Amitié, Bee quilteuse, Portrait d'un quilt

Voici venu le temps des cerises

C’est la belle saison des cerises !

Quand on a la chance d’avoir un cerisier, on guette les première rougeurs de ces billes juteuses, et quand les oiseaux ne leur ont pas fait un sort en une nuit, on prend un jour son panier pour les cueillir, mûres à point… Bonheur simple !

Le panier, accessoire modeste mais indispensable. Depuis la nuit des temps, il est utilisé pour transporter les récoltes, quand les mains ne suffisent pas, pour trier et ranger… et mille autres usages. Pendant des millénaires, il fut fabriqué avec les matières premières locales longues et souples, qu’on tisse. Qu’est-ce qui fut inventé en premier, le panier ou le tissu ? C’est en tout cas le même principe.

En général, un panier n’est pas un récipient étanche, il laisse passer l’air et la récolte s’en trouve bien, évitant de macérer trop vite.

L’harmonie du fait main

Dans l’État Navajo, j’ai eu la chance de discuter avec Pauline, une dame Navajo qui connaît les techniques ancestrales de la confection de paniers, et le goût de les faire. Dans le désert aride où nous nous sommes rencontrées, il ne semblait rien y avoir de bon à utiliser en vannerie, et pourtant… Elle gardait dans des sacs humidifiés dans une bassine quantité d’écorces et de branches fines de plusieurs couleurs naturelles, tissant, au gré de son envie, des dessins traditionnels, colorés par Dame Nature… En général, dans ce coin aride de l’Arizona, le sumac est la plante qui donne ces longues et plates fibres, mais on y utilise aussi le saule, le yucca et autres.

Ce panier est un panier de mariage navajo. L’ouverture claire dans le motif se met toujours à l’Est, au soleil levant. Les pointes noires figurent les montagnes sacrées. C’est une figuration de l’univers. Photo d’ici.

71Be4X-V0BLQuand une personne fait de la vannerie, elle s’efforce de joindre l’utile à l’agréable, en couleurs et en forme. Mais plus intimement, en terre navajo elle cultive l’essence de la beauté, de l’harmonie, de l’équilibre, le Hózhó. Tout est lié, l’esprit du créateur du panier, la matière naturelle utilisée et la Terre Mère qui donne vie. Ce principe central du Hózhó dans la vie des Navajos est bien expliqué dans le livre Sagesses d’Ailleurs, de Frederika van Ingen.

J’espère que dans le fameux monde d’après, je retournerai chez les Navajos qui m’ont si bien accueillie et tant marquée. Si vous y allez, vous pourrez trouver le livre ci-dessous qui explique les artisanats de tissage et de vannerie, si proches, intégrés à la vision du monde de ce peuple encore en harmonie avec la nature, malgré tout.

J’ai acheté ce livre au Navajo National Monument (entre Tuba et Kayenta), un endroit en retrait et peu connu qui mérite pourtant le détour, avec les ruines d’un des nombreux villages d’un peuple éteint appelé communément anasazi, un parcours botanique qui démontre à quel point les Indiens savent utiliser la moindre plante, et un Visitor center bien agréable. Le quilt est un chemin de table que j’ai fait avec des tissus achetés chez Blossom Quilts & Crafts, chez Alice.

 

J’adore les paniers artisanaux. J’en ai acheté plusieurs à La P’tite Grisette, qui avait son espace sur la place de Villefranche-de-Rouergue le jeudi matin, jour de marché ; et puis un jour, je ne l’ai plus vue. Elle utilisait 4 sortes d’osier, ce qui lui permettait de varier épaisseurs et couleurs.

Ah que j’aime l’ambiance des marchés ! Celui de Villefranche-de-Rouergue est un de mes préférés. Prochainement, je vais aller à celui de Mirepoix en Ariège, pile à la limite des 100 km autorisés… 

Vous connaissez les nombreux blocs traditionnels qui montrent des paniers – ou baskets.
Ils sont partout, pour qui veut bien les voir ! Vous avez certainement vos modèles préférés.

Kristine a fait un tableau textile mêlant tradition et modernité, mais oui, un panier de cerises ! Je lui laisse la parole pour vous le présenter.

Voici venu le temps des cerises…

Faire plaisir à une amie qui a une passion dévorante pour les cerises, l’idée d’un quilt sur ce thème s’est imposée.

L’idée était d’utiliser des tissus anciens, de récupération, « recycling » très à la mode en ce moment, ce n’est pas nouveau pour moi, mon éducation a bénéficié de cette pratique, il fallait faire avec ce que l’on avait !

Quelques  morceaux de torchons à liseré rouge, du vichy, du croquet, des chutes de tissus,  des chutes de molleton (tombées d’ouvrages précédents) et deux entorses à la règle avec des matières neuves : la frise d’épis de blé, un achat compulsif qui n’avait jamais trouvé son utilisation, et  le tissu du panier dont l’imprimé épis de blé correspondait à ce que je voulais réaliser.

Pour tresser ce panier, j’ai utilisé la méthode proposée par Victoria Findlay Wolfe dans son livre Modern Quilt Magic, qui consiste à coudre des bandes en chevrons qui s’entrelacent, j’ai modifié la façon de couper les bandes pour le faire à main levée. Pour symboliser une vannerie, cette méthode était toute indiquée.

Le temps est venu de prendre le panier et partir cueillir les cerises, puis se mettre en cuisine pour cuisiner les clafoutis, les tartes et  les confitures… 

Kristine🐝

31 réflexions au sujet de “Voici venu le temps des cerises”

  1. La cerise… mon fruit préféré. Je suis bien triste de voir l’état de notre seul cerisier qui, après une belle récolte l’an dernier a souffert de la canicule. S’en remettra-t-il?
    Quant au panier, c’est un objet indispensable dans un jardin.
    Bravo Kristine pour cette belle association!

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  2. La classe et la simplicité en même temps! Superbe quilt! Bravo Kristine.
    La caractéristique du panier à cerises dans mes Ardennes et sûrement ailleurs aussi est que le fond est fait de lattes de bois pour encore mieux laisser respirer les cerises. Je résiste très mal à l’achat de paniers et j’en avais acheté un. Nous l’avons donné un jour, de bon coeur mais je vais demander à notre vannier s’il peut nous en refaire un. Nous l’aimions vraiment beaucoup! Bises douces à vous deux, les abeilles.

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    1. Merci Annie, si tu as une photo du panier je serais curieuse de voir à quoi il ressemble, mois aussi j’en ai quelques uns de différentes régions ou j’ai habité ! j’adore les paniers 🙂

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  3. Bonjour katell , joli reportage , ici aussi le cerisier est plein et les paniers attendent , je suis fan des paniers artisanaux , j’ en possède plusieurs et également ceux de ma maman , le panier est un de mes blocs préférés en patch , qu’il soit en pièce ou appliqué , joli tableau de Christine .Bon dimanche et peut-être que l’on se croisera un jour sur le marché de Villefranche de Rouergue . Bises

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  4. J’adore une fois de plus cet article… sauf qu’il m’a donné envie d’aller au marché (de Libourne) alors que
    j’avais décidé de plutôt faire avancer mon quilt «  Delectable mountains » dont je pratique le bloc pour la toute première fois… ! Tu es terrible Katell ! 😀

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  5. bel article sur les navajos. Malheureusement et encore une fois, les amérindiens sont les grands « oubliés » de l’épidémie en cours qui fait des ravages dans leurs communautés et surtout chez les navajos. Nos vieux cerisiers sont énormes et très hauts (pas taillés par le prédécesseur) et j’enrage de voir pousser toutes ces cerises que je ne pourrais manger !. Bonjour de Bretagne ! Florence

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  6. Je connais très bien Mirepoix, mon fils habite non loin. quant à Villefranche de Rouergue, c’était le pays de mes ancêtres…Pour ma part, j’habite en Périgord où l’on fait de beaux paniers très différents. Je suis allée au Nouveau -Mexique, beaucoup discuté avec des indiens; ils enviaient mes colliers que je tissais à l’époque; j’aurais dû troquer avec eux………… Le monde est si riche! Enfin, votre panier de cerise est beau et tendre comme un pique -nique, en juin, sur l’herbe verte……….

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    1. J’ai été très étonnée de pouvoir si facilement discuter avec les Navajos chez eux. Nous n’étions pas Américains, nous étions en couple, cela a favorisé des échanges très sincères et chaleureux.
      Un jour, nous nous reverrons Anne !
      PS : je tiens toujours compte de tes critiques littéraires, si affûtées 😊

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  7. Merci Katell pour ce reportage sur les Navajos. Encore un article très instructif.
    Kristine est très talentueuse. Quelle jolie idée pour utiliser les torchons anciens.
    Bon dimanche !

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  8. Joli patch si original et parfaitement réalisé. J’enrage pour mes premières cerises, à peine mûres et déjà piquées….. On n’en aura pratiquement pas profité.

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