La petite rubrique sur les drôles de signes vous a bien amusées le mois dernier avec les thèmes : &, @, # et xoxo.
Corinne, fidèle lectrice de la Ruche et trésorière de la délégation FP 68, vient de m’adresser une photo prise à Shanghai la semaine dernière :
Merci pour ce clin d’œil 😉 Et dire qu’on pense à mes articles même en étant au bout du monde…Cela me fait vraiment plaisir ! A mon avis, il doit y avoir d’autres boutiques au même nom dans les pays anglophones : c’est court, c’est graphique… Tout pour plaire !
Et Kristine l’Abeille a fait un panneau de piqué libre que j’adore :
Quelle bonne idée… et quelle maîtrise du piqué libre !
Hashtag, ce croisillon signalant un mot-clé dans notre monde moderne informatisé, devient peu à peu connu de tous. Il a été question de le franciser… mais c’est déjà peine perdue, les habitudes sont prises. Au Québec dans cette utilisation, il s’appelle pourtant mot-clic ou mot-dièse ! Ce croisillon s’appelle hash car il ressemble à du hachage (une coupe en petits morceaux avec de multiples entailles).
Do dièse en clé de sol
J’aurais aimé qu’on dise plutôt dièse, mais ce n’est pas si simple ! Le dièse, signe musical signalant l’altération d’un ton vers le haut (qui se dit sharp en anglais), n’est pas tout-à-fait le même signe :
Moi qui suis gauchère, je suis sûre que je ferais le signe spontanément dans un autre sens encore si je l’écrivais à la main ! Tout aussi parlant, ce tableau :
A noter que la touche « dièse » du téléphone est un hashtag 😉 Ce croisillon des réseaux sociaux rejoint l’histoire de l’arobase inusité du clavier, mais pour # il y a surdose d’utilisations maintenant !
En anglais, si on veut écrire n° 1, on le figure ainsi : #1, il s’appelle alors sign number, signe de nombre.
Mais ce croisillon vient de bien plus loin et, le croirez-vous ? encore du latin ! Il vient du systèmeavoirdupois. Mais non, le ciel ne m’est pas tombé sur la tête, c’est bien le nom du système de poids anglophone avec les livres, les onces, les grains (pound env. 453 g, ounce env. 28 g, grain env. 65 mg) et autres divisions qui nous sont inconnues… Cela vient du vieux français avoir de peis/pois (selon les régions), quand on pesait tout avec des poids. Le pound (= la livre) vient de libra pondo, « le poids d’une livre », abrévié lb (LiBra). Pour singulariser cette unité, on lui a souvent ajouté une barre et à force de mal l’écrire, c’est devenu #. Ce # symbolise donc très souvent l’unité de poids « pound » dans le système avoirdupois et a mérité ainsi une place sur le clavier de machine à écrire. Vous suivez encore ? Bravo ! Encore une petite précision : même origine « libra » pour la livre (Pound) £, unité de monnaie britannique (on pesait 12 deniers pour une livre). Si vous avez lâché en cours de route, je ne vous en voudrai pas…
Vitrail de la cathédrale de Chartres, montrant la pesée de pièces (baie 41)… sur fond de bleu de Chartres…
# est source de confusion même pour les Anglophones qui l’utilisent encore pour d’autres cas, comme la valeur calorique d’un aliment ! Alors, un peu plus ou un peu moins, on a pris # pour de nobles causes informatiques… A quoi pourra servir un jour notre signe °, qui marque les degrés Celcius et les numéros (n°) ? Et § (paragraphe) ?…On aura peut-être un jour la surprise de les voir débarquer dans le nouveau monde informatique… ###
En patchwork, ce sont des croisillons bien droits qui ont la cote :
Il y a quelques jours, alors que je préparais cette rubrique « drôle de signe », j’ai bien apprécié l’article des Conteuses (Il était une fois les points contés) faisant en coussins de beaux exercices de style tridimensionnels :
Ce bloc est bien plus sophistiqué qu’il n’y paraît, bravo mesdames ! L’effet tridimensionnel est saisissant.
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Comme le patchwork nous fait toujours voyager, comment ne pas penser au signe 井, si proche du hashtag mais venant de la si lointaine Asie ?
Bloc igeta de Susan Briscoe, vu sur son blog et dans plusieurs de ses livres.Armoirie familiale igeta
井 est un signe commun au chinois et au japonais ; ce caractère kanji signifie source d’eau et c’est un des dessins les plus populaires en ikat japonais (appelé kasuri), associé ou non avec d’autres motifs. Susan Briscoe le nomme igeta , qui est plus précisément le croisillon de la margelle en bois entourant un puits :
Dans les campagnes japonaises, il était très commun de trouver cette construction au cadre de bois nommé igeta.
Notre chère Andrée a une magnifique collection de tissus qu’elle veut utiliser au mieux. Tout comme moi elle apprécie beaucoup ce livre de Susan Briscoe ci-contre, plein de belles idées sur le thème du Japon.
Andrée a choisi le bloc igeta pour s’amuser à mixer différents tissus, avec la base d’un beau batik aux feuilles de ginko.
L’ensemble fait automnal avec ses couleurs chaudes et Andrée réfléchit à une bordure pour faire chanter ses blocs ! Nous avons une petite idée… alors à bientôt pour le quilt fini !
Le top, bientôt encadré d’une bordure, puis quilté !
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Prochainement, rendez-vous avec un signe très affectueux…
En octobre dernier lors du Salon des Loisirs Créatifs d Toulouse, nous avons eu la chance d’avoir comme voisines deux grandes artistes, Lucile Calvez (dont nous parlerons un autre jour) et Dijanne Cevaal.
Voici quelques photos prises dans la galerie de Dijanne, qui teint et imprime ses tissus elle-même. Elle est spécialiste depuis longtemps du piqué libre mais aime tout autant broder à la main, selon les lieux et les circonstances :
Ne manquez pas les expositions de Dijanne ! Son actualité est sur son blog.
Kristine avait craqué l’année dernière, à Ste-Marie-aux-Mines, pour deux Sentinelles dessinées et imprimées par Dijanne, ces reproductions de statues de la Cathédrale de Chartres. Kristine étant de cette région, elle était d’autant plus intéressée par ce thème ! Elle a donc créé sa propre version, Dijanne donnant la trame, le contour, Kristine donnant vie au dessin. Cela donne un panneau de toute beauté, plein de détails rebrodés, discrètement perlés, quiltés sur un divin fond Bleu de Chartres :
L’utilisation du tissu de fond, un ancien tissu imprimé Kaffe Fassett, est absolument parfait, rappelant les rosaces des vitraux de la Cathédrale de Chartres, avec ce bleu si beau…
Il y a quelques semaines, Maïté l’Abeille nous ravissait avec les quilts faits pour ses petits-enfants et petits-neveux. L’histoire n’était pas complète, je lui laisse donc volontiers la place pour nous présenter les autres quilts de la même veine !
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Ma grande amie quilteuse Marie-Michèle est venue me demander au printemps un modèle simple de maisons à assembler à la machine pour un bébé à venir. Nous avons opté pour un modèle simplissime.
Toi, toi mon Toit, Marie-Michèle pour Morgane.
Peu de temps après le chirurgien m’interdit de coudre à la main, ce qui fut une grande frustration dont je me relevai très vite. Pourquoi ne pas coudre ces petites maisons toutes simples pour plusieurs de mes petites-nièces ? Et voilà comment nous nous sommes retrouvées à coudre ensemble ces petites maisons ! Marie-Michèle les a interprétées à sa façon et matelassées très joliment à la main pour MORGANE .
J’ai réalisé 3 panneaux pour JEANNE , LOU puis SOPHIE et les ai tous matelassés à la machine, une première pour moi. Nécessité oblige !
De multiples jolis imprimés pour LOU !
Et voici pour JEANNE un quilt en rose et vert.
Couleurs tendres pour SOPHIE, à la demande de sa grand-mère, ma soeur aînée.
Quelques mois plus tard, je décidai de coudre un patchwork pour ARTHUR , un troisième cousin germain d’ EMILE (la Coccinelle) et de GASTON (l’avion)sur le même principe : un tableau central , la 2CV en appliqué et broderie, entouré de multiples petits rectangles taillés dans des chutes uniquement.
Le panneau a été matelassé à la machine…
… mais les broderies sont quand même à la main. « L’amoureuse du travail à la main », (dixit Katell) a pris goût au travail à la machine. Il ne faut jamais dire : » Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ! «
Maïté l’Abeille
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Lors de réunions d’Abeilles chez Maïté, Marie-Michèle est venue plusieurs fois. Elle nous apporte toujours de magnifiques quilts à admirer :
Interprétation d’un quilt de Kristel Salgarollo, Cosy Blues, paru dans Quiltmania (n° 49 ). Un faux classique dont je ne me lasse pas !Détail de la bordure de ce quilt aux belles nuances bleues et marron.Superbe quilt d’inspiration Amish au matelassage main magnifique, avec une bordure blanche qu’on peut estimer imparfaite aux angles mais qui, pour moi, ajoute de l’intérêt ! C’est une finition comme ça tombe, et pour Gwen Marston cette constatation d’acceptation de l’imparfait fut le point de départ de la réflexion qui la conduira au patchwork libéré. Bravo Marie-Michèle !
J’ignorais que les ananas étaient aussi dans l’air – ou plutôt dans l’atelier – à 5 km de chez moi ! Florence a eu le coup de foudre pour un modèle présenté récemment dans Elena Patchwork. Celui-ci permet d’utiliser beaucoup de tissus vifs, mis en valeur sur un fond noir.
Voici les photos transmises par Flo ce matin :
Couverture du magazine comprenant le modèle, édité cet été.Schéma du modèle dans le magazine Elena Patchwork.Le top de Florence en cours. Je devine sa joie de travailler avec ce festival de couleurs ! 23 blocs finis.
Bravo Florence, à bientôt pour les 61 blocs terminés et ton couvre-lit de 2 m de long !
Il est de 9 blocs au lieu des 16 prévus, pour rester en deçà des 140 cm de côté exigés pour les expositions Fibre Occitane, dont je vous parlerai prochainement. Il me reste à appliquer une croix occitane dessus ! Ce top est réalisé avec la technique expliquée dans le livre suivant :
Je ne vous aurais pas montré ce top en cours de réalisation si je n’avais pas eu cette excellente nouvelle : la talentueuse quilteuse Sujata Shah, qui avait contracté la maladie de Lyme, a été guérie par une intensive thérapie d’antibiotiques ! Ainsi elle peut poursuivre son tour d’Amérique, ses stages, ses conférences… Jamais elle n’aurait cru que la publication de son livre la mènerait à un tel succès ! De nouveau, avis aux éditeurs français !…
C’était par ici, je vous signalais l’initiative de Marie-Christine, un Quilt Along pour fans de chiens et chats. Flo, une amie de la Ruche, a été séduite par le modèle des chats. Comme à son habitude, c’est vite et bien qu’elle a fait le quilt à sa manière ! Je lui laisse volontiers nous raconter la petite histoire de son quilt !
Je ne suis pas une grande fan des chats, mais quand j’ai vu le modèle ‘’ feline frenzy’’ dans la Ruche des Quilteuses et dans le blog Carrément Crazy, cela m’a donné envie de le faire pour l’anniversaire d’une amie qui adore les chats. Ça a été un ouvrage très amusant et agréable à faire, assez rapide, en couture sur papier. J’ai utilisé mes restes de tissus, le rayé noir et marron et le brodé qui m’avaient servi pour faire du crazy avec Katell (une jupe pour ma fille) ; celui du chat orange en haut à droite est un ancien double rideau de la maison, il y a aussi des tissus pastel et brique du patch Midi-Pyrénées (projet France Patchwork qui sera bientôt présenté).
Pour faire les yeux et les museaux des chats et des souris, c’est en appliqué. Cela a été un peu plus compliqué pour les queues des souris ! Comme on voit sur les photos ci-dessous, avant de les appliquer, j’ai d’abord coupé mes morceaux avec une petite marge de couture, puis j’ai posé le patron sans marge de couture pour marquer en faufil le contour de la queue et pour finir avant de l’appliquer sur la souris, j’ai faufilé, après avoir un peu cranté dans les courbes, l’ourlet tout autour, puis repassé.
J’ai brodé les moustaches et les sourcils, en essayant de donner une expression différente à chaque chat, les yeux aussi sont dans des directions différentes, c’était très amusant à faire !!! J’ai fait le quilting du tour des blocs et des chats et souris à la machine (hé oui moi aussi je m’y mets !!) et le quilting des yeux, museaux et queues à la main. Je suis assez contente du résultat et j’espère que cela plaira à mon amie, j’ai essayé de mettre les couleurs qu’elle aime bien !
M6info/AFP – Orages : une femme est morte à Montauban.
Nous venons d’apprendre que plusieurs amies quilteuses de Montauban et banlieue (Tarn-et-Garonne) ont subi de très gros dégâts au cours des violents orages de lundi soir. Elles sont courageuses et dignes, mais le coup est bien rude… De tout coeur avec elles…
Avant une mini-pause de la Ruche pendant une semaine, j’ai le plaisir de vous présenter un quilt terminé cet étépour ma nièce Rose, née voilà un an.
Ma première idée était de faire un cœur pixelisé, comme on en voit beaucoup sur le Net :
Il me semble que la première à avoir lancé ce modèle est Jolene, la talentueuse Canadienne qui tient le blog Blue Elephant Stitches.
Pour le personnaliser, j’avais l’intention de faire ce cœur en tissus roses Liberty of London achetéschez Reine, dans le 18e arrondissement de Paris, non loin du domicile de Rose, puis le fond avec beaucoup de tissus gris différents, le tout formantun grand motif de Voyage autour du Monde. Mais je n’ai pas pris le temps de trouver suffisamment de nuances de gris clair, alors j’ai fait avec ce que j’avais à la maison, avec un tissu « Quilter’s Linen » gris perle très clair de Robert Kaufman, achetéchez Josie Patch. Ainsi, seul le cœur évoque un Voyage autour du Monde… Un peu dommage, l’idée de départ sera à faire un autre jour !
Il fallut ensuite se décider pour le quilting, la surface grise pouvait bien de multiples manières être décorée. Ma matière grise décida pour une déco inédite : des fleurs comme une de mes artistes préférées, Bernadette Mayr !
Paru en mars dernier, ce livre me plaît autant que les précédents ! Rien de bien difficile, mais beaucoup de techniques agréables à suivre, qui changent les habitudes et suscitent l’envie de créer à son tour !
Les fleurs sont inspirées de ce livre que je vous recommande chaleureusement. Il est en allemand, mais de nombreux schémas illustrent bien les techniques.Merci de laisser un commentaire si vous souhaitez que ce livre soit traduit !On ne sait jamais…
Ici le top est fait, j’ajoute quelques rectangles de tissu identique sur le tissu de fond gris perle… Vous allez comprendre pourquoi !
En route donc pour des de fleurs originaux !
Pour faire les fleurs comme celles de Bernadette, il faut oser… faire des trous ! Le tissu bleu est ma nappe…A travers la fenêtre… et le top, un bout de jardin !
Je ne vous donnerai pas ici le mode d’emploi en détail car j’espère bien que ce livre sera traduit en français dans les mois qui viennent. Sachez simplement que c’est la technique du passepoil, bien connue des couturières ! Cela remplace ici l’appliqué inversé, bien difficile pour un petit cercle. Dans un ancien magazine des Nouvelles de France Patchwork (n° 58, sept. 1998), on détaillait aussi cette technique, peu appliquée en patchwork – sauf en Allemagne ! Je me souviens bien duquilt Chocolatte de Birgit Schüller, admiré en Irlande: ses trous sont faits grâce à cette même technique.
Une fois fini, j’ai découvert ce qu’on peut appelermon bloc d’humilité – en l’occurrence ma bande d’humilité, un tissu mis à l’envers ! C’est à peine décelable et ne mérite pas que j’en fasse toute une histoire… Rose ne m’en voudra certainement pas !
Quasi-indécelable, une bande de tissu est cousue à l’envers… Un peu plus claire, un peu plus duveteuse, un peu moins structurée quand même…
Quant à la bordure en pétales, c’est une idée maintes fois vue dans les « Penny Rugs » comme ceux-ci :
Les languettes de tissu en laine sont une finition amusante des petits tapis de tablecomme celui-ci. Leur nom vient du fait qu’on utilisait des pièces de monnaie pour bien dessiner les arrondis ! Pour ma part, je les ai faits volontairement irréguliers.
Mais comme les bonnes idées fleurissent en plusieurs endroits dans le monde, les Américaines n’ont pas l’exclusivité des languettes ! Un exemple parmi d’autres, les ouvrages français en languettes de drap de laine brodés… à voir notammentsur le blog de Cécile ! J’en ai vu aussi sur des quilts suédois du XIXe siècle. Les idées circulaient même avant internet bien sûr !
En les faisant, j’imaginais la jolie Rose en train de s’amuser avec, c’est si amusant de les tripoter… Ils sont en 2 tissus Liberty différents pile et face, montés un peu comme des triangles « points de prairie » (voir les Nouvelles n° 106, sept. 2010).
Le dos est fait d’un drap. C’est une recette fréquente chez moi : j’achète de nouveaux draps et housses de couette qui me plaisent, souvent pendant les soldes. Je les utilise pendant 2-3 ans puis arrive un jour où, avant qu’ils ne soient trop vieillissants, je découpe les coutures et je les utilise en dos de quilt. Ainsi je renouvelle le plaisir de draps imprimés et j’ai des dos jolis et bon marché. Mon autre solution préférée est le dos en patchwork, avec les restes…
Des fleurs à la manière de Bernadette Mayr parsèment le fond. Les cœurs de fleur sont en tissu Liberty, tout comme les carrés formant le grand cœur.
Le modèle a beaucoup évolué au fil de sa fabrication, mais le résultat me plaît bien !
Gris & rose n’est pas une association de couleurs à laquelle on pense immédiatement pour une petite fille, mais le hasard a bien fait les choses : la table de fête pour le rassemblement familial de l’été, le jour où j’ai offert le quilt, était ainsi :
A l’intérieur puisqu’il pleuvait, la table mise en l’honneur de Rose est… rose et grise !
Dernière touche, le titre quilté à la machine. Le voici maintenant prêt à être offert !
Le futur regroupement de régions pose la question de l’appellation de ces nouvelles entités. La nôtre a toutes les chances de devenir « Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon », au nom plutôt long et lourd, qu’on écourtera peut-être en MiPyLaRo ou autre. Pourtant, même si l’appellation n’est pas historiquement exacte, il serait si joli de la baptiser Occitanie tout simplement ! L’Occitanie est le domaine de la langue d’Oc, un territoire bien plus vaste que cette future région, puisqu’elle englobe notamment l’Aquitaine, le Limousin, l’Auvergne, la Provence… L’Occitanie n’a jamais été une nation, mais elle a une identité culturelle par sa langue aux multiples variantes régionales, par un état d’esprit : c’est aussi ce qu’on appelle la France méridionale ou le Midi, aux habitants réputés pour leur accent chantant et leurs sautes d’humeur notamment contre le pouvoir parisien ! Des clichés de moins en moins vrais avec l’uniformisation de la pensée et de la culture, mais qu’on a du plaisir à rencontrer encore…
Le jaune est la part de la langue occitane, ou grosso modo la France méridionale, les différences résidant dans les parties basque et catalane, aux autres langues.
Seules les deux régions actuelles Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ont déjà comme emblème la Croix Occitane, l’une étant plus modernisée que l’autre :
Sans aucun parti-pris politique (j’ignore encore la position des uns et des autres), je souhaite donc un nom évocateur pour notre belle nouvelle région. On peut objecter donc que l’Occitanie s’étend bien au-delà de ce territoire – mais que penser alors, à l’inverse, de la région Bretagne sans Nantes, capitale historique ? Ces nouveaux découpages administratifs, tout comme les précédents, ne sont pas à un paradoxe près et on peut trouver bien d’autres libertés prises par rapport à l’Histoire et les identités culturelles… Alors, pourquoi nous priver de ce si joli nom, Occitanie ?…
Cliquez sur cette petite photo pour aller au post explicatif de ce Quilt Along.
J’ai donc commencé à coudre des blocs bicolores suivant sa méthode rapide et si agréable dans les couleurs brique, blanc ou beige rosé. Je ne pense pas à des barrières de bois mais plutôt à des jeux de briques couleur locale en cousant ces blocs !
Jeu de briques dans ma cuisine…… et jeu de blocs dans l’atelier. C’est très rapide et amusant à faire ! Comme vous le voyez peut-être, quelques blocs sont tricolores et non bicolores, à chacun d’y apporter sa touche de fantaisie !
Mon projet est de faire un quilt carré de 16 blocs. Ensuite j’y appliquerai une croix occitane… Je cogite encore quelques détails techniques !
Les barrières en bois font partie du paysage… eh bien, de moins en moins en France et ailleurs, remplacées progressivement par des grillages, efficaces mais oh combien moins esthétiques. Aux Etats-Unis, elles restent mythiques, probablement parce qu’elles symbolisent l’installation d’une famille dans le Wild, Wild West – le Farwest – découvert au fur et à mesure des interminables marches vers l’Ouest. Un jour, un convoi décide de s’arrêter, fait sa cabine de rondins et l’entoure d’un enclos… et une nouvelle vie commence.
Ingéniosité des cow-boys : les barrières en zigzag permettent une construction sans clou ! Ils n’en avaient effectivement sans doute pas facilement…
Les clôtures en forme de zigzag sont les plus construites dans les régions riches en bois : il faut de la matière première (… du bois !) mais presque aucun autre outil qu’une hache : ces barrières se montent et se démontent, se réparent aisément, ne nécessitent aucun trou ni poteau, c’est idéal en pays rocheux ou en terre sèche… Leur défaut ? Elles prennent de la place ! Mais ce n’est pas ce qui manque dans ce pays américain en cours de découverte. Par commodité, les troncs d’arbre étaient débités en tronçons d’environ 3 à 3,5 mètres, fendus dans la longueur autant de fois que le permettait le diamètre du tronc. Ensuite on construisait la barrière en zigzag, en empilant les rondins fendus. Avec des morceaux de bois de 3 m environ mis en zigzag, on savait qu’un zig + un zag mesuraient environ 5 mètres. On pouvait ainsi vite estimer la taille de la propriété.
Naturellement on trouve de nombreuses variantes de construction. Certaines barrières demandent plus de matériel pour les construire, mais moins de bois. Il faut s’adapter ! Voici pêle-mêle quelques clôtures de bois :
Evidemment, ces barrières omniprésentes pour délimiter la propriété, garder les bêtes dans l’enclos, se protéger des dangers extérieurs est source d’inspiration pour les femmes. Tout comme ces barrières simples et ingénieuses, faites de « ce qu’on a à portée de main », les blocs Rail Fence se sont longtemps faits de restes de tissus, coupés « à l’arrache », littéralement déchirés dans le droit fil, assemblés vite fait… mais avec, comme toujours, un souci de simple harmonie. A présent, les jeunes quilteuses adorent toutes les variations de ce modèle !
Quilt pour une petite fille, blog Red Pepper QuiltsToujours de Red Pepper Quilts, un modèle voisin multicolore, avec du blanc placé qui fait toute la différence !Plus ancien, quilt « vintage » trouvé sur PinterestUn look ancien mais un quilting en vermicelle trahit discrètement sa jeunesse pour ce quilt en « homespun fabrics », ce qui signifie à l’origine » tissus aux fils filés à la maison ». Pinterest
Voici un top jamais fini, toujours sur Pinterest...D’une grande beauté, cet Art Quilt inspiré d’une ancienne porte de grange montre comment on peut moderniser avec succès un bloc tout simple. Les tissus utilisés sont issus d’une série de faux-vieux tissus (Grunge de Moda), parfaits ici. Allez voir l’histoire de ce quilt sur le blog The Silly BooDilly. Victoria Gertenbach habite en Pennsylvanie rurale, elle est donc sans doute « habitée » par l’influence Amish que je devine ici… mais aussi par la simplicité japonaise qu’elle revendique plus clairement dans son blog.
Les variations sont infinies !
Sujata Shah, préférant aussi les blocs simples aux coupes et coutures souples avec un peps moderne, a suggéré à ses lectrices de faire chacune sa propre version du bloc Rail Fence présenté dans son livre. Malgré des tas d’autres ouvrages en cours, je m’y suis mise : aucun bloc ne va plus vite qu’avec la méthode de Sujata décrite dans son livre, je vous assure ! Rendez-vous très bientôt pour ma version…
Le livre de Sujata montre en couverture sa version d’un zigzag rail fence. C’est un « look » déjà vu ces dernières années (notamment chez Kathy Doughty) mais la version de Sujata est la plus rapide.
Si vous souhaitez voir les différentes versions des amies de Sujata, allez voir sur le blog spécialement ouvert à cet effet : Cultural Fusion Quilts.