Cannelle

Toujours cette épice qui m’inspire ! J’ai découvert les biscuits à la cannelle aux Pays-Bas à 17 ans (épice inconnue dans la cuisine bretonne !) et depuis je suis fan de cette saveur à la fois chaude et douce.

cannelle et badiane

Une étoile de badiane, autre saveur que j’aime, avec des bâtons de cannelle… qui sont des morceaux d’écorce d’un arbre de la même famille que les lauriers.

Deux variétés principales cohabitent, la cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum ou Cinnamonum Zeylanicum), plutôt douce et légèrement sucrée, et la cannelle de Chine (Cinnamomum cassia), plus âcre, poivrée… et moins chère ! Attention, en usage médicinal (huiles essentielles), les propriétés ne sont pas tout-à-fait les mêmes, mais toutes deux restent antivirales et dynamisantes.
Dans les desserts j’aime la cannelle à la folie, mais aussi dans certains plats salés comme des tajines, des pastillas, des chutneys, des plats aux lentilles, aux courgettes, à la citrouille… C’est un ingrédient indispensable de mélanges comme le ras-el-hanout (Afrique du Nord), le curry, le garam masala  (Inde), le 4-épices, le 5-parfums…
En Europe, elle était déjà très prisée dans la cuisine de la Renaissance et était acheminée, tout comme la porcelaine et autres denrées, par la Route de la Soie au Moyen-Age puis par voie maritime, ce qui fit baisser les prix. La cannelle faisait partie de toutes les marinades et épiçait aussi les sauces aigres-douces si prisées à l’époque !

Cannelle au Jardin du Roi - Seychelles

Cannelier « de Ceylan » poussant aux Seychelles (photo d’ici)

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Revenons à nos moutons ou plus exactement au patchwork, c’est évidemment sa couleur ocre-brun (cannelle de Ceylan) ou rouge-brun (de Chine) qui m’intéresse ici ! On pourrait la considérer comme une couleur de base qui va avec tout. Je l’aime particulièrement en contraste absolu avec un bleu porcelaine, voire indigo : une idée pour un prochain ouvrage ?… C’est d’ailleurs la couleur mineure du bloc que j’utilise en logo Quilteuse Forever :

SeaShells

Bloc de « coquilles », 20 x 20 cm, cousu pour participer au Livre offert à Josette Billard, notre précédente déléguée de France-Patchwork 31.

En attendant la création d’un quilt cannelle-indigo éventuel, je voudrais partager avec vous l’ambiance si cosy qui régnait chez Martine à Noël :

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

Scrappy MartineC’est à la mi-octobre que Martine nous a apporté ce superbe quilt que vous vous voyez ici accroché au mur. Il avait besoin d’un titre ! Alors, quelques semaines après avoir baptisé la petite chienne (article précédent!), j’ai lancé à Martine : « Peut-être Cannelle ? » … Et Martine a aussitôt adopté ce nom qui évoque bien la couleur dominante chaleureuse du quilt, ainsi que l’ambiance festive de l’Avent, quand les cuisines se remplissent d’effluves de pains d’épices, de vin chaud et autres Bredele… du moins dans mes rêves 😉

Puis, avec les beaux restes de ce quilt et de quelques autres, ont suivi le jeté de canapé et son coussin. Infatigable, notre Abeille Martine ! Le jeté est un assemblage de carrés mis sur la pointe ; quant au coussin, il doit son aspect inhabituel à ce bloc étonnant dont je vous parlais dans un article précédent.

Je constate que Martine devient experte non seulement en scrap-quilts, maniant couleurs et valeurs avec brio, mais aussi en quilting machine, ce qui lui permet d’aligner déjà un nombre impressionnant d’ouvrages en si peu d’années de pratique ! Ah c’est ça la passion…

cannelle1-Martine

Le modèle de ce quilt a été publié dans le magazine  Quilt Country n°15 d’octobre-novembre 2010, il est signé Jan Patek qui l’avait appelé « Champagne » . On reste dans l’évocation des festivités !

Merci de m’avoir accompagnée dans cette promenade autour de la cannelle !

Katell

Kannelle

Ma fille a consacré une partie de ses vacances d’été, l’année dernière, aux chiens de la SPA attendant d’être adoptés. Inévitablement, elle est tombée amoureuse d’une boule de poils abandonnée… Ses tons roux épicé m’ont inspiré le nom de Cannelle, vite orthographié Kannelle. Je ne pouvais pas faire plus plaisir à ma fille à Noël en préparant un tapis pour sa chienne :

tapis kannelle

C’est un quilt utilitaire qui sera souvent lavé, j’ai donc appliqué l’étoile au point de feston-machine, quilté facilement avec un point qui fait des vagues… mais j’ai tenu à broder à la main au coton perlé en couleurs pastel : A Star is Born – Kannelle – 2012 (date au centre de l’étoile, c’est à peine visible sur la photo).

Et puis, quand il sera trop machouillé, j’en ferai un autre 🙂

Kannelle

Kannelle à Noël, 8 mois

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Tapis très librement inspiré d’un fort joli modèle de housse pour Jules de Véronique Requena (dans son livre « le quilt mystère », éditions de Saxe, 2009). J’aurais bien pu copier « sa » phrase brodée : « a Home without a Dog is just a House »…

Des Assiettes de Dresde pour Noël

Vous souvenez-vous de l’Assiette de Dresde commencée en novembre, avec ses tranches en petits morceaux ? Je voulais expérimenter cette nouvelle manière de traiter l’Assiette de Dresde en même temps que la réalisation des pointes qui semblait si facile . Eh bien, c’est facile effectivement !

Influencée par une récente conférence sur le Crazy qui m’a donné envie de broder, je me suis amusée à quilter l’Assiette au coton perlé (n° 8). J’ai conservé une symétrie classique qui convient à un centre de table…. ou bien finira-t-il sur le mur ?

Crazy plate - Katell

J’ai profité d’un rayon de soleil hivernal pour le poser sur un petit massif d’osmanthe, aux feuilles si semblables au houx. Tous les tissus sont des chutes d’autres ouvrages. J’aime cet exercice… et j’ai l’impression que mes stocks sont inépuisables, après quelques décennies de couture et de patchwork !

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Christine a comme moi suivi le tuto de l’article un utilisant un Charm Pack de chez Moda (42 carrés de 5″ de côté) ; il ne lui en reste plus une miette ! Elle a eu la bonne idée d’appliquer son Assiette directement sur une nappe en pur lin  :

assiette CT 3assiette de Dresde CT 2012

Quelle gaieté ! C’est une gamme de tissus inhabituelle pour cette période de l’année mais qui ressemble aux quilts australiens qui fêtent Noël… en plein été ! C’était vendredi dernier la réflexion d’Annie, je la trouve très juste 🙂 A noter que ces photos ont été prises au petit matin, d’où les couleurs un peu plus froides qu’en réalité. Merci pour le partage Christine !

assiette sur table - Christine

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Bientôt, un article sur d’autres modèles d’Assiettes, ou comment innover encore et toujours avec ce bloc.

Des appliqués divers mais toujours si beaux !

J’aime le rendu des appliqués traditionnels à la manière d’Annick Huet, cette Française qui a fait tant de quilts  aux accents de planche botanique à la Redouté (« Le Peintre des Fleurs », 1759-1840) ou de Baltimore (style de quilt américain aux blocs appliqués complexes).

atelier annick

Ses livres sont connus et suscitent toujours de l’admiration, en voici quelques uns :

Livres Annick Huet

Les explications très détaillées permettent d’apprendre seule l’appliqué traditionnel et d’essayer d’approcher la finesse d’exécution d’Annick. Quant aux superbes quilts bicolores, ils sont eux aussi cousus… à la main ! De très jolis modèles de quilting sont également disponibles dans ce livre.

Après quelques années difficiles en quête d’une meilleure santé, Annick reprend avec enthousiasme ses cours et stages. Elle édite régulièrement des pochettes avec les patrons de modèles raffinés, voici celui du mois :

au fil des mois 018 copie

Planche en vente sur son nouveau site.

Dans notre Ruche, plusieurs Abeilles se distinguent particulièrement en appliqué, vous en voyez des exemples au fil des articles… et en février ou mars Madeleine partagera avec vous le quilt de style Baltimore revisité qui la tient en haleine depuis bientôt deux ans !

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Aimer la tradition ne nous empêche pas de vouloir parfois aller plus vite ; nous avons pour la plupart des machines à coudre si performantes qu’on a envie de les utiliser ! Ainsi nous nous sommes intéressées à l’appliqué machine à la manière de Kim Schaefer. Sa particularité ?  Rien de bien nouveau dans sa méthode d’appliqué machine, elle fait un point bourdon (zigzag serré) tout autour pour maintenir les pièces. Mais comme son style est résolument country, elle adopte systématiquement un fil beige, ce qui est une idée toute simple mais si bonne ! Regardez plutôt ce petit quilt fait par Martine pour cette période de l’Avent :

Poinsettia Martine

Poinsettia de Martine posé en bord de table lors d’une exposition éphémère. Les mini-sapins ont été expliqués dans l’article précédent.

Ce livre de Kim Schaefer « A Quilted Cosy Christmas » comporte de très jolis modèles piécés avec des appliqués bordés d’un beige doré très chaleureux. Ici Martine a préféré un beige plus froid en raison du lin en tissu de fond. Bien vu !

Livre K. Schaefer

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J’ai appris à améliorer mon appliqué grâce aux conseils avisés d’Annick Huet dans son livre « Fleurs rouges en appliqué »; je reste très décontractée dans cet art, mais puisque c’est la saison,voici mon petit appliqué de Noël, fait il y a quelques années en m’inspirant de dessins de Jacqueline Morel, autre grande dame de l’appliqué français :

Hiver - Katell

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Jolis Sapins de Noël (2)

Dans un passé presque lointain, Florence a appris les bases du patchwork avec moi. Elle était du genre à faire d’un petit sampler de débutante un immense dessus de lit ! Son enthousiasme n’a jamais faibli, elle anime à présent un groupe de quilteuses et fait des ouvrages impressionnants.
Lors d’une récente Journée de l’Amitié France-Patchwork Haute-Garonne, il y avait, parmi toutes les merveilles apportées par les unes et les autres, ces adorables miniatures :

sapins florence B

Sur un Poinsettia de Martine que je vous montrerai mieux une prochaine fois, ces petits sapins faits par Florence ont attiré l’attention ! Les bords coupés à cru rendent le molleton visible sur la tranche qui donne une délicate impression de neige au bout des branches, c’est ravissant !

J’ai évidemment demandé à Florence si elle pouvait fournir pour la Ruche des explications pour faire ces jolies décorations ; les voici, amusez-vous !

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A l’approche de Noël, voici des petits sapins faciles et amusants à faire pour décorer par exemple la table du réveillon. J’ai trouvé ce modèle dans un ancien Magic Patch ( le n° 77 de décembre 2008 ’’la magie des fêtes ‘’). A l’origine c’étaient des petits sapins pour faire des ronds de serviettes, j’ai préféré les faire pour une déco de Noël indépendante.

Donc pour confectionner 4 sapins, il faut 8 rectangles de 16 x 22 cm et 4 rectangles de molleton de 16 x 22 cm. En fait on peut utiliser des chutes de tissus de Noël et des restes de molleton, on peut même couper les dessous des ‘’branches’’ dans un tissu uni. Ces sapins sont très beaux aussi avec un mélange de tissus de Noël différents pour chaque sapin. Un essai avec du molleton extra fin n’était pas concluant, préférez du molleton un peu épais (ou superposez les couches!).
Préparez des ‘’sandwiches’’ avec un tissu de Noël pour le dessus, le molleton au milieu et un autre tissu de Noël ou un tissu uni pour le dessous , maintenir ces ‘’sandwiches ‘’ avec des épingles ou un peu de colle repositionnable, je préfère les épingles car la colle encrasse un peu les aiguilles.

Pour faire un sapin, dessinez sur un sandwich 9 cercles de : 6 cm, 5,5 cm, 5 cm, 4,5 cm, 4 cm, 3,5 cm, 3 cm, 2,5 cm et 2 cm en les séparant d’au moins 0,5 cm.
Au fil doré ou de la couleur que vous préférez , à la machine à coudre effectuez un point de bourdon (point de zigzag serré et assez étroit) à l’intérieur de chaque cercle tracé en formant des zigzags pour symboliser les branches de sapins. Ce n’est pas grave si les zigzags ne sont pas réguliers.
Découpez ensuite les 9 pièces au bord du point de bourdon en faisant attention à ne pas couper les fils de broderie. 
Superposer ces 9 pièces de la plus grande à la plus petite et passer un fil de bas en haut en insérant entre chaque pièce une perle de rocaille : celle-ci donnera un peu de hauteur au sapin. Mettez ensuite une perle ou une étoile en haut du sapin pour décorer puis retraversez le sapin de haut en bas en repassant si vous le pouvez dans les perles. Pour finir, faites un nœud solide avec les 2 brins de fil du début et de la fin.
J’espère que vous vous amuserez bien en faisant ces petits sapins.
Bonnes fêtes de fin d’année !

Florence

P1010928

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Vous pouvez trouver ici les explications d’un autre Joli Sapin de Noël !

Jolis sapins de Noël (1)

Aimez-vous les décorations de Noël ? Nous, à la Ruche des Quilteuses, on les adore ! Il est déjà temps de commencer à bricoler des nouveautés pour cette période où on peut réaliser soi-même tant de jolies choses.

L’une d’entre nous a eu la chance d’aller aux Etats-Unis récemment et en a rapporté un bien joli sapin… que nous avons eu envie de reproduire, vous nous connaissez ! Il est tout simple et rapide puisque c’est un empilement de yoyos rembourrés, dont le tronc-socle est… une bobine de fil.

Voici deux exemples de sapins en yoyos, avec leur tronc en bobine de bois !

 Pour réaliser cette décoration de Noël, il vous faut :

~ 6 disques de tissu de différents verts (ou une seule couleur, voir photo), respectivement de 7 – 9 – 11 – 13 – 15 et 17 cm de diamètre.
~ 1 bâton en bois de 18 cm – diamètre 8 mm
~ 1 bobine en bois
~ 1 étoile

. Plier en 4 chaque disque pour trouver le centre, fendre en croix le centre sur 5 mm à l’aide d’une paire de ciseaux.

. Faufiler en faisant un rentré de 5 mm autour de chaque disque.

Froncer le cercle en prenant soin de le remplir de kapok, passer le bâton, serrer le fil et fermer le disque autour du bâton.

. Procéder de même pour les 5 autres disques, en plaçant le plus grand en bas et monter la pyramide jusqu’au plus petit,  coller en haut une étoile, puis introduire la base du bâton dans la bobine en bois.

Voici une vue de notre forêt de Noël pendant la Journée de l’Amitié de France-Patchwork 31, vendredi dernier. Les sapins en yoyos sont parmi les plus petits au centre. Vous pouvez voir d’autres photos de cette exposition éphémère sur Patch31.

Florence vous expliquera comment faire des mini-sapins de décoration en décembre !

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Matelassage en éventail baptiste

Dans le domaine du patchwork, certaines personnes déplorent l’emploi de mots anglais. Je compatis avec les quilteuses frustrées de ne pouvoir tout lire dans les livres américains ; il est cependant fastidieux de tout traduire systématiquement…

Coca-Cola at Quilting Bee : on ne peut plus américain !!

Mais dans tout apprentissage on apprend du vocabulaire ! Si vous faites de la voile, certains mots viennent du hollandais, si c’est du karaté vous apprendrez des mots japonais… En patchwork, nous apprenons quelques mots anglais. Certes, nos amies québécoises préfèrent parler de courtepointe plutôt que de quilt, mais par ces quelques illustrations je souhaite vous montrer à quel point quilter est une pratique sociale reconnue aux Etats-Unis. C’est vrai aussi que les Américaines anglophones ne s’offusquent pas lorsqu’elles parlent d’appliqué, mot en français non anglicisé ! Et puis souvenons-nous que le mot latin culcita signifiant matelas, coussin puis couverture, a donné à la fois l’anglais quilt et le français couette…

Tableau de « Grandma Moses », Quilting Bee, peint en 1950

Alors il me semble qu’on peut continuer à employer les mots en anglais puisque cet art a été largement développé aux Etats-Unis et c’est là que les choses ont été nommées : les noms des blocs, les outils, les techniques… On traduit ce qui l’est facilement (bloc pour block) et on peut garder les mots et expressions spécifiques (patchwork, log cabin, cutter et autres…). A chaque domaine sa langue dédiée ! Savez-vous quelle est la langue internationale pour la Poste Universelle ? C’est le français, auquel a été ajouté l’anglais seulement en 1994. Je l’ai appris lorsque ma cousine habitant en Suède m’envoya un « envoi recommandé » (écrit en français, tout comme la mention « par avion ») lorsque j’habitais en Allemagne. De même, en danse classique ou en escrime par exemple, les termes techniques sont en français dans le monde entier.

Quilting Bee – Fred Weaver  (gouache, 1969)

Ecrivant en « premier jet » le titre : Quilting en baptist Fan, dans ce franglais que comprennent quand même beaucoup de quilteuses francophones, je me suis dit que c’était un peu too much, alors je l’ai francisé, mais ce débat est finalement moins intéressant que le sujet lui-même ! Alors je vais continuer à écrire comme je parle…

Tableau de Bob Pettes – En vente en puzzle de 500 pièces !
Ces quelques illustrations de quilting bees montrent leur place dans la vie sociale américaine !

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Le quilting de mon quilt en dés est l’un des modèles les plus populaires de la fin du XIXe/début du XXe siècle aux Etats-Unis. Il fait partie des « overall », dessin qui se répète sur tout le top sans tenir compte du dessin du patchwork ou de l’appliqué. Pour nous, ce modèle a le charme de l’ancien ; pour les quilteuses de ce temps-là, il avait aussi beaucoup d’avantages techniques.

Tout d’abord, le dessin :

Ces cercles concentriques sont faciles à répéter, il en suffit d’un, dessiné par exemple avec une assiette ou un gobelet, qui sera répété en l’agrandissant ou le rapetissant selon un espace constant. Cet espace sera au choix : l’épaisseur du pouce, la longueur d’une phalange, la hauteur du dé à coudre… et puis le coup d’oeil de la quilteuse ! Il faut se souvenir qu’une fois les trois épaisseurs tendues dans le cadre à quilter, on ne l’enlèvera que terminé, on comprend alors que les dessins les plus faciles à suivre avec le minimum de marquage sont les plus populaires !

Ensuite le quilting en arrondi :

A cette époque donc, les femmes quiltaient sur un cadre fixe, souvent à plusieurs, lors des « quilting bees » (réunions d’abeilles quilteuses) et je crois que cela bourdonnait comme dans une ruche ! Ce dessin en quarts de cercles peut se commencer à plusieurs endroits à la fois, il est facilement ajustable et le quilting en ligne arrondie, qui suit le mouvement du bras, est particulièrement agréable.

Pourquoi s’appelle-t-il Baptist Fan ?

A fan est un éventail, bien sûr on comprend tout de suite en voyant le dessin. Baptist est une des branches du protestantisme, parfois on appelle ce modèle aussi  Methodist (autre branche du protestantisme) ou Bishop (évêque), l’appellation des Amish je crois. C’est tout simplement parce que les quilting bees se constituaient la plupart du temps au sein de la congrégation religieuse.

Une bonne raison supplémentaire de choisir ce modèle de quilting :

Avec le recul d’un siècle d’utilisation et d’usure, on se rend compte que les quilts matelassés ainsi restent plus longtemps intacts !! Les quiltings serrés qui ne tiennent pas compte des dessins du top sont les plus efficaces pour préserver les fibres de tissu du déchirement. Autres exemples de quiltings traditionnels conservant longtemps les quilts : les clamshells (motif des coquilles) et les croisillons serrés.

Ma méthode de marquage de ce modèle :

Je n’ai pas fait ce quilting de façon très spontanée, j’ai marqué mes lignes, intimidée sans doute par cet exercice nouveau pour moi. Munie d’un compas et d’un carton, j’ai dessiné ceci :

puis découpé chaque arc de cercle. Je l’ai fait en 2 exemplaires car je craignais l’usure des gabarits ! C’était superflu. J’ai fait cinq arcs comme le conseillait Bonnie Hunter ; un nombre impair dans ce cas est plus futé car on se retrouve du « bon côté » à la fin d’un éventail. Et puis, comme les fleurs dans un bouquet, c’est plus esthétique sans doute !

Photo empruntée à Bonnie Hunter, Quiltville. Son dessin montre comment on avance dans le quilting de ce modèle.

Mon outil de marquage sur le sandwich était le Hera marqueur de Clover, cet outil génial issu de la tradition japonaise. C’est une spatule à bord tranchant comme un couteau. Les authentiques sont en bambou, les nôtres en plastique dur, ils marquent le tissu en faisant un petit creux et en lustrant légèrement le tissu. Cela suffit largement pour ce genre de dessin ! Je marquais 3 ou 4 éventails à la suite, et même après une pause, je retrouvais facilement le dessin .
On peut détourner des objets pour marquer de la même manière : ainsi, un petit couteau à beurre, à la lame arrondie au bout, marque aussi bien le tissu qu’un Hera.  En revanche, les plioirs d’encadrements et de cartonnage n’ont pas la tranche assez affûtée. Une bonne prise en main est importante, le Hera est parfaitement ergonomique et donc imbattable pour cela !

Bien sûr, chacune a ses préférences de traçage (crayon, feutre, savonnette, craie…), je vous signale juste cette possibilité.

Voici une simulation sur mon quilt fini pour vous montrer la progression des éventails. Je n’utilise pas le plus petit gabarit du centre car j’utilise le n° 2 pour dessiner le 1er arc. On fait ces premiers arcs puis on quilte peu à peu l’ensemble.

Fil et aiguille

J’ai surtout quilté ce quilt aux dés avec des aiguilles « between Piecemaker n° 12 », agréables mais j’en ai cassé beaucoup ! Vers la fin de ce quilting, j’ai découvert les « Between Roxane n° 11 », je les préfère. Quant au fil, je prends le YLI (pour faire chic, prononcez ouaille-elle-aïe) 100% coton. Solide et même fibre végétale que le tissu, c’est parfait. J’avais quilté la plupart du temps avec un tambour, parfois sans mais avec un poids comme Yoko Saito… J’ai tout essayé, je trouvais ainsi le temps moins long ! Mais je suis impatiente de quilter avec la technique d’Esther Miller que j’ai apprise grâce à Patricia mais que j’ai encore peu pratiquée, je vous dirai quand je m’y mettrai !

Avancement

Le premier arc de cercle quilté, vous allez au plus près pour commencer un autre : ce sera soit à gauche, soit au-dessus. Puis, lors d’un changement d’aiguillée, vous pouvez entamer une autre direction. Les arcs se succéderont jusqu’au coin en haut à gauche. Variante : tourner tout autour et finir vers le centre comme le dessin de Bonnie Hunter (voir son article en référence ci-dessous). Tout est permis, c’est votre quilt…

Voilà, vous en savez autant que moi !

Références :

Quilting avec Patricia à la manière d’Esther Miller : articles ici et

Articles qui m’ont inspirée pour ce sujet :
http://quiltville.blogspot.fr/2010/05/questions-on-fans.html : évidemment Bonnie Hunter, pour le quilting spontané et la constatation que ce quilting préserve mieux les quilts !
http://minickandsimpson.blogspot.fr/2009/06/fuss-free-hand-quilting.html : Minick & Simpson, pour l’historique.

Vous êtes arrivée au bout de cette longue lecture ? Félicitations ! La prochaine fois que vous devez commencer un quilting, demandez-vous si le Baptist Fan ne serait pas, par hasard, une bonne idée !…

Katell, Quilteuse Forever

Mon activité favorite !

Diamonds en Bretagne

J’ai le privilège d’avoir beaucoup d’Abeilles quilteuses autour de moi, nous nous réunissons le vendredi dans l’ouest toulousain et chacune peut prendre l’espace de ce blog pour s’exprimer. Aujourd’hui, c’est Chantal qui nous raconte toute l’histoire de son quilt « Diamonds » (ce qui signifie Losanges en anglais). Un bel exemple !
Katell

 

Tout commence par une envie d’offrir un cadeau à des amis…
Lorsque, début 2011, ils émettent l’idée d’un patchwork mural pour habiller le salon de leur maison de vacances en Bretagne, je saute sur l’occasion.
J’envoie des photos de mes précédentes réalisations pour donner des idées, ainsi que d’autres modèles piochés tous azimuts , en précisant que je peux adapter tant les couleurs que les motifs…Reste à attendre le choix de nos amis !


Au cours de l’été, ils partent visiter New-York. Je leur transmets, à tout hasard, l’adresse de l’unique magasin de patch de Manhattan (merci Katell !). Et malgré le programme touristique chargé, ils prennent le temps d’y entrer.
Leurs yeux sont immédiatement attirés par un quilt exposé dans le magasin. Mais non, il n’est pas à vendre ! En revanche, ils peuvent acheter le patron (Diamond, Diamonds and More Diamonds de Viv Smith) ainsi que les tissus. Un grand choix leur est offert dans la boutique… Une quinzaine de tissus batik sont choisis et puis traversent l’Atlantique au retour.

En septembre, lorsque je reçois le petit paquet, mon impatience est aussi grande que la surprise de découvrir un patron avec des losanges. Motif que je n’avais jamais travaillé jusqu’alors…
Un vrai défi s’offre à moi . Et devant l’ampleur de la tache,  les consignes d’un patron à respecter (ce que je n’avais jamais fait) et l’utilisation des tissus venant d’outre-Atlantique, je réalise que je n’ai pas droit à l’erreur.

Cependant, j’aime les défis en couture. Je me lance dans l’aventure avec passion.

Après les vérifications d’usage pour un travail géométrique, en particulier, le parallélisme des losanges et  la largeur des bandes intermédiaires, je réalise deux essais avec des tissus « brouillons » pour décortiquer la technique que le patron me propose de suivre.
Tout s’enchaîne assez vite ensuite, les losanges sont coupés, ainsi que les bandes colorées.  Mon mur se recouvre petit à petit de couleurs à associer pour faire ressortir les contrastes. Le défi est bien là. J’utilise mon appareil photos avec l’option N&B pour bien voir les valeurs de chaque tissu :

 

Un vrai travail de peintre sur le mur de ma chambre/atelier ! 

J’ai juste assez de tissu, je ne dois pas faire d’erreur de coupe. Cela ajoute un peu de piment à l’affaire…et m’oblige à être hyper concentrée !
Cela prend forme. Je m’habitue aux couleurs, je joue avec… 

Vient ensuite la coupe des bandes noires, le tissu noir provenant d’un drap neuf de belle qualité. Les grands losanges sont entourés d’une bande noire.   

                 

A la maison, chacun vient donner son avis, plisse les yeux pour voir les couleurs avec ce «filtre» naturel.

C’est la danse des losanges sur le mur…A chaque déplacement d’un losange, c’est l’équilibre de l’ensemble qui est bouleversé et il faut réfléchir à nouveau…
De nombreuses heures de réflexion, les couleurs qui tournent dans la tête. La nuit, je pense à «mes diamonds»: bleus/rose, jaune/fauve, orange/bordeaux… 

Puis vient le temps des triangles des bords. En droit fil ou dans la trame…? Choix cornélien !!

 

Me voici prête pour les premiers assemblages, qui se déroulent sans problème à condition de ne pas tirer sur les coutures car tout est en biais…n’est-ce pas !
Et chaque losange doit avoir la même taille pour la prochaine étape de l’assemblage des losanges entre eux, puis des bandes entre elles.

Noël 2011, le centre du top est achevé après équerrage et pose de la première bande intermédiaire.
Les futurs heureux propriétaires l’aperçoivent, ils sont ravis. Je n’ose pas trop dire que le plus dur reste à faire…En effet, il ne me reste que des petits morceaux de chaque tissus et je dois maintenant couper les losanges de la bande extérieure… Le défi continue…
Mais ce travail de précision me passionne ! 

 

Mi-janvier 2012, fin du top ! Je suis heureuse du résultat. 

 Il va falloir maintenant passer concrètement à l’étape suivante à laquelle je réfléchis depuis des mois : le matelassage !
Ah !! le dessin du quilting, éternel problème ! (Suis-je la seule !?)

Je voudrais un dessin simple mais néanmoins beau, existant mais invisible (car j’ai trop peur de gâcher les tissus), facile et rapide à réaliser car je suis aussi impatiente que mes amis qu’il soit terminé…  

Je prends trois mois de réflexion. Comme souvent, je cherche conseil auprès des « Abeilles », je fais mille dessins, et j’opte finalement pour un quilting « in the ditch » en fil coloré pour chaque losange central et un quilting visible en fil noir, en légère courbe sur les bandes noires, ce qui donne un peu de mouvement à l’ensemble.

De gentils mots doux à ma valeureuse machine qui donne quelques signes de fatigue (petite précision, elle tourne huit  heures par jour car j’ai de nombreux ouvrages en cours en marge de celui-ci…).

Fin avril 2012, tous les fils sont rentrés, le matelassage est  achevé…Je nage dans une bulle de bonheur!!

Les petites opérations de finition se font dans la joie et la bonne humeur !

Environ 130 heures de travail, coupe, couture, quilting machine, sans oublier les rentrés de fils à la main, le manchon pour le fixer au mur et la broderie sur l’étiquette au dos. C’est sans compter les nombreuses heures où seule la tête travaille… 

 Le 6 mai 2012, j’ai le plaisir d’annoncer que la commande est prête…

Petite photo au soleil de Toulouse avant de l’emballer pour sa livraison !

 Le 8 mai 2012, le quilt (1,65m x 1,95m) traverse la France roulé dans un petit Furoshiki (Tiens donc!) pour trouver sa place dans la maison de Bretagne. Il est à l’honneur!!

Plaisir d’offrir !!

Merci Chantal ! Vous pouvez trouver ici son précédent article.

A tire d’aile

C’est à tire d’aile que s’ouvre la Ruche des Quilteuses après cette pause estivale, puisque je vais vous parler d’oiseaux !

Ce tableau de Matisse est évocateur de ciel, de mer, de voyage et de liberté…

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En juin dernier en Irlande, j’ai découvert de belles légendes comme celle de St-Kevin, ermite du VIe siècle qui préférait la compagnie des animaux à celle des humains. Un jour, priant Dieu les paumes tournées vers le ciel, un merle se posa dans sa main et… pondit des oeufs.

Sculpture de Tim Schmalz

St-Kevin resta des jours et des nuits immobile, l’oiseau couvant dans sa main, jusqu’à l’envol des oisillons ! C’est pourquoi ce Saint est toujours représenté avec un oiseau dans la  main. A Glendalough (« Les deux lacs »), région magnifique où vivait St-Kevin,  on fait une très jolie promenade aux nombreux vestiges catholico-celtiques et, au détour d’un chemin, on tombe sur cette petite statue qui semble toute récente :

Cette niche de granit résume l’essentiel : la tête à l’auréole, une main, un oiseau…

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« Bird-in-Hand » (oiseau dans la main), expression connue des Anglophones, ne se réfère pourtant pas à cette si belle histoire mais provient plutôt de la pratique ancienne de la fauconnerie :

et la phrase complète est : « A bird in the hand is worth two in the bush », ce qui équivaut à notre « un tien vaut mieux que deux tu l’auras »… « Bird-in-Hand » est même le nom d’un village touristique en Pennsylvanie, au coeur du pays Amish !

Pas étonnant donc que cette locution ait inspiré des quilteuses comme Renée Plains qui l’a prise comme titre de son livre consacré à des ouvrages d’esprit country… avec des oiseaux bien sûr. Il figurait dans la liste de mes livres préférés l’année dernière. J’ai craqué pour le modèle le plus simple, prêt en quelques dizaines de minutes :

 Pique-aiguilles dans des tissus de la gamme Indochine (Dear Stella) posé sur ma boîte à couture.

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Notre garage était au printemps une pouponnière à hirondelles qui virevoltent à présent dans le jardin, c’est un bonheur de savoir qu’elles se régalent des moustiques qui pulluleraient sans elles ! Ces ballets gracieux m’ont conduite à chercher d’autres modèles d’oiseaux en tissus. J’ai ainsi découvert de délicieux passereaux, tels que je les rêvais, aux couleurs d’oiseaux de paradis :

Charmant mobile d’oiseaux, réalisé par Spoolsewing.

 

Ne les trouvez-vous pas adorables ? (photos Spoolsewing)

Je viens de  commencer à coudre avec enthousiasme des oiseaux pour faire un mobile moi aussi. Le modèle est très épuré, tout juste évocateur de la ligne d’un passereau ou d’une perruche. Voici mes premiers bébés :

Quand ils seront accrochés à leur branche, vous pourrez voir leur ventre de couleur contrastée !

 Le modèle est offert par Spoolsewing ici. Quelques minutes sont nécessaires pour les coudre à la main et je vous assure que les enfants les adorent… Vous connaissez peut-être ce modèle car il n’est pas récent (il date de 2008), mais je viens juste de le découvrir… Allez-vous en coudre quelques-uns vous aussi ?

J’en ferai surtout des bleus qui me rappelleront les  Bluebirds, passereaux américains très populaires, de si beaux et joyeux gazouilleurs qu’on leur attribue la vertu de porter chance : 

Leur population décroît malheureusement, en raison des mono-cultures intensives.

Et pour quelques belles références artistiques sur les oiseaux bleus, allez faire un tour chez Mango qui tient un blog littéraire. Bonne balade !

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Le Grand Déballage

Je vous l’avais promis, le voici, le déballage des quilts sortis de nos armoires !

Evelyne nous dévoile son premier quilt qu’on n’avait jamais vu… Incroyable, comment peut-on faire si bien dès la première fois ?… La technique est déjà parfaite, mais surtout le choix des tissus pour les tulipes est d’une telle liberté qu’on ne peut détacher les yeux de ce quilt !

Le magnifique premier quilt d’Evelyne

Martine en admiration totale devant ce si beau travail

Puis Evelyne nous montre ce top, un colimaçon à la manière de Kathy Doughty entouré par de grandes et belles étoiles de l’Ohio :

Le gris met si bien en valeur les autres couleurs, il faudrait y penser plus souvent !

Puis c’est le tour d’Annie, une de nos Ariégeoises, qui a presque terminé le top d’un Jardin de grand-mère en batik :

Bientôt, ce sera le grand moment d’enlever les faufils !

Parallèlement, Annie suit le quilt-mystère de Yoko Saito proposé par Quiltmania :

 

Un parfait appliqué et des couleurs pimpantes pour ce magnifique modèle !

Continuons avec Yéyé, qui depuis quelque temps délaisse la couture à la main ; du coup, elle nous énerve tellement elle travaille vite et bien :

Celui-ci a été fait après la découverte de la méthode des vols d’oie 4 par 4 ; on ne pouvait plus l’arrêter !

Yéyé et Evelyne tenant à bouts de bras le quilt en cours… Yéyé qui ne fait QUE des dessus de lits !

Voici la nouvelle déco de Pâques que nous avait cachée Callale, toujours dans ses douces teintes :

Et puis voici la version très raffinée des Moulins de la Ruche de Martine :

Ainsi que son dernier panneau appliqué et piécé, qu’elle finira pour sa décoration de fin d’année :

Ce quilt est un modèle de Jan Patek paru dans le magazine « Quilt Country » n°15 d’octobre–novembre 2010. Quiltmania a par ailleurs édité son livre « Country Quilts for your soul »

Vous le voyez, les Abeilles sont productives ! Nous devons cependant mettre les bouchées doubles pour l’exposition de notre Club l’année prochaine car Huguette Papin, qui l’a fondé il y a vingt ans, compte sur nous ! Huguette, c’est une dame qui connaît tout le monde du patchwork, inlassablement elle a voyagé pour voir toutes les expos, suivi tous les stages… C’est notre Impératrice du Patchwork, celles qui la connaissent comprendront qu’elle n’usurpe pas ce titre !
Nous avons été ravies de t’avoir parmi nous Huguette !

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