À l’infini ∞

Une joie infinie nous habite dès lors que nous nous retrouvons, nous amies quilteuses. Je ne peux établir aucune hiérarchie entre mes rendez-vous avec vous, ils se sont succédés et partout, les sourires, avec ou sans masque, réchauffaient les cœurs.

J’ai déjà évoqué le week-end enchanteur à Lacaze en juin, la magie de l’exposition des quilts météo au Val d’Argent, tout évoquait un état surnaturel tellement nous avions été privées de rencontres…

J’ai eu la chance ensuite de pouvoir aller à Nantes Pour l’Amour du Fil avec Kristine, où nous avions rendez-vous avec Annie et Cécile :

Nous sommes ici au Coin des Blogueuses. On le voit, le Royaume-Uni était à l’honneur, avec les drapeaux en banderole ! Le blog de Cécile montre toutes les expositions, un enchantement !

Quelques jours après, mon premier stage depuis janvier 2020, dans un endroit idyllique : Arcachon !

Le patchwork créatif et improvisé a enthousiasmé les adhérentes de FP33-47 ! Une belle équipe réunie par Nadine Meyssonnier, l’envie de devenir amie avec chacune d’entre vous, Mesdames… Merci pour ces journées que vous avez ensoleillées tout autant que le cher vieux Soleil !

Il y eut ensuite le Salon des Tendances Créatives de Toulouse, à l’invitation complètement inattendue pour cette année — nous n’avons pris la place de personne, nous avons rempli l’espace ! Pour la première fois, outre un nombre relativement élevé de femmes, plusieurs hommes ont manifesté leur envie de commencer le patchwork… mais de façon créative et indépendante. Attendons quelques années, nous verrons peut-être surgir leurs ouvrages !

Enfin, last but not least (le dernier mais pas le moindre), ces derniers jours ont été intenses avec le Festival de Ménigoute (79), qui réunit chaque année 30 000 passionnés de Nature. Pour la première fois, j’y étais, grâce à un bon concours de circonstances… La bonne étoile des quilteuses ⭐ nous a réunies, c’était le rêve de Marmotte Rousse…

Exposition de Béatrice Bueche, avec Michelle Braun et Marmotte Rousse : quand les Alsaciennes viennent dans le Sud-Ouest, ça fait des couleurs sur les murs et du bruit dans les couloirs !

Tout le monde parlait de cette exposition : mais oui, c’est du tissu !! Nous étions entourées de personnes habituées aux circuits des arts habituels (dits majeurs…) et cet art textile les a enthousiasmées au-delà de ce qu’on peut imaginer. Le stand ne désemplissait pas, beaucoup de personnes venaient et revenaient… surtout des hommes ! Le talent de la solaire Béatrice a touché le cœur du public, rêve réalisé et mission accomplie.

Nous avons eu le temps d’avoir de très belles conversations et de grands éclats de rire toutes quatre. Nous avons aussi parlé de ce qui nous anime, et aucun téléphone ni écran n’aurait pu remplacer ces échanges cœur à cœur et les yeux dans les yeux.

Même si l’éclairage était parfait pour le public, mes photos faites au smartphone ne rendent pas du tout justice à la féerie de chaque tableau de Béatrice Bueche.

Et samedi dernier, c’était notre première JA post-Covid en Charente, à une bonne heure de Ménigoute. Revoir Corine, la déléguée FP16, m’a fait un immense plaisir, nous qui nous croisions depuis des années, juste pour quelques instants ! Enfin, nous avons passé une journée ensemble, même si nous étions chacune bien occupées. Le club de Ligné offre une très belle salle aux murs de pierres claires, une splendide luminosité… et la joie se lisait sur chaque visage. Nous avons tellement vécu dans l’instant présent que nous n’avons même pas songé à faire une photo de nous ensemble…

Samedi dernier, j’ai embarqué les adhérentes FP dans un voyage dans l’espace et le temps, à la rencontre des Amérindiens, les premiers peuples de cet immense continent. J’ai notamment partagé mon admiration pour la peintre canadienne Leah Dorion.

Le symbole de l’infini se trouve souvent sur ses tableaux, tout comme d’autres signes symboliques qui signifient beaucoup pour les Peuples Premiers.

Les liens tissés avec toutes ces personnes rencontrées après les épreuves dues au covid sont l’éclatante preuve que nous sommes des êtres sociaux et que la bienveillance fait un bien fou ! Au contact des autres, nous nous épanouissons de nouveau, telle une plante déshydratée après une pluie salvatrice.

L’infini chez les Métis

La peintre Leah Dorion est Métisse, mais pas exactement dans le sens où vous le comprenez. Les Métis sont un peuple du Canada, ayant une part d’origine autochtone et une autre part française ou écossaise. Oui, des hommes français et écossais, marchands de fourrure, se sont assimilés en se mariant avec des femmes locales dans les années 1700 et leurs descendants forment une culture originale. Ils sont reconnus comme un des 3 peuples autochtones du Canada (les Amérindiens, les Inuits, les Métis).

Le drapeau métis est le plus ancien du Canada. Tantôt sur fond bleu (à l’origine pour les descendants français) tantôt rouge (pour les Ecossais), le signe distinctif est le symbole de l’infini, en blanc. C’est tout d’abord la réunion de deux cultures, européenne et amérindienne, devenues solidaires pour toujours et à jamais, à l’infini. C’est aussi le symbole de l’immortalité de ce peuple et cette culture, qui continue de lutter pour ses droits.

Le drapeau Métis existe depuis 1816, celui du Canada sous cette forme seulement depuis 1965 (oui !!)

A présent, le fond bleu représente officiellement tout le peuple Métis, et le fond rouge la part qui se trouve dans l’Alberta.

Vers l’infini et au-delà

Je viens d’apprendre que cette phrase, To Infinity and beyond, doit sa gloire à Buzz l’Éclair dans Toy Story !

La notion d’infini est à la fois mathématique, métaphysique et poétique. La première fois qu’on y est confronté, c’est quand on apprend à compter : 1, 2, 3… Mais cela ne s’arrête jamais !!

On peut regarder aussi regarder le ciel étoilé pour ressentir une idée de l’infini… ou cet escalier conçu en 1958 par Lionel Penrose (le père de Mr. Penrose de la Passacaglia !) :

On peut monter ou descendre à l’infini, sur un escalier « fini ». Nous sommes trompés par notre perception de la perspective…
Crédit photo Mathieu Nauleau

L’infini, c’est long, surtout vers la fin.

L’actualité nous a appris la semaine dernière que Mark Zuckerberg s’appropriait le symbole mathématique de l’infini comme sigle de son nouveau groupe. C’est signe de l’infinie ambition de ce groupe qui nous prépare un avenir fondé sur les relations virtuelles. J’ai tellement expérimenté la différence avec mes récentes rencontres « en vrai » que cela m’effraie ! Je crains aussi un monde où le wokisme serait roi. Etre woke, c’est être éveillé, en particulier pour le respect des différences, ce que je soutiens évidemment, mais cela devient une propension à régresser intellectuellement et socialement, préférant les segmentations, les divisions systémiques plutôt que l’acceptation de la différence et l’harmonie entre tous… ce qui est ma vision idéale du monde, le hozho des Navajos, ou l’utopie de John Lennon :

Tout le monde connaît cette chanson, vous pouvez lire ici les paroles traduites en français.

La part cachée du Monde

Vers l’infini et au-delà avec Meta, le nouveau nom du groupe Facebook, cela m’inquiète et m’amène à vous conseiller un livre édité dans une petite maison d’édition que j’aime beaucoup : La Mer Salée. Ils sont à Nantes et soutiennent l’idée utopique d’un monde audacieux, humaniste et écologique, en éditant des écrivains qui ne suivent pas les idées majoritaires. J’ai découvert cette maison d’édition avec Siècle Bleu, de Jean-Pierre Goux.

L’utopie est la vérité de demain.
Victor Hugo, Les Misérables (1862)

L’homme est fait pour rêver, c’est-à-dire pour combattre et non subir. Et surtout, l’homme est fait pour la poésie. Or, l’utopie est poétique. Et la poésie aura toujours raison contre le réalisme.
Jean-Christophe Grangé, Miserere (2008)

Soyons les moutons noirs du wokisme !

Quand le réchauffement climatique n’est plus une éventualité mais une réalité, on se demande dans quel monde nous vivrons prochainement. On sait aussi que la diversité de notre monde vivant se réduit de manière alarmante. Je viens de lire plusieurs romans et essais sur le sujet, et celui que je préfère vous présenter est La part cachée du Monde, d’Ève Gabrielle.

Devant mon quilt « Ensemble malgré tout » fait pendant le premier confinement, le livre d’Ève Gabrielle trouve sa place. Tant d’émotions dans ce livre…

Ce livre est partagé en deux, tout comme la France l’est par La Déchirure, une frontière réputée infranchissable, dans cette fiction du futur proche. Nous commençons par vivre avec Sienne et Vincent, sœur et frère, dans le monde du Nord où tout est désespérant. Greenlife – une sorte de Google ou Meta ? – s’est mis à tout diriger, à la suite de l’effondrement du système bancaire et du gouvernement. On étouffe, on gémit dans ce système où on gagne sa vie en ramassant les déchets de plastique de notre époque. Et bien sûr, un bracelet connecté nous surveille… Les habitants subissent la dure loi de la gouvernance numérique. Une vraie dystopie (fiction décrivant un monde utopique sombre).

Mais Sienne et Vincent réussissent à passer La Déchirure, la Frontière, pour aller à la recherche de leur grand-mère qui aurait, dans un livre de botanique en possession de Sienne, caché un moyen de sauver le monde. Ils découvrent en Aveyron un monde résilient, pas parfait, mais qui a surmonté les écueils majeurs du dérèglement climatique grâce au génie humain au service de solutions simples et futées. Ils sont woke, éveillés, mais dans le bon sens !! Un bel espoir dans cette partie utopique optimiste, qui fait la part belle aux relations humaines positives, à la créativité et aux talents de chacun.

La renaissance des arbres offre une pure joie au printemps ! Ils accompagnent ici les miens en textile, offerts à ma sœur Véronique.

A nous de choisir le chemin de notre futur, au Nord ou au Sud de La Déchirure… Là où on plante des arbres génétiquement modifiés, ou bien là où on les soigne et où on communique avec eux…

L’idéogramme chinois signifiant Crise est en deux parties : danger + opportunité

Je ne vous ai pas dévoilé beaucoup plus que ce que nous dit l’éditeur ou la 4e de couverture, tout reste à découvrir au cours de votre lecture. En plein dans la période de la COP26, nous comprenons à quel point des décisions fermes sont à prendre, ce n’est pas une option. Il sera sans doute difficile de renoncer à notre routine confortable, mais l’effort sera moindre si nous réussissons à choisir les meilleures voies de changements et de progrès, axées sur des choix vraiment pertinents, pragmatiques et bien expliqués (le livre Réaliste de Bertrand Piccard, éditions Stock est écrit dans ce but). Pour évoluer dans le bon sens, le monde aura besoin de pédagogie, de réalisme, de progrès maîtrisés, certes. Mais un rapprochement avec les lois simples du vivant, l’utilisation raisonnée des trésors de la nature, sont incontournables. Jamais peut-être l’humanité n’a eu un si grand défi à relever, on peut en ressentir un vertige infini, mais on n’a pas le choix, il faut s’y attaquer avec maîtrise et enthousiasme !

Si nous ne tuons pas la Nature, Elle nous sauvera.

Entre Alerte et Espoir, le livre d’Ève Gabrielle a bien trouvé sa place !

C’est avec ce livre plein d’espoir que je vous quitte momentanément, mais vous ne vous débarrasserez pas de moi, je reviendrai bientôt ! J’ai envie simplement de faire une pause dans l’écriture, pour retrouver la voie de la créativité dans mon atelier.

Avec ma sincère amitié,
Katell 💚💚💚

Qui va gagner le livre d’Alice Kreyder ?

Bonjour !

Comme promis, nous tirons au sort ce matin un commentaire de l’article précédent, pour vous remercier d’avoir suivi le Quiltons Ensemble organisé avec Alexandra Bordallo la styliste et Alice Kreyder, la vraie organisatrice ! Nous recommencerons peut-être l’année prochaine…

Ne laissons pas le suspense insoutenable s’installer plus longtemps… J’utilise https://www.random.org/ :

Et voilà, c’est ce commentaire n° 17 qui a gagné, félicitations !

POIRIER BRIGITTEModifier

Merci pour vos partages toujours instructifs et enthousiastes! J’ai eu la chance de pouvoir admirer les quilts météo à Sainte Marie aux Mines en septembre et de vous apercevoir dans l’église!
Ce quilt, avec ses couleurs chatoyantes, est plein de peps, j’adore!

C’est le livre gagné par Brigitte Poirier

Merci de m’adresser votre adresse postale à quilteuseforever@orange.fr . A noter que je ne l’enverrai que la semaine prochaine.

Car demain matin, je prends la route… Direction les Deux-Sèvres puis la Charente avec l’exposition de Béatrice Bueche, puis la JA à Ligné ! Deux rendez-vous où nous allons célébrer la joie de nous retrouver autour de notre passion…

Bravo encore à Brigitte Poirier ! Avec toute mon amitié,
Katell

Amoureuse de l’art de Leah Dorion, je partage avec vous ce tableau qui célèbre la beauté de la nature et nos liens profonds avec elle…
Avec l’araignée, on pourrait croire que c’est la fête d’Halloween… mais la Femme Araignée est symbole de protection et de sagesse chez les Amérindiens…
Célébrons les Esprits de la Nature avec Leah Dorion ! Il y a un an, je partageais son art avec vous…

Cercles de Femmes

Mis à part quelques rares hommes, tellement talentueux d’ailleurs, ce sont les femmes qui s’expriment dans l’art textile, et comme bien d’autres femmes, après avoir vécu dans un milieu mixte ou à majorité masculine, j’ai découvert le bonheur d’avoir un entourage majoritairement féminin. Évidemment, quelques exceptions perturbent l’ambiance ça et là, mais c’est un problème qui ne tient pas au genre, juste à la nature humaine.

L’entourage des quilteuses m’a tellement apporté ! Les Abeilles, mes amies, bien sûr, et tant d’autres rencontrées dans ma région, en stages, en Journées de l’Amitié… 

J’avais déjà l’amour inconditionnel de mes trois sœurs, un peu plus jeunes que moi mais si proches. Ce capital confiance est inestimable, pour la vie. Mais dans notre société, malgré le féminisme qui prend racine dans le Siècle des Lumières et se concrétise avec les mêmes droits à l’éducation, au travail, au vote (etc.) que les hommes, il a fallu encore et toujours combattre le patriarcat, le sexisme… Les suffragettes, puis d’autres mouvements plus récents comme le MLF, ont fait avancer les mentalités dans notre société – des hommes comme des femmes. Et des hommes ont aussi contribué à ces avancées. Pas tous… malgré leur renommée.

L’homme crée, la femme procrée. JJ Rousseau

Le génie ne peut être que masculin. Proud’hon

Naïvement, je croyais le droit de cuissage, la promotion canapé et autres pratiques de domination masculine quasi obsolètes, mais #metoo ou #balancetonporc ont dénoncé leur douloureuse actualité, tellement fréquente encore. Nous verrons dans les prochaines années si ce mouvement de masse fait que durablement ces scandaleuses pratiques diminuent. Toujours est-il que ces dénonciations sont un élan de solidarité féminine, bien plus vive depuis quelques années, avec l’esprit de sororité (vient du latin soror, sœur ou cousine), ce sentiment de respect, de confiance, de connivence entre femmes, qui est encore autre chose que la pure amitié. Ce n’est pas un mot nouveau :

… Et tu seras protecteur de leur sororité. François Rabelais, le Tiers Livre, 1546

Photo Cercle de Femmes – Montréal (Canada)

Des réunions de femmes existent bien sûr depuis « toujours » : cercles d’amies, cercles littéraires, cercles de quilteuses, mais désormais éclosent des cercles de paroles de femmes pour être femme et vivre femme. Sans rejeter les hommes mais sans en avoir besoin, comme une complétude. Beaucoup se tiennent à la nouvelle ou la pleine Lune, pour célébrer la proximité de la femme avec cet astre. En général, ce n’est pas un endroit de thérapie, mais simplement un lieu où l’on se sent en sécurité pour partager son vécu et apprendre de l’autre. Ces cercles de femmes reprennent des coutumes ancestrales, dans nombre de civilisations traditionnelles, et ce sont les Amérindiennes qui sont mises généralement en avant comme modèle.

 Pendant ces quelques jours considérés comme sacrés, les hommes œuvraient pour que les femmes ne manquent de rien et soient pleinement disponibles pour communier, écouter leurs intuitions, se transmettre du savoir et recevoir les visions qui pouvaient être utiles à l’ensemble de la tribu. Bhakti

J’ai découvert récemment Leah Dorion, artiste Metis (peuple canadien issu d’anciens métissages amérindiens/européens, principalement français) qui illustre avec simplicité et beauté ces cercles de femmes. Elle peint son héritage du Saskatchewan (Canada), célèbre les femmes de son peuple, leur spiritualité dédiée aux forces de la nature ou des scènes de la vie ; que ces petits bijoux vous emplissent de joie, et peut-être vous inspirent une œuvre textile !

Femmes qui dansent, Leah Dorion (2007)

Les petits cercles partagés en quatre, en rouge-jaune-blanc-noir, sont présents dans presque toutes les peintures de Leah Dorion où se trouvent des femmes. C’est la roue de la médecine amérindienne.
Donneuses de Vie, Leah Dorion.

Cueillette d’amélanches, Leah Dorion
Douzième Lune, Leah Dorion
Treizième Lune, Leah Dorion
Souffle de Vie, Leah Dorion
Menant les chevaux, Leah Dorion
Hymne au Tremble (l’arbre), Leah Dorion, 2015

Leah et son chien Lightening (Éclair)

Voici le site de cette artiste : https://www.leahdorion.ca/

Après ce monde de couleurs et de belles sensations, la chute n’en est que plus dure, je suis au regret de vous annoncer que le covid a eu raison du rêve de Pierrette : ni le FIFO, ni donc l’exposition de Béatrice Bueche n’auront lieu cette année (voir l’article de Marmotte Rousse).

Finissons en couleurs et musique en écoutant un entretien avec Leah, lors d’une de ses expositions :

 

La tente des femmes, Leah Dorion 2009