Des mots doux, des mots fous…

…des mots sur nos quilts !

Au dos des quilts, on peut généralement lire quelques renseignements sur l’ouvrage : le titre, l’année de création, le nom de la quilteuse et parfois plus, souvent écrits au feutre indélébile ou, mieux, brodés. Les plus belles que je connaisse sont celles de France Aubert et de Maïté, abeille de mon groupe : toutes deux brodent avec soin et composent toujours sur l’étiquette un gracieux rappel du thème du quilt.

Sur le devant des quilts, ce sont en général des lettres appliquées qu’on trouve, le plus souvent sur des Folk Country Quilts on peut lire des mots d’actualité saisonnière (Halloween, Christmas, Spring…), des mots d’espoir, d’idéal ou de souhaits (hope, love, peace, best wishes…), ou autres petites locutions évocatrices de confort et de joie (Home sweet Home…). Les Anglophones sont très fans de ces petites locutions, inscrites un peu partout dans les maisons « cosy ». Nous, Francophones, avons également un trésor de maximes et d’expressions mais elles sont, malheureusement de nos jours, considérées comme ringardes !

Et puis, dans l’excitation de la découverte du patchwork libéré avec Gwen Marston en l’an 2000, Tonya Ricucci inventa l’alphabet libéré. Imaginez des mots piécés (et non appliqués), dansant au beau milieu du quilt, ou en ribambelle sur la bordure… Si vous voulez en voir quelques uns, c’est ici : Word Play Quilts.

J’avais une petite idée, en voyant les photos, du principe de la technique, mais j’ai tout de même acheté LE livre de référence :

C’est une jubilation d’imaginer, sur mon futur Crumb Quilt, une bordure évoquant le thème que j’ai choisi !… Mais au-delà de la technique –fort simple– du piéçage des lettres, j’apprécie beaucoup la page d’introduction écrite par Gwen Marston. Ce sera l’occasion de vous parler un peu plus du mouvement du Liberated Quiltmaking… dans quelques jours !

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Autre alphabet piécé disponible sur le livre « Motifs de Patchwork », de Yoko Saito, édition Quiltmania (2006) : le look des lettres est assez similaire mais pas la technique. Dans ce livre-ci, les blocs sont dessinés précisément, alors que Tonya Ricucci donne un processus, une méthode, pas un modèle.

Vols d’oies au-dessus de Toulouse

Après les vols d’oies un peu fous du Crumb Quilt, revenons au traditionnel, mon inspiration pour toujours ! Les Vols d’Oies, ces triangles à la base 2 fois plus grande que leur hauteur, sont extrêmement beaux graphiquement et se retrouvent en sujet principal tout comme en bordure dans d’innombrables quilts. Déjà, ces formes étaient très aimées pour les pavements en marbre dans les églises romanes, cette esthétique n’est pas nouvelle ! En revanche le nom du bloc vient, comme tant d’autres, de l’observation de la Nature par les Américains. Les migrations des oies, très nombreuses, bruyantes, majestueuses, en forme de grand V dans le ciel vers le Nord, annonçaient très tôt l’approche du printemps, puis dans l’autre sens l’arrivée de l’automne…

Lorsque des débutantes souhaitent apprendre vite et bien les règles essentielles du patchwork, rien n’est plus efficace qu’un sampler. C’est ce que je propose, parfois avec insistance… En janvier 2009 arrive une « nouvelle » en cours d’année, et le bloc du jour est le vol d’oies 4 par 4 : avec un tour de passe-passe, on coud 4 vols d’oie à la fois ! Magie des nouvelles techniques de coupe rapide… Je montre à cette occasion  un de mes petits quilts en exemple où on y retrouve bien chaque bloc en 4 exemplaires.

Petit quilt très classique, bien sage mais toujours aimé, Vols d’Oies

Ce premier cours fut fort bien exploité par Martine, ma nouvelle d’alors, qui est vite devenue une de mes Abeilles les plus dynamiques ! Je lui laisse vous raconter ses débuts…

DIS MAMAN…

Comme vous, sans doute, avant même de savoir quilter je lisais des livres de patchwork imaginant le moment où je pourrais réaliser un modèle favori. Le livre « Le patchwork » de Diane Crawford et de Lucinda Ganderton aux éditions Gründ dans la collection La maison sous toutes ses coutures est un des premiers que j’ai feuilletés inlassablement et dont un modèle me plaisait particulièrement. C’est un modèle très classique composé de blocs « vols d’oies » montés en bandes.

L’été 2009 qui a suivi mes premiers cours et premiers pas dans le patchwork, je me suis lancée avec frénésie et sans complexe dans la réalisation dudit quilt destiné à couvrir le lit de mon ado de fils ! Nous avions en cours, coïncidence, appris à réaliser le fameux bloc en couture rapide. A la fin de l’été j’avais non seulement réalisé les 168 blocs mais monté le top et j’étais toute fière de pouvoir faire admirer mon travail par mes amies les abeilles à la réunion de septembre.

La rentrée à la ruche m’accapara complètement avec les nouveaux cours, j’avais tellement à apprendre… J’ai entrepris de nouveaux projets et  j’ai vite oublié mon top aux vols d’oies, d’autant plus facilement que je ne savais guère matelasser à la main. Mais voilà qu’un jour mon fils me dit : « Dis maman quand est-ce que tu finis ma couverture !».

Alors là surprise, étonnement, dérobade, quelques mots bredouillés, oui mais ….!! Le  croirez-vous, pendant deux ans mon ado m’a régulièrement demandé « dis maman quand est-ce que tu finis ma couverture !». Méthode de pression très efficace, d’autant plus qu’entre temps j’avais appris à matelasser à la main dans les règles de l’art. L’échéance est donc devenue incontournable, fin de l’été 2011 !

Pour la petite histoire j’ai fini par le matelasser….à la machine ! Grâce à notre reine des abeilles qui m’a gentiment prêté une bonne machine à coudre (avec double entraînement…etc.) et les conseils avisés d’une abeille ! Il eût été dommage de le laisser sans matelassage n’est-ce pas ?

Mais là n’est pas l’essentiel ! N’est-il pas dans toutes ces petites histoires que chaque ouvrage raconte ? Elles rendent le patchwork si vivant et chaleureux  qu’on en devient vite accro !

Martine

Ce couvre-lit fait maintenant la fierté du fils de Martine !

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Des miettes partout !

Les bouts de tissus, plus on les utilise… plus on fait des miettes ! 


J’adore faire des scrap quilts (quilts utilisant beaucoup de restes de tissus, pas très assortis au départ mais au résultat très riche), pourtant j’avoue qu’un quilt de miettes -crumb quilt- me fait largement sortir de ma « zone de confort » : j’ai beau admirer les résultats chez les autres quilteuses, en particulier toute la mouvance des quilts libérés*, j’ai du mal à ne pas m’inquiéter de la concordance des coutures, des angles mordus et autres petites particularités qui sont, en patchwork classique, des défauts ! Je me soigne donc et je m’amuse avec mes miettes, grâce à l’appel lancé par Jo sur son blog.


J’ai été tentée de suivre la palette « qui marche à tous les coups » avec une dominante bleu-blanc-rouge, car j’ai des tonnes de petits bouts en attente. Je préfère finalement m’inspirer de l’actualité familiale qui me fait lever chaque nuit en quête de nouvelles sur internet : ma seconde fille voyage actuellement en Amazonie et réussit à nous envoyer des photos merveilleuses de la Forêt d’Emeraude. Sans imaginer concurrencer la Nature, je m’en inspire pour quelques blocs comme ici :

                                           

Je me sens tout d’un coup bien présomptueuse ! La liane inspiratrice est si magnifique…

Donc ce quilt sera, dans ma tête, inspiré des couleurs de l’Amazonie, ses fleurs, ses arbres, les papillons et perroquets, les pirogues multicolores sur l’Amazone, les maisons colorées des petites villes bordant le fleuve : dominantes vertes, bleues, terre, d’où émergent soudain des couleurs éclatantes… Je ne délaisse pas pour autant le fil conducteur : des blocs un peu fous, tordus et ne respectant plus les règles élémentaires  du patchwork traditionnel. J’y inclus mes premiers essais de blocs de miettes, cousus naguère d’après les explications de Bonnie.

Je m’amuse, et cela se voit, non ?

Hier Jo a lancé la première étape avec des blocs aux vols d’oie… bien sûr tout biscornus, coupés et cousus sans souci d’exactitude. Ses tissus sont du pur recyclage de chemises et autres vêtements à rayures et à carreaux, avec un tissu rouge unissant le tout. Moi, je reste dans mon ambiance amazonienne et les tissus restant d’anciens ouvrages :

Ici les vols d’oie de Jo… et ci-dessous les miens. Si vous commencez vous aussi des blocs de miettes, ne vous inquiétez pas si vous trouvez un bloc pas très beau tout seul, il sera entouré des autres et se mettront mutuellement en valeur ! C’est du moins ce que je me souhaite 😉

C’est donc mon aventure du moment, bien plus modeste que celle de ma fille, mais je lui laisse volontiers la place auprès des tarentules, anacondas et boas qu’elle côtoie !

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*Liberated Quiltmaking, ou faire du patchwork de façon libre, processus de patchwork que je résume ainsi : soyez innovante et faites-vous plaisir ! Gwen Marston a popularisé ce patchwork spontané.

150 ans après

La patine du temps fait qu’on n’a pas autant le coeur serré en commémorant les 150 ans du début de la Guerre de Sécession, appelée Civil War par les Américains, que le 11 septembre si proche. Ce fut pourtant une tragédie, avec  628 000  tués pour une population de 35 millions. Deux mondes, le Nord et le Sud, défendaient chacun leur mode de vie et leur vision du monde ; pour une information complémentaire, vous pouvez lire ce dossier ou approfondir avec, par exemple, le livre d’André Kaspi « Les Américains, naissance et essor des Etats-Unis ».

Le XIXe siècle américain est dans nos mémoires un monde extrêmement dynamique où tous les immigrés ont leur chance, avec la colonisation progressive des terres vers l’Ouest jusqu’à l’océan pacifique. On oublie trop souvent le partage nord/sud : ce nord connu, peuplé, à l’industrialisation galopante, contre le sud rural et surtout esclavagiste jusqu’à la fin de la guerre civile. A noter qu’un roman écrit par une femme, Harriet Beecher-Stowe, La Case de l’Oncle Tom, fut le déclencheur majeur de la lutte contre l’esclavage.

Toute cette année, des centaines de quilteuses suivent les événements de cette guerre grâce au blog de Barbara Brackman Civil War Quilts. Chaque semaine est proposé un bloc, que deux Abeilles de notre Ruche continuent de faire. Voici l’avancement de Martine qui, férue d’informatique, nous le montre en simulation ici :

Vous pouvez également visiter sa galerie de blocs.

Bien sûr, Martine et Karine seront heureuses de vous présenter leur bébé-top en janvier, avant la longue période de matelassage !

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Articles précédents sur le Civil War Quilt : Patchwork et Histoire, histoire de patchwork et aussi The Civil War Quilt, ou la naissance d’un projet commun

10 ans après

D’innombrables commémorations ont eu lieu hier pour rendre hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001. En voici une à Staten Island (un des cinq districts de la ville de New-York), présentant près de 1 500 m2 de quilts :

http://english.ntdtv.com/ntdtv_en/news_northamerica/2011-09-10/giant-quilt-exhibit-commemorates-victims-of-9-11.html

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Autre témoignage datant de 2002, créé, organisé, assemblé par quatre quilteuses de Pittsburgh, 3 466 blocs (bilan des victimes au moment de la création du quilt) de 3 inch venant d’innombrables quilteuses, offert au Folk Art Museum de NYC : http://www.folkartmuseum.org/?p=folk&t=images&id=2062

Vous en avez l’historique, ainsi que de nombreuses photos détaillées, sur le musée de quilts « on-line » créé par Karen Griska :

http://www.onlinequiltmuseum.com/quilt-exhibits-detail.php?page=1&lk_id=10

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Crumb along with us !

Je suis certaine que vous ne manquez pas d’idées d’ouvrages en cette rentrée ! Moi non plus…

Mais que fait-on quand on coupe des tissus ? Des tas de petits restes de toutes formes qu’on appelle des « crumbs » en anglais, c’est-à-dire des miettes, vous savez ces petits bouts de rien du tout qu’on expédie d’un coup de main à la poubelle en fin de journée…

Ne jetez plus, recyclez ! C’est le maître mot de Bonnie Hunter de Quiltville, depuis des années. Un de ses dossiers, datant de 2005, est consacré aux miettes qu’elle a décidé d’exploiter. Plus récemment, son amie Jo m’émerveilla avec un « crumb quilt » fini en août dernier, et je ne fus pas la seule ! Devant l’avalanche de compliments du monde entier  elle décida de proposer une aventure dans le monde des « quilts de miettes ». Chaque mardi, nous aurons des idées de blocs de miettes décalés, des conseils, et dès maintenant nous avons ici les premiers préparatifs pour un amusement de dix semaines.

Voulez-vous voir d’un peu plus près ?

Si vous n’aimez pas du tout ce crazy moderne, je ne vous en tiendrai pas rigueur car il faut être un peu folle pour entreprendre un tel quilt sans queue ni tête, mais moi je suis sûre que cela va m’amuser, alors dès mardi, je vais suivre les conseils, trucs et astuces de Jo pour faire mes premiers pas… Le but est de bien s’approprier un ensemble de réflexes pour se lancer et Jo nous guidera donc pendant deux mois, de quoi arriver à la taille d’un petit quilt.

Qui se joint à notre douce folie ?

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http://www.joscountryjunction.com/  : le blog de Jo

http://quiltville.blogspot.com/ : le blog de Bonnie

Orange et turquoise, expression forte

Récemment, un nouveau blog est né de l’autre côté de la Méditerranée, Multicolored Pieces ; Nadia, à la culture multi-nationale, vit en Tunisie et  crée toutes sortes d’objets avec un goût très sûr. J’adore ses pots en mosaïque, écrins de si jolies plantes !
Son pays vient de vivre une révolution, le pays voisin, la Lybie, est encore en pleine effervescence. Son dernier article relate avec beaucoup de clarté et de talent les violences passées et les enjeux actuels. Récit écrit en anglais, mais vous pouvez peut-être le faire traduire automatiquement (merci Google, même si ce n’est bien sûr pas parfait !).
Nadia fait des tableaux textiles également, l’un d’entre eux a mis dix années pour aboutir ; vous savez, c’est un des ouvrages qu’on prend, délaisse, reprend… C’est la libération toute récente de la ville de Tripoli qui l’a suffisamment inspirée pour terminer ce tableau :
Revolution 2011: Order and Disorder
(41.5″x46″, 105cmx117cm).

Les carrés extérieurs –en haut et à droite– représentent l’ordre et l’harmonie, le but à atteindre, alors que le panneau central montre la désintégration dans le désordre, les bordures noires montrant la rupture et la possibilité du chaos. Les coulées orange, fuchsia, rouges et pourpre (si patiemment et finement appliquées à la main) montrent les méandres, le labyrinthe des situations imbriquées et peut-être le sang qui coule, alors que les tissus bleus et verts, volontairement effrangés et aux formes indéfinies, suggèrent l’incertitude  de la stabilité d’une société. Les maîtres-mots de cette oeuvre sont ordre et désordre, discipline et chaos, le Bien et le Mal, inspiration directe des soubresauts, des guerres, des révolutions, et l’aspiration à la paix et la victoire des libérateurs.

Cela fait du bien de voir une si forte interprétation artistique, surtout si elle est au-delà de notre confort personnel. La capacité d’expression de Nadia me touche, je souhaitais donc la partager avec vous.

Nadia, je t’en prie, n’hésite pas à compléter !

Orange et turquoise, duo de choc !

Savez-vous comment se prévoient des modes ? Il existe des scruteurs professionnels des futures tendances,  à l’affût de ce qui va plaire au public, et ils vendent leurs déductions et intuitions très cher ! Pour la mode féminine, l’avenir du prêt-à-porter se lit dans les quartiers branchés de New-York, Paris, Milan. Une Bretonne d’adoption, Nelly Rodi, a monté une des agences les plus influentes et pointues dans ce domaine. Et pourquoi, par exemple, fleurissent des cuisines rouges, des robots ménagers rouges avec un indéniable succès ? L’agence Nelly Rodi l’avait senti, l’avait conseillé, a été écouté par les industriels… Nelly Rodi, par son sens de l’observation aiguisé, s’est imprégnée des années durant de l’essence même de la Bretagne , mélange de racines celtes et d’avancées picturales des Nabis et autres peintres régionaux, puis a initié le style breton moderne actuel, si présent dans la région car enraciné dans la tradition. A présent, son influence est internationale.

Parfois, il semble que tout, autour de vous, veuille vous guider vers une nouvelle voie. Scruteuse passive, une nouvelle harmonie s’impose à moi de façon insistante, deux couleurs que je ne choisis d’habitude jamais : vais-je succomber ? C’est un duo de choc : turquoise et orange !

Ma copine peintre du Pays de Galles (je me vante, je ne la connais que via internet, mais je l’aime :-)) a montré le chemin en préparant sa nouvelle exposition, des tableaux avec toujours un oiseau de sa campagne galloise. Admirez ce martin-pêcheur : c’est un oiseau bien de chez nous déguisé en perroquet d’Amazonie !

Valériane Leblond explore une nouvelle voie pour sa future exposition, sa palette est pleine de couleurs chaudes ! Si vous souhaitez mieux la connaître, vous avez tous les liens dans un précédent post ici.

Autre genre de peinture, je dois repeindre quelques pièces de ma maison –bientôt moins d’articles ici pour cause de chantier…–  et voilà que je tombe sur un blog entièrement consacré aux intérieurs… turquoise.

Je remarque comme il est difficile de nommer les couleurs parfois ; voici deux photos tirées de la catégorie turquoise-orange, l’une est vive et dense, l’autre bien plus douce.

Pourquoi ces deux couleurs ensemble ? Dans la théorie de la roue des couleurs, cela se justifie pleinement puisqu’elles sont complémentaires (à l’opposé), d’où le choc ! Comme on le voit sur les deux photos, on peut jouer sur l’intensité des couleurs en ajoutant du blanc (vers du plus pastel), du noir ou du gris (pour des couleurs moins vives)… Tout un jeu de couleurs qu’on retrouve en patchwork !

Dans l’art japonais, on retrouve souvent l’association indigo/rouge, souvent plutôt tirant vers l’orange, en complémentarité parfaite ; le turquoise n’est en général pas très présent, l’indigo clair étant plus froid, mais on en trouve des touches dans les tissus anciens quand même ! Pour le plaisir, je ne résiste pas à vous montrer de nouveau un quilt de Marie Claude dans cette harmonie :

Les Etoiles immobiles, en tissus japonais (photos tirées de son blog, la Chambre des Couleurs)

Afin de me donner des idées pour mon intérieur, j’ai aussi cherché  l’inspiration dans des aquarelles du côté de chez Carl Larsson (1853-1919), avec ce style scandinave campagnard simple et intemporel. Bingo : L’harmonie turquoise – brique est bien là, adoucie par la douce lumière du Nord.

Quelques aquarelles de Carl Larsson et une photo de la salle à manger, dans sa maison devenue musée à Sundborn. Toujours l’opposition d’un bleu ou vert ou bleu-vert associé à un rouge ou orange ou corail.

Pourquoi cette envie de couleurs soudain dans mon intérieur ? J’aimais pourtant la sobriété des murs blancs et des meubles en bois foncé, juste égayé par les tableaux de ma fille et mes propres quilts… généralement plutôt sobres. La crise des 50 ans ? Si je finis par succomber aux couleurs partout, je vous le dirai !!

Cerise sur le gâteau, récemment Nathalie (PatchNath) nous faisait gentiment remarquer que c’est elle qui a inspiré la bordure du « Bouquet d’antan » de Madeleine (nous n’avions gardé aucune trace à l’époque, je n’imaginais pas ouvrir un blog)… et le sien est magnifique, devinez dans quelles couleurs :

Regardez ce bijou ! Carl Larsson aurait bien pu le dessiner ! Nathalie, tu as choisi une superbe harmonie pour ce bouquet, avec l’ajout de cette bordure magnifique, c’est « normal » que tu sois copiée 😉 Je te remercie de l’avoir bien pris et te souhaite toujours autant de belles inspirations !

A vrai dire, j’ai déjà utilisé un peu de turquoise dans un panneau issu d’un hors-série consacré au log cabin (ed. de Saxe), c’était déjà au siècle dernier, je l’aime toujours bien, mais si je le refaisais je changerais le fond :

Racontez-moi, avez-vous des envies de nouvelles couleurs ?

Les lisières, inspiration sans frontière

Si vous avez la fibre de la récup’, vous gardez sans doute tous les petits morceaux de tissus restant après la découpe, peut-être classés par couleur, style, taille… Non, je n’ai pas de système infaillible à vous proposer… Mais gardez-vous les bords des tissus, ces lisières doublement tissées et donc plus épaisses, dont un côté est imprimé avec les références et le nuancier ? Combien de fois ai-je dit : « La lisière, on la jette, on ne peut vraiment rien en faire »… Mea culpa, je ne connaissais pas encore Karen Griska ! Cette dame a popularisé l’utilisation des lisières en tant que tissus à part entière, à la manière des String Quilts (quilts de bandes). Quand son livre est paru en 2008, l’idée me semblait farfelue et la couverture ne m’inspirait pas trop mais je l’ai quand même commandé « pour savoir », car je suis une insatiable curieuse dans le domaine du patchwork. Attention, dépêchez-vous de l’acheter si ce livre vous intéresse, il est bientôt épuisé !

On ne peut certainement pas dire qu’elle est la première à utiliser les lisières (voir l’article précédent !) mais c’est elle qui a donné l’impulsion décisive dans le monde entier pour faire éclore des centaines d’ouvrages à base de lisières. Mon préféré du livre est celui-ci :

Et voici quelques autres idées, toutes (je crois*) prises à partir du blog enthousiasmant de Karen Griska cliquez pour mieux les voir :

N’est-ce pas incroyablement artistique ?

Nadia Stumpf est une de celles à avoir fait un des plus beaux panneaux en lisières que je connaisse. Admirez les dégradés, la disposition, la retenue dans les tons choisis… Une vraie recherche personnelle. Je ne la connais que par son blog « Patchworkrama » et les modèles qu’elle crée, mais il est évident qu’elle est le top du top des profs de patchwork en France !

Quant à moi, bien plus modestement, j’ai demandé aux Abeilles de ne plus jeter les lisières -un bon début- et « un jour » nous ferons quelque chose avec ! J’en ai maintenant un carton plein, il faudrait vraiment qu’on s’y mette cette année…

Est-ce compliqué de travailler avec ces lisières ? A vrai dire, on peut dire que c’est plus facile qu’avec du tissu coupé, car vous avez un bord fini qui, jamais, ne s’effilochera. Le principe préconisé dans le livre est d’avoir un tissu de base en coton de la taille de la pièce et de coudre dessus, lisière après lisière, afin de couvrir complètement cette base. Variantes : on peut utiliser du non-tissé, du papier (à retirer ensuite) ou… rien du tout, avec juste une règle ou un gabarit pour contrôler la taille de la pièce. L’avantage de la lisière est qu’on n’a pas besoin de la mettre endroit contre endroit pour la coudre, il suffit de la coudre directement en place. La couture sera visible et participera à l’aspect singulier d’un quilt en lisières.

Exemple d’assemblage vite fait : à gauche, trois lisières assemblées à l’aide de deux coutures (fil blanc sur le bord de la lisière) ; à droite, lisières assemblées vues de dos, vous pouvez voir le fil de la cannette en rouge. Selon le modèle, on voudra laisser apparaître plus ou moins de tissu imprimé, il n’y a pas de règle stricte !

Il faut savoir que ce quilt sera plutôt lourd, prenez-le en compte quand vous choisirez votre modèle. En ce qui concerne le quilting, il dépendra comme d’habitude du modèle. En général, je vois plutôt des quiltings à la machine, regardez comme cela peut être joli :

Certaines cependant réussissent à quilter à la main  :

Ce que vous pouvez retenir, c’est que presque n’importe quel bloc peut être transformé par des lisières ! Pour finir de vous convaincre, voici mon unique petit ouvrage en lisières, une trousse de forme basique qui m’est fort utile et me rappelle quotidiennement que c’était très drôle de choisir et coudre ces petites bandes !

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*Je collecte depuis des années dans mon ordi des photos de quilts en lisières, la majorité des photos proviennent du blog de Karen Griska (à qui j’ai écrit pour signaler mon « pillage » bienveillant). Surtout n’hésitez pas à vous manifester si vous reconnaissez ici une de vos oeuvres. Le copyright est une affaire délicate quand on fait un blog à vocation informative et pédagogique comme celui-ci. A chaque fois j’en informe les intéressées… que je peux contacter, mais je sais que je risque de faire des impairs du point de vue de certaines quilteuses, je m’en excuse par avance.

D’autre part,  enrichissez cet article en signalant vos propres ouvrages en lisières ! La rubrique des commentaires est faite pour cela.

Merci de prendre le temps de me lire,

Katell, quilteuse forever

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Références :

Nadia Stumpf : http://patchworkrama.canalblog.com : son blog
http://patchworkrama2.canalblog.com : sa vitrine (vente de modèles, dates de stages)

Karen Griska : http://selvageblog.blogspot.com/ : son blog

A découvrir également l’initiative formidable de Karen, un musée et une galerie de quilts : nous pouvons toutes y participer ! http://onlinequiltmuseum.com/

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Inspiration – Création

Nous savons toutes que le patchwork est une activité extrêmement ancienne. Sans développer sur les peaux de bêtes assemblées durant la préhistoire, je ne peux résister à l’envie de vous montrer de troublantes momies de chats, celles-ci sont visibles au British Museum de Londres (à gauche) et au Louvre (à droite) :

Tressage de bandelettes de lin dont le motif nous rappelle quelque chose…

Restons donc modestes ! Si les historiennes datent le bloc du « Log Cabin » de la fin du XIXe siècle, c’est bien l’apparition de ce nom associé à ce modèle, et non son invention. Dans le cas de ces momies, le travail s’apparente plutôt à du meshwork ou tissage de bandes de tissus (au lieu de coutures).

Au tout début des années 2000, j’ai eu l’idée un jour (ou plutôt une nuit) de couper et coudre à la chaine des bandes de 4 cm, de toutes couleurs et tous styles, et de les agencer autour d’un gros carré central rouge fleuri ton sur ton de 12 cm, à la manière d’un bloc de log cabin, et de terminer ce carré par une bordure de 8 cm même tissu rouge . Multicolore à dominante chaude, ce premier grand log cabin avait le chatoiement des tapis d’Orient, j’étais très fière de mon invention ! Je l’ai montré, expliqué maintes fois autour de moi comment s’organiser, comment limiter la courbure que le carré a tendance à prendre, j’en ai fait 3 autres… Et entretemps ont fleuri dans plusieurs magazines des quilts très similaires ! J’étais plutôt fière d’avoir eu la même idée que des stylistes éditées… Et puis un jour, Quiltmania présente… une antiquité du XIXe siècle au modèle identique ! Quand je crois inventer une petite astuce ou un modèle, je me souviens toujours de l’histoire du grand log cabin. Combien de blocs ont-ils été inventés, oubliés, réinventés ?… On sait que souvent, petites et grandes découvertes ou inventions fleurissent en même temps dans le monde, d’où quelques querelles de paternité autour de brevets… Sans compter les cas d’espionnage ou de triche, ces coïncidences sont troublantes, et même étudiées en psychiatrie sous le terme de syncronicité !

A gauche, la magnifique antiquité de 1880 dans un hors-série Quiltmania. A droite, pour couvrir un fauteuil fatigué, mon 3e « grand log cabin », cousu avec des bandes plus larges (6 cm coupées) et une gamme restreinte de couleurs. Il fut fait à toute vitesse, quelques jours avant le déménagement de ma fille ; c’est celui que j’aime le moins, pas assez scrappy, bandes pas assez fines…. Le n° 1 est chez mon autre fille, le n° 2 (à dominante turquoise-marine-jaune) est chez mes parents en Bretagne. Le n° 4 ?  En couleurs plus claires, en attente de quilting…

La géométrie des blocs traditionnels n’empêche pas du tout l’expression de nos sentiments. Un des 2 premiers blocs que je fais connaître aux débutantes est, avec la feuille d’érable, la baratte. Au début je ne le trouvais pas forcément beau mais pratique d’un point de vue pédagogique, puis j’ai admiré au fil du temps le potentiel d’un bloc si simple. Si vous voulez être touchée par un quilt de barattes, allez rendre visite chez Marie Claude dans sa Chambre des Couleurs, elle y a exprimé toute sa colère en cousant le top, puis, le temps ayant passé, l’a quilté avec plus de douceur, tout en subtilité :

Vous pouvez voir ici l’histoire de ce quilt ainsi que beaucoup d’autres photos. Preuve, s’il fallait encore le démontrer, que l’on peut toujours faire des créations avec du traditionnel !

Amusez-vous donc, osez changer les modèles, les harmonies, écoutez votre coeur ! La satisfaction est immense.