Opéraccourcis

Opéraccourcis est un mot intrigant imaginé par mon amie Maïté, toujours aussi créative ! Je la laisse vous raconter son incursion dans le monde des opéras favoris de son chef de chœur Simon… qui a beaucoup de chance de compter Maïté parmi ses amies, car peu de monde aurait accepté cette commande exigeante ! Et Simon a gagné le gros lot, car ce quilt est un pur chef d’oeuvre…

J’ajoute que Maïté a subi une opération de la main il y a quelques années, et qu’elle ne pensait plus pouvoir broder… Une victoire supplémentaire !

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J’ai offert ce patchwork OPÉRACCOURCIS à Simon notre jeune et talentueux chef de chœur, à la fin du concert qu’il a donné chez nous le 20 février dernier.
Simon m’avait demandé fin mai 2025 de lui réaliser un « patchwork de 120 cm x 120 cm , 16 tableaux , 4 x 4 , représentant ses 16 opéras préférés » et destiné à être accroché chez lui sur un grand mur blanc.
Telles étaient les consignes que j’ai respectées à la lettre.
La première surprise passée, je me mis à la recherche d’affiches, de couvertures de Vinyles et d’idées. Il fallait une image symbolique pour chaque tableau.
Puis je commençai à dessiner et à chercher dans mes stocks les tissus qui convenaient.
Toutes ces images n’ayant rien à voir les unes avec les autres, je décidai de les «rassembler » par des fonds beiges.
Et me voilà partie à découper une vingtaine de carrés de 30 cm x 30 cm, du beige clair au taupe. Il vaut mieux prévoir plus grand que le carré final qui mesurera 26,5 cm x 26,5 cm.
Y avait plus qu’à se lancer, mais le saut dans le vide fut très hésitant.
Un beau matin je pris le taureau par les cornes, c’est le cas de le dire, j’attaquai CARMEN, jugeant que le taureau fait d’un seul bloc était abordable.
Le long tablier noir en satin fermière de ma grand-mère paternelle tombait à point pour le côté soyeux du pelage du taureau.
Y avait plus qu’à tisser la fleur rouge avec un ruban et le tour était joué.
Le lendemain je jetai mon dévolu sur le fantôme de LA VILLE MORTE, lui aussi fait d’un seul bloc. Seules les broderies font vivre le tableau.
La broderie prend beaucoup de temps mais bonifie chaque image.
Je couds au ras du tissu tout doucettement à la machine, puis je brode au point de tige à un brin au ras du tissu pour imiter un coup de crayon.
Parfois j’embellis avec des détails brodés.
Quatre tableaux ont été particulièrement longs à broder, NORMA, la cage, la pendule, les visages de Rodolfo et Mimi au dessus de la bougie et le dragon, mais j’ai été récompensée de mes efforts
.

En février à la Garoffe, notre lieu de rencontre que nous aimons tant, Maïté nous montre Opéraccourcis, juste avant de l’offrir à son chef de chœur.

Voici chaque opéra présenté par Maïté.

CARMEN de Bizet


En voyant le taureau et la fleur rouge de Carmen, tout le monde reconnaît l’opéra Carmen de Bizet, le plus joué dans le monde avec la Traviata de Verdi.
À noter que pour l’air célèbre « Toreador », les librettistes de Bizet ont créé ce mot par commodité.
En effet le mot authentique « torero » ne comporte que 3 syllabes. Ils avaient besoin de 4 syllabes pour l’adaptation musicale.

NORMA de Bellini

La prêtresse Norma est abandonnée par le père secret de ses enfants Pollione, qui lui préfère la jeune prêtresse Adalgisa.
C’est une projection de l’histoire d’amour entre Bellini et la chanteuse Maddalena Fumaroli, obligés eux aussi de cacher leurs amours.
Casta diva (déesse chaste) est l’air le plus connu : Norma entraîne son peuple dans une prière envoûtante à la Déesse de la Lune.

AÏDA de Verdi

Opéra commandé en 1870 par le vice-roi d’Egypte à l’occasion de l’ouverture du nouveau théâtre italien du Caire pour célébrer l’inauguration du canal de Suez ( 1869).
Aïda, princesse éthiopienne réduite en esclavage en Égypte, doit choisir entre amour et patrie.
Elle est amoureuse de Radamès général égyptien.
Amnéris la fille du pharaon aime le même homme.

DIE TOTE STADT (LA  VILLE MORTE) de  Korngold


Opéra contemporain ( 1920)
Paul erre dans les brumes de la ville de Bruges à la recherche de sa femme Marie défunte dont il était fou amoureux.
Il pense la retrouver réincarnée en la personne de Marietta, une danseuse qui ressemble étrangement à sa femme Marie défunte.
Doit-il refaire sa vie ou rester fidèle au souvenir de son épouse ?
Duo : deuil / rédemption

LE TROUVÈRE de Verdi


Une histoire d’amour et de mort.
Une malédiction gitane qui poursuit les générations jusqu’au fratricide.
Le comte de Luna est épris de Léonora. Il voudrait se débarrasser de son rival, un trouvère (chanteur ambulant) qui chante des sérénades sous les fenêtres de Léonora dont il est amoureux.
Les symboles pour représenter ces destins tragiques sont le feu et la nuit.

LUCIA DI LAMMERMOOR de Donizetti


C’est un sombre drame romantique, d’après un roman de Walter Scott.

Les amoureux Edgardo et Lucia échangent leurs anneaux, ce qui, dans le contexte (XVIème siècle, Écosse) est un engagement pour la vie. Tradition écossaise maintenant reprise à Las Vegas, avec des mariages informels similaires !
Enrico, le frère de Lucia, la convainc de la trahison (imaginaire) de son amant pour lui faire épouser Arturo.
Elle se rend compte qu’elle s’est fait piéger (comme un oiseau en cage).
Broyée par les conventions sociales, de désespoir Lucia sombre dans la folie, poignarde son époux qu’elle déteste, et meurt.
Son ancien fiancé Edgardo se suicide avec sa dague ; son chant funèbre marque les prémices du Bel Canto.

RIGOLETTO de  Verdi

La malédiction
Cet opéra italien a été créé en 1851 d’après une pièce de Victor Hugo : Le roi s’amuse.
Le Triboulet (bouffon du roi), chargé de taquiner le roi, fut censuré pour sa critique véhémente de la vie à la cour de François Ier. L’opéra remplaça Triboulet par Rigoletto. De même on ne parla plus du roi mais du duc de Mantoue.
Rigoletto, bouffon du duc de Mantoue, séducteur dépravé,  protège sa fille Gilda, dans la crainte d’une malédiction prononcée par Monterone.
Le duc fait enlever et séduit Gilda qui en tombe amoureuse. Rigoletto planifie de faire assassiner le duc.
Horreur ! Gilda s’est glissée dans le sac qui contenait le duc à sa place. Rigoletto a fait mourir sa fille. C’est l’ultime malédiction de Monterone.

LE BARBIER DE SÉVILLE de Rossini


Opéra adapté de la pièce de Beaumarchais.
À Séville au XVII ème, le joyeux barbier Figaro aide le jeune comte Almavira à conquérir Rosina sans faire usage ni de sa position sociale, ni de sa fortune.
Celle-ci vit avec le vieux docteur Bartolo, son tuteur, qui souhaite l’épouser et récupérer sa dot.
C’est la satire d’une société établie sur les privilèges de la naissance.
C’est aussi l’hymne à l’amour et l’éloge des femmes en quête de liberté.

LA JOCONDE de Ponchielli


Au XVIIème siècle à Venise, la chanteuse Gioconda sacrifie tout pour sauver l’homme qu’elle aime (Enzo Grimaldi) et la femme qu’il lui préfère (Laura).
La pendule fait allusion à la danse des heures, l’air le plus célèbre.
Cette mélodie illustre les heures de la journée, des danses en solo et ensemble.

LA  BOHÈME de Puccini


C’est l’histoire de 4 artistes sans le sou qui mènent une vie de bohème dans une mansarde parisienne.
C’est aussi l’histoire d’amour de Rodolfo le poète et de sa jolie voisine Mimi la brodeuse.
Ils se jurent fidélité, mais la misère dans laquelle ils vivent (ils n’ont plus de quoi se chauffer ni même de S’ÉCLAIRER) conduit à la mort de Mimi (tuberculose tant redoutée et qui faisait des ravages à l’époque).
Tous leurs rêves et toutes leurs promesses partent en FUMÉE.

TOSCA de Puccini

C’est une histoire de passion et de jalousie.
Le comte Mario Cavaradossi, PEINTRE,  cache dans une église Angelotti, prisonnier évadé, activement recherché par le terrible Scarpia, chef de police sans scrupule. En effet, celui-ci convoite la maîtresse du peintre, la célèbre cantatrice Floria Tosca.
Ce manipulateur utilise la jalousie de Tosca pour reprendre Angelotti, perdre Cavaradossi et posséder sa maîtresse.
Fin tragique : Tosca poignarde Scarpia, Marco est abattu par le peloton d’exécution et Tosca se jette de la terrasse du Château Saint-Ange.

LA TRAVIATA de  Verdi

La Traviata signifie « la dévoyée ». Ce chef-d’œuvre est tiré du roman La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils.
Alfredo et Violetta (la dame aux CAMÉLIAS) mènent ensemble près de Paris une vie mondaine si coûteuse qu’ils ne peuvent plus assumer. Cette relation n’est plus socialement acceptable.
Giorgio Germont le père d’Alfredo impose à Violetta de rompre. Alfredo finit par retrouver Violetta à Paris.
Il se montre terriblement jaloux quand il voit le Baron Douphol « accompagner » Violetta lors d’une fête. Il jette aux pieds de Violetta l’argent gagné aux cartes contre le baron.
Violetta pardonne parce qu’il ne sait pas qu’elle agit par amour. Alfredo fait amende honorable.La maladie est toujours là (cette terrible tuberculose, le mal de l’époque). Violetta très gravement malade meurt dans les bras d’Alfredo.
Libiamo… (BUVONS JOYEUSEMENT !) est un des airs les plus célèbres de La Traviata.


MADAME BUTTERFLY de Puccini


Opéra inspiré d’une histoire vraie : celle de Tsuru Yamamuri, jeune geisha ayant épousé un officier américain à Nagasaki et devenant ainsi Madame BUTTERFLY.
La jeune femme lui voue un amour éternel et attend patiemment son retour avec son fils, jusqu’au jour où Pinkerton revient avec sa nouvelle femme américaine.
Elle se suicide en apprenant qu’il est marié et vient reprendre son enfant.

LA WALKYRIE de Wagner


Cet opéra reprend les thèmes-phares de Wagner : amour sacré/amour profane, mais aussi la rédemption par l’amour.
Le casque ailé est celui des Walkyries volant dans les airs sur leurs chevaux.
Un fuyard Siegmund erre dans la nuit poursuivi par ses ennemis. Il trouve refuge chez Hundig et Siegelinde qui l’accueillent pour la nuit. Siegmund reconnaît en Siegelinde sa sœur jumelle et tous deux sont pris d’une passion interdite. Dès le lendemain, Siegmund devra combattre Hundig.
Le Dieu Wothan envoie sa fille Brünnehilde au combat. Elle devra favoriser Hundig. Elle finit par choisir de protéger Siegmund.
Wothan prive Brünnehilde de sa divinité et la plonge dans un profond sommeil.

TURANDOT de Puccini

Dans une CHINE médiévale imaginaire, la belle princesse Turandot, épousera l’homme qui saura résoudre les 3 énigmes qu’elle lui proposera.
En cas d’échec, c’est la décapitation.
Dans la foule se trouve Timur, roi de Tartarie déchu, devenu aveugle, sa jeune esclave Liù ainsi que Calaf son fils dont est secrètement amoureuse Liù.
Lorsque Timur paraît, Calaf est subjugué et décide d’affronter l’épreuve des 3 énigmes. Il sort vainqueur. Turandot supplie son père de la délivrer de ce mariage dont elle ne veut pas.
Calaf accepte de mourir si elle trouve son nom avant l’aube.
La cruelle Turandot fait torturer Liù qui seule connaît le nom de l’étranger.
Celle-ci se poignarde plutôt que de révéler son secret. À l’aube, Calaf révèle lui-même son nom à Turandot.
Elle déclare : il s’appelle « Amour ».
Le mariage est célébré.

L’ÉLIXIR D’AMOUR de Donizetti


L’élixir d’amour reprend le thème de Tristan et Yseult.
Némorino, jeune villageois naïf et timide, aime Adina, riche héritière arrogante, indifférente à ses déclarations d’amour.
Afin d’empêcher le mariage qui se prépare entre Adina et le sergent Belcore, Némorino décide d’acheter un FILTRE D’AMOUR au Dr Dulcamaran qui ne lui vend que… du Bordeaux.
Sous l’effet de l’alcool, Némorino ignore Adina qui, vexée, accepte d’épouser Belcore.
Pour pouvoir acheter une nouvelle bouteille d’élixir d’amour, Némorino s’engage dans le régiment de son rival.
Un providentiel héritage le rend irrésistible aux yeux des jeunes filles, ce qui réveille la jalousie d’Adina : una furtiva lacrima est un des airs emblématiques de cette oeuvre.
Adina finit par lui avouer son amour.

L’histoire d’Opéraccourcis se termine de la meilleure des façons, avec Simon qui découvre le quilt, s’amuse devant le public à deviner chaque Opéra (le Trouvère n’est pas venu spontanément !)… Désormais il fait admirer ce quilt à ses visiteurs, chez lui, sur un mur blanc… et encore une fois nous unissons deux arts, ici la musique et les arts textiles.

Merci pour cette présentation Maïté, et de nouveau toutes mes félicitations !

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C’est dans un mois ! Préparez-vous à un Salon extraordinaire cette année, encore et toujours, à Nantes à Pour l’Amour du Fil !

J’y serai avec mon groupe Les Petites Mains d’Isaure et l’exposition Ma Bro, qui accompagne l’excellent nouveau roman de Joëlle Loeuille, Isaure :

Et naturellement, vous pourrez faire une pause en discutant avec vos blogueuses et influenceuses préférées (pas celle de Dubaï, hein !) au COIN DES BLOGUEUSES.

Préparez bien votre séjour,
ne manquez pas cette édition dédiée aux artistes espagnols !

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10 commentaires sur « Opéraccourcis »

  1. une création magnifique superbe splendide

    délicate tous mes compliments a Maité

    et merci pour tes commentaires toujours aussi intéressants

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  2. Bravo Maïté! Moi qui ne suis pas fan d’opéras, j’en ai reconnu quelques-uns dès la première photo (Carmen, le Barbier de Séville, la Bohème et Mme Butterfly). Tu as su trouver LE détail qui permet de représenter simplement chaque opéra!

    Katell, belle Saint Patrick…

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  3. Formidable quilt de Maïté, bravo à elle !
    « Operaccourcis » est un joli mot valise et j’ai bcp apprécié les résumés car je me suis aperçue que pour la pluspart de ces opéras je connaissais la musique mais pas du tout l’histoire racontée ha ha … Merci pour ce bel article qui démontre que les arts s’enrichissent les uns les autres et que vouloir faire de son quilt un cadeau d’amitié ou d’amour est un super bon moteur pour se mettre au travail et s’y tenir jusqu’au bout !

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  4. Quel beau quilt! Et merci pour toutes les explications. J’aime vraiment la simplicité et cette unité avec les fonds. Comme d’habitude, Maïté excelle! Bises à elle et à toi.

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