Un Arbre de Vie version recyclage

Les Arbres de Vie figurent depuis bien longtemps dans l’Art ; je vous en avais déjà parlé ici, vous aviez aussi déjà admiré l’Arbre de Vie de Maïté sur cette page. Magnifique témoin du temps passé dont on ne se lasse pas !

Je suis très admirative du travail de ma Bee-Bee Maïté, elle a mûri cet ouvrage dans sa tête des années durant puis soudain, elle a pris confiance en elle et s’est lancée dans ce tableau extraordinaire qui est un jalon important dans sa vie.

-=-

Comme vous l’avez peut-être lu précédemment, je suis très adepte des scrap-quilts, de l’assemblage des bouts de tissus de toutes sortes, en bandes ou confetti, c’est sans doute pour cela que les quilts faits de lisières m’attirent tant. J’ai tout de suite adhéré aux ouvrages de Karen Griska, je vous en avais déjà fait part ici ; de tous ceux que j’ai vus, son Arbre de Vie reste l’un de mes préférés.

Un des modèles-phare du livre* de Karen (120 x 120 cm)

Je viens donc de créer le mien à partir de l’idée formidable de Karen Griska, en vert printemps :

En ce jour venteux et sans soleil, j’ai choisi un écrin divinement parfumé (la sentez-vous ma glycine de Chine ?…) pour vous présenter ma nouvelle fantaisie : My Green Tree of Life.

Quilt au look résolument moderne bien implanté dans le XXIe siècle, qui ne passera sans doute pas aussi bien l’épreuve du temps que celui de Maïté, mais ce fut un grand amusement de le coudre, de choisir des lisières de tissus bleus pour le ciel, d’autres plus colorées pour l’arbre, ajouter quelques vertes et marron au sol… Il mesure 130 x 138 cm, je l’ai quilté à la machine et c’est un drap IKEA, aux pastilles vertes, qui est au dos (ainsi que la bordure de finition). L’oreiller est resté intact, mais la couette est donc partie vers un autre destin…

De près, on a de la lecture !
-=-=-=-

* Livre difficile à trouver maintenant à un prix raisonnable : Quilts from the Selvage Edge, Karen Griska, AQS 2008. Je vous rappelle l’adresse de son blog : http://selvageblog.blogspot.fr/ 

-=-=-=-

Actualisation le 2 mai 2012 : j’ai été invitée à présenter mes quilts en lisières dans le blog String Thing Along, où l’on  montre ses ouvrages aux autres passionnées de quilts en bandes ! Merci Brenda !

-=-=-=-

La Chaussée des Géants

C’est une des merveilles naturelles de notre Terre, sur la côte septentrionale de l’Irlande. Quand on découvre ce lieu pour la première fois, c’est un vrai choc ! Imaginez des rochers noirs sculptés comme des tomettes  de terre cuite hexagonales, mais de toutes hauteurs… C’est du magma refroidi voilà 60 millions d’années qui a donné ce basalte en colonnes hexagonales atteignant parfois 12 mètres ; cette formation géologique existe ailleurs dans le monde, mais c’est ici que les formes sont les plus régulières et nombreuses. L’érosion de la mer a peu à peu gradué la hauteur de ces colonnes, ce qui forme un paysage absolument unique. Evidemment, ce site extraordinaire ne pouvait que provoquer des légendes chez le peuple celtique, vous pouvez faire un tour ici pour découvrir photos et légende…

Pour les quilteuses, les hexagones évoquent irrésistiblement le célébrissime Jardin de Grand-Mère, mais je connais une réalisation bien plus audacieuse… Une des talentueuses quilteuses toulousaines connaît très bien l’Irlande, sa fille y habite depuis des années. Elle aime beaucoup ce site et a chargé son mari d’en faire une interprétation sur papier ; puis elle a cherché les tissus adéquats, a travaillé dur jusqu’à ce que le résultat lui convienne :

Photo Callale

Ce quilt a été fait il y a plus de 10 ans mais conserve sa magie pour toujours ; bravo à Any Vieussens et son mari ! Pour un peu mieux connaître cette artiste, vous pouvez lire sur le blog Le Patchwork sur son 31 le portrait que lui a consacré Martine.

Merci Any pour ta gentillesse !

-=-=-=-

Jolies souricettes, mais qui est la plus belle ?

Cela fait du bien de faire des choses pas très sérieuses, surtout quand la vie n’a pas été tendre les mois précédents. C’est le cas de Maïté qui ne jette rien et sa vieille veste en laine bouillie la narguait depuis un moment. Qu’à cela ne tienne, la voici qui s’offre une renaissance :

Maïté a préparé toute une famille de gentilles souricettes ! Il n’y en a pas deux identiques, mais qui est la plus belle ?…

-=-=-=-

String quilts, anciens et nouveaux

Pour éviter toute confusion, laissez-moi traduire tout de suite ce titre qui peut sembler bizarre en français : nous n’allons parler ici que de quilts réalisés avec des bandes de tissus ! Le mot string veut dire ficelle, chaîne, corde… ou, comme ici, bande étroite.

Ces bandes sont si petites qu’on ne peut rien faire d’autre avec…
(quilt des années 1900, héritée par Wanda Pinter)
mais on note le soin de l’alternance entre les tissus clairs et foncés
pour un résultat harmonieux.

Même si les Log Cabin sont les quilts de bandes les plus connus, les string quilts ont aux Etats-Unis une connotation un peu différente car ils renvoient principalement à la première moitié du XXe siècle, avec des quilts utilitaires, presque de survie.

Quelles sont les principales caractéristiques de ces quilts anciens ?

C’est la nécessité d’utiliser chaque bout de tissu en perdant le moins de temps possible qui conduit à ces string quilts. Ainsi, les plus petites bandes de tissus seront sauvées. C’est aussi l’affranchissement des règles qui concernent les « beaux » quilts, dont les Log Cabin même, lesquels requièrent des bandes de hauteur régulière et de longueurs assorties et des centres bien carrés.

Agencement très populaire : des carrés couverts de bandes de tissus divers sont montés avec des bandes intermédiaires ; ici le montage est raffiné, observez les détails !

Pour ne pas perdre de tissu précieux ni de temps à recouper les tissus, une technique qui existait déjà a prévalu pendant les dures années de récession des années 30, surtout dans le Midwest et jusqu’à l’embouchure du Mississipi : la couture sur papier ou tissu. Non, elles ne s’amusaient pas à dessiner d’extraordinaires tableaux avec des animaux comme on peut l’apprendre avec Margaret Rolfe, mais elles utilisaient du papier journal, ou bien du tissu récupéré, pour avoir une surface à couvrir. Carré, rectangle, losange, tout est bon pour varier les modèles. Et donc, à la machine ou à la main, elles piquaient les bandes de tissus sur la fondation jusqu’à ce que cette dernière soit recouverte.

Pour rendre ce top plus chaud, on prenait parfois des quilts très élimés en guise de molleton. Pas question alors de quilter ceci avec de jolis petits points ; le matelassage se faisait le plus rapidement possible, parfois avec des noeuds  qui maintenaient simplement les couches ensemble.

On a redécouvert ces quilts témoignant de ces temps difficiles ; on sait ausi que des personnes continuent à faire des quilts utilitaires avec aussi peu de moyens, notamment en Alabama. Ils continuent d’inspirer des artistes américaines que j’aime beaucoup, comme LeeAnn de Nifty Quilts, Sujata à Root Connection,  Bonnie Hunter de Quiltville et tant d’autres… J’avais déjà écrit un article à ce sujet dans lequel on voit une époustoufflante étoile sur fond jaune conjointement faite par Victoria et Tonya Ricucci. Vous cherchez d’autres idées ? Rendez aussi visite à un blog de passionnées de string quilts

Superbe quilt  moderne dessiné par Denyse Schmidt

D’autres string quilts à la maquette souvent recherchée et au résultat parfois sophistiqué sont à votre disposition dans de nombreux livres ; allez, lancez-vous ! J’ai envie d’en faire plusieurs, mais le premier est presque fini avec des bandes particulières : des lisières. Oui, je récidive ! Promis, je vous le montre très bientôt.

-=-=-=-

Les Moulins de la Ruche : ils volent au vent !

Vous souvenez-vous de ma proposition d’un modèle à géométrie variable, Les Moulins de la Ruche ?  Il est temps de faire un point sur leur avancement ! Quelques vaillantes quilteuses nous préparent de bien jolis quilts (voir les photos sur Flickr). Il y a en particulier  Lynne, du blog « Bouts Choisis »,  qui vient de présenter ici son top en tissus batik. C’est magnifique !

Pour ma part, j’ai déjà laissé filer la date d’anniversaire de ma soeur à qui il est destiné 😦 mais je vais commencer aujourd’hui son quilting avec ma machine à coudre. Grâce au talent de Nat qui a inventé pour ce modèle un superbe quilting (et avec sa permission bien sûr), je sais comment le faire, mais je manque de pratique, alors on verra bien… Je vous montrerai le résultat ! En attendant, voici le top qui vole au vent :

Il est accroché avec les moyens du bord… Il mesure 1,80 m de côté, donc pas si facile à photographier. Tissus majoritairement d’un Jelly Roll Blackbird Designs de chez Moda, mais aussi des Rouenneries (toujours chez Moda), des repros divers, un provençal et autres fonds de tiroir… Un méli-mélo comme j’aime !

Je me suis inspirée de lettres présentées sur une nappe dans le livre de Jacqueline Morel (Le Petit Monde de Jacqueline Morel, ed. Quiltmania) pour faire les lettres appliquées, à la manière des anciennes broderies des monogrammes.

Et le voici sur une botte de foin, pour vous rappeler opportunément que Béatrice (blog : Une aiguille dans une botte de foin) m’a beaucoup aidée à diffuser cette proposition d’ouvrage. J’espère que ces quelques photos vous donneront envie de continuer vos MDLR (Moulins De La Ruche), ou pourquoi pas les commencer : celles qui ont suivi nos conseils sont ravies de la facilité du bloc !… Et donnez-nous de vos nouvelles, c’est notre récompense ! Vous avez au choix nos blogs ou la galerie Flickr où il y a un groupe rien que pour nous, les quilteuses des MDLR, créé par Béa…

Pour ma part, rendez-vous quand je l’aurai quilté ! Je ne vous cache pas ma petite appréhension de faire un quilting machine pour un si grand ouvrage…

-=-=-=-

Des Amish en Delaware

Le Delaware est le 2e plus petit état des USA et fait partie de la mosaïque historique du Nord-est, c’est la première ex-colonie à avoir ratifié la constitution des Etats-Unis. Ce territoire longe la côte ouest de l’estuaire du fleuve Delaware.
Les plus anciens bâtiments témoignent de l’établissement des Hollandais, puis des Suédois et des Anglais sur cette côte ; les premiers colons aux noms connus par tous les Américains vivèrent sur ce territoire : Peter Minuit, Peter Stuyvesant, William Penn… Dans ce contexte historique, c’est tout  logiquement qu’une communauté Amish vit dans cet Etat limitrophe de la Pennsylvanie, là où se trouve encore le plus grand nombre de fermes Amish.

Photo idyllique de la campagne du Delaware (du blog Amish America)

C’est Bonnie Hunter de Quiltville qui m’a donné envie de vous faire voyager vers cette communauté, elle qui vient de la traverser en fin de journée… Allez voir son reportage ici !

Nous sommes nombreuses à être fascinées par les Amish, avec une vraie attraction/répulsion envers leur mode de vie et leurs croyances, l’envie d’une vie « simple et vraie » mais le refus par exemple, d’une condition féminine si rétrograde… Selon le blog Amish America toujours très bien documenté, la communauté du Delaware se réduit non en raison d’une désaffection des jeunes, mais à cause de la pression immobilière ! Leurs terrains, près de la ville de Dover, sont si convoités que tous les ans de nombreux Amish vendent leur ferme pour s’installer dans une autre communauté, souvent en Virginie ou au Kentucky. Ceux qui restent développent de plus en plus un métier autre que celui de la ferme, comme par exemple celui de menuisier : la demande de beaux meubles traditionnels et fonctionnels est en forte augmentation.

 

Et bien sûr, les femmes cousent de superbes quilts qu’elles vendent aux touristes !

-=-=-=-

Si le monde Amish vous intéresse, je relaie l’information trouvée sur le forum France-Patchwork :

Demain mardi 24 avril sur France 5, deux reportages :
– 20h35 : Révolte chez les Amish
– 21h30 : Quitter les Amish
Simple info relayée, je n’ai aucune idée de la teneur de ces émissions !

Merci de me lire aussi fidèlement,

Katell, Quilteuse Forever

-=-

Site de Jacques et Catherine Légeret, spécialistes francophones des Amish : http://www.quiltsamish.com/

22 avril et mes dépendances

Le 22 avril est, tous les ans depuis 1970, la Journée Mondiale de la Terre, pour que l’humanité se donne les moyens de préserver au mieux notre environnement naturel. C’est une cause qui me passionne depuis l’adolescence ;  je crois que le catalyseur fut pour moi le film Soylent Green* (1973), curieusement traduit Soleil Vert, un beau titre pour un film qui fit beaucoup réfléchir l’ado que j’étais ! J’aimerais faire un quilt avec ce titre, Soleil Vert, un jour l’inspiration viendra peut-être… Mais je n’arriverai jamais à la cheville de celui-ci qui pourrait si bien s’intituler ainsi :

Quilt impressionnant de Fumiko Nakayama**, dont le vrai titre est Twinkling Now (présenté au Grand Festival du Quilt de Tokyo en 2010). Cette Japonaise s’est appropriée la technique inversée, si chère aux Indiens Kuna qui cousent des Mola depuis le XIXe Siècle, et crée des quilts qui sont des hymnes à la couleur et la nature. Un article lui a été consacré dans le Quiltmania n° 60 (juillet-août 2007) : ses quilts étaient alors plus proches des Molas traditionnelles, aussi bien dans les thèmes que les couleurs. Je vous ai parlé de mon admiration pour elle déjà ici.

* Soylent green est dans le film une nourriture protéinée à base de soja, lentilles et algues vertes.
* *Photo empruntée à Be Mused, que je remercie !

-=-=-=-

Autre très belle inspiration, le quilt tout juste fini d’une artiste canadienne, quilteuse et romancière :

Riel Nason célèbre cette année la Journée de la Terre en nous dévoilant un quilt en lisières recyclées pour figurer… le sigle international du recyclage ! Brillante idée encore ! N’hésitez pas à regarder sur son blog ses autres quilts : ils sont gais, colorés, malicieux… Happy Earth Day to you too Riel !

-=-=-=-

Curieusement ce jour important, le 22 avril, est aussi pour moi le jour de grandes décisions dans ma vie… de manière spontanée. C’est-à-dire que le matin en me levant, je n’ai encore aucune idée de ce qui va changer ma vie. Ici je vais vous en dévoiler deux, rien que pour le plaisir 🙂

Le 22 avril 1986, avant mon petit déjeuner, j’ai décidé de résister pour une fois et ne pas fumer ma première cigarette de la journée ; après le café et une prise de conscience décisive, j’étais devenue une non-fumeuse dans ma tête. Dix ans déjà que j’étais dépendante… Les journées suivantes furent difficiles, les soirées encore plus… Alors depuis, presque chaque 22 avril, j’ai fêté cette victoire en m’offrant un cadeau : souvent une razzia dans un magasin de tissus !.. C’est meilleur pour la santé et pas pire pour le porte-monnaie finalement. Ensuite, j’ai encore fumé… mais seulement en rêve ! Dépendance, quand tu nous tiens…

Exactement aussi spontanément, pile l’année dernière dans la matinée (cette fois après le café), j’ai commencé à regarder nonchalamment comment se créait un blog. Je n’avais pas l’impression d’avoir grand chose à raconter, mais la fermeture du magasin où j’animais des réunions de patchwork faisait un grand vide… et dans la journée ce blog est né. D’abord baptisé Quilteuse Forever, je l’ai transformé quelques minutes plus tard en Ruche des Quilteuses pour y inclure mes ex-élèves que j’appelais mes Abeilles. La plupart ont appris le B.A. BA du patchwork avec moi et partagent ma dépendance à cette passion. Même si j’ai la part de la reine dans ce blog, elles sont souvent mon inspiration ou participent activement en écrivant des articles. Je suis heureuse qu’elles aient pris leur indépendance technique et artistique, volant de leurs propres ailes…

A présent, ce blog fait partie de ma vie et constitue même une forme de dépendance… et je rêve à de nouveaux articles la nuit !

Blog-Addict – J’espère quand même ne jamais en arriver là…

Chacune de ces décisions dites « spontanées » étaient bien sûr le résultat d’une lente maturation dont j’étais même pas consciente, mais ces 22 avril ont changé ma vie ! Bon, aujourd’hui, je crois que je me contenterai de décider spontanément de continuer à :

  • ne pas fumer 
  • écrire ce blog !

-=-=-=-

Cette année le 22 avril 2012 est aussi jour de vote en France et ma décision est d’aller voter. Loin d’être une décision spontanée, c’est toujours pour moi l’expression de la chance d’avoir la liberté de choisir.  Alors pour éviter trop d’abstention je rejoins la proposition de Mrs. Bobbins : des isoloirs sympathiques !

-=-=-=-

Bonne journée !

-=-

Fumiko Nakayama, créatrice de Molas

Vous avez sans doute déjà admiré ces panneaux aux couleurs très vives dans des livres ou magazines ; les molas sont à l’origine des plastrons et dossards, faits par paire, cousus par des femmes indiennes Kuna (vivant sur les îlots au large du Panama).

L’origine en est un peu incertaine ; c’est un peuple qui vivait jadis buste nu, hommes et femmes, mais ces dernières s’ornaient de dessins géométriques à l’aide de teintures naturelles. J’ai lu un jour que des prêtres blancs les forcèrent à se vêtir, et par résistance ces femmes ont commencé à reproduire en tissu les dessins qu’elles faisaient auparavant sur leur peau désormais cachée… Origine vraie ou fausse, le résultat est devenu un art magnifique, glorifiant la Nature, leur vie quotidienne ou leurs croyances à l’aide de tissus vifs et unis. De nombreux livres passionnants ont été consacrés aux Molas, je n’essaierai pas de rivaliser ; sur internet, vous pouvez trouver un dossier francophone intéressant comme celui-ci dans lequel on croit aussi que ce sont des Blancs qui les ont fortement incitées à se vêtir… avec cette conséquence si inattendue !

On a aussi, ici par exemple, des explications  anthropologiques sur l’origine des Molas.

Mola incroyablement belle !

Quelles sont les caractéristiques d’une Mola traditionnelle ?

Elles sont tout d’abord cousues par paire, similaires, mais pas semblables, une pour le devant  (la plus réussie !) l’autre pour le dos de la blouse féminine. Leur dimension est de 30 à 35 par 35 à 40 cm  chacune. Les tissus choisis sont des tissus de coton uni, de couleur éclatante, y compris du noir, mais rarement du blanc et pas de couleurs pastel. Les toutes premières n’étaient que noires, rouges et orange. Les dessins sont symétriques, représentant leur mythologie, leur vie quotidienne, leur environnement ; les techniques utilisées sont principalement l’appliqué inversé, l’appliqué et plus récemment des embellissement en points de broderie (point de tige). Aucun espace n’est laissé libre !  C’est donc un panneau de tissus superposés, plus ou moins épais, jamais molletonné. Le matériel est simple : des cotonnades, du fil assorti, une aiguille fine et de petits ciseaux !

La Mola est donc, dans le monde des arts créatifs, un tableau qui utilise cette technique de superposition de tissus avec découpage, appelée appliqué inversé. Technique qu’on retrouve ailleurs dans le monde (notamment chez les Hmongs du Laos), mais jamais aussi coloré, aussi dense, aussi épais : cela peut devenir une vraie scupture avec 7 ou 8 tissus superposés ! Les Molas sont devenues objets de collection et souvenirs de vacances ! On peut trouver maintenant dans cet archipel des articles éloignés de la tradition, attention donc à vos choix ! Le travail est toujours bien cousu, mais le goût des jeunes couturières va parfois vers le synthétique, le lurex… Il faut souligner que ce revenu est vital pour leur économie locale et contribue souvent à l’indépendance financière des femmes, tandis que les hommes sont souvent pêcheurs.

J’avais déjà été émerveillée par les Molas présentées dans un 100 Idées de mon adolescence (n° 50), puis d’autres articles, des livres nous ont enseigné la technique pour reproduire  soi-même une Mola.

Puis un jour, un reportage dans le Quiltmania n° 60 éveille mon intérêt : une Japonaise fait des molas extraordinaires ! Il s’agit de Fumiko Nakayama, très connue au Japon. Elle fait des Molas depuis 40 ans maintenant et conserve des liens étroits avec des familles de cette partie du monde (cliquez sur ces deux photos ci-dessous pour agrandir)

 Elle a bien sûr commencé par des oeuvres très proches de celles du peuple Kuna, gardant les thèmes de la Nature tropicale, puis a diversifié peu à peu ses thèmes… et considérablement agrandi la taille de ses panneaux ! C’est sur Flickr sans doute que vous pourrez admirer le plus grand nombre de ses oeuvres récentes : elle expose en effet tous les ans au Festival International du Quilt à Tokyo et chaque année on peut admirer les albums-photos de Jan (son blog : be*mused) ou d’autres… Voici quelques références sur lesquelles vous pouvez cliquer :

Flowers of ForestTwinkling NowHappy Faces around the WorldWind of Mayet encore un… : photos de Jan, qui est également collectionneuse de Molas authentiques . A noter : pour éviter le pillage sans référencement des photos, Flickr permet de mettre des liens, mais plus de copier les photos. Prenez donc quand même le temps de découvrir ces merveilles ! Vous verrez l’évolution de son art, les derniers datant de 2011-2012.

Mais un chef-d’oeuvre trop peu connu de Fumiko Nakayama est une immense composition de 2 mètres sur 4 mètres :

Il fut offert par l’artiste en 2005  pour un centre chrétien de Londres, St Ethelburga (ici une meilleure photo sur Flickr : clic). Il est, paraît-il, en soie (à vérifier !), composé de 40 panneaux montrant 40 peuples du monde. J’aimerais tant le voir en détails ! Qui va bientôt à Londres pour nous faire de belles photos de cette tapisserie ?…

Fumiko Nakayama a écrit plusieurs livres sur son art ; l’un d’eux, édité la première fois en 2002, est actuellement disponible à la Couserie Créative. De nombreuses photos décrivent comment faire, mais comme le texte est en japonais il faut déjà avoir quelques notions de cette technique pour bien profiter des schémas ! On y trouve beaucoup de petits modèles, des coussins comme sur la couverture, des sacs, pochettes, tableaux… Mon modèle préféré est peut-être celui des trois femmes aux dominantes turquoise et chocolat car j’aime ces couleurs… mais tout est beau !

-=-=-=-

Les cocottes de Pâques

A la suite de l’article de Marie-Claude sur sa venue dans la région toulousaine*, on m’a demandé les explications de mes cocottes de Pâques qui se baladaient sur la table… Il a fallu que je recherche dans mes archives, car mes décos de printemps datent toutes d’une dizaine d’années !

Voici mes cocottes en situation, autour d’un nid et en balade sur un mur. J’aime ce modèle aux formes tout juste évocatrices, leur rondeur qui plaît aux enfants… C’est pourquoi, à la place des boutons préconisés pour les yeux, j’ai juste fait un gros point de noeud, par sécurité.

La fiche explicative de cet adorable modèle est toujours en vente au Petit Comptoir, magasin bien connu à Toulouse, pour la modique somme de 5 €.

A peu près au même moment, j’avais suivi un modèle paru dans Magic Patch :

Ce tableautin faisait partie d’une longue série fort réussie sur les comptines françaises

Et si vous êtes en manque de nouveaux modèles de cocottes, sans hésiter cliquez ici et vous arriverez au blog de Daryl et Marina, Quilt Inspiration, le bien nommé : une multitude de cocottes, poulettes et poussins vous attendent ! Largement de quoi préparer les décorations de… Pâques 2013 !…

Ma déco de printemps, avec un quilt aux chats bien connu !

-=-=-=-

*Vous trouverez un autre article sur cette rencontre entre les quilteuses occitanes et Marie-Claude Tsuruya  ici, sur le blog Le Patchwork sur son 31.

Au Jardin du Curé…

… Vous pourrez aller voir début juin une exposition de quilts, dont 15 de la Guilde Danoise, dans la campagne tarnaise tout près de Graulhet :

Cette affiche très originale, en tissu indien artisanal, a été imprimée d’un motif traditionnel grâce à une technique que vous pourrez apprendre sur place avec Jamie Malden (voir son site Colouricious). Mais attention, pour faire ce stage gratuit vous devez vous inscrire pour réserver votre place ! Sur le site www.lejardinducure.com/, cliquez sur « exhibition » puis sur le drapeau français pour pouvoir remplir un formulaire de réservation en français. Toul le matériel vous sera prêté (tampons et encre), vous pouvez venir avec votre tissu ou votre tee-shirt pour le customiser. Ensuite, libre à vous de broder, embellir votre oeuvre personnelle : cela peut être pour vous un premier pas vers l’art textile contemporain. N’hésitez pas à contacter Penny Roberts pour plus de renseignements !

A noter qu’à la place d’un droit d’entrée, on vous proposera un ticket de loterie (5€) qui vous permettra peut-être de gagner un des lots !