Vingt ans déjà que je lis Quiltmania… Le groupe des créatrices du départ a bien grandi, l’entreprise s’est diversifiée, mais Carol Veillon continue de mener avec brio cette réussite française.
Le Salon Pour l’Amour du Fil 2017 sera aux couleurs de l’éclatante joie d’avoir 20 ans ! Nous sommes mises à contribution pour adresser des blocs de cœurs à Quiltmania : ils seront exposés en guirlandes le temps du Salon de Nantes, puis assemblés, quiltés et enfin offerts à des associations caritatives dédiées aux enfants.
Vous trouverez tous les renseignements complémentaires sur le site Quiltmania par ici. Notez bien les dates limites d’inscription puis d’envoi … et bonne(s) création(s) !
Gee’s Bend est un hameau en Alabama, une terre encerclée par un méandre de l’Alabama River.
En France, Gee’s Bend ne nous dit pas grand chose, mais c’est pour les quilteuses américaines le symbole de la découverte d’une autre manière d’aborder le patchwork, un pas décisif vers la liberté de faire ce qu’on ressent et non ce qu’on doit faire ! C’est la découverte des quilts de Gee’s Bend qui a donné l’impulsion de l’improvisation, chère à beaucoup d’artistes contemporaines. On peut dire que les quilts improvisés sont du jazz en tissus !
Ce territoire fut la propriété de la famille Gee au début du XIXe siècle, qui s’y installa et fonda une plantation de coton avec des esclaves. A la fin de la guerre de Sécession, les esclaves étaient libres, mais où auraient-ils eu envie d’aller ? La plupart restèrent comme métayers sur place. Ils vivaient en quasi-autarcie, parlaient un dialecte fait de mots africains et anglais et étaient profondément chrétiens, mais avec aussi beaucoup de réminiscences des croyances de leur continent d’origine. Ils restaient tellement isolés dans leur boucle de rivière que les autres Noirs les appelaient les Africains !
L’histoire de la plantation fit que les descendants d’esclaves purent devenir des locataires « pour rien » au tournant du XXe siècle, le nouveau propriétaire étant absent. Mais même isolés, ils subirent de plein fouet les effets de la grande dépression des années 1930. Beaucoup moururent de faim. La Croix Rouge découvrit leur village et les sauva. Roosevelt força le propriétaire absent à s’occuper des gens vivant sur sa terre. Avec l’aide de lois pour le fermage, des familles purent acheter la terre dont leurs ancêtres étaient esclaves. Le cauchemar est devenu un rêve !
Martin Luther King leur rendit visite au cours de sa campagne pour le respect des droits civiques, après les marches de Selma à Montgomery en 1965. Lui et Reverend Walters engagèrent les femmes à faire un « Freedom Quilting Bee » comme ailleurs en Alabama : au lieu de ne faire que des quilts pour tenir leur famille au chaud, elle pouvaient aussi faire des quilts pour les vendre, afin de gagner en autonomie. Bloomingdale, le grand magasin, acheta leurs quilts, ce commerce fonctionna un temps puis s’étiola. Cette histoire des années 60 est racontée dans ce livre :
On reparla des quilts de Gee’s Bend dans les années 1990-2000 car un collectionneur (William Arnett) vit des photos de leurs quilts et fut frappé par leurs similitudes avec des œuvres de peintres reconnus du XXe siècle, comme Matisse ou Klee. Il se rendit à Gee’s Bend, acheta des centaines de quilts et monta des expositions. Ces quilts sont bien éloignés de l’orthodoxie américano-européenne et il s’ensuivit une série de discussions académiques et de controverses sur le concept de l’art en regard de l’artisanat de l’Alabama… ainsi que l’opportunisme du collectionneur.
Timbres postaux édités en 2006 avec des quilts de Gee’s Bend en illustration.
Et pourtant, ces quilts secouèrent bien le monde des quilteuses et de la création artistique, c’est un peu partout l’éblouissement devant cet art spontané d’une miraculeuse beauté (Michael Kimmerman, The New-York Times) !
Comment sont ces quilts ? Ils sont… différents ! Bien sûr on reconnaît des blocs connus comme le log cabin, des étoiles, des triangles… Les tissus utilisés sont ceux de notre monde de consommation : blue jeans, tee-shirts, textiles synthétiques… Ce qui frappe, c’est leur audace dans la composition, signe de leur liberté. Les quilteuses apprennent avec leur famille, sans aucune contrainte ni influence qui pourrait normaliser leur création. Une quilteuse de Gee’s Bend à qui ont demande mais pourquoi as-tu fait comme ça ? répondra invariablement I did it my way, je l’ai fait à ma façon, à ma manière... Mais il faut savoir qu’elles ne sont pas les seules à quilter ainsi. Même si ce village est, par son isolement, un concentré de quilts improvisés sans règles, c’est une caractéristique générale des quilts utilitaires, en particulier dans les Etats les plus pauvres (ceux du sud-est des Etats-Unis). Nous pouvons penser à la chère Miss Sue, amie de Betty Smith, qui faisait elle aussi tant de quilts utilitaires…
Voici quelques quilts beaux, modernes et presque sages :
Minder Coleman (née en 1956)Louisiana Bendolf (née en 1960)Annie Bendolf (1900-1981)Magdalene Wilson (1898-2001)Sally Bennett Jones (née en 1966)MertlenePerkins (1917 – 2015)
Vous trouverez encore des dizaines d’inspirations et de petits chefs d’oeuvre, avec la biographie des quilteuses, sur ce site : Souls Grown Deep. Ce qui me réjouit, c’est de voir que ces quilteuses vivent très âgées, malgré la traversée de tant d’épreuves au cours du XXe siècle. Je confirme: quilter, ça conserve, je le vois autour de moi aussi !
Des livres, tous édités dans la décennie 2000-2010, sont maintenant parfois à des prix prohibitifs, d’autres restent raisonnables. Il faut aussi surveiller les offres de livres d’occasion ou se les offrir en numérique. j’ai trouvé ces références sur amazon.com, certains le sont aussi sur amazon.fr.
De William Arnett :
De Mary Lee Bendolf :
De Elyzabeth Wilder :
Il y a aussi de très nombreux livres d’enfants, parmi lesquels celui-ci qui raconte une histoire vraie :
Mais très bonne nouvelle, ce livre sortira le 13 juin prochain :
Voilà Ella, j’espère avoir répondu à ta question 🙂
Il existe des tissus d’étiquettes si vous ne savez pas trop comment faire votre label !
Imaginez tout ce que vous pouvez faire avec ces étiquettes pré-imprimées !
Ce tissu vient de nous être envoyé par notre amie Abeille de Dubaï, Brigitte qui nous manque tant ! De loin elle pense à nous, nous allons nous partager ce métrage d’étiquettes et nous penserons fort à elle en les utilisant !
Les étiquettes éditées par France Patchwork pour les 30 ans de l’association ont également eu leur franc succès.
Ainsi, nous n’avons plus d’excuses, ne laissons pas nos quilts anonymes !
Grâce à l’article sur La Couleur Pourpre, LeeAnn de Nifty Quilts a eu la merveilleuse intuition de nous mettre en relation, car elle savait que je serais heureuse de connaître un peu plus sur les Pine Cone quilts, ce style de patchwork presque oublié qu’elle avait elle-même remis en lumière avec son Pine Burr quilt – autre appellation de la même technique.
Depuis septembre 2014, nous avons échangé des milliers de lignes de mails, des centaines de photos, des dizaines de confidences, il en résulte quelques articles qui sont parmi mes favoris de mon blog, mais surtout je retiens notre sincère amitié construite au fil des ans.
Pour une fois je t’écris en français et je partage ici ma conversation en public, car le sujet intéresse toutes les quilteuses ! Tu m’as demandé un jour: Crois-tu que je doive faire des étiquettes à mes quilts ?
C’est ton Pine Cone Quilt #2, fait de couleurs pastel pimentées de jaune vif et de marine. Il faut lui mettre une étiquette à son dos !
La réponse, tu le devines est : oui, absolument ! Oui, d’autant plus que tes ouvrages seraient des énigmes pour les historien(ne)s du futur : * ces quilts sont typiques du début et milieu du XXe siècle… et tes tissus sont du XXIe, * tu fais des quilts qui se faisaient surtout dans un milieu défavorisé… mais tu utilises de beaux tissus, * ces quilts se faisaient surtout dans les Etats de Georgie, de Caroline du Nord et du Sud, d’Alabama… et tu es en Floride centrale.
Alors, un peu de pitié pour elles, aide les générations futures avec un beau label !
Je considérais les finitions d’un quilt comme une corvée : la bande de finition, le manchon d’accrochage, l’étiquette. Avec l’âge, j’ai plus de patience pour ça car j’en connais l’utilité et j’aime bien faire ces dernières finitions en pensant au prochain quilt ! La corvée est devenue plaisir…
Mes étiquettes restent assez rustiques, étant gauchère mon écriture n’est pas belle et on le retrouve dans l’écriture brodée. Je sais, je pourrais faire mieux quand même !!!
Ce sont mes amies qui m’ont entraînée à faire ce que je recommandais aux autres… mais ne faisais pas forcément : broder de belles étiquettes. D’abord, Maïté, puis Kristine… mais nous y sommes toutes mises ! Mes amies Abeilles sont toutes sensibilisées à l’esthétique d’un dos de quilt et elles font des merveilles ! En général, nous écrivons les renseignements habituels, parfois un petit mot pour le destinataire.
Voici quelques étiquettes de l’exposition Fibre Occitane :
Ce sont tous des ouvrages collectifs de différents clubs de Haute-Garonne où seuls les prénoms sont écrits. Mais la plus belle étiquette que je connaisse est bien celle de Christophe, que j’avais montrée ici ! Comme je ne sais pas gommer les zones de noms de famille, je ne mets pas beaucoup d’exemples. Une autre fois sans doute, avec l’aide informatique de quelqu’un !
En ce qui te concerne Betty, je te suggère de mettre sur chaque label le nom de la technique (Pine Cone Quilt), son ordre dans ta production (#1, #2…), le titre que tu peux trouver pour ce quilt, la date et le lieu de sa création et bien évidemment ton nom. Certaines personnes ajoutent une poche pour y glisser des pages de renseignements, cela pourrait se justifier pour toi, surtout si tu destines tes quilts à des musées ultérieurement.
Et bien sûr, il faudrait faire de même pour les quilts de Miss Sue qui t’appartiennent. La plupart des quilts utilitaires sont anonymes, quel dommage… Souvent on ne recueille de renseignements que lorsqu’on trouve les quilts dans la famille de celle qui le fit. Le meilleur livre sur ces quilts utilitaires du XXe Siècle que je connais est celui de Roderick Kiracofe. Je n’ai pas ceux qui sont uniquement consacrés aux quilts de Gee’s Bend, ils sont sans doute également instructifs.
Alors Betty, j’espère que tu es convaincue de l’utilité de faire des labels pour tes quilts ! Ils peuvent bien sûr être écrits au feutre permanent. Mais si tu te laisses tenter par la fantaisie et la broderie, tu t’amuseras sans doute bien plus !
Bonne et heureuse année 2017 ! Offrons-nous une saison toute douillette Nichée au coin du feu sous la couette Nouvellement réalisée par nos doigts d’experte, Et poursuivons l’an, allongée dans les pâquerettes.
Aux meilleurs jours d’été, en sandalettes, Nous profiterons de la plage sur une belle serviette. Nous apprécierons ensuite des champignons en omelette, Et reprendrons nos ouvrages, à l’aide de nos cousettes, Espérant finir l’année sous les strass et les paillettes.
Bref tous mes meilleurs voeux!
Vous avez ci-dessus les voeux inspirés de notre chère Lolo27, ex-déléguée France Patchwork de l’Eure. Mais oui, il y a une vie après la délégation !! Pour cette année 2017 aux riches rimes en -ette, Laurence vous propose un défi à suivre sur le blog des News. C’est ludique, c’est hexagonal, c’est hebdomadaire… Il n’est pas trop tard pour vous inscrire et vous joindre à la belle équipe déjà constituée d’une quarantaine de personnes ! Vous pouvez cliquer sur ce lien pour lire les articles déjà parus à ce sujet.
En Occitanie comme ailleurs, les vernissages sont l’occasion de réunir Élus, professionnels, amis et artistes autour d’œuvres exposées temporairement. Au cours des discours ou des discussions nous faisons le point sur l’évolution de l’art concerné. Je me souviendrai toujours d’un Élu qui, lors de son discours sur une exposition de patchwork, nous sortit tout-de-go : J’aime tout dans votre art, tout sauf… son nom imprononçable ! Et de nous sortir des équivalents occitans : petas, petassou, petaçon, ce petit morceau de tissu qui sert à rapiécer, ravauder, rapetasser… En français comme en occitan, nous avons du vocabulaire, alors pourquoi ce mot barbare ?
Patchwork… le grand fautif ! C’est maintenant un mot connu en français, mais chez les non-initiés, il fait penser inévitablement à une couverture rapiécée sans grande valeur, faite par une grand-mère d’un temps révolu. C’est tout de même bien loin de nos beaux ouvrages, classiques ou modernes !
Une très simple couverture en patchwork tient au chaud ce petit garçon malade. Illustration dans le conte Michka (écrit par Marie Colmont, Album du Père Castor). Moi j’aime ces quilts tout simples…
Paradoxalement, c’est nous les Françaises qui l’utilisons le plus, ce mot incriminé ! Le patchwork n’est que l’assemblage de pièces de tissus et nous l’utilisons souvent abusivement pour désigner l’ouvrage fini.
Insolite, à l’Ecole d’Art de Blois : un mur est couvert de mots ! Ce sont des plaques émaillées de l’artiste Ben (Ben Vautier), patchwork inattendu de petites phrases simples sur l’art, la vie, l’ego… 300 raisons de réfléchir ou de sourire !
Le succès de ce mot tient peut-être dans l’importance de Sophie Campbell en France. C’est elle qui a fait connaître ici, plus tôt que dans d’autres pays européens, l’Art du patchwork ainsi dénommé. Ce mot claquant a été le sésame pour cette activité qui se transforme si vite en passion !
Le titre de ce livre est clair : il traite de l’appliqué et non du patchwork !
Les titres des premières « bibles » des Françaises quilteuses sont sans doute l’explication du succès du mot patchwork. Ils expliquent comment faire des blocs en patchwork, alors on disait fièrement qu’on faisait du patchwork, puis qu’on avait terminé son patchwork, désignant l’ouvrage matelassé et terminé. Nous aurions dû parler de quilt, ou un autre mot local pour désigner l’ouvrage fini. Depuis, au petit bonheur la chance nous utilisons souvent un mot pour un autre, nous les prononçons comme on peut, mais finalement ce n’est pas bien grave !
Sophie Campbell aurait été québécoise, gageons que nous aurions toutes fait des courtepointes en France… Le vocabulaire est fait par l’Histoire !
A lire par exemple, un article dans le nouveau Quiltmania (117) qui insiste surtout sur le fait qu’il ne faut pas appeler quilt un ouvrage fait de 2 épaisseurs seulement (les coverlets par exemple, les dessus-de-lit sans molleton) ni ceux qui sont noués (car non quiltés au point avant). C’est la différence entre matelassage et quilting : le mot français inclut l’assemblage avec les nouettes qui s’apparente au capitonnage et aussi le boutis !
Mais que dire à la place ? Autant chercher des mots français… Quand je me présente à une personne inconnue à qui je parle de ma passion, j’évoque l’art textile tout d’abord, terme générique des ouvrages de tissu, de fil et d’aiguille puis j’affine, si l’interlocuteur est intéressé, en parlant de quilts, de patchwork, de plaids et de tableaux muraux, de couleurs et de géométrie, d’histoire sociale des femmes et d’émigration, de rencontres et d’amitié… Tout ce qui fait que notre activité est bien plus que de l’assemblage de tissus ! Et pourtant je ne fais presque jamais du mix-media… qui s’approprie trop souvent le mot art textile en France !
Quels sont vos ressentis, entre mots français et anglais ?… Aimeriez-vous un effort national pour mettre de l’ordre dans notre vocabulaire, ou bien est-ce un sujet qui vous indiffère ?…
Vous n’avez certainement pas oublié Miss Sue, cette femme qui jusqu’à son décès à 98 ans quiltait des quilts traditionnels au fin fond de la Géorgie puis de la Floride, et qui enseigna cette ancienne technique à Betty Smith, spécialiste des arts afro-américains. Si vous lisez ce blog depuis peu, ou si vous avez envie de vous remémorer ces longs moments passés avec ces deux femmes extraordinaires, voici par ordre chronologique les articles qui leur ont été consacrés :
Depuis ces articles, Betty garde en elle l’impérieuse nécessité de faire connaître aux jeunes générations la fabrication de tels quilts, les Pine Cone quilts (ou Pine Burr quilts, ou encore Cuckleburr quilts). Un autre jour, je vous raconterai en détails son actualité, mais sachez qu’elle expose et donne des cours. Aujourd’hui, je vous raconte l’idée qui a cheminé dans son esprit cet automne.
Betty a appris que la First Lady, Michelle Obama, admirait grandement Alma Thomas (1891-1978), une femme peintre originaire, comme Miss Sue, de Georgie. Née en 1891, cette artiste n’eut de succès qu’à partir de ses 80 ans ! Elle a fait d’abord carrière comme professeur d’art en université, mais ce n’est qu’à la retraite qu’elle s’est mise à être exposée et reconnue. Son style est l’expressionnisme abstrait, issu en quelque sorte du pointillisme de Seurat ou Signac. Ce fut la première artiste noire à avoir une exposition en solo au Musée Whitney de New-York en 1971, précisément au même endroit et la même année que la grande expo de quilts qui a relancé la fierté américaine pour leur patrimoine textile !
Autumn Leaves fluttering in the Breeze
Starry Night with Astronaut
Grassy melodic Chant
Moving Heaven & Earth
Dancing with Spring Flowers
Dans une des salles à manger de la Maison Blanche est accroché un de ses tableaux, choisi par Michelle O. elle-même. Betty en a été émue, elle qui admire aussi cette artiste. De plus, vous voyez le Dancing with Spring Flowers, ne trouvez-vous pas une ressemblance avec un Pine Cone quilt ?
Betty a donc décidé de témoigner son admiration à la fois à l’artiste et à Michelle Obama, cousant point par point en pensant à ces deux femmes…
Quilt dans l’esprit d’une peinture pointilliste d’Alma Thomas, fait par Betty Smith.
Le dos montre les points d’ancrage des triangles, dans la pure tradition afro-américaine.
Betty chez elle, montant le sampler créé pour Michelle Obama (novembre 2016)
Et le quilt fut expédié à la Maison Blanche pour Thanksgiving.
Une très belle lettre accompagne ce sampler de quilt traditionnel géorgien. Betty m’en a envoyé une copie, elle raconte avec talent les liens entre Miss Sue et elle, et la connexion avec les peintures d’Alma Thomas.
Betty a agi, n’écoutant que son cœur, ressentant beaucoup d’émotions en pensant à la fin de la présidence Obama. Il y a deux jours, un courrier a agi comme un immense rayon de soleil dans sa vie : la réponse des Obama ! C’est bien sûr une réponse standard, mais signée du couple présidentiel :
Quoi de mieux que de vivre ses rêves ? Betty continue de vouloir faire connaître et reconnaître ces quilts. Par la magie d’internet, cette forme de patchwork émerge chez certaines artistes modernes… Bien sûr je prépare un article à ce sujet !
Michelle Obama fait ce vendredi 6 janvier un discours remarqué, mettant en valeur le personnel qui s’occupe de la jeunesse. C’est son credo : l’éducation des jeunes pour un monde meilleur. Cela tombe bien : Betty y a consacré sa vie professionnelle étant d’abord professeur d’art, puis spécialiste en éducation pour enfant en besoins spéciaux et finissant sa carrière comme Principale de lycée et administratrice de district. Encore un point commun entre ces femmes remarquables !
En 1789, le comité Sieyes-Thouret découpa la France en 81 départements de 18 lieues de large (72 km, distance de voyage raisonnable en une journée). L’amusant bloc rouge & blanc montre les sous-divisions de 9 districts, chacun redivisé en 9 cantons.
Habillée de la couleur de l’année, elle nous parle cette France, à nous quilteuses ! C’était, en 1789, le premier projet de découpage de la France en départements, pour remplacer l’invraisemblable fouillis de provinces, pays, diocèses aux privilèges ou devoirs variés et contradictoires qui ressemblait, lui, à un crazy quilt ! Ce nouveau morcellement à égales parties signait le début de la centralisation et la modernisation du pouvoir.
Même travail, cette fois-ci appliqué sur une toile de jute. Vu ici !
La jeune Nation étasunienne avait montré le chemin du partage des terres à angle droit. C’était le modèle pour une nouvelle France. Depuis les USA ont grandi et les frontières actuelles des Etats américains suivent encore à plus de 80 % les parallèles et méridiens.
En 6 mois, l’immense réforme territoriale française fut rondement menée. Finalement cette clarté orthogonale se muera en 83 patates qui tiennent compte de la réalité géographique (en particulier hydrographique) et des frontières des anciennes provinces : le patchwork est plus compliqué à reproduire que le damier initial !
L’année de mes 5 ans (presque 6), le Père Noël m’avait offert un puzzle en bois très similaire à celui-ci. C’est par lui que j’ai su que le Père Noël n’existait pas, je l’avais vu dans le placard de mes parents… J’ai adoré ce puzzle, à la fois parce qu’il était amusant et parce qu’il symbolisait mon entrée dans le monde des grands « qui savaient » !
Que nous sommes attachés à nos départements ! Comme beaucoup, l’apprentissage des départements par numéro écourtait mes voyages en voiture. Leurs noms sont aussi des bribes de notre histoire personnelle, des lieux de visites, de vacances, d’attaches familiales… Pourtant ils ne correspondent sans doute plus aux besoins administratifs de notre pays qui a profondément changé en deux siècles. Surtout, d’une réforme empilée à une autre, on sait ce que ce patchwork est devenu : un millefeuille bien trop onéreux… En regardant l’organisation territoriale modernisée d’autres pays européens, c’est la structure régionale qui devrait plutôt survivre lors d’une grande réforme, alors que dans le cœur des Français les départements restent les préférés. Ce sera un des enjeux des élections 2017. Mais si effectivement les départements disparaissent administrativement, ils vivront encore longtemps culturellement, car ils correspondent à une unité territoriale à taille humaine et une mémoire de notre histoire.
Comme notre pays métropolitain s’inscrit peu ou prou dans un hexagone et que, dans certains clubs, des échanges de tissus vont commencer en ce début d’année pour faire des charm quilts, j’ai sorti de mes archives ce supplément au numéro 45 des Nouvelles (juin 1995) rien que pour sa couverture :
Charm quilt de Michèle Laurent, photo Gregg Campbell
Ce ne serait pas une bonne idée de nouveau découpage politique, mais c’est une création qui peut donner des idées de charm quilt différent !
Et si vous souhaitez baguenauder hors des sentiers battus, découvrir une France hors de notre monde moderne consacré à la consommation et la vitesse, le petit livre Sur les Chemins Noirs de Sylvain Tesson, à la belle écriture nostalgique, vous plaira peut-être !
Terminons avec des vues d’avion, d’ici ou d’ailleurs, qui sont de belles invitations au voyage… et au patchwork !
Linda Gass
Art quilt d’Alicia Merrett
Un quilt qui me fascine toujours, signé Sheila Frampton Cooper
En raison d’un énorme couac de la part d’ExpoNantes, le Salon Pour l’Amour du fil se voit contraint d’effectuer un glissement des horaires d’ouverture. Si vous prévoyiez d’y aller, comme moi, toute la journée du mercredi 19 avril, c’est raté.
Pour les dates, il faut lire du 19 avril en soirée au 23 (le dimanche)
Une amie exposante me l’avait dit, j’ai vérifié lundi auprès de Quiltmania… Les exposants ne pourront s’installer que dans la journée du mercredi et le Salon ouvrira seulement à 18 heures pour une nocturne. En revanche, le Salon ouvrira aussi le dimanche au lieu de se terminer le samedi. Autre changement, la nocturne du vendredi n’existera pas (puisqu’il aura celle du mercredi).
En vous donnant cette information, je pense surtout à toutes les personnes en train de finaliser les voyages en commun, réserver les hôtels, les cars ou trains… Ne prévoyez donc pas de vous rendre au Salon dès mercredi matin !
Je ne sais pas vous, mais il me tardait qu’elle finisse, cette année 2016, annus horribilis dans les cœurs et dans le monde. C’est avec beaucoup d’espoir que je vous souhaite donc une meilleure année 2017 !
La société Pantone travaille sur un produit bien particulier, la couleur. C’était au XIXe siècle une petite entreprise faisant des cosmétiques (déjà dans la couleur !) puis Lawrence Herbert inventa la première normalisation des teintes en 1963, permettant des progrès dans l’imprimerie tout d’abord, puis dans maints domaines de fabrication. Nous connaissons tous les machines qui « font » les peintures à la couleur choisie, c’est une des nombreuses applications du répertoire nuancier normalisé Pantone. Il a ses concurrents (RAL, HKS, NCS, etc.) mais Pantone, l’Américain, reste une référence.
Cette société choisit chaque année une nuance donnant le la pour nombre de collections et d’influences de par le monde. L’année dernière, le choix était tellement décevant (rose & bleu : un retour à la layette sexiste ? lisait-on) qu’il avait été largement critiqué et même boycotté. Pantone était attendu au tournant et a réussi son examen en choisissant pour 2017 :
Ouf, on respire ! Cette couleur est celle de la Nature et reflète les aspirations de protection de l’environnement, d’authenticité, de simplicité. Ce choix a été influencé par l’amplification des mouvements go-green (solutions vertes), ainsi que par le nouvel adage de la styliste Vivienne Westwood : Buy less, choose well, make it last, Achète moins, choisis bien, fais-le durer.
Une peinture Greenery sur le mur pour une ambiance exotique ! Photo Tollens
Quilt La Ruche de l’Amitié, dont l’histoire est par ici et les explications dans Les Nouvelles n° 124.
Un petit bout de quilt du Champ de Violettes que vous trouverez aussi par ici. Les scrap-quilts sont les champions de l’attitude verte : on recycle même les plus petits bouts de tissus !
C’est aussi un appel à laisser de côté les technologies, le temps de se ressourcer. Les inspirations sont bien dans les tableaux Pinterest, mais tellement plus encore dans la contemplation de la Nature !
Kristine ouvre l’année en vert, en exclusivité pour les amis de la Ruche des Quilteuses !
Cette couleur favorise également la concentration, stimule l’esprit…
Alors, POSITIVONS,
l’année 2017 sera verte et belle !