Expressions de délégation FP

France Patchwork est une association faite pour et par les quilteuses et quilteurs, passionnés, artistes ou simplement adeptes d’un loisir créatif sympathique où artisanat textile et rencontres rendent la vie plus belle. Au fil du temps, FP a créé une organisation relativement complexe et complète pour satisfaire les adhérents : magazine exceptionnel, concours, expositions, Journées de l’Amitié… Certaines adhérentes offrent de leur temps et de leur savoir-faire, s’impliquant en faisant partie d’une Délégation, trait d’union entre le Bureau (alias les Céates, membres du CA, élues pour 4 ans renouvelables, elles aussi bénévoles) et les adhérents de leur département. Les déléguées et leur équipe ont quelques obligations, quelques recommandations, mais ont aussi beaucoup de latitude pour imprimer de leur touche leur passage dans cette organisation.

Information et communication, essentielles dans une association !

La communication est essentielle pour faire connaître les activités locales et nationales – voire internationales – de l’association. Au niveau local, chaque délégation écrit donc un bulletin, jadis expédié par la Poste à tous les adhérents du département ; grâce à internet, on fait de substantielles économies d’impression, de papier et d’affranchissement. D’un département à l’autre, d’une délégation à l’autre, la communication prend maintes formes ; on a par exemple en Occitanie occidentale un bulletin régional, le Patch d’Oc, et des blogs de délégation rendent de grands services. Certains bulletins s’apparentent à une publication professionnelle, d’autres contiennent juste l’essentiel : les rendez-vous départementaux, si chers aux adhérents ! N’étant pas née de la dernière pluie, je sais bien que seule une petite minorité lit le bulletin départemental en entier, quelle que soit la qualité de la publication. Alors bulletin élaboré ou succinct, les deux coexistent et se défendent, ce qui laisse aux délégations la liberté d’expression en fonction de leurs envies – et c’est très bien !

En Alsace en septembre dernier, l’ancienne délégation du Bas-Rhin a attiré mon attention sur la qualité des reportages de la déléguée actuelle, Catherine Kalmar. Effectivement, sa publication trimestrielle est très complète sur la vie de FP, mais elle s’investit également dans des articles de haute tenue… Déjà, le Patch et Tchache (bulletin de FP67) de l’équipe précédente était très abouti : les adhérentes de ce département sont bien chanceuses ! Ces articles ont une vie bien éphémère, lus bien sûr par les heureuses destinataires, mais je trouve qu’ils méritent une seconde vie… Aussi ai-je proposé à Catherine K. de publier une sélection de ses articles passés.

Alors quelques mardis de suite, vous pourrez lire Catherine Kalmar dans la Ruche des Quilteuses, article de fond, fiche de lecture ou autre et pour inaugurer cette collaboration, voici un des exercices littéraires qu’elle affectionne, le pastiche : 

La cage aux oiseaux et aux idées

De Pierre PERRET

 

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s´envoler c´est beau
Les enfants, si vous voyez
Des p´tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté.

Un p´tit dé à coudre
Et trois goutt´ d´eau dedans
Au d´ssus du perchoir,
Un os de seiche tout blanc
Et un petit piaf triste de vivre en prison
Ça met du soleil dans la maison 


C´est c´que vous diront
Quelques rentiers vicelards
Des vieux schnocks
Qui n´ont qu´des trous d´air
Dans l´ cigare.
Une fois dans vot´ vie,
Vous qui êtes pas comme eux
Faites un truc qui vous rendra heureux !

Si vot´ concierge fait cui-cui sur son balcon
Avec ses perruches importées du Japon Ses canaris jaunes et ses bengalis
A vot´ tour faites leur guili-guili.

Sournoisement exclamez-vous
 » Dieu! quel plumage!  »
Mais chère Madame
On vous demande au 3ème étage.
Et dès que la bignole aura l´dos tourné
Même si on doit pas vous l´ pardonner

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez les s´envoler, c´est beau.
Les enfants si vous voyez
Des p’tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Pastiche de C.K.

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Un p’tit dé à coudre
Et deux ou trois bouts de fil
Un p’tit carré d’étoffe
Et une bonne aiguille
Un peu de courage et une belle idée,
Vous v’là sur les rails d’un beau projet…

Un ou deux ronchons pourraient tenter, c’est vrai,
D’vous faire croire que c’est laid,
Qu’ l’idée est dépassée
Qu’le tissu n’est pas celui
qu’il fallait utiliser
Mais si ça vous plait, qu’est-ce que ça fait ?

Tous les rabat-joie,
N’sont pas de bons conseils
Faut pas les écouter,
Font pas forcément des merveilles.

Moi je vous le dis,
Puisque tout est permis
Si vous trouvez ça beau
Et bien c’est l’essentiel

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez,
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Les oiseaux en cage ne sont-ils pas bien moins nombreux depuis cette chanson ? Je l’avais déjà évoquée par ici. Tout le monde la connaît et tant d’enfants, voulant bien faire, ont libéré des oiseaux exotiques, incapables de se débrouiller chez nous…

Survolons à présent quelques merveilleux quilts aux oiseaux appliqués : diverses techniques, divers continents, mais toujours la beauté des animaux faits pour être libres…

Restons temporairement en Alsace avec Béatrice Bueche, artiste alsacienne qui s’inspire de la beauté de la Nature. Son Toucan nous transporte en Amérique du Sud d’un coup d’aile !
Volons vers l’Extrême-Orient avec Les hirondelles sont de retour en Asie, d’Évelyne Carrasco, ici un détail de ce quilt expliqué dans BeeBook. On y retrouve l’esprit zen du Japon…
Alliance inattendue de l’exubérance des perroquets dans la jungle, l’art de la Mola et la créativité de la Japonaise Fumiko Nakayama (photo Pour l’Amour du Fil 2015).
À présent c’est l’Afrique, et plus précisément les artistes du Caire (Tentmakers of Cairo), qui nous offrent cette adorable scène… (photo à Labastide-Rouairoux, La Fête du Fil 2019)

D’autres oiseaux en suivant ce lien : Oiseaux dans la Ruche des Quilteuses.

🐦🐥🐧🦩🐓A bientôt 🦆🦃🦅🕊🦢🦜

Molas extraordinaires à Nantes

Je ne suis pas allée au Salon « Pour l’Amour du Fil » et les blogueuses parlent beaucoup des Molas d’une Japonaise… Si vous recherchez des informations sur cette technique et l’artiste Fumiko Nakayama, vous pouvez lire ou relire cet article : Fumiko Nakayama, créatrice de Molas ainsi que Des tissus imprimés inspirés des Molas.

fumiko-nakayama
Twinkling Now, Fumiko Nakayama, présenté à Tokyo en 2010.

Vous le savez peut-être, la technique principale des Molas est l’appliqué inversé. Savez-vous que cette technique est souvent utilisée par Bernadette Mayr ? Vous trouverez cette technique très futée, ressemblant à la pose d’un passepoil dans le domaine de la couture, dans plusieurs de ses livres. Je vous en reparlerai peut-être bientôt !

Riviera
Ici les arcades sont facilement faites en appliqué inversé, c’est bien malin ! (livre Häuser-Patchwork)

Des tissus imprimés inspirés des Molas

Vous souvenez-vous de la Japonaise Fumiko Nakayama, créatrice de molas ? J’avais présenté ici ce que je savais d’elle. Cette dame élargit son domaine en devenant styliste de tissus ! Elle propose des imprimés façon Molas sur des tissus de coton, à utiliser en patchwork ou en couture. Je pense bien sûr à des sacs ou autres petits objets qui seraient magnifiés par ces tissus ; mais qui aura l’idée d’un patchwork sachant mettre en valeur ces si beaux imprimés ?… J’y réfléchis !

Ce dessin est disponible sur plusieurs fonds de couleurs.

Ces tissus sont un vrai festival de couleurs estivales ! C’est en exclusivité chez Home Patch que vous pouvez vous procurer ces tissus en France : 17 références à voir ici. 

Ce tissu est également très intéressant !

Et celui-ci donc ? Plus « séminole » que « Mola », il vous inspirera peut-être aussi !

-=-=-=-

Fumiko Nakayama, créatrice de Molas

Vous avez sans doute déjà admiré ces panneaux aux couleurs très vives dans des livres ou magazines ; les molas sont à l’origine des plastrons et dossards, faits par paire, cousus par des femmes indiennes Kuna (vivant sur les îlots au large du Panama).

L’origine en est un peu incertaine ; c’est un peuple qui vivait jadis buste nu, hommes et femmes, mais ces dernières s’ornaient de dessins géométriques à l’aide de teintures naturelles. J’ai lu un jour que des prêtres blancs les forcèrent à se vêtir, et par résistance ces femmes ont commencé à reproduire en tissu les dessins qu’elles faisaient auparavant sur leur peau désormais cachée… Origine vraie ou fausse, le résultat est devenu un art magnifique, glorifiant la Nature, leur vie quotidienne ou leurs croyances à l’aide de tissus vifs et unis. De nombreux livres passionnants ont été consacrés aux Molas, je n’essaierai pas de rivaliser ; sur internet, vous pouvez trouver un dossier francophone intéressant comme celui-ci dans lequel on croit aussi que ce sont des Blancs qui les ont fortement incitées à se vêtir… avec cette conséquence si inattendue !

On a aussi, ici par exemple, des explications  anthropologiques sur l’origine des Molas.

Mola incroyablement belle !

Quelles sont les caractéristiques d’une Mola traditionnelle ?

Elles sont tout d’abord cousues par paire, similaires, mais pas semblables, une pour le devant  (la plus réussie !) l’autre pour le dos de la blouse féminine. Leur dimension est de 30 à 35 par 35 à 40 cm  chacune. Les tissus choisis sont des tissus de coton uni, de couleur éclatante, y compris du noir, mais rarement du blanc et pas de couleurs pastel. Les toutes premières n’étaient que noires, rouges et orange. Les dessins sont symétriques, représentant leur mythologie, leur vie quotidienne, leur environnement ; les techniques utilisées sont principalement l’appliqué inversé, l’appliqué et plus récemment des embellissement en points de broderie (point de tige). Aucun espace n’est laissé libre !  C’est donc un panneau de tissus superposés, plus ou moins épais, jamais molletonné. Le matériel est simple : des cotonnades, du fil assorti, une aiguille fine et de petits ciseaux !

La Mola est donc, dans le monde des arts créatifs, un tableau qui utilise cette technique de superposition de tissus avec découpage, appelée appliqué inversé. Technique qu’on retrouve ailleurs dans le monde (notamment chez les Hmongs du Laos), mais jamais aussi coloré, aussi dense, aussi épais : cela peut devenir une vraie scupture avec 7 ou 8 tissus superposés ! Les Molas sont devenues objets de collection et souvenirs de vacances ! On peut trouver maintenant dans cet archipel des articles éloignés de la tradition, attention donc à vos choix ! Le travail est toujours bien cousu, mais le goût des jeunes couturières va parfois vers le synthétique, le lurex… Il faut souligner que ce revenu est vital pour leur économie locale et contribue souvent à l’indépendance financière des femmes, tandis que les hommes sont souvent pêcheurs.

J’avais déjà été émerveillée par les Molas présentées dans un 100 Idées de mon adolescence (n° 50), puis d’autres articles, des livres nous ont enseigné la technique pour reproduire  soi-même une Mola.

Puis un jour, un reportage dans le Quiltmania n° 60 éveille mon intérêt : une Japonaise fait des molas extraordinaires ! Il s’agit de Fumiko Nakayama, très connue au Japon. Elle fait des Molas depuis 40 ans maintenant et conserve des liens étroits avec des familles de cette partie du monde (cliquez sur ces deux photos ci-dessous pour agrandir)

 Elle a bien sûr commencé par des oeuvres très proches de celles du peuple Kuna, gardant les thèmes de la Nature tropicale, puis a diversifié peu à peu ses thèmes… et considérablement agrandi la taille de ses panneaux ! C’est sur Flickr sans doute que vous pourrez admirer le plus grand nombre de ses oeuvres récentes : elle expose en effet tous les ans au Festival International du Quilt à Tokyo et chaque année on peut admirer les albums-photos de Jan (son blog : be*mused) ou d’autres… Voici quelques références sur lesquelles vous pouvez cliquer :

Flowers of ForestTwinkling NowHappy Faces around the WorldWind of Mayet encore un… : photos de Jan, qui est également collectionneuse de Molas authentiques . A noter : pour éviter le pillage sans référencement des photos, Flickr permet de mettre des liens, mais plus de copier les photos. Prenez donc quand même le temps de découvrir ces merveilles ! Vous verrez l’évolution de son art, les derniers datant de 2011-2012.

Mais un chef-d’oeuvre trop peu connu de Fumiko Nakayama est une immense composition de 2 mètres sur 4 mètres :

Il fut offert par l’artiste en 2005  pour un centre chrétien de Londres, St Ethelburga (ici une meilleure photo sur Flickr : clic). Il est, paraît-il, en soie (à vérifier !), composé de 40 panneaux montrant 40 peuples du monde. J’aimerais tant le voir en détails ! Qui va bientôt à Londres pour nous faire de belles photos de cette tapisserie ?…

Fumiko Nakayama a écrit plusieurs livres sur son art ; l’un d’eux, édité la première fois en 2002, est actuellement disponible à la Couserie Créative. De nombreuses photos décrivent comment faire, mais comme le texte est en japonais il faut déjà avoir quelques notions de cette technique pour bien profiter des schémas ! On y trouve beaucoup de petits modèles, des coussins comme sur la couverture, des sacs, pochettes, tableaux… Mon modèle préféré est peut-être celui des trois femmes aux dominantes turquoise et chocolat car j’aime ces couleurs… mais tout est beau !

-=-=-=-