Ohio Star… en miettes

Dans l’Etat de l’Ohio, vous pouvez faire un tour de quelques dizaines de kilomètres pour admirer des fermes si joyeusement décorées comme celle-ci :

N’est-ce pas un merveilleux hommage à notre activité ? C’est Donna Sue Groves qui, en 2001, fit une décoration sur sa grange dans l’Ohio en l’honneur de sa mère quilteuse. Cette brillante idée eut tellement de succès que près de mille granges sont ainsi peintes dans 19 Etats ! Si vous souhaitez en savoir plus sur l’origine de cette nouvelle tradition, cliquez ici ou ici pour d’autres exemples. La plus adéquate pour l’Ohio est celle-ci en photo puisqu’elle est nommée Ohio Star. J’aime beaucoup ce bloc. Tellement que j’envisage très sérieusement de peindre ce bloc sur ma boite aux lettres, c’est relativement discret mais tout de même très rare en France. Sur les volets, je ne crois pas obtenir l’autorisation de mon mari.

En attendant le courage de sortir les pinceaux, j’en ai cousu une qui pourrait figurer dans le concours des motifs cachés (à lancer) :

L’avez-vous dénichée ? On la voit mieux en photo ! C’est le centre piécé de l’étoile qui m’a donné envie de brouiller les pistes. Vous pouvez voir ci-dessous un de mes petits trucs : j’ai préparé à part un tissu de bandes dès la première semaine, en couleurs dominantes, pour éviter parfois les longues bandes d’un seul tissu. Très utile pour finir rapidement un bloc !

Cette étoile cachée me rappelle les devinettes éditées en Lorraine, sur les images d’Epinal qu’on collectionnait encore un peu dans mon enfance, avec un dessin caché comme ici :

(cherchez la tête du chasseur de papillons)

 Ce papillon me donne envie d’en coudre un autre en miettes…

A bientôt !

Un crumble de blocs

Complètement happée par la pratique addictive des crumb blocks, j’ai fait plusieurs blocs de coeurs, d’étoiles, et encore de vols d’oies cette semaine. La dominante est le vert, tous les verts que je possède et que je n’aurais jamais imaginé assembler dans un même ouvrage !  J’y ajoute deux blocs sur le thème de la semaine, des 9 ou 4 patch déjantés, qui le sont parfois trop chez moi…

Exercice où j’apprends beaucoup sur les infinies possibilités de rattrapage de situations apparemment désespérées, comme des angles rentrants, des lignes trop longues, des courbes non désirées, les marges de couture rognées… Il faut rester zen et trouver la parade.

Autre exercice, mes premières lettres à la manière de Tonya : les premières sont bien trop au garde-à-vous, trop régulières, les secondes un peu trop vagabondes : à force je trouverai le juste milieu !

Et j’ai fait un papillon, puis un deuxième qui prend la place de 4 blocs :

Et voici 4 blocs divers déjà cousus ensemble :

Je pense aller trop loin en ajoutant des blocs très crazy, sans motif défini, cela enlève un peu de lisibilité mais malgré tout je suis heureuse de me débarrasser de toutes ces chutes… enfin, en théorie, car elles font des bébés à n’en plus finir !

Même s’il est évident que cela me plaît beaucoup de travailler ainsi, je sais que je me suis laissée aller à trop de mini-piéçages et trop peu de constance dans la structure par rapport aux « quilts sans règles » que je préfère. Erreur de jeunesse sans doute ! Vous pouvez lire un article passionnant  chez Lazy Gal Quilting, qui me confirme dans l’idée qu’un « unruly quilt » n’est pas si évident à réussir. Elle donne aussi d’excellents conseils sur les problèmes de couleurs qui déteignent au lavage et l’utilisation des petites lingettes miraculeuses.

Il me reste une quinzaine de blocs à faire sur 49, le challenge va être de les faire en fonction des blocs environnants pour rendre ce crumb quilt foisonnant comme la jungle tropicale, comme je le souhaite, mais quand même esthétique !

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Allez régulièrement chez Béa, elle participe à la même aventure : http://uneaiguilledansunebottedefoin.blogspot.com/

La source de ce crumb quilt : http://www.joscountryjunction.com/, avec une structure hebdomadaire fort bien faite,  des blocs plus simples et donc plus « lisibles »… J’apprends beaucoup  grâce à cette expérience, merci encore Jo !

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Supergoof de nouveau dans Blogland

La si talentueuse Supergoof des Pays-Bas a eu bien des malheurs informatiques : un hébergeur de blog qui ne sait pas quand il va pouvoir remettre son blog en route, une boite de mails piratée… Mais notre chère quilteuse a toujours de si jolies choses à nous faire partager qu’elle vient juste d’ouvrir un nouveau blog, allez vite lui rendre visite ici : http://supergoof-quilts.blogspot.com/

Tulipes géorgiennes libérées

Après un coup de coeur chez Nifty Quilts et ses tulipes piécées en bandes, si proches d’un autre quilt que j’ai failli entreprendre de Lucy Kramer-Van der Sluis,* (édité dans Quiltmania n°76 ) j’ai commandé ce livre dans lequel est le quilt ayant inspiré  Nifty  :

Ce livre relate un incroyable travail de bénévoles de l’Etat de Georgia ayant répertorié tous les quilts, toutes les histoires, témoignages et photos associés aux quilts depuis le début de la colonisation par des Européens jusqu’à nos jours. Cet état du Sud est un exemple très intéressant de la diversité des inspirations des quilteuses selon leur milieu ou leur origine. Je ne peux reprendre tout ce que j’y ai appris, mais il me reste en mémoire que souvent les quilts les plus innovants, les plus « modernes » de l’Etat furent cousus par des Afro-Américaines, comme par exemple ces tulipes qui attirent le sourire et la bonne humeur !

Parallèlement au Crumb quilt, je prépare donc, sur un fond bordeaux foncé que j’ai en réserve, mon petit panneau de tulipes pour le printemps. Inutile de dire qu’en ce moment mon atelier est très ordonné, aucun tissu par terre, nul fil qui traine… dans mes rêves !

* Béa, j’ai vu dans ton blog que tu as commencé  celui-ci, une fois de plus nous avons les mêmes coups de coeur !

Tradition chérie, expression libérée

Que de styles différents au sein de notre communauté de quilteuses ! Il suffit de naviguer un peu de blog en blog pour en mesurer la diversité : quelle chance nous avons ! N’oublions pas de nous déplacer voir les expositions, discuter, échanger… Cela nous enrichit infiniment.

Certaines s’épanouissent dans un seul style, ce qui leur permet de devenir expertes dans leur domaine, d’autres, dont je fais partie, sont passionnées par toute l’histoire des quilts et des femmes qui les ont créés. C’est ainsi que je m’intéresse particulièrement aux quilteuses qui ont allègrement balancé aux orties les règles de base du patchwork traditionnel comme la concordance des coutures, les angles bien respectés… Mais surprise, ces femmes ayant lancé le populaire mouvement du Liberated Quiltmaking ont de solides bases classiques, un amour de la tradition et une fine connaissance de divers mouvements artistiques.

Liberated Log Cabin Medaillon, de Gwen Marston (2009). Admirez les couleurs et le minutieux quilting à la main, témoins de son attirance infinie pour les quilts Amish.

Ainsi la première, Gwen Marston, s’est d’abord investie dans les quilts anciens mais remarqua vite que ses préférés étaient ceux de tendance populaire, souvent très scrappy, qui accrochaient le regard avec leurs « défauts » de construction, leurs couleurs réparties bizarrement,  bref l’audace d’oser se moquer des règles établies. C’étaient souvent des contraintes qui menaient à ces audaces, comme un manque de tissu ou la redécoupe d’un quilt dans un précédent partiellement usagé, non une attitude artistique volontaire. Mais quel charme dans ces ouvrages ! De plus, la redécouverte et la valorisation des quilts Amish dans les années 1980 mit à jour non seulement les plus académiques, mais aussi beaucoup de quilts follement modernes. Enfin, la plus récente influence vient des quilts de la mouvance des Gee’s Bend, quilts réalisés par les plus pauvres Afro-Américaines d’Alabama, avec les restes de nos vêtements modernes (aussi bien des chemises en polyester que des jeans). L’inventivité de ces femmes actuelles, avec simplement ce qu’elles ont de disponible, éclaire sur la longue histoire cachée des quilts « spontanés » tout au long des siècles derniers, en particulier dans les campagnes. On constate que, d’une façon générale, les personnes oppressées survivent grâce à leur inventivité, et moins dramatiquement que le manque engendre la créativité ; c’est ce qui a eu lieu, aussi bien chez les femmes blanches avançant vers l’Ouest américain que chez les femmes noires, d’abord esclaves puis en situation à peine plus enviable pour la plupart dans les états du Sud.

Quilts de la communauté des Gee’s Bend, Alabama, avec un souci d’économie et de beauté.

Ainsi, à côté des quilts traditionnels à la beauté intemporelle, j’aime aussi ces quilts touchants au style informel. Les plus nombreux sont les quilts de bandes, faciles à monter (parfois sur un tissu de base). C’est en ce moment très tendance mais nullement récent !

Voyez ici l’article de Tonya Ricucci à propos de cette étoile faite de petites bandes de récupération ! Celui-ci ne fait pas partie des quilts à bandes les plus « faciles »…

Et ici, une étoile Amish de la collection Brown, date probable vers 1920, belle parenté :

Dans le mouvement du « liberated quiltmaking » ou des « unruly quilters »*, les quilteuses ne font pas tout-à-fait n’importe quoi quand même, sinon elles n’auraient pas cet impact durable. Evidemment elles ne découdront pas une couture qui a « mangé » un angle, oseront ajouter une pièce au bout d’une bande trop courte, mais regardez objectivement leurs ouvrages : les plus réussis sont harmonieux malgré leur côté bancal, une vraie expression artistique s’en dégage. Et pour cause ! Quand on décide de faire un quilt sans règles (double sens aussi bien en anglais qu’en français, avec la liberté qu’on s’accorde et la possibilité de laisser nos instruments de mesure au placard) chaque avancée se fait après réflexion puisqu’il n’y a aucun plan à suivre. Il s’ensuit parfois du découragement quand rien ne marche, mais d’autres fois un drôle de sentiment d’exaltation et de vrai bonheur, une impression d’expression jubilatoire ! Je dois avouer par exemple que mon crumb quilt en cours me donne mille satisfactions, et tant pis si le résultat est bizarre, j’aurai passé grâce à lui des journées formidables !

* quilteuses sans règles

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Si cette orientation vous intéresse, voici deux artistes pour commencer vos recherches :

http://niftyquilts.blogspot.com/

http://lazygalquilting.blogspot.com/

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Noeuds pap’ de choc

Il y a presque une dizaine d’années, dans mon club, nous nous sommes passionnées pour des noeuds papillon très chics, au carré central plié et pris dans les coutures pour faire un joli centre sous lequel on peut glisser son doigt… Modèle trouvé dans un livre japonais traduit en français. Mon fils étant alors tout petit, je ne quiltais pas beaucoup mais là tout de même je ne pouvais résister ! Cette couverture fut prête en un clin d’oeil avec cette technique. Trainé partout, y compris en vacances, ce quilt sera un souvenir lié à son enfance.

Après avoir longtemps servi de tapis de jeu, les noeuds pap accompagnent encore mon fils le soir devant la TV, en voiture, à la plage même ! Vous remarquerez le quilting plus que succinct (j’ai presque honte), mais grâce au molleton PSR Nuage tout reste en place, même après des dizaines de lavages. Les tissus blanc et rouge sont des draps, quelques tissus de patchwork mais pas en majorité.

Ensuite, j’ai régulièrement enseigné cette méthode qui m’épate toujours ! A chaque fois je disais à mes élèves : « Cette fois-ci, pas de feuille car je suis incapable de bien l’expliquer par écrit ! ». Un jour,  mes deux Abeilles les plus éloignées de la Ruche, les soeurs de Carcassonne, m’ont fait le grand cadeau d’une explication écrite avec photos à l’appui… les voici rien que pour vous :

[Noeuds pap en volume expliqués par Annik & Eliane], merci les filles !

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A présent circule sur le Net « l’autre » version de pliage que j’avais déjà vue sur un magazine Burda mais que j’aime un peu moins (l’habitude sans doute), et aussi des variantes, un livre… Bref les « 3D bow ties » sont à la mode, profitez-en, c’est amusant !

* Explications très claires de l’autre méthode, plus facile à mettre en images : http://bearcreekquilter.wordpress.com/2008/05/23/3d-bow-tie-tutorial-and-more/

* Vidéo bien utile pour comprendre le système de pliage : http://www.youtube.com/watch?v=sgAZ3_xdkGw

* Le livre écrit par la quilteuse de la vidéo ci-dessus, avec cette intéressante variante de pliage des bordures :

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Un coeur en miettes

Non, ce n’est pas un cri de désespoir mais simplement l’interprétation d’une partie du riche programme de la semaine pour avancer les crumb quilts, ou quilts en miettes de tissus.  Après les vols doie de la semaine dernière, nous avons du travail en perspective avec les étoiles et les coeurs, deux thèmes qui ont toujours inspiré les quilteuses ! Voici donc mes premiers essais :

De plus en plus tordu n’est-ce pas ? Mais je persiste dans cette voie !

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Je vous rappelle que c’est Jo qui nous guide pour faire cet ouvrage : http://joscountryjunction.com/

Des mots doux, des mots fous…

…des mots sur nos quilts !

Au dos des quilts, on peut généralement lire quelques renseignements sur l’ouvrage : le titre, l’année de création, le nom de la quilteuse et parfois plus, souvent écrits au feutre indélébile ou, mieux, brodés. Les plus belles que je connaisse sont celles de France Aubert et de Maïté, abeille de mon groupe : toutes deux brodent avec soin et composent toujours sur l’étiquette un gracieux rappel du thème du quilt.

Sur le devant des quilts, ce sont en général des lettres appliquées qu’on trouve, le plus souvent sur des Folk Country Quilts on peut lire des mots d’actualité saisonnière (Halloween, Christmas, Spring…), des mots d’espoir, d’idéal ou de souhaits (hope, love, peace, best wishes…), ou autres petites locutions évocatrices de confort et de joie (Home sweet Home…). Les Anglophones sont très fans de ces petites locutions, inscrites un peu partout dans les maisons « cosy ». Nous, Francophones, avons également un trésor de maximes et d’expressions mais elles sont, malheureusement de nos jours, considérées comme ringardes !

Et puis, dans l’excitation de la découverte du patchwork libéré avec Gwen Marston en l’an 2000, Tonya Ricucci inventa l’alphabet libéré. Imaginez des mots piécés (et non appliqués), dansant au beau milieu du quilt, ou en ribambelle sur la bordure… Si vous voulez en voir quelques uns, c’est ici : Word Play Quilts.

J’avais une petite idée, en voyant les photos, du principe de la technique, mais j’ai tout de même acheté LE livre de référence :

C’est une jubilation d’imaginer, sur mon futur Crumb Quilt, une bordure évoquant le thème que j’ai choisi !… Mais au-delà de la technique –fort simple– du piéçage des lettres, j’apprécie beaucoup la page d’introduction écrite par Gwen Marston. Ce sera l’occasion de vous parler un peu plus du mouvement du Liberated Quiltmaking… dans quelques jours !

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Autre alphabet piécé disponible sur le livre « Motifs de Patchwork », de Yoko Saito, édition Quiltmania (2006) : le look des lettres est assez similaire mais pas la technique. Dans ce livre-ci, les blocs sont dessinés précisément, alors que Tonya Ricucci donne un processus, une méthode, pas un modèle.

Vols d’oies au-dessus de Toulouse

Après les vols d’oies un peu fous du Crumb Quilt, revenons au traditionnel, mon inspiration pour toujours ! Les Vols d’Oies, ces triangles à la base 2 fois plus grande que leur hauteur, sont extrêmement beaux graphiquement et se retrouvent en sujet principal tout comme en bordure dans d’innombrables quilts. Déjà, ces formes étaient très aimées pour les pavements en marbre dans les églises romanes, cette esthétique n’est pas nouvelle ! En revanche le nom du bloc vient, comme tant d’autres, de l’observation de la Nature par les Américains. Les migrations des oies, très nombreuses, bruyantes, majestueuses, en forme de grand V dans le ciel vers le Nord, annonçaient très tôt l’approche du printemps, puis dans l’autre sens l’arrivée de l’automne…

Lorsque des débutantes souhaitent apprendre vite et bien les règles essentielles du patchwork, rien n’est plus efficace qu’un sampler. C’est ce que je propose, parfois avec insistance… En janvier 2009 arrive une « nouvelle » en cours d’année, et le bloc du jour est le vol d’oies 4 par 4 : avec un tour de passe-passe, on coud 4 vols d’oie à la fois ! Magie des nouvelles techniques de coupe rapide… Je montre à cette occasion  un de mes petits quilts en exemple où on y retrouve bien chaque bloc en 4 exemplaires.

Petit quilt très classique, bien sage mais toujours aimé, Vols d’Oies

Ce premier cours fut fort bien exploité par Martine, ma nouvelle d’alors, qui est vite devenue une de mes Abeilles les plus dynamiques ! Je lui laisse vous raconter ses débuts…

DIS MAMAN…

Comme vous, sans doute, avant même de savoir quilter je lisais des livres de patchwork imaginant le moment où je pourrais réaliser un modèle favori. Le livre « Le patchwork » de Diane Crawford et de Lucinda Ganderton aux éditions Gründ dans la collection La maison sous toutes ses coutures est un des premiers que j’ai feuilletés inlassablement et dont un modèle me plaisait particulièrement. C’est un modèle très classique composé de blocs « vols d’oies » montés en bandes.

L’été 2009 qui a suivi mes premiers cours et premiers pas dans le patchwork, je me suis lancée avec frénésie et sans complexe dans la réalisation dudit quilt destiné à couvrir le lit de mon ado de fils ! Nous avions en cours, coïncidence, appris à réaliser le fameux bloc en couture rapide. A la fin de l’été j’avais non seulement réalisé les 168 blocs mais monté le top et j’étais toute fière de pouvoir faire admirer mon travail par mes amies les abeilles à la réunion de septembre.

La rentrée à la ruche m’accapara complètement avec les nouveaux cours, j’avais tellement à apprendre… J’ai entrepris de nouveaux projets et  j’ai vite oublié mon top aux vols d’oies, d’autant plus facilement que je ne savais guère matelasser à la main. Mais voilà qu’un jour mon fils me dit : « Dis maman quand est-ce que tu finis ma couverture !».

Alors là surprise, étonnement, dérobade, quelques mots bredouillés, oui mais ….!! Le  croirez-vous, pendant deux ans mon ado m’a régulièrement demandé « dis maman quand est-ce que tu finis ma couverture !». Méthode de pression très efficace, d’autant plus qu’entre temps j’avais appris à matelasser à la main dans les règles de l’art. L’échéance est donc devenue incontournable, fin de l’été 2011 !

Pour la petite histoire j’ai fini par le matelasser….à la machine ! Grâce à notre reine des abeilles qui m’a gentiment prêté une bonne machine à coudre (avec double entraînement…etc.) et les conseils avisés d’une abeille ! Il eût été dommage de le laisser sans matelassage n’est-ce pas ?

Mais là n’est pas l’essentiel ! N’est-il pas dans toutes ces petites histoires que chaque ouvrage raconte ? Elles rendent le patchwork si vivant et chaleureux  qu’on en devient vite accro !

Martine

Ce couvre-lit fait maintenant la fierté du fils de Martine !

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Des miettes partout !

Les bouts de tissus, plus on les utilise… plus on fait des miettes ! 


J’adore faire des scrap quilts (quilts utilisant beaucoup de restes de tissus, pas très assortis au départ mais au résultat très riche), pourtant j’avoue qu’un quilt de miettes -crumb quilt- me fait largement sortir de ma « zone de confort » : j’ai beau admirer les résultats chez les autres quilteuses, en particulier toute la mouvance des quilts libérés*, j’ai du mal à ne pas m’inquiéter de la concordance des coutures, des angles mordus et autres petites particularités qui sont, en patchwork classique, des défauts ! Je me soigne donc et je m’amuse avec mes miettes, grâce à l’appel lancé par Jo sur son blog.


J’ai été tentée de suivre la palette « qui marche à tous les coups » avec une dominante bleu-blanc-rouge, car j’ai des tonnes de petits bouts en attente. Je préfère finalement m’inspirer de l’actualité familiale qui me fait lever chaque nuit en quête de nouvelles sur internet : ma seconde fille voyage actuellement en Amazonie et réussit à nous envoyer des photos merveilleuses de la Forêt d’Emeraude. Sans imaginer concurrencer la Nature, je m’en inspire pour quelques blocs comme ici :

                                           

Je me sens tout d’un coup bien présomptueuse ! La liane inspiratrice est si magnifique…

Donc ce quilt sera, dans ma tête, inspiré des couleurs de l’Amazonie, ses fleurs, ses arbres, les papillons et perroquets, les pirogues multicolores sur l’Amazone, les maisons colorées des petites villes bordant le fleuve : dominantes vertes, bleues, terre, d’où émergent soudain des couleurs éclatantes… Je ne délaisse pas pour autant le fil conducteur : des blocs un peu fous, tordus et ne respectant plus les règles élémentaires  du patchwork traditionnel. J’y inclus mes premiers essais de blocs de miettes, cousus naguère d’après les explications de Bonnie.

Je m’amuse, et cela se voit, non ?

Hier Jo a lancé la première étape avec des blocs aux vols d’oie… bien sûr tout biscornus, coupés et cousus sans souci d’exactitude. Ses tissus sont du pur recyclage de chemises et autres vêtements à rayures et à carreaux, avec un tissu rouge unissant le tout. Moi, je reste dans mon ambiance amazonienne et les tissus restant d’anciens ouvrages :

Ici les vols d’oie de Jo… et ci-dessous les miens. Si vous commencez vous aussi des blocs de miettes, ne vous inquiétez pas si vous trouvez un bloc pas très beau tout seul, il sera entouré des autres et se mettront mutuellement en valeur ! C’est du moins ce que je me souhaite 😉

C’est donc mon aventure du moment, bien plus modeste que celle de ma fille, mais je lui laisse volontiers la place auprès des tarentules, anacondas et boas qu’elle côtoie !

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*Liberated Quiltmaking, ou faire du patchwork de façon libre, processus de patchwork que je résume ainsi : soyez innovante et faites-vous plaisir ! Gwen Marston a popularisé ce patchwork spontané.