Sur la route de Madison et ailleurs…

Vous avez peut-être vu ou lu Sur la Route de Madison, assurément une des plus belles histoires d’amour de ces dernières décennies. Son auteur, Robert James Waller, vient de nous quitter (le 10 mars 2017). Né en 1939 dans l’Iowa, il écrivit son premier roman à 52 ans en 11 jours, et c’était le merveilleux Love in Black & White (en référence à son hobby de photographe et le métier de son héros) rebaptisé ensuite The Bridges of Madison County (les Ponts de Madison County). Abonnée alors au Grand Livre du Mois car, vivant alors à Hamburg, j’étais en manque de livres écrits en français, j’avais commandé ce livre dès 1993, Sur la route de Madison, et je l’avais lu deux fois de suite, remuée par cette divine parenthèse qui résonnait avec une belle histoire d’amour dans ma jeunesse… What if… Et si… La vie est faite de choix et parfois on se demande où on serait avec un autre chemin choisi !

Première édition avec le premier titre, curieusement édité d’abord en Angleterre le 27/07/1992. Le livre a ensuite été traduit en 40 langues et vendu à 60 millions d’exemplaires.

J’avais peur de voir le film, de perdre la magie du roman, mais avec Meryl Streep et Clint Eastwood, le miracle a opéré.

Le film date de 1995 et ce fut, comme le livre, un succès immédiat ! Pour moi, une des plus belles histoires d’amour du cinéma…

Dans cette histoire, on parle de ces curieux ponts couverts. Les premiers virent le jour en Suisse au 12e siècle, puis il y en eut d’autres en Europe, puis en Amérique du Nord. Les toits aident à protéger les structures en bois soumises aux intempéries. 825 ponts couverts sont répertoriés aux USA  dans les contrées du nord-est et du centre des Etats-Unis !

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Autres constructions en bois qui jalonnent les mêmes campagnes, les granges. Depuis 16 ans maintenant, des granges de toutes sortes, anciennes comme récentes, les granges rénovées comme les croulantes, s’ornent de blocs de quilts peints sur un panneau accroché à leur façade. J’en avais touché deux mots par ici. Depuis, ce mouvement a encore pris de l’ampleur et gagne du terrain ! 

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C’est Betty (les Pine Cone quilts !) qui m’en a récemment reparlé car elle a suivi en janvier, pendant plusieurs jours, le Barn Quilt Trail de Floride. C’est un circuit organisé pour voir toutes les peintures de granges dans un coin du pays, l’occasion de profiter de la campagne et suivre les chemins de traverse, et de faire vivre les endroits reculés grâce à ce tourisme vert.

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Ici le bloc de l’Etoile de l’Ohio est peint directement sur les planches de la grange, exercice difficile réussi par Scott Hagan (voir ici)

J’ai recommandé le livre qui suit à une amie préparant, avec deux autres amies quilteuses, un beau voyage aux Etats-Unis, espérant qu’il les aiderait à se décider pour tel ou tel Etat à privilégier, en dehors des étapes déjà prévues :

Curieuse, je me le suis offert aussi.

J’ai déjà lu beaucoup d’approximations et même de bêtises concernant ces granges décorées de blocs de patchwork peints. Ce livre remet tout en place. Dans l’introduction, on a l’entière histoire, la « vraie » puisque c’est Donna Sue Groves elle-même qui l’écrit. Donna est celle qui a inventé ce concept.

C’est venu d’un jeu d’enfants quand sa famille faisait des voyages en voiture, du temps où il n’y avait ni smartphone, ni DVD, ni console de jeux pour tenir les enfants tranquilles. Ils allaient souvent rendre visite aux deux grands-mères vivant à la campagne, toutes deux quilteuses par ailleurs. Pour calmer les enfants, les plaques d’immatriculation ne pouvaient aider, ils étaient invariablement de Virginie Occidentale. Alors la mère a inventé un jeu avec des points : qui, de chaque enfant, aura de son côté de vitre le plus de granges qui donnent des points ! Selon la forme des granges, on gagnait un certain nombre de points. Certaines, ornées de panneaux publicitaires, donnaient 3 points et même 6 points si les gamins réussissaient à lire les  mots. Les granges rouges donnaient 2 points, les blanches minoraient de 2. C’était un exercice de lecture et de calcul, mais aussi un intérêt familial, le père s’arrêtant souvent pour en photographier.

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Le temps a passé, Donna et sa mère ont emménagé dans l’Ohio, dans une ancienne ferme… avec une grange. Dès 1989, Donna souhaite peindre un bloc sur la grange pour sa maman tant chérie, évidemment une Etoile de l’Ohio. La vie a fait que les années ont passé sans concrétisation jusqu’à ce qu’elle scelle avec des amis l’idée de faire enfin sa peinture… et concevoir un circuit de granges également ornées dans le même comté de l’Ohio, l’Adams County. 2001 est donc le début de cette grande aventure qui devient LE projet de sa vie.

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Plus d’un millier de granges ornées plus tard, le bilan est qu’une immense communauté de propriétaires de granges d’Amérique de Nord s’est créée, grâce à Donna. Elle a tant donné pour ce défi, a tant voyagé, s’est fait tant d’amis !! Le paysage de la campagne a vraiment changé depuis 2001, les granges ne sont plus démolies mais consolidées pour pouvoir au moins accueillir un tableau de bloc de patchwork…

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Cependant la vie, tissée de tout ce que nous faisons et rêvons, ne tient parfois plus qu’à un fil. Donna a eu un cancer du sein il y a une bonne dizaine d’années et ce n’est que grâce à cette formidable communauté, ses dons conséquents et son soutien moral, qu’elle a pu se faire soigner et qu’elle vit encore.

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Tout le reste du livre est écrit par Suzi Parron, une nomade en motorhome qui, inlassablement avec son mari et son chien Gracie, sillonne l’Amérique. Ensemble ils ont suivi une grande partie des Barn Quilt trails.

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Toutes leurs possessions sont dans le motorhome, avec une voiture, des kayaks (ils sont fans !) et des vélos :

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Son récit raconte les belles rencontres, les émerveillements de la nature, les galères personnelles aussi, on y voit de nombreuses photos de granges aux panneaux peints… mais ce n’est pas un guide touristique et je ne suis pas sûre que ce livre aide mes amies à préparer leur voyage 😉 En revanche, vous avez ici une carte interactive : cliquez sur l’Etat que vous voulez, vous verrez s’il y a là un Barn Quilt Trail !

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C’est l’Amérique que j’aime, celle où tout est possible, celle de la joie, l’optimisme et la gagne contre l’adversité, celle de l’entraide, de la convivialité, celle où on fait attention à son voisin. C’est l’esprit qui a construit cette nation, qui existe encore et est bien loin de ce qu’on voit ou entend aux actualités.

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Je reviendrai prochainement sur le Barn Quilt Trail qui existe en Floride, prétexte pour vous parler d’une célébrité locale que m’a fait découvrir Betty… A bientôt !

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Voir aussi le blog : http://americanquilttrail.blogspot.fr/ (la plupart des photos viennent de ce blog de Suzi Parron)

Endlich, Enfin !!

Je le proclame haut et fort, j’adore le livre que je viens tout juste de recevoir ! Et pourtant il a eu du mal à arriver… Pré-commandé à la mi-février pour une livraison prévue au 1er mars, il n’arrivait pourtant pas. J’ai contacté l’auteur qui m’a répondu qu’elle l’attendait elle-même avec grande impatience ! A la mi-mars, enfin les livres sortaient des presses, prêts à être distribués. J’ai ensuite reçu un message d’Amazon stipulant qu’on n’avait pas trouvé ma boite aux lettres… Bref des contrariétés maintenant oubliées avec ceci chez moi :

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Le septième livre de Bernadette Mayr est paru !

Même si vous avez ses livres précédents et connaissez son style, vous ne serez pas déçue. Bien sûr on retrouve ses habituelles coupes à main levée et à l’œil, sans gabarit ni règle. Comme c’est le genre de patchwork qui me fait vibrer, je suis bonne cliente mais aussi prête à être critique si c’est trop du déjà-vu. Heureusement Bernadette Mayr sait encore nous surprendre, nous donner les fourmis dans les doigts, tout en reprenant ses techniques favorites qui collent à son style ou ses tissus chouchous comme les rayures ou les pointes de noir & blanc qui font de chaque quilt une œuvre « signée ».

Dans ce livre comme dans les précédents, c’est la Nature qui l’inspire ; on ne peut lui en vouloir, c’est la meilleure inspiratrice !

Le plus moderne, le plus différent de ses autres quilts est sans doute La Feuille de Ginkgo. En matière de modernité il est talonné par le quilt des Coquillages des Mers du Sud. Le plus facétieux, sans aucun doute Les Robots. Le plus crazy est Blaue Ringe, le poulpe aux anneaux bleus, un des animaux les plus venimeux au monde qui sévit dans les eaux du Pacifique et notamment le long des côtes australes. Je vous rassure, le quilt est aussi beau que l’animal mais bien plus pacifique ! Le plus chaud est sans contexte le magnifique Volcan. Le plus poétique… eh bien j’hésite, il y en a plusieurs ! Que choisir entre les Nuées de Papillons, les mystères de la Forêt Tropicale, les Habitants du Jardin (des escargots), Les Fleurs de Glace ?… Je décerne le prix de la poésie à la Pleine Lune !

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Coquillages des Mers du Sud

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Papillons de Nuit
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Forêt Tropicale

Pas moins de 21 quilts expliqués dans ce livre. Je ne vous en montre pas plus, pour le plaisir de la découverte. Oui, je vous entends d’ici, c’est en allemand… Si vous trouvez un éditeur, je suis prête à le traduire l’année prochaine ! Mais comme dans ses autres livres les nombreux schémas sont très parlants, si vous avez un peu d’expérience dans ce genre de patchwork vous vous en sortirez…

Photos extraites du site de Bernadette Mayr, liste de ses livres ici :
 http://www.bernadette-mayr.de/buecher.htm. Ses plus anciens sont épuisés, mais guettez les Puces des Couturières, les sites de vente sur internet… On ne sait jamais !

La Porte du Ciel

Ces dernières semaines, le ciel était colère, nous lançant des trombes d’eau, nous soufflant des vents violents… Fin février, les vents ont endommagé ma ligne téléphonique au niveau du dernier poteau du chemin. Le temps de constater que Free ne pouvait rien faire, qu’Orange ferait mieux, et qu’Orange a effectivement pu intervenir -tout en nous prévenant que notre coin de campagne en cours d’urbanisation contient bien trop de dérivations… Bref j’ai survécu à presque quatre semaines sans internet, allant jusqu’au bout de mon forfait 4G de smartphone. 

Ce ciel en colère a brutalement interrompu le flot d’articles sur la Ruche : cela vous a fait des vacances !

La Ruche des Quilteuses, Cécile Milhau, détail

Et un grand merci aux personnes qui se sont inquiétées… J’ai pu les rassurer, il n’y avait que des problèmes matériels !

Froufrou, le 17 janvier dernier, laissait un commentaire après l’article Une étiquette pour chaque quilt, signalant un roman parlant de quilts de Gee’s Bend : La Porte du Ciel de Dominique Fortier, édition Les Escales. Nous en avions parlé à la Ruche le vendredi suivant, personne ne le connaissait. Je sais que Pascale Genevée l’a commandé, attirée naturellement par le sujet. Et puis Kristine l’a lu et m’a confirmé que c’était un livre très documenté qui ne pourrait que me plaire.

Je confirme ! Bizarrement, la construction du roman rappelle un scrap quilt, sautant d’une histoire à l’autre, privilégiant les considérations de fond et les grands thèmes plutôt que la petite histoire. Si vous le lisez, vous serez peut-être déstabilisée par ce roman à la construction qui ressemble à ça :

ou ça :

ou encore ça :

Vous l’avez compris, ce n’est pas une histoire linéaire et traditionnelle, même si l’écriture est très soignée et parfois joliment poétique.

Les quilts ci-dessus sont tous faits à Gee’s Bend, dont j’ai raconté l’histoire dans cet article. Mais dans le livre, nous avons les pensées de ces quilteuses, un peu différentes de l’histoire officielle, et c’est fort intéressant !

On ne devine pas l’origine québécoise de la romancière, l’écriture étant académique… sauf lorsqu’elle utilise le mot courtepointe !

Elle nous fait d’abord vivre il y a 150 ans dans une propriété de Louisiane, quand les esprits s’échauffent et que le Sud veut conserver sa manière de vivre, avec maîtres et esclaves… La guerre civile couve puis éclate, et au travers de l’amitié entre deux filles du même âge que tout pourtant oppose (l’une blanche, l’autre mulâtre), chacune se rend compte du carcan qu’impose la société, à l’une comme à l’autre. Et on découvre par ailleurs des femmes cousant inlassablement des quilts improbables, dans un coin isolé de l’Alabama… Avec elles on suit les chemins de traverse vers l’émancipation, la liberté, le libre-arbitre, et toutes les résistances des uns et des autres.

Il est question de quilts, de cinq en particulier, photos que l’éditeur a bien voulu envoyer à Kristine (elles étaient en janvier sur le site de l’éditeur, il faut maintenant les demander). Alors rien que pour vous, les voici, afin de mieux profiter du roman ! Cliquez ici : Courtepointes de la Porte du Ciel. Les descriptions de ces quilteuses créant leur quilt, récupérant chaque bout de tissu pour leur donner une autre vie, y mettant toute leur histoire et leur âme, sont des pages que je n’oublierai pas de sitôt.

Attention, ce n’est pas un roman classique, l’auteure ne faisant pas grand chose pour qu’on s’attache aux protagonistes -en particulier aux deux filles dont l’amitié aurait pu faire une sacrée histoire- ni un roman historique, mais plutôt un patchwork de scènes piochées dans 150 ans de remous. On redécouvre de nombreux aspects de cette culture du Vieux Sud, avec son héritage compliqué, sa sociologie particulière… Mais quel plaisir de lire un livre dans lequel des quilteuses sont évoquées !

La Ruche des Quilteuses de Cécile Milhau a gagné le 2e prix ex-aequo du challenge des Abeilles proposé par France Patchwork l’année dernière. Elle m’a offert ce petit bijou vendredi dernier !

 

Au QuiltCon 2017, un quilt bien particulier

Cette nouvelle fera plaisir aux bénévoles du Projet 70273 : au QuiltCon, la plus grande exposition de quilts modernes qui a eu lieu en fin de semaine dernière à Savannah (Georgie), il y avait le Quilt #1 du Projet 70273 exposé en support de présentation :

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Photo Lori East

Petit à petit, les Guildes apportent leur soutien en diffusant les informations sur le Projet, organisant des ateliers, des expositions… Le Projet devient également un support d’éducation pour la jeune génération.

N’oubliez pas que, outre les blocs, vous pouvez faire des Middlings (que j’appelle des Moyens autour de moi, par facilité, et qui sont d’une taille d’un fat quarter, soit 45 x 55 cm). Je vous montrerai le mien très bientôt.

Pour toute la France sauf organisation locale, l’adresse d’envoi est celle de Chloe Grice (voir la page du Projet). Pour l’exposition en Occitanie, j’accepte des blocs jusqu’à la fin de cette semaine, car nous avons besoin de temps pour les monter en quilts. Cependant, les Moyens étant offerts terminés, vous avez jusqu’à la mi-mai pour me les transmettre !

102 blocs venant des Can’canettes

Qui sont les Can’canettes ?

En ces temps d’abattage des canards dans le Sud-Ouest, il est bon de savoir qu’il y a des Can’canettes qui résistent dans le Tarn.

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Ou bien les Can’canettes sont peut-être les copines bavardes de Daisy Duck.

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Mais non, vous n’y êtes pas ! Les Can’canettes sont d’intrépides quilteuses tarnaises qui vident leurs canettes plus vite que leur ombre !

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Voici presque toutes les sympathiques Can’canettes qui ont bien voulu participer aux deux quilts pour le Projet 70273 sous l’égide de la dynamique Jo Drouet :

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46 blocs pour ce quilt représentant des croix, l’effet est original et bien pensé ! Annie l’a monté et quilté, mais en timide Can’canette, elle n’est pas sur la photo. # 44
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Ce quilt #45 comporte 56 blocs. Il est plus traditionnel mais toujours oh combien émouvant en pensant qu’il représente 56 victimes… Ne l’oublions pas. Merci Mesdames.

Où se trouvent les Can’Canettes ? Leur club est à Castres, la deuxième ville du département du Tarn (après Albi). C’est à 45 km du village de Lacaze où aura lieu notre exposition. Nul doute que nous retrouverons une bonne partie d’entre elles les 24 & 25 juin !

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Ce tableau est une très belle interprétation des bords de l’Agout, rivière qui traverse le centre historique magnifiquement réhabilité de la ville de Castres. Il a été fait l’année dernière par ce club ! Chaque panneau correspond au travail d’une personne. C’est ainsi qu’elles ont appris à travailler en collectif, avec Cécile Milhau, mais cette fois-ci, elles se sont lancées seules et ont réalisé ce panneau en cachette en hommage à Cécile, pour lui montrer combien elles avaient bien appris à son contact.

BRAVO les Can’canettes !

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NB : j’accepte des blocs de croix rouges pour le Projet 70273 jusqu’au 3 mars, afin d’avoir ensuite le temps de les assembler et les quilter avant le mois de juin : ils seront exposés à Lacaze (81) avec des quilts venus de Nouvelle-Aquitaine. Me contacter si vous souhaitez faire un quilt entier pour cette expo.

Il continue d’arriver  des blocs d’Occitanie dans ma boîte aux lettres et c’est à chaque fois un sentiment de reconnaissance qui m’envahit envers l’expéditrice, même si je n’ai pas le temps matériel de répondre à chacune. Merci de m’adresser vos derniers dans les 8 jours.

Mais nous sommes encore loin du compte des 70273 blocs, le challenge continue ! Les blocs suivant seront expédiés à Chloe Grice, adresse par ici.

Qui veut gagner des… carrés ?

La semaine prochaine, nous organisons en Haute-Garonne un atelier pendant lequel nous ferons des échanges de paquets de carrés, afin que chacune fasse un charm quilt.
Un charm quilt est un quilt fait de pièces d’une seule forme et taille, sans jamais utiliser deux fois le même tissu. On doit puiser dans son sac de chutes ou faire des échanges entre copines pour que ce soit valide et, dernière condition pour la perfection, il doit comprendre exactement 999 morceaux ! Mais on peut s’amuser aussi avec + ou – de morceaux…
Cela fait longtemps que j’avais envie d’en faire un, ayant lu et relu les livres de Smaranda Bourgery à ce sujet. Alors j’ai fait moi aussi quelques recherches, ai écrit à ce sujet (dans Les Nouvelles n° 131 de France Patchwork), et organisé des échanges en Haute-Garonne. Ils ont un énorme succès ! Neuf groupes ont été formés, de six ou de neuf personnes. Cela fait beaucoup de Charm quilts en puissance !

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Symphonie de couleurs, de Maïté, aux 1024 carrés.

Pour l’échange de vendredi 3 mars, il me manque 2 personnes pour compléter le dernier groupe de 6. Chaque personne prépare 6 paquets de 100 carrés de 5 x 5 cm identiques, et elle repartira avec 6 paquets de 100 carrés de 5 x 5 cm différents : c’est la magie de l’échange ! Mais à quatre, c’est bancal…
Qui veut s’associer à nous par courrier postal en préparant ses paquets à temps pour qu’ils me parviennent jeudi 2 mars au plus tard ? Le  lundi 6 mars, j’adresserai en retour les 6 paquets différents à celles qui voudront bien s’inscrire en commentaire. J’espère trouver mes deux participant(e)s complémentaires !
Attention, vous vous engagez à passer quelques heures à couper des carrés dans les jours qui viennent… En revanche, vous serez étonnée de voir que vous avez bien plus de 100 tissus probablement ! Merci de respecter les autres participants en partageant des tissus de style patchwork (uni, imprimé, batik, rayé…). Les consignes sont dans cet article.

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Voici le Charm Quilt de Florence (ici presque en entier) qui comporte 3132 carrés de 5 cm coupés (3,5 cm visibles)

Deux places, c’est peu mais c’est beaucoup quand elles manquent ! Qui veut se lancer ? C’est une bonne source de nouveaux tissus si vous en avez déjà commencé un, c’est un bon début pour les autres…

Dans quelques mois, je vous montrerai les charm quilts faits du côté de chez nous avec ces milliers de carrés échangés !

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On peut s’inspirer, par exemple, de l’agencement des clairs et foncés brillamment fait par Maryline Collioud-Robert avec ses chutes ! Infinies possibilités pour jouer avec les couleurs et la lumière…

La tapisserie de Saint-Martin-Le-Vieil

Hier, attirée par un article de France3 (voir le blog du Patchwork sur son 31), je suis allée vers Carcassonne mais me suis arrêtée peu de kilomètres avant, dans un village perché le long d’une petite crête avec la vue plein sud.

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Saint-Martin-le-Vieil, dans l’Aude

Ma visite était pour le foyer rural dans lequel est exposé (jusqu’à ce soir) une tapisserie. Pas n’importe laquelle ! Une tapisserie racontant l’histoire du village sur une dizaine de siècles, à la manière de la tapisserie de Bayeux ! L’idée a germé dans la tête de l’ancienne Maire du village après sa visite de la tapisserie de Bayeux, en 2001. Choc émotionnel, culturel, esthétique… Mais pourquoi ne ferait-on pas de même dans notre petit village ?

Des historiens, un peintre du village furent mis à contribution avec les brodeuses volontaires, en tout 11 personnes sont les heureux parents de cet ouvrage.

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Imaginons les longues discussions pour savoir que représenter, puis les maquettes qui sont souvent retouchées… Il faut trouver les matières premières aussi : on mise sur les tissus de lin blanchi filé et tissé à Castres (non loin de là) avec bonheur, mais les laines Médicis furent bien plus difficiles à trouver : on ne prenait pas ce projet au sérieux !… Huit couleurs suffisent pour rendre toutes les nuances à l’image de la tapisserie de Bayeux, elles ont été soigneusement choisies pour être les exactes teintes des teintures naturelles d’antan.

Eh bien, le résultat est simplement sublime ! Madame Costa, la présidente de l’association Les Cruzels, m’a très gentiment fait une visite commentée de l’histoire de ce village – et des histoires de ce beau pays – en commençant par ce mot bizarre : les cruzels.

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Cruzel de St-Martin-le-Vieil

C’est un mot occitan désignant les cavités qu’on trouve à l’arrière de plusieurs maisons, creusées dans le calcaire. Il y en a presque une quarantaine et témoignent d’un habitat troglodyte primitif. Des silos restent visibles dans certains : une bonne cachette pour le grain !

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Autre point fort du Moyen-Âge : la construction de l’Abbaye cistercienne de Villelongue, à un jet de pierre de St-Martin. Sa construction commença en 1170 et fait l’objet de belles campagnes de rénovation. A visiter !

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Puis vient la guerre impitoyable contre les Cathares, quatre abbés y participèrent avec Simon de Montfort, ce qui enrichit l’Abbaye. Bon, passons, moi je suis pour les perdants, les Cathares !

On voit aussi le Prince Noir, affreux jojo anglais qui sema la terreur dans nos terres gasconnes et occitanes : le principe de la guerre de 100 ans était plutôt d’affaiblir l’ennemi (nous, les Français) par des chevauchées semant la terreur à force de razzias, de viols, d’incendies, de massacres plutôt que de mener des guerres de position. Grâce à ses remparts, St-Martin fut épargné : Edouard de Plantagenêt dit le Prince Noir passa son chemin vers des villages plus faciles à mettre à sac. Castelnaudary, par exemple, fut complètement détruit en 1355.

A la même époque, la peste noire fit des ravages vers 1350 comme partout ailleurs en Europe ; ce tableau de tapisserie est particulièrement lugubre mais si bien fait…

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Puis vint l’abondance et l’âge d’or du pays qui devint Pays de Cocagne avec la culture du pastel, cette plante Isatis tinctoria qui donnait les plus beaux bleus… jusqu’à ce que l’indigo asiatique prenne sa place.

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Comme toute bonne histoire, finissons par un banquet de mariage ! La légende dit qu’on prêtait le donjon aux jeunes mariés, tradition dont on se souvenait encore au XIXe siècle…

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Cette tapisserie est merveilleusement faite. Comme la tapisserie de Bayeux, elle est brodée au point de Bayeux qui remplit les zones cernées de point de tige en gâchant le moins de fil possible au dos (seuls des petits points très courts sont visibles au dos, tout comme les broderies afghanes importées par Pascale Goldenberg) et elle utilise les mêmes matériaux : lin et laine ; elle a une bande narrative centrale et deux fines bandes au-dessus et en-dessous. Les bandes étroites montent de nombreux détails, des plantes et animaux de la nature environnante, des animaux fabuleux, des armes et des outils… Autant d’éléments qui enrichissent la tapisserie ! On y trouve aussi les initiales des brodeuses ; elles étaient à l’exposition, toutes fières de l’accueil du public venu nombreux et complètement séduit. Merci à Anne-Marie Denuc qui m’a donné de nombreux détails complémentaires sur ce groupe de brodeuses qui ont fait ce travail extraordinaire !

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Les photos sont interdites, mais j’ai acheté la collection de cartes postales en souvenir.

Les conditions d’exposition sont parfaites : une salle dans la pénombre, tendue de tissus noirs était l’écrin de ces 16 mètres de lin éclairé, protégé par un couloir de 50 cm matérialisé par terre. Le croirez-vous (mais vous le savez bien…) les enfants étaient bien plus disciplinés que les adultes !

Espérons que cette tapisserie connaîtra une longue et prestigieuse carrière. Sorèze l’exposera très certainement -comment pourrait-il en être autrement ?- mais j’espère que d’autres organismes feront également la démarche de l’exposer !

Courriel de la Mairie de St-Martin-le-Vieil :
st-martin-le-vieil@wanadoo.fr

La surprise de la Saint-Valentin

Moi la gauchère, je dis souvent que Kristine est mon bras droit ! C’est elle qui connaît mes premières idées pour les JA de France Patchwork et les transforme souvent, qui me chuchote ce que j’ai pu oublier… Nous avons la même indépendance d’esprit, le même apprentissage par les livres et le même goût de partager. Hier Kristine était toute contente, elle nous raconte pourquoi :

On se dit que l’on ne gagne jamais…

… et on se trompe ! Je vous dis tout.

A la recherche des coordonnées téléphoniques de Quiltmania sur leur site, pour une revue qui se faisait attendre…. je parcours les pages internet et lis une annonce concernant un concours pour la Saint Valentin, curieuse, je vais lire les questions, me prends au jeu et réponds, je remplis les informations demandées et…. valide.

Je retourne à mon ouvrage au long cours du moment, puis j’oublie en me disant que de toute façon je ne gagne jamais.

Mais le lendemain de cette fête, je reçois un courriel m’annonçant la bonne surprise, je fais partie des gagnantes du jeu !

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Gagnante du jeu de la Saint-Valentin, Kristine a reçu deux étuis d’aiguilles Tulip (que nous ne connaissons pas encore), un Charm Pack de tissus de Di Ford édités chez Andover, ainsi qu’une réduction pour sa prochaine commande. Vive notre Abeille Valentine !

Le lot se compose d’un charm pack de tissus Andover de la créatrice Di Ford, de deux étuis d’aiguilles Tulip – à quilter demi-longues et pour appliqué à grand chas : je vais m’empresser de tester ces dernières, justement ce qui m’occupe actuellement, ce sont quelques centaines de carrés à appliquer ! Egalement un bon de réduction pour un achat chez Quiltmania.

Je veux remercier ici Virginie et Sarah de l’équipe Quiltmania pour leur gentillesse et les cadeaux reçus rapidement.

Je vous laisse à vos quilts et retourne me plonger dans la lecture de mon Simply Moderne enfin arrivé que j’affectionne particulièrement !

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Hier, le Soleil est entré dans ma maison…

…Chez vous aussi probablement, car c’était un jour printanier. Mais le Soleil est vraiment arrivé avec la factrice qui m’a apporté un gros paquet… venant de Floride. Je n’y connais qu’une seule personne, ma chère Betty ! Je n’en croyais pas mes yeux… Un Pine Cone quilt !!!!!

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Aussitôt arrivé, aussitôt posé en évidence dans notre salon…

Il est tellement dans « mes » couleurs !
Cerise sur le gâteau, icing on the cake, ce précieux cadeau est accompagné d’une lettre… oh si touchante ! Elle raconte le choix de chaque tissu, élu pour sa couleur et sa signification, son symbole, son imprimé… Tout est fait pour me plaire, mais aussi pour m’attribuer maintes qualités que je ne suis pas sûre de réunir ! Si vous comprenez l’anglais, vous pouvez lire ce texte qui ressemble tellement à Betty, dans toute sa spiritualité, sa gentillesse et sa sincérité.

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Ce Pine Cone quilt de mon amie « de l’autre côté de l’Océan » me touche infiniment, avec toutes les intentions qui s’y trouvent. Comme elle j’aime trouver des symboles, des significations aux hasards qui souvent n’en sont pas ! Le monde du patchwork me comble d’amitiés, proches ou plus lointaines.

Si vous vous demandez ce qu’est cette sorte de patchwork, vous pouvez lire les articles précédents à ce sujet… et/ou attendre le numéro 132 des Nouvelles (magazine de France Patchwork) qui paraîtra en mars : les Pine Cone quilts y seront évoqués !

Katell - La Ruche des Quilteuses

Je suis heureuse de partager ce Soleil avec vous !

Katell - La Ruche des Quilteuses

Pour que la commémoration soit plus belle…

… La Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie réuniront les quilts faits pour le Projet 70273 les 24 et 25 juin prochains à Lacaze (Tarn) ! Nous unirons ainsi nos efforts, rendant l’hommage plus fort encore.

Voici un récapitulatif des quilts déjà terminés en Occitanie :

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Le premier est entièrement de Maïté, #23

 

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Celui-ci est de Cécile, qui a eu la brillante idée de faire une exposition de nos quilts à Lacaze. #24
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Assemblé par le duo Andrée-Evelyne, quilté par Evelyne, voici un quilt fait de blocs du club de Colomiers. #25
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Les blocs de Caussens (32) ainsi que quelques blocs de Guillemette, Martine T. et Brigitte de Dubaï complètent ce quilt en toute fin de quilting. #28
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Ce merveilleux quilt-coeur est quilté maintenant, vous pourrez le découvrir comme les autres à Lacaze. Il a été entièrement fait par Maïté (oui, toujours notre chère amie !). Sa particularité est d’avoir été fait avec des tissus de fond qui étaient des bavoirs ou chemises de bébés datant d’au moins 60 ans, vraisemblablement bien plus. #29
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Le #30 est fait de blocs faits par nos amies de l’Ariège et un quilting de Kristine.
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Andrée et Evelyne ont monté ce quilt avec de nombreux blocs de Maïté et un grand assemblage de blocs des clubs de Colomiers et de Balma. Il a été quilté par Valerie. #43
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Formidable quilt du club de Roques (31) Sur un Air de Patch. A savoir que ces croix à faire donnent une occupation salvatrice à une adhérente atteinte par la maladie d’Alzheimer. Ce quilt n’a pas encore de numéro attribué.

Les # correspondent aux numéros officiels qui suivront les quilts tout au long de leur existence au sein du Projet 70273. Nous en avons plusieurs en cours de réalisation dans des clubs, chez nous aussi… Une immense Ruche occitane !

Par exemple, chez les Can’canettes de Castres (81), le montage du premier de leurs quilts est fait maintenant, sous l’égide de Jo. C’est Annie qui fera le quilting. Voici quelques photos de la préparation du quilt qui laisse deviner un dessin central :

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Beaucoup d’autres blocs me sont parvenus, que chacune soit chaleureusement remerciée ici. Nous allons mettre les bouchées doubles pour arriver à assembler et quilter toute notre récolte avant le mois de juin !