus tard pour les tout premiers !

Les couettes, elles, sont traditionnellement les solutions calorifères des pays d’Europe du Nord : faute de moutons, oies et canards sont plumés, mangés… Rien ne se perd ! Les couettes les plus légères, chaudes et agréables, étaient faites avec le fin duvet du ventre pour les plus fortunés, le top étant le duvet d’eider (eiderdun en suédois… qui donnera notre mot édredon) ; les plumes, moins douces et moins calorifères, constituaient les couettes ou édredons de moindre qualité. Pour des raisons d’allergies et d’hygiène, on préfère maintenant des couettes synthétiques : coût inférieur, meilleure évacuation de l’humidité, facilité de lavage…amish-diamond-in-a-square_turquoise

Quilt amish, 1925 – Collection Esprit

Les Amish, dont le mouvement fut créé en 1693 en Europe en dissidence des Anabaptistes, sont partis en plusieurs vagues à partir de 1737 vers le Pays de la Liberté, plus particulièrement vers Philadelphie et la Pennsylvanie, avec toutes leurs possessions. Tout comme les émigrants allemands et d’autres pays d’Europe du Nord, les Amish apportaient d’Europe leurs couettes nommées « sac de plumes » (feather-filled bags), ceci étant attesté dans les listes d’inventaires. Ils continuèrent d’en fabriquer en Amérique pour se tenir au chaud jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Pourquoi les femmes Amish sont-elles passées de la couette au quilt ? C’est un des points de la recherche effectuée par Dorothy Osler dans ce livre remarquable Amish Quilts and the Welsh Connection.am-we J’ai reçu ce livre à Noël, je l’étudie attentivement ! A ce sujet, il n’y a pas de raison définitivement arrêtée. Hormis de subtiles raisons religieuses ou idéalistes, on peut avancer que les Amish, pragmatiques comme leurs proches Allemands, quittèrent cette traditionnelle source de chaleur notamment pour des raisons pratiques : on ne peut plus imaginer la puanteur de ces sacs de plumes, surtout neufs, même après le meilleur soin de préparation (nettoyage, séchage au soleil), puis très vite, les moisissures dues à l’humidité… Les quilts de laine puis de coton, à la manière des English et des Gallois (nous y reviendrons un autre jour), sont des améliorations notables au point de vue hygiénique !quilt amish 1925

Quilt amish de 1925 – Collection Esprit

Savez-vous que pour évaluer la froideur d’un hiver, on disait : « c’est un hiver à 3 (ou 4, 5…) quilts » ? Combien de quilts superposés fallait-il pour dormir au chaud dans les « log cabins » ?… Et quand l’hiver glacial se déchaînait comme la semaine dernière, comment ont-ils pu survivre ?…

Si on n’avait pas de quilt, Amish ou pas on avait encore des plumes dans cette Amérique en mouvement :

Cowboys-1A

Ici des cowboys itinérants avec leur sac de duvet roulé qui leur servait à la fois de matelas et de couverture. Trop volumineux pour être transportés sur le cheval, ils étaient réunis dans un chariot :

Chuck-Wagon

Ah la rude vie des siècles passés !…

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Une jolie histoire des Amish vous est proposée sur ce blog : http://le-fil-des-jours.eklablog.com/histoire-des-amish-etats-unis-a4754459